REVUE SUISSE
ZOOLOGIE
HERMANN FOL
PROIESSEUR A l'uMVKRSITÉ DE GENÈVE
mm mm n zoologie
ET
ANNALES
DU
MUSÉE D'HISTOIRE NATURELLE
DE
GENÈVE
PUBLIÉES SOUS LA DIHKCTION DE
Maurice BEDOT
DlRKCTEUJrt DU MUSKE D'HISTOIKK N ATtJK ELLE
AVEC LA COLLABORATION DE
MM. Auguste Brot, Alfred Cartier, Victor Fatio,
Perceval de Loriol, Alphonse Pictet, Henri de Saussure
et Carl Vogt
Membres de la Commission du Musée
TOME II
Avec '24 planches et 1 poi'ti'ait
genèvp:
IMPRIMERIE AUBERT-SCHUCHARDÏ
1894
T^BLE DES MA.TIERES
A^" /. Sorti de presse le SI mai I89'i.
Pages.
M. Bedot. Hermanii Fol, sa vie et ses travaux, avec un portrait 1
L. JouBiN. Céplialopodes d'Amboine, avec les planches I, II, III et IV. . :23
A. LocARD. Les Bythinia do système européen, avec les planches V et VI 65
L. Zehntner. Crustacés de l'Archipel Malais, avec les planches VII, VIII
et IX 135
N" S. Sorti de presse le li aoùl 1894.
0. FuHRMANN. Die Turbellarien des Umgebung von Basel, avec les
planches X et XI '2\b
É. André. Recherches sur la glande pédieuse des Pulmonés, avec les
planches XII et XIII -291
A^" 3. Sorti de presse le /â octobre 1894.
F. ZscHOKKE. Die Thierwelt der Juraseen, mit Tafel XIV , 349
E. BÉRANEGK. Quelques stades larvaires d'un Chétoptére, avec la plan-
che XV 377
H. DE Saussure etL. Zehntner. Notice morphologique sur les Gryllo-
talpiens, avec les planches XVI et XVII 403
iV° 4. Sorti'de presse le W décembre 4S94.
M. Jaqi'et. Recherches sur la vessie natatoire des Loches d'Europe, avec
la planche XVIII 431
K Kampmann. Leber das Vorkummen von Klappenapparaten in den Ex-
cretionsorganen der Trematoden, avec les planches XIX et XX. 443
M. Bedot. Note sur une larve de Velelle, avec la planche XXI 463
P. DE LoRiOL. Notes pour servir à l'étude des Échinodermes, avec les
planches XXII, XXIII et XXIV 467
28740
TABLE JDES iLUTEURS
ORDRE ALPHABÉTIQUE
Pages.
André, E. Glande pédieuse des Pulmonés 291
Bedot, m. Hermanii Fol 1
Id. Larve de Velelle 463
Béraneck, E. Larves de Chétoptére 377
FuHRMANN, 0. Tiirbellarieii 215
Jaquet, m. Vessie natatoire des Loches 431
JouBiN, L. Céphalopodes d'Amboine 23
Kampmann, K. Klappenapparaten der Trematoden 413
LocARD, A. Bythinia . . 65
LoRiOL (de), p. Echinodermes 467
Saussure (de), H et Zehntner, L. Gryllolalpiens i83
Zehntner, L. Crustacés de l'Archipel Malais 135
ZscHOKKE, F. Thierwelt der Juraseen. 34U
HERMANN FOL
^A VIE ET SES TRAVAUX
PAR
Maurice BEDOT.
Deux ans se sont écoulés depuis le jour où Hermann Fol quit-
tait le port de Brest pour entreprendre sur son yacht 1' « Aster »
une exploration zoologique de la Méditerranée. Depuis ce
moment, aucune nouvelle du voyageur n'est, parvenue à sa
famille, et toutes les recherches entreprises pour éclaircir le
mystère de cette disparition ont été infructueuses.
Aujourd'hui, le doute n'est plus possible. Les tristes pres-
sentiments des premiers temps se confirment chaque jour davan-
tage et nous obligent à admettre la réalité d'un sinistre dans
lequel Hermann Fol aura trouvé la mort. La perte considérable
que la science vient d'éprouver nous fait un devoir de retracer
brièvement la carrière si active de ce naturaliste distingué.
Nous tenons en outre à exprimer à sa famille la part que le
monde savant et tous les amis. des sciences prennent à son irré-
parable malheur.
^ Cette notice a été publiée dans les Archives des sciences physiques et natu-
relles de Genève, dont Hermann Fol fut pendant longtemps un collaborateur
assidu. Nous avons désiré la reproduire ici, estimant qu'elle avait une place
marquée dans la Revue suisse de zoologie, qui est la suite du Recueil zoologique
siiisxe, fondée par notre regretté maître.
Nous avons dii, en outre, rectifier quelques erreurs qui s'étalent glissées dans
l'index bibliographique des œuvres de H. Fol.
Rev. Suisse de Zool., T. IL 1894. 1
2 MAURICE BEDOT.
Hermann Fol naquit à St-Mandé, près de Paris, le 23 juil-
let 1845, de parents genevois. Après une jeunesse maladive, il
fut envoyé à Genève pour y suivre les cours du Gymnase et de
l'Académie. C'est à ce moment que le goût des sciences natu-
relles commença à se développer chez lui, grâce à l'enseigne-
ment de professeurs tels qu'Edouard Claparède et F.-J. Pictet-
de la Rive.
Sur les conseils de Claparède, Fol alla continuer ses études
de médecine et de zoologie à léna. Il y devint l'élève assidu
de Gegenbaur et de Hseckel, et accompagna ce dernier dans
une exploration scientifique des îles Canaries. Le voyage eut
lieu pendant l'hiver 1866-1867, en compagnie de Richard
Greef, actuellement professeur à l'Université de Marbourg, et
d'un naturaliste russe, M. Nicolas de Miclucho-Maclay.
Un vaisseau de guerre prussien, la « Niobé », transporta
Hseckel et ses compagnons aux îles Canaries. Ils avaient choisi,
pour y passer l'hiver, l'île de Lanzarote, d'où ils rapportèrent
un riche butin zoologique. Le retour eut lieu par la côte d'Afri-
que, et à Mogador l'expédition se partagea. Fol et Miclucho-
Maclay s'arrêtèrent quelques jours dans ce port, pour y faire
les préparatifs nécessaires à un voyage dans l'intérieur du pays •
puis ils se rendirent, accompagnés de quelques soldats et servi-
teurs indigènes, à Marokech, l'ancienne capitale du Maroc. Le
voyage était périlleux, à cette époque, à cause des nombreuses
bandes de Maures qui parcouraient et pillaient le pays. Il réus-
sit cependant fort bien. La petite caravane put regagner la
côte à Casablanca, oii Fol et son compagnon s'embarquèrent
pour l'Espagne. Cette expédition scientifique eut une influence
décisive sur la carrière des deux jeunes naturalistes. Tandis que
la traversée du Maroc déterminait chez Miclucho-Maclay ce
goût des voyages qui en fit plus tard un des explorateurs les
plus distingués de la Nouvelle-Guinée, Fol se sentait attiré sur-
tout par le charme de la mer. C'est à partir de ce moment que
HERMANN FOL, SA VIE ET SES TRAVAUX. 'à
«e développa chez lui cette passion de la navigation qui devait
lui être si funeste.
De retour en Europe, Fol reprit ses études d'abord à l'Uni-
versité d'Heidelberg, puis à Zurich, et enfin à Berlin. C'est là
qu'il les termina en 1869, après avoir passé brillamment les
examens du doctorat en médecine.
C'était l'habitude, à cette époque, d'étudier la médecine lors-
qu'on se destinait aux sciences naturelles, mais la thèse pouvait
traiter d'un sujet purement zoologique. Fol présenta donc un
travail sur l'anatomie et le développement des Cténophores, qui
était le fruit des recherches faites à Lanzarote. Il s'attacha
surtout à décrire avec un grand soin le premier développement
et les organes des sens des Cténophores. Ce mémoire ne passa
pas inaperçu. On vit qu'il s'agissait, non pas seulement d'un tra-
vail péniblement élaboré en vue d'un examen de doctorat, mais
bien de recherches absolument personnelles et dénotant des
qualités d'observation de premier ordre.
Lorsque Fol revint à Genève, il y obtint facilement l'autori-
sation de pratiquer la médecine, mais il préféra s'adonner entiè-
rement à la zoologie qui l'attirait au bord de la mer. Il installa
d'abord un petit laboratoire à Messine, où il passa plusieurs
hivers, puis, lorsqu'il se fut créé une famille par son mariage
avec M^i^ Bourrit, ces voyages devenant plus difficiles, il son-
gea à se rapprocher du pays. C'est alors qu'il vint se fixer à
Villefranche, où il chercha plus tard à établir une station zoo-
logique.
Les années passées au bord de la Méditerranée, loin du
monde et à l'écart des stériles discussions universitaires, furent
les plus importantes et les plus productives de la carrière de
F'ol. C'est de cette époque que datent ses grands travaux, parmi
lesquels nous devons citer en premier lieu les Etudes stir le
développement des Mollusques qui ont fait l'objet de plusieurs
mémoires publiés dans les Archives de zoologie expérimentale.
4 MAURICE 15ED0T.
Ils renfermaient une abondante moisson de faits nouveaux ^
observés avec une scrupuleuse exactitude et une connaissance
complète de la technique micrographique, à laquelle on commen-
çait à reconnaître une importance de plus en plus grande. Fol
s'attachait avant tout à l'observation stricte des faits et à leur
interprétation de la manière la plus plausible. En revanche, il
professait une profonde antipathie pour les théories qui ne lui
semblaient pas appuyées par des preuves suffisantes, ce qui
explique les critiques parfois acerbes que sa plume laissait
échapper.
A mesure qu'il avançait dans ses recherches embryogéniques^
Fol se sentait attiré par les problèmes si captivants de la fécon-
dation et des premiers phénomènes du développement. Il les
étudia pendant plusieurs années, principalement chez les Échi-
nodermes, et recueillit une quantité considérable d'observations,
publiées en 1879 dans les Mémoires de la Société de physique
et d'histoire naturelle de Genève, sous le titre de : Recherches
sur la fécondation et le commencement deVhénogénie chez divers
animaux.
Dans cet ouvrage, Fol combattit l'opinion des naturalistes qui
considéraient la vésicule germinative comme une véritable cel-
lule et défendit la théorie cellulaire de l'ovule. Il chercha à
déterminer exactement la valeur et le mode de formation des glo-
bules polaires auxquels il donna le nom de corpuscules de rebut.
Enfin, c'est à lui que revient l'honneur d'avoir observé pour la
première fois, sous le microscope, l'acte même de la pénétra-
tion du zoosperme dans l'œuf. Dans un chapitre spécial, il décri-
vit les phénomènes particuliers observés dans les cas de fécon-
dation d'œufs malades et de pénétration de plusieurs zoosper-
mes. Cette étude l'amena à proposer une nouvelle hypothèse
sur la formation des monstres doubles ou multiples, hypothèse
qu'il reprit plus tard dans un travail sur l'origine de l'indivi-
dualité.
HERMANN FOL, SA VIE ET SES TRAVAUX. 5
Le Conseil supérieur de l'Instruction publique d'Italie avait
offert à Fol, en 1876, la chaire d'anatomie comparée à l'Uni-
versité de Naples. Il préféra ne pas quitter complètement son
paj^s oi^i il accepta, deux années plus tard, la chaire d'embryo-
génie comparée et de tératologie. Cette position modeste, qu'il
occupa jusqu'en 1886, avait l'avantage de le retenir à Genève
pendant le semestre d'été seulement. En hiver, il pouvait conti-
nuer ses travaux au bord de la mer, à Villefranche. Pendant
cette période. Fol poursuivit avec une ardeur infatigable ses
recherches dans tous les domaines de la zoologie. Profitant des
avantages que lui procurait sa. position de professeur d'embryo-
génie, il fit une remarquable collection d'embryons humains,
dont l'étude a fourni le sujet de plusieurs mémoires importants.
Pendant les dernières années de sa carrière. Fol avait réuni
en outre une quantité considérable de matériaux pour l'embryo-
génie comparée des Vertébrés. Il avait en portefeuille un tra-
vail important dont les planches, admirablement dessinées,
étaient déjà gravées, mais dont toutes les notes ont malheureu-
sement disparu avec lui.
On peut difficilement se rendre compte de la merveilleuse
activité que déployait Fol dans tout ce qui touchait à ses occu-
pations favorites. Les travaux des élèves qu'il avait réunis dans
son laboratoire et son professorat, étaient l'objet de sa cons-
tante préoccupation.
En dehors de son enseignement ordinaire, il donna à difte-
rentes reprises des cours Hbres sur les parasites de l'homme,
sur la zoologie générale et sur- l'histologie compai'ée. Il savait
captiver l'attention de ses auditeurs, moins par sa parole un
peu froide, que par la clarté de son exposition et de ses idées
et par la nouveauté de ses vues.
A côte de ses occupations scientifiques. Fol étudia avec pas-
sion la photographie, où il espérait trouver de nouvelles appli-
cations à la micrographie. Il se lança même fort avant dans
6 MAURICE BEDOT.
cette voie, fut un des fondateurs de la Société photographique
de Genève et publia, soit dans la Revue suisse de photographie,
soit dans la Xattire, plusieurs nrticles se rapportant à ce sujet.
Le Coni?rès international d'hygiène, réuni à Genève en 1882,
eut un intérêt tout particulier, grâce à la présence et aux dis-
cussions de deux savants éminents, MM. Pasteur et Koch, dont
l'autorité en microbiologie était universellement reconnue. Une
question d'une actualité aussi captivante que celle du rôle joué
par les microbes dans notre économie, devait préoccuper un
esprit comme celui de Fol. Aussi le voyons-nous, dès l'année
suivante, se mettre avec ardeur à l'étude des microbes. Les
résultats de ses recherches ont été communiqués, soit à la
Société de physique et d'histoire naturelle de Genève, soit à
TAcadémie des sciences de Paris. A la suite de ces travaux, le
Conseil administratif pria MM. Fol et P.-L. Diinant d'étudier
la qualité des eaux qui alimentent la ville de Genève.
Parmi les conclusions auxquelles est arrivé Fol, dans le
domaine de la microbiologie, il en est plusieurs qui ont été dis-
cutées ; mais si ses travaux sont maintenant dépassés, grâce aux
progrès rapides que cette science a accomplis depuis quelques
années, on ne doit pas oublier, cependant, que ce savant fut, à
Genève, l'un des premiers à comprendre l'importance capitale
de cette question. Il eut à cet égard une très heureuse influence,
qui se fait encore sentir actuellement.
Malgré le zèle qu'il apportait à ses études sur les microbes,
Fol nen continuait pas moins ses recherches zoologiques en
portant surtout son activité dans le domaine de l'anatomie
microscopique. Ce champ d'observations laissait entrevoir de
fructueux résultats, mais il était souvent difficile de ne pas
s'égarer dans le dédale causé par l'abondance des observations
nouvelles surgissant de tous les côtés à la fois. Il fallait un
homme doué d'une façon remarquable pour tenter de condenser
toutes ces données éparses en un ouvrage d'ensemble. Fol entre-
HERMANN FOL, SA VIE ET SES TRAVAUX, 7
prit cette œuvre pour laquelle il était tout qualifié par ses tra-
vaux antérieurs et par une connaissance approfondie de la
technique histologique. La première livraison du Traité d'anato-
mie mkroscopi(iue, écrit en allemand, parut en 1884 et contient
seulement la technique histologique. Les épreuves de la seconde
livraison étaient imprimées avant le départ de Fol. Nous espé-
rons que son éditeur ne tardera pas à publier un ouvrage d'un
si grand intérêt.
A la même époque, Fol entreprenait la publication du Becueil
zoologique suisse. Il n'existait auparavant, en Suisse, aucun recueil
périodique consacré exclusivement à cette science; cette nou-
velle publication comblait donc une lacune très sensible. Elle
rendit un service important aux zoologistes suisses et contribua
à augmenter la renommée scientifique de notre pays.
Un regrettable incident universitaire, sur lequel il est inutile
de revenir ici, engagea Fol à renoncer à la chaire qu'il occu-
pait depuis neuf ans. Il alla s'établir à Nice. Quelques années
auparavant, il avait cédé au gouvernement français son labora-
toire de Villefranche. Cette station zoologique dépendant de
l'École des hautes études était dirigée, à cette époque, par le
D^ Jules Barrois. Lorsque Fol quitta Genève, le gouvernement
français le nomma directeur -adjoint du laboratoire de Ville-
franche. Cette nouvelle position lui permit de continuer ses
recherches favorites tout en cherchant à donner plus d'extension
à la station zoologique.
Tout ce qui touchait à la mer intéressait Fol. A côté de nom-
breux articles sur des sujets se rapportant à la pêche, on lui
doit une série d'observations très intéressantes, faites avec la
collaboration de M. Edouard Sarasin, sur la pénéti-ation de la
lumière dans la profondeur de la mer et des lacs.
Mais l'étude des phénomènes intimes de la fécondation fut
toujours une de ses principales préoccupations. Dans le dernier
travail important qu'il publia, et qu'il intitula le Quadrille des-
8 MAURICE BEDOT.
centres. Fol décrivit avec une netteté parfaite les différentes
transformations que subissent le noyau spermalique et le noyau
ovulaire pendant la fécondation. Il s'attacha surtout à montrer
que la fécondation ne consistait pas uniquement dans la réunion
de ces deux noyaux^ mais dans une série de transformations des
corpuscules centraux qui les accompagnent. Le spermocentre et
l'ovocentre se divisent chacun en deux moitiés et la fécondation
n'est achevée que lorsque chaque moitié du spermocentre s'est
fusionnée avec une moitié de l'ovocentre, ce qui donne naissance
aux deux corpuscules polaires de la première figure de division.
Ces résultats viennent compléter heureusement les Recher-
ches sur la fécondation qui seront toujours la partie la plus
remarquable de l'œuvre de Fol.
Un petit vapeur, VAmphiaster, était attaché au laboratoire de
Yillefranche. Fol l'avait aménagé avec un soin tout particulier
pour la pêche dans les grandes profondeurs; il fit, à son bord,
de nombreuses croisières au large de Nice et jusque sur les
côtes de la Corse. C'est alors que le désir lui vint d'entrepren-
dre un voyage de longue durée.
Après avoir obtenu du ministre de l'Instruction publique de
France une mission pour l'étude zoologique des côtes de la Tuni-
sie et de l'archipel grec, il fit l'acquisition d'un nouveau yacht,
V Aster, qu'il arma en vue d'une campagne de plusieurs mois.
Son but était l'étude des Éponges de la Méditerranée, dont il
voulait faire une monographie. Le 13 mars 1892, il s'embar-
quait au Havre à destination de Nice. Quelques jours plus tard
V Aster touchait à Benodet, et depuis lors on n'a plus eu de ses
nouvelles.
La disparition de ce savant est une perte irréparable pour
Genève, car malgré les raisons qui l'en avaient éloigné, il était
toujours resté attaché à son pays. Il laisse une œuvre considé-
rable qui lui a conquis une place bien marquée parmi les pre-
miers embryogénistes de notre époque. Ses travaux lui avaient
HERMANN FOL, SA VIE ET SES TRAVAUX. 9
valu de nombreuses distinctions. Membre associé de plusieurs
sociétés savantes, entre autres de la Société impériale des amis
des sciences de Moscou, et de la Société belge de niicroscopie,
de la Société royale de microscopie de Londres, de la Société
néerlandaise de zoologie, de l'académie Léopold Carolienne,
il reçut en outre du gouvernement français la croix de la Légion
d'honneur, en récompense des efforts qu'il fit pour créer à Ville-
franche une station zoologique.
Mais son plus beau titre de gloire est d'avoir consacré toute
sa vie et toutes ses forces à la science, et d'être mort pour elle.
Liste des publications d'Heemaxn Fol.
1. — 1869. E'm Beitrag ziir Anatomie IL. Eniwkkelungsgeschichte
einiger Rippenquallen. Thèse de doctorat. Berlin, 1869, in-4% av. 4 pi.
2. — 1872. Étude swr les Appendiculaires du détroit de Messme.
Avec 11 pi. Dans : Méni, de la Soc. de phjs. et d'hist. nat. Genève,
1872, t. 21, 2'"« part. pp. 445-499. — A part: Bâle, Georg, 1873, in-4».
— Extrait dans : Archives de zool. exp. et gen. t. 1. Notes et revue,
pp. LVII-LIX. — Et dans : Jom'nal de zool. (Gervais), 1872. t. 1,
pp. 525-528.
3. — 1873. Die erste Entivickélimg des Geryomdeneies. Dans :
Jenaische Zeitsch. 1873, t. 7, pp. 471-492, avec 2 pi. — Extrait en
finançais sous le titre de : Le premier développement des Géryonies'
dans : Journ. de zoologie (Gervais), 1874, t. 3, pp. 154-158, avec 1 pi.
— Extrait par l'auteur sous le titre de : Le premier développement
de l'œuf chez les Oéryonides, dans Arch. des se. phys. et nat.
Genève. Nouv. période, 1873, t. 48, pp. 335-340. — Et dans : Arch.
de zool. exp. et gén. Paris, 1874, t. 3. Notes et revue, pp. XVII -XIX.
(Dans cet article, l'auteur répudie les conclusions qu'on lui a prêtées
dans le compte rendu fantaisiste cité plus haut et publié dans le
Journal de zoologie.)
4. — 1874. Note sur le développement des Mollusques ptérop)odes et
céphalopodes. Dans : Arch. de zool. exp. et gén., Paris, 1874, t. 3.
Notes et revue, pp. XXXIII-XLIV, avec 1 pi.
10 MAURICE BEDOT.
5. — 1874. Note sur un nouveau genre cl' Appendiculaires. Dans :
Archives de zool. exp. et gén. Paris, 1874, t. 3. Notes et revue,
pp. XLIX-LIII, avec 1 pi.
6. — 1874. Note sur Vendosiyle et sa signification physiologique.
Dans : Arch. de zool. exp. et gén. Paris, 1874, t. 3. Notes et. revue,
pp. LIII-LV.
7. — 1875. Études sur le développement des Mollusques, V Mém.
Sur le développement des Ptéropodes. Av. 10 pi. Dans : Arch. de zool.
exp. et gén. Paris, t. 4, pp. 1-214.
8. — 1876. Note sur V origine première des produits sexuels. Dans:
Archives des se. phys, et nat. Genève, t. 53, pp. 104-111. — Traduit
dans : Ann. and Mag. of nat. hist. 1875. (4), vol. 16, pp. 157-162.
9. — 187Ô. Réponse à une réclamation de M. E. Ray-LanJcester
sur le développement des Mollusques. Dans : Arch. de zool. exp. et
gén. Paris, 1875, t. 4. Notes et revue, p. XXXIII.
10. — 1875. Sur le développement des Ptéropodes. Dans : Comptes
rendus Acad. se. Paris, 1875, t. 80, pp. 196-199. — Traduit dans:
Ann. and Mag. nat. hist. 1875. (4), vol. 15, pp. 439-441.
11. — 1875. Sur le développement des Hétéropodes. Dans : Comp-
tes rendus Acad. se. Paris, 1875, t. 81, pp. 412-4:14. — Traduit en
anglais dans : Ann. and Mag. of nat. hist. (4), vol. 16, 1875, pp. 435-
437.
12. — 1875. Sur le développement des Gastéropodes pulmonés.
Dans : Comptes rendus Acad. se. Paris, 1875, t. 81, ppi. 523-526. —
Traduit en anglais dans : Ann. and Mag. of nat. hist. (4), vol. 16,
1875, pp. 375-376.
13. — 1875. Le système de Darwin. Causerie scientifique dans :
Journal de (ienève, 3 août 1875.
14. — 1876. TJeber die Schleimdriise oder den Endostyl der Tuni-
caien. Avec 1 pi. Dans : Morphol. Jahrb. 1876, t. 1, pp. 222-242.
15. — 1876. Études sur le développement des Mollusques. 2* mém.
Sur le développement embryonnaire et larvaire des Hété-opodes. Avec
4 pi. Dans : Arch. de zool. exp. et gén. Paris, 1876, t. 5, pp. 105-158.
16. — 1876. Sur le cœur larvaire des embryons de Oryllotalpa.
Communication à la Soc. de phys. et d'hist. nat. Cenève. Voir le rap-
port du président dans : Méra. de la Soc. de phys. et d'hist. nat.,
t. 24, 2'"'^ partie, 1875-1876, p. 689.
17. — 1876. Sur les phénomènes intimes de la division cellulaire.
Dans : Comptes rendus Acad. se. Paris, 1876, t. 83. pp. 667-669. —
HERMANN FOL, SA VIE ET SES TRAVAUX. 11
Traduit en anglais dans : Aan. and Mag. of nat. hist. (4) vol. 18,
pp. 509-511.
18. — 1870. Ein neiies Compressorium. Dans : Morphol. Jahrb.
1876, t. 2, pp. 440-444.
19. — 1877. Sur les phénomènes intimes de la fécondation. Dans :
Comptes rendus Acad. se. Paris, 1877, t. 84, pp. 2G8-270. — Traduit
dans : Aun. and Mag. of nat. hist. (4), vol. 19, pp. 352-355.
20. — 1877. Sur le premier développement d'une Étoile de mer.
Dans : Comptes rendus Acad. se. Paris, 1877, t. 84, pp. 357-359. —
Traduit dans : Ann. and Mag. of nat. hist. (4), vol. 20, pp. 154-150.
21. — 1877. Sur quelques fécondations anormales chez l'Étoile de
mer. Dans: Comptes rendus Acad. se. Paris, 1877, t. 84, pp. 659-661.
— Traduit dans : Ann. and Mag.of nat. hist. (4), t. 20, pp. 158-160.
22. — 1877. Note sur la fécondation de l'Étoile de mer et de l'Our-
sin. Dans : Comptes rendus Acad. se. Paris,, t. 85, pp. 233-236.
23. — 1877 . Encore un mot sur la fécondation des Échinodermes.
Dans : Comptes rendus Acad. se. Paris, 1877, t. 85, pp. 625-628.
24. — 1877. Sopxi ifenomeni intimi délia fecondazione degli Echi-
nodermi. Dans : Mém. R. Acad. dei Liacei. Roma, ser. :>, t. 1,
pp. 181-183.
25. — 1877. Sur le rôle du zoosperme dans la fécondation. Avec
ligures. Dans : Journal de micrographie, t. 1, 1877, pp. 322-32().
26. — -1877. Sur le commencement de l'hénogénie chez divers ani-
maux. Avec hgures. Dans : Archives des se. phys. et nat. Genève,
t. 58, 1877, pp. 439-472 —Et dans : Archives de zool. expér. et gén.,
t. 6, 1877, pp. 145-169 — Et dans : Journal de micrographie, t. 1,
1877, pp. 119-125; 3"^ année, lfS79, pp. 519-526; 4'"'^ année, 1880,
pp. 14-21, 59-64. — Extrait dans : Bull, belge de microsc, t. 5, 1878-
1879, pp. LXXIV-LXXIX.
27. — 1^7 . Sur la J or motion des œufs chez les Ascidies simples.
Dans : C. R. Soc. helv. des se. nat. Bex, 60°'" sess., 1877, pp. 68-70.
— Et dans : Archives des se. phys. et nat. Genève, t. 60, 1877, pp. 337-
340. - Et dans : Journal de micrographie, t. 1, 1877, pp. 281-284.
28. — 1877. Réponse à quelques objections formulées contre mes
idées sur la pjénétration du zoosperme. Dans : Arch. de zool. exi)ér. et
gén., Paris, t. 6, pp. 180-192.
29. — 1877. Un projet de hathomèire. Dans : La Nature, Paris,
1877, 1" semestre, pp. 165-1()6.
30. — 1877. Sur la fécondation et le premier développement de
12 MAUKICE BEDOT.
l'ceuj. Dans : C. R. Soc. helv. des se. nat. Bex, 60"" sess., 1877 (1878^
pp. 1()5-172. — Et avec quelques moditications dans : Arch. des se.
phys. et nat. Genève, t. 60, 1877, pp. 321-326.
31. — 1877 (1878). Premiers ijliénomèms du développement des
Échinodermes. (Extrait du i)i'ocès-verbal). Daus : Assoe. franc, pour
l'avaueeraent des se. C. R. de la 6'"^= sess., 1877 (1878), pp. 623-624.
32. — 1878. Recherches sur la fécondation et le commencement de
l'hénogénie chez divers animaux. Dans : Mém. Soc. de phys. et d'hist.
nat. Genève, t. 26, P« part., 1878, pp. 89 à 250, pi. I-YI et 2'"* part.,
1879, pp. 251-397, pi. VII à X. — Et à part : iii-4% Genève, 1879.
33. — 1879. Perfectionnements relatifs aux aquariums d'eau
salée. Dans : Zoologischer Anzeiger. 2'°' année, 1879, pp. 213-215.
34. — 1879. Lettre sur le phylloxéra et les vignes américaines.
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35. — 1879. Sur la faune maritime de la haie de Villef 'anche.
'Dans : Bullet. Soe. niç. des se. nat. Nice, t. 4, 1879, pp. 241-246.
36. — 1879-80. Étiules sur le développement des Mollusques.
III* mém. Sur le dévelopimnent des Gastéropodes pulmonés. Avec
5 pi. Dans : Arch. de zool. exp. et gén. Paris, 1879-80. pp. 103-232.
37. — 1881. Contribution à la connaissance de la famille des Tin-
tinnodea. Av. 1 pi. Dans Archives des se. phys. et nat. Genève (3),
t. 5, 1881, pp. 5-24. — Traduit dans : Ann. and. Mag. of. nat hist.
{W), vol. 7, pp. 237-250^ av. 1 pi. — Résumé dans : Journal R. microsc.
soe. (2), vol. 1, P. 5, pp. 756-759.
38. — 1882. Eiyi Beitrag zur Technik fur Zoologen am Meeres-
strande. Dans: Zoologischer Anzeiger. 5* année, 1882, pp. 698-699. —
Et sous le titre : Contribution à la technique pour l'étude des animaux
marins, dans : Bull. Soc. belge de mieroscopie, t. 9, pp. 35-36. — Et
dans : Journal de micrographie, t. 7, p. 104.
39. — 1882-83. Sur le système nerveux de V Orthagoriscus mola.
Communication à la Soc. de phys. et d'hist. nat. Genève, 9 juin 1881.
Voir : Rapport annuel du président dans : Mém. Soc. phys. et d'hist.
nat. de Genève, t. 28, V^ part., 1882-83, pp. XXXV-XXXVI.
40. — 1883. Sur le Sticholonche zanclea. Communication à la
Soc. de phys. et d'hist. nat. Genève, 4 janvier. 1883. Dans: Archives
des se. phys. et nat. Genève (3), t. 9, 1883, pp. 487-488.
41. — 1883. Une nouvelle forme de drague. Communication à la
Soe. de phys. et d'hist. nat. Genève, le 1" février 1883. Dans : Archi-
ves des se. phys. et nat. Genève (3), t. 9, 1883, pp. 490-491.
HERMANN FOL, SA VIE ET SES TRAVAUX. 13
42. — 1883. Sur les prolongements de la carapace d'animaux
inférieurs. Communication à la Soc. de phys. et d'hist. nat. Genève,
le 15 février LS88. Dans : Archives des se. phys. et nat., Genève,
1883 (3), t. !), p.'4i)2.
43. — 1883. Sur un embryon humain de trois semaines. Commu-
nication à la Soc. médicale de Genève, le 7 mars 1883. Dans : llevue
médicale de la Suisse romande, t. 3, 1883, p. 213.
44. — 1883. Le Botriocéphale. Causerie scientifique dans : Jour-
nal de Genève, 31 mars 1883.
45. — 1883. Effet produit par l'introduction de plusieurs zoo-
spermes dans un même œuf. Communication à la Soc. de phys. et
d'hist. nat. Genève, le 19 avril 1883. Dans : Archives des se. phys. et
nat., Genève (3), t. 9, 1883, pp. 501-502.
46. — 1883. La Douve du foie. Causerie scientifique dans : Jour-
nal de Genève, 20 mai 1883 (supplément).
47. — 1883. Nouvelle contribution à la connaissance de la famille
des Tintinnodea. Av. 1 pi. Dans : Archives des se. phys. et nat.
Genève (3), t. 9, pp. 555-578. — Traduit dans : Ami. and. Mag. of
nat. hist. (5), vol. 12, pp. 73-88. Av. 1 pi.
48. — 1883. Nouveau procédé pour l'injection des vaisseaux san-
guins. Communication à la Soc. de phys. et d'hist. nat. Genève, le
7 juin 1883. Dans : Archives des se. phys. et nat., Genève (3),
t. 9, 1883, pp. 59G-597.
49. — 1883. Nouveau procédé 'pour durcir les tissus animaux.
Communication à la Soc. de phys. et d'hist. nat. Genève, le 7 juin 1883.
Dans : Archives des se. phys. et nat., Genève 1^3), t. 9, 1883, p. 597.
50. — 1883. Les microbes. Causerie scientifique dans : Journal de
Genève, 24 septembre et 1"" octobre 1883.
51. — 1883. MultipUcaiion des globules rouges du sang des Ver-
tébrés. Communication à la Soc. de phys, et d'hist. nat. Genève, le
4 octobre 1883. Dans : Archives des se. phys. et nat., Genève (3),
t. 10, 1883, pp. 419-420.
52. — 1883. Sur l'origine des cellules du follicule et de V ovule chez
les Ascidies et chez d'autres animaux. Dans : Comptes rendus Acad.
se. Paris, t. 90, pp. 1591-1594. — Et dans : Journal de micrographie,
t. 7, pp. 435-430. — Résumé dans : Journal R. Microsc. Soc. (2),
vol. 3, P. 5, pp. 030-031.
53. — 1883. Sur l'origine de l'individualité chez les animaux supé-
rieurs. Dans Comptes rendus Acad. se. Paris, t. 97, pp. 497-499. —
14 MAURICE IJEDOl".
Et dans : Journal de micrographie, 7*= année, pp. 47.'!-474. — Résumé
dans : Journ. 11. Micr. Soc. (2), vol. 8, P. G, pp. 825-826.
54. — 188S. Su?- l'origine de V individualité chez les animaux supé-
rieurs et sur les monstres doubles. Dans : Verhandlungen d. schwei-
zerischen naturforscheuden Gesellschaft in Zurich, 1888, p. ;->o. —
Et plus détaillé dans : Compte rendu des travaux présentés à la
(i(?'"= session des sciences naturelles, réunie à Zurich en 1883, publié
dans : Ai'chives des se. phys. et nat. (3), t. 10, 1883, pp. 336-341. —
Et à part, pp. 44-49. (Reproduction de l'article précédent avec quel-
ques modifications.)
55. — 1883. Le choléra asiatique. Causerie scientifique dans :
Journal de Genève, 12 novembre 1883.
56. — 1883. Fol et Warynski, St. Sur la production artificielle
de l'inversion viscérale ou héterotaxie chez des embryons de poidet.
Dans : Comptes rendus Acad. se. Paris, t. 96, pp. 1674-1676.
57. — 1883. Sur Vanaiomie d'un embryon humain de la quatrième
semaine. Dans : Comptes rendus Acad. se. Paris, t. 97, pp. 1563-
1566.
58. — 1883. Le laboratoire de Bosco ff'. Av. fig. Dans : Revue
scientifique, t. 32, n" 14, pp. 417-422.
59. — 1883. Fol et Warynski, St. Reclierches expérimentales sur
la cause de quelques monstruosités simples et de divers processus em-
hryogéniques. Dans : Revue médicale de la Suisse romande, t. 3,
pp. 395-413. Avec 3 pi.
60. — 1883. Sur l'œuf et ses enveloppes chez les Tuniciers. Dans :
Recueil zool. suisse, t. 1, pp. 91-160. Avec 2 pi. -- Résumé dans:
Journ. R. Microsc. Soc. (2), vol. 4, P. 2, pp. 213-214.
61. — 1883. Un nouveau modèle de drague pour récolter les ani-
maux du fond de la mer. Av. fig. Dans : Arch. de zool. expér. et gén.
(2), t. 1. Notes et revue, pp. I-IV.
62. — 1883. Sur le Sticholonche ZancJea et un nouvel ordre de
Rhizopodes. Av. 2 pi. Dans : Mémoires de l'Institut national gene-
vois, t. 15, n° 2. — Et à part : Genève, Georg, libraire. — Résumé
dans : Journ. R. Microsc. Soc. (2\ vol. 4, P. 1, pp. 73-74.
63. — 1883. L'Anguillule intestinale. Dans : Revue médicale de la
Suisse romande, Genève, 3""^ année, pp. 578-582.
64. — 1883. Beitrcige zur histologischen Technik. Dans : Zeitsch.
f. wissens. Zool., t. 38, pp. 491-49o.
65. — 1883 (1884). Étude anatomique d'un embryon humain de
IIHKMAXN FOL, SA VIE ET SES TRAVAl'X.. 15
5,6 mm. Coinmiinicatiou à la Soc. de phys. et d'hist. nat. Genève, le
H décembre 18So. Dans : Archives des sciences phys. et nat., Genève,
(3), t. 11, 1884, pp. 93-95.
()(). — 1884. Sur le numéro d'ordre des premières provertèhres
chez l'embryon du yoidet. Communication à la Soc. de phys. et d'hist.
nat. Genève, le ;) janvier 1884. Dans : Archives des se. phys. et nat.,
Genève (3), t. 11, pp. 104-105. — Résumé dans : Journ. R. Microsc.
Soc. (2), vol. 4, P. 4, p. 541.
67. — 1884. Fol et Warynski, Sï. L'inversion viscérale artifi-
cielle chez l embryon de poulet Communication à la Soc. de phys. et
d'hist. nat. Genève, le 3 janvier 1884. Dans : Arch. des se. phys. et
nat. Genève (3), t. 11, 1884, p. 105.
68. — 1884. Les derniers travaux de Thuillier. Causerie scientifi-
que dans : Journal de Genève, 7 janvier 1884.
69. — 1884. Les coideurs invisibles. Causerie scientifique dans :
Journal de Genève, 21 janvier 1884.
70. — 1884. Fol et d'Espine, Ad. Sur la pleur oimeumonie. Com-
munication à la Soc. de phys. et d'hist. nat. Genève, le 18 janvier
1884. Dans : Arch. des se. phys. et nat. (3), t. 11, 1884, p. 319.
71. — 1884. Effet d'un grand froid prolongé sur les germes. Com-
munication à la Soc. de phys. et d'hist. nat. Genève, le 21 février
1884. Dans : Arch. des se. phys. et nat. Genève (3), t. 11, 1884,
p. 327.
72. — 1884, Les animaux utiles et nuisibles. Causerie scientifique
dans : Journal de Genève, 17 mars 1884.
73. — 1884. Le mouvement de la croûte terrestre. Causerie scien-
tifique dans : Journal de Genève, 2 mai 1884.
74. — 1884. Sur un appareil photographicpie destiné à prendre
des poses d'animaux en mouvement. Dans : Archives des se. phys. et
nat. (3), t. 11, 1884, pp. 517-526.
75. — 1884. Cause d'insalubrité des eaux potables . Discussion à la
Soc. de phys. et d'hist. nat. Genève, le 17 avril 1884. Dans : Arch.
des se. phys. et nat., Genève (3), t. 11, 1884, pp. 541-542.
76. — 1884. Nouvelle méthode pour le transvasage des bouillons
stérilisés et le dosage des germes 'vivants contenus dans Veau. Avec
1 pi. Dans : Archives des se. phys. et nat., Genève (3), t. 11, pp. 557
à 574.
77. — 1884. Fol et Dunant, P.-L. Quantité de microbes patho-
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IG MAURICE BEDOr.
nication à la Soc. de phys. et d'hist. nat. Genève, le 5 juin et le
3 juillet 1884. Dans: Arch. des se. phys. et nat., Genève (4), t. 11,
1884, pp. 631-632 et 1. 12, 1884, pp. 156-158.
78. — 1884. L'évolution de la morale et la morale de l'évolution.
Causei'ie scientifique dans : Journal de Genève. 20 juin 1884.
7!). — 1884. Appareil de x^^'otograxilde instantanée. Dans : La
Nature, Paris, 1884, 2" semestre, pp. 107-110.
80. — 1884. Sur le microbe du cliolé'a. Communication à la Soc.
de phys. et d'hist. nat. Genève, le 3 août, 1884. Dans : Archives des
se. phys. et nat., Genève (3), t. 12, 1884, p. 164.
81. — 1884. Les fermentations du lait. Causerie scientifique dans:
Journal de Genève, 19 septembre 1884.
82. — 1884. Deux laboratoires zoologiques sur le littoral méditer-
ranéen de la France. Dans : Arch. des se. phys. et nat., Genève (3),
t. 12, 1884. pp. 185-195.
83. — 1884. Fol et Sarasin, Ed. Limite extrême qu'atteint la
lumière du jour dans la profondeur du lac. Communication à la Soc.
de phys. et d'hist. nat. de Genève, le 2 octobre 1884. Dans : Arch.
des se. phys. et nat., Genève (3), t. 12, 1884, pp. 599-602.
84. — 1884. Fol et Warynski, St. Recherches expérimentales sur
la cause de quelques monstruosités simples et de divers processus em-
hryogéniques. Avec 3 pi. Dans : Kecueil zool. suisse, 1. 1, pp. 1-25.
85. — 1884. Sur la famille des Tintinnodea. Av. 2 pi. Dans :
Recueil zool. suisse, t. 1, pp. 27-64.
8(i. — 1884. Bemarcpies supplémentaires à son mémoire sur V ori-
gine de V ovule chez les Tuniciers. Dans : Recueil zool. suisse, t. 1,
pp. 317-318.
87. — 1884. Actualités histogéniques ou embryogéniques. Dans :
Revue médicale de la Suisse romande. 4'"'' année, 1884, pp. 89-109.
88. — 1884. L'anatomie dhm embryon humain d'un peu plus de
trois semaines. Dans : Revue médicale de la Suisse romande. 4""" an-
née, 1884, pp. 177-202, av. 2 pi. — Reproduit avec quelques modifi-
cations, sous le titre de : Description d'un embryon humain de cinq
millimètres et six dixièmes, dans : Recueil zool. suisse, t. 1, 1884,
pp. 357-401, av. 5 pi.
89. — 1884'. Quelques réflexions sur la partie pratique des obser-
vations du D' Koch. A la suite de la traduction des : Rapports du
D"^ Koch, datés de Calcutta, au sujet du choléra. Dans : Revue médi-
cale de la Suisse romande. 4r^ année, 1884, pp. 469-471.
HERMANN FOL, SA VIE ET SES TRAVAUX. 17
90. — 1884. Sur les méthodes de culture des bacilles. Communica-
tion à la Soc. médicale de Genève, le 5 novembre 1884. Dans : Revue
médicale de la Suisse romande, 4'°"« année, 1884, pp. 745-746.
91. — 1884. Filtration de l'eau. Communication à la Soc. de
phys. et d'hist. nat. Genève, le G novembre 1884. Dans : Arch. des
se. phys. et nat., Genève (3), t. 12, 1884, pp. 608-609.
92. — 1884. La science et la vanité nationale. Causerie scientifi-
que dans : Journal de Genève, 28 novembre 1884.
93. — 1884. Fol et Sarasin, Ed. Sur la pénétration de la lumière
dans les eaux du lac de Genève. Dans : Comptes rendus Acad. se.
Paris, t. 99, p. 783.
94. — 1884. Fol et Dunant, P.-L. Recherches sur le nombre des
germes vivants que renferment quelques eaux de Genève et des environs,
faites au printemps de Vannée 1884. Dans : Mém. Soc. pbys. et d'hist.
nat., Genève, t. 29, n» 3. — Tirage à part pour la Ville de Genève,
section des travaux. Suivi d'un : Rapport au Conseil administratif
sur les expériences faites par M. le processeur Hermann Fol, sur
Vutilité de filtres en sable pour arrêter le passage de microbes, en juil-
let 1884.
95. — 1884. Lehrbuch der vergleichenden mikroskopisclien Anato-
mie mit Einschluss der vergleichenden Histologie und Histogenie.
P* livraison. Die Mikroskopisch-Anatomische Technik. Leipzig, W.
Engelmann, 1884, in-8''.
96. — 1884. Nouveaux maux et nouveaux remèdes. Causerie
scientifique dans : Journal de Genève, 31 décembre 1884.
97. — 1884-1886. Zoologie générale. Leçons données :à l'Univer-
sité de Genève pendant le semestre d'hiver 1882-1883. Recueillies et
écrites avec l'aide des notes du professeur par un auditeur du cours.
Autographie. Genève, Georg, libraire, {"" livraison 1884; 2'"*= livraison
1886. Avec 9 pi.
98. — 188Ô. Les Microbes. Résumé de deux conférences données
à l'Aula de l'Université d» Genève, en janvier 1885. Avec 5 pi. Auto-
graphie. Genève, Georg, libraire, 1885. — Traduit en italien et
annoté par Tebaldo Falcone, Napoli.
99. — 188Ô. Fol et Dunant, P.-L. Sur l'effet d'un repos prolongé
et sur celui d'un filtrage par la porcelaine sur la pureté de l'eau. Dans :
Archives des se. phys. et nat., Genève (3), t. 13, 1885, pp. 110-118.
100. — 188Ô. Sur l'individualité de la cellule dans le règne animal.
Communication à la Soc. de phys. et d'hist. nat. Genève, le 19 février
Rev. Suisse ue Zool., T. II. 1894. 2
18 MAURICE HEDOT.
1885. Dans: Archives des sciences phys. et nat., Genève (3), t. 13,
1885, pp. 256-257.
101. — 188Ô. La p-odudion du froid à l'aide de mélanges de gaz
liquéfiahlef!. Causerie scientifique dans : Journal de Genève, 7 mars,
1885.
102. — 1885. La culture des microbes et l'analyse biologique de
l'eau par les procédés les plus pratiques. Dans : La Nature, Paris,
1885, 1"- semestre, pp. 227-230, et pp. 298-302.
103. — 1885. Les habitants de notre lac. Causerie scientifique
dans : Journal de Genève, 29 mars 1885.
104. — 1885. Fol et Sarasin, Ed. Sur la profondeur à laquelle
la lumière du jour pénètre dans les eaux de la Méditerranée. Commu-
nication à la Soc. de phys. et d'hist. nat. Genève, 2 avril 1885. Dans :
Arch. des se. phys. et nat., Genève (3), t. 13, 1885, pp. 449-453. —
Et avec quelques modifications dans : Comptes rendus Acad. se,
Paris, 1885, t. 100, pp. 991-994.
105. — 1885. Les modifications de la personnalité. Causerie scien-
tifique dans : Journal de Genève, 12 mai 1885.
106. — 1885. Sur Vanatomie microscopique du Dentale. Dans :
Comptes rendus Acad. se, Paris, t. 100, pp. 1352-1355. — Résumé
dans : Journal R. Microsc. Soc. (2), vol. 5, P. 4, pp. 623-624.
107. — 1885. Sur la queue de l'embryon humain. Communication
à la Soc. de phys. et d'hist. nat. Genève, le 4 juin 1885. Dans : Arch.
des se. phys. et nat., Genève (3), t. 14, p. 84-88. — Et dans: Comptes
rendus Acad. se, Paris, t. 100, pp. 1469-1472. —Résumé dans : Jour-
nal de micrographie, t. 9, pp. 269-271. — Traduit dans : American
Naturalist, vol. 19, pp. 1009-1011. — Résumé dans : Journal R.
Microsc. Soc. (2), vol. 5, P. 5, pp. 781-783.
108. — 1885. Le choléra et les inoculations préventives duD^ Fer-
ran. Causerie scientifique dans : Journal de Genève, 4 juillet 1885.
109. — 1885. Les conditions d'existence des animaux aquatiques
sous le rapjjort de la lumière. Dans : Actes de la Soc. helvétique des
sciences naturelles, réunie au Locle en 1885. Neuchâtel, 1886, pp. 54-
55. — Plus détaillé dans : Compte rendu des travaux présentés à la
68'°' session de la Société des sciences naturelles, réunie au Locle eu
1885, publié dans les Archives des se. phys. et nat., Genève (3), 1. 14,
pp. 269-271, 1885. — Et à part : pp. 57-59.
110. — 1885. Sur un microbe dont la présence parait liée à la
virideme rabique. Dans: Comptes rendus Acad. se, Paris, t. 101,
HERMANN FOL, SA VIE ET SES TRAVAUX. I9
pp. 127G-1279. — Reproduit avec de légères modifications dans :
Archives des se. phys. et nat., Genève (3), t. 14, 1885, pp. 549-553.
111. — 188Ô. Existence de l'intestin caudal chez un embryon
humain. Communication à la Soc. de phys. et d'hist. nat. Genève,,
le 1"' octobre 1885. Dans : Archives des se. phys. et nat., Genève (3),
t. 14, 1885, pp. 566-567.
112. — 188Ô. Persistance de la vie dans la tête des suppliciés. —
Exécution par les anesthésiques. — Variations de la température du
corps humain. — L'harmonie dans les mouvements d^ap'ès les recher-
ches de M. Louis Soret. Causerie scientifique dans : Journal de Ge-
nève, 10 octobre 1885.
113. — 188Ô. Zur Mittelmeerfauna. Dans : Zoologischer Anzei-
ger, 8'"« année, 1885, pp. 667-670.
114. — 1885. Nouveau microscoi^e de voyage. Communication à
la Soc. de phys. et d'hist. nat. Genève, le 3 décembre 1885. Dans :
Archives des se. phys. et nat., Genève (3), t. 14, 1885, p. 575.
115. — 1885. Sur la rage. Causerie scientifique dans : Journal
de Genève, 11 décembre 1885.
116. — 1885. Fol et Warynski, St. Sur la méthode en tératogé-
nie en réponse à un article de Dareste. Dans : Recueil zool. suisse, t. 2,
pp. 305-326.
117. — 1886. L'instinct et V intelligence. Conférences données à
l'Aula de l'Université de Genève. Dans : Revue scientifique, Paris,
1886, t. 37, pp. 193-197, pp. 265-269.
118. — 1886. Sur le microbe de la rage. Communication faite à
la Soc. de phys. et d'hist. nat. Genève, 18 mars 1886. Dans : Arch.
des se. phys. et nat. Genève, t. 15, 1886, pp. 414-415.
119. — 1886. Pour et contre la théorie de Darwin. Causerie scien-
tifique dans : Journal de Genève, 20 mars 1886.
120. — 1886. Fol et Sarasin, Ed. Sur la pénétration delà lumière
dans la profondeur de la mer à diverses heures du jour. Communica-
tion à la Soc. de phys. et d'hist. nat. Genève, 15 avril 1886. Dans :
Arch. des se. phys. et nat., Genève, t. 15, 1886, pp. 573-576. — Et
avec quelques modifications dans : Comptes rendus Acad. se, Paris,
1886, t. 102, pp. 1014-1017.
121. — 1886. Nos sept sens. Causerie scientifique dans: Journal
de Genève, 1"" août 1886.
122. — 1886. Sur la rage canine, sa cause et sa p^évention. Dans :
Actes de la Soc. helv. des se. nat., réunie à Genève en 1886, pp. 59-
20 MAURICE BEDOT.
GO. — Plus détaillé dans : Comptes rendus des travaux présentés à la
C)9""' session de la Soc. helv. des se. nat., réunie à Genève en 1886,
publié dans : Archives des se. phys. et nat., Genève (.3), t. 16, 1886,
pp. 327-330. — Et à part : pp. 109-112.
123. — 1886. Genève et son Université. Genève, 1886.
124. — 1887. La découverte chez certains vertébrés cfun œil au
milieu du front. — Les yeux adventifs des poissons. — La xmfection
de Vœil humain. — Le sentiment de la direction et V oreille interne^
Causerie scientifique dans : Journal de Genève, 8 janvier 1887.
125. — 1887. Fol et Sarassin, Ed. Nouvel appareil pour Vétude
de la pmétration de la lumière du jour dans les iwojondeurs de la mer
et des lacs. Communication à la Soc. de phys. et d'hist. nat. Genève,
le 1" décembre 1887. Dans : Archives des se. phys. et nat., Genève
(3), t. 18, 1887, pp. 582-584.
126. — 1887. Fol et Sàrasin, Ed. Pénétration de la lumière dit
jour dans les eaux du lac de Genève et dans celles de la Méditerranée.
Av. 1 pi. Dans : Mém. Soc. phys. et d'hist. nat., Genève, t. 29, n" 13,
1887. — Reproduit dans : Arch. des se. phys. et nat., Genève (3),
t. 19, 1888, pp. 447-466. — Extrait dans : Revue scientifique (3), t. 41,
pp. 380-381. Ce mémoire est la réunion des diverses notes sur le
même sujet qui sont citées plus haut.
127. — 1888. Sur la structure microscopique des muscles des Mol-
lusques. Dans : Comptes rendus Acad. se., Paris, 1. 106, pp. 306-308 —
Et dans : Journal de micrographie, Paris, 12'°« année, pp. 91-92. —
Résumé dans : Journal R. Mierose. Soc, 1888, P. 2, p. 199.
128. — 1888. Sur la répartition du tissu musculaire strié chez
divers Invertébrés. Dans : Cornistes rendus Acad. se., Paris, t. 106,
pp. 1178-1180. — Résumé dans : Journ. R. Mierose. Soc., 1888,
pp. 714-715.
129. — 1888. Note sur Vemploi des appareils lumineux pour la
pèche dans les grands fonds. Dans : Comptes rendus Acad. se., Paris,
t. 107, p. 574.
130. — 1889. Expériences ^photographiques sur la pénétration de
la lumière dans la mer. Dans : Revue suisse de photographie. Genève,
1" année, 1889, pp. 102-106.
131. — 1889. Sur Vanatomie microscopique du Dentale. Av. 4 pi.
Dans : Arch. de zool. expér. et gén. (,2), t. 7, pp. 91-148. PI. V-VIII.
— Résumé dans : Journ. R. Mierose. Soc, 1889, pp. 737-739.
132. — 1889. Sur V extrême limite de la lumière diurne
IlERMANN FOL, SA VIE ET SES TRAVAUX. 21
profondeurs de la Méditerranée. Dans : Comptes rendus Acad. se,
Taris, t, 10;», pp. 322-324.
133. — 1S90. Sur la fixité des épreuves 'photoqraphiqiies. Dans:
Revue suisse de photographie. Genève, 2"'« année, 1890, p. fi-y.
134. — 1S90. Le tour de la Corse par mer. Conférence faite à la
Société des lettres, sciences et arts des Alpes-Maritimes. Dans : Revue
scientifique. Paris, 1890, t. 45, pp. 144-147.
135. — 1S90. Les impressions d'un scaphandrier. Conférence fsiite
au Club nautique de Nice. Dans : Revue scientifique, Paris, 1890,
t. 45, pp. 711-715.
130. — 1S!J(). La pêche hathypélagique. Dans : La Nature, Paris,
19""" année (1891), 20 décembre 1890, pp. 43-40.
137. — 1890. Ohservaiions sur la vision sous-marine faites dans
la Méditerranée à Vaide d'un scapliandre.. Dans : Comi)tes rendus
Acad. se, Paris, t. 110, pp. 1079-1081.
138. — 1890. Sur Vanatomie des Éponges cornées du genre Hirci-
nia et sur un genre nouveau. Dans : Comptes rendus Acad. se, Paris,
t. 110, pp. 1209-1211. — Et dans : Ann. and Mag. of nat. hist. (6),
vol. 0, pp. 172-174. — Et dans : Journal de Mici'ographie, t. 14,
pp. 3O0-3O7. — Résumé dans : Journal R. Microsc. Soc, 1890, p. 470.
139. — 1891. La ressemblance ent/re époux. Conférence faite à la
Soc. de médecine de Nice. Dans : Revue scientifique, Paris, 1891,
t. 47, pp. 47-49.
140. — 1891. Le quadrille des centres, im épisode nouveau dans
Vhistoire de la fécondation. Dans : Arch. des se. phys. et nat., Genève
(3), t. 25, pp. 393-420. — Résumé dans : Anat. Anzeiger, G. Jarhrg.,
pp. 260-274. — Résumé av. 10 fig. dans : Atti R. Accad. Lincei (4),
Rendic, vol. 7, pp. 431-434. — Résumé par E. Korschelt, dans : Na-
turw. Rundschau, 0. Jahrg., pp. 308-309.
141. — 1891. Contribution à V étude de la fécondation. Av. 10 fig.
Dans: Comptes rendus Acad. se, Paris, t. 112, pp. 877-879. — Et
dans : Revue scientifique, t. 47, p}). 507-509. — Résumé dans : Jour-
nal R. Microsc. Soc, 1891, P. 4, p. 447.
142. — 1891. A propos de V accroissement de la p)opulation fran-
çaise. Dans : Revue scientifique, Paris, 1891, t. 47, pp. 007-008.
VOYAGE DE MM. M. BEDOT ET C. PICTET
DANS l'archipel :viai>ats
CÉPHALOPODES D'AMBOINE
Le Dr L. JOUBIN
Professeur-adjoint de zoologie à la Faculté des Sciences de Rennes.
Avec les planches I à IV.
A la mémoire de Camille Pidet.
Avant de commencer la description des Céphalopodes rap-
portés d'Amboine par C. Pictet et M. Bedot, qu'il me soit
permis d'adresser à la mémoire de mon malheureux ami l'hom-
mage de mon plus affectueux souvenir. C'ost lui qui, dans la
dernière lettre qu'il ait écrite, lettre restée inachevée et que
M"^ C. Pictet a bien voulu m'adresser, mettait à ma disposition
les Céphalopodes d'Amboine, en me souhaitant gaiement b(m
courage et bonne chance.
La mort m'a privé du plaisir de lui communiquer mes obser-
vations, et je n'ai plus d'autre ressource, pour perpétuer le sou-
venir de nos relations disparues, que de donner son nom aux
espèces qu'il a découvertes ; faible hommage rendu à un ami si
charmant et si sûr, à un naturaliste de race dont la mort est un
deuil pour tous ceux qui l'ont connu.
24
Première Partie
CÉPHALOPODES ADULTES
La faune de la région indo-malaise est fort riche en Céphalo-
podes, et pourtant les explorations dont cette province zoolo-
gique a été l'objet de la part de naturalistes sont relativement
peu nombreuses ; chacune d'elles cependant a fourni une grande
variété de ces Mollusques, ce qui prouve leur abondance, et
laisse entrevoir que beaucoup d'autres sont encore à découvrir.
Il est vraisemblable d'admettre, d'après ce que nous connaissons
jusqu'à présent, que l'Indo-Malaisie devra plus tard être consi-
dérée comme la région du globe la plus riche en Céphalopodes,
et l'on peut même présumer que ces animaux en constitueront
une des caractéristiques principales.
HoYLE, dans son Report on the Geplialopoda du Chanenger^
résume en une liste de 48 espèces, dont 29 sont spéciales à la
région indo-malaise, les catalogues des auteurs qui l'ont précédé
(Pfeffer principalement) ou résultant de ses propres recher-
ches. J'ajoute à cette liste les espèces que Brock a récoltées et
décrites depuis lors à Amboine et à Batavia, et dont la plupart
n'existent pas dans le catalogue de Hoyle. Les pages qui sui-
vent donnent la description de 2 espèces nouvelles d'Amboine,
et font mention de 8 autres espèces déjà connues, décrites soit
en Indo-Malaisie, soit dans d'autres provinces.
Ces divers renseignements, avec quelques légères modifica-
tions apportées aux travaux de mes devanciers, me paraissent
représenter exactement, au moment présent, nos connaissances
sur la faune des Céphalopodes dans la région zoologique indo-
malaise; j'ai cru devoir accepter pour celle-ci les limites que
mon savant collègue Hoyle lui assigne dans son célèbre Report
du Challenger.
CÉPHALOPODES d'aMBOINE. 25
Le tableau qui suit donne, avec le nom des espèces et celui
de leur auteur, l'origine du renseignement faunistique ( Brock,
HoYLE et Pfeffer) et les localités indo-malaises où elles ont
été recueillies.
LISTE
DISTRIBUTION
m
S .\UTi:iIRS
(iÉOGR.\PHIUL'E
Nautilus Pompilius Linné.
Hoyle,
Brock.
Anii)Oine, PacifKiue.
Argonauta Argo Linné.
Hoyle.
Océan Indien.
Octopus vulgaris Lamarck.
Hoyle.
Indo-Malaisie. etc.
» granulatus Lamarck.
Hoyle.
Brock.
Edam, Manille, Maurice.
Batavia.
» areolatus de Haan ^
Hoyle,
Brock,
Pi
;tet-
Hong-Kong, mer des
Bedot.
Mobiques . Amboine,
JXelle-Guinée.
» aculeatus d'Orbigny.
Hoyle.
Manille, Borapora.
" macropus Risso.
Hoyle.
Japon, Indo-Malaisie, Mé-
diterranée.
» bandensis Hoyie.
Hoyle.
Banda.
» punctatus Gabb.
Hoyle.
Indo-Malaisie. .Fa[)on, Ca-
lifornie.
» lunulatus Quoy et Gai m
Brock.
Edam, Pacilique.
» horridus Savigny.
Bkock.
Edam. Amboine. mer
Ronge.
» Cuoien d'Orbigny.
Brock.
Amboine.
•) elegans Brock.
Brock.
Amboine.
0 Machikii Hrock.
liROCK.
Amboine.
» fusiformis Brock.
Brock.
Amboine.
» Boscii (Lesueur) Hoyle.
Hoyle,
l'iCTKT
-Bedot.
Amboine. Australie sud.
» mannoratus Hoyle.
HOYLK,
BlCTET
Beijot.
Amboine, îles Sandwich.
>' Amhoinensis Brock.
Brock,
PlCTET
Bedot.
Amboine.
» Duplex Hoyle.
Hoyle,
PiCTET
-Bh
DCT.
Australie sud, Amboine.
» inconspmms lirock.
Brock,
PiCTKT
Be
dot.
Amboine.
Eledonella diaphana Hoyle.
Hoyle.
Iles de l'Amirauté.
Cistopus indiens Riippel.
Hoyle.
Célébès.
Sepiola Schneehagenii Pl'elFer.
Hoyle.
Mer de Banda.
» rossixformis Pfeller.
Hoyle.
Mer de la Sonde.
» penares Tryon.
Hoyle.
Singapore.
Idiosepius pijgmxiis Steenstr.
Hoyle.
Indo-Malaisie. océan In-
dien.
Spirnla Peronii Lamarck.
Hoyle.
Banda, détroit de Torres,
mers diverses.
• Synonyme de Octopus membranaceus Quoy et Gaimard et de Octopus pul-
cher Brock.
26
Sepiadariiim Kochii Steenstr.
Sepia Smithii lloyle.
» papuensis Hoyie.
0 Pagenstecheri PfeiTer.
» singaporensis Pfefïer.
» polynesica Pfeffer.
LISTE
dks auteurs
Broc.k.
HoYLE.
HOYLE.
HOYLE.
HOYLE.
Pfeffer.
r> latimanus Quoy et Gaim. Hoyle.
» aculeata van Hasselt. Hoyle.
» indien trOrbigny. Hoyle.
» 7^ostrata d'Orhiirny. Hoyle.
» Rouxii d'Orbigny. Hoyle, Brock.
» eliiplicn Hoyle. Hoyle.
) brevimana Steenstrup. Hoyle.
» recurvirostra Steensirwp. Hoyle.
» sulcata Hoyle. Hoyle.
» Kiensis Hoyle. Hoyle.
» Pfefferi Hoyle. Hoyle.
.) Bmchycheira Tapparone-
CanetVi. Hoyle.
Sepiella inermis Steenstrup. Hoyle.
» curta Pfeflfer. Hoyle.
» ocellata PfefTei". Hoyle.
» Maindroni Rochebrune. Hoyle.
Sepioteuthis Blaincilliana Fér. Hoyle.
j neoguinaica Pfefïer. Hoyle.
» lessoniana Férussae. Pictet-Bedot, Hoyli
" /«H«/rtto Quoy et Gaim. Brock.
Loligo Picteti Jonbin. Pictet-Bedot.
> Sumatrensis Férussae et
d'Orb. Hoyle, Brock.
■) Bleekeri Keferstein. Brock, Pictet-Bedot.
') Duvaucelii d'Orbigny. Hoyle.
» Indica PfeiFer. Hoyle.
« 5H6a/a<« Gervais et V. Be-
nedeii. Hoyle.
» Galatheœ Steenstrup. Hoyle.
distribution-
géographique
Aniboine, océan Indieu.
Arafoura.
Indo-Malaisie.
Hong-Kong.
Singapore.
Iles du Pacifique.
Célébès, >'eiie- Guinée,
océan Indien.
Java, océan Indien.
Océan Indien.
Indo-Malaisie, Australie.
Amboine, mer Rouge.
Indo-Malaisie.
Indo-Malaisie.
Indo-Malaisie.
Mer d' Arafoura.
Mer d'Arafoura, Banda.
Mer d'Arafoura.
Indo-Malaisie.
Indo-Malaisie.
Java.
Java.
Indo-Malaisie, Japon,
Pondicbéry.
Java.
Nelle-Gninée.
Neiie-Zélande, IS'eiie-Gui-
née, Java. Japon, Am-
boine.
Edam. Australie, Paci-
fujue.
Amboine.
Amboine, Japon, Indo-
Malaisie.
Japon, Amboine.
Océan Indien.
Java, mer d'Arafoura.
Manille, océan Indien.
Philippines. Indo-Ma-
laisie.
CEPHALOPODES D AMBOINE.
27
LISTE
DISTRIBUTION
DUS
AUTEUBS
GÉOGRAPHIQUE
Enoploteuthis margaritifera
Ruppel.
HcYLi:.
Pacifique, Méditerranée,
Amboine.
Tracheloteuthis Behnii Siacnslv
H.:,YLK.
Océans Indien et Pacifi-
que, Indo-Malaisie.
Teleoteuthis curta Pfetfor.
HOYLE.
Mer de Banda.
Chiroteulhis Picteti Joubin.
PiC.TET-B
EDOT.
Amboine.
Cranchia Brockti PleiFer.
HoYLE.
.Xeiie-Guinée.
Au total 65 espèces.
INDEX BIBLIOGRAPHIQUE
Brock.
Brock.
HOYLE.
HOYLE.
JoUBIN.
Appellof. Japanska Cephalopoder. K. Svensk. Velensk. Akad.
ilandi., XXI, 1886.
Zur Anatomie und Systeinatik der Cephalopoden. Zeit-
schrift f. wiss. Zool., XXXVI, 188â.
Indische Cephalopoden. Zoologische Jahrbiicher, II,
1887.
Diagnoses of new species of Cephalopoda coUected duriug
the Cruise of H. M. S. Challenger. — Part. I. The
Octopoda. — Part. II. The Decapoda. Ann. and Mag.
of nat. history, série 5, vol. XV et XVI, lS8o.
The voyage of H. M. S.. Challenger. Report on tke
Cephalopoda. 1886.
Sur quelques organes colorés de lapeau chez deux Cépha-
lopodes du genre Chiroteulhis. Mémoires de la Société
zooiogique de France, t. VI, 1893.
D'Orbigny et Fércssac. Histoire naturelle générale et particulière des Céphalo-
podes acétalmlifères vivants et fossiles, 1835-1848,
i vol. in-folio.
C. PicTET et M. Beuot. Compte rendu d'un voyage scientifique dans l'Archipel
malais. Genève, 1893.
Die Cephalopoden des Hamburger Naturhistorischen
Muséum. Abhandi. d. Xaturwiss. Vereins Haniburg,
VIII, 188i.
Zoologie du voyage de l'Astrolabe. 1826 à 1829. Paris,
1832.
Manual of Conchology. Céphalopodes. Part. I à IV, 1879.
Mollusques méditerranéens observés, décrits, figurés et
chromolithographies d'après le vivant, Gênes, 18ol.
Pfëffer.
QuoY et Gaimahu.
Tryon.
Verany.
28
OCTOPODES
OcfojMS areolatus de Haan, 1835.
1835. Octopus areolatus de Haan (d'après d'Orbigny).
membranaceus Quoy et Gaimard.
1819. » ocellatus Gray.
1886. .. . Appellof. '
1886. » areolatus Hoyle.
1887. » imlcher Brock.
J'ai examiné deux échantillons d'assez petite taille de cette
espèce de Céphalopode qui est facile à déterminer, grâce à la
description de Hoyle et de Brock. Il est étonnant que ce
Céphalopode ait donné lieu à des interprétations variées, car ses
caractères sont bien nettement établis, surtout à cause des deux
grandes taches ovales qui se remarquent au-dessus des yeux.
DIMENSIONS EN MILLIMETRES I" echanlillon
Longueur de la Ire paire de bras 68 65
» 2me „ 81 8o
.' 3me „ Mutilé 85
.. 4rae , 80 95
» du corps jusqu'à la racine des bras 32 33
'> du sac jusqu'à l'ouverture palléale 19 21
Largeur maximum du sac viscéral 15 15
Longueur totale du corps 118 123
Hauteur de l'ombrelle (face ventrale) 15 11
» " (face dorsale) 7 S
Longueur de U tacbeoculiforme, non compris le cercle blanc. . "i 5' ■
Il n'est pas possible de vérifier le sexe dans le premier échan-
tillon, car le bras génital a été brisé, et un nouveau bras n'ayant
encore que 7 millimètres de long est en train de repousser sur le
moignon.
Le sac viscéral est lisse sur la partie postérieure du dos et sur
le ventre, mais, à mesure que l'on s'approche des yeux, sur la
CÉPHALOPODES d'aMBOINE. 29
face dorsale, les papilles et les rugosités augmentent et devien-
nent très fortes sur la base des bras et sur la membrane de
l'ombrelle ; celle-ci est lisse sur la face ventrale.
On observe sur la paupière supérieure et sur divers points du
corps les papilles dont parle Brock ; il y en a aussi quelques-
unes dorsales entre les yeux et les bras.
La tache oculiforme, ovale, ayant 5 à 5 7^ millimètres dans
sa plus grande longueur, est entourée par un cercle blanc, puis
par une zone plus foncée commençant nettement après le cercle
blanc. Ce détail a été figuré par divers auteurs, en particulier
par QuoYet Gaimard, par Hoyle et par Appellof. Elle existe
aussi dans la figure de Céphalopode tirée d'un livre chinois par
d'Orbigny et qu'il dénomme Octopus sinensis.
Les yeux sont très saillants, mais l'orifice limité par les pau-
pières est extrêmement petit.
La couleur générale de ces animaux conservés dans l'alcool
est d'un brun verdâtre, comme l'indique Brock ; on y remarque
des marbrures irrégulières dues à l'inégalité de répartition des
chromatophores.
La figure 6 de la planche III de Hoyle, qu'il rapporte à
Octopus areolatm de Haan, est bonne comme ensemble, mais
la tache oculiforme est située bien plus haut sur la membrane
que dans les échantillons que j'ai examinés; elle est aussi plus
petite; les détails qui la représentent dans la figure 7 du même
auteur sont un peu différents de ce que l'on observe dans les
exemplaires de Pictet et Bedot. Il y avait un bien plus grand
nombre de chromatophores sur cette tache que dans l'individu
de Hoyle.
La disposition de cette tache me paraît plus exactement
représentée dans la figure d'AppELLôF (Japanska Cephalopoder ,
pi. I, fig. 2 et 4); mais l'ensemble de l'échantillon représenté
dans la figure 1 me paraît plus grêle et plus allongé que ceux
que j'ai examinés.
30 L- JOUUIN.
J'ai indiqué comme synonyme à cette espèce VOdopus mem-
hranaceus Quoy et Gaimard. Je ne l'ai fait qu'avec un certain
doute pour les raisons que l'on va lire.
D'abord je n'ai pas eu sous les yeux la planche originale de
ces deux auteurs, mais seulement la reproduction modifiée que
Férussac et d'Orbigxy en ont donnée dans leurs Céphalopodes
acétahidifères.
Or, dans cet ouvrage se trouve une figure (G. Poulpe,
pi. XXVIII, fig. 1 et 2) qui est fort mauvaise, mais cependant
se rapproche assez de l'aspect général de l'animal que j'ai étu-
dié. Dans cette figure on peut voir, à mi-chemin entre l'œil et
le bord de l'ombrelle, une tache noire, ovale, entourée d'un
cercle blanc, et celui-ci d'un liseré bleu, qui est précisément la
caractéristique la plus saillante de la description de Brock ; les
dimensions des bras, la forme générale du corps se rapportent
très bien à cette espèce, sauf un détail, la présence d'une
nageoire membraneuse sur le côté droit du sac viscéral. L'au-
teur n'a pas pu découvrir trace de cette nageoire du côté gauche.
Comme cette asymétrie n'est pas admissible, il est très vraisem-
blable d'admettre que la nageoire en question n'est que le résul-
tat d'une contraction inégale de la peau due à l'action de l'alcool.
Ce caractère ne me paraît, de ce fait, d'aucune valeur.
Mais, d'autre part, le texte de Férussac et d'Orbigny
ne coïncide absolument pas avec la figure qu'ils donnent de
ce poulpe d'après Quoy et Gaimard. Voici en eff'et quelques
passages extraits du texte (page 44) : « Le dessous du corps est
presque blanc argenté ou satiné, avec quelques points rouge
brun très espacés; l'intérieur de l'ombrelle parait blanc; mais
un caractère singulier, dont nous ne trouvons d'analogue que
dans VOdopus lunidatus, et qui a échappé à la sagacité des
savants voyageurs, car ils n'en font pas mention dans leur des-
cription ni dans leur figure, est celui d'avoir à la base et entre
les bras latéraux une très larsfe tache noire, ovale, absolument
CÉPHALOPODES d'aMBOINE. 31
semblable, de chaque côté du corps. Dans cette tache est un
cercle de même forme, plus petit, formé d'une ligne élevée qui me
paraît avoir été blanche; et au centre se trouve une tache plus
claire. »
Ces trois dernières lignes ne répondent pas à la figure que
donnent Férussac et d'Orbigny, ni à l'échantillon que j'ai
observé, lequel, sous ce rapport, concorde avec la figure de ces
deux auteurs. La contradiction est évidente entre le texte et la
figure de ces deux savants naturalistes.
Octopus Amhoinensis Brock 1887.
Je n'ai observé qu'un seul échantillon, probablement femelle,
de cette espèce.
Le corps est fusiforme, très blanc par suite de l'excessive
réduction des chromatophores. Les bras sont ronds et grêles, les
ventouses petites, nombreuses et très régulièrement alignées.
DIMENSIONS EN MILLIMÈTRES
Longueur totale 101
» jusqu'à la naissance des bras 18
» jusqu'au bord du manteau (ventral) 1.^
Largeur maximum du sac viscéral 8
Longueur de la Ire paire de bras 33
>. 2nie . 52
» 3>i>e ,, 76
j> » 4'n« « 47
Hauteur de l'ombrelle 6
Longueur de la partie extérieure de l'entonnoir G
Ce petit poulpe est de forme très élégante, et ne manque pas
de rapports avec Parasira caréna. Il est extrêmement peu
coloré, et doit être, sur le vivant, presque hyalin. On observe
sur le dessus des yeux deux grandes taches vert foncé, en forme
de croissants. Sur la face dorsale, au bas de chaque renflement
oculaire, on observe un gros chromatophore violet; entre les
32 L. JOUBIN.
deux yeux, sur le dessus de la tête, il y en a quatre petits occu-
pant les angles d'un carré.
Sur le premier et le deuxième bras dorsal, on observe deux
rangs de petits chromatophores rouges, régulièrement alignés,
et montant tout le long de ces bras. Sur le troisième bras il n'y
en a qu'un seul rang médian, qui ne me paraît pas monter jus-
qu'à la pointe. Sur le quatrième bras on n'en observe que quel-
ques-uns, situés tout à fait à la base, derrière l'entonnoir, et
encore leur présence ne me paraît pas absolument démontrée.
Sur le sac viscéral je n'ai pu trouver qu'un très petit nombre
de chromatophores, une vingtaine tout au plus, situés à la pointe
postérieure ; il n'y en a pas un seul, ni sur les côtés, ni sur la
face ventrale du sac ; il y en a deux ou trois sur l'entonnoir.
Les yeux sont fort saillants, et l'orifice palpébral tout petit.
La fente palléale s'arrête juste au niveau de l'ouverture de
l'œil.
La membrane de l'ombrelle est tout à fait transparente, très
mince, et sensiblement égale en hauteur entre les huit bras.
Odoptis Boscii (^Lesueur) Hoyle, 1885.
Je ne rapporte qu'avec doute à cette espèce deux poulpes de
petite taille qui me paraissent s'en rapprocher plus que d'au-
cune autre; ils en diffèrent cependant par deux caractères;
les ventouses péribuccales sont plus nombreuses sur un seul
rang que dans les figures de Hoyle; puis ensuite Hoyle figure
des tubercules en rosette sur la peau du dos ; chez mes deux
poulpes il y a bien des tubercules, mais ils ne sont pas ainsi
frangés. Cela tient peut-être à ce que ces deux Céphalopodes
sont plus jeunes que celui qu'a figuré Hoyle. Ces deux carac-
tères étant mis de côté, les autres détails de l'organisation
répondent bien à ceux à''Octopîis Boscii. Ces poulpes ont aussi
une certaine ressemblance avec VOctopus tuberculatus de Blain-
ville.
CÉPHALOPODES d'aMBOINE. 33
DIMENSIONS EN MII.MMÈTRKS I" nhaiilill«u. 2"' «hanlilloD
Loni-'iieur totale 210 loO
» jusqu'à ia naissance des bras 4o 'M)
jusqu'au bord du manteau (ventral) 'X\ iO
Largeur maximum du sac viscéral 28 17
Longueur de la Ire paire de bras 1 lo 112
. 2me » Mutilé 110
■> :{rae » 145 1-20
» 3'ne .. (liectocotylisé) — 110
■' 4>ne „ 140 Mutilé
Diamètre maximum de la tête 18 12
' entre les deux yeux 15 12
Longueur de la partie externe de l'entomioir 17 i»
') de l'hectocotyle — 3
Femelle. Mâle.
Ces deux échantillons, de sexes différents, ne présentent
aucune différence marquée en dehors du bras hectocotylisé et
de la taille un peu plus faible chez le mâle. L'hectocotyle est
petit, mais la membrane longitudinale de ce troisième bras droit
est très développée. La couleur est d'un brun verdâtre; sur le
dos du sac on observe de nombreux tubercules plus ou moins
rameux, tandis que le ventre est lisse. Sur le dos, entre lés
tubercules, sur la face externe des bras dorsaux, la peau est
comme chagrinée par de nombreux tubercules bas. Sur les bras,
de distance en distance, il y a des papilles rameuses qui sont
bien développées.
Les ventouses sont médiocrement larges; elles ont des plis
rayonnant autour du centre, recouverts de toutes petites
papilles ; un léger cercle membraneux à petits tubercules
entoure l'ensemble de chaque ventouse. Elles sont assez serrées
sur les bras, très régulièrement distribuées, et deviennent très
nombreuses à la pointe.
HoYLE a recueilli ses échantillons sur la côte sud de l'Aus-
tralie.
Octopus inconspicuus Brock.
J'ai reçu deux échantillons de cette espèce, tous les deux
Rev. Suisse de Zool., T. IL 1894. 3
34 L. JOUBIN.
mâles, à très peu de chose près de la même taille. Leur diagnose
a été facile à établir avec la description de Brock (page 603),
dont ils ne s'écartent que par des détails secondaires.
DIMENSIONS EN MILLIMETRES
Longueur totale du corps y compris les bras 160
du corps jusqu'à la naissance des bras 37
• du sac viscéral jusqu'au bord palléal 22
Largeur niaxinium du sac 19
Longueur de l'entonnoir 18
» du 1er liras (dorsal) 72
2rae ,, 120
3me •> 70
4me >, (ventral ) 85
Hauteur de l'ombrelle 12
Longueur de la partie bectocotylisée du Sme bras 3
Dans un des échantillons la neuvième ventouse du bras hecto-
cotylisé, en comptant à partir de la bouche, est beaucoup plus
grande et plus plate que celles qui la précèdent, et un peu plus
grande que celles qui la suivent immédiatement. C'est d'ail-
leurs à partir de ce même point que, sur les autres bras, les ven-
touses s'accroissent beaucoup en diamètre. On peut comparer
cette disposition à celle qui a été figurée par Férussac et
d'Orbigny pour Octopus Fontanianus d'Orbigny (voir Céphalo-
podes acétabulifères, pi. XXVIII, fig. v).
Il n'y a pas grand'chose à ajouter à la description de Brock,
si ce n'est l'aspect gélatineux et semi-transparent de la peau
chez ce Céphalopode. Cela est si marqué sur les bras que les
ventouses sont enfoncées jusqu'à leur orifice dans ce tissu
d'aspect infiltré et aqueux. Cette peau est molasse, et rappelle
un peu l'aspect de ce même tissu chez VAlloposus mollis Verrill.
C'est ce qui donne au sac et aux bras de cet animal un aspect
ramassé et trapu qu'il n'aurait pas sans cette peau tuméfiée. Cette
disposition n'est qu'assez vaguement indiquée par le profil de
l'animal donné par Brock dans la figure 4 de sa planche XVI.
CEPHALOPODES D AMBOINE. OL»
Odopus marnioratus Hoyle, 1886.
C'est encore avec un certain doute que je me décide à rappor-
ter à cette espèce un poulpe d'Amboine qui lui ressemble par
beaucoup de points, mais s'en écarte par quelques caractères
dont le principal est la longueur des bras, qui sont, proportion-
nellement au corps, beaucoup plus longs dans les exemplaires
de Hoyle que dans le mien. Il est vrai que les individus obser-
vés par Hoyle provenaient des îles Sandwich, et que l'on peut
admettre que ce sont deux variétés locales d'une même espèce.
Peut-être eût-il été préférable d'établir pour mon individu une
nouvelle espèce, mais je laisse à d'autres, mieux informés, ce soin.
Le corps, arrondi, un peu allongé, est blanchâtre sur la face
ventrale, et plus foncé sur la face dorsale, où il est aussi fort
grenu, tandis que le ventre est lisse. Les verrues sont tantôt
rondes, entre les bras et les yeux, sur le milieu du dos, tantôt
allongées, sur la limite entre le dos et le ventre, en arrière des
yeux. On voit très nettement sur cet échantillon les marbrures
que Hoyle a figurées, et qui sont dues à des chroraatophores
plus ou moins serrés, ce qui donne l'apparence d'une sorte de
réseau. Sur le dessus des yeux sont deux cirrhes que Hoyle
mentionne dans sa description, mais ne donne pas sur la figure ;
ce sont les seuls du corps.
La membrane ombellifère n'existe pour ainsi dire pas entre
les bras dorsaux, tandis qu'elle est très haute entre les bras
latéraux et ventraux. Elle envoie un prolongement membraneux
seulement sur les bras ventraux.
Une tache foncée se trouve entre les deux yeux, en avant,
assez près de la racine des bras dorsaux ; mais ses limites sont
difficiles à déterminer à cause de la disposition chagrinée que la
peau a prise à la suite de l'immersion dans l'alcool.
L'ouverture palléale ne va pas jusqu'au bord interne des
yeux.
36 h, JOUBIN.
Voici le tableau des mesures que j'ai relevées sur cet échan-
tillon, qui est un mâle, pourvu de son hectocotyle.
DIMENSIONS EN MILLIMKTRES
Longueur totale 145
» du sac viscéral (face ventrale) 33
Largeur maximum du sac viscéral 24
de la tête 14
> ) entre les deux yeux 16
Longueur du 1" bras 81
, 2™® > 92
3-"« » 86
» 3"»^ » hectocotylisé 72
,) 4™^ » 92
Hauteur de l'ombrelle dorsale • 2 à 3
» » ventrale 18
Longueur de Tentonnoir .- 15
» de ['hectocotyle 3à4
Octopus Duplex B.oy\e^ 1885.
Voici encore un poulpe auquel je ne me décide à donner le
nom (ïOctojms Buinlex qu'après de nombreuses hésitations. Il n'a
en effet aucun caractère bien tranché ; il est, pourrait-on dire,
dans la « moyenne » pour toutes ses mesures et les rapports de
ses dimensions entre elles . J'ai pensé d'abord en faire une
espèce nouvelle, mais, en comparant avec grand soin ses princi-
paux caractères, je me suis décidé pour le nom que l'on vient de
lire. Ce n'est pas qu'il concorde rigoureusement avec la descrip-
tion de HoYLE, mais comme il n'a observé que des individus de
petite taille, que, d'autre part, les miens ne sont vraisemblable-
ment pas adultes, il me parait sage d'en conclure que nous avons
examiné tous les deux des jeunes qui peut-être se rattacheront
plus tard à quelque autre espèce.
J'ai observé cinq individus de cette espèce. Je donne ci-des-
sous les mesures du plus grand, qui est une femelle, et du plus
grand mâle.
L'aspect général est assez bien celui qu'a figuré Hoyle pour
CÉPHALOPODES d'aMBOINE. 37
son Odopiis Duplex (pi. VII, fig. 5). C'est aussi à peu près la
taille du plus grand de mes échantillons. Le corps est violet
foncé sur le dos, plus clair ou jaunâtre sur le ventre et dans
l'intérieur de l'ombrelle. Les chromatophores sont très serrés,
surtout sur le dos. Sur la face ventrale et sur le dos des bras on
observe des chromatophores isolés de distance en distance, plus
noirs, et régulièrement répartis. Ils tranchent nettement sur le
fond plus clair du sac, sur les bras ils forment deux lignes alter-
nantes. Plus les échantillons sont petits, plus ils sont nets ; sur
le plus grand de ceux d'Amboine ils sont masqués par le grand
nombre des chromatophores violets, et on peut à peine les dis-
tinguer. Il est fort possible que dans les échantillons arrivés à
une taille supérieure ils ne soient plus du tout perceptibles.
La peau est toute garnie de très petites pustules basses,
visibles seulement sur le dos, la tête et la base des bras dorsaux.
Leur centre est blanc, grâce à un tout petit point excessivement
réduit et un peu en relief; c'est en quelque sorte une. papille
tuberculeuse si peu mar-quée que la peau semble lisse. Les bras
sont réguliers, sensiblement de la même dimension, et reliés à
leur base par une ombrelle peu élevée^ J'avais tout d'abord
pensé que ce poulpe pourrait être VOdopus Indiens Eapp, mais
n'ayant pas trouvé sur l'ombrelle les poches que figure d'Orbi-
GNY j'ai renoncé à cette interprétation; cependant il y a un
aspect général commun à ces deux espèces.
Les yeux sont assez saillants, et surmontés, comme l'indique
HoYLE, de trois petits tubercules dont le postérieur est le plus
développé.
Les ventouses sont de taille moyenne, les trois premières sur
un seul rang, l'alternance ne commençant à être perceptible
qu'à partir de la quatrième.
On remarque sur la ligne médiane ventrale du sac un sillon
dû à la contraction par l'alcool.
Le bras hectocotylisé ne présente rien de remarquable ; sa
38 L. JOUBIN.
gouttière membraneuse est bien développée ; l'iiectocotyle petit.
Voici enfin la phrase que Hoyle ajoute à sa description et
qui montre que les hésitations que j'ai éprouvées ont été parta-
gées :
< Ail my efforts to identify this with any previously known
species hâve failed, which is the more remarkable, inasmuch as
it présents no very spécial distinctive characters. It will ])roba-
bly prove to be identical with some of the forms from the same
région whicli hâve hitherto been insufficiently described. »
DIMKXSIONS EN MILLIMÈTRES Femelle. Mâle.
Longueur totale 12 49
« de l'extrémité postérieure au boni (lu manteau 14 8
» » » au centre de l'œil 21 13
Largeur maximum du sac 13 8
» » de la tète (compris les yeux) 11 7
Longueur du i" bras 41 29
2"'« - 47 34
3- » 44 -
3""= » hectocotylisé — 28
4''« » 49 33
Longueur du siphon au-dessus du sac viscéral 7 4
Les deux individus, un mâle et une femelle, décrits par
HoYLE, ont été recueillis dans la baie de Twolbld, au sud-est de
l'Australie.
DÉCAPODES
Sepioteutliis Lessoniana Férussac et d'Orbigny, 1826.
Parmi les Céphalopodes d'Amboine se trouve un exemplaire
de très petite taille, mais admirablement conservé, de cette jolie
espèce, qui semble avoir une aire de dispersion fort étendue. On
l'a déjà signalée, d'après le relevé que j'ai fait, dans divers
points du Grand Océan, à la Nouvelle-Guinée, au Japon, à Java,
à Triukomali, à la Nouvelle-Zélande; Hoyle, dans son Beport
CÉPHALOPODES d'aMBOINE. 39
du Challenger, la donne encore comme provenant des îles Fiji
et de Ternate.
Ce Mollusque peut atteindre de fort grandes dimensions,
puisque d'Orbigny en a mesuré un dont la longueur totale était
de 819 millimètres. Voici les mesures de celui d'Amboine :
DIMKNSIONS F,N MII.IJMÈTBES
Lonjrueur totale oO
» de l'extréniité postérieure au l)or(l du manteau 27
» • ■' au centre de l'ieil ;M
Largeur du corps 10
de la tête H
» de l"(eil au bord de l'ondjrelle 7
Longueur du 1«'' brus 4
2"- .. 8
;{•"« .. 11
» 4"'« ■> H
« tentacule 18
Diamètre total au poiid maximum des nageoires 16
Dans cet individu, les ventouses du tentacule sont protégées
par une membrane ondulée dans leurs deux tiers postérieurs,
tandis que sur les bords de la pointe des tentacules cette mem-
brane n'existe pas, et les ventojiises sont plus serrées et plus
petites.
Au-dessus de chaque œil on aperçoit, au niveau de l'insertion
du tentacule, un très petit pore; je ne sais où il conduit, ni à
quoi il sert.
Les crêtes sous-oculaires sont blanches, en forme d'accent
circonflexe. Sur la face ventrale une tache blanche ovale se voit
sur le bord de chacun des deux yeux ; elle manque de chromato-
phores, et a un aspect rude qui tranche sur le brillant de la peau.
Le corps est entièrement garni de chromatophores; il n'y en
a cependant pas à la face ventrale des nageoires. Ils sont parti-
culièrement abondants sur le dessus de la tête et sur l'insertion
dorsale des nageoires. L'ensemble du corps est rosé, les chro-
matophores d'un violet foncé.
40 L. .TOUBIN.
Chiroteuthis Picteti n. sp.
(PI. let II.)
DiAGNOSE. Animal elongatum, semi pellucidum, acummàtum.
Caput pro magnitudim corports parvum, cijlindrlmm, oculis
satis magnis; hrachia et tentaada ut in Chiroteuthis Veranyi
dJ'Orhigny, sed cupulœ extremitatis tentaculorum non spherulam
nigram ferimt. Pinnœ non terminales^ rotundatœ, in dorso con-
junctœ; corpus longe suh alis exfensimi. Gladius tenuis cujus
paries latérales in medio coalescentes et recurvœ tubuliim for-
mant, apertura ovata, superlore, obliqua apertum.
J'ai reçu de cette espèce deux échantillons malheureusement
en fort mauvais état, malgré la fixation dans l'acide picrique.
Dans les deux exemplaires la tète et les bras étaient séparés, au
niveau de la base du siphon, du reste du corps, de sorte qu'il
était difficile tout d'abord de se rendre compte à quel corps
appartenait chaque tète. A quelques indices j'ai pu cependant
reconstituer les deux animaux entiers.
Ces deux Céphalopodes devaient avoir une forme et un aspect
des plus beaux lorsqu'ils étaient vivants. Ils sont plus élancés et
de dimensions plus élégantes que le Chiroteuthis Veranyi d'Or-
bigny, et surtout que le Chiroteuthis îacer^osa Verrill; d'après ce
que j'ai pu constater sur ces animaux conservés dans l'alcool, le
corps était absolument transparent, bleu, à reflets irisés verts et
jaunes sur la tête, principalement dans le voisinage des yeux. Des
taches rouges et violettes étaient certainement apparentes sur
les bras, comme on peut en juger là oii les chromatopliores ont
été conservés.
Malheureusement la déchirure du corps au niveau du siphon
-a détruit la plupart des viscères, de sorte qu'il est à peu près
CÉPHAI.OPODES d'aMBOINE. 41
impossible de se rendre compte, dans leur état actuel, de la dis-
position des organes.
Ces deux échantillons n'étaient pas de même dimension, bien
que très grands tous les deux. J'ai iiguré le plus petit des deux
en entier, et donné un simple contour du sac viscéral avec la
nageoire de l'autre, sensiblement plus grand. On peut se rendre
compte par ces deux dessins (PI. I et fig. 2, PI. II) que la forme
de la région abdominale est un peu différente dans les deux
types; c'est peut-être une variation sans importance, ou bien
cela tient à une différence de sexes; je ne puis rien affirmer
relativement à ce dernier point, n'ayant pu constater la nature
des glandes génitales que sur le plus grand des deux, qui est une
femelle; elles étaient complètement absentes dans l'autre. En
tout cas, sur aucun des deux animaux je n'ai ti'ouvé trace d'hec-
tocotylisation.
A. part cette différence entre les deux abdomens, la tête et les
bras étaient absolument identiques dans tous leurs détails, et ce
qui sera dit de l'un se rapporte à l'autre.
Avant de décrire ces animaux il est nécessaire de dire que.je
n'ai trouvé, parmi les Céphalopodes actuellement connus, aucune
autre espèce qui s'y rapporte. C'est bien évidemment un Chiro-
teufhls, mais à première vue il est certain que ce n'est ni Ch.
BomplamU Verany, ni Ch. Veranyi d'Orbigny. On ne peut
non plus les rattacher à Ch. lacertosa Verrill;ils en diffèrent par
la forme du corps qui, dans l'espèce d'Amboine, est prolongé au
delà de la nageoire, par un abdomen cylindrique, qui manque
dans Ch. lacertosa; la plume est aussi bien différente dans les
deux espèces, de même que la forme du corps et des bras.
Ce qui se rapproche le plus de notre espèce, c'est le fiagment
de plume décrit par Hoyle dans son Report du Challenger;
mais, là encore, il y a des caractères différents dans les deux cas,
ce qui fait que l'espèce innommée de Hoyle, et dont il n'a d'ail-
leurs pas vu autre chose que des fragments de la plume, ne doit
42 L. JOUBIN.
pas se confondre avec celle d'Amboine, avec laquelle cependant
elle paraît avoir des points de ressemblance.
DIMENSlOiNS EN MILLIMÈTRES (" cch3iitillOD J-* rchantilloa. .
Longueur totale non compris les tentacules 423 570
» » y compris les tentacules 920 1035
» I) du sac viscéral 190 235
Diamètre maximum du sac viscéral 32 38
» minimum » 6 7
» de la nageoire 70 82
Hauteur <> 78 81
Diamètre maximum entre les deux yeux 35 37
à la naissance des bras 28 30
Longueur de la plume 230
du!" bras 110 128
2">« > 145 168
S-»" 148 182
» 4"'« . 257 285
» tentacule 650 710
» de la palette lentaculaire 143 162
Forme du sac viscéral (PI. I et PI. II, fig. 2). Le sac viscéral
se compose de deux parties ; l'une large, surmontant la nageoire,
l'autre grêle, cylindrique, commençant à peu près au niveau de
la nageoire, contre laquelle elle est appliquée et saillante, et qui
la dépasse de plusieurs centimètres dans la région inférieure.
La partie supérieure du sac est celle qui renferme les vis-
cères, on y peut voir, malgré l'état déplorable des échantillons,
des branchies courtes, une petite poche du noir avec des replis
lamelleux dans l'intérieur du réservoir ; j'y ai aussi trouvé des
lamelles triangulaires empilées qui me paraissent avoir appar-
tenu à des glandes nidamentaires. Cela dans le plus petit
échantillon, celui qui a été figuré en entier et qui, par consé-
quent, serait une femelle ; mais je n'ose affirmer ce point. Dans
le plus grand j'ai trouvé des fragments d'ovaire remplis de petits
œufs ; c'est donc sûrement une femelle.
Dans le plus petit échantillon la partie du sac supérieure à la
nageoire est un peu plus longue et plus grêle que dans le grand
CÉPHALOPODES d'AMBOINE. 48
échantillon, où elle est légèrement plus courte et plus renflée.
La partie de l'abdomen qui est accolée à la nageoire est cylin-
drique, grêle, va d'abord en se rétrécissant rapidement, puis se
dilate ensuite un peu jusqu'à la fin de la nageoire, où elle se
rétrécit enfin jusqu'à l'extrémité postérieure du corps. Dans le
plus grand Chiroteuthis (PI. II, fig. 2) cette portion de l'abdomen
située au delà de la nageoire a une longueur égale à celle qui
est accolée à la nageoire ; dans le plus petit Chiroteuthis (PI. I)
cette portion ultime de l'abdomen n'est égale qu'à ',3 de la
hauteur de la nageoire. A part cela, la disposition générale du
sac viscéral est la même dans les deux cas.
L'ouverture supérieure du sac présente, dans les deux échan-
tillons, un prolongement en pointe de la région dorsale renfer-
mant la tête de la plume. Une légère échancrure symétrique
marque le milieu du bord ventral. Dans le petit individu cette
région de l'ouverture du sac est plus évasée que dans le grand
échantillon.
Toute cette portion grêle du sac, à partir du haut de la
nageoire, était absolument transparente, tandis que la portion
supérieure, large et contenant les viscères, devait être plus
opaque; elle est aussi très musculaire, tandis que la portion
grêle est tout à fait dépourvue de muscles, comme j'ai pu m'en
assurer. Il n'y a pas autre chose dans la partie grêle du sac que
du tissu conjonctif aréolaire sous-cutané, renfermant de nom-
breux vaisseaux, et en son axe la plume elle-même fort trans-
parente. Cet aspect vitreux s'est conservé, malgré l'action de
l'alcool, dans toute cette partie du corps, tandis que la partie
supérieure ainsi que la nageoire, qui contiennimt des muscles
en abondance, sont devenues complètement opaques.
La nageoire. Elle est ti-ès développée dans ces deux Cépha-
lopodes, placée dans la région moyenne de l'abdomen, dont elle
occupe en longueur environ un tiers dans le grand échantillon,
deux cinquièmes dans le plus petit. C'est une large lame plate.
44 L. JOUBIX.
un peu ondulée sur ses bords, et qui est formée de lamelles mus-
culaires empilées, séparées par du tissu conjonctif. Des stries
marquent sur les deux surfaces de la nageoire la disposition de
ces lamelles musculaires.
Dans le grand écliantillon la nageoire est sensiblement ronde,
et se prolonge un peu en bas sur le dos de l'abdomen caudal.
Dans le petit échantillon la nageoire est un peu plus haute
que large et elle est arrêtée brusquement en bas. Elle diffère
seulement par ces deux détails secondaires du même organe
chez l'autre individu observé.
D'après les légers plis de la surface de cette nageoire, je
pense qu'elle devait fonctionner comme une hélice, et être ani-
mée d'ondulations verticales.
Les muscles de cette nageoire sont formés de lames muscu-
laires empilées, alternativement longitudinales et transversales,
mêlées à un peu de tissu conjonctif. Les lames longitudinales se
dichotomisent toutes à une certaine distance de l'axe de la
nageoire, puis encore un peu plus loin, et ainsi de suite, de façon
à augmenter la surface de la nageoire à mesure que l'on s'ap-
proche de son bord.
La peau de la nageoire n'était conservée que sur des espaces
très restreints, de sorte quïl est difficile de dire quelle était la
répartition des chromatophores.
L'entonnoir. Cet organe est fort petit par rapport à la dimen-
sion générale du corps. Il n'a guère plus de 25 millimètres
en hauteur et en largeur ; son oritice supérieur est en forme de
tube étroit, courbé vers le ventre; son oritice inférieur ne s'en-
fonce que très peu dans lïntérieur du sac viscéral. Le bord
libre, ventral, de cet organe est mince, et présente trois courbes
rentrantes, séparées par deux pointes saillantes, symétriques,
sur chacune desquelles est placé un organe de fixation.
Cet appareil tixateur se compose de deux surfaces concaves
ovales, à bord aplati, ayant 5 à 6 millimètres dans leur plus
CÉPHALOPODES d'aMBOINE, 45
grand diamètre, et pourvues de trois tubercules saillants, dont
les deux inférieurs sont fusionnés. Cela ressemble vaguement
au pavillon d'une oreille. Au-dessus est une languette triangu-
laire, aiguë, cartilagineuse. (PI. II, fig. 15.)
Sur le bord interne, ventral, du sac viscéral, tout à fait à la
limite marginale, se trouvent les deux cartilages destinés à
entrer dans les cavités ci-dessus indiquées. Ils ont la forme de
pyramides quadrangulaires, dont deux faces seraient légèrement
excavées pour recevoir les tubercules de la fossette concave. La
base a 3 à 4 millimètres de largeur. (PI. II, tig. 16.)
A l'intérieur de l'entonnoir on remarque une languette valvu-
laire bien nette, mais peu développée, surmontée d'une fossette
])rofonde. Latéralement on trouve dans l'entonnoir deux replis
épithéliaux, analogues à ceux qui ont été figurés pour Loligo
Pldefi. (PI. IV, fig. 10.)
La paroi musculaire de l'entonnoir est peu développée, c'est
un organe évidemment faible, et qui ne doit pas être d'une
grande utilité pour la locomotion de l'animal. Les appareils de
fixation ne sont pas non plus bien forts, et il est à croire qu'ils
ne produisent qu'une adhérence peu solide entre l'entonnoir
et le bord du manteau.
La tête est cylindrique, fort allongée, munie de deux gros
yeux saillants. Sa coloration doit être fort belle sur l'animal
vivant, car on y remarque encore, même après ce long séjour
dans l'alcool, une vive coloration irisée en vert et en jaune. Au-
dessus et autour des yeux, du côté dorsal, on remarque une zone
plus foncée, pigmentée en vert bleuâtre.
Les yeux sont aussi revêtus de couleurs métalliques cuivrées,
rouges et vertes, très intenses. Le cristallin présente des zones
concentriques, rouge et bleu verdâtre, qui lui donnent un très
singulier aspect. L'œil est maintenu par une sorte de paupière
oblique inférieure, formant comme une demi-cupule de soutien,
qui monte jusqu'au niveau de l'orifice central pupillaire.
46 L. JOUBIN.
Ces yeux et la tête ne diffèrent pas sensiblement de ce que
Ton observe dans les autres espèces de Chiroteidhis. Peut-être
seulement la tête est-elle un peu plus svelte et plus grêle,
comme d'ailleurs le reste du corps.
Membrane buccale (PI. II, fig. 3). C'est une vaste mem-
brane attachée autour de la lèvre buccale, sur laquelle elle
s'insère ; elle s'écarte de cette lèvre en se gonflant, puis elle se
rétréiîit en une sorte de goulot plus étroit qui est placé au-des-
sus de l'orifice buccal. Cette sorte de cheminée conique est
soutenue par des côtes saillantes s'élevant au-dessus de son
orifice, qui, de ce fait, est dentelé. Ces côtes ne sont pas muscu-
leuses, probablement fort contractiles et érectiles; il y en a
sept, et elles sont reliées par une mince membrane à la base
des bras qui les entourent. Il me paraît probable que ce tube
est fort élastique, protractile, et que l'animal doit pouvoir le
manœuvrer de façon à recueillir sur les ventouses des bras et
des tentacules les petits animaux dont elles ont pu se saisir. Il
est vraisemblable d'admettre qu'il y a à la pointe de ces côtes
une sensibilité développée en vue de cette fonction spéciale.
La première côte dorsale, médiane, donne attache à deux
membranes allant s'insérer sur la face dorsale des deux plus
petits bras, les bras dorsaux. Puis, en dessous, les deux côtes
symétriques (2 et 2') ont chacune à leur base une membrane
allant s'attacher à la face supérieure ou dorsale des deuxièmes
bras. En dessous, les troisièmes côtes symétriques (3 et 3') ont
une membrane s'insérant sur la face ventrale des troisièmes
bras. Enfin, en dessous on voit que les quatrièmes côtes (4 et 4')
viennent également par leur membrane s'attacher à la face ven-
trale des grands bras ventraux.
Ces sept cloisons forment comme autant de cordages qui
maintiennent en place la membrane tubulaire buccale. Celle-ci
est de couleur bleue ou violette intense, tandis que les côtes et
les cloisons sont blanches et transparentes. En dessous de la
CÉPHALOPODES d'aMBOINE. 47
membrane on aperçoit le commencement du bulbe buccal, sous
forme d'un anneau blanc.
Cette membrane buccale est plus développée que chez le
Chiroteuthis Veranyl, où elle est moins haute et où les côtes ne
sont pas saillantes à la pointe, autant du moins que l'on peut
s'en rendre compte par les dessins de Verany, qui a observé
l'animal vivant, et sur les échantillons en alcool que j'ai étudiés.
A l'intérieur de la membrane buccale on peut voir sa surface
toute couverte de plis ondulés.
J'ai fait des coupes de cette membrane buccale, et j'ai con-
staté que les côtes saillantes sont creuses, divisées en loges par
des cloisons, et renferment de très nombreux vaisseaux ; cela
ressemble tout à fait à du tissu érectile. La membrane qui sépare
les côtes est beaucoup plus musculeuse ; on y rencontre au moins
deux plans de fibres, les unes transversales, les autres circu-
laires, noyées dans un tissu conjonctif compact, et entremêlées à
de nombreux capillaires. Sur la face profonde on remarque que
les plis cutanés noirâtres donnent en coupe des arborisations
recouvertes par un épithélium des plus singuliers. Je n'ose me
prononcer sur la nature des cellules qui le composent, vu le
mauvais état de conservation de ces Céphalopodes, mais il m'a
semblé que l'on se trouvait là en présence d'une grande quantité
de nématocystes. Toutes ces cellules ont l'air écartées les unes
des autres ; elles sont arrondies, à gros noyaux, quelques-unes
d'entre elles toutes remplies de granulations. Je ne sais que
penser exactement de ce singulier épithélium, sous lequel on
observe une grande quantité de grains pigmentés bleuâtres, for-
mant une couche à peu près continue dans toute l'étendue de la
membrane buccale. Ce sont eux qui lui donnent l'aspect noirâtre
qu'on lui voit en regardant à l'intérieur de la cavité supra-buc-
cale qu'elle limite.
La lèvre et le bec. Si l'on fend la membrane buccale et qu'on
en rabatte les lambeaux, on aperçoit l'entrée de la bouche, limi-
48 L. JOUBIN.
tée par deux lèvres circulaires concentriques. La plus externe
est mince, blanche, ridée radialement. La plus interne est
épaisse, charnue, couverte de grosses papilles courtes et larges
disposées en files radiales. Au centre de cette bouche est le bec,
dont on aperçoit seulement les deux pointes des mandibules, fort
acérées, et occupant la position ordinaire de ces organes chez
les Céphalopodes.
La mandibule supérieure, la plus courte, recouverte par
l'inférieure, a 16 millimètres et demi de longueur, et 11 milli-
mètres de sa pointe antérieure à sa pointe postérieure.
La mandibule inférieure, recouvrante, est formée de deux
parties dirigées à angle droit ; la pointe et le talon d'une part,
Taileron de l'autre. De la pointe au bout du talon il y a 12 mil-
limètres; de la pointe à l'extrémité de l'aileron on mesure
11 milhmètres et demi. Le talon présente une crête d'insertion
musculaire assez marquée.
Les mandibules de notre Chirotetithis sont petites et relative-
ment peu développées pour un Céphalopode de cette grande
dimension; elles sont aussi peu solides, et il n'y a de réellement
dur que les deux pointes aiguës. Cela semble assez en rapport
avec le mode d'alimentation et la petitesse des ventouses; la
membrane buccale, étroite et délicate, ne permet pas non plus
l'introduction de proies volumineuses dans la bouche.
La radula (PI. II, fig. 9). Cet organe ne présente pas
grand'chose d'intéressant à signaler, sauf sa petite taille par
rapport à la très grande dimension de l'animal. On y observe
une dent médiane à trois pointes dont les deux externes sont
recourbées ; la première dent latérale est à deux pointes ; la se-
conde dent latérale n'a qu'une longue pointe; il en est de même
de la dent marginale, oiî la pointe est fort longue. Le tout est
porté sur une membrane chitineuse qui dépasse latéralement la
région des dents, et présente sur ses bords un mince liseré
jaune. L'ensemble de la radula ne dépasse pas un centimètre
CÉPHALOPODES d'aMBOINE. 49
de long ; ce développement très faible est en rapport avec les
dimensions restreintes du bec et du bulbe buccal.
Les Iras (PI. I, fig. 1). Les bras de ce Céphalopode
ne diffèrent pas de la disposition qu'ils affectent ordinairement
chez les divers représentants de ce genre Chiroteiithis. Ils sont
extrêmement développés par rapport à la dimension totale du
corps, surtout la paire de bras ventraux, qui est beaucoup plus
grosse que les trois autres. Ces organes sont, comme le reste du
corps, formés surtout de tissu spongieux transparent^ et les mus-
cles y sont relativement peu abondants ; ce sont des bras bien
moins musclés que ceux des poulpes qui sont des animaux beau-
coup plus forts que ces délicates espèces pélagiques. Ces der-
nières, en effet, n'ont guère pour se protéger que leur transpa-
rence admirable et leur couleur d'eau de mer ; le peu de
muscles qu'elles ont est affecté au service de la nutrition, et
encore de nombreux artifices leur viennent-ils en aide.
Les bras sont sensiblement arrondis, peut-être un peu aplatis
sur leurs faces en contact, mais surtout sur la face qui porte les
ventouses et que l'on pourrait appeler buccale. Ils se terminent
en pointe délicate, qui est susceptible probablement de se dérou-
ler. Ils portent tous deux rangs de ventouses alternantes, les
deux ou trois plus voisines de la bouche n'étant que sur un
rang. Vers la pointe des bras ces ventouses deviennent excessi-
vement petites, à tel point qu'il est difficile de les compter et de
voir si l'alternance des deux rangs persiste ou s'ils n'en forment
plus qu'un seul
Le premier bras porte environ 15 paires de grandes ven-
touses, 20 paires de moyennes et 50 de très petites. Ce bras est
rond et dépourvu complètement de membrane natatoire ou de
carène. Les cliromatophores sont fort petits sur la surface
externe, mais plus grands entre les ventouses.
Le deuxième bras présente la même disposition que le précé-
dent, avec une très légère carène membraneuse, à peine sail-
Eev. Suisse de Zool., T. II. 1894. 4
50 L. JOUBIN.
lante, dans la région moyenne. Il porte environ 20 paires de
grandes ventouses, autant de moyennes et 60 très petites.
Le troisième bras a une épaisse carène translucide bien mar-
quée dans la région moyenne, moins nette aux deux extrémités.
On y compte environ 15 paires de grandes ventouses, 20 de
moyennes et 70 de petites, dont les terminales sont microsco-
piques.
Le quatrième bras, le plus grand de tous, a une grande mem-
brane natatoire charnue sur son insertion, mince et flottante sur
son bord libre; elle s'étend dans toute la longueur du bras et
est bien développée jusqu'à sa pointe. On y remarque que les
ventouses sont plus espacées les unes des autres que dans les
trois premiers bras; il y en a 18 paires de grandes très écar-
tées, s'étendant jusqu'à la partie moyenne du bras, 5 ou
6 moyennes seulement et un grand nombre de petites ventouses
terminales, dont les 15 dernières environ semblent sur un seul
rang, et séparées les unes des autres par un gros point noir. Ces
ventouses terminales sont tout à fait incolores. La ligne de
points vésiculaires noirs est bien nette, surtout à la pointe des
bras ; il y en a un entre chaque ventouse du rang inférieur, et
ceux de la base sont situés plus profondément ; ils sont aussi
plus gros et moins nets que ceux de la pointe du bras.
Les tentacules (PI. I, fig. 1). Ces longs filaments pêcheurs
sont extrêmement développés, et semblent plus solides que
dans les autres espèces de Chiroteuthis. Ils sont nettement
arrondis, complètement dépourvus de chromatophores, excepté
dans la paroi de leurs ventouses. Celles-ci sont très plates et
vont être décrites un peu plus loin ; on en trouve une à chaque
deux centimètres environ.
Les tentacules se terminent par une palette natatoire, extrê-
mement allongée, légèrement concave sur une face, convexe,
avec une arête longitudinale saillante, sur l'autre. La face con-
cave est limitée latéralement par une membrane soutenue par
CÉPHALOPODES DAMBOINE. • 51
de nombreux cartilages triangulaires ; c'est évidemment un
organe destiné à offrir une certaine résistance à Teau lorsque le
courant, frappant la face concave, étale la membrane. Celle-ci
sert également à protéger les nombreuses petites ventouses
noires qui remplissent la face ventrale concave de la palette.
Ces ventouses sont disposées en' quatre rangées longitudinales,
parallèles, les deux marginales étant formées de ventouses à
pédoncule fort long, tandis que les deux médianes sont à pédon-
cule court. En outre, ces ventouses sont disposées en lignes
obliques de quatre, dont deux grandes et deux petites, terminées
à leurs deux bouts par un cartilage de la membrane margi-
nale. La figure schématique (PL II, fig. 6) donne mieux Tidée
qu'une description de cet arrangement très régulier. Les sur-
faces externe et interne sont recouvertes de chromatophores,
mais il n'y en a ni sur la tige des ventouses, ni sur les cartila-
ges de soutien de la membrane. Un gros bouton coloré termine
à sa pointe la palette tentaculaire ; il m'a semblé analogue à
celui de CkiroteuthisVeranyi dont j'ai fait ailleurs la description.
Les ventouses. A. Ventouses des hras [V\. II, fig. 7). Ces
ventouses sont toutes semblables entre elles, à la dimension près,
sur les huit bras, et aussi bien à leur base qu'à leur extrémité.
Elles sont petites, pourvues d'un pédicule court et grêle, porté
sur un tubercule mamelonné, au sommet duquel il s'insère. La
ventouse a une face hémisphérique, tournée vers la pointe du
bras et une face dont le pourtour est à trois angles arrondis; c'est
elle qui porte l'orifice circulaire. Celui-ci est pourvu d'un fort
cercle corné de couleur brune, qui s'étend profondément sous la
peau de la ventouse. Il n'a que des dents arrondies, les unes,
très petites, au nombre de six ou sept, situées sur le bord même
du cadre corné, et seulement dans sa partie inférieure ; les autres
beaucoup plus grandes, en petit nombre, irrégulières, et placées
à divers niveaux dans l'orifice de la ventouse. Le cercle corné et
les dents qu'il porte m'ont paru n'avoir pas une forme et une
52 . L. .TOUBIN.
disposition bien constantes. Il y a des ventouses où les petites
dents marginales manquent ; les grandes dents ne sont pas par-
tout de la même dimension.
Le pédicule, très grêle, s'insère dans une dépression de la
partie inférieure de la ventouse; il est cylindrique, strié lon-
gitudinalement, et s'implante d'autre part dans une fossette du
mamelon brachial limitée par un léger bourrelet de la peau.
Les chromatophores recouvrent ce mamelon, mais je n"en ai
pas vu sur le pédicule ni sur la ventouse.
B. Ventouses des tentacules (PI. I, fig. 1). Tout le long
des tentacules sont, comme je l'ai dit, réparties des ventouses
sessiles, très plates, en forme de cupules, colorées extérieure-
ment en brun foncé par de nombreux chromatophores. Ces ven-
touses sont extrêmement curieuses et se rapprochent beaucoup
de celles que j'ai décrites dans une note antérieure chez CMro-
teutJiis Veranyi; j'ai fait allusion, dans le même travail, à ce que
Ton trouve chez Ghiroteuthis Picteti.
Voici, très sommairement résumée, la structure de ces ven-
touses. Elles n'ont ni pédicule, ni cercle corné denté, et elles
sont adaptées à une fonction toute particulière. Elles sont for-
mées d'une cupule plate entourée de fibres musculaires, consti-
tuant un bourrelet périphérique élastique et contractile, tapissées
en dedans par un épithélium spécial et en dehors recouvertes
de peau avec chromatophores. C'est l'épithélium interne qui fait
l'originalité de l'appareil; il est modifié en un réseau protoplas-
mique, extensible selon toute apparence, tout criblé de petites
vacuoles, contenant quelques noyaux. Ce réseau doit, d'après
son aspect et sa structure, être extrêmement contractile ; il dé-
borde largement la cavité de la ventouse, et sert évidemment à
engluer les petits êtres qui passent à sa portée. Comme les ten-
tacules sont des organes fort longs, toujours en mouvement, et
que les ventouses ainsi disposées sont nombreuses, il est proba-
ble que le Céphalopode fait à l'aide de ces engins une pêche
CÉPHALOPODES d'aMBOINE. 53
abondante. Comment^ une fois les proies capturées, l'animal en
débarrasse-t-il ses ventouses et les introduit-il dans sa bouche?
Je considère comme probable qu'il emploie à cet office la mem-
brane buccale qui surmonte son bec ; elle est, comme nous l'avons
vu, fort extensible, munie de petites dents charnues délicates, qui
vraisemblablement ont pour fonction de récolter dans le réseau
des ventouses les petits êtres qui s'y trouvent englués. Il est
bien entendu que ce ne sont là que des suppositions, mais qui
me paraissent assez phiusibles d'après ce que l'on peut induire
de la nature de ces organes.
C. Ventouses de la palette tentaculaire (PI. II, fig. 6). Ces
ventouses sont fort petites, de couleur noirâtre, et portées
sur un pédoncule large à sa base, pointu au sommet. Elles dif-
fèrent profondément de ce que l'on observe chez Chirotetithis
Veranyi, où les mêmes ventouses sont incolores et ont, au mi-
lieu de leur pédoncule, une grosse perle à côtes noires. J'ai con-
sidéré, dans une autre publication, que la perle noire servait
d'appât et que la ventouse incolore qui la surmonte complétait
le piège oîi de nombreux petits êtres peuvent se laisser prendre.
Ici la ventouse elle-même est entièrement noire, et cumule par
conséquent la fonction de piège et d'appât.
La ventouse proprement dite se compose d'une armature de
chitine noirâtre, cylindrique, ouverte par une large ouverture
ovale à son extrémité supérieure. Cette ouverture est entourée
extérieurement d'un cadre frangé, échancré au milieu et doublé
en dedans d'une lamelle noire et cou[)ante qui tient lieu de
dents; au sommet, sous l'échancrure médiane, le cadre noir a
une dent mousse qui est comparable, par sa position, à la grande
pointe aiguë que ChirotentJds Veramji présente à la même place.
Ces ventouses sont extrêmement nombreuses sur la palette,
elles sont probablemeiît très mobiles sur leur pédicule, qui
parait fort extensible, et doivent fournir d'abondantes récoltes
à notre Céphalopode.
54 L. JOURIN.
La plume (PI. II, fig. 10 à 14). Je n'ai examiné qu'une des
deux plumes entière; l'autre était brisée et incomplète. J'ai pu
isoler celle du deuxième échantillon, absolument intacte.
Sa longueur totale est de 230 millimètres. Elle est fort
étroite sur les 92 premiers millimètres, c'est-à-dire dans la
région supérieure, puis brusquement, à peu près au niveau de
la naissance de la nageoire, elle s'élargit et a environ 9 milli-
mètres d'épaisseur dans cette région. A partir de là elle diminue
insensiblement de diamètre jusqu'à la pointe postérieure du
corps, où elle n'a plus que 2 millimètres et demi environ. Au
point où elle s'élargit elle est largement ouverte.
Cette plume m'a paru occuper dans le corps une position tout
à fait insolite; au lieu d'être disposée de façon à ce que son plan
de symétrie soit dans le plan sagittal, elle était couchée à plat
dans la gaine, de sorte que son plan de symétrie était perpendi-
culaire avec le plan sagittal, et coïncidait avec celui des na-
geoires. Je ne sais si c'est là une position normale, ou s'il faut
penser que cette plume a tourné de 90° dans sa gaine par suite
des flottements et des chocs que l'animal a eu à supporter dans
ses voyages et pendant l'examen que j'en ai fait.
La plume de ce Céphalopode se rapproche comme structure
des fragments décrits par Hoyle dans son Report des Céphalo-
podes du Challenger. Cependant il y a quelques différences de
détail qui me font penser qu'elles ne se rapportent pas à la même
espèce ; en particulier le fait que les deux moitiés ne sont pas
soudées en un tube dans l'espèce de Hoyle, tandis qu'elles le
sont dans toute leur longueur chez Chiroteuthis Picteti, de façon
à constituer un tube complet, me semble caractéristique. On ne
trouve pas dans la plume de mon espèce un seul point où la sec-
tion produirait une figure semblable à la coupe 4 a, pi. XXXI,
de resi)èce de Hoyle. En outre, sa figure 2, même planche,
n'a pas son analogue dans Chiroteuthis Picteti.
Quant à Chiroteuthis lacertosa Yerrill , bien que les coupes de
CÉPHALOPODES d'aMBOINE. 55
sa plume donnent des sections analogues à celles de Chlroteuthis
Pïcteti, on peut constater que l'ensemble de cet organe chez ce
Céphalopode est très différent et ces deux espèces, pour cette
raison encore, ne peuvent être assimilées.
Les figures 12, 13 et 14 (PI. II) donneront beaucoup mieux
qu'une description détaillée l'idée des rapports des parties de
la plume entre elles et la disposition des rainures qui se remar-
quent à sa surface.
L'action de l'alcool a peut-être influé sur sa consistance ; on
peut dire cependant que la partie supérieure de la plume est
très molle, tandis que la partie moyenne, élargie, est plus solide;
elle est parfaitement transparente et jaune dans toute sa lon-
gueur.
Tissu contenu dans Vintéiieur du tube formé par la plume.
L'action de l'alcool, en contractant les tissus, les détache de la
plume, qu'ils remplissent complètement sur le vivant. Ce sont
des tissus mous, que l'on peut retirer de l'intérieur de la plume
en entier. Si l'on y fait des coupes après coloration par le picro-
carmin, on observe les faits suivants : A la surface on voit un
épithélium à cellules cubiques, à gros noyau, un peu plus hau-
tes dans la région qui correspond à la carène de la plume ; ce
sont elles qui, vraisemblablement, sécrètent les couches inter-
nes de la matière cornée qui compose la plume. Sous cet épithé-
lium se trouve une mince couche de tissu amorphe, formant une
gaine continue tout autour du sac interne. Enfin, à l'intérieur,
se trouve un réseau lâche de trabécules conjonctifs, fort irrégu-
liers, probablement infiltré de liquide, et ti'ès transparent; il
remplit tout le sac, qui, lui-même, remplit toute la cavité de la
plume. A l'intérieur de ce sac se trouve, conti-e la couche amor-
phe, un réseau de capillaires et de petits vaisseaux superfi-
ciels. Je n'ai pas pu suivre jusqu'en haut ces vaisseaux, il me
paraît probable qu'ils entrent dans la cavité par l'orifice ovale,
à bords ondulés et membraneux, du tiers supérieur. Ces vais-
56 L. JOUBIN.
seaux, sur les coupes^ sont remplis par une masse jaunâtre coa-
gulée.
Lolïgo Bleekeri Keferstein.
J'ai examiné un seul échantillon, provenant d'Amboine, de ce
Loligo, qui, jusqu'à présent, n'est connu que par l'individu figuré
par Keferstein, étudié ensuite par Brock, et par la notice,
brève mais très précise, que lui a consacrée Appellôf dans
ses Japanska Cephalopoder. Il n'est actuellement signalé qu'au
Japon et, par conséquent, constitue une espèce nouvelle pour
rindo-Malaisie.
Voici la description de l'individu mâle que j'ai observé :
DIMENSIONS EN MILLIMÈTRES
Loiiiriieur totale 16o
de l'extréiiiité au bord médiau ventral du manteau 87
» » » dorsal du manteau 94
Hauteur totale de la nageoire 51
Diamètre maximum de la nageoire 53
» » de la tête 24
Hauteur de la tête 17
> du siphon au-dessus du manteau 12
Diamètre maximum du sac viscéral 21
Longueur du l*"" bras 33
- S'"^ . 39
3- » 41
4'"« » 38
tentacule 62
Un caractère des plus curieux de cet échantillon est que les
deux tentacules, qui cependant sont de même longueur et de
même diamètre, sont tout à fait différents à leur extrémité. Je
ne sais s'il faut considérer cette particularité comme une mons-
truosité; c'est probable, car les auteurs que je viens de citer
n'en font pas mention.
Le corps est allongé et a sensiblement la forme d'un cigare ;
son diamètre maximum est situé au-dessus de la nageoire, à
3 centimètres environ du bord palléal.
CÉPHALOPODES d'aMHOIXE. 57
La nageoire dorsale n'arrive pas jusqu'à la pointe du corps,
elle est plus étroite vers le bas qu'en haut, et, comme le dit
Brock, elle a un bord supérieur plus court que l'inférieur. Il y
a environ 15 millimètres entre les deux extrémités supérieures
des deux nageoires, à leur insertion. Vers le bas elles se rap-
prochent l'une de l'autre et sont fusionnées vers la pointe. Il n'y
a pas de chromatophores sur sa face ventrale ; ils sont nombreux
sur la face dorsale.
Le sac viscéral, sur le bord ventral de son oritice supérieur,
a deux pointes contiguës au siphon. Au milieu du boid dorsal
on remarque une pointe étroite, très nette, saillante, bien figu-
rée par Appellof.
La tête est globuleuse, courte, et très enfoncée dans le sac
viscéral. On y remarque plusieurs détails intéressants. A la face
ventrale une forte dépression, comme une sorte de niche, abrite
le siphon ; cette cavité est entourée par une crête cutanée, qui
forme un bord saillant à son pourtour ; elle se termine en bas,
vers le niveau moyen du siphon, par une sorte de dent; elle se
continue sous l'œil par une crête analogue commençant aussi
par une dent, enfin, passant sur la face dorsale, elle se relève,
formant un cadre à la moitié inférieure de l'œil. Elle se termine
là brusquement. Mais sur le dos de la tête elle rencontre une
barre transversale, qui est encore une crête, interrompue au
milieu par l'appareil de résistance palléo-céphalique. En somme,
la tête est garnie d'une crête à peu près continue qui fait le tour
du siphon, passe sous les yeux et vient former une bande sur le
dessus de la tête.
Les yeux sont très gros et s'étendent depuis le bord du man-
teau jusqu'à la racine des bras. Au milieu du bord supérieur de
chacun d'eux, sur la limite entre la paupière et la cornée, exac-
tement sous le deuxième bras, est un tout petit orifice, dont
j'ignore les rapports internes exacts.
Le dessus de la tête est pourvu de deux taches foncées dues à
une accumulation très grande de chromatophores.
58 L. .TOUBIN.
Les bras n'ont pas de caractères bien remarquables à noter;
ils ont des crêtes natatoires, et les ventouses, régulièrement pla-
cées sur deux rangs, sont entourées par une mince membrane
longitudinale, soutenue de distance en distance par des éi)aissis-
sements ; cela est particulièrement développé dans le troisième
bras, où les ventouses sont aussi, vers la pointe du bras, plus
nombreuses, ce qui altère leur arrangement, régulier partout
ailleurs, en deux files alternantes.
Le quatrième bras est hectocotylisé du côté gauche ; les onze
premières paires de ventouses à partir de la base sont disposées
comme dans le bras correspondant droit, mais, à partir de là,
c'est-à-dire vers le milieu des bras, elles s'atrophient rapide-
ment et, au bout de deux ou trois paires, elles disparaissent. On
ne voit plus alors que les tubercules basilaires des ventouses,
très allongés, mais terminés en pointe. Ces deux séries de
papilles s'étendent jusqu'au bout de ce bras en diminuant très
régulièrement et en alternant de même.
Les tentacules sont très dissemblables dans leur portion ter-
minale.
Tentacule droit. En coupe il est à peu près triangulaire ; à
partir du niveau où commencent les ventouses, se développe une
crête membraneuse dorsale, qui devient de plus en plus grande
à mesure que l'on s'approche davantage de la pointe du tenta-
cule. Elle s'épaissit aussi de façon à devenir charnue. La région
qui porte les ventouses se compose de deux parties : les deux
tiers inférieurs, à ventouses relativement grandes, le tiers ter-
minal, bien plus étroit, à nombreuses ventouses microscopiques.
La longueur totale occupée par les ventouses est d'environ
22 millimètres. Les premières, à la base, sont petites, les sui-
vantes sont plus grandes et ont environ 2 millimètres de dia-
mètre. Cette partie de la palette tentaculaire est bordée par une
membrane soutenue régulièrement par de petits tubercules. Rien
de particulier à noter sur les cercles cornés des ventouses; ces
CÉPHALOPODES d'aMBOTNE. 59
organes, dans toute la longueur de la palette tentaculaire, sont
répartis sur quatre rangs, très serrés à la pointe.
Tentacule gcmclie. Tout en étant de la même grosseur et à peu
près de la même longueur que le tentacule droit, il en diffère ce-
pendant en ce que la région qui porte les ventouses n'a que 10
à 1 1 millimètres ; en outre, tandis que dans le tentacule droit
cette région est bien plus large que le tentacule, dans celui-ci elle
ne le déborde pas, et il se continue en forme de pointe réguliè-
rement amincie comme uu poinçon depuis sa base jusqu'à son
sommet. Les ventouses sont plus petites, moins nombreuses, et
ne se divisent pas en deux régions ; elles diminuent insensible-
ment du milieu de la palette jusqu'à la pointe extrême. Une très
courte membrane périphérique entoure cette palette, qui n'a
qu'un rudiment de crête dorsale tout à fait à sa pointe.
On voit par cette description combien diffèrent ses deux ten-
tacules ; peut-être y a-t-il là une modification spéciale en rap-
port avec la génération.
La membrane buccale est bien identique à ce qu'a décrit
Brock. Elle est garnie de sept côtes formant des dents sail-
lantes sur son bord libre. La plus petite est dorsale, les deux
plus grandes appartiennent à l'avant-dernière paire. De nom-
breux plisse voient à l'intérieur de cette membrane, qui porte
de toutes petites ventouses rudimentaires derrière les pointes
saillantes.
Sept minces replis cutanés correspondant aux côtes servent à
attacher cette sorte de ièvi-e saillante à la racine des sept bras.
Cela ressemble assez bien^ comme disposition générale, à ce
que j'ai décrit et figuré plus haut pour Ghiroteuthis Pïcteti, à
part la coloration, qui ici est blanche, tandis que dans cette
espèce précédente elle est violette.
L'entonnoir, dont la partie visible à l'extérieur du manteau
est large et courte^ est relié à la tête par deux forts ligaments.
En outre, sur ses bords il y a deux longs cartilages adhésifs qui
60 L. JOUBIN.
s'insèrent sur deux très longs boutons saillants dans la cavité
palléale. Un troisième organe d'adhésion se voit sur la ligne
médiane dorsale du dos et sous la pointe du manteau. Les poches
latérales de l'entonnoir sont excessivement développées, elles
contournent la masse viscérale et arrivent jusqu'au contact de
l'organe adhésif dorsal. L'ensemble de l'entonnoir fait donc
presque complètement le tour du corps.
Je ne puis rien dire sur la plume, n'ayant pas voulu détériorer
mon unique échantillon pour l'observer.
Loligo Pideti n. sp.
(PI. III et IV.)
DiAGNOSE. Corpus brève, cylindriciim, ad \mrtem posteriorem
rotundatum ; alis duabus separatis, rohmdatis, els Sepiolarum
simUïbus, non extremitatem posteriorem attingentïbus, munitum.
Capid corpore latins; ocidi superfldem capitis non superantes,
iisqiie ad basim brachioriim attingentes. Brachia subœqiialia ;
duo ventralia, in çf, cupiila unica ad basim munita ; brachium
4 rectum partent copidatoriam plurisidcatam ferens ; brachium
4 sinistrmnj lamina terminali instructum. Infimdïbidum brève,
latmn. Cupulœ bracliiormn eminentia centrali cornea et angulata
munitœ.
J'ai reçu deux exemplaires de ce singulier petit Céphalopode,
qui diffère par plusieurs points intéressants des autres espèces
du genre Loligo.
Comme on peut le voir par l'examen de la Planche I, ce qui
frappe immédiatement dans l'extérieur de l'animal c'est la briè-
veté de son corps par rapport à sa tète, qui est globuleuse, avec
des yeux petits, situés très en avant, presque au ras des bras, et
ne faisant aucunement saillie à la surface de la tête, tandis que
celle-ci dépasse de toutes parts l'abdomen.
En arrière la nageoire est double, plus étroite à son insertion
CÉPHALOPODES d'aMP.OINE. 61
qu'à son bord, en forme de palette, et ressemble tout à fait à
celle des Sépioles (PI. III, fig. 1).
Ces caractères, joints à la présence d'un hectocotyle tout dif-
férent de celui que l'on voit d'habitude chez les LoUgo, permet-
tent d'établir une espèce nouvelle très sûre. Il y a même des
faits, tels que la présence d'un bras absolument dépourvu de
ventouses, qui justifieraient presque l'établissement d'un genre
spécial; mais n'ayant pas observé la femelle, je n'ai pas voulu
aller jusqu'à cette innovation.
Voici les mesures relevées sur les deux échantillons, qui sont
absolument de même taille :
DIMKNSIONS EN MIMJMKTRES
Longueur totale 27
» de l'extrémité postérieure au bord médian dorsal du manteau. 14.5
" ') » au milieu de l'œil 17
Largeur du corps 5. S .
de la tête 6.12
Distance de l'œil à la naissance des bras 2 . 75
Longueur de la nageoire 4 . 25
Largeur totale de la nageoire 7.12
» de cbaque lobe de la nageoire 2 . 75
Longueur de l'hectocotyle ;j
Diamètre des plus grandes ventouses des bras 0.4
» 1) » du tentacule 0.17
Longueur du !«'• liras 4.12
S-"' > 5.25
» 3°»« » 4.75
4« . 2.60
" tentacule 7
La forme générale du corps est celle d'un ovoïde allongé,
tronqué en avant au niveau de la tète, pointu en arrière. Sa plus
grande largeur s'observe un peu au-dessus du milieu du sac
viscéral.
Deux petites nageoires, à bord onduleux, s'insèrent sur le bas
du dos, mais sans aller jusqu'à la pointe; elles sont indépen-
dantes l'une de l'autre, et rappellent un peu celles des Sepiola.
62 h. JOUBIN.
Elles sont plissées, plus épaisses à leur insertion, molles et
membraneuses sur leur bord lii)re (PI. IV, fig. G). A leur base
on remarque un amas de très gros chromatopliores serrés, qui
ne s'étendent pas sur la partie marginale ; on les rencontre sur
les deux faces.
La tête, à peu près sphérique, dépasse le bord supérieur du
manteau. Entre les deux yeux, sur les faces dorsale et ventrale,
deux enfoncements allongés la séparent en deux masses symé-
triques.
L'entonnoir y détermine seulement une très légère dépres-
sion; il est bas, large et fortement incurvé vers le dehors
(PL IV, tig. 9). Il est marqué de chromatopliores.
Un sillon peu profond indique la naissance des bras, dont la
couronne est courte, et surmonte la tète sans qu'aucun semble
dépasser les autres très notablement.
Les yeux ne sont pas saillants et sont dirigés vers le haut, si
bien que la paupière supérieure touche le bas des bras latéraux.
Les Iras sont très caractéristiques chez ce Céphalopode. Les
trois premières paires de bras dorsaux diffèrent très peu entre
elles, et on peut les considérer comme de forme semblable, leur
taille cependant est légèrement variable, ainsi que le nombre
des ventouses^ qui augmente ou diminue un peu comme la lon-
gueur. Le deuxième bras gauche, qui a été représenté (PL IV,
fig. 2), donne une idée très suffisante de ces six bras.
Les deux bras ventraux sont absolument différents des autres.
Celui de droite est transformé en hectocotyle (PL IV, fig. 4) et
celui de gauche est dépourvu de ventouses, sauf une rudimen-
taire à sa base (PL IV, fig. 5).
L'hectocotyle est court, large, couvert de gros plis circulaires
depuis sa base jusqu'à son sommet, interrompus par un profond
sillon extérieur que l'on voit dans la figure 1 de la planche III.
Ces plis sont au nombre de douze environ, si Ton y compte le
plus inférieur de tous, qui est mal marqué, et le plus terminal,
qui est un simple bouton.
CÉPHALOl'ODES d'aMBOINE. 63
Deux des plis de la région moyenne sont écartés l'un de
l'autre et simulent une sorte de rudiment de ventouse. Enfin à
la base, près de la bouche, on voit une vraie ventouse, peu déve-
loppée, et tout à fait sessile.
Le bras ventral gauche est cylindrique, entièrement dépourvu
de ventouses dans toute sa longueur, sauf à son insertion sur la
membrane buccale, oîi il y en a une petite, très réduite, ana-
logue à celle de l'hectocotyle (PI. IV, fig. 5). A la pointe de ce
bras, vers la face interne, se trouve une petite expansion mem-
braneuse aplatie, à bord arrondi, qui donne à la peinte de ce
bras un aspect bilobé.
Il ne me souvient pas avoir lu dans aucun mémoire la des-
cription d'une semblable structure des deux bras ventraux chez
d'autres Céphalopodes.
Les tentacules sont courts, rétrécis à leur base, terminés en
pointe recourbée, dans la concavité de laquelle sont cachées,
dans une fossette étroite, des ventouses excessivement petites.
Le bord de cette palette tentaculaire est légèrement denté
(PL IV, fig. 7) et un peu élevé, de façon à masquer presque
complètement les ventouses, qui semblent enfoncées dans une
rainure.
Les ventouses sont assez difterentes, selon le point oiî on les
examine.
A la base des bras, autour de la bouche, elles sont plates et
sessiles. Dans les deux tiers inférieurs (Pi. IV, fig. 8) elles sont à
peu prés sphériques, mais assez irrégulières, pourvues d'un petit
pédoncule grêle, et de leur partie supérieure émerge une pointe
cornée noirâtre terminée par un bouton jaune. Cette pointe cou-
dée est entourée d'un sillon peu profond. Ces ventouses sont
comparables à des crochets d' 0 nijchoteutkis dont la pointe serait
très réduite.
Dans le tiers supérieur des bras, oii les ventouses sont beau-
coup plus petites, elles sont de forme différente, très creuses, en
64 L. .7 ou BIX.
forme de cupules, et si près placées les unes des autres qu'elles
se recouvrent un peu par leur fond et semblent emboîtées les
unes dans les autres, La tige qui les porte sïnsère presque sur
leur bord libre (PL IV, fig. 12). Dans l'intérieur de cette
cupule on aperçoit des séries de stries obliques très régulières,
cornées, qui portent entre leurs intersections de petits boutons
saillants, très minces sur le bord, plus gros vers le fond. Ils
dépendent du revêtement corné interne de la ventouse et consti-
tuent, sur le bord interne de la cupule, un semis de petites
perles rondes très régulièrement espacées.
Les plus grosses ventouses des bras ont 40 à 50 centièmes de
millimètre de diamètre, les plus petites n'ont guère que 14 à
16 centièmes.
Sur les tentacules les ventouses sont encore plus petites ; elles
ne dépassent guère 1 centième de millimètre de diamètre. Elles
sont ovales, aplaties, insérées dans la fossette tentaculaire par
un pédoncule court et large; elles ont un revêtement corné
autour de leur orifice, où l'on remarque des ornements saillants
en forme de pièces irrégulières emboîtées. Il y en a plusieurs
plans en relief, s'enfonçant de plus eu plus dans la cavité, au
fond de laquelle on aperçoit, comme une légère éminence, le
piston charnu. La figure 11, PI. IV, donne mieux qu'une des-
cription l'idée de cette disposition.
Les figures 9 et 10 (^Pl. IV) donnent l'aspect de l'entonnoir vu
de profil à l'extérieur, et ouvert pour montrer l'intérieur. On y
remarque de légers plis transversaux, dont l'un d'eux, supérieur,
est un peu plus marqué, mais sans cependant arriver à mériter
le nom de valvule. Des deux côtés sont les deux paquets de cel-
lules épithéliales muqueuses, plus élevées que celles que Ton
observe ordinairement chez les Loligo.
Je n'ai pas fait d'observations sur l'anatomie interne de ce
Céphalopode.
LES
BYTHINIA
DU SYSTÈME EUROPÉEN
REVISION DES ESPÈCES APPARTENANT A CE GENRE
D'APRÈS LA COLLECTION BOURGUIGNAT
PAR
Arnould LOCARD
Avec les planches V et VI.
INTRODUCTION
Dans le genre de Mollusques que nous nous proposons de pas-
ser en revue, l'espèce certainement la plus commune et la plus
répandue, non seulement eu France, mais encore dans la plus
grande partie du système européen, est celle que l'on désigne
sous le nom de BytMnia tentaculata. Pendant longtemps ce fut
même la seule espèce connue. Avec l'extension si considérable
que Linné, son auteur, accordait au type spécifique, cette déno-
mination de tentaculata pouvait en effet s'appliquer d'une ma-
nière générale, non seulement à toutes les formes que nous dé-
signons aujourd'hui sous le nom de BytMnia, mais même encore
à d'autres formes voisines désormais classées dans d'autres gen-
res. Avant donc d'entrer en matière, il importe de procéder à
un historique sommaire de ce genre^ de manière à pouvoir le
définir ensuite plus exactement.
Rev. S01SSE DE ZooL., T. II. 1894. 5
66 AKNOULD LOCARD.
Durant près d'i^n siècle, les naturalistes furent loin d'être
d'accord au sujet de l'appellation générique des animaux dont
nous allons nous occuper. Linné, dans la X°^^ comme dans la
Xiime édition du Systema naturœ\ les classe dans le genre
Hélix, genre qui embrassait alors aussi bien des Mollusques
terrestres que des Mollusques aquatiques, et décrit, le premier,
V Hélix tentaculata. Gmelin ' et Schroter ', ses commentateurs
confirment pareille dénomination générique et spécifique. Mais,
après Linné, Othon-Frédéric Muller', en 1774, décrit cette
même forme sous le nom de Nerita jaculator, adoptant ainsi une
coupe générique créée dès 1757 par Adanson'. En Angle-
terre, Da Costa, en 1778, en fait un Tîirho\ tandis qu'en
France, l'abbé Poiret, au commencement de ce siècle, le con-
sidère comme un Bulimus\ et Draparnaud comme un Cyclo-
stoma\ John Fleming, un peu plus tard', le sépare des Mol-
^ Linné, 1758. Systema naturœ, edit. X, p. 774, no 616. — Le Bythinia ten-
taculata est ainsi classé entre les Limnsea limosa et L. auricularia. — Linné,
1767. Systema naturx, edit. XII, p. 1249, no 707.
^ Gmelin, 1788-1790. Caroli a Linné Systema naturœ, etc., edit. XIII, p. 3662,
no 146.
^ ScHKOTER, 1784. Einleitung in die conckylien Kentniss, t. Il, p. 171.
* O.-F. MuLLER, 1774. Vei-mium terrestrium et fluviatilium historia, t. Il,
p. 18o, iio 372. — Il est assez curieux de rappeler quelles sont les raisons que
donne Muller pour justifier sa dénomination nouvelle : « nomen triviale tentacu-
latum a tentaculis onini cochlece coinmunibus, item janitoris ab operculo, quo
limax teslam claudit, desunitum toti geiieri commune deserui, aliudque a spec-
taculo aeque miro et jucundo, quod 16 julii 1769 praebuit, impertii. »
* AoANSOX, 1757. Histoire naturelle du Sénégal, p. 188. — Ce nom de Nerita
était déjà fort ancien, puisqu'il en est question dans Lister, Aldrovande, Ronde-
let, Bellon, et même dans Aristote (vide : A. Loc.-vrd, 1884. Histoire des Mollus-
ques dans l'antiquité, p. 118).
^ Da (]osta, 1778. Historia naturalis Testaceorum Britannise, p. 91, pi. V.
fig. 12.
^ PoiRET, 1801. Coquilles fluviatiles et terrestres observées dans le département
de l'Aisne, Prodrome, p. 61
* Draparnaud, 1801. Tableau des Mollusques terrestres et fluriatiles de la
France, p. 41. — 1805. Histoire naturelle des Mollusques terrestres et (luviatiles
delà France, p. 36, pi. I, fig. 19 et 20. — Dans le Complément, Mighaud, en
1831, fait rentrer ces mêmes formes dans le genre Paludina.
' Fleming, 1814. In Edinburg Encyclopedy, VII, t. I, p. 78.
LES BYTHINIA DU SYSTÈME EUROPEEN. 67
lusques terrestres et le classe dans le genre Limiiœa, alors que
Brard ' , plus logique encore, le fait rentrer dans le genre Pa-
ludina, créé trois années auparavant par le chevalier DE La-
MARCK \ C'est seulement en 1826 que Risso ' distingue ces
mêmes êtres sous le nom de Bythinia (Bitkijnia), leur appli-
quant une dénomination instituée par Gray d'après un nom
manuscrit de Priedeaux ' . C'est sous ce nom générique que
l'on désigna durant fort longtemps toutes les nombreuses formes
plus ou moins affines de l'ancien Hélix tentaculata de Linné.
Ce nom de Bythinia a du reste été orthographié de diverses
manières. Graî écrivait Bithinia% et c'est ainsi que le D^Paul
Fischer l'admet dans le Manuel de Conchyliologie ' , en faisant
remonter son origine à un nom géographique inconnu. Risso
en fit Bifhynia, Bithynie, sans en donner la moindre raison.
Nous adopterons la manière d'écrire ce nom telle qu'elle a été
proposée par Macgillivray ' et suivie par Moquin-Tandon ',
^ Brard, 1813. Histoire des coquilles terrestres et fluviatiles qui vivent aux
environs de Paris, p. 183, pi. VII, tlg. :2.
* Lamarck, 1812. Extrait d'un cours de zoologie au Muséum d'histoire natu-
relle de Paris, sur les animaux sans vertèbres.
' Risso, 1826. Histoire naturelle de l'Europe méridionale, t. IV, p. 100.
* E. Gray, 1821. A natural Arrangement of Mollusca, according to their
internai structure, in the London médical Repository, t. XV, p. 239 (sans carac-
tères). — C'est très vraisemblablement le naturaliste anglais Leach qui fit con-
naître à Risso la dénomination proposée par Gray. Bourguignaï nous apprend,
en effet {Étude synonymique sur les Mollusques des Alpes Maritimes publiés par
A. Risso, en 1826, p. 18) que Leach vint, vers 1820, passer une saison à Nice.
Or, à cette époque, Leach avait composé un important ouvrage sur les Mollus-
ques de la Grande-Bretagne, ouvrage qui ne fut publié qu'en 18o2 par les soins
de Gray {A synopsis of the Mollusca of Great-Britain); dans cet ouvrage, p. 208,
nous retrouvons précisément ce nom de Bithinia.
* Nous retrouvons encore cette même orthographe dans le Manual of the
Land andfresh-watersheUs of the British Island,Âe William Turïon, édit. de
1837, par John -Edward Gray.
® Ui" P. Fischer, 1885. Manuel de Conchyliologie, p. 731. — Woodward,
dans la précédente édition de ce même ouvrage, écrivait Bithynia (vide ; p. 26U
et 552).
^ Macgillivray, 1843. A history of the Molluscous, etc., 2e édit., p, 51.
® Muquin-Tandon, 1853. Histoire naturelle des Mollusques de France, t. II,
p. 313.
68 ARNOULD LOCAED.
Tryon^ et BouRGUiGNAT', qui font très judicieusement re-
monter l'origine de ce mot au grec ^vSioa, a, ov, c'est-à-dire
qui vit au fond de l'eau, d'où Bythinia.
Les nombreuses découvertes faites vers le milieu du siècle en-
richirent bientôt le genre Bythinia d'un nombre considérable
d'espèces, souvent de taille, de galbe, voire même d'organisa-
tion parfois fort diiïérentes. Un démembrement nouveau s'im-
posait. C'est alors que Moquin-Tandon, en 1851 ', se basant
sur la manière d'être de l'opercule qui clôt l'ouverture de la
coquille, sépara les Bytliinella des véritables Bythinia ; « Si
l'on attachait de l'importance, dit-il, à l'organisation de l'oper-
cule, il faudrait diviser les Bithinies en deux genres, celles
dont l'opercule, à stries concentriques, offre un nucléus à peu
près central {B. tentaculata), et celles dont l'opercule, à stries
spirales, présente un noyau tout à fait excentrique (B. viridis). »
Cependant le même auteur ne crut pas devoir admettre cette
coupe générique, pourtant si rationnelle ; lorsqu'il écrivit son
Histoire naturelle des Mollusques de France', il se borna à
diviser le genre Bythinia en deux sous-genres, les Bytliinella
pour les petites formes ou groupes du B. viridis, etc., et les
Elona pour les formes du groupe du B. tentaculata, etc.
Cette coupe générique simplement prévue par Moquin-Tan-
don a été admise par la plupart des auteurs. Le nom de Bythi-
nia fut donc réservé aux grosses espèces voisines du B. tentacu-
lata, et celui de Bytliinella appliqué aux petites formes affines
au B. viridis. Mais parmi ces petites espèces, il en est plusieurs
* Tryon, 1883. Structural and systematic Concholoyy, t. II, p. 260.
■' BouR JL'iG.NAT, 1877. Description de deux nouveaux genres algériens, suivie
d'une classification des familles et des genres de Mollusques terrestres et ftuvia-
tiles du système européen, p. 40. — 1887. Étude sur les noms génériques des
petites Paludinées à opercule spirescent, etc., p. 22.
' Moqui.n-Tanijox, 18ol. Observations sur les genres Paludine et Bilhinie, in
Journal de Conchyliologie, t. II. p. 23-29 (en note).
* Moquin-Ta>do.\, 18oo. Hist. molL, t. II, p. olo etoI6.
LES BYTHINIA DU SYSTÈME EUROPEEN. 69
dont le galbe, plus particulier, avait spécialement appelé l'at-
tention des naturalistes. De là la création de noms nouveaux
sur la synonymie desquels planait la plus étrange confusion;
plus de vingt et une dénominations génériques avaient été pro-
posées pour ces différentes formes. Dans une savante étude des
plus approfondies, sur les petites Paludinidées à opercule spi-
rescent, Boueguignat ' a démontré que quatre de ces dénomi-
nations devaient être supprimées pour cause de double emploi,
et que huit autres passaient en synonymie pour cause de défaut
d'antériorité. Il reste ainsi, pour les petites Bythinella du sys-
tème européen les genres Palndestrina, Amnkola, BythineUa,
Belgrandia, Perïngïa, Maresia, Trochysma, BytMospeum, Pau-
lia et Horafia.
Mais on peut encore établir dans le genre Bythinia, tel que
nous venons de le définir, au moins une grande coupe, basée sur
plusieurs caractères assez précis, notamment la manière d'être
de l'ombilic, le mode de superposition des tours, enfin l'affleure-
ment plus ou inoins exact de l'opercule par rapport au péristome.
Chez le B. tcutaculata, l'ombilic est pour ainsi dire nul, ou du
moins tout à fait recouvert; d'autre part, les tours sont comme
jointifs, séparés par une suture peu profonde ; enfin l'opercule
affleure exactement le péristome. Chez le B. LeacM, l'ombilic
est au contraire réduit à une simple fente, mais néanmoins
encore distincte; les tours sont plus arrondis, plus étages, sé-
parés par une suture plus profonde; l'opercule est un peu en-
foncé dans Tintérieur de l'ouverture. Cet ensemble de carac-
tères s'appliquant aune série de formes distinctes, il en résulte
deux groupes également ditïérents, que nous désignerons sous
les noms de groupe du B. tentaculata et groupe du B. Leachl.
' BouRGUKiXAT, 1887. Étude sur les noms génériques des petites Paludini-
dées, etc. — Vide etiam : S. C^lessin, 1880. Studien iiber die Famitie der Palu-
dinen, in Malakozoologische Blàtter, iieue l'^olge, zwfit. Btl., p. loi à lUO.
70 ARNOULD LOCARI).
C'est le mode de classement que nous avons adopté dans notre
Conchyliologie française ' .
Notre savant ami, M. le marquis de Monterosato, qui a
bien voulu mettre à notre disposition ses types d'Italie, pour
nous seconder dans notre tâche, nous écrit qu'il propose pour ce
second groupe le nom de Codiella. Nous sommes heureux
d'avoir l'occasion de signaler ici ce nom nouveau, mais nous ne
pensons pas qu'il y ait réellement lieu d'élever au titre de genre
cette coupe un peu trop secondaire.
D'autre part, en tenant compte, comme l'avait fait MoQum-
Tandon, du mode d'enroulement des stries de l'opercule,
Letourneux proposa, en 1882', une dénomination générique
nouvelle pour le BytMnia Bourguignati \ celle de Digyreidum.
Inscrit pour la première fois dans notre Prodrome, sur les indi-
cations qui nous en avaient été données par Bourguignat, ce
genre fut ensuite également admis par ce même auteur '', et, en
1887, le conseiller Letourneux publia la monographie des
espèces connues jusqu'à ce jour ets'élevant à six \ Nous avons
retrouvé dans la collection Bourguignat ces six mêmes espè-
ces inscrites sous le nom de Diggreidum. Mais avant d'aller
plus loin, examinons quelle est la valeur de cette coupe généri-
que et s'il y a réellement lieu de la maintenir.
Le genre Digyreidum ayant été basé sur la manière d'être de
l'opercule du Bythinia Bourguignati, voyons comment cet oper-
cule est défini et figuré par Paladilhe : « Opercule ovale-sub-
' a. Locakd, 189;{. Conchiiliologle française. Coquilles des eaux douces et sau-
iiiàtres, p. 71.
* A. Lktouknhux., iii LoGAKn. 1882. Prodrome de malacologie française, p. 224-
i Di(jyrcidum per errorem, pro Digyreidum).
^ Buthinia Bourguignati, Paladilhe, 1868. Nouvelles Miscellanées malacologi-
tjues, \). 101, pi. V, fig. 1-3. — Digyreidum Bourguignati, Locard. 1N82. Pro-
drome, p. 224. — 1893. Conch. franc., p. 75, lig. 7o-76.
* BouRouiGXAT, 1883. Histoire malacologique de l'Abyssinie, p. 3'J.
* A. Lktoukxkux, 1887. Aperçu monographique du genre Digyreidum, in Bul-
letin de la Société malacologique de France, t. IV^, pp. 67-72.
LES BYTHTNIA. DU SYSTEME EUROPEEN. 71
piriforme, affleurant le bord du péristome, blanchâtre, brillant,
subnacré, assez solide, un peu concave sur sa face externe. A
partir du nucleus, qui est excentrique et plus rapproché du bord
inférieur et interne, cet opercule présente tout d'abord uu filet
spiral (un ou deux tours bien marqués) , croissant rapidement
et donnant naissance, par sa concavité, à des rayons divergents
et subspirescents, ainsi qu'on l'observe sur l'opercule des espè-
ces du genre Amnicola; puis, vers la périphérie, le mode d'ac-
croissement change tout à coup et est remplacé par des stries
concentriques, qui caractérisent l'opercule des espèces du genre
BytJùnia ' . »
Nous devons tout d'abord reconnaître la parfaite exactitude
de cette minutieuse description, que nous suivons non seulement
sur la coquille-type, mais encore sur la figure grossie de l'oper-
cule, donnée par Paladilhe. De plus, toutes les espèces classées
par BoURGUiGNAT dans sa collection sous le nom de Digijrei-
dum présentent bien en efi'et ce même caractère. Mais en vérité,
ce caractère bien précis qui ne s'applique qu'à une partie, pour
ainsi dire accessoire de Tanimal et de sa coquille, suffit-il réel-
lement pour constituer un genre nouveau ? On peut trouver des
coquilles fossiles ou simplement mortes, et partant privées de leur
opercule : dès lors leur dénomination générique ne serait plus
possible, par ce seul fait qu'une partie accessoire de leur indi-
vidu fait accidentellement défaut. Voilà une première critique
qui semble déjà suffisante pour combattre le maintien du genre
Digyreidum.
Mais les Bigyreidum ne sont pas les seuls Gastropodes qui
aient un opercule à double mode d'enroulement. En 1855,
Troschel avait déjà créé le genre Lioplax'' pour des Paliidi-
nidœ américains voisins des MdantJio. D'autre part, Tryon a
' Paladilhk, 1H()8. NouceUes Miscell. inalac, p. lOâ, pi. IV, lig. 2.
* Troschel, 1Xo5. Das Gebis der Schneekens zur Beyrilndnmj einer naturli-
cben classification, etc., p. 100.
T2 ARNOULD LOCARD.
également signalé, sous le nom de GabUa\ l'existence de co-
quilles voisines des Bythinïa avec « operculum, nucleus sub-
spiral, afterwards concentric, calcareous » vivant dans les eaux
douces de l'Australie. D'autres genres fossiles sont également
dans le même cas\ Il semblait donc naturel d'instituer le genre
Dygireidum, qui serait aux Bz/thinia ce que les Lloplax sont
aux Melantho.
Nous ignorons quels sont les caractères de ces genres exoti-
ques et surtout quel est leur degré de fixité; mais pour les Bigy-
reidum, nous sommes maintenant en mesure de les déclarer abso-
lument passagers. Tout récemment, M. G. Coutagne a consigné
une observation qui jette un jour tout nouveau sur la valeur du
genre Bijgireidum. « Aux environs de Saint-Chamas (Bouches-
du-Rhône) sur les bords de l'étang de Berre, se trouve une série
de sources, et en particulier, au quartier des Ragues, à deux
kilomètres environ au sud de Saint-Chamas, une source assez
abondante, qui alimente un lavoir public. Dans ce lavoir des Ra-
gues, vivent des Bythinia à spire plus élancée et à suture plus
profonde que le Bythinia tentaculata type; j'ai signalé ces Bythi-
nies sous les noms de Sebefhina et Matritensis \ Or, un certain
nombre de ces Bythinies, un quart ou uu cinquième environ,
ont leur opercule plus ou moins spirescent au centre ; ce sont
donc des Bigyreidum ; le reste a l'opercule ordinaire des By-
thinia. On peut constater dans cette station tous les passages
entre les genres Bigyreidum et Bythinia'. »
M. G. Coutagne a bien voulu nous communiquer ses échan-
' Tkyon, 1884. Structural and sustematic Conchology, t. II, p. 260.
2 Neumayria, Stkkani (N. lalnata Neuinayr. fossile de Transylvanie). —
Hylacanta, Ancev {H. tiphobia Smith, du lac Tanganica).
^ G. Coutagne, 18S1. Notes sur la faune malacologique du bassin du Rhône,
in Ann. Soc. linnéenne de Lyon, t. XXVIII, p. 24 (tir. à part, p. 24). — Locard,
1893. Conch. française, p. 73.
^ G. CouTAu.VE, 1892. Note sur les petites Bythinidées des environs d'Avignon,
in Ann. Soc. d'agriculture de Lyon, 6e série, t. V, p. 366 (tir. à part, p. 22).
LES BYTHINIA DU SYSTÈME EUROPEEN. 73
tillons, et nous avons en effet constaté que si les uns étaient
bien de véritables Bythinia, d'autres, s'ils avaient été trouvés
seuls, eussent été certainement classés dans le genre Digy-
reidmn.
Notre attention une fois appelée sur ce sujet, nous avons
retrouvé cette disposition digyréidienne chez des Bf/fhinia d'au-
tres stations, notamment de Fleac (Charente), des environs de
Montpellier (Hérault), du Puget (Var), etc., mais plus particu-
lièrement chez les B. Sehethina, et toujours à l'état d'individus
isolés au milieu de colonies normales. Nous ajouterons que c'est
bien là une véritable anomalie, puisque le type normal de l'oper-
cule des Bi/thinia, si bien étudié par M. Frédéric Houssay '
ne comporte qu'un seul mode de développement par accroisse-
ments concentriques parallèles ou subparailèles au bord du
péristome. Il faut donc en conclure que ce prétendu genre cor-
respond à une manière d'être purement accidentelle de l'oper-
cule des Bijthinia. Il doit donc être désormais supprimé.
Ainsi établi, nous définirons le genre Bythinla de la ma-
nière suivante, en nous tablant sur la manière d'être de son
enveloppe testacée: coquille operculée, turbinée, dextre, sub-
perforée, ovoïde-ventrue, à sommet aigu; taille petite; ouver-
ture subpiriforme-arrondie, anguleuse dans le haut ; péristome
continu, faiblement épaissi en dedans ; opercule calcaire affleu-
rant plus ou moins le péristome, avec nucleus subcentral et
formé de stries concentriques, au moins à la périphérie.
Cette question étant ainsi définitivement tranchée, exami-
nons maintenant quelle place il convient d'assigner aux Bythi-
nia dans la classification zoologique des êtres. Ici les données
deviennent déjà plus conventionnelles, car chaque auteur a sa
manière particulière d'envisager la famille malacologique. Sans
' F'. HoussAv, 1884. Recherches sur l'opercule et les glandes du pied des Gas-
téropodes, in Arch. de zoologie expérimentale. 2e sér.. t. II, pp. :23o et 277,
pi. XI, fig. 5-8.
74 ARXOULD LOCARD.
avoir la moindre prétention de mettre tout le monde d'accord,
passons rapidement en revue les différents modes proposés pour
la classification du genre qui nous occupe.
Laissant de côté un passé déjà trop lointain, nous ne parle-
rons ici que des auteurs qui ont écrit depuis 1850. Le D' Kïis-
TER, dans les suites de Martini et Che:mnitz ' , réunit dans un
seul genre, le genre Paludiua tel que le comprenait de La-
MARCK % des formes aussi différentes et comme taille et comme
galbe que les F.vivipara\ P. tentaculata et P. viridis', pour
nous en tenir aux seules formes du système européen. Mais il
donne la description de plusieurs espèces nouvelles voisines du
P. feutacidaia. Nous aurons, du reste, plusieurs fois occasion de
revenir sur son important mémoire.
Moquix-Taxdon. en 1866, divisait ses Operculés brachi-
fères en trois familles : les Péristomiens, Valvatidés et Néri-
tacés ' . La famille des Péristomiens de Lamarck " comprend les
deux genres Bytliima et Paludina. Pour l'abbé DuPUY, qui
écrivait à la même époque ' , cette même famille des Péristo-
miens renferme au contraire quatre genres, les Vivipara, Palu-
dina, Hi/drohia et Valvata.
Également à la même époque, Henry et Arthur Adams ' ont
proposé pour ces mêmes genres un mode de classification assez
singulier. Pour ces auteurs, la famille des VhipandcB comprend
les genres Vivipara, Paliidotmis, Tanalia,Bithijnia et Nematura;
les vraies Bythinies sont ici comprises à peu près comme l'avait
' H.-C. KiisTKK. iSo2. Systematisches Courhylien-rabinet von Martini ii. Chem-
nitz, die Gattungen Paludina, Hydrocœna und Valvata.
- Lamak(-k, 1812. Extrait d'un cours, p. 12o.
' Hélix vivipara, Linné. 17o8. Syst. nat., edit. X, p. 772.
* Btilimux viridis, Poiret, 1801. Coq. Aisne, Prodr., p. 4o.
* Moquin-Tandon. 1855. Hist. .}foll., t. II. p. ,M'k
^ Lamarck, 1812. Extrait d'un cours, p. 117.
^ DuPUY. 1851. Histoire naturelle des Mollusques terrestres et des eaux douces
de fronce, p. o3i.
* H. and A. Adams, 1858. The gênera of récent Mollusca. t. I. p. 337.
LES BYTHINIA DU SYSTÈME EUROPÉEN. 75
fait Moquin-Tandon ; mais, dans cette classification, les genres
Amnicola et Hydrohia démembrés des anciennes petites Bythi-
nies et qui vivent dans les eaux douces, sont rangés avec les
Barleeia, Alvania et Rissola de la faune marine dans la famille
des Rissoklœ.
Tryon, dans sa Conchyliologie', tout en reconnaissant les
affinités qui peuvent exister entre ces différentes formes mari-
nes, des eaux saumâtres et des eaux douces, tranche la diffi-
culté et divise sa famille des Rissoidœ en plusieurs sous-familles,
celle des BytJiïmnœ comprenant les genres Bythinia et Steno-
thyra (ou Nematura), celle des Skeneinœ pour le genre Skeneia,
celle des Rissoinœ et Rissoininœ pour les petites formes mari-
nes, et enfin celle des Hydrohnnœ pour les petites espèces des
eaux douces ou saumâtres. Cette classification, bonne en prin-
cipe, a pourtant le grand inconvénient d'introduire des sous-
familles, qui compliquent fort souvent la question au lieu de la
simplifier.
Dans le manuel du D»" P. Fischer % nous retrouvons un mode
de groupement analogue, mais pourtant encore mieux compris.
Toutes ces différentes formes sont réunies dans trois familles :
avec les Rissoiidœ nous voyons toutes nos petites formes mari-
nes ; avec les Palud'mklœ ce sont au contraire les grosses for-
mes des eaux douces; enfin, sous le nom à!Hydrohndœ, il réunit
tous les « petits Mollusques vivipares qui habitent les eaux
douces ou saumâtres, et dont quelques-uns, quoique branchi-
fères, passent une partie de leur existence hors de l'eau. »
Fischer reconnaît qu'il a été créé plus de quatre-vingts genres
plus ou moins différents et qu'il range dans cette dernière
famille, et lui-même en admet vingt-neuf, dont huit douteux.
Nous ne suivrons pas l'auteur dans cette laborieuse discussion.
* Georges-W. ïkyon, 188.3. Structural and systemalir, conchotogn, t. II, p. 2.^9.
* P. Fischer, 1885. Manuel de Conchyliologie, p. 719.
76 ARNOULD LOCARD.
qui sortirait quelque peu du cadre que nous nous sommes tracé.
Nous nous bornerons à rappeler que cette dénomination d'5>/-
drobïidœ, dérivée du genre Hijdrohia, créée en 1821 par Hart-
mann ' , ne saurait être adoptée en malacologie puisque, comme
l'a démontré Bourguignat ' , elle a déjà été employée quatre
ans auparavant par Leach pour un genre de Coléoptère penta-
mère de la famille des Palpicornes, tribu des Hydrophyliens.
Nous allons retrouver cette même coupe des Hydrobia
d'HARTMANN, mais alors beaucoup moins bien comprise, dans
le Catalog du D'' Kobelt'. Ici, la famille des Paludinïdœ de
Lamarck est divisée en onze genres : Paludina, Cleopcdra,
Bithynia, Hydrobia^ Vdrella, Belgrandia, Locardia, Bugesia,
Emericia, LUhoglyplms et Valvata. On peut se demander ce
que viennent faire ici les Valvées, alors que tant d'autres gen-
res de même valeur, comme les Amnicola, etc., sont rangés
dans une synonymie confuse.
On doit au D'' Paladilhe une intéressante étude monogra-
phique sur les Paludinidées françaises ', publiée en 1870. Ici au
moins nous voyons pour la première fois apparaître chaque
genre avec sa valeur vraie, et si quelques dénominations ont été
ultérieurement modifiées, le principe du groupement des genres,
avec leurs caractères réciproques et comparatifs n'en ressort
pas moins très exactement. L'auteur divise sa famille des Palii-
dinidœ en sept genres : Vivipara, Bythinia, Amnicola, Paludi-
' Hahtmann. 1821. System der Erd-und Flussconchylien der Schweiz, in Neue-
AliJina, t. 1, p. 2.^8. — 1844. Sustem der Erd-und Susswasser Gastropoden
Europtis, in Stubm, Fauna Deutsch.. t. IV, heft 5, p. 46.
^ BouKGUUiNAT, I880. Étude sur les noms génériques des petites Paludinidées
à opercule spirescent, pp. 6 et 4)5.
^ Willi. KoBELT, 1881. Catalog der ini europaischen Faunen gebiet lehenden
Conchylien, p. 136. — 1883. Erster Naclitrag, in Nalhrichtshlatt der deutschen
Malakozoologischen Gesellschaft, n»» 1 et 2, p. 16.
* Palauilhk, 1871). Étude monographique sur les Paludinidées françaises, in
Annales de Malacologie, du D"" G. Servaiu, t. 1, pp. 164 à 244 (tir. à part, 1 hr.
iii-8, 78 pages).
LES BYTHINIA DU SYSTEME EUROPEEN. 77
nella, Hi/drohia, Paludestrina et Belfirandia. Il donne la des-
cription des quatre espèces de Bythinies alors connues dans la
faune française.
M. le D' Agardh Westerlund ', dans sa Faune des régions
palœarctiques, est l'auteur qui nous donne les documents les plus
complets, les plus circonstanciés sur les espèces du système
européen appartenant au genre Bijtliinia. Sa famille des Falii-
dlnidœ comprend les genres Paludina et Cleopatra ; à la suite,
il institue une famille des Bythlnudœ comprenant les genres
Bytlùnia et Bigyreidum ; enfin, dans sa famille des Rissoidœ, il
réunit la plupart des autres petites espèces des eaux douces et
saumâtres réparties dans les genres BaikaVm, Palud'meUa,
Horatia, Llthoghiplius, Emericia, et BenedicUa. Il donne la
description de trente espèces de BytMma et de deux Bigy-
reidum.
Enfin, dans notre Conchyliologie française', nous avons
adopté un mode mixte qui nous a paru plus rationnel. Comme
r avait fait le D"" Fischer, nous avons réuni dans la famille des
Viviparidœ les grandes formes des groupes des Vivipara con-
tecta et F. fasckita ; dans la famille des BythineUidœ, nous
avons compris les petites espèces appartenant aux genres BytJii-
nia, Bigyreidum, Amnicola, BythineUa, Paidia, Belgrandia,
Paludestrina et Peringia, les Bugesia, Bartetia, Moitessie-
ria, etc., faisant alors partie de la famille des Melanidœ.
Si nous ajoutons à cette trop longue nomenclature les tra-
vaux de Georg-Ritter vON Frauenfeld, travaux où nous trou-
vons soit des listes, soit des descriptions d'espèces nouvelles',
' G. -Agardh Wkstkblu.xd, 18SG. Fauna der in dev Paldarctischen région
lebenden binneii-conchylien, t. VI, p. 3. — 1890. Katalog der in der Palaarc-
tischen région lebenden-conchylien, p. 170.
* A. Loc.\KD, 1893. Conchyliologie française, p. 68.
* G.-R. VON Frauenfeld, 1862. Versuch einer Aufzàhlung der Arten der Gai.
tung Bithynia Lch und Nematura Bus., iii Verhandlungen der k. k. zoologisch-
botanischen Gesellschaft in Wien, t. XII, pp. H44 à 1170. — 1864. Verzeichniss
78 ARNOULD LOCARD.
nous aurons ainsi résumé les principales données historiques
relatives aux formes dont nous allons donner le catalogue.
Ajoutons à cela les nombreux matériaux réunis par notre bien
regretté maître et ami Jules- René Bourguignat, si gracieuse-
ment mis à notre disposition par le Musée de Genève. Dans
cette riche collection, nous trouvons toutes les Bythinies du
système européen réunies dans 65 cartons contenant près de
200 tubes, se répartissant ainsi : 6 espèces pour la faune
d'Asie, Syrie et Palestine; 8 espèces pour la faune d'Egypte;
8 espèces pour la faune de l'Afrique septentrionale; 37 espèces
pour l'Europe proprement dite, et enfin 6 Digyreidum. Dans ce
nombre, 19 espèces sont inédites. Nous adressons ici nos bien
sincères remerciements à notre savant ami M. Maurice Bedot,
directeur du Musée de Genève, qui nous met ainsi si obligeam-
ment à même de faire connaître toutes ces formes nouvelles.
Avant de terminer, un mot encore sur le modus Vivendi de
nos espèces. Les Bythinies vivent toutes dans les eaux douces
de l'ancien continent, recherchant de préférence les milieux peu
agités, à fond vaseux, errant sur les pierres et sur les rochers,
grimpant le long des plantes aquatiques, dans les mares, marais,
fossés, et même dans les ruisseaux et cours d'eaux de quelque
importance, mais alors dans les stations plus particulièrement
tranquilles. Là, elles constituent parfois des colonies des plus
populeuses.
Les Bythinies ont encore un mode d'existence assez particu-
lier. Lorsqu'il veut jouir d'un repos un peu prolongé, l'animal
sécrète un filament mucilagineux qui passe entre l'opercule et
les bords du péristome et lui permet de rentrer dans sa demeure
tout en restant suspendu par ce fil aux plantes aquatiques.
Au point de vue géologique, le genre Bythima serait fort
der Namen der Fossilen und lebenden Arten der Galtung Paludina Lam.. Loc.
cit., t. XIV, pp. 361 à .567 (tir. à part, 1883. 1 broch. in-8, 112 pages). — 1863.
Zoologische Miscellen, Loc. cit., t. XV, pp. 324 à 336, pi. VlII-XI.
LES BYTHINIA DU SYSTEME EUROPEEN. 79
ancien. Quoique bien souvent on ait confondu sous le nom de
B. tentaculata des formes fossiles plus ou moins affines, nous
rappellerons que de telles formes ont été indiquées dans le
pléistocène supérieur des vallées du Rhône, de la Saône et de
la Somme, dans les Lover Brtck-eartlis et Rivers-crawels d'An-
gleterre, dans les Kalk-tufs de Thuringe et de Silésie. Nous les
retrouvons dans le pléistocène moyen du Thaï Loss de France
et de Suisse, dans les dépôts à Belgrandia et Lartetia des envi-
rons de Paris et dans les tufs du Wurtemberg ; plus ancienne-
ment encore, ils existent dans le pléistocène inférieur de l'hori-
zon des sables de Mosbach en Allemagne, et du Forest-bed
d'Angleterre; ils remonteraient même jusque dans le Norwich-
Crag du pliocène moyen, et même jusque dans la mollasse d'eau
douce du Lyonnais et du Dauphiné appartenant au niveau du
pliocène inférieur ' .
CATALOGUE DES BITHINIA DU SYSTÈME EUROPÉEN
Bythinia d'Europe.
A. Groupe du B. tentaculata.
Ombilic tout à fait recouvert ; opercule affleurant le péristome.
a. Coquille au galbe plus ou moins court et ventru; spire courte;
tours peu convexes ; suture peu profonde.
Bythinia tentaculata, Linné. — Eelix tentaculata^ Lin.,
1758. Systema naturse, édit. X% p. 774, n» 616. — Nerita
jaculator, MuUer, 1776. Vermium terrestrium et fluviatilium
historia, t. II, p. 185. — Turbo nucleus, da Costa, 1778. Bri-
tisch Conchology^, P- 91? pl- ^? %• 12. — Bulimus tentaculatus,
^ A. LoGARU, 1881. Études sur les variations malacologiques, t. 11, pp. 228
à 229.
80 ARXOULD LOCAKD.
Poirei, 1801. Coquilles de l'Aisne, Prodrome, p. 61. — Cyclo-
stoma impur um, Draparnaud, 1801. Tableau des Mollusques
terrestres et tiuviatiles de France, p. 41. — Turlo janitor,
Vallot, 1801. Exercices d'histoire naturelle, p. 6. — Cyclo-
stomajaculator, Ferussac père, 1807. Essai méthodique, p. 66.
— Lymnœatentaculata, Fleming, 1814. In Edinburg Encyclo-
pedy, t. VII, I, p. 78. — Paludina impura, Brard, 1815.
Coquilles des environs de Paris, p. 183, pi. VII, fig. 2. — Pak-
(Unajaci(lator,'ètu.der, 1820. Kurzes verzeichniss... Conchylien,
in Gartner, Xaturwiss. anzeig. schweiz. Gesellsch. Bern, p. 91.
— Turbo tentaculata, Sheppart, 1823. Descriptions of seven
new British Land-and Fresh-water Shells, in Transactions of
tlie Linnean Society of London, t. XIV, p. 152. — Bithinia
jaculator, Hisso, 1826. Histoire naturelle de l'Europe méridio-
nale, t. IV, p. 100. — Paludina tentaculata, Fleming, 1826. A
History of British animais, p. 315. — Bithinia tentaculata,
Gray, in Turton, 1840. Mannual of the Land and Fresh-water
Shells of the British Island, p. 94, fig. 20. — Bythinia tentacu-
lata, Stein, 1850. Die Lebenden Schnecken und Muscheln der
Umgegend Berlins, p. 92. = Espèce très répandue dans pres-
que toute l'Europe.
Bythinia producta, Menke. — Paludina impura, var. b,
producta, Menke, 1830. Synopsis methodica Molluscorum,
p. 41. — Bythinia tentaculata, var. jS, producta, Moquiu-Tan-
don, 1855. Histoire naturelle des Mollusques de France, t. II,
p. 529, pi. XXXIX, fig. 41 (non pars auctorura). — Bythinia
producta, Locard, 1893. Conchyliologie française, p. 72. =
Cette forme, dont nous parlerons plus loin, vit en France, en
Allemagne, en Belgique, en iVngleterre, etc. Figuré pi. VI,
fig. 26.
Bythinia inflata, Hansen. — Paludina inflata, Hansen,
1845. Ofvers. of k. vet., Acad. Forh., p. 24; Kuster, 1852.
Syst. Conch. Cab., p. 34, pi. VII, fig. 20-24. — Bythinia
LES BYTHINIA DU SYSTEME EUROPEEN. 81
Troscheli, Paasch, var. inflata, von Frauenfeld, 1864. In Ver-
handlungen der k. k. zoologisch-botanischen Gesellschaft in
Wien, t. XIV, p. 617. — Bïthynia ventricosa, Gray, vm\ in-
flata, Kobelt, 1881. Catalog der im europaischen Binnenconchy-
lien, p. 137. — BytMnia Leachi, Sheppart, var. inflata, Wes-
terlund, 1886. Fauna der in der Palaarctischen région, VI,
p. 18. — BytMnia inflata, Servain, 1888. Bulletin de la Société
malacologique de France, t. V, p. 303 (non Westerlund, 1887.
Sibirien land-oh Sôtwatten-Mollusker, p. 64). — BytMnia Trans-
sylvanica, Biels, in schedis, teste S Clessin, 1887. Die Mol-
lusken-Fauna Oesterreich-Ungarns und der Schweiz, p. 624.
= Avec M. le D'^ G. Servain et Bourguignat, nous maintien-
drons cette forme au rang d'espèce, en la faisant rentrer dans le
groupe du B. tentacidata. Elle vit en Suède, en Danemark, et
descend jusqu'à Hambourg.
Bythinia gravida, Kay. — B. gravida, Ray, 1884. In
Bulletin Soc. malacologique de France, t. I, p. 154. = Cette
forme, très bien décrite par MM. Ray et Agardh Westerlund,
est peu répandue : la Seine, à Troyes (Aube); la Rance, au-
dessous de Dinan (Ille-et- Vilaine); environs de Grenoble (Isère);
St-Saulge (Nièvre); les conduites d'eau de la ville de Paris.
Cette forme n'ayant pas encore été tigurée, nous en reprodui-
sons le type pi. V, tig. 21.
Bythinia codia, Bourguignat. — Paludina tentaculata (pars),
Kûster, 1852. Syst. Conch. Cab., pi. VIII, fig. 6 et 7 (non aucto-
rum). — Bythinia codia, Bourguignat, 1862. S^cilèges mala-
cologiques, p. 136, pi. VIII, fig. 5 à 7. — Bïthynia tentaculata,
var. codia, Kobelt, 1881. Catalog Binnenconchylien, p. 137. :=
Vit dans les eaux marécageuses des environs de Pise, en Italie.
Bythinia Cettinensis, S. Clessin. — Bythinia tentaculata,
var. minor, Brusina, teste Clessin. — Bythinia Cettinensis,
Clessin, 1887. Malakozoologische Blatter, neue folge, t. IX,
p. 62. = Cettina près Almissa (Dalmatie).
Kev. Suisse de Zool., T. II. 1894. 6
82 ARNOULD I-OCARD.
Bythinia Tagina, Servain. — Bythinia Leachi, Servain,
1880. Mollusques recueillis en Espagne et en Portugal, p. 146
(non Sheppart). — Bythinia Tagina, Servain, 1882. Nov. sp. in
coll. Brgt = Vit en Portugal.
Bythinia Narentana, Bourguignat. — B. Narentana,
Bourguignat, 1883. Nov. sp. in coll. = Vit en Dalmatie.
Bythinia Bottnica, Anderson. — Bythinia tentaculata
(pars), Westerlund, 1871. Exposé critique des ^lollusques de
la Suède et de la Norwège, p. 148. — Bythinia tentaculata,
var. Bottnica, Anderson, in S. Clessin, 1878. Malakozoolo-
gische Blàtter, t. XXV, p. 71, pi. III, fig. 7. — Bythinia Bott-
nica, Servain, 1888. In Bulletin Soc. malacologique de France,
t. V, p. 303. = Vit dans le sinus de Bottnie en Suède et des-
cend jusque dans l'Elbe à Hambourg.
Bythinia Gall^ciana, Castro. — B. Gallœciana, Castro,
1886. Nova sp. in coUect. Bourg. = Le Portugal.
Bythinia sph^rica, Bourguignat. — B. sphœrica, Bour-
guignat, 1886. Nova sp. in coUect. Bourg. = Le Portugal.
Bythinia Bogica, Dubois de .Montpéreux. — Paludina
Bogensis, Dubois, in Kuster, 1852. Syst. Conch. Cab., p. 31,
pi. VII, fig. 1 et 2. — Bythinia Bogensis, von Frauenfeld, 1864.
In Verhandl. zoolog.-botan. Gesellsch. in Wien, t. XIV, p. 580
(tir. à part, 1865, p. 20). — Hydrobia variabilis, Kobelt,
1881. Catalog Binnenconchylien, pp. 140 et- 184. — Bythinia
Bogica, Bourguignat, 1874. In coilect.; 1888. In Bulletin Soc.
malacologique de France, t. V, p. 303. = Bourguignat a
judicieusement rectifié l'orthographe proposée par Dubois de
Montpéreux. Les eaux de la Bog, affluent du Dnieper dans la
Pologne russe; on retrouve cette même forme dans les allu-
vion^ de l'Elbe aux environs de Hambourg (Prusse).
Bythinia Umbratiga, von Frauenfeld. — Bifhynia Um-
bratica, von Frauenfeld, 1862. In Verhandl. zool.-botan. Ge-
sellsch. in Wien, t. XII, p. 1154. — Bythinia Umhratica,
LES BYTHINIA DU SYSTEME EUROPEEN. 83
von Frauenfeld. 1865. Loc. cit., t. XIV, p. 257. pi. IX. =
Estramadure (Espagne).
Bythinia limnoidea, Servain. — B. limnoidea, Servain,
1881. Nova sp. in collect. Bourg. = La Croatie.
Bythinia parva, Locard. — B. parva, Locard, 1893.
Conchyliologie française, p. 70. — Château-soleil près Castel-
lane (Basses- Alpes); le Suran (Ain); Canal du Midi (Aude);
environs de Nice (Alpes -Maritimes); environs de Moulins
(Allier); île Cazeau ; les conduites d'eau de la ville de Paris.
Bythinia allopoma, Westerlund. — B. allopoma, Wester-
lund, 1886. Fauna Palaarctischen région, t. VI, p. 15. = Le
type vient des eaux thermales de Viîlarcher-Bad, en Carinthie ;
environs de Pise, San Giovano près Monfalcone, dans le Frioul
(Italie) ; St-Raphaël, le Puget, Draguignan (Var); la Reyssouse
(Ain); canal du Midi à Fresquel (Aude); environs de Nice
(Alpes-Maritimes). Cette espèce n'ayant pas encore été figurée,
nous en reproduisons le type, pi. V, fig. 4, d'après M. Wester-
lund.
Bythinia Aedussonica, Ray. — B. Ardussonica, Ray,
1884. In Bulletin Soc. malacologique de France, t. I, p. 155.
= L'Ardusson près Nogent sur Seine (Aube). Nous reprodui-
sons, pi. VI, fig. 12, cette espèce, qui n'a pas encore été figurée.
b. Coquille d'un galbe allongé ; spire haute ; tours convexes ;
suture profonde.
Bythinia TEOSCHELi,Paasch. — Paludina Troscheli, Vdiâsch,
1842. In Wiegmann Archives, t. I, p. 300, pi. VI, fig. A-D. —
Ktister, 1852. Syst. Conch. Cab., p. 38, pi. VIII, fig. 9 à 11. =
Bithynia Troscheli, von Frauenfeld, 1862. In Verhandl. zool.-
botan. Gesellsch. in Wien, t. XII, p. 1149. — Bithynia ventri-
cosa, var. Troschelii, Kobelt, 1881. Catalog Binnenconchylien,
p. 137. — Bythinia ventricosa (non Gray), S. Clessin, 1876.
Deutsche Excursions-Molluskenfauna, p. 319, fig. 175. = Vit
dans le nord de l'Allemagne.
84 ARNOULD LOCARD.
Bythinia Michaudi, Du val. — Paludina Michaudi, Du val,
1845. In Revue zoologique de la Société Cuviérienne, p. 211.
— Bythinia Leachi (non Sheppart), Westerlund, 1886. Fauna
Palàarctischen région^ t. VI, p. 17. — Bythinia Michauâi,
Locard, 1883. Conchyliologie française, p. 73. = L'Erve près
Cliéméré (Mayenne); environs de Rennes (Ille-et- Vilaine) ; lac
de Cirknitz près Adelsberg (Carniole); lac de Janina en Épire
(Grèce). Nous figurons, pi. V, iig. 23, une var. tnajor de cette
coquille.
Bythinia decipiens, Millet. — Paludina decipiens, Millet,
1843. In Revue et Magasin de zoologie, p. 2, pi. LXIII, fig. 2
(pessima). — Bythinia tentaculata, Chenu, 1859. Manuel de
Conchyliologie, t. I, p. 311, fig. 2223. — Bythinia decipiens,
Bourgnignat, 1874. In collect. — G. Servain, 1888. In Bulle-
tin Soc. malacologique de France, t. V, p. 303. — Bythinia
ventricosa vel B. Leachi, pars auctorum. = Cette forme est
très répandue en France ; nous la connaissons dans les départe-
ments suivants : Maine-et-Loire, Mayenne, Eure, Seine-Infé-
rieure; Seine-et-Oise, Rhône, Bouches-du-Rhône, Basses-Pyré-
nées; les conduites d'eau de la ville de Paris, etc. Bourguignat
la possédait des localités étrangères qui suivent : ruisseau de
Vinckel et Roth-See près Lucerne, le lac de Neuchâtel
(Suisse) ; marais de la Cettina en amont d'Almissa, le Danube à
Giurgewo (Dalmatie); Monfalcone (Frioul-Istrie) ; environs de
Lecco en Lombardie, le Sebeto près Naples, Chioggia, Padoue
(Italie); le Guadalaviar à Valence (Espagne); le Douro à Porto
(Portugal); environs de Moscou (Russie) ; Manchester (Angle-
terre); la Kerka (Dalmatie); l'Elbe à Hambourg, le Mein à
Francfort, Potsdara (Prusse). = Nous représentons, pi. V, fig. 6,
le type de cette espèce si mal comprise, et, fig. 1 de la même
planche, le B. tentaculata à titre de comparaison.
Bythinia ilys^ca, Letourneux. — B. ilysœca, Letour-
neux, 1879. Nova spec. in collect. Bourg. = De la Croatie et
de la Dalmatie.
LES BYTHINIA DU SYSTEME EUROPEEN. 85
Bythinia Letoch^, von Frauenfeld. — Bithi/nia Letochœ,
von Frauenfeld, 1862. In Verhandl. zool.-botan. Gesellsch. in
Wien, t. XII, p. 1146. — Bythinia Letochœ, von Frauenfeld,
1865. Loc. cit., t. XV, p. 528, pi. IX. — Bythinia Lethochai,
AVesterlund, 1886. Fauna Paliiarctischen région, t. VI, p. 16.
= Le type vit en Espagne dans l'Estramadure ; Bourguignat le
possédait du Douro à Porto (Portugal).
Bythinia Zamorensis, Bourguignat. — B. Zamorensis,
Bourguignat, 1882. Nova sp. in collect. = Du Douro, à Za-
mora (Portugal).
Bythinia Carvalhoi, Castro. — B. Carvalhoi, Castro?
1886. Nova sp. in collect. Bourg. = Le Minho (Portugal).
Bythinia proxima, von Frauenfeld. — Bithynia proxima,
von Frauenfeld, 1862. In Verhandl. zool.-botan. Gesellsch. in
Wien, p. 1149. — Bythinia proxima, von Frauenfeld, 1865.
Loc. cit., p. 527, pi. IX. = Vit dans le Tyrol et en Italie.
Bythinia Lusitanica, Castro. — B. Lusitanica, Castro,
1886. Nova sp. in collect. Bourg. = Le Minho (Portugal).
Bythinia Stramicensis, Locard. — B. Stramicensis, Lo-
card, 1893. Conchyliologie française, p. 72. ~-v Environs de
Crémieu (Isère).
Bythinia Sebethina, H. Blanc. — B. Sehethina, Blanc,
1879. In Collect. Bourg. — Coutagne, 1881. In Annales Soc.
Linnéenne de Lyon, t. XXVIII, p. 24 (tir. à part, p. 24). —
Bythinia tentaculata, var. Sebethina, Westerlund, 1886. Fauna
Palâarctischen-reiïion, t. VI, p. 15. = Le type vient du
Sebeto à Naples (Italie); nous le connaissons en outre à: Adels-
berg en Carinthie; en Italie à Chioggia, et aux environs de
Padoue ; dans les départements suivants de la France : Drôme,
Hérault, Var, Savoie, Calvados, Isère, Sarthe, Vaucluse, Cha-
rente, Bouches-du-Rhône, etc. Nous l'avons également reçu de
Borghom (Suède). Nous avons tiguré, pi. V, fig. 3, le type de
cette espèce.
86 ARNOULD LOCARD.
Bythinia Matritensis, Graëls. — Paludina impura, var.
Matritensis, Graëls, 1846. Catalogo de los Molluscos terres-
tres y de agua dulce observados en Espafia, p. 17, fig. 23-24.
— Bythinia Matritensis, Bourguignat, 1864. Malacologie de
l'Algérie, t. II, p. 359. — Bythinia tentaculata, var. Matriten-
sis^ Westerlund, 1886. Fauna Palâarctischen-region, t. VI,
p. 15. = Observé d'abord en Espagne, dans les eaux du Tage,
du Mançanares, du Guadiana ; vit également en Italie aux envi-
rons de Padoue, et en France dans les départements des Bou-
ches-du-Rhône, de l'Hérault, de l'Aude, de l'Isère, etc. Nous
avons figuré de nouveau cette espèce, pi. Y, fig. 20.
Bythinia Meneghiniana, Issel. — B. 31eneghiniana, Issel,
1863. In Memoria délia Reale Accademia di Torino, p. 21,
pi. I, fig. 12-13. = Bakou (Transcaucasie russe).
Bythinia potamvECa, Bourguignat. — B.potamœca, 1881.
Nova sp. in collect. — Bythinia potamica, Locard, 1893. Con-
chyliologie française, p. 73. = Le type vit dans les gorges
d'Ollioules près de Toulon ; nous le retrouvons à la ^eyne,
St-Raphaël et Draguignan dans le Var; Bourguignat le pos-
sédait de Monfalcone dans le Frioul, de l'Estella à Chiavari
dans la Lombardie, et de la Toscane en Italie.
Bythinia gractlis, Locard. — Bythinia, sine nome in col-
lect. Bourg. = Lysimachia, lac inférieur de Vrachoury au nord
de Missolonghi (Grèce).
B. Groupe du B. Leachi.
Ombilic partiellement recouvert ; opercule n'affleurant pas le
péristome.
a. Coquille au galbe conique ; spire haute ; tours étages.
Bythinia Leachi, Sheppart. — Bythinia ventricosa, Gray,
1821. In Médical Repository, p. 239 (sine descript.). — Gray,
LES BYTHINIA DU SYSTÈME EUROPEEN. 87
1840. A Manual Shells of the British Island, p. 49, pi. X,
fig. 14. — Turbo Leachi, Sheppart, 1822. In Transactions
Linnean Society, t. XIV, I, p. 152. — - Paludina acuta, Fle-
ming, 1828. A History of British animais, p. .315. — Paludina
smiilis, des Moulins, 1827. In Bulletin Soc. linnéenne de Bor-
deaux, t. II, p. 65 (non Michaud). — Paludina ventricosa,
Brown, 1845. Illustrations Conchology of Great Britain and
Ireland, p. 27, pi. XIV, fig. 74-75. — Bijthinia Leachi, Moquin-
Tandon^ 1855. Histoire naturelle des Mollusques de France,
t. II, p. 527, pi. XXXIX, fig. 20-23. — Bythinia ventricosa,
Kreglinger, 1870. Systematisches Verzeichniss Deutschland
Mollusken, p. 311. = Nous admettons pour cette espèce, si
souvent mal comprise, le type anglais qui se retrouve du reste
dans d'autres pays, notamment dans l'Europe centrale.
Bythinia amm^cia, Servain. — B. ammœcia, Servain,
1888. In Bulletin Soc. malacologique de France, t. V, p. 304.
— Bythinia Leachi, var. ammœcia, Westerlund, 1890. Fauna
Palàarctischen-region, Suppl., p. 98. = Les bords de l'Alster
(Prusse). Nous avons figuré cette espèce déjà décrite, pi. V, tig. 13 .
Bythinia Baudoniana, Gassies. — B. Baudoniana, Gas-
sies, 1858. In Journal de Conchyliologie, t. VII, p 398. —
1867. In Bulletin Soc. Linnéenne de Bordeaux, p. 130, pi. I,
fig, 7. = Le sud-ouest de la France.
Bythinia Hispanica, Servain. — B. Hispanica, Servain,
1880. Mollusques recueillis en Espagne et en Portugal, p. 147.
= Le Guadalquivir à Valence (Espagne). Cette forme, bien
décrite, mais non figurée, est représentée pi. V, fig. 15.
Bythinia socialis, Westerlund. — B. socialis, Westerlund,
1886. Fauna Palaarctischen-region, t. VI, p. 19. — Kobelt,
1891. Rossmâssler's Iconographie, neue Folge, t. V, p. 68,
pi. CXXXVII, fig. 863 (mala). = Oreto près Palerme (Sicile).
Cette forme est figurée pi. VI, fig. 17, d'après un échantillon
qu'a bien voulu nous communiquer M. Westerlund.
b8 ARNOULD LOCARU.
Bythinia Boissieri, de Charpeutier. — Paludina Boissieri
de Charpentier, in Ktister, 1852. Syst. Conch. Cab., p. 35
pi. VII, fig. 30-32. — Bythinia Boissieri, von Frauenfeld
1864. In Verhandl. zool.-botan. Gesellsch. in Wien, t. XIV
p. 580 (1865, tir. à part, p. 20). — Bithynia Boissieri, Kobelt
1881. Catalog Binnenconchylien , p. 138. = Le type a été
signalé à Rome; la marquise Paulucci l'indique aux environs
de Florence, en Calabre et en Sicile. Les échantillons de la
collection Bourguignat proviennent de : Poggio-Reale près
Naples, Marais Pontins, fontaine à Xaples, Palerme (Italie);
Céphise près Athènes, Lépante^ Lysimachia^ lac de Vrachori
au nord de Messolonghi (Grèce).
Bythinia Blanci, Bourguignat. — B. Blanci, Bourguignat,
1881. Nova sp. in coUect. — Espèce italienne de San Germano,
Pise et des marais de Toscane.
Bythinia Kickxi, Nyst. — Paludina Kickxii, Nyst, in Ktis-
ter, 1852. Syst. Conch. Cab., p. 45, pi. IX, fig. 12-13. —
Bythinia ventricosa (non Gray), von Frauenfeld, 1865. In
Verhandl. zool.-botan. Gesellsch. in Wien, p. 619 (tir. à part,
p. 59). — Bythinia Leachi, var. Kickxii, Westerlund, 1886.
Fauna Palàarctischen-region , t. VI, p. 17. = Cette forme,
qui nous parait bien distincte du B. Leachi, vit en Hollande.
Bythinia Celtica, Bourguignat. — B. Celtica, Bourgui-
gnat in Paladilhe, 1870. Annales de Malacologie, t. I, p. 184
(tir. à part., p. 18). = Nous connaissons cette forme dans
l'Eure à Cliartres (Eure-et-Loire), l'Erve (Mayenne), la Vi-
laine à Rennes (Ille- et -Vilaine), à Blainville (Calvados), etc.
Bourguignat la possédait également de Belgique, mais sans
indication de localité. Cette espèce, bien décrite par Bourgui-
gnat, est représentée pi. VI, fig. 20.
Bythinia yiridis, Letourneux. — Digyreidum viride, Le-
tourneux, 1887. In Bulletin Soc. malacologique de France,
t. IV, p. 72. = Ruisseaux près de la ville de Corfou (Grèce).
Nous figurons cette espèce pi. VI, fig. 22.
LES BYTHINIA DU SYSTEME EUROPÉEN. 89
Bythinia Renei, Letoiirneiix. — THgijreidmn Benri, Le-
tourneux, 1887. In Bulletin Soc. raalacologique de France, t. IV,
p. 70. = Marais de Cressida près Corfou (Grèce). Figuré pi. VI,
fig. 19.
Bythinia Servainiana, Letourneux. — Digyreidum Ser-
vainianum, Letourneux, 1887. In Bulletin Soc. malacologique
de France, t. IV, p. 71. = Marais de Cressida près Corfou, Vra-
chory au nord de Missolonghi^ le Céphise et son affluent près
Athènes (Grèce). Figuré pi. VI^ fig. 23,
Bythinia Majeavskyi, Parreys. — Bithjnia Majeivsk>/i,
Parreys in von Frauenfeld, 1862. In Verhandl. zool.-botan.
Gesellsch. in Wien, t. XII, p. 1153. — Bytkima Majewsky,
von Frauenfeld, 1864. Loc. cit., p. 624 (tir. à part, 1885,
p, 64. = M. Westerlund signale cette forme dans la Dalmatie,
le Monténégro, la Croatie, la Hongrie et la Sibérie.
Bythinia Bayonnensis, Locard. — Bythinia, sine nome
in collect. Bourg. = Lac de la Négresse près Bayonne (Basses-
Pyrénées).
Bythinia elegans, Locard. — Bythinia sine nome in collect.
Bourg. = Le Lido près Venise (Italie).
h. Coquille au galbe ventru ; spire courte ; tours étages.
Bythinia Orsinh, de Charpentier. — Paludina Orsinii,
de Charpentier, in Kiister, 1852. Syst. Conch. Cab., p. 42,
pi. IX, fig. 1-2. — Bythinia Orsini, von Frauenfeld, 1864.
In Verhandl. zool.-botan. Gesellsch. in Wien, t. XIV, p. 633
(tir. à part, 1865, p. 73). = Espèce italienne dont le type
vit à Ascoli, d :»ns les États de l'Église ; Bourguignat la possé-
dait de San Germano (Italie) et du lac Copaïs (Grèce).
Bythinia Balatonica, Servain. — B. Balatonïca, Ser-
vain, 1881. Histoire malacologique du lac Balaton, p. 91. =
Lac Balaton (Hongrie), environs de Hambourg (Prusse). Nous
figurons cette espèce pi. VI, fig. 25.
90 ARNOULD LOCARD.
Bythinia hellenica, Kobelt. — Bythinia Orsinii, Roth,
Spicileg. Moll., p. 35. — B. {Orsinii, var?) Jiellenka, Kobelt,
1891. Rossmiissler's Iconographie, neue folge, t. V, p. 67 >
pi. CXXXVII, fig. 860. = La Grèce.
Bythinia meridionalis, von Frauenfeld. — Bithynia meri-
dionalis, von Frauenfeld, 1862. In Verhandl. zool.-botan.
Gesellsch. in Wien, t. XII, p. 1153. — Bythima meridionalis,
von Frauenfeld, 1865. Loc. cit., pi. VIII. = L'Espagne et la
Calabre.
Bythinia Mostarensis, Megerle von Muhlfeld. — Bythinia
Mostarensis, Muhlfeld, 1873. Beitrage zur Fauna Bosnica,
p. 58, fig. 19. = Bosnie et Herzégovine.
Bythinia Italica, Paulucci. — Bythinia Leachi, var. Ita-
lica, Paulucci, 1880. Escursione scientifica nella Calabria,
p. 197, pi. IX, fig. 5 (tautum). — Codiella Italica, de Monte-
rosato, 1893. In collect. = L'iVngitola près Pizzo, environs de
Florence et de Palerme (Italie).
Bythinia rubens, Menke. — Paludina ruhens, Menke,
1830. Synopsis methodica MoUuscorum, 2""® édit., p. 134. —
Kiister, 1852. Syst. Conch. Cab., p. 48, pi. IX, fig. 27-29. —
Paludina ferruginea, De Cristofori et Jàn, 1832. Catalogus,
p. 5. — Paludina rubens, Philippi, 1836. Enumeratio MoUus-
corum Siciliae, t, I, p. 148, pi. IX, fig. 4. — Bithinia ruhens,
Bourguignat, 1853. Catalogue raisonné des Mollusques d'Orient,
p. 62. — Bythinia ruhens, von Frauenfeld, 1864. In Verhandl.
zool.-botan. Gesellsch. in Wien, t. XIV, p. 643 (tir. à part,
1865, p. 83). — Paludina Anapensïs, Benoît, in Paulucci,
1878. Matériaux pour servir à l'étude de la faune malacologi-
que de l'Italie, pp. 18 et 47. = Le type a été découvert en
Sicile; on l'a retrouvé en Grèce, en Algérie et en Asie Mi-
neure.
Bythinia Segestana, Benoît. — B. Segestana, Benoît,
1862. lUustrazione sistematica Testacei estramarini délia Sici-
LES BYTHINIA DU SYSTEME EUROPÉEN. 91
lia, pi. VII, fig. 23. — BytMnia Boissieri, var. Segestana, Wes-
terlund, 1886. Fauna Palaarctischen-region, t. VI, p. 19. =
L'Oreto près Palerrae, l'Anapo, environs de Syracuse (Italie).
Bythinia PH.EACINA, Letoumeux. — B.phœacina, Letour-
neux, 1879. Nova sp. in collect. Bourg. = Marais de Cressida,
la Messonghi près Corfou (Grèce).
Bythinia Stossichiana, Letourneux. — B. Stossichiana,
Letourneux, 1879. Nova sp. in collect. Bourg. = Marais de
Cressida près Corfou (Grèce).
Bythinia Corcyrensis, Letourneux. — Bïgyreidum Cor-
cyrense, Letourneux, 1887. In Bulletin Soc. malacologique de
France, t. IV, p. 70. = Ruisseaux de l'île de Corfou (Grèce).
Nous figurons cette espèce planche VI, fig. 8.
Bythinia Gr^ca, Locard. — B. Hellenica, Bourguignat,
1879. Nova sp. in collect., non Kobelt. — B. Grœca, Locard,
1894. Nova species. = Lac Copaïs, dans la Béotie, le jardin
des Plantes à Athènes (Grèce).
Bythinia Bourguignati, Paladilhe. — B. Bourguignati,
Paladilhe, 1868. Nouvelles Miscellanées malacologiques, p. 101,
pi. V, fig. 1-3. — Digyreidum Bourguignati, Letourneux,
1879. In sched. — Locard, 1882. Prodrome de Malacologie
française, p. 224. = Jardin de St- Jacques près Perpignan (Py-
rénées-Orientales) .
c. Coquille au galbe pupoïde-ventru ; spire très courte et obtuse.
Bythinia Walderdorffi, von Frauenfeld. — B. Walder-
dorffi, von Frauenfeld, 1865. In Verhandl. zool.-botan. Ge-
sellsch. in Wien, t. XV, p. 528, pi. IX. :=. Le sud de la Dal-
matie.
Bythinia Schwabi, von Frauenfeld. — B. Schwahii, von
Frauenfeld, 1865. In Verhandl. zool.-botan. Gesellsch. in
Wien, t. XV, p. 528, pi. X. = La Macédoine (Grèce).
î)2 ARXOULD LOCARU.
Bythinia d'Asie (Syrie -Palestine).
Bythinia rubens, Menke. — Vide ante p. 90. = Bour-
guignat a signalé cette espèce en Syrie : le Bahr-el-Houlé, les
environs de Baalbeck, Sayda, environs de Damas.
Bythinia Sidoniensis, Mousson. — Bithinia ruhens, var.
Sidoniensis, Mousson, 1861. Coquilles terrestres et fluvia-
tiles recueillies par Roth en Palestine, p. 56. = Sadja en
Syrie.
Bythinia Heliopolitana, Bourguignat. — B. HeliopoU-
tana, Bourguignat, 1879. Nova sp. in collect. = Baalbeck
(Syrie).
Bythinia Damasci, Bourguignat. — B. Bamasci^ Bour-
guignat, 1879. Nova sp. in collect. = Damas (Syrie).
Bythinia Saulcyi, Bourguignat. — Blthinia Saulcyi,
Bourguignat, 1853. Catalogue raisonné des Mollusques recueil-
lis par M. T. de Saulcy en Orient, p. 63, pi. 11, fig. 43-45. —
Bythinia Saulcyi, Westerlund, 1886. Fauna Palilarctischen-
region, t. VI, p. 21. = Environs de Baalbeck et de Damas
(Syrie).
Bythinia Hawardierjana, Bourguignat. — Bithinia Ea-
wardieriana, Bourguignat, 1853. Catalogue raisonné des Mol-
lusques recueillis par M. T. de Saulcy en Orient, p. 63, pi. II,
fig. 46-47. — Bythinia Hawardieriana, Westerlund, 1886.
Fauna Palilarctischen- région, t. VI, p. 31. = Le Bahr-el-
Houlé (Syrie).
Bythinia succinea, Locard. — Bythinia, sine nome in
collect. Bourg. = Environs de Beyrouth (Syrie).
Bythinia badiella, Parreys. — Paludina hadiélla, Par-
reys in Kiister, 1853. Syst. Conch. Cab., p. 62, pi. XI, fig. 25-
28. — Bithinia hadiélla, Bourguignat, 1856. Aménités malaco-
logiques, t. I, p. 183. — Bythinia hadiélla, von Frauenfeld,
LES BYTHINIA DU SYSTÈME EUROPEEN. 93
1864. In Verliandl. zool.-botan. Gesellsch. in Wien, t. XIV,
p. 577 (tir. à part, 1865, p. 17). = La Syrie et presque toute
la Mésopotamie; environs de Beyrouth, de Damas, le Liban,
aux environs de Deïr-el-Kanir, Bahr-el-Houlé.
Bythinia EJECTA, Mousson. — B. éjecta, Mousson, 1874.
In Journal de Conchyliologie, t. XXII, 46. = La Basse-Méso-
potamie.
Bythinia el^ca, Bourguignat. — B. elœca, Bourguignat,
1874. Nova sp. in coUect. = Bahr-el-Houlé (Syrie).
Bythinia d'AFRiQUE (Egypte).
Bythinia Goryi, Bourguignat. — Paludina decipiens (non
Millet), deFérussacinKiister, 1852. Syst. Conch. Cab., p. 35,
pi. VII, fig. 27-29. — Bithinia decipiens, Roth, 1855. In Ma-
lakologische Blàtter, t. II, p. 51. — Bithinia Goryi, Bourgui-
gnat, 1856. Aménités malacologiques, t. I, p. 185. — Bithinia
Kusteri, von Frauenfeld, 1862. In Verhandl. zool.-botan. Ge-
sellsch. in Wien, t. XII, p. 1151. — Von Frauenfeld, 1864.
Loc. cit., t. XIV, pp. 597 et 619. — Bythinia Goryi, von
Frauenfeld, 1864. Loc. cit., t. XIV, p. 610 (tir. à part, 1865,
p. 50). = Le Nil, lac Mareotis, canaux d'Alexandrie.
Bythinia Schweinfurthi, Letourneux. — B. Schwein-
furthi, Letourneux, 1879. Nova sp. — Bourguignat, 1890. His-
toire malacologique du lac Tanganica, p. 51 (sine descript.)
(non Hydrobia Schweinfurthi, Martins et Jickely). = Bords du
lac Mseri, au Fayoua.
Bythinia Alexandrina, Bourguignat. — Bithinia Alexan-
drina, Bourguignat, 1877. Description de différents genres de
Mollusques de l'Egypte, etc., p. 27 (sine descript.) — Bithynia
Alexandrina, Bourguignat, in Kobelt, 1881. Catalog Binnen-
conchylien, p. 138 (sine descript.). = Lac Mareotis près
Alexandrie.
94 ARNOULD LOCARD.
Bythinia Sennaarica, Parreys. — Paludina Sennaarensïs,
Parreys in Kiister, 1853. Syst. Conch. Cab., p. 44, pi. IX,
fig. 10-11. — Bythinia Sennaarensis, Martens, 1865. In Mala-
kozoologische Blàtter, t. II, p. 204. — Bigyreidujn Senaaricum,
Letourneux in Bourguignat, 1883. Malacologie de TAbyssinie,
p. 130. — Bythinia Sennaariensis, Kobelt, 1891. Rossmâss-
ler's Iconographie, neue folge, t. V, p. 72, pi. CXXXVII,
fig. 868. = En Egypte, Soudan et Abyssinie, tout le cours du
Nil-Bleu, depuis le lac Dembea jusqu'à Kartouni, et dans le
Nil-Blanc jusqu'en Egypte ; bords du lac Haoussa dans le Choa
(Ethiopie méridionale).
Byihinia Lhothelleriei, Bourguignat. — Bithinia Lho-
thelleriei, Bourguignat, 1879. Description des Mollusques de
l'Egypte, de l' Abyssinie, etc., p. 27 (sine descript.). — Bithynia
Lhotellerii, Bourguignat, in Kobelt, 1881. Catalog Binnen-
conchylien, p. 138 (sine descript.) = Canaux près Alexan-
drie.
Bythinia Calvertina, Bourguignat. — Bithinia Calver-
^««7?^^ Bourguignat, 1879. Description de Mollusques de l'Egypte,
de l'Abyssinie, etc., p. 27 (sine descript.). — Bithynia Galver-
tiana, Bourguignat, in Kobelt, 1881. Catalog Binnenconchy-
lien, p. 138 (sine descript.) = Fossés à Rambé près Alexan-
drie.
Bythinia Letourneuxi, Bourguignat. — Bithinia Letour-
neuxi, Bourguignat, 1879. Description de Mollusques de
l'Egypte, de l'Abyssinie, etc., p. 27 (sine descript.). — Bithy-
nia Letourneuxi, Bourguignat, in Kobelt, 1881. Catalog Bin-
nenconchylien, p. 138 (sine descript.) (non Bythinia Letour-
neuxiana, Bourguignat, 1862. Spicilèges malacologiques, p. 121 ,
qui est VÂmnicoJa Letourneuxiana, Bourguignat, 1864. Mala-
cologie de l'Algérie, t. II, p. 248, pi. XIV, fig. 58 à 60). =
Marais à l'est du canal de Mahmyoudié (Egypte).
Bythinia subbadiella, Bourguignat. — Bithinia Badiella
LES BYTHINIA DU SYSTÈME EUROPÉEN. 95
(non Parreys), Bourguignat, 1879., Description de Mollusques
de l'Egypte, de l'Abyssinie, etc., p. 27. — Bithinia suhha-
diella, Bourguignat, 1885. Mollusques recueillis par M. Paul
Soleillet au Choa, p. 30. = Lac Mareotis et canaux d'Alexan-
drie; s'étend jusqu'au lac Haoussa dans le Choa (Ethiopie méri-
dionale). Nous donnons, pi. VI, hg. 14, la figuration de cette
espèce.
Bythinia pseudamnicola, Bourguignat. ^ Bithynia pseu-
damnicola, Bourguignat, in Kobelt, 1881. Catalog Binnencon-
chylien, p. 138 (sine descript.). — Bithinia pseudamnicola,
Bourgui.Gnat, 1879. Description de Mollusques de l'Egypte, de
l'Abyssinie, etc. (sine descript.). = Le Nil à Rosette.
Bythinia d'Afrique (Algérie, Tunisie).
Bythinia tentaculata, Linné. (Vide ante, p. 79). =
Chabet-Beinan près Alger.
Bythinia Numidica, Bourguignat. — Paludina ventricosa
(non Gray), Morelet, 1853. In Journal de Conchyliologie, t. IV,
p. 297. — Bythinia Leachi (non Sheppart), Bourguignat,
1862. Spicilèges inalacologiques, p. 114. — Bythinia Numidica,
Bourguignat, 1864. Malacologie de l'Algérie, t. II, p 225,
pi. XIII, fig. 42-44. = Environs de La Calle, dans l'Oued-
Sanhadjen, à 20 kilomètres sud-ouest de Bcine dans la direction
de Jemmapes, les eaux du Senhadga près Bône.
Bythinia Bourlieri, Letourneux. — B. BourUeri, Letour-
neux, 1883. Nova sp. in collect. Bourg. = Ouagla.
Bythinia Orsinii, de Charpentier. — Vide ante, p. 89. =
Lac des Arbaouam dans l'Edough, lacs desséchés des Seba
(province de Constantine).
Bythinia rubens, Menke. — Vide ante, p. 90. = Signalé
par M. Westerlund dans TAlgérie : Boufarick près Alger.
Bythinia Hipponensis, Bourguignat. — B. Hipponensis,
96 ARNOI'LD LOCARD.
Bourguignat, 1879. Nova sp. in collect. = Environs de Bône
(province de Constantine).
Bythinia Sebanica, Bourguignat. — B. Sehanka, Bour-
guignat, 1879. Nova sp. in collect. = Lacs desséchés de Seba
(province de Constantine).
Bythinia HAGENMiiLLERi, Bourguignat. — B. Hagemniil-
leri, Bourguignat, in Letourneux et Bourguignat, 1887. Pro-
drome de la Malacologie de la Tunisie, p. 141. = Lac de Faid-
El-Maïz près Bône (province de Constantine); Boghar près
Alger; dans un petit lac au sud de Bizerte (Tunisie). Nous avons
représenté cette espèce planche VI, fig. 4.
Bythinia Punica, Hagenmiiller. — B. Punka, Hagen-
mtiller, in Letourneux et Bourguignat, 1887. Prodrome de la
Malacologie de la Tunisie, p. 141. — Lac de Faid-El-Maïz aux
environs de Bône (province de Constantine); lacs des environs
de Bizerte (Tunisie). Nous avons donné la figuration de cette
espèce pi. VI, fig. 27.
DESCRIPTION DES ESPÈCES NOUVELLES OU LITIGIEUSES
Bythinia producta, Menke.
PI. VI. fig. 26.
Historique. — Dans son Synopsis, Menke signale pour son
Paludina impur a quatre variétés : ventricosa, producta, torta et
ohtusa, sans les définir davantage. Il en est résulté que ce terme
dejjroducta a été diversement apprécié par les auteurs. Bour-
guignat, dans sa collection, enregistre sous ce nom des formes
voisines du B. tentaculata et simplement un peu plus allongées,
souvent même de taille plus petite que le type; c'est ainsi que
bien des naturalistes ont compris cette forme. Il nous semble
que si jNIenke avait voulu parler d'une forme uniquement plus
allongée, ce n'est point sous le nom de producta qu'il l'aurait
LES BYTHINIA DU SYSTÈME EUROPÉEN. 97
désignée. Parmi les nombreuses acceptions que l'on peut attri-
buer à cet adjectif latin, la plus normale, celle que lui donnent
plus volontiers les naturalistes, correspond à l'idée de dévelop-
pement, et comme la coquille est plus haute que large, ce déve-
loppement se fait surtout en hauteur. C'est ainsi que l'a com-
pris Moquin-Tandon, qui donne une assez bonne figuration de
notre coquille; c'est ainsi également que nous l'avons admis
dans notre Conchyliologie française ; or, dans ce cas, les modi-
fications subies par le galbe de la coquille sont telles qu'il en
résulte non pas simplement une variété, mais bien une forme
nouvelle et absolument distincte.
Description. — Coquille d'un galbe ovoïde-allongé, grand;
spire haute, étroitement conique, composée de 6 à 7 tours mé-
diocrement convexes, à croissance rapide et relativement pro-
gressive, le dernier très grand, très haut, formant à lui seul
plus des deux tiers de la hauteur totale, à profil arrondi, bien
déclive vers l'extrémité; suture bien accusée, très oblique;
sommet acuminé ; ombilic tout à fait recouvert ; ouverture
bien oblique, subarrondie, avec son grand axe non parallèle à
l'axe de la coquille, faiblement anguleuse dans le haut ; péris-
tome continu, non réfléchi, faiblement épaissi à l'intérieur ;
test le plus souvent lisse, parfois encroûté, un peu brillant,
orné de stries longitudinales très fines, onduleuses, à demi
effacées, un peu inégales, subtransparent, d'un corné clair, un
peu jaunacé. — Opercule logé à l'entrée de l'ouverture, mince,
de même consistance que la coquille, presque opaque, corné
blanchâtre, orné de stries concentriques subégales.
Dimensions. — Hauteur totale : 13 à 15 millim.
Diamètre maximum : "^Vs ^ ^Vs *
Hauteur de l'ouverture : 5'/, à 6 »
Observations. — Ainsi défini, le B. producta est susceptible
de présenter les mêmes variations que le B. tentaculata ; nous
Rev. Suisse de Zool., T. II. 1894. 7
98 ARNOULD LOCARD.
avons en effet constaté chez cette forme des var. major, minor,
curta, elongata, ventriœsa, etc. Quant aux variétés ex-colore,
elles nous semblent bien plus rares; en général le test, chez
cette espèce, est bien moins coloré que chez le B. tentaculata ;
sa nuance ordinaire oscille dans une gamme corné clair dont
elle ne se départit que bien rarement.
Si maintenant nous venons à comparer le B. producta au
B. tentaculata, on le distinguera : à sa taille plus forte, à son
galbe plus allongé , ces deux conditions répondant bien à
l'expression de producta telle qu'on doit la comprendre; à ses
tours plus convexes, séparés par une suture plus accusée et
surtout plus oblique; à son dernier tour plus grand, plus haut,
plus arrondi; à sa spire plus allongée et plus tordue; à son
ouverture relativement plus petite et plus arrondie, etc.
Sous prétexte qu'il s'agit ici d'une forme d'une grande taille
et d'un galbe allongé, il ne faudrait pas confondre notre espèce
avec la var. inajor du B. decipiens dont nous aurons à parler
plus. loin. Chez cette dernière coquille, le dernier tour est tou-
jours moins haut, moins allongé, la spire est plus élancée et
plus conique, l'accroissement des tours est plus régulier et plus
proportionnel. C'est très vraisemblablement cette forme que
plusieurs auteurs, notamment M. S. Clessin, ont confondue avec
la forme p'oducta de Menke.
BytUnia Tagina, Servain.
PI. V, tig. o.
Historique. — C'est par erreur qu'en 1880, M. le D'' G.
Servain a assimilé la forme espagnole que nous allons décrire
avec le type du B. Leachi des auteurs anglais. Dès 1882, nous
voyons, d'après une étiquette de la collection Bourguignat, appa-
raître la rectification de cette détermination première. Il y a
donc lieu de décrire à nouveau cette espèce.
LES BYTHINIA DU SYSTÈME EUROPÉEN. 99
Description. — Coquille d'un ijalbe ovoïde-allongé ; spire
liante, un peu étroitement effilée, composée de 6 tours, les pre-
miers assez convexes et à croissance lente, les suivants comme
tordus et croissant beaucoup plus rapidement, l'avant-dernier
bien développé, très convexe-arrondi surtout dans le haut, le
dernier étroitement arrondi, bien développé surtout en longueur,
égal à un peu plus des deux tiers de la hauteur totale ; suture
très accusée, très oblique ; sommet aigu ; ombilic tout à fait
recouvert; ouverture peu oblique, ovalaire-arrondie-, rétrécie
dans le bas, à peine anguleuse dans le haut; péristome continu,
développé, un peu détaché vers la région ombilicale, très légè-
rement épaissi en dedans ; test lisse, très brillant, orné de stries
très fines, rapprochées, à peine sensibles, subtransparent, d'un
corné jaune-ivoire.
Dimensions. — Hauteur totale : 10 millim.
Diamètre maximum : 7
Hauteur de l'ouverture : 47,
Observations. — Avec le B. Tagina, commence la série des
formes étroites et allongées, mais conservant encore une assez
grande taille. Nous rapprocherons d'abord cette espèce du
B. Leachi, avec lequel on l'a confondue, et nous observerons
qu'elle s'en distingue tout de suite : à son ombilic couvert par le
développement du dernier tour ; à ses tours bien moins étages,
bien moins convexes, séparés par une suture plus oblique et
notablement moins profonde; à son dernier tour plus haut et
plus étroitement allongé ; à son galbe général enfin, qui est d'un
ovoïde-allongé et plus étiré.
Comparé avec le B. tentaculata, on le reconnaîtra : à sa taille
plus petite ; à son galbe plus effilé, plus subcylindrico-ovoïde ;
au mode d'enroulement de ses tours plus irrégulier ; au profil
de ces mêmes tours plus convexes, séparés par une suture plus
profonde et plus oblique ; à son dernier tour plus étroitement
100 ARNOULD LOCARD.
allongé et plus convexe-arrondi ; à son ouverture plus arrondie,
moins anguleuse dans le haut, etc.
Nous n'avons pas observé assez d'échantillons du B. Tagina
pour en suivre les variations, mais s'il existait une var. mïnor,
elle ne saurait non plus être confondue avec le B. coclia, car
celui-ci a toujours ses tours supérieurs beaucoup moins déve-
loppés, tandis que le dernier tour est au contraire beaucoup plus
allongé dans le sens de la hauteur, et terminé par une ouverture
plus petite et moins excentrée.
Bythinia Narentana, Bourguignat.
PI. V, fig. t:"».
Historique. — Cette espèce a été autrefois adressée à Bour-
guignat sous le nom de Pahidina impura. Elle est tellement
bien caractérisée qu'il y a évidemment lieu de la considérer
comme forme nouvelle bien distincte de toutes les précédentes.
Description. — Coquille d'un galbe presque régulièrement
ovoïde, un peu court, trapu, mais non ventru; spire très courte,
composée de 5 '/, tours convexes, les premiers petits, à crois-
sance très lente, l'avant-dernier relativement très large et très
peu haut, le dernier très grand, subcylindroïde, à profil simple-
ment convexe et non arrondi, égal aux trois quarts de la hauteur
totale; suture presque horizontale, assez accusée; sommet un
peu aigu ; ombilic presque tout à fait recouvert ; ouverture peu
oblique, faiblement ovalaire, avec son grand axe légèrement
incliné, arrondie un peu étroitement dans le bas, faiblement
anguleuse dans le haut; péristome continu, bien épaissi en
dedans, complètement droit; test solide, assez épais, lisse, bril-
lant, subtransparent, orné de stries longitudinales très fines,
irrégulières, à demi effacées, et de malléations qui donnent à
la surface du test un faciès d'irrégularité, d'un corné jaune
clair.
LES BYTHINIA DU SYSTÈME EUROPÉEN. 101
Dimensions. — Hauteur totale : 1 1 millim.
Diamètre maximum : 7'/, »
Hauteur de l'ouverture : 5 '/, »
Observations. — Chez le B. Narentana, la donnée éminem-
ment caractéristique porte sur le galbe plutôt cylindrique du
dernier tour très développé en hauteur et surmonté par une
spire très courte, très ramassée. On observe parfois quelque
chose d'analogue chez le B. codia, mais ici tous les tours de la
spire sont au complet, tous sont bien nets, bien distincts, tandis
qu'ils sont au contraire atrophiés chez le B. codia. D'autre part,
dans la nouvelle espèce, le péristome est toujours très épais,
bien plus renforcé que chez toutes les espèces que nous avons
étudiées jusqu'à présent, et, en outre, la disposition du dernier
tour est telle que si l'on ne distingue pas l'ombilic, du moins
son emplacement est bien mieux indiqué que chez les formes
précédentes. L'ensemble de ces caractères nous paraît bien suf-
fisant pour que nous ne puissions confondre le B. Narentana
avec ses autres congénères.
Nous distinguons chez cette espèce des var. major, niinor et
elongata, qui se définissent d'elles-mêmes, mais qui toutes con-
servent ce cachet particulier si caractéristique du type tel que
nous l'avons décrit.
Bythinia Gallœciana, Castro.
PI. V, tig. 10.
Historique. — Cette espèce, recueillie par INI. José da Silva
e Castro, a été envoyée par lui à Bourguignat. Nous n'en con-
naissons ni description ni figuration.
Description. — Coquille de taille assez petite, d'un galbe
ovoïde un peu étroitement allongé ; spire composée de 5 tours
faiblement convexes, les premiers à croissance progressive et
assez rapide, le dernier un peu plus grand, allongé, à profil peu
102 ARNOULD LOCARD.
arrondi, déclive à son extrémité ; suture médiocre, très peu obli-
que; sommet pointu; ombilic totalement recouvert; ouverture
très peu oblique, assez petite, ovalaire, plus étroite que haute,
avec son grand axe bien incliné, arrondie en bas, anguleuse en
haut ; péristome continu, un peu épaissi; test lisse, peu brillant,
orné de stries assez fortes, irrégulières, mais très effacées,
d'un corné jaune un peu roux. — Opercule logé à l'entrée de la
coquille, un peu mince, légèrement concave en dessus, orné de
stries concentriques assez régulières, fines et serrées, subopa-
ques, de teinte un peu plus grise que le test.
Dimensions. — Hauteur totale : 9 millim.
Diamètre maximum : 5 '/s ^^
Hauteur de l'ouverture : 4 7» *
Observations. — Nous ne pouvons comparer le B. Galice-
ciana qu'à la var. minor du B. tentaculata et du B. Tagina; son
galbe et la régularité de son mode d'accroissement le distingue-
ront toujours facilement de toutes les autres espèces que nous
venons de passer en revue. Comparé au B. tentaculata, on le
reconnaîtra : à son galbe plus conique, plus allongé, moins trapu ;
à sa spire plus acuminée ; à sou dernier tour moins gros, moins
ventru, proportionnellement moins développé; à ses tours moins
convexes ; à sa suture moins accusée ; à ses premiers tours pro-
portionnellement plus hauts et d'un moindre diamètre, etc. Rap-
proché du B. Tagina, de même taille, on le séparera à son
galbe plus effilé, plutôt aigu; à sa croissance moins régulière,
moins progressive; à son dernier tour proportionnellement plus
gros, plus développé; à son péristome et à son opercule plus
mince, etc.
Bythinia spliœrica, Bourguignat.
PI. VI, fig. 9.
Description. — Coquille de taille assez petite, d'un galbe
ovoïde-court, bien conique dans le haut, bien arrondi dans le
LES BYTHINIA DU SYSTÈME EUROPEEN. 103
bas; spire souvent tronquée, composée de 5 tours assez convexes,
les premiers à croissance progressive et assez rapide, le dernier
grand, bien arrondi-globuleux, déclive sur sa demi-longueur;
suture bien accusée, peu oblique ; ombilic totalement recou-
vert ; ouverture très peu oblique, petite, presque circulaire, à
peine anguleuse dans le haut; péristome continu, assez mince;
test lisse, un peu terne, orné de stries fines, irrégulières, très
effacées, d'un corné roux jaunacé. — Opercule logé à l'entrée
de la coquille, un peu mince, assez concave en dessus, orné de
stries concentriques assez régulières, un peu fines et serrées,
subopaque, d'une teinte plus grise que le test.
Dimensions. — Hauteur totale : 8 millim.
Diamètre maximum : ô'/^ »
Hauteur de l'ouverture : 3'/,, *
Observations. — Nous ne pouvons guère comparer cette
espèce qu'avec le B. Gallœciana, qui vit dans les mêmes eaux ;
on distinguera le B. sphœrica : à son galbe beaucoup plus court,
plus trapu et plus ventru ; à son dernier tour plus renflé et à
profil plus arrondi; à ses autres tours plus convexes; à son
ouverture plus petite et plus circulaire, etc. On peut encore le
rapprocher du B. gravida ; mais il est toujours de taille plus
petite, d'un galbe plus régulièrement ovoïde, avec un accroisse-
ment plus régulier et plus proportionnel dans son ensemble;
enfin son ouverture est plus petite et plus arrondie.
BytJiinia lïmmtidea, Servain.
PI. V, lig. «.
Description. — Coquille de petite taille, d'un galbe presque
régulièrement ovoïde, un peu court et ventru; spire un peu
réduite, bien conique, composée de 4 \/, tours assez convexes, à
croissance lente et progressive, le dernier grand formant à lui
104 AKNOULD LOCARD.
seul plus des deux tiers de la hauteur totale, à profil bieu
arroudi-convexe, s'atténuant et s'allongeant dans le bas, peu
déclive vers l'extrémité; suture accusée, peu oblique; sommet
assez aigu ; ombilic tout à fait recouvert ; ouverture bien obli-
que, grande, ovalaire, avec son grand axe incliné, arrondie-
rétrécie dans le bas, anguleuse dans le haut; péristome con-
tinu, droit, épaissi; test un peu brillant, lisse, orné de stries
longitudinales très fines, irrégulières, rapprochées, à demi efl:a-
cées, subtransparent, d'un corné jaune clair.
Dimensions. — Hauteur totale : 6 \', millim.
Diamètre maximum : 6
Hauteur de l'ouverture : 3 7,
Observations. — Cette petite Bythinie ressemble, au premier
abord, à un Limnœa tentaculafa de petite taille. Parmi les
espèces que nous avons examinées jusqu'à présent, elle n'a de
réelle analogie qu'avec le B. sphœrica; mais elle s'en distingue :
par sa taille plus petite ; par son galbe moins court, moins glo-
buleux; par son dernier tour plus étroitement allongé, s'atté-
nuant plus rapidement dans le bas; par ses tours moins con-
vexes ; enfin par son ouverture bien plus étroitement allongée
et plus anguleuse dans la partie supérieure.
Bythinia parvd, Locard.
PI. V, fig. 12.
Historique. — Dans notre Conchyliologie française, nous
avons donné une description sommaire de cette jolie petite
espèce ; nous croyons qu'il y a lieu de la compléter et de faire
ressortir les rapports et différences qu'elle présente avec ses
congénères.
Description. — Coquille de petite taille, d'un galbe court et
globuleux; spire peu haute, composée de 4'/, tours bien con-
LES BYTHINIA DU SYSTÈME EUROPÉEN. 105
vexes, un peu étages, à croissance régulière et progressive, le
dernier grand, presque exactement arrondi^ égal aux trois quarts
de la hauteur totale; suture bien accusée, un peu oblique au
dernier tour; sommet aigu; ombilic tout à fait recouvert; ouver-
ture très oblique avec son grand axe faiblement incliné, relati-
ment grande, à peine ovalaire, légèrement anguleuse dans le
haut, bien arrondie dans le bas; péristome continu, droit, assez
épaissi en dedans ; test solide, un peu épais, assez brillant, orné
de stries très fines, très atténuées, d'un corné jaune clair, par-
fois un peu grisâtre. — Opercule logé à l'entrée de la coquille,
mince, de même consistance, à peine concave en dessus, orné
de stries concentriques subégales, presque opaque, à peine plus
clair que le reste du test.
Dimensions. — Hauteur totale : 6V'„ à 8 millim.
Diamètre maximum : 4 à 5
Hauteur de l'ouverture : 3 7. à 4
Observations. Nous ne pouvons rapprocher le B. par va que
de la var. minor du B. tentaculata ; mais on le distingue : à son
galbe bien plus court, bien plus trapu, presque globuleux; à sa
spire constituée par des tours bien plus distincts, toujours plus
convexes, plus étages, séparés par une suture plus profonde; à
son dernier tour plus gros et à profil plus arrondi; à son
ouverture plus circulaire ; à son test proportionnellement plus
épais, etc.
Bi/thinia ïlysœca, Letourneux.
PI. VI, lig. 5.
Historique. — Cette espèce a été rapportée de Croatie et de
Dalmatie par le conseiller Letourneux ; nous n'en connaissons
ni description, ni figuration.
Description. — Coquille d'un galbe conoïde bien allongé ;
spire assez haute, bien conique, composée de 6 tours bien con-
106 ARNOULD LOCARD.
vexes, les trois premiers croissant lentement et progressive-
ment, ravant-dernier déjà notablement plus développé, haut et
croissant plus rapidement, le dernier très grand, à profil bien
arrondi, très allongé en hauteur, très déclive, à peine plus
grand que les deux tiers de la hauteur totale ; suture bien accu-
sée, d'abord presque di'oite, ensuite bien oblique; sommet aigu;
ombilic tout à fait recouvert; ouverture assez oblique, petite,
subarrondie, avec son grand axe faiblement incliné, arrondie
en bas, peu anguleuse eu haut; péristome continu, non réfléchi,
légèrement épaissi en dedans ; test lisse, un peu brillant, orné
de stries longitudinales très fines, très serrées, peu visibles,
subtransparent, d'un corné jaune verdàtre. — Opercule logé à
l'entrée de la coquille, mmce, à peine concave en dessus, orné
de stries concentriques très fines, presque régulières, opaque,
presque de même teinte que le test.
Dimensions. — Hauteur totale : 9 millim.
Diamètre maximum : 5
Hauteur de Touverture : 3
Observations. — Nous ne pouvons comparer le B. ihjsœca
quau B. decipiens. Mais il s'en distinguera : à son galbe plus
étroitement allongé et croissant bien plus irrégulièrement ; à
son avant-dernier toui- croissant plus rapidement, et partant
plus développé ; à son dernier tour plus haut, plus étroitement
effilé, à profil plus arrondi, notablement plus déclive à l'extré-
mité ; à sa suture plus irrégulière, plus oblique au dernier tour ;
à son ouverture proportionnellement plus petite et encore plus
arrondie, etc.
Outre le type, tel que nous venons de le décrire, nous signa-
lerons une var. minor qui ne mesure que 7 ' ^ millim. de hau-
teur, mais qui néanmoins conserve les mêmes caractères que le
t}-pe dans son mode d'enroulement des tours.
LES BYTHINIA DU SYSTÈME EUROPÉEN. 107
BijHiinia Zamorensis, Bourguignat.
PI. V. lig. 2.
Bescription. — Coquille de taille assez petite, d'un galbe
subovoïde très étroitement allongé; spire très haute, très effi-
lée, composée de 6 tours très convexes, croissant très rapide-
ment, les premiers petits, l'avant-dernier relativement grand
et bien convexe, le dernier bien arrondi, allongé surtout dans
le bas, très déclive, égal en hauteur à plus des deux tiers de la
hauteur totale; suture très accusée, très oblique; sommet très
aigu ; ombilic totalement recouvert ; ouverture relativement
petite, assez oblique, ovalaire, avec le grand axe assez incliné,
un peu rétrécie dans le bas, anguleuse dans le haut; péristome
continu assez fortement épaissi ; test solide, un peu épais, orné
de stries longitudinales peu marquées, à demi effacées, d'un
corné roux jaunacé.
Dimensions. — Hauteur totale : 8 millim.
Diamètre maximum : ^'/j *
Hauteur de l'ouverture : 3
Observations. — De toutes les espèces que nous avons jus-
qu'à présent passées en revue, le B. Zmnorensis représente la-
forme la plus étroite et la plus eltilée ; elle est à ce point de vue
parfaitement caractérisée. Nous ne pouvons la rapprocher que
du B. Letocliœ, qui vit également dans les mêmes eaux; mais
elle s'en distingue de suite : à sa taille encore plus petite ; à son
galbe plus efrilé, plus élancé ; à ses tours plus convexes ; à son
dernier tour à profil plus arrondi et en même temps plus effilé
dans le bas ; à sa suture plus profonde et plus oblique, etc.
108 ARNOULD LOCAKD.
Bythinia Carvalhoi, Castro.
PI. VI, fig. 10.
Historique. — Le B. Carvalhoi a été recueilli pour la pre-
mière lois par M. José Da Silva e Castro, dans les eaux du
Minlio; il l'a fait connaître à Bourguignat. Cette espèce n'est
pas encore décrite.
Description. — Coquille d'un galbe ovoïde assez allongé ;
spire toujours tronquée, probablement composée de 6 tours, les
deux derniers seuls subsistants, l'avant-dernier peu haut, peu
convexe, le dernier arrondi, mais assez allongé, bien déclive,
plus de quatre fois plus grand que l'avant-dernier ; suture assez
marquée ; sommet inconnu ; ombilic entièrement recouvert ;
ouverture peu oblique, relativement petite, assez étroitement
ovalaire, rétrécie dans le bas, anguleuse dans le haut; péris-
tome continu, bien épaissi, montrant même parfois trois ou qua-
tre bourrelets d'accroissement; test très solide, très épais, sou-
vent corrodé, opaque, presque lisse, non brillant, d'un brun
très sombre. Opercule logé à l'entrée de la coquille, épais, con-
cave en dessus, orné de stries concentriques très fines, peu visi-
bles, surtout au centre, plus accusées à la périphérie, de teinte
plus grise que le reste de la coquille.
Dimensions. — Hauteur des deux derniers tours : 8 à 9 mm.
Diamètre maximum : 6 à 7 »
Hauteur de l'ouverture : 4 à 4 ' ', »
Ohservatioyis. — D'après les dimensions que nous venons de
donner, on peut conclure que le B. Carvalhoi est normalement
une coquille de grande taille; mais il est assez remarquable de
constater que les huit échantillons que nous avons sous les
yeux sont tous tronqués de manière à ce qu'il ne subsiste plus
<iue les deux derniers tours. En outre, en voyant la manière
LES BYTHINIA DU SYSTÈME EUROPEEN. 109
dont le test est corrodé par places, à la façon de certains Unios,
et à la manière anormale dont se développe parfois l'ouverture,
on doit en conclure que les animaux qui les habitent ont dû
vivre dans un milieu qui était loin de leur être favorable.
Nous rapprocherons le B. Garvalhoi du B, decipiem, qui
en est la forme la plus voisine. Mais on le distinguera facile-
ment : à son galbe plus effilé ; à son dernier tour plus arrondi
et plus allongé ; à sa spire tronquée ; à ses tours moins convexes ;
à sa suture moins profonde ; à son test particulièrement solide
et épais ; à son ouverture moins arrondie, etc.
Bijthinia Lusitanica, Castro.
PI. VI, fig. 1.
Historique. — Cette espèce, comme la précédente, a été
découverte en Portugal par M. José da Silva e Castro. Elle est
encore inédite.
Bescriptïon. — Coquille d'un galbe presque régulièrement
ovoïde, un peu allongé; spire assez haute, composée de six
tours très peu convexes, les premiers à croissance un peu lente
et régulière, l'avant-dernier assez haut, le dernier allongé, lar-
gement convexe dans le milieu, atténué dans le bas, égal à près
des trois quarts de la hauteur totale, bien déclive à son extré-
mité; suture assez accusée, mais peu profonde, peu oblique;
sommet aigu, souvent corrodé; ombilic tout à fait recouvert;
ouverture peu oblique, un peu étroitement ovalaire avec son
grand axe bien incliné, assez anguleuse dans le haut, un peu
arrondie dans le bas; péristome continu, parfois un peu détaché,
épaissi, laissant voir en dehors jusqu'à trois ou quatre bourre-
lets d'accroissement; test solide, épais, encroûté, parfois même
corrodé, non brillant, finement striolé, passant du corné brun au
noirâtre. — Opercule logé à l'entrée de la coquille, légèrement
concave en dessus, orné de stries concentriques très fines^ de
même teinte que la coquille.
110
ARNOULD LOCARD.
Dimensions. -
— Hauteur totale :
10 millini
Diamètre maximum :
6 »
Hauteur de l'ouverture :
4 *
Observations. — Cette espèce, dont l'aspect a, au premier
abord, quelque analogie avec la précédente, s'en distingue aisé-
ment, même lorsque le test a un faciès semblable comme colo-
ration et usure : à son galbe plus ovoïde-allongé ; à ses tours
bien moins convexes, à son dernier tour moins gros, moins ven-
tru ; à sa suture moins profonde ; à son ouverture plus étroite-
ment ovalaire, plus largement arrondie dans le bas.
Sous le nom de var. elongafa, nous trouvons dans la collec-
tion Bourguignat, des échantillons provenant de la même sta-
tion, mais alors d'un galbe beaucoup plus étroitement allongé,
atteignant jusqu'à 12 millim. de hauteur, tout en conservant les
mêmes caractères que le type. Cette variété, tout comme le
type, a son test parfois fortement et profondément corrodé, et
le sommet, du moins les deux ou trois premiers tours, fait sou-
vent défaut.
Bythinia Stramicensis, Locard.
PI. V, fig. 16.
Historique. — Dans notre Conchyliologie française, nous
avons donné une description sommaire de cette espèce, sur
laquelle il convient de revenir.
Description. — Coquille de taille assez grande, d'un galbe
ovoïde-lancéolé, bien allongé; spire haute, bien acuminée, com-
posée de six tours à peine convexes, non étages, les premiers à
croissance régulière, progressive, le dernier très grand, étroite-
ment ovalaire, fortement déclive à l'extrémité, à profil large-
ment convexe, égale aux deux tiers de la hauteur totale ;
suture peu profonde, assez oblique, sommet pointu; ombilic tota-
lement recouvert; ouverture très oblique, petite, arrondie, fai-
LES BYTHINIA DU SYSTÈME EUROPEEN. 111
blement anguleuse dans le haut, bien arrondie dans le bas, avec
son grand axe presque droit; péristome continu, bien épaissi en
dedans, droit, très légèrement réfléchi dans le bas; test solide,
épais, peu brillant, orné de stries très fines, très atténuées,
assez espacées, d'un corné gris clair un peu jaunacé. — Oper-
cule logé à l'entrée de la coquille, assez épais, à peine concave
en dessus, orné de stries concentriques subégales assez effacées,
d'un corné gris presque opaque.
Dimensions. — Hauteur totale : 10 à 11 millim.
Diamètre maximum : 4\/, àô'/,
Hauteur de l'ouverture : 3 '/, à 4
Observations. — Avec son galbe allongé, sa spire haute et
acuminée, le B. Stramicensis appartient bien incontestablement
au groupe des B. Sebethina et Matntensis ; mais étant donné le
peu de convexité de ses tours supérieurs^ il semblerait au pre-
mier abord devoir rentrer dans le groupe du B. tentaculata. On
le distinguera du B. tentaculata, var. elongata : à sa spire encore
plus haute et plus allongée ; à son dernier tour plus étroitement
ovalaire et plus haut; à son ouverture plus petite et plus arron-
die. Chez aucune des variétés du B. tentaculata, on ne trouve
une telle proportion entre la hauteur du dernier tour et le reste
de la spire.
Rapproché des B. Sehethina et Matritensis, il s'en séparera :
par son galbe plus régulièrement ovoïde; par ses tours bien
moins convexes, non étages; par sa suture bien moins accusée;
par son dernier tour plus largement convexe ; par son ouverture
plus arrondie, etc.
BytJiinia potamœca, Bourguignat.
PI. V, fig. 22.
Historique. — Le type du B.potamœca a été obervé en 1881
par Bourguignat, et provenait des gorges d'OUioules dans le
112 ARNOULD LOCARD.
Var; depuis on a retrouvé cette même forme dans plusieurs
autres stations du midi; nous en avons donné une description
sommaire dans notre Conchyliologie française.
Description. — Coquille de taille assez petite; d'un galbe
ovoïde-allongé; 5 tours, les premiers assez convexes, à crois-
sance progressive, le dernier un peu gros, allongé dans le bas,
arrondi dans le milieu, lentement déclive, égal en hauteur aux
deux tiers et demi de la hauteur totale ; sommet bien acuminé ;
suture assez accusée ; ombilic entièrement recouvert ; ouverture
oblique, subovalaire, subanguleuse dans le haut, arrondie dans
le bas; péristome peu épais, droit, non interrompu; test assez
solide, subopaque, orné de stries très fines, effacées, d'un corné
verdâtre sombre. — Opercule logé à l'entrée de la coquille, de
même consistance que le test, orné de stries concentriques assez
fortes, presque de même teinte que le test.
Dimensions. — Hauteur totale : 7 à 9 millim .
Diamètre maximum : 4:'l,/si6'l^
Hauteur de l'ouverture : S'/* à S'/,
Observations. — Le B. potamœca occupe dans ce groupe la
même place que le B. allopoma dans le groupe précédent ; on le
distinguera de cette dernière espèce : à son galbe moins réguliè-
rement ovoïde; à sa spire plus effilée, plus haute; à son dernier
tour moins élevé et plus étroitement arrondi ; à son mode d'ac-
croissement plus régulier; à sa suture plus accusée; à son ouver-
ture presque proportionnellement plus grande, etc.
En dehors du type, nous signalerons des var. major, minor,
elongata, ventricosa, luteola, etc., qui se définissent d'elles-
mêmes.
BijtMnia graciUs, Locard.
PI. VI, fig. i;{.
Historique. — Nous avons observé cette petite espèce dans
la collection Bourguignat, où elle figurait sans dénomination.
LES BYTHINIA DU SYSTEME EUROPÉEN. 113
Description. — Coquille de très petite taille, d'un galbe
ovoïde un peu allongé; spire médiocre, composée de 5 tours,
les premiers petits à croissance un peu lente, l'avant-dernier
haut et assez convexe, le dernier notablement plus grand, à
profil largement arrondi, faiblement atténué dans le bas, égal
aux trois quarts de la hauteur totale; sommet un peu pointu;
suture bien accusée, surtout au dernier tour; ombilic entière-
ment recouvert, indiqué par la dépression du dernier tour ;
ouverture à peine oblique, largement ovalaire, à peine rétrécie
dans le haut, avec son grand axe assez oblique; péristome con-
tinu, très légèrement épaissi, non évasé; test assez solide, terne,
encroûté, subopaque, orné de stries très atténuées, d'un corné
roux sombre. — Opercule affleurant le péristome, légèrement
concave, orné de stries concentriques, fines, presque de même
teinte que le reste du test.
Dimensions. — Hauteur totale : 4 milllim.
Diamètre maximum : 27^ »
Hauteur de l'ouverture : 2 »
Observations. — Le B. gracilis a un peu le faciès d'un
Bythinella; cependant l'examen de son opercule nous permet de
constater qu'il s'agit bien là d'une véritable Bythinie. Nous le
rapprocherons d'une var. minm- du B. allopoma, et nous le dis-
tinguerons, outre la question de taille: à son galbe plus pupoïde ;
à sa spire un peu moins haute ; à ses premiers tours moins déve-
loppés; à son avant-dernier tour plus haut; à son dernier tour
plus ventru, plus gros; à son ouverture proportionnellement
plus grande et plus arrondie; à son test plus épais et plus
encroûté, etc.
Bythinia Blancï, Bourguignat.
PI. V, fig. 24.
Historique. — Bourguignat a reru cette espèce de M. E.
Blanc sous le nom de B. labiata, Blanc, nova species ; mais
Rev. Suisse de Zool., T. IL 1894. 8
114 ARNOULD LOCARU.
pareille dénomination ayant déjà été employée par Bielz, Jan
et Parreys, il convient de la faire rentrer en synonymie.
Descrijition. — Coquille de taille assez petite, d'un galbe
ovoïde, court et ventru ; spire composée de 5 ' \ tours très con-
vexes, bien étages, à croissance très rapide, l'avant-dernier
gros et haut, le dernier très arrondi, trapu et ventru, déclive à
l'extrémité, égal à près des trois quarts de la hauteur totale;
suture très accusée, profonde, oblique surtout au dernier tour;
sommet un peu aigu; ombilic presque complètement masqué;
ouverture un peu oblique, relativement grande, arrondie, avec
son grand axe légèrement incliné, faiblement anguleuse dans le
haut, bien arrondie dans le bas; péristome continu, peu épais,
légèrement évasé, surtout chez les sujets bien adultes; test
mince, solide, peu brillant, orné de stries très fines, atténuées,
d'un corné roux jaunacé, passant parfois au verdâtre. — Oper-
cule logé à l'entrée de la coquille, mince, orné de stries concen-
triques très fines, subopaque, d'une teinte un peu grisâtre.
Dimensions. — Hauteur totale : 7 à 8 millim.
Diamètre maximum : 5 V , à 6
Hauteur de l'ouverture : 4
Observations. — Le B. Blancï représente la forme la plus
courte et la plus trapue de tout ce groupe ; on ne peut la rap-
procher que du B. Boissieri; mais on le distinguera : à soa
galbe d'un ovoïde bien plus court et bien plus ventru ; à sa spire
moins haute ; à son dernier tour bien plus gros et plus arrondi ;
à son ouverture plus grande ; à ses tours plus convexes ; à sa
suture plus profonde, etc. En somme, le B. Blanci joue dans
son groupe le même rôle que le B. gravïda dans le groupe du
B. tentaculata.
Bythinia Bayomiensis, Locard.
PI. VI. li-. 18.
Historique. — Nous avons retrouvé cette jolie petite forme
dans la collection Bourguignat, sans dénomination.
LES BYTHINIA DU SYSTÈME EUROPEEN. 115
Description. — Coquille de très petite taille, d'un galbe
ovoïde un peu allongé, un peu acuminé; spire assez haute, com-
posée de 5 tours, les premiers convexes, à croissance un peu
lente, l'avant-dernier plus grand et assez arrondi, le dernier
grand, d'abord méplan dans le haut au voisinage de la suture,
presque plan dans son profil externe, puis arrondi et lentement
atténué dans le bas, égal aux deux tiers de la hauteur totale;
suture accusée surtout au dernier tour, peu oblique ; sommet
pointu; ombilic réduit à Tétat de fente en partie recouverte,
mais néanmoins distincte; ouverture très peu oblique^ ovalaire,
faiblement rétrécie-subanguleuse dans le haut, arrondie dans le
bas; avec son grand axe assez oblique; péristome continu, légè-
rement épaissi, un peu évasé dans le bas; test assez solide,
subopaque, terne, un peu encroûté, orné de stries très fines,
très atténuées, d'un corné verdàtre. — Opercule assez enfoncé
dans l'intérieur de l'ouverture, orné de stries concentriques peu
fortes, presque de même teinte que le reste du test.
Dimensions. — Hauteur totale : 4 7^ miilim.
Diamètre maximum : 2 7^
Hauteur de l'ouverture : 1 7^ »
Observations. — Parmi les formes françaises, il en est bien
peu qui se rapprochent du B. Bayonnensis ; comparée au
B. Bourguignati qui vit aussi dans le midi, notre espèce s'en dis-
tinguera de suite : à son galbe bien plus allongé ; à sa spire
plus haute, plus acuminée; à son dernier tour bien moins ventru
et d'un tout autre profil ; à son ombilic, etc. On peut encore le
rapprocher d'une var. minor du i?. allopoma dont le galbe géné-
ral a, au premier abord, quelque analogie avec le sien; mais on
le distinguera : à son dernier tour moins ovoïde, moins allongé ;
à sa suture si accusée au dernier tour par une partie méplane
qui l'accompagne; par son ombilic plus ouvert ; par son oper-
cule plus enfoncé dans l'intérieur de l'ouverture, etc.
116 ARNOULD LOCARD.
Bytliinia elegans, Locard.
PI. VI, fig. 11.
Historique. — Cette espèce figurait dans la collection Bour-
guignat sans dénomination.
Description. — Coquille de petite taille, d'un galbe conoïde
un peu court ; spire assez haute, composée de 5 tours à profil
très convexe, à croissance rapide et progressive, le dernier
d'abord méplan vers la suture, puis presque droit sur une
petite partie du bord externe, ensuite arrondi et assez rapide-
ment atténué dans le bas, égal à un peu moins des trois quarts
de la hauteur totale; suture très profonde, très accusée par le
profil des tours, peu oblique ; sommet pointu; ombilic assez
ouvert, quoique en partie masqué ; ouverture oblique, très lar-
gement ovalaire; péristome continu, légèrement épaissi à l'in-
térieur, un peu' évasé dans le bas et au bord columellaire ; test
solide, un peu épais, brillant, orné de stries conceutiiques très
atténuées, d'un corné roux.
Dimensions. — Hauteur totale : 4 7, millim.
Diamètre maximum : 3 V, »
Hauteur de l'ouverture : 2 *
Observations. — Cette espèce est une de celles dont les
tours sont le mieux découpés, dont le profil est le mieux carac-
térisé; elle peut être rapprochée du B. Bayonnensis dont le der-
nier tour présente ce profil un peu carré ; mais on la distin-
guera : à son galbe plus trapu, plus large; à ses tours supérieurs
encore plus découpés, plus nettement profilés; à sa suture plus
profonde et plus accusée à tous les tours ; à son ouverture plus
grande et plus circulaire ; à son ombilic plus ouvert, etc. On
peut encore la rapprocher du B. Celtica, mais cette dernière
forme est bien plus trapue, avec un dernier tour plus gros et
LES BYTHINIA DU SYSTEME EUROPEEN. 117
surtout plus large, surmonté d'une spire plus petite, plus acu-
minée, etc.
Bytlnnia pJiœacina, Letourneux.
PI. V, fig. 19.
Historique. — Cette espèce a été rapportée en 1879 de l'île
de Corfou par le conseiller Letourneux, et est encore inédite.
Description. — Coquille de petite taille, d'un galbe ovoïde
très raccourci, très trapu ; spire courte, composée de 4V, tours,
les premiers à croissance très lente, à profil bien arrondi-con-
vexe, un peu étages, le dernier très grand, très ventru, étroi-
tement arrondi dans le haut, un peu allongé dans le bas, égal
aux quatre cinquièmes de la hauteur totale ; suture bien mar-
quée; sommet peu pointu; ombilic petit, un peu oblique, mais
néanmoins bien visible; ouverture relativement grande, très
peu oblique, ovalaire, avec son grand axe légèrement incliné,
faiblement anguleuse dans le haut, assez largement arrondie
dans le bas; péristome continu, un peu épaissi en dedans; test
solide, épais, subopaque, non brillant, orné de stries effacées,
d'un corné marron un peu verdâtre. — Opercule assez épais,
n'affleurant pas tout à fait le péristome, peu concave, orné de
stries concentriques assez fortes, surtout à la périphérie, pres-
que de même teinte que le test.
Dimensions. — Hauteur totale : 5 millim.
Diamètre maximum : 4
Hauteur de l'ouverture : 2'/, ''
Observations. — Le B. phœacina est surtout caractérisé par
sa petite taille, courte et trapue. Comparé au B. Celtica de
même taille, on le distinguera: à son ensemble plus court, plus
ramassé; à sa spire moins haute, comme rabaissée; à son der-
nier tour plus large, plus étroitement arrondi ; à son profil plus
118 ARNOULl) LOCARD.
convexe; à ses tours moins étages, moins hauts; à son ouver-
ture plus petite, etc. Ces mêmes caractères le sépareront encore
du B. Balatonka. Parmi les nombreux échantillons que ren-
ferme la collection Bourguignat, nous distinguons des var.
minor, curfa, elongata, etc., qui se définissent d'elles-mêmes,
Bytliinia Stossichiana, Letourneux.
PI. V, %. 7.
Historique. — Comme la précédente espèce, le B. Stossi-
chiana a été rapporté de Corfou par le conseiller Letourneux.
Description. — Coquille de petite taille, d'un galbe subsphé-
rique, très globuleux ; spire très courte, composée de 4 tours
bien étages, les premiers très petits, le troisième bien convexe,
rapidement développé en largeur, mais peu haut, le dernier
presque sphérique, comme aplati dans le haut, ensuite très
étroitement arrondi et à peine atténué dans le bas, égal à
plus des tiois quarts et demi de la hauteur totale; sommet
obtus ; suture bien marquée ; ombilic réduit à une fente, mais
bien accusé par la convexité du dernier tour; ouverture obli-
que, assez grande, presque régulièrement ovalaire, avec son
grand axe oblique, à peu près aussi rétrécie en haut qu'en bas;
péristome continu, faiblement épaissi, un peu évasé dans le bas
et vers le bord columellaire ; test solide, subopaque, non bril-
lant, orné de sti'ies très effacées, très fines, d'un brun roux un
peu ferrugineux.
Dimensions. — Hauteur totale : 4 millim.
Diamètre maximum : à'j, »
Hauteur de l'ouverture : 2 7, »
Observations. — Puisqu'il existe un groupe pour les formes
à spire très courte, c'est dans ce groupe qu'il conviendrait, à la
rigueur, de classer le B. Stossichiana ; cependant, en vertu des
affinités que cette espèce présente, et comme allure générale et
LES BYTHINIA DU SYSTÈME EUROPEEN. 119
comme habitat, avec le B. phœacina, nous n'avons pu nous
résoudre à séparer ces deux espèces. D'après ce qui précède, on
voit que le B. Stossichiana se distinguera du B. phœacina : par
son galbe encore plus court, plus ventru, plus globuleux, puis-
que son diamètre est presque égal à sa hauteur ; par sa spire plus
courte et plus surbaissée; par son dernier tour encore phis glo-
buleux; par son sommet plus obtus ; par son ouverture, etc.
Bythinia Grœca, Locard.
PI. VI, lii-% lo.
Description. — Coquille de petite taille, d'un galbe ovoïde court
et ventru; spire courte, composée de 5 tours bien convexes, un
peu méplans en dessus, assez étages, à croissance d'abord un
peu lente, devenant plus rapide au dernier tour, celui-ci gros,
ventru, arrondi, un peu atténué dans le bas, déclive à l'extré-
mité, égal aux quatre cinquièmes de la hauteur totale ; suture
peu profonde, oblique au dernier tour; sommet un peu obtus,
ombilic très petit, en partie masqué ; ouverture relativement
grande, presque droite, régulièrement ovalaire, avec son grand
axe légèrement incliné ; péristome mince, droit, continu, légère-
ment patulescent dans le bas ; test mince, peu brillant, orné de
stries très fines, peu visibles, d'un corné roux verdâtre. — Oper-
cule légèrement enfoncé dans l'ouverture, assez épais, orné de
stries concentriques fortes, d'un corné gris verdâtre.
Dimensions. — Hauteur totale : 5 7^ millim.
Diamètre maximum : 4 »
Hauteur de l'ouverture : 2 7„
Observations. — Le B. Grœca ne peut être i-approché
que des B. Orsinii et phœacina. On le distinguera du B. Orsinii ;
à sa taille plus petite; à sa spire moins haute; à ses tours bien
moins convexes et bien moins étages ; à son dernier tour pro-
120 ARNOULD LOCARD.
portionnellement plus développé ; à sa suture bien moins accu-
sée : à son ouverture proportionnellement plus grande et moins
obli(iue, etc. — Comparé au B. phœacina, qui est l'espèce la
plus voisine, on le reconnaîtra : à son galbe un peu plus ovoïde,
moins trapu ; à sa spire aussi courte surmontant un dernier
tour plus haut, plus lentement atténué dans le bas. à profil
moins étroitement convexe; à ses tours mieux étages, mieux dis-
tincts, avec un profil plus aplati dans le dessus ; à son dernier
tour moins ventru ; à son ouverture plus grande et plus
droite, etc.
Bythinia HeliopoUtana, Bourguignat.
PI. Y, (iij. 14.
Description. — Coquille de taille assez forte, d'un galbe
conoïde assez allongé; spire haute, un peu acuminée, composée
de 5 tours très convexes, étages, à croissance rapide et pro-
gressive, le dernier allongé dans son ensemble, d'abord un peu
méplan dans le haut, ensuite bien arrondi puis atténué dans le
bas, fortement déclive à l'extrémité, égal à près des trois quarts
de la hauteur totale ; suture très oblique au dernier tour ; som-
met pointu; ombilic assez ouvert, bien accusé par la convexité
du tour ; ouverture très oblique, un peu ovalaire, avec le grand
axe légèrement incliné, un peu plus rétrécie en haut qu'en bas ;
péristome continu, détaché, épaissi à l'intérieur, évasé dans le
bas et au bord columellaire ; test solide, un peu épais, peu bril-
lant, orné de stries effacées extrêmement fines, d'un corné
jaune un peu verdâtre. — Opercule n'affleurant pas le péri-
stome, un peu épais, à peine concave, orné de stries concentriques
fines et nombreuses, presque de même teinte que le test.
Dimensions. — Hauteur totale : 8 millim.
Diamètre maximum : 5 7-, *
Hauteur de l'ouverture : 4
LES BYTIIINIA DU SYSTÈME EUROPEEN, 121
Observations. — Par son galbe, par l'allure de son ombilic,
cette forme nouvelle appartient au groupe du B. Leaclii. On la
distinguera du type anglais : à sa taille un peu plus petite ; à sa
spire moins haute, surmontant un dernier tour bien plus haut et
plus allongé, ce qui change complètement le galbe de la coquille ;
à son ouverture plus petite, plus ovalaire et plus oblique ; à son
avant-dernier tour notablement plus petit et moins convexe.
On peut également le rapprocher du B. Sadcyl, qui, comme
lui, vit en Syrie ; on le reconnaîtra toujours : à sa taille plus
forte ; à son ombilic plus grand, surtout plus accusé par la con-
vexité du dernier tour ; à son dernier tour plus étroitement
arrondi dans le haut, un peu moins allongé dans le bas; à son
opercule plus enfoncé dans l'intérieur de l'ouverture, etc.
Bythinia Damascl. Bourguignat.
PI. VI, lig. 21.
Description. — Coquille assez petite, d'un galbe presque
régulièrement ovoïde; spire extrêmement courte, très obtuse,
composée de 4 ' , tours, les premiers assez convexes, à crois-
sance très lente, le dernier très développé en hauteur, comme
cylindroïde, à profil arrondi-convexe dans le haut, lentement
atténué dans le bas, sensiblement égal aux cinq sixièmes de la
hauteur totale ; sommet subobtus ; suture peu profonde, presque
horizontale, déclive à l'extrémité du dernier tour, ombilic réduit
à une fente à peine sensible, accusé plutôt par la dépression du
dernier tour ; ouverture grande, peu oblique, ovalaire, un peu
plus rétrécie en haut qu'en bas; péristome continu, assez épais,
faiblement évasé dans le bas; test solide, subopaque, terne,
orné de stries très effacées, un peu mallôé, d'un corné roux jau-
nacé. — Opercule n'affleurant pas le péristome, à peine con-
cave en dessus, assez épais, orné de stries concentriques nom-
breuses et très fines, sensiblement de même teinte que le test.
122 AKXOULD LOCARD.
Dimensions. — Hauteur totale : 6 millim.
Diamètre maximum : 4
Hauteur de l'ouverture : 3
Observations. — De toutes les Bythinies connues, il n'en est
aucune qui présente un galbe aussi nettement caractérisé, avec
une spire aussi petite, surmontant un dernier tour aussi gros et
aussi allongé. Le B. StossicMana a bien aussi une spire extra-
courte, mais elle surmonte un dernier tour subglobuleux et non
subcylindroïde. Ces deux formes sont donc absolument distinctes.
Nous comparerons le B. Damasci au B. Saulcyi, qui vit égale-
ment en Syrie, mais nous le distinguons : à son galbe plus régu-
lièrement ovoïde; à sa spire beaucoup plus courte; à son dernier
tour plus allongé; à son ouverture sensiblement plus grande; à
son ombilic moins ouvert, etc.
Btjthinia siiccinea, Locard.
PI. VI, H. 7.
Historique. — Nous avons retrouvé dans la collection Bour-
guignat deux tubes renfermant des Bythinia de Beyrouth, mais
non dénommées; leur faciès et leur coloration rappellent jus-
qu'à un certain point celui du Siiccinea ohlonga.
Description. — Coquille de petite taille, d'un galbe conoïde-
allongé; spire haute, acuminée, composée de 5 tours très con-
vexes, mais non étages, à croissance très rapide, le dernier
grand, allongé, arrondi-convexe dans la partie médiane, lente-
ment atténué dans le bas, égal à plus des deux tiers de la hau-
teur totale ; suture très profondément accusée ; sommet acu-
miné, pointu ; ombilic en partie masqué, réduit à une fente très
peu sensible; ouverture peu oblique, assez grande, ovalaire-
l)iriforme, rétrécie-subanguleuse dans le haut, bien arrondie
dans le bas, avec son grand axe faiblement incliné ; péristome
continu, épaissi en dedans, évasé sur presque toute son étendue;
LES BYTHINIA DU SYSTÈME EUROPEEN. 123
test solide, un peu épais, subopaque, orné de stries très fines»
d'un jaune succiné. — Opercule assez fortement enfoncé dans
l'intérieur de l'ouverture, un peu concave, orné de stries con-
centriques, d'une teinte un peu plus grise que le test.
Dimensions. — Hauteur totale : 6 millim.
Diamètre maximum : S'/, ''
Hauteur de l'ouverture : 27., =•>
^ Observations. — Le B. sucdnea est comme une très mi-
gnonne réduction du B. Sehethina ; cependant on ne saurait le
confondre avec cette espèce, étant donnés : sa taille beaucoup
plus petite; son galbe plus conique; ses tours à croissance moins
progressive, son dernier tour étant proportionnellement beau-
coup moins gros; son ouverture plus grande et plus ovalaire;
son péristome plus évasé ; son opercule bien plus enfoncé dans
l'ouverture, etc.
En dehors du type tel que nous venons de le décrire, nous
signalerons une var. mimr, qui ne dépasse pas 5 millimètres de
hauteur, et une var. mrta d'un galbe un peu plus ramassé et
trapu.
Bythinia clœca, Bourguignat.
P!. VI, lig. 16.
Description. — Coquille de très petite taille, presque exacte-
ment sphérique ; spire très courte, composée de 4 tours con-
vexes, les trois premiers petits et à croissance lente, le dernier
très globuleux-arrondi, non atténué dans le bas, à peine déclive,
égal aux quatre cinquièmes de la hauteur totale; suture accusée,
presque horizontale; sommet très obtus; ombilic en fente
assez large, bien accusé par la convexité des tours; ouverture
relativement grande, peu oblique, ovalaire, avec le grand axe
peu incliné, assez rétrécie dans le haut, un peu étroitement
arrondie dans le bas; péristome continu, épaissi en dedans, un
124 AUNOILD LOCARD.
peu réfléchi dans le bas et au bord columellaire ; test solide,
subopaque, terne, orné de stries presque effacées, d'un corné
rougeâtre. — Opercule n'affleurant pas le péristome, un peu
concave, assez épais, orné de stries concentriques accusées, sur-
tout à la périphérie, presque de même teinte que le test.
Dimensions. — Hauteur totale : 3 millini.
Diamètre maximum : 3
Hauteur de l'ouverture ; 2'',, »
Observations. — Cette curieuse Bythinie, avec son galbe
sphérique, ne peut être comparée qu'avec le B. Stossichiana.
Ou la distinguera: à sa taille plus petite; à sa spire encore
un peu plus haute ; à son dernier tour plus régulièrement
arrondi, plus gh)buleux, moins atténué dans le bas, moins étroi-
tement renflé dans le haut au-dessus de l'ouverture; à son
ombilic encore plus large, plus accusé; à ses tours supérieurs
bien moins convexes et bien moins étages; à sa suture encore
moins profonde ; à son ouverture paraissant proportionnelle-
ment plus grande en hauteur et un peu plus étroitement ova-
laire, etc.
Bytliinia Schveinfurtki, Letourneux.
PI. V. fig. II.
Historique. — Le B. ScJuveinfurtki a été rapporté d'Egypte
en 1879 par le conseiller Letourneux; cette espèce est encore
inédite.
Description. — Coquille d'une taille assez grande, d'un galbe
ovoïde très allongé, acuminé ; spire très haute, très élancée,
composée de 6 tours à croissance progressive, rapide dans le
sens de la hauteur, assez étages, à profil convexe surtout dans
le haut, le dernier bien allongé, bien arrondi en haut, lentement
et progressivement atténué dans le bas, égal à près des trois
quarts de la hauteur totale; sommet pointu; suture bien accusée
LES BYTHINIA DU SYSTEME EUROPEEN. 125
par le profil des tours; ombilic en fente très sensible, encore plus
accentué par la forte convexité du dernier tour ; ouverture très
peu oblique, assez étroitement ovalaire, avec son grand axe
bien incliné, un peu anguleuse dans le haut, étroitement arron-
die dans le bas: péristome continu, é[)aissi en dedans, faible-
ment évasé dans le bas; test solide, un peu épais, subopaque,
légèrement brillant, orné de stries très effacées, d'un corné
clair. — Opercule n'affleurant pas le péristome.
Dimensions. — Hauteur totale : 10 milllim.
Diamètre maximum : 5'/,
Hauteur de l'ouverture : 4
Observations. — Nous ne pouvons comparer cette espèce qu'au
B. Goryi du Nil ; on la distinguera: à sa taille plus forte; à son
galbe notablement plus allongé; à sa spire bien plus haute et
plus acuminée; à ses tours au profil plus arrondi dans le haut;
à son dernier tour bien plus étroitement allongé, bien plus déve-
loppé dans le bas, à profil moins étroitement convexe; à son
ouverture plus étroitement ovalaire, plus rétrécie en haut et en
bas, etc.
BytMnia Alexanclrina, Bourguignat.
PI. VI, %. 2S.
Description. — Coquille de taille assez petite, d'un galbe
conoïde élancé; spire composée de 5 tours très convexes, à
croissance rapide en hauteur, mais non en diamètre, le der-
nier un peu étroit, haut, bien arrondi-convexe vers le milieu,
atténué en haut et en bas, déclive à l'extrémité, égal à un peu
plus de la moitié de la hauteur totale; suture très accusée, hori-
zontale; sommet pointu, acuminé; ombilic entièrement masqué,
mais signalé par la convexité du dernier tour; ouverture petite,
très oblique, bien régulièrement arrondie, à peine un peu sub-
anguleuse dans le haut ; péristome continu, droit, épaissi en
126 ARNOUr-I) LOCARD.
dedans, non réfléchi; test solide, un peu brillant, orné de stries
très tines, un peu irréi-ulières, très effacées, d'un corné roux.
Dimensions. — Hauteur totale : 6 \', millim.
Diamètre maximum : 4 »
Hauteur de l'ouverture.: 2' ',
Observations. — Le Bythinia Alexandriana appartient au
groupe du B. Troscheli, par son galbe allongé et par son ombi-
lic masqué ; mais il n'a d'analogie qu'avec le B. Boissieri ; com-
paré à cette dernière espèce, on le distinguera : à. son galbe
plus étroitement et plus régulièrement conique; à sa spire plus
finement acuminée ; à son dernier tour beaucoup moins ventru ;
à l'ensemble de ses tours moins étages quoique aussi convexes ;
à son ouverture plus petite et plus arrondie, etc.
Malgré les données caractéristiques fournies par l'ombilic,
nous rapprocherons encore le B. Alexandrina du B. Goryi, qui
vit également en Egypte, et dont la taille est sensiblement la
même ; on le reconnaîtra : à sa spire plus effilée, plus haute,
plus acuminée ; à ses tours croissant plus rapidement en hau-
teur ; à son dernier tour plus haut et plus étroit, moins étroite-
ment arrondi-convexe; à son ouverture bien plus petite, etc.
Bythinia Lliotlielleriei, Bourguignat.
PI. VI, iig. c.
Description. — Coquille de petite taille, d'un galbe ovoïde
assez élancé; spire composée de 4 '/„ tours convexes, les pre-
miers petits, à croissance assez rapide, l'avant-dernier gros et
haut, le dernier très grand, allongé, à profil bien arrondi-con-
vexe, assez lentement atténué dans le bas, déclive à l'extrémité,
égal à environ les deux tiers de la hauteur totale ; suture assez
marquée, un peu oblique ; sommet pointu ; ombilic en partie
masqué, constitué par une légère fente accompagnée d'une faible
LES BYTIIINIA DU SYSTÈME EUROPEEN. 127
dépression du dernier tour; ouverture petite, assez oblique,
subarrondie, très faiblement anguleuse dans le haut; péristome
continu, légèrement épaissi en dedans, un peu évasé dans le
bas ; test assez épais, subopaque, peu brillant, orné de stries
très fines, effacées, d'un corné roux verdâtre. — Opercule assez
mince, n'affleurant pas exactement le péristome, orné de stries
concentriques assez fortes, irrégulièrement espacées.
Dimensions. — Hauteur totale : 4 7,, millim.
Diamètre maxinmm : 3 '/,
Hauteur de l'ouverture : 2
Observations. — Nous ne pouvons comparei' cette petite
espèce, dédiée par M. Bourguignat à j\[. Juba de Lliotliellerie,
qu'au B. Goryi var. mhwr ; on la distinguera : à son galbe plus
étroitement allongé ; à ses tours moins convexes ; à son avant-
dernier tour plus gros, plus développé en hauteur ; à son der-
nier tour un peu plus étroitement allongé ; à sa suture encore
moins accusée; à sa région ombilicale moins marquée, etc.
Bythinia Calvertiana, Bourguignat.
PI. VI, fig. 3.
Description. — Coquille de taille assez forte, d'un galbe subco-
noïde, un peu court et ventru ; spire un peu acuminée, composée
de 47. tours un peu convexes, les premiers croissant lentement
en diamètre, mais assez rapidement en hauteur, le dernier
gros, ventru, à peine atténué dans le bas, déclive à l'extrémité,
égal à un peu moins des quatre cinquièmes de la hauteur totale ;
suture assez accusée, presque horizontale, oblique seulement au
dernier tour; sommet pointu; ombilic réduit à une fente étroite,
en partie masqué; ouverture oblique, subpiriforme, avec son
grand axe incliné, rétrécie en haut, arrondie en bas; péristome
continu, légèrement épaissi, à peine un peu dilaté dans la partie
128 ARNOULI) LOCARD.
inférieure; test solide, assez épais, un peu terne, subopaque,
orné de stries très fines, irrégulières, très effacées, d'un corné
roux un peu verdâtre. — Ombilic affleurant presque le péri-
stome, assez épais, un peu concave, orné de stries concentriques
médiocres, de même teinte que le test.
Dimensions. — Hauteur totale : 5 millim.
Diamètre maximum : 4
Hauteur de l'ouverture : 2V', »
Ob'ser valions, — De toutes les formes égyptiennes que nous
venons de passer en revue, c'est le B. Calvertiana qui repré-
sente la forme la plus courte, la plus globuleuse; comparé au
B. Gonji, on le reconnaîtra: à sa taille plus petite; à son galbe
plus court et plus trapu; à sa spire bien plus courte, bien moins
acuminée ; à son dernier tour bien plus globuleux, bien plus
trapu, etc.
On peut également rapprocher le B. Calvertiana du B. Or-
sïnii, avec lequel il a quelque analogie ; mais il sera facile de le
distinguer : à sa spire encore plus courte; à ses tours supérieurs
plus petits, moins hauts et moins étages; à sa suture bien
moins accusée ; à son dernier tour plus régulièrement arrondi ;
à son ouverture plus petite; à son péristome moins évasé ; à son
opercule moins enfoncé dans l'intérieur de l'ouverture, etc. Ces
caractères distinctifs ressortent mal sur notre figuration, qui
représente une forme à spire trop haute et trop acuminée.
BytUnia Letourneuxi, Bourguignat.
PI. V, lig. y.
Description. — Coquille de taille assez petite, d'un galbe
régulièrement ovoïde, très couit, très ramassé-ventru ; spire
extrêmement courte, composée de 47., tours, les premiers très
petits, faiblement convexes, le dernier très grand, bien arrondi-
LES BYTHINIA DU SYSTÈME EUROPÉEN. 129
ventru, faiblement déclive à l'extrémité, égal à un peu plus
des quatre cinquièmes de la hauteur totale ; suture très peu
accusée; sommet obtus; ombilic en partie masqué, réduit à
l'état de fente, accusé surtout par la saillie du dernier tour. ;
ouverture assez grande, très oblique, subarrondie, avec son
grand axe un peu incliné, faiblement anguleuse dans le haut ;
péristome continu, assez épais, peu brillant, à peine striolé,
d'un corné roux clair.
Dimensions. — Hauteur totale : 4 \/, millim.
Diamètre maximum : 3 7^ *
Hauteur de l'ouverture : 2 '/,
Observations. — Le B. Letourneuxi ne peut être comparé,
étant donné son galbe si globuleux, qu'avec le B. Stossickiana ;
c'est en effet la forme la plus courte, la plus ventrue de toutes
les formes égyptiennes connues. On le distinguera donc du type
grec : à son galbe un peu moins trapu, plus régulièrement
ovoïde, aussi atténué en haut qu'en bas, par suite du peu de
saillie de la spire ; à ses tours notablement moins convexes et
moins étages; à sa suture moins profonde; à son dernier tour
moins étroitement arrondi ; à son ouverture plus circulaire ;
enfin à son ombilic moins bien accusé.
Bythinia pseudamnicola, Bourguignat.
PI. VI, fig. 2.
Description. — Coquille de très petite taille, d'un galbe
presque régulièrement ovoïde, faiblement allongé; spire courte,
composée de S'/, tours, les premiers très peu convexes, l'avant-
dernier assez haut, le dernier haut, ovoïde-ventru, faiblement
atténué dans le bas, bien déclive à l'extrémité, égal à plus des
trois quarts de la hauteur totale; suture peu marquée, non
déclive, si ce n'est à l'extrémité du dernier tour; sommet sub-
Rev. Suisse de Zool., T. II. 1894. 9
130 AllNOULD LOCARD.
obtus: ombilic très petit, en partie masqué, réduit à l'état de
fente peu visible; ouverture subarrondie, un peu excentrée,
avec le grand axe légèrement oblique, faiblement anguleuse
dans le haut, assez arrondie dans le bas ; péristome continu,
un peu épaissi en dedans, à peine évasé à la partie inférieure;
test solide, épais, subopaque, terne, parfois un peu encroûté,
orné de stries très fines, comme effacées, d'un corné roux ver-
dâtre. — Opercule affleurant presque le péristome, assez con-
cave, épais, orné de stries concentriques très fines, de même
teinte que le reste du test.
Dimensions. — Hauteur totale : 3 millim.
Diamètre maximum : 2
Hauteur de l'ouverture : T/i
Observations. — Au premier abord, on peut confondre cette
espèce avec un Amnicola. C'est donc à bien juste titre que
Bourguignat l'a nommée pseudamnicola. Parmi les Bythinia
connus, nous ne pouvons comparer cette petite forme qu'avec le
B. Ardussonica, dont la taille est sensiblement la môme. Mais
on la reconnaîtra toujours : à son galbe plus ovoïde, moins
trapu ; à ses tours non étages, bien moins convexes, bien moins
distincts; à sa suture beaucoup moins profonde; à son dernier
tour plus allongé, plus lentement atténué dans le bas; à son
ombilic bien moins ouvert; à son test plus épais; à son opercule
plus concave, orné de stries plus atténuées, etc.
Le B. pseudamnicola aurait encore quelque analogie avec le
B. Schivabi; quoique nous ne connaissions cette dernière espèce
que par sa description et la figuration qu'en a donnée von Frauen-
feld, nous voj'Ons que notre espèce du Nil s'en sépare : par son
galbe plus ovoïde, moins trapu, moins ramassé; par ses tours
supérieurs moins distincts, moins convexes ; par sa suture bien
moins accusée; par son dernier tour plus haut et plus régulière-
ment développé, moins étroitement arrondi dans le haut; par
son ouverture moins anguleuse à sa partie supérieure, etc.
LES UYTHINIA DU SYSTÈME EUROPEEN. 131
Bi/thinia BourUeri, Bourguignat.
PI. V(, fig. 24.
Description. — Coquille de taille moyenne, d'un galbe très
étroitement ovoïde, bien allongé-acuminé en dessus, assez
lentement atténué en dessous ; spire élancée, composée de
5 '/„ tours de plus en plus convexes-arrondis, à croissance rapide
dans le sens de la hauteur, Tavant-dernier très haut^ le dernier
étroitement arrondi, bien déclive, égal aux cinq septièmes de la
hauteur totale; suture très accusée surtout au dernier tour,
oblique également à ce même tour; sommet très pointu; ombi-
lic un peu masqué, relativement assez grand, avec fente pro-
fonde, évasée à son entrée; ouverture petite, oblique, très peu
excentrée, légèrement ovalaire, avec son grand axe assez
incliné, presque également rétrécie en haut et en bas; péri-
stome continu, légèrement épaissi, bien évasé au bord columel-
laire et dans le bas; test un peu mince, solide, subtransparent,
non brillant, encroûté, orné de stries longitudinales sensibles,
fines, subégales, d'un corné jaunacé.
Dimensions. — Hauteur totale : 8 millim.
Diamètre maximum : . 4 >
Hauteur de l'ouverture : 3
Observations. — Le B. BourUeri est remarquable par la
quasi régularité de son mode d'accroissement, par suite du
développement que prennent les premiers tours, et par la peti-
tesse de son ouverture. A ce double point de vue, il présente
une certaine analogie avec le B. Zamorensis ; mais il s'en dis-
tingue : par son galbe plus grêle et plus effilé ; par sa spire plus
acuminée; par ses tours croissant encore plus régulièrement;
par son dernier tour plus grêle et plus étroitement arrondi ; par
son ouverture encore plus petite et moins excentrée, etc.
132 ARNOULD LOCARD.
Nous le comparerons également avec le B. Numidica, qui vit
aussi en Algérie; on le reconnaîtra : à son galbe plus régulière-
ment conique et plus effilé dans son ensemble ; à sa spire plus
finement acuminée; à ses tours moins convexes; à sa suture
moins profonde; à son dernier tour moins gros, moins ventru,
plus déclive à son extrémité ; à son ouverture plus petite, plus
ovalaire et moins excentrée, etc.
Bythinia Hipponensis, Bourguignat.
PI. V. flg. 17.
Description. — Coquille de taille assez petite, d'un galbe
ovoïde-globuleux; spire un peu courte, composée de 4 tours
bien convexes, les premiers à croissance régulière et progres-
sive, peu hauts, le dernier grand, d'abord un peu étroitement
arrondi-convexe dans le haut, ensuite un peu atténué dans le
bas, assez déclive à l'extrémité, égal à près des trois quarts de
la hauteur totale; suture très accusée, faiblement oblique; som-
met un peu pointu; ombilic presc^ue entièrement recouvert,
réduit à une fente peu sensible^ accusé plutôt par la disposition
du dernier tour ; ouverture à peine oblique, relativement grande,
très largement ovalaire, un peu plus rétrécie en haut qu'en
bas, avec son grand axe assez oblique ; péristome continu, un
peu épaissi, légèrement évasé, sauf dans le haut; test mince,
solide, un peu brillant, subtransparent, orné de stries très fines,
très effacées, d'un corné roux très clair. — Opercule peu épais,
à peine concave en dessus, orné de stries concentriques très
fines, de même teinte que le reste du test.
Dimensions. — Hauteur totale : 4 7^ millim.
Diamètre maximum : S'/,
Hauteur de l'ouverture : 2
Observations. — Le B. Hipponensis est voisin du B. Orsinii,
et, comme on le voit, ces deux espèces se trouvent également en
LES BYTHINIA DU SYSTÈME EUROPÉEN. 133
Algérie. Comparé avec des échantillons de même taille, on le
reconnaîtra : à son galbe plus globuleux dans son ensemble;
à sa spire moins haute et moins acumiuée ; à son avant-dernier
tour plus petit surtout en hauteur; à son dernier tour plus
ramassé-ventru, moins rétréci dans le bas; à sa suture moins
accusée; à son ouverture plus grande, plus ovalaire, plus excen-
trée ; à son test plus déhcat ; à son péristome plus évasé, etc.
Outre la forme que nous venons de décrire et qui paraît la
plus commune, il existe une var. ventricosa encore plus courte,
plus ramassée et qui partant s'éloigne encore davantage du
B. Orsinii.
Bythima Sehanica, Bourguignat.
PI. V, li-. 18.
Description. — Coquille de très petite taille, d'un galbe
ovoïde, un peu court et trapu; spire composée de 4 tours bien
convexes, les premiers à croissance un peu lente et progressive,
le dernier plus grand, bien arrondi, un peu atténué dans le bas,
égal à un peu plus des trois quarts de la hauteur totale; som-
met un peu pointu; suture bien marquée; ombilic très petit, en
partie recouvert, accusé surtout par la convexité du dernier
tour; ouverture très oblique, ovalaire, avec son grand axe bien
incliné, un peu plus rétrécie-anguleuse en haut qu'en bas; péri-
stome continu, légèrement épaissi en dedans, à peine évasé vers
le bas; test sohde, subopaque, brillant, à peine striolé, d'un
corné roux un peu verdàtre. — Opercule n'aftieurant pas tout
à fait le péristome, à peine concave, orné de stries concentri-
ques fines et peu régulières, de teinte plus grise que le test.
Bhnenslons. — Hauteur totale : 4 miliim.
Diamètre maximum : 2 7^ »
Hauteur de l'ouverture : IV. »
134 ARNOULD LOCARD.
Observations. — Nous comparerons cette petite forme avec le
B. Orsinii, qui vit également dans la province de Constantine.
On la distinguera : à sa taille bien plus petite, même lorsqu'on
a affaire à une var. minor du B. Orsinii; à son galbe moins
haut ; à sa spire plus courte, plus trapue ; à ses tours moins
étages et moins distincts ; à son dernier tour proportionnelle-
ment plus développé et plus arrondi ; à son ombilic moins
ouvert, etc.
VOYAGE DE MM. M. liEDOÏ ET C. PICTET
DANS l'archipel MALAIS
CRUSTACES
DE L'ARCHIPEL MALAIS
le Dr L. ZEHNTNER
Préparateur an Musée d'Histoire naturelle de Genève.
Avec les planches VII. VIII et IX.
Les Crustacés dont l'étude nous a fourni le sujet de ce
mémoire ont été récoltés en 1890, dans l'Archipel malais, par
MM. C. PiCTET et M. Bedot. Si l'on considère le fait que cette
collection a été rassemblée par des zoologistes qui n'avaient
pas pour unique but la récolte des Crustacés, on sera étonné de
la quantité des formes variées qu'elle contient. Cela nous donne
une nouvelle preuve de la richesse carcinologique de l'Océan
indien.
Parmi les 94 espèces que nous avons étudiées, 21 nous
paraissent nouvelles, et l'une d'entre elles exige la création d'un
nouveau genre. Ce chiffre, assez élevé, trouve son explication
dans le fait qu'une grande quantité de ces Crustacés ont été
récoltés dans des blocs de vieux Madrépores et de Tubipores
cassés à coups de hache. Ces polypiers renferment toujours une
faune très riche et intéressante. En revanche, les Crustacés
récoltés de cette façon sont tous de petite taille, ce qui se com-
prend aisément.
136
!.. ZEIINTNER.
La plus grande partie de cette collection provient de la baie
d'Amboine. Quelques espèces ont été prises à Dell (Sumatra) et
à Sarawak (Bornéo). Nous y avons ajouté une espèce de Tel-
plmsa provenant de Ceylan.
Le tableau suivant donnera une idée de la manière dont sont
représentés les différents groupes :
Oxyrhynques.
Cyclométopes
Catométopes .
Oxystomes . .
Anomoures . .
Macroures . .
Stomatopodes
Cirripèdes. . .
Total .
7 espèces
dont
2
nouvelles
. 29
»
5
»
. 10
»
3
»
2
»
0
»
. 13
»
3
»
. 25
>.
8
»
4 »
»
0
»
4 »
»
0
»
. 94
»
21
»
Ordre DECAPODA,
Sous-Ordre BRACHYURA.
Groupe OXYRHYNCHA.
Genre Hyastenus White.
Hyastenus suhinermis n. sp.
PI. VII. fig. 2 et -2a.
La carapace de cette espèce est complètement inerme. On
ne trouve que des dents épibranchiales, comme chez le H. dia-
cantJms de Haan {Fmma Japonïca, Cmstacea, pi. 24, fig. 1).
De plus, le bord postérieur est armé, au milieu, d'une dent tuber-
culiforme. Par ces caractères, notre espèce se rapproche beau-
CRUSTACÉS 1)E l'aRCHIPEL MALAIS. 137
coup de l'espèce de de Haan, du H. ovatiis Dana et de ses
congénères ; elle semble cependant s'en distinguer en diffé-
rents points. La carapace est plus large aux régions hépa-
tiques que chez H. diacanthus. La région stomacale est plus
bombée, sans trace d'un tubercule médian; les régions bran-
chiales par contre sont moins dilatées, leur dent est plus
grêle, et nettement courbée en haut. L'orbite, en dessus, est à
peu près comme chez le H. oryx A. M. Edw. (Nouv. Arch.
Mus., t. 8, p. 250, pi. 14, fig. 1); mais la dent qui se trouve
derrière la fissure est plus dégagée, plus pointue, recourbée en
avant, et n'est pas suivie en arrière de tubercules émoussés. La
région ptérygostomienne est garnie, en dessous, de 3 fortes dents
qui sont visibles quand on regarde le Crustacé par-dessus. L'ar-
ticle basilaire des antennes externes porte à son angle antéro-
externe un processus en forme de doigt et dont la forme est
semblable à celle de la pièce correspondante du H. Pleione
(De Man, Archiv ftir Naturgesch. 1887, pi. VII, fig. 3a). —
La cornée des yeux est ornée de deux dents styliformes, l'une
en dessus, l'autre dirigée en avant. Les pattes sont en général
plus courtes et plus faibles que chez les espèces voisines. La
première paire, en particulier, est très petite pour un mâle et
plus petite que les pattes suivantes ; la portion palmaire de la
main n'est point renflée ; elle est deux fois plus longue que les
doigts ; ceux-ci se touchent seulement à l'extrémité, qui est fine-
ment denticulée. Les dactylopodites de la 2°^^ à la 5'"® paires de
pattes sont fortement recourbés à l'extrémité et armés en dessous
de quelques petites spinules transparentes. Tout le corps du
Crustacé est revêtu d'un duvet court, jaune pâle.
Longueur de la carapace : 7,5 millim.
Largeur de la carapace : 5,5 »
Longueur des cornes frontales : 3,75 *
Amhoine. 1 cf.
138 L. ZEHNTNKR.
Hyastenus sébce White.
Cette espèce est représentée par deux individus {\ Ç^\ çf)
provenant d'Amboine. La femelle était couverte d'une petite
colonie de Balanides.
Longueur de la carapace : Q 19,5 mm.; çf 16 mm.
Largeur de la carapace : 13 mm.; 10 mm.
Longueur du rostre : 12 mm.; 13,25 mm.
Amhoine.
Genre Men.ethius H. Milne Edw.
Menœtliius monoceros Latr.
Amboine. 1 seule Q.
Genre Schizophrys Stimpson.
Schùophrys aspera A. Milne Edw.
Schizophrys aspera A. Milne Edwards. Nouv. Arch. Mus., t. 8, p. 231. pi. X,
fig. 1 (et synon.).
Les femelles ont les pattes antérieures beaucoup plus courtes
et beaucoup plus faibles que les mâles. Elles n'atteignent que la
longueur de la carapace, tandis que chez les mâles elles sont
deux fois plus longues. En outre, la portion palmaire des mains
n'offre pas, chez les femelles, de tubercule en dessus à sa base,
et le doigt mobile n'en a point non plus sur son bord préhensile ;
les doigts se touchent presque sur toute leur longueur.
Amhoine. 4Q, 4 q^. Une des femelles a la carapace complè-
tement recouverte d'une Éponge. Les méropodites et les carpa-
podites en portent également chacun une petite.
CRUSTACÉS DE l'aRCHIPEL MALAIS. 139
Genre Micippa Leach.
Micippa cristata L.
PI. VII. ii,u. :{ il wh.
Nous avons pu observer 4 Crustacés appartenant à cette es-
pèce : deux femelles et deux mâles. Ces derniers nous permet-
tent d'établir deux variétés bien caractérisées et qui ne nous
semblent pas avoir été signalées jusqu'à présent.
Var. lœvimana, n. var. (Fig. 3.) Pattes de la 1^^^ paire beaucoup
plus faibles que celles de la 2^ paire, à main non renflée, plus
grêle que le carpopodite, à articles lisses et luisants, sauf cepen-
dant quelques granulations peu apparentes dispersées sur la face
supérieure des méropodites. Pattes des paires suivantes presque
entièrement lisses, n'offrant des granulations que sur la face
supérieure des méropodites et des carpopodites de la 2® à la 4®
paires ; ces granulations fines et éparses sont sujettes ta man-
quer. Taille moins grande que dans l'autre variété.
Longueur de la carapace : ^i* 37 mm.;
Largeur de la carapace : Cf 30 mm.
Les femelles offrent tout à fait les mêmes caractères que la
var. lœvimana, mais sont de taille plus grande.
Longueur de la carapace : Q 50 mm.;
Largeur de la carapace : Q 41 mm.
Var. graniilipes, n. var. (Fig. 3a et 35.) Pattes de la V^ paire
presque aussi longues que celle de la 2^ paire, plus robustes
que les pattes suivantes, à main fortement renflée, plus grosse
que le carpopodite. Les articles de toutes les pattes sont tous
fortement granuleux, les granules plus serrés et plus grossiers
au-dessus qu'au-dessous et faisant presque défaut seulement sur
140 L. ZEHNTNER.
la face inférieure de la 5'^ paire de pattes. Toutes les pattes sont
plus robustes en proportion que chez la var. lœvïmana.
Nous rapportons à la variété granulipes deux types qui diffè-
rent l'un de l'autre en ce qui concerne les proportions de la
1" paire de pattes; mais la sculpture est parfaitement la même.
Chez l'individu provenant d'Amboine (fig. 36), la P^ paire de
pattes est un peu moins longue que la 2", la portion palmaire de
la main est à peine ou peu rétrécie à l'extrémité proximale, et sa
largeur est à sa longueur comme 1:3. Chez l'autre mâle (fig.
3a), provenant des îles Pelew et conservé au Musée de Genève,
la l^"^ paire de pattes est plus longue que la 2^, la portion
palmaire diminue graduellement de l'extrémité distale à la join-
ture avec le carpopodite, et sa largeur est à sa longueur comme
1 : 4. Ce sont évidemment de simples différences individuelles. •
Ambdine. Pelew.
Longueur de la carapace : 50 mm.; 46,5 mm.
Largeur de la carapace : 43 mm.; 38 mm.
Longueur de la portion palmaire
de la main : 21,5 mm.; 30 mm.
Largeur de la portion palmaire
de la main : 7 mm.; 7,5 mm.
Nous ignorons s'il existe des femelles offrant les mêmes
caractères que la variété granulipes. 11 est possible et même
probable que les deux variétés décrites ci-dessus ne soient
qu'un dimorphisme des mâles. Le matériel que nous avons eu à
notre disposition n'est pas assez considérable pour qu'il nous
soit permis de trancher cette question.
L'individu figuré par Milne Edwards (apud Cuvier, B'egne
animal, Crustacés, pi. 31, fig. 2), semble appartenir à la
variété lœvimana, quoique les pattes antérieures soient un peu
plus fortes et légèrement granuleuses. Le Crustacé décrit et
figuré par Herbst {Krabben und Krebse, etc., t. 1, p. 245,
CRUSTACÉS DE l'aRCHIPEL MALAIS. 141
pl. XVIII, fig. 98) est sans doute notre var. lœvimana. Herbst
dit : « Die Scheeren sind nur kurz und glatt, die Fusse aber
« sind viel langer, zumal das erste und zweite Paar ; sie liaben
« runde, feingekornte Glieder, etc. »
La 31. cristata a encore été figurée par Leach (Zoological
Miscellany, III, pl. 28). Nous n'avons pu nous procurer cet
ouvrage.
Genre Tylocarcinus Miers.
Tylocarcinus stijx Herbst.
Tylocarcinus styx Miers. Ann. and Mag. of Nat. Hist., (.o). t. 4 (1879). p. 14 (et
synon.).
Une petite femelle qui porte des œufs diffère des exemplaires
typiques de la même taille par la forme du rostre frontal, qui
est légèrement bifide à l'extrémité, dont les cornes sont peu
divergentes, et arquées en dedans comme chez la Tiarinia gra-
cilis Dana {Unit. States Explor. Expert., Crust., pl. 3, fig. 7a);
mais les cornes libres n'ont que la moitié de la longueur de
celles de cette dernière espèce.
Longueur de la carapace avec le rostre : 14 mm.
Largeur de la carapace ; 8,5 mm.
Amhoine. 1 Ç.
Genre Ceeatocarcinus White.
Ceratocarcimis intermedms n. sp.
PI. VII, fig. 1 à 16.
Cette espèce se rapproche surtout du C. dïlatatus A. M. Edw.
(Nouv. Arch. du Muséum de Paris, t. 8, p. 256, pl. XIV,
fig. 2), provenant de la Nouvelle-Calédonie. La carapace offre
presque la même forme et les bosselures sont disposées de la
142 I>. ZKHNTNKR.
même manière. On remarque cependant les différences sui-
vantes :
Les cornes frontales sont moins écartées l'une de l'autre ;
l'espace qui les sépare est moins large à la base des cornes et
parabolique. Le bord frontal est rabattu et divisé en deux lobes
distincts ; la dent latérale est à peine dirigée en avant, formant
avec le bord latéro-antérieur une ligne presque droite; de plus
elle est bifide et pas seulement sillonnée comme cela se voit chez
le C. dilatatus. Les bords latéro-postérieurs sont sinués. et le
postérieur est tout droit. Le mérognatlie des pattes-mâchoires
externes est notablement moins large que chez l'espèce citée,
avec l'angle antéro-interne coupé obliquement pour recevoir
l'article suivant. L'abdomen (Ç) est très large, piriforme. Les
pattes sont moins longues et moins fortes que chez le C. dila-
tatus, surtout celles de la 1" paire, dont le méropodite ne dépasse
la carapace que de la moitié de sa longueur. La V^ paire de
pattes ambulatoires est remarquable par ses formes très sveltes,
plus grêles encore que chez le C. (Harrovia) alboUneafa White
{Voy. of H. M. S. « Samarang », Crusfacea, p. 56, pi. XII, fig. 5).
On pourrait supposer que ce caractère tient à une différence
sexuelle, le C. dilatatus A. M. Edw. étant évidemment un
mâle, quoique l'auteur n'indique pas le sexe. Cependant le
C. albolineata est un mâle, et il offre le même caractère que la
femelle que nous avons sous les yeux. Les pattes ambulatoires
suivantes sont sensiblement moins longues que celles de la
2*^ paire. Leurs articles sont beaucoup plus gros et moins longs
en proportion, surtout les méropodites, qui, dans la 4® et la
5^ paire, sont surmontés à l'extrémité d'une petite dent épaisse,
rappelant de loin les épines analogues du C. spinosus Miers
(Ann. and Mag.of nat. Hist., (5) t. 4, p. 27, pi. V, fig. 11
et 11/;).
La carapace de ce Crustacé est revêtue, tant en dessus qu'en
dessous, d'un duvet brun très court et très serré, laissant à nu
CRUSTACÉS DE l' ARCHIPEL MALAIS. 143
le bord frontal, la face inférieure et externe des cornes fronta-
les, les mamelons stomacaux en dessus (mais pas à l'extrémité),
les mamelons branchiaux et les bords latéro-antérieurs, ainsi
que la moitié antérieure des bords latéro-postérieurs. Les pat-
tes sont nues à l'exception des trois premiers articles et de la
face inférieure des méropodites. Toutes les parties nues sont
finement granuleuses et offrent le même système de coloration
que l'on peut observer chez le C. longmanus Ad. et White
( Voy. of H. M. S. « Saniarang », Cruslacea, p. 34, pi. VI, fig. 6).
Longueur de la carapace (rostre compris) : 14,5 mm.
Largeur de la carapace (dents latérales comprises) : 20,5 mm.
Amhoine. 1 Q portant des œufs.
Groupe CYCLOMETOPA.
Genre Carpilius Leach.
Carpïlms convexus Forsk.
Carpilius convexus A. Milue Edwards, JXouv. Arch. Mus., t. 1. p. 21o, 2 (et'
synon.).
Amhoine. 4 Q, 6 ^, Tous de petite taille et de colorations
variées. Une femelle dont la carapace Si 22,5 mm. de longueur
et 30,5 mm. de largeur porte des œufs en grande abondance.
Chez des mâles de 14 mm. de longueur, les sept articles de
l'abdomen sont encore distincts.
Genre Carpilodes Dana.
Carpilodes Stimpsonii A. Milne Edw.
Carpilodes Stimpsonii A. Milne Edwards, Aouv. Arch. Mus., t. 1, p. 232. '.>.
p!. XI, fig. 2.
Amhoine. Une femelle et un mâle, tous les deux très petits,
ont été pris dans des Tubipores. Ils répondent bien à la des-
cription et à la figure que donne Milne Edwards.
144 L. ZEHNTNER.
Genre Atekgatis de H a an.
Atergatis floriclus Rhumphius.
Atergatis floridus A. Milne Edwards, Xouv. Arcli. Mus., 1. 1, p. 243, 12 (et synon. ).
Amboine. Deux mâles de taille moyenne. L'abdomen de l'un
des deux porte une Saccidina à sa face ventrale.
Genre Lophact.ea A. Milne Edw.
Lophactœa gramdosa Riippell.
Lophnctxa granulosa A. Milne Edvvnrds, Nouv. Arch. Mus., t. 1, p. 247 (et synon.).
Amholne. 1 Ç de 15,5 mm. de longueur et 22,5 mm. de lar-
geur; portant des œufs.
Lopliadœa mitUicristata n. sp.
PI. VII, fig. 7 à 7c.
Carapace très large, fortement rétrécie sur les bords latéro-
postérieurs, déprimée, sa surface fortement lobulée; les lobules
séparés par de profonds sillons et composés d'une multitude de
granules aplatis et réunis par places. En arrière, la carapace
est couverte de gros tubercules isolés, également émoussés et
se réunissant par-ci par-là au nombre de 2 à 4.
Le front est rabattu, peu saillant, droit quand on regarde le
Crustacé par-dessus, sinué et faiblement échancré au milieu
quand il est vu par devant; sa largeur dépasse à peine le tiers
de la largeur de la carapace. Les orbites sont presque circu-
laires, bordées, ainsi que le front, d'un ourlet blanchâtre;
cet ourlet se continue sur les bords latéro-antérieurs, où
il devient lamellaire et à moitié transparent. Les bords
latéro-antérieurs sont découpés en trois parties qui sont légè-
CRUSTACÉS DE l'aRCHIPEL MALALS. 145
rement sinuées et qui se rencontrent en formant des angles
bien marqués. L'angle formé par la rencontre de la 3® partie
avec le bord latéro-postérieur surtout, est nettement marqué,
aigu et fait un peu saillie en arrière et en dehors, de sorte
que la carapace a sa largeur maximum à cet angle-ci. Les
bords latéro-postérieurs sont courts, complètement transver-
saux dans les deux premiers tiers et longitudinaux vers le
bord postérieur de la carapace. Le bord postérieur est droit; il a
à peine un tiers de la largeur de la carapace et est bordé dune
rangée de 9 à 10 tubercules blancs en forme de perles, à
laquelle s'ajoute en avant une crête élevée, lisse, parallèle au
bord même et formée par des tubercules soudés les uns aux
autres. En dessous, les régions ptérygostomiennes sont couver-
tes de granules dispersés ; les sternites de la V^ paire de pattes
sont recouverts de granulations serrées, ceux des pattes suivan-
tes sont verruqueux. Aux pattes-mâchoires externes, le méro-
gnathe est transversal, faiblement élargi à son angle antéro-
externe et échancré à l'angle antéro-interne. Toute la face,
inférieure du Crustacé est recouverte d'une forte pubescence
grossière et laineuse, qui ne laisse pas apercevoir la sculpture
du test.
Les articles de toutes les pattes sont surmontés de crêtes
lamellaires élevées. Ces crêtes n'occupent pas seulement l'arête
supérieure des articles, comme chez les vrais LopJiaciœa, mais
on en trouve plusieurs, disposées irrégulièrement, et parfois
divisées en plusieurs parties dentiformes comme on l'observe
sur les derniers articles des pattes et sur la face inférieure de
leurs premiers articles. Les griffes sont très acérées et recourbées
à l'extrémité. Les pattes antérieures sont subégales ; le méro-
podite dépassant à peine la carapace est surmonté à l'extrémité
d'une crête longeant la base du carpopodite; celui-ci offre sur
sa face externe 4 à 5 crêtes élevées un peu irréguhères. Les
mains sont courtes, assez robustes, un peu rétrécies à la base.
Rev. Suisse de Zool., T. II. 1894. 10
146 L. ZEHNTNER.
L'arête supérieure est occupée par de gros tubercules denti-
formes ; la face externe offre dans la partie supérieure 1 ou 2
crêtes élevées longitudinales ; le reste est garni de tubercules
disposés en rangées horizontales dont 2 ou 3 se continuent sur
la base du doigt fixe. Les doigts ont presque la longueur de la
portion palmaire de la main ; le doigt fixe porte en dessus à la
base 3 ou 4 tubercules aigus ; son extrémité est recourbée et le
bord préhensile offre quelques tubercules obsolètes. Le doigt
fixe n'est point infléchi ; son bord supérieur a un seul tubercule
près de la base. La face externe des mains ainsi que les
derniers articles des pattes ambulatoires entre les crêtes et le
front en dessus sont fournis de poils grossiers laineux et peu
nombreux.
Abdomen composé de 5 articles distincts, les 3'"S 4"^^ et S"""
étant soudés en un seul; le P' article occupé par une rangée
transversale de 5 tubercules; le 2»"^ par une rangée semblable
de 2 tubercules ; le 3™® par une rangée longitudinale de 3 tuber-
cules, répondant aux 3 articles primitifs qui le composent : les
deux derniers lisses.
La couleur de ce Crustacé est un jaune grisâtre. A la face
supérieure le lobe mésogastrique et les lobes qui se trouvent de
chaque côté de celui-ci sont d'un rouge vif; l'ourlet marginal
de la carapace et les crêtes des pattes blanchâtres ; les doigts
de la patte antérieure noirs sauf à leur extrémité qui est
blanche; sur le doigt fixe la couleur noire s'étend en arrière
jusqu'au milieu de la face inférieure de la main. Lapubescence
qui couvre le Crustacé est jaunâtre.
Longueur de la carapace : 6,75 mm.
Largeur de la carapace : 9 mm.
Amhoine. 1 ç^ .
Ce Crustacé ne rentre pas exactement dans le genre Lophac-
tœa. La forme du bord de la carapace a un autre caractère que
CRUSTACÉS DE l/ ARCHIPEL MALAIS. 147
dans ce genre et les articles des pattes sont surmontés de plu-
sieures crêtes au lieu d'une seule, comme cela se voit chez les
vrais Lophactœa. Enfin, les pattes frangées de forts poils rap-
pellent de loin le genre Dalra.
En revanche, la forme dilatée de la carapace qui est très
rétrécie aux bords latéro-postérieurs, rappelle la disposition que
l'on observe dans les genres Actœa et Lophactœa.
Genre Act^a de Haan.
Actœa tomentosa A. Milne Edw.
Actsea tomentosa A. Milne Edwards, Nouv. Arch. Mus. t. 1, p. 262.
Actœodes tomentosus de Man, Archiv fiir Naturgesch., 1887, p. 252, 34 (et
synoii,).
Amhoine. 1 Ç et 1 q* de taille moyenne. Les doigts des
pattes antérieures sont très légèrement creusés en cuillère.
Actœa areolata Dana.
Actsea areolata de Man, .Journal of the Linnean Soc. of London, t. 22, (1888).
p. 25, 14 (et synon.).
Les deux Crustacés que nous rapportons à cette espèce diffè-
rent en quelques points de l'individu décrit et figuré par Dana
{Unit. Stat. Explor. Exped. Crust. t. 1, p. 162, pi. 8, fig. 1).
La carapace est un peu moins élargie, et ses lobulations sont
plus nettement accusées et plus nombreuses ; le front est plus
saillant et son bord doublement sinué en S, blanchâtre comme
le bord des orbites et presque lisse, les granulations étant très
aplaties par l'usure et dépourvues de ces poils courts qu'on
observe d'une manière très régulière autour de chaque tuber-
cule de la carapace.
Longueur de la carapace : 7,75 mm.
Largeur de la carapace : 1 2 »
Amboine. 2 çf .
148 L. ZEHNTNER.
Actœa picta n. sp.
PI. VII, tig. 6 et 6fl.
Carapace assez bombée, médiocrement élargie et peu aplatie
en arrière; ses bords latéro-antérieurs se continuant sans inter-
ruption sur le bord frontal; fortement arqués de sorte que le
diamètre maximum de la carapace tombe un peu en avant de
la rencontre des bords latéro-postérieurs avec les bords latéro-
antérieurs. Front sinué des deux côtés, bilobé et profondément
sillonné au milieu. La surface de la carapace est partagée en
lobes très saillants par des sillons profonds et poilus ; ces lobes
sont disposés à peu près de la même manière que chez A. seti-
c/eraM. Edw; mais occupent toute la surface. La partie anté-
rieure du lobe mésogastrique, qui se prolonge entre les lobes
protogastriques, est plus large que chez l'espèce dont nous
venons de parler, et séparée de sa partie postérieure par un
sillon transversal. Un sillon semblable et également transver-
sal sépare un petit lobe circulaire de la base des lobes mésogas-
triques. Le lobe urogastrique est également séparé de la partie
postérieure du lobe mésogastrique. Sur la région cardiaque, on
compte 4 lobes trapézoïdaux : deux médians et deux latéraux,
arrangés comme les secteurs d'un demi-cercle autour d'un petit
lobe circulaire central, qui est placé sur la ligne médiane de la
carapace et un peu en avant de son bord postérieur. Tous
les lobes de la carapace sont couverts de granulations perli-
formes très régulières; chaque granule est entouré de poils
très courts ; ces poils se voient surtout le long des sillons et sont
toujours plus courts que les tubercules.
Pattes courtes à articles également granuleux comme les lobes
de la carapace ; la face externe (postérieure) des articles n'est
pas partagée en lobules par des sillons ; la face interne (anté-
rieure) aplatie, presque lisse; les arêtes supérieures et infé-
CRUSTACÉS DE l' ARCHIPEL MALAIS. 149
Heures des articles sont tranchantes et frangées de poils longs.
Pattes de la P*^ paire subégales, à méropodites dépassant très
peu la carapace ; carpopodite à face externe fortement convexe
et très légèrement lobulée. Main à portion palmaire à peine plus
longue que haute ; les granules de la face externe disposées en
rangées horizontales régulières. Doigts courts, bruns, pointus,
non creusés en cuillère ; le doigt fixe légèrement infléchi et por-
tant deux sillons ; son bord préhensile faiblement denticulé ;
doigt mobile garni de quelques tubercules à la base de sa face
supérieure.
La couleur générale de cette espèce est un rouge-brique
assez vif. Les lobes qui se trouvent le long des bords latéro-
antérieurs, les lobes marginaux du front, la partie basilaire
du lobe mésogastrique et le petit lobe basilaire des lobes pro-
togastriques sont blancs; une tache bleuâtre ou blanchâtre
se trouve aux bords postérieurs ; les pattes portent des taches
blanches et rouges.
Longueur de la carapace : 8 mm.
Largeur de la carapace : 12 mm.
Amboine. 2 Ç,2 cf.
Les espèces du genre Adœa sont déjà si nombreuses, qu'il faut
avoir vraiment du courage pour en établir encore de nouvelles,
surtout si l'on n'a pas de matériaux suffisants. Nous croyons
cependant que l'espèce décrite ici est assez bien caractérisée,
soit par l'arrangement des lobes de la carapace, soit par la
coloration qui est très constante dans les 4 individus que nous-
avons examinés. La carapace a (juelque ressemblance avec celle
de VA. tomenfosa; mais chez cette dernière espèce elle est sen-
siblement plus élargie et à bords laté.ro-postérieurs beaucoup
plus sinués. La disposition de ses lobes est assez différente aussi
et les doigts des pattes antérieures sont creusés en cuillère, tan-
dis qu'ils sont pointus chez VA picta. La pubescence du corps
150 L. ZEHNTNER.
est beaucoup moins serrée et moins longue chez VA. pida que
chez VA. tomentosa.
L'A. nodipes Heller, qui ressemble beaucoup à notre espèce,
s'en distingue par sa carapace plus aplatie en arrière, par la
disposition des lobes, et surtout par la forme des pattes, la face
externe (postérieure) des articles étant fortement lobulée et bos-
selée par des sillons profonds, comme on l'observe chez 1'^.
rufopunctata.
Les individus que nous rapportons à 1'^. areolata Dana se dis-
tinguent de VA. pida par leur carapace plus élargie, plus apla-
tie, à bords latéro-postérieurs beaucoup plus fortement sinués et
par leur front légèrement bisinué. non bilobé et bordé ainsi que
les orbites d'un ourlet Hsse. La disposition des lobes de la par-
tie postérieure de la carapace offre une grande analogie dans
les deux espèces. Chez A. areolata les lobes épifrontaux sont
séparés des lobes protogastriques, et la partie externe de ceux-ci
est partagée sur la moitié de sa longueur par un sillon longitu-
dinal. Les bords préhensiles des doigts de la première paire de
pattes sont très distinctement garnis de tubercules coniques et
dentif ormes.
Genre Chlorodius Ruppel.
Chlorodius niger Forsk.
Chlorodius niger de Man, Journal of tlie Linnean Society of Loiuloii 1888,
[1. '.M, 21 (et syiioii.).
Cette espèce, très répandue, est représentée par un seul
mâle mutilé, dont les deux dernières dents du bord latéro-anté-
rieur de la carapace sont acérées et en forme d'épine courbée
en avant.
Amhoine. 1 ç^ .
CRUSTACÉS DE l' ARCHIPEL MALAIS. 151
Genre Chlorodopsis A. Milne Edw.
Chlorodopsis melcmodactyliis A. Milne Edw.
Chlorodopsis melanodactylus A. Milne Edwards, Nouv. Arch.. Mus., t. 9, p. 229,
95, pi. VIII, fig. 7.
Nous rapportons à cette espèce une jeune femelle qui répond
très bien à la description et à la figure donnée par Milne
Edwards. Nous nous bornons à noter que les dactyiopodites
des pattes ambulatoires sont armés d'une épine subapicale
blanche, placée verticalement sur le bord inférieur de l'article,
juste à la base de la griffe transparente ou ambrée.
Longueur de la carapace : 5,25 mm.
Largeur de la carapace : 8 mm.
Amhoine. 1 jeune Ç.
Chlorodopsis spinipes Heller.
Chlorodopsis spinipes de Man, Archiv fur Naturgescli.. 1887, 06 (et syuoii.).
Amhoine. 1 Q.
Genre Sph.erozius Stimpson.
Sphœromis cocMearis n. sp.
PI. VII, fig. o à 56.
Carapace transversale, hexagonale à surface bombée en tous
sens, luisante et finement ponctuée, et n'offrant qu'un faible
sillon longitudinal médian qui part du front et qui s'étend en
arrière sur la région épifrontale, se partageant en deux sur la
région mésogastrique; ce sillon longitudinal est croisé par un
sillon transversal parcourant les régions hépatiques. Un autre
152 L. ZEHNTNER.
sillon peu accusé longe le front et les orbites en dessus à quelque
distance du bord. Enfin les régions branchiales sont parcourues
par un faible sillon transversal. Front ayant plus d'un tiers de
la largeur de la carapace, faiblement sinué au milieu; sa partie
rabattue est étroite. Orbites assez grandes, à bords entiers,
logeant de grands yeux à pédoncules très gros et courts ; la
cornée grande. Bords latéro-antérieurs courts, ayant un peu
plus de la moitié de la longueur des bords latéro-postérieurs ;
convergeant en avant et armés de 4 dents aiguës (en comptant
l'angle post-orbitaire qui est peu saillant). La 3® dent est la
plus grande. Bords latéro-postérieurs subsinués, convergeant
fortement en arrière^ de telle sorte que le bord postérieur n'a
que la largeur du front.
Pattes antérieures assez robustes et inégales ; celle du côté
gauche est la plus grande. Le méropodite dépasse un peu la
carapace et offre à son bord antérieur une spinule subapicale
qui échappe facilement à l'observation. Le carpopodite est à
peine plus haut que le méropodite ; il est court, à face externe
convexe et finement granulée ; son angle antéro-interne est
occupé par une dent spiniforme. Main gauche avec la portion
palmaire finement granulée^ un peu comprimée, une fois et demi
aussi haute que le carpopodite. Le bord inférieur de la main
gauche est faiblement arqué et d'un tiers plus long que le bord
supérieur, d'où il résulte que le bord basilaire est fortement
oblique. Doigts aussi longs que le bord supérieur de la portion
palmaire, sillonnés en longueur, recourbés très légèrement et
seulement à l'extrémité où ils se touchent ; Textrémité même
est nettement creusée en cuillère. Les bords préhensiles laissent
un espace étroit entre eux et sont munis de tubercules dentifor-
mes. La main droite offre les mêmes caractères que celle du
côté gauche, à l'exception de la portion palmaire qui est moins
haute.
Pattes ambulatoires de dimensions moyennes et presque
CRUSTACÉS DE l'aRCHIPEL MALAIS. 153
d'égale grandeur entre elles, à articles inermes, sauf les dacty-
lopodites qui sont munis en dessous de 4 à 5 spinules aiguës
(fig. 6h}. L'extrémité des doigts est fortement recourbée en bas
et armée d'une griffe bifide.
La carapace de ce Crustacé est entièrement nue. Souvent les
pattes ambulatoires sont pourvues de quelques poils qui sont
plus abondants sur les dactylopodites. La couleur est un testacé
blanchâtre ou orangé ; les doigts des pattes antérieui-es sont
bruns; l'extrémité des doigts et les tubercules de leurs bords
préhensiles sont blancs.
Longueur de la carapace : 3 mm.
Largeur de la carapace : 4,25 mm.
Amhoine. 2 Ç dont l'une porte des œufs.
Abstraction faite de la forme des mains, cette espèce offre
tous les caractères du genre Sphœrozius. L'article basilaire des
antennes externes entre un peu dans le hiatus des orbites, mais
sans atteindre le front; l'orbite est complètement fermée en
dehors. Les doigts creusés en cuillère rappellent le sous-genre
Actœodes.
Genre PiLmmus L.
Pilumnus cœndescens A. Milne Edw.
PUumnus cœrulescens A. Milne Edwards, Nouv. Arch. Mus., t. 9, p. 242,
107, pi. IX, fig. 3.
Nous avons examiné un mâle qui offre les différences sui-
vantes avec la description de Milne Edwards :
Les deux lobes du front sont très peu arrondis, presque car-
rés ; carpopodites des pattes antérieures presque lisses ; la por-
tion palmaire de la main moins fortement granuleuse mais avec
des poils plus abondants sur sa face externe. Doigts des pattes
154 L. ZEHNTNER.
antérieures plus grêles, le doigt mobile plus long que Tarête
supérieure de la portion palmaire de la main.
Longueur de la carapace : 6,8 mm.
Largeur de la carapace : 8,75 »
' Amhoine.
Pilumnus vespertilio Fabr.
Pilumnus vespertilio de Man, Journal of the Linnean Soc. of Loiuloii, t. 22,
(1888), p. 38, 40 (et synoii.).'
Pilumnus ursulus Ad. et White (var. ?) Voyage of H. M. S. « Samaramj » Crus-
tacea, p. 4o, 3, pi. IX. fig. 6.
L'unique exemplaire conservé dans la collection que nous
avons examinée répond parfaitement à la figure donnée par
Adams et White. Il diffère de l'individu figuré par H. Milne
Edwards {Règne Animal de Cuvier, Crust., pi. XIV, fig. 3)
par sa carapace à bords latéro-antérieurs plus ai'qués, par le
bord sourciller non granulé, ainsi que par l'absence de toute
granulation sur les bords latéro-antérieurs et leurs dents. Les
poils qui couvrent presque tout le corps sont plus longs et plus
abondants. Il se pourrait que le P. nrsulus fût une variété du
P. vespertilio ?
Longueur de la carapace : 1 6 mm.
Largeur de la carapace : 22 »
Amhoine. 1 9-
Pilumnus Bleekeri Miers.
Pilumnus Bleekeri Miers, Annals and Mag. of Nat. Hist. (o), t. o, p. 23o.
Le dessus du corps et les pattes sont hérissés de longs poils
raides assez nombreux.
Carapace régulièrement bombée sur toute sa surface, ou
faiblement aplatie en arrière. Bords latéro-antérieurs moins
CRUSTACÉS DE l'aRCHIPEL MALAIS. 155
longs que les bords latéro-postérieurs, armés de 5 épines assez,
longues (en y comprenant l'épine postorbitale) dont la 2"^^ est
insérée suria région subhépatique, soit plus bas que les autres ;
les trois épines postérieures à pointe brune grêle et courbée en
avant. La partie supérieure de la carapace est partagée par des
sillons peu profonds, très luisants. Tous les espaces entre les
sillons sont semés de granulations tuberculiformes assez fortes.
Les espaces situés entre les granules sont fortement luisants ;
les granules portent de petits pinceaux de longs poils raides de
couleur jaunâtre. Souvent les poils sont placés dans des enfon-
cements, et dans ce cas les granules disparaissent. Le front est
partagé par une échancrure médiane assez profonde en deux
lobes carrés. En outre, il présente de chaque côté une dent
qui se place entre le lobe et l'orbite. Le bord sourciller de
l'orbite est très tinement denticulé, avec deux fissures très obso-
lètes ; bord inférieur garni de 3 à 4 dents mousses espacées,
entre lesquelles s'intercalent parfois de plus petites dents en
forme de tubercules perlés. La région ptérygostomienne est
semée de tubercules semblables qui sont épars, tandis que le
reste de la face inférieure du Crustacé paraît lisse et luisante.
Les pattes antérieures sont fortes et iné^^ales; celle du côté
droit est la plus grosse. Méropodite dépassant peu la carapace,
à face externe lisse. Carpopodite et main couverts sur leur face
externe de tubercules comme sur la carapace, mais ces tubercu-
les sont plus aigus, plus gros, et disposés en rangées horizontales.
Sur la petite main, ils couvrent toute la surface. Sur la grosse
main, ils sont moins régulièrement disposés et laissent découvert
le tiers inférieur ; l'arête inférieure de la portion palmaire est
garnie de tubercules perliformes sur les deux mains ; vers l'arête
supérieure, les tubercules deviennent spiniformes, surtout sur
la petite main. Doigts courts, sillonnés, d'un brun -chocolat,
sauf à la base qui est blanchâtre, dentés sur leurs bords pré-
hensiles ; le doigt fixe conique, non infléchi sur la grosse main et
156 L. ZEIINTNER.
peu sur la petite; le doigt mobile recourbé à T extrémité, por-
tant en dessus et sur la moitié de sa longueur des granulations
spiniforraes. Pattes ambulatoires pourvues de tubercules pili-
gères sur les deux avant-derniers articles et sur l'arête supé-
rieure des méropodites. Les méropodites du reste sont lisses,
dépourvus de poils et ornés, sur leurs faces postérieures et
antérieures, de taches irrégulières rouges et bleuâtres. Couleur
générale du Crustacé, brun de suie, passant par places au
bleuâtre, avec les dents des bords latéro-antérieurs et de l'or-
bite, ainsi que la face inférieure du corps, blanchâtre.
Longueur de la carapace : 18,5 mm.
Largeur de la carapace : 23,5 mm.
Ambo'uic. 1 (j'.
Espèce voisine du P. vestitus Hasw., P. terrœ-reginœ Hasw.
€t du P. Amlersonï de Man ; mais séparé des deux premières
par la carapace entièrement granuleuse, par la présence de la
dent subhépaticale, par les lobes frontaux plus tronqués et par
la pubescence plus abondante. Le P. Bleekerï est séparé du
P. Andersoni par sa carapace granuleuse, par les dents post-
orbitaire et subhépaticale, plus fortes, plus saillantes, par la
forme du front et par un autre mode de pubescence.
Genre Trapezia Latr.
Trapezia cymodoce Herbst.
Trapezia cymodoce (typica) Ortmanii, Zool. .lalirb. t. 7 (189H), Abthlg. fiir Sysl.,
p. 482 (et synon.).
Amboine. 6 ^T et 4 Ç offrent tous les caractères de la forme
typique de cette espèce. La face externe des mains est très
poilue, l'arête supérieure de la partie palmaire est vive et la
dent latérale de la carapace est aiguë. Les doigts des mains sont
CRUSTACÉS DE l'aRCHIPEL MALAIS. 15T
bruns ; sur la carapace on observe la ligne transversale dont
parle Kossmann et qui est formée par des points rouges en
nombre variable (Zool Ergehnisse, etc., Crustaeea, p. 43). Chez
3 Q et 1 (2r c^^^^ M^nQ fait complètement défaut et les doigts
de la 1'"' paire de pattes sont à peine bruns.
Trapezia areolatciDd^im; var. inermis A. Milne Edw.
Trnpezia areolata Dana: \iu\ inermis \. Milne Edwards. Noiiv. Arcli. Mus..
t. 9, p. 239, 123, pi. X, lig. ().
Deux femelles, dont l'une porte des œufs, répondent parfai-
tement à la description qu'en donne A. Milne Edwards 1. c.
Amhoine.
Trapezia riifopimctata Herbst.
Trapezia rufopunctatti Ortniann, Zool. Jalirb. t. 7 (1893), Abthlii. fiir Syst.,
p. 484 (et synoii.).
Les points rouges de nos spécimens sont disposés comme dans
la figure donnée par Hilgendorf {Crust. in : Van der Beckens
Reisen in Ostafrica, pi. II, fig. 3). Le carpe des mains est
muni d'une forte épine aiguë et l'arête inférieure de la partie
palmaire de la main est pourvue de petites granulations denti-
formes. Dans leur partie antérieure, les bords latéraux de la
carapace sont un peu divergents et non pas parallèles ou même
convergents comme figuré par Hilgendorf (1. c.) et par Dana.
Amhoine. IQ, I rf.
Genre Tetralia Dana.
Tetralia glaberrima (Herbst) Dana.
Tetralia glaberrima Ortniann, Zool. Jalirb. t. 7 (1893), Abthli,'. fiir Syst., p. 48"j
(et synon.).
En raison de sa grande extension, cette espèce est sujette à
varier beaucoup. Krauss : JJie sûdafrikanischen Crustaceen,
158 L. ZEIINTNEU.
p. 35 (1843), a observé que son exemplaire de Natal n'offrait
pas la tache bleue ' qu'on voit dans la figure donnée par Herbst
{Krabhen und Krebse, pi. XX, fig. 115), mais que les bords
antérieurs et latéraux sont marginés de brun. Nous avons exa-
miné un individu, provenant d'Araboine, qui avait une bordure
foncée semblable. Dana : Unit. Stat. Explor. Exped.. Crusta-
cea, t. 1, p. 264 (1852), observe que la couleur générale de
l'animal est châtaine, mais que souvent le front et le bord de la
carapace situé derrière les yeux sont verdâtres, blanchâtres ou
gris.
Un individu provenant de Fîle Maurice nous a montré une
variété qui se manifeste dans la forme du bord frontal. Celui-ci,
au lieu d'être régulièrement arqué, offre une petite échancrure
de chaque côté des yeux d'où résulte que l'angle latéral du
front fait une légère saillie en forme de dent. Chez le même
spécimen, la partie antérieure de la carapace est pourvue de
quelques ponctuations espacées.
La T. cavïmana Heller (Sitzungsber. k. k. Akad. der Wis-
sensch., t. 43, p. 353), doit être réunie à la T. glaherrïma.
L'excavation poilue située à la base de la main varie beaucoup,
ainsi que sa pubescence qui s'use à mesure que la cavité dimi-
nue. Du reste cette cavité a été décrite et tigurée par Dana (1. c,
p. 264, pi. 16, fig. 3ej.
Longueur de la carapace : 9 mm.
Largeur de la carapace : 10.5 mm.
Amhoïne. 1 Ç portant des œufs.
Dans un récent mémoire, Henderson réunit la T. nigri-
frons à la T. glaberrima (Henderson : A Contribution to
Iiidian Garcinology, Transactions of tlie Linnean Society of
London, t. 5, part. 10 (1893), pp. 366 et 367). Nous ne
' Cette tache, certainement accidentelle, a pu être causée par la dessiccation.
CRUSTACÉS DE l'aRCHIPEL MALAIS. 159
partageons pas cette manière de voir. La T. nigrifrons se laisse
bien distinguer de la T. glaberrima par les caractères suivants :
chez la T. nigrifrons la carapace a son maximum de largeur
immédiatement derrière les yeux, d'oîi résulte que les bords
latéraux sont moins arqués que chez T. glaberrima dont la cara-
pace est sensiblement rétrécie en avant. Le carpopodite de la
l'® paire de pattes porte une épine aiguë chez la T. nigrifrons;
il est iiierme chez la T. glaberrima; le méropodite est plus large
dans la dernière paire de pattes ambulatoires que dans les
autres chez T. nigrifrons; c'est le contraire de ce que l'on voit
chez T. glaberrima. Enfin les pattes-mâchoires externes sont
moins grêles chez T. nigrifrons que chez T. glaberrima.
Genre Hexapus de Haan.
Hexapus sexpes Fabr.
Ca7icer sexpes Fabricius, Eiitornol. Syst. Suppl., p. 344
Liuncei sexpes raunclu^, niinotaui. ^ysi. oiippi., p. o*'i.
Hexapus sexpes de Haan, Fauna japonica, Crustacea, p
A. Milne Edwards, iSouv. Arch. Mus., t. 9, p.
de Mail, Archiv fur Naturiresch. 18cS7, p. 32:2. 82, pi
f • • ' r ■
Crustacea, p. 63 ; pi. XI, lig. 6 ;
' . 2o3, pi. XII, iig. .1 ;
XIII. tig. 3.
Un superbe exemplaire femelle de cette espèce rare et fort
remarquable semble différer des spécimens décrits par de Man
(1. c.) par sa carapace moins large au niveau des régions hépa-
tiques, par l'absence des carénules obliques sur les régions pté-
rygostomiennes, par les mains fortement comprimées, à portion
palmaire moins haute comparativement à sa longueur, avec le
bord inférieur à peine arqué; le doigt fixe est distinctement
infléchi chez la femelle que nous avons observée et les deux
doigts se touchent sur toute la longueur de leurs bords préhen-
siles. Les mesures dépassent celles données par de Man.
Longueur de la carapace : 15 mm.
Largeur maximale de la carapace : 23,5 mm.
Largeur aux régions hépatiques : 21 mm.
Largeur au bord postérieur :
160 L. ZEHNTNER.
Amboine. 1 Q pris dans le tube d'une grande Annélide tubi-
cole.
L'habitat de cette espèce, qui vit dans le tube solide d'une
Annélide, explique parfaitement les différences de formes assez
frappantes qu'oiîrent les individus, suivant qu'ils sont plus ou
moins âgés. La même raison explique le fait que ces Crustacés
ont perdu une paire de pattes. (Comparez à ce propos les trois
figures citées plus haut dans la synonymie.) Ces différences ne
sont que l'expression d'une adaptation au genre de vie du Crus-
tacé. Les jeunes individus doivent trouver facilement un tube
qui leur offre les conditions voulues, tandis que les individus plus
âgés et plus grands ont plus de peine à trouver un logement.
Lorsqu'ils grandissent, leur demeure devient trop étroite et ils
sont forcés de s'adapter à la forme cylindrique du tube. Ainsi
chez les adultes, les bords latéraux de la carapace, qui étaient
régulièrement arqués chez les jeunes (A. Milne Edwards),
se courbent en S pour faire de la place à la P« paire de pattes,
qui est un peu jetée en arrière et dont les articles s'aplatissent à
leur face interne de manière à s'appliquer parfaitement à cette
courbure. En outre, la main et les doigts sont comprimés de
sorte que ces parties de la patte ne dépassent pas en avant le
bord frontal, quand elles sont appliquées contre la carapace.
Les pattes ambulatoires deviennent plus courtes ; leurs méro-
podites, surtout ceux de la P® paire, sont comprimés sur l'arête
supérieure. Ils se courbent en avant et s'adaptent bien à l'arti-
cle correspondant de la paire qui précède. De plus, l'insertion
des pattes postérieures se trouve en dessus de celle de la paire
précédente et leurs méropodites couvrent à l'état de repos ceux
de l'avant-dernière paire. La carapace est très peu convexe
dans le sens transversal, mais elle l'est assez régulièrement,
d'avant en arrière.
CRUSTACÉS DE l' ARCHIPEL MALAIS. 161
Genre Eriphia Latr.
Eriphia lœvimana Latr.
Amboine. Une seule Ç> de taille assez grande.
Genre Goniosoma A. Milne Edw.
Goniosonia sexdentata Herbst.
Goniosoma sexdentata A. Milne Edwards. Archiv. du Mus., t. 10, p. 372. 4
(et synon.)
Deux magnifiques mâles de cette espèce, qui ne semble pas
être très abondante, ont été capturés à Amboine.
Longueur de la carapace : 47 mm.
Largeur de la carapace : 70 mm.
Genre Thalamita Latr.
Thalamita prymna Herbst.
Thalamita prymna A. Milne Edwards, Archiv. du Mus., t. 10, p. 360, 6 (et
synon.)
Amboine. 1 petit cf.
Genre Carupa Dana.
Garupa lœviuscula Heller.
Carupa leevimcula de Man, Archiv fiir Naturgesch. 1887, p. 336. 99 (et synon.)
Amboine. Un petit mâle mutilé oiBfre les caractères qui sem-
blent séparer cette espèce de C. tenuipes Dana.
Rev. Suisse de Zool., T. II. 1894. 11
162 L. ZEHNTNER.
Genre Caphyra Guérin.
Caphyra natatrix n. sp.
PI. VII, fig. 10.
Formes de la carapace comme chez C. lœvis A. Milne Édw.
(Nouv. Arch. Mus., t. 9, p. 173, pi. IV, fig. 2), à l'exception du
front, qui est moins régulièrement découpé en dents. Le front
est assez profondément écliancré au milieu, comme chez C. lœ-
vis ; une échancrure semblable se trouve de chaque côté de la
dent préorbitaire qui est plus saillante que chez C. lœvis. Les
deux parties du bord frontal, entre Féchancrure médiane et la
dent préorbitaire, sont partagées chacune en trois dents égales
chez C. lœvis, tandis que chez les individus que nous avons
observés, on trouve une dent interne et un lobe externe dont le
bord n'est que très faiblement sinué. Les pattes antérieures
paraissent être plus grêles que chez C. lœvis ; méropodites avec
3 à 4 épines au bord antérieur ; épine sur l'arête supérieure de la
main plus grande et très pointue. Les pattes de la dernière
paire fournissent un caractère qui ne se trouve chez aucune
autre espèce de ce genre. Elles ont repris la forme de pattes
natatoires, leurs deux derniers articles étant aplatis, mais peu
élargis et frangés de longs poils (fig. 10), imitant ainsi les
pattes postérieures du Carcïnus mœnas. Le dernier article est
rétréci à sa base; le reste est lancéolé, à ongle terminal
recourbé à l'extrémité.
Longueur de la carapace : 8,5 mm.
Largeur de la carapace : 11,5 mm.
Amhoine. 2 Ç .
CRUSTACES DE L ARCHIPEL MALAIS. 163
Genre Goniocaphyra de Man.
Goniocaphi/ra spec. ?
PI. yill, fig. 12 et lia.
Forme de la carapace presque identique à celle de G. trun-
catifrons de Man (Archiv fiir Naturgesch. 1887, p. 399,
pi. XIV, fig. 1), mais la dent épibranchiale est plus longue et
plus aiguë. Les dents qui sont en avant sont plus petites et
moins arrondies. Granulations des régions hépatiques de la cara-
pace nulles ou à peine visibles à la loupe. Les pattes antérieu-
res paraissent être plus fortes, la portion palmaire des mains
un peu plus renflée et atténuée à la base. Mérognathe des pattes-
mâchoires externes à bord externe droit, non sinué, à bord
apical faiblement arqué, non angulaire.
Longueur de la carapace : 4,5 mm.
Largeur de la carapace : 6,5 mm.
Amboine. 2 q* .
Malgré les petites différences indiquées ici, nous supposons
que les deux ç^ que nous avons observés doivent être réunis à
l'espèce de de Man.
Genre Sph^rocarcinus n. gen.
Carapace transversale, suboctogonale, fort bombée, presque
en forme d'hémisphère ; le bord frontal et les bords latéro-anté-
rieurs lamellaires et recourbés horizontalement; ces derniers
faiblement divisés en lobes. Le bord sourciller séparé du front
et des bords latéro-antérieurs par une forte incision et offrant
lui-même en dessus, au milieu, une légère fissure. Front large,
un peu avancé, lamellaire, tronqué ou sinué. Régions anten-
164 L. ZEHMTNP^R.
naire et buccale ressemblant beaucoup à celles de Lissocarcinus.
Article basilaire des antennes externes atteignant le front à son
angle interne ; son angle externe est prolongé en forme de pro-
cessus dans le hiatus orbitaire, de sorte que le Hagellum est
exclu de Torbite. Antennules complètement transversales au
repos. Ischiognathe des pattes-mâchoires externes sensiblement
plus large que le mérognathe, un peu prolongé à son angle
antéro-interne. Mérognathe carré, aussi large que long, non
échancré à son angle antéro-interne. Abdomen Q , à partir du
3® article, triangulaire, à bords latéraux légèrement arqués; le
dernier article en triangle régulier, son angle apical vif.
Pattes courtes. La paire antérieure égale des deux côtés; les
articles surmontés de crêtes élevées lamellaires ; doigts pointus.
Pattes ambulatoires courtes, à articles cylindriques; dactylopo-
dites de toutes les pattes styliformes. La dernière paire de pattes
lejetée au-dessus de la carapace comme chez les Dromides, à
carpopodite faiblement dilaté, rhomboïdal.
Ce genre est très voisin des Lissocarcinus. Il s'en distingue
par la carapace fortement bombée, par le front tronqué^ par la
forme des pattes-mâchoires externes et de l'abdomen (Ç), ainsi
que par la forme de la dernière paire de pattes dont le dactylo-
podite est styliforme et non dilaté. Cette patte rappelle l'or-
gane homologue des Bromia où elle a pour fonction de saisir et
de retenir des objets^ par exemple les Éponges, avec lesquels ces
Crustacés se couvrent. Il n'est pas probable que les Sphœrocar-
cinus en fassent autant, leur dernière patte étant bien dévelop-
pée, assez grande, mais pas en forme de pince, et pouvant
certainement encore remplir les fonctions de patte natatoire
imparfaite.
Sphœrocarcinus Bedoti n. sp.
PI. VIII. fig. 16 -à 16c.
Carapace plus large que longue, bombée en hémisphère, la
CRUSTACÉS DE l'aRCIIIPEL MALAIS. 165
partie bombée presque eutièrement lisse, faiblement granulée,
latéralement et antérieurement. La surface est presque unie et
à peine partagée en champs, avec une faible côte transversale
parcourant les régions branchiales. Front ayant un peu plus
que le tiers de la largeur de la carapace, dépassant très peu
les orbites dont il est séparé par une incision triangulaire;
tronqué transversalement, son bord antérieur légèrement bisi-
nué. Orbites bien formées, presque circulaires, à bords entiers.
Le bord supérieur offre cependant une faible fissure au milieu.
En arrière l'orbite est limitée par une incision triangulaire.
Bords latéro-antérieurs lamellaires devenant presque horizon-
taux et séparés de la carapace par une gouttière large et peu
profonde (fig. IQh). Ces bords sont partagés en deux parties
inégales. La première qui comprend le tiers de la longueur
totale est oblique, sinuée et forme une ligne droite avec le
bord sourciller de l'orbite. Le bord de la seconde partie n'est
pas sinué, mais en ligne droite. Il est parallèle au bord situé
au côté opposé du corps, et partagé par une toute petite
échancrure en deux parties égales. Ce bord droit a un ourlet
qui se contiime un peu en arrière sur la face de la carapace
sous la forme d'une petite carène. Les bords latéro-postérieurs
forment d'abord un angle assez vif qui se trouve immédiatement
après la carène mentionnée, puis ils sont fortement recourbés
en S, et ourlés. Cette courbe est nécessaire pour donner de l'es-
pace à la dernière paire de pattes, qui est rejetée en dessus et
dirigée en avant, pouvant ainsi s'appliquer contre la carapace
en se plaçant dans la gouttière qui sépare les bords de la cara-
pace de sa partie convexe. Bord postérieur de la carapace plus
large que le Iront, faiblement sinué au milieu, ourlé dans toute
sa largeur. En dessous, la région ptérygostomienne et les pattes-
mâchoires externes sont recouvertes de fines rugosités. L'ischio-
gnathe des pattes-mâciioires externes est parcouru par un
sillon longitudinal peu marqué. Pattes de la V paire subégales.
166 L. ZF^HNTNER.
de grandeur moyenne. Leur raéropodite est court et ne dépasse
pas la carapace ; il a les arêtes vives, l'arête supérieure sur-
montée d'une crête qui devient lamellaire vers l'extrémité de
l'article. Carpopodite portant en dessus 3 crêtes lamellaires
un peu sinuées, dont les 2 supérieures se réunissent avant
l'extrémité postérieure de l'article. La crête extérieure est
recourbée S et se réunit aux deux autres à leur point de
jonction. Ces crêtes sont libres à l'extrémité antérieure de
l'article, qu'elles ne dépassent pas; leur angle antérieur est
arrondi. La portion palmaire de la main est un peu plus
haute que le carpopodite, et surmontée de deux crêtes
lamellaires qui correspondent aux deux crêtes supérieures du
carpopodite ; ces deux crêtes de la main se terminent à l'ex-
trémité antérieure à angle très vif et aigu. La face externe
de la main est parcourue à mi-hauteur par une crête élevée,
faiblement crénelée. Des deux côtés de cette crête on trouve
une dépression longitudinale. Celle qui est au-dessus est large,
et forme une gouttière peu profonde ; l'inférieure est plus étroite
et se continue sur le doigt fixe. Les doigts sont moins longs que
la partie palmaire de la main, larges à leur base et à extré-
mité très pointue. Doigt mobile à arête supérieure tranchante,
élevée en lame, à extrémité recourbée en bas; doigt fixe presque
droit, un peu infléchi en dessous ; bords tranchants des doigts
finement crénelés. Pattes ambulatoires courtes, à articles non
aplatis ; méropodites sensiblement épaissis à leur base, surtout
ceux des 2 premières paires, et d'un tiers plus longs que les
carpopodites. Dactylopodites coniques, beaucoup plus grêles que
les propodites et terminés par une griffe très longue et très
pointue. Carpopodite de la dernière paire un peu dilaté en des-
sus, ce qui lui donne une forme rhomboïdale ; les deux derniers
articles sont formés comme aux autres pattes; le propodite,
cependant, garni en dessus d'assez longs poils. Ces poils, ainsi
que la faible dilatation du corpopodite, indiquent (|ue la der-
CRUSTACÉS DE l'aRCHIPEL MALAIS. 167
nière paire de pattes sert encore comme patte natatoire mais
à un moindre degré que chez les Lissocarcinus où le propodite
et le dactylopodite forment de larges lames elliptiques.
En dessus, la partie non granulée de la carapace est couverte
d'une pubescence très fine et très courte. Les mains sont gar-
nies de longs poils dans la dépression supérieure de leur face
externe et à la base du doigt mobile. Des poils semblables
occupent l'arête supérieure des méropodites des pattes ambula-
toires. Ces poils, du reste, sont mal conservés dans l'unique
individu que nous avons pu examiner.
Longueur de la carapace : 7;5 mm.
Largeur de la carapace : 9,25 >>
Amboine. 1 Ç.
Genre Telphusa Latr.
TelpJmsa soror n. sp.
N'ayant à notre disposition qu'un matériel très restreint pour
la comparaison^ il nous est impossible de déterminer avec sûreté
les deux femelles que nous avons pu observer et de les rapporter
à une des nombreuses espèces de Telphusa que l'on connaît.
Nous la décrirons provisoirement sous le nom de T. soror.
On aurait pu identifier notre espèce à la T. rugosa de
KiNGSLEY (Proceed. Acad. Nat. Se. of Phiiadelphia, 1880,
p. 37), si cet auteur n'avait pas comparé son espèce à la T.den-
ticulata Milne Edw. (Nouv. Arch. Mus. t. 5, p. 167, pi. X, fig. 3),
mais T. soror a beaucoup plus de rapport avec la T. sinuati-
frons Milne Edw. (Nouv. Arch. Mus., t. 5, p. 167, pi. X,
fig. 2) dont elle se distingue cependant bien nettement.
La forme générale de la carapace est sensiblement la même
que chez la T. sinuatifrons. Le front est également sinué au
168 L. ZEHNTNER.
milieu, mais ses angles sont nettement arrondis. La crête post-
frontale est située plus en arrière que chez la T. simiatifroris .
Il en est de même pour la dent épibranchiale. Sur la ligne
médiane de la carapace la crête est interrompue par un large
sillon longitudinal. Des deux côtés de ce sillon la crête devient
irrégulière en se partageant en plusieurs petites crêtes trans-
versales ; la partie irrégulière de la crête n'est pas limitée en
dehors par un petit sillon longitudinal comme on l'observe chez
la T. sinuatifrons et la T. denticulata. Sillon cervical simple,
peu profond, très oblique, formant au milieu de la carapace un
angle obtus arrondi. Régions branchiales avec 6 à 8 crêtes fine-
ment crénelées, comme on Ta décrit chez T. rugosa. Ces crêtes
se continuent en dessous sur les régions ptérygostomiennes, en
devenant de plus en plus irrégulières et très découpées.
La face supérieure de la carapace, ainsi que l'abdomen, sont
semés de fines ponctuations peu serrées. Ischiognathes des pat-
tes-mâchoires externes plus grossièrement ponctués que l'abdo-
men, parcourus par un sillon longitudinal lisse, bien accusé et
situé plus près du bord interne que du bord externe ; mérogna-
thes tranversaux et en hexagone, à surface concave, semée de
granules très espacés ; les bords relevés et finement crénelés.
Pattes antérieures (Ç) de dimensions moyennes, à mains
subégales, lisses et finement ponctuées; le doigt mobile beau-
coup moins gros que le doigt fixe ; les deux doigts se touchent
tout le long de leurs bords préhensiles qui sont finement denti-
culés ; les denticules sont plus petits et plus pointus que chez
T. sinuatifrons et T. denticulata. Les doigts présentent de
fines ponctuations disposées en séries longitudinales sur toute
leur longueur. Carpopodite et méropodite pourvus à leur face
externe et supérieure de stries squamiformes transversales;
le carpopodite est armé, sur son bord interne, d'une grande
dent triangulaire aplatie qui est suivie en arrière et eu dessous
de 2 à 3 petits denticules. Le méropodite a ses deux arêtes
CRUSTACÉS DE l' ARCHIPEL MALAIS. 169
inférieures finement et régulièrement granulées. Méropodites
(les 3 premières paires de pattes ambulatoires granulés sur leur
face postérieure et sur l'arête supérieure. Carpopodites de ces
pattes offrant sur leurs deux faces une faible crête séparée de
l'arête supérieure par un sillon peu profond.
Longueur de la carapace : 27 mm.
Largeur de la carapace : 36 mm.
Ceylan. 2 Q.
Par ses formes générales, cette espèce se rapproche à la T.
planata A. Milne Edw. (Nou\^. Arcii. Mus., t. 5, p. 18L 26,
pi. XI, fig. 3). Mais la T. soror s'en distingue facilement par
les caractères suivants. La crête postfrontale est interrompue
par places, au milieu de la carapace. Le front s'atténue en
avant et a des angles latéraux arrondis^ tandis qu'il est rectan-
gulaire, à angles latéraux droits et bien accentués chez T.
planata. Les mains ont un doigt mobile plus grêle. La dent
située au bord interne du carpopodite est aplatie et triangu-
laire, tandis qu'elle est plus grêle chez la T. planata. Enfin le
sillon cervical de la carapace, quoique très semblable à celui
delà T. planata, Q^t plus oblique encore que chez cette espèce
et les régions branchiales sont très distinctement ridées.
Genre Paratelphusa H. Milne Edw.
Paratelphusa maculata de Man.
PI. VIII, a-. i:{ '.
Paratelphusa maculata de Man, Notes ffom tlie Leydeu Musenri) l!s79 (Note
XIX), p. 64, H.
Cette espèce se distingue de la P. tridentata M. Edw. (Ar-
chives du Mus. de Paris, t. 7, p. 171, pi. XIII, fig. 1) parla
' La ligure 14 se rapporte à Paratelphusa tridentata.
170 L. ZEHNTNER.
carapace plus large, à bords latéro-antérieurs plus longs et
plus convergents ; ce bord est bisinué entre la dent postorbitaire
et la dent suivante (2"^®) ; les 2™*' et 3"'*' dents sont plus libres
et séparées du bord par une échancrure plus large (comp. tig.
13 et 14.") La crête postfrontale transversale aboutit latérale-
ment, de telle sorte qu'elle continue le bord antérieur de la 2°^^
dent {ûg. 13), tandis que chez la P. fridextata (fig. 14) cette
crête s'efface sur les côtés entre la 2'"*^' et la 3"'^ dent. Les
raéropodites de toutes les pattes sont armés, en dessus, d'une
forte dent aiguë subapicale ; cette dent se trouve aussi sur le
méropodite de la 1'*^ paire de pattes.
Chez le mâle, les pattes antérieures sont très inégales, la
main droite étant la plus grosse. Doigt mobile recourbé dès sa
base, ne touchant le doigt tixe qu'à l'extrême pointe. Bords pré-
hensiles des doigts tinement granulés ; celui du doigt mobile
offrant un tubercule plus gros à la base et un autre au milieu ;
celui du doigt fixe avec deux tubercules plus gros marquant le
l*'" et le 2'"® tiers de la longueur du doigt. Petite main du mâle
grêle, à doigts très allongés, droits, se touchant sur toute leur
longueur et garnis sur leurs bords préhensiles de petits tuber-
cules spiniformes presque égaux entre eux.
La carapace est semée, en dessus, d'assez fortes ponctuations
espacées; elle est ornée, ainsi que les pattes, de nombreuses
petites taches d'un brun roux.
Longueur de la carapace: Q 27 mm. ; rf 30 mm.
Largeur de la carapace: Q 36,5 * • rf 4:1 *
Dell {Sumatra.) 1 Q , 1 ^, pris dans l'eau douce.
CRUSTACÉS DE l' ARCHIPEL MAI- AÏS. IVl
Groupe CATOMETOPA
Genre Litocheira Kinahan.
Litocheira quadrispinosa n, sp.
PI. VIII, fig. M à 116.
Carapace presque carrée, plus large que longue, déprimée,
peu convexe, avec quelques faibles lobulations en avant ; son
bord postérieur très large, les bords latéro-postérieurs très
faiblement arqués et légèrement convergents en arrière ; bords
latéro-antérieurs courts, à peine convergents en avant et
armés en arrière de l'angle externe de l'orbite de deux épines
acérées dirigées directement en avant et dont l'antérieure est
la plus longue. Front ayant un tiers de la largeur de la cara-
pace, séparé en deux lobes par un sillon longitudinal médian,
son bord peu rabattu et pourvu d'un large ourlet. Orbites très
grandes, occupant chacune presque le tiers de la largeur de. la
carapace; leur angle externe est vif mais non prolongé en épine;
le bord inférieur entiei". Pattes-mâchoires externes laissant un
espace considérable entre leurs bords internes ; ischiognathe à
bords droits, formant presque un parallélogramme ; mérognathe
transversal, à bord interne un peu saillant, à angle antéro-
interne distinctement échancré ; les trois articles suivants assez
gros, cylindriques. Article basilaire des antennes externes co-
nique, presque libre, n'atteignant pas le front. Le flagellum de
l'antenne est robuste, aussi long que la carapace, et chacun de
ses articles est garni de deux longs poils.
Pattes antérieures égales des deux côtés, courtes et peu
fortes. Ischiopodite armé vers l'extrémité de leur bord antérieur
de 3 spinules aiguës ; méropodite dépassant peu la carapace,
trilatéral, son bord antérieur garni de 2 à 3 spinules; carpopo-
dite ayant environ 7, de la longueur du méropodite, arrondi en
172 L. ZEHNTNER,
dehors et en dessus, armé à son angle antéro-interne d'une dent
triangulaire pointue ; cette dent dirigée directement en avant et
formant avec le bord interne de l'article une ligne droite. Main
(fig. llh) petite, médiocrement longue, comprimée, mais à arêtes
inférieures et supérieures arrondies ; portion palmaire fortement
rétrécie à la base, à face externe subgranulée. Doigts aussi
longs que la portion palmaire, à extrémité pointue, les deux
pointes se croisant. Bords préhensiles découpés en plusieurs
dents aiguës de telle sorte que les dents du doigt fixe alternent
avec celles du doigt mobile. Celui-ci est plus faible que le doigt
fixe, recourbé légèrement à partir de sa base et plus fortement
à l'extrémité ; en dessus il est parcouru par un faible sillon
longitudinal. Un sillon semblable parcourt le doigt fixe en
dessous.
Pattes ambulatoires longues et grêles, à articles un peu apla-
tis. La première paire est la plus faible et la plus courte, les
2*^ et 3^ sont les plus longues et un peu plus fortes. Les méro-
podites ne sont pas beaucoup plus forts que les autres articles
et deux fois plus longs que les carpopodites; ceux-ci sont moins
longs et plus grêles que les propodites, qui à leur tour sont à
peine aussi longs que les dactylopodites ; ces derniers très grêles,
pointus, avec un ongle conique et transparent. Méropodites des
trois premières paires armés en dessus de quelques spinules,
dont l'une est subapicale, et de 2 ou 3 spinules au bord inféro-
postérieur; les autres articles inermes.
Toute la carapace est revêtue d'un duvet très court et très
fin, entremêlé de longs poils peu nombreux. Les pattes sont
pourvues de poils fins très nombreux et très longs, surtout sur
les mains et sur- les trois derniers articles des pattes ambula-
toires.
Cette espèce a une couleur jaune grisâtre avec une bande
irrégulière le long des bords latéraux et une autre bande post-
frontale, transversale et en demi-cercle, d'un brun roux ; le fla-
gellum des antennes externes est de la même couleur.
CRUSTACES DE L ARCHIPEL MALAIS. \Tà
Longueur de la carapace : 3,8 mrn.
Largeur de la carapace : 5 mm.
Amboine. 1 Q .
Genre Ceratoplax Stimpson.
Ceratoplax villosa n. sp.
PI. VII, lig. 8 à 8/;.
Voisin de C. ciliata Stimpson (comp. Miers, Voi/. ofH. M. S.
« Challenger », t. 17. Report on the Brachyura. p. 234,
pi. 19, fig. 3). Carapace transversale, à bords latéro-postérieurs
droits ou subarqués et convergeant en arrière; bords latéro-
antérieurs arqués, pourvus de deux petites dents. Front faible-
ment infléchi, à bord antérieur droit et très légèrement échan-
cré au milieu, sa largeur ayant le tiers de la largeur de la
carapace. Orbites bien formées, logeant des yeux libres et
mobiles à pédoncules cylindriques; cornée petite. Pattes-mâchoi-
res externes (fig. 8a) différant de celles des autres espèces de
ce genre en ce que les mérognathes ont leur angle antéro-
externe à peine élargi. Ces mérognathes sont aussi larges que
longs et ont les deux tiers de la longueur des ischiognathes ;
leur angle antéro-interne est échancré.
Pattes antérieures de dimensions moyennes (celle du côté droit
manque); leur raéropodite n'offre rien de remarquable; carpopo-
dite gros, à face externe fortement convexe, son bord interne-
supérieur dilaté en forme de dent triangulaire. Main assez for-
tement comprimée, mais à arêtes arrondies ; la portion palmaire
est très rétrécie à sa base, et sa face externe est parcourue à
mi-hauteur par un large sillon longitudinal. Doigts moins longs
que la portion palmaire, presque de même grosseur ; le doigt
mobile est cependant un peu plus grêle. Leurs bords préhensiles
sont découpés en dents triangulaires ; l'extrémité est nettement
174 L. ZEHNTNER.
recourbée et très pointue. On trouve sur les doigts des sillons
longitudinaux. Pattes ambulatoires assez longues et assez robus-
tes, à articles comprimés, surtout en ce qui concerne les méro-
podites; ceux-ci sont aussi longs que les deux articles suivants;
les carpopodites sont peu rétrécis à leur base, un peu moins
longs que les propodites, qui sont assez élargis et atteignent la
longueur des dactylopodites ; ces derniers paraissent être moins
grêles que chez l'espèce figurée par Miers (1. c).
Tout le corps de ce Crustacé est revêtu d'une villosité lai-
neuse, grossière, frisée et très abondante.
Longueur de la carapace : 2,75 mm.
Largeur de la carapace : 3,25 mm.
Amhoine. 1 q*.
Par son faciès ce Crustacé rentre parfaitement dans le genre
Geratoplax; la seule différence qui semble l'éloigner de ce genre
(qui ne nous est connu que par les descriptions) c'est que le
niérognathe des pattes-mâchoires externes n'est pas élargi en
avant et en dehors à son angle antéro -externe. Notre espèce
se rapproche beaucoup de C. ciliata Stimpson, mais s'en dis-
tingue facilement par les bords latéro-antérieurs de la carapace
qui sont bidentés, par les bords latéro-postérieurs convergeant
en arrière, par le carpopodite des pattes antérieures plus forte-
ment élargi au bord interne supérieur, par la main plus forte-
ment comprimée, à doigts plus courts et pourvus de dents plus
aiguës sur leurs bords préhensiles. La face externe des mains
paraît entièrement lisse chez notre espèce et les méropodi-
tes des pattes ambulatoires sont plus élargis. Enfin la villo-
sité de la carapace est plus abondante que chez aucune des
espèces rapportées au genre Geratoplax.
Geratoplax leptocheUs n. sp.
PI. VII, fig. 9 à \)b.
La carapace, qui est transversale, a un contour trapézoïdal
CRUSTACÉS DE l'aRCHIPEL MALAIS. 175
si l'on fait abstraction du front. Sa surface est lisse, mais faible-
ment partagée en champs distincts par des sillons peu profonds,
surtout dans la partie antérieure de la carapace. Front avancé,
ayant le tiers de la largeur de la carapace, à bord antérieur
rabattu^ de sorte qu'il forme une voûte au-dessus des anten-
nes internes. Vu par devant, le bord antérieur forme un angle
très obtus au milieu; il est sinué sur les côtés. Vu par dessus il
est sinué au milieu et partagé par un sillon longitudinal, limité
latéralement par le sillon sourciller. Les orbites sont très
grandes, très ouvertes en dehors, laissant les j^eux en grande
partie à découvert ; bord sourciller entier, ainsi que le bord
inférieur. Yeux grands, peu mobiles, à cornée fortement bombée
et bien formée. Bords latéro-antérieurs de la carapace courts,
fortement convergents en avant, partagés eu trois parties
qui ont la forme de mamelons et dont l'antérieure, occupant
l'angle postorbitaire, est peu prononcée. Les deux partie^ posté-
rieures sont coniques et très bien marqués ' . Bords latéro-pos-
térieurs tout droits, convergeant en arrière et plus longs d'un
tiers que les bords latéro-antérieurs ; bord postérieur deux fois
aussi large que le front, bisinué. Article basilaire des antennes
externes presque cylindrique, se prolongeant dans le hiatus de
l'orbite ; son flagellum est fort et presque aussi long que la cara-
pace ; chaque article est muni de deux longs poils, Ischiognathe
des pattes-mâchoires externes plus long que large, en forme
de parallélogramme, son bord antérieur étant oblique et son
bord antéro-interne un peu proéminent. Mérognathe moins
large que l'ischiognathe, aussi large que long, rhomboïdal, por-
tant l'article suivant sur son sommet et un peu en dedans. L'ab-
domen ((^f ) occupe à sa base toute la largeur du sternum ; il est
composé de 7 articles, dont les 2 premiers sont assez étroits ; le
3« est notablement plus large, et ses angles basilaires font saillie
' Dans la figure 9, le 2e mamelon est un peu trop saillant.
176 L. ZEHNTXER.
au delà du bord postérieur de rarticle précédent ; les articles
4 à 7 s'atténuent graduellement.
Pattes antérieures très faibles et très grêles, égales des deux
côtés; leur méropodite cylindrique, dépassant peu la carapace,
ne porte ni épines ni tubercules Carpopodite cylindrique, lisse,
ayant la moitié de la longueur du méropodite et au moins aussi
long que la portion palmaire de la main. Main grêle, non com-
primée, lisse; doigts très longs et grêles, plus longs que la por-
tion palmaire, légèrement recourbés en dedans, se croisant à
leurs extrémités qui sont recourbées l'une contre l'autre. Les
bords préhensiles laissent un espace lancéolé entre eux et sont
armés de 8 à 10 spinules dentiformes dirigées en arrière.
Pattes ambulatoires beaucoup plus fortes et beaucoup plus
longues que les pattes antérieures, augmentant en longueur de
la 1" à la 3'"% la 4"^^ tenant le milieu entre la 1^' et la 2™^ Les
articles sont lisses, comprimés ; méropodites de la 2°*^ à la 4™«
paire assez élargis ainsi que les propodites de ces pattes ; dacty-
lopodites grêles, styliformes, à ongle presque droit, transparent.
La couleur de ce Crustacé est un jaune blanchâtre uniforme.
Le flagellum des antennes externes et une ligne longitudinale
irrégulière située sur les régions hépatiques, sont rougeâtres.
Tout le corps est revêtu d'un duvet très court de la couleur
générale du corps. On observe en outre sur le front, sur les
sternites, sur l'abdomen et sur les pattes ambulatoires (en parti-
culier sur les 3 articles basilaires) une pubescence laineuse
composée de poils très forts, frisés et souvent un peu épaissis
à l'extrémité. Les pattes antérieures sont presque nues ou n'ont
que des poils très fins et très clairsemés, visibles seulement à
Taide d'une forte loupe.
Longueur de la carapace: 3 mm.
Largeur de la carapace : 4 -
Amboine. 1 çj'.
CRUSTACÉS DE l' ARCHIPEL MALAIS. 177
Genre ^Myctiris Latr.
Myctiris hrevidadylus Stimpson.
PI. VIII, fig. 21 et 21fl \
Myctiris brevidactylus Stimpson, Proceed. of the Acad. of Natural Sciences of
Philadelphia, 1838, p. 99.
Carapace proportionnellement plus large que chez M. longi-
carjMS, à régions branchiales plus bombées et plus rugueuses.
Le reste de la carapace est lisse, mais semé de granulations dis-
tinctes très espacées, tandis que chez M. longicarpus ces granu-
lations sont plus fines et très denses. Front moins fortement
infléchi que chez 31. longicarpus^ plus large et moins long
(comp. pi. VIII, fig. 21 et 22), non élargi aux angles latéraux,
ses bords latéraux étant presque parallèles en avant ; le lobe
médian est étroit, à bords fortement sinués sur toute leur lon-
gueur. Chez M. longicarpus le front est plus long et moins large,
un peu élargi aux angles latéraux ; le lobe médian en triangle
obtus, à bords un peu arqués aux angles latéraux, très faible-
ment sinués au milieu. Les yeux du M. longicarpus sont au
moins deux fois plus grands que ceux du M. brevidactylus.
Enfin les pattes antérieures (comp. pi. VIII, fig. 21a et 22a)
fournissent des caractères assez importants. Elles sont moins
longues chez l'espèce de Stdipsox ; leurs articles sont plus
larges, surtout le carpopodite et la portion palmaire de la main;
les doigts de la main sont plus recourbés en dedans, sensible-
ment moins longs que chez M. longicarpus et le doigt mobile
n'offre qu'une faible trace de la dent triangulaire qu'on observe
chez l'espèce de Milne Edwards. Le dactylopodite de la der-
nière paire de pattes ambulatoires est recourbé en haut à son
extrémité.
^ Les figures 22 et 22a se rapportent à Myctiris longicarpus.
Rev. SnssE DE ZooL., T. IL 1894. 12
178
Longueur de la carapace
Largeur de la carapace :
Largeur du front :
Largeur de la main :
Longueur de la portion palmaire
Longueur du doigt mobile
Amboine. De nombreux individus
L. ZEHXTNER.
brevidactylus
long) car pus
17 mm.
24,5 mm
15
19,25 »
2,25 .
2,75 *
6,2 *
6,5 »
Imaire :
7
7
:
8,2 »
11,5 »
Genre Ocypoda Fabr.
Ocypoda ceratophthalma Pallas.
Amboine. 2 rj' .
Ocypoda cordimana Latr.
Amboine. 1 (^f , petit individu.
Genre Gelasimus Latr.
Gelasimus annulipes Latr.
Gelasimus annulipes de Man, Archiv fiir >îaturgescli. 1887, p. 353. 110 (et
synon.).
L'unique individu que nous pouvons rapporter à cette espèce a
la grosse main presque lisse, finement grenue lorsqu'on la regarde
à la loupe. Le doigt mobile est au moins d'un tiers plus large
que le doigt fixe, à pointe aiguë et recourbée, son bord préhen-
sile finement granulé, offrant 3 tubercules un peu plus grands
que les autres ; le doigt fixe a son extrémité tronquée oblique-
ment à cause d'un tubercule subapical; un tubercule plus grand
est placé un peu avant le milieu du bord préhensile et un 3^ se
trouve tout à fait à la base.
Amboine. 1 (J.
CRUSTACÉS DE l' ARCHIPEL MALAIS. 179
La collection que nous avons sous les yeux renferme une
petite femelle d'un Gelasimus qu'il nous est impossible de
déterminer avec sûreté. Par son faciès, ce Crustacé se rap-
proche beaucoup de G. amiuUpes et de G. cMoropMhalmus ,
espèces qui ne nous paraissent pas être bien distinctes l'une de
l'autre. Le matériel que nous avons pu examiner au Musée de
Genève nous porte à croire que les caractères distinctifs établis
par HiLGENDORF (Monatsber. Acad. Berlin, 1878, pp. 804 et
805) sont variables et nécessitent une re vision (|es espèces.
L'individu que nous avons observé concorde avec G. annuUpes
par son bord sourciller, qui est double sur plus de sa moitié
interne, par le bord inférieur de l'orbite, qui est arqué, et par le
sillon frontal bien accusé. Il concorde' avec le G. clilorophthal-
mus par sa carapace fortement bombée, par les bords inférieurs
et supérieurs de l'orbite qui se rencontrent en formant un angle,
et par la dent épibranchiale dirigée plutôt en avant qu'en
dehors. En outre, toute la carapace en dessus et les régions
ptérygostomiennes sont couvertes de fines granulations très
denses, tandis que la carapace est lisse ou finement ponctuée
chez les espèces citées. La coloration est assez remarqua-
ble. Le corps est d'un jaune verdàtre et les pattes antérieures
d'un violet foncé, sauf la main qui est orangée. Les méropodites
des trois premières paires de pattes ambulatoires sont d'un
jaune orangé avec la base violacée; les trois derniers articles
de ces pattes, ainsi que la dernière paire de pattes, sont entière-
ment violets ; les dactylopodites seuls sont jaunâtres à leur
extrémité.
Longueur de la carapace : 8,75 mm.
Largeur de la carapace : 13,5 mm.
Jndes néerlandaises. .] Ç.
180 L. ZEHNTNER.
Gelashnus forcipatus White.
Gelasimus forcipatus Kingsley, Proc. Acad. >'at. Se. Philadelphia 1880, p. 142,
pi. IX, lig. 9 (et .synon.).
Le Crustacé que nous rapportons à cette espèce diffère des
individus figurés par Kingsley (1. c.) et A. Milne Edwards
(Nouv. Arch. Mus., t. 9, pi. 12, fig. 4) en ce que l'extrémité du
doigt fixe est tronquée de la même manière que le doigt mobile.
La partie tronquée ressemble à celle qu'on observe dans la figure
donnée par Kingsley. Le bord supérieur du doigt mobile est
convexe sur toute sa longueur et non sinué à la base comme on le
voit dans la figure représentée par Milne Edwards. De plus, le
tubercule situé au milieu du bord préhensile du doigt fixe est
beaucoup plus prononcé que dans les figures citées. La face
interne de la main offre un sillon profond un peu recourbé en S
et situé à la base du doigt fixe.
Longueur de la carapace : 14 mm.
Largeur de la carapace : 24,5 mm.
Amhoine. 1 cf.
Genre Sesarma Say.
Sesarma Edwardsii de Man ; var. crassimana de Man.
Sesarma Edwardsii, var. crasaimana de Man. Journal of the Linnean Society of
London, t. 22 (1888), p. 188. 102a, pi. XIII, fig. o et 6.
L'unique mâle que nous pouvons rapporter à cette variété
présente les caractères suivants. Les bords latéraux de la cara-
pace n'ont qu'une seule dent derrière la dent postorbitaire ; il
n'y a pas de traces de la 2* dent. Les régions de la carapace
sont encore mieux indiquées que chez les individus décrits par
DE Man ; la région génitale est partagée par un fort sillon trans-
CRUSTACÉS DE l'aRCHIPEL MALAIS. 181
versai et la région cardiaque est très bien limitée latéralement.
L'abdomen est encore plus étroit que chez les individus de la
forme typique et la dernière paire de pattes ambulatoires est
beaucoup plus petite que la précédente, son méropodite n'ayant
que les deux tiers de la longueur et la moitié de la largeur du
méropodite de l'avant-dernière paire.
Longueur de la carapace : 12 mm.
Largeur de la carapace : 14,25 mm.
Largeur du front : 8,2 mm.
Sarawak {Bornéo). 1 çj' pris dans l'eau douce.
Sesarma Edwardsii, var. lœvimana n. var.
Nous désignons sous ce nom une petite série de Crustacés de
différentes tailles, offrant tout à fait les formes de la S. Edwardsii,
mais s'en distinguant par la sculpture de la carapace et des
pattes antérieures. La carapace est garnie, en dessus, de rares
ponctuations assez, grosses, qui semblent être piligères à l'état
frais. Or chez S. Edivardsii (au moins chez l'individu que nous
rapportons à la variété crassimana) ces ponctuations sont plus
fortes et les espaces qui les séparent sont recouverts d'une
ponctuation plus fine et très serrée. Dans la var. lœvimana, les
espaces situés entre les grosses ponctuations sont, ou bien tout
à fait lisses, ou bien semés de très fines ponctuations à peine
visibles à la loupe. La différence est plus frappante chez les
grands individus que chez les petits. En outre, les pattes anté-
rieures sont inégales chez les individus appartenant à la var.
lœvimana; la portion palmaire des mains est lisse, ponctuée,
non garnie de tubercules aigus comme on l'observe chez la forme
typique, et le bord supérieur de cette partie de la main est sur-
monté d'une crête peu saillante.
Chez le plus grand individu, portant l'étiquette : « Indes
182 L. ZEHNTNER.
néerlandaises », les pattes sont fortement inégales; la grosse
main est aussi haute que chez S. Edwardsii; sur la face
externe, les ponctuations deviennent un peu écailleuses dans la
partie inférieure et le doigt mobile est garni en dessus de quel-
ques granules. Chez les individus provenant de Sarawak, les
mains sont moins inégales, moins hautes; les doigts par consé-
quent sont plus longs en proportion; la face externe des mains
est simplement ponctuée ; doigt mobile non granulé en dessus.
L'abdomen de cette variété est encore moins large que celui
de la var. crasshnana.
Le mâle sans patrie précise offre les mesures suivantes :
Longueur de la carapace : 17,5 mm.
Largeur de la carapace : 20,5 mm.
Largeur du front : 12 mm.
Le plus grand individu de Sarawak, qui a malheureusement
perdu ses pattes antérieures, offre ces mesures :
Longueur de la carapace : 15,25 mm.
Largeur de la carapace : 17,25 mm.
Largeur du front : 10,25 mm.
Indes néedamlaises. Sarawak (Bornéo), eau douce. 4 ç^,
1 9-
Sesarma Bocourti A. Milne Edw.
Sesarma Bocourti Milne Edwards, Nouv. Arcli. Mm., t. .'i, Bulletin, p. 28. 7.
Sesartaa cheirjgon'i Targioni Tozzetti, Grostacei del Viaggo délia Magenia,
|). 141, pi. IX, fi!,'. 2. a-g.
L'unique individu que nous rapportons à cette espèce fort
remarquable répond bien à la description et aux figures qu'en
donne Targioni Tozzetti (1. c), sauf la main, qui est beaucoup
plus fortement comprimée et à face externe concave; le bord
inférieur de la main est sinué au milieu et forme avec le bord
CRUSTACÉS DE l' ARCHIPEL MALAIS. 183
postérieur de la portion palmaire un angle assez vif, un peu
plus ouvert que l'angle droit; cette partie de la main n'est pas
arrondie, mais forme les trois faces d'un tétraèdre. Le doigt
mobile n'est pas régulièrement recourbé à partir de sa base,
mais brusquement infléchi à son premier tiers basai. Toutes ces
différences tiennent probablement à ce que notre individu est
plus grand que celui figuré par Targioni Tozzetti. Comme le
dit cet auteur, les méropodites sont munis en dessus d'une dent
subapicale.
Longueur de la carapace : 25,5 mm.
Largeur de la carapace : 30 mm.
Largeur du front : 16 mm.
Sarawak (Bornéo). 1 q*.
Groupe OXYSTOMATA.
Genre Matuta Fabr.
Matuta victrix, var. crehrepunctata Miers.
Matuta victrix Fabr. var. crebepunctata Miers, Truns. Linn. Soc. Lond. (Zool)
(2) t. 1, p. 244, pi. 39, fig. 4.
Amboine. 1 (^.
Matuta hanksii Leach.
PL VIII, fig. lo.
Matuta banksii de Mail, Archiv fiir Naturgesch. iS87, p. 389 (et syiiun.).
Chez cette espèce, le grand champ de stridulation sur la face
interne de la main est un peu différent de celui des espèces voi-
sines. Il a la forme d'une demi-ellipse pins large que haute, qui
est parcourue par 7 rides presque parallèles au bord inférieur
de la main. Chez M. victrix, ce champ est plus haut que large,
184 L. ZEHNTNER.
presque elliptique, et les rides le parcourent plus obliquement.
Amboine. 2 Ç, 4 q*.
Sous-ordre ANOMURA
Groupe HIPPIDEA
Ce groupe n'est représenté, dans la collection qui nous
occupe, que par une seule espèce, à savoir :
Remipes testiidinarius H. Milne Edw.
Amboine. 1 individu.
Groupe GALATHEIDEA.
Genre Galathea Fabr.
Galatliea elegans White.
Gffl/a(/iea e%ans Henderson, Voyage of H. M. S. « Challenger », t. 17, Report
OH the Anomura, p. H7 (et synon.).
Nous avons pu examiner 3 individus de cette espèce. Le plus
grand, qui a 6,5 mm. de longueur, est orné de ces bandes longi-
tudinales blanches et pourprées si caractéristiques pour cette
espèce. On doit noter que les dactylopodites des pattes ambu-
latoires sont armés, sur leur bord inférieur, de 3 ou 4 spinules
placées verticalement sur le bord.
Amboine.
Genre PoLYOînnx Stimpson.
Polyonyx tuberculosus de Man.
Porceltana (Polyonyx) sp. {tuberculosa dans le texte) de Man, Archiv fiir Natur-
geschichte 1887, p. 424. pi. XIX, tig. 1.
'? Polyonyx tuberculosus Henderson, Transact. Linn. Soc. of London 1893,
p. 431.
Espèce très voisine du Polyonyx biunguiculata Dana ( Unit.
CRUSTACÉS DE l' ARCHIPEL MALAIS. 185
Stat. Explor. Exped., CrusL, t. 1, p. 4 11, pi. 26, fig. l)dont elle
se distingue surtout par la sculpture des pattes antérieures. La
face externe des mains est très grossièrement ponctuée, un peu
verruqueuse, et offre en outre à la base du doigt fixe quelques
gros tubercules arrondis. Les ponctuations de la main s'éten-
dent aussi sur les doi^fts. Le bord inférieur de la main est longé
par un sillon assez fort se continuant sur le doigt fixe, d'où
résulte que ce bord parait nettement ourlé. Chez la femelle —
qui seule était connue de de Man — le bord inférieur du doigt
fixe et le bord supérieur de l'extrémité du doigt mobile sont
finement denticulés et les doigts se touchent sur tout leur bord
préhensile. Chez les mâles, ces caractères ne se trouvent que
sur la petite main, tandis que la grande a tout à fait la forme
de celle du P. hiunguiculatus (comp. fig. 16 de Dana, 1. c). Les
dactylopodites des pattes ambulatoires ne diffèrent guère de ceux
du P. hiunguiculatus (1. c. fig. \d). Ils sont terminés par une
double griffe. La griffe inférieure est un peu moins longue que
la supérieure et elle est suivie en arrière de deux petites épines,
qui semblent avoir échappé à de Man. Comme elles ont été
repoussées un peu sur la face postérieure des dactylopodites, on
les voit seulement en regardant l'article par sa face postérieure
et de dessus.
Longueur de la carapace : 4,8 mm.
Largeur de la carapace : 5,25 mm.
Amboine. 4 (^.
Les Crustacés décrits par Henderson (1. c, p. 431) et ra])-
portés avec doute au P. ttiherculosus, semblent différer de cette
espèce par les tubercules qui se trouvent sur la face supérieure
de la main et des carpopodites des pattes antérieures.
Polyonyx triunguiculatus n. sp.
L;i carapace de cette espèce est beaucoup plus large que
186 h. ZEHNTNER.
longue, à surface lisse et luisante et semée de ponctuations
obsolètes. Les bords latéraux sont très peu arqués et faiblement
ridés en travers comme le front. Celui-ci est fortement rabattu,
trilobé, avec le lobe médian étroit, aigu, et dépassant notabh;-
ment les lobes latéraux qui sont de forme triangulaire.
Les pattes antérieures de la femelle sont égales des deux
côtés, à articles fortement ponctués, sauf sur la face interne,
mais dépourvus de granulations. Le méropodite est très court ;
il est dilaté sur son bord supérieur-interne en forme de lobe
arrondi, et porte sur sa face interne une petite épine, qui est
située près du bord inférieur du méropodite. Le carpopodite n'a
que les deux tiers de la largeur de la carapace. De même que
le méropodite, il est dilaté sur son bord supérieur-interne. Les
mains sont de grandeur moyenne, à peine plus grosses que les
carpopodites. L'arête inféi-ieure de la portion palmaire est mar-
quée d'une ligne lisse et élevée qui se continue jusqu'à Textré-
mité du doigt fixe. Sur la face interne de la main, on observe
une petite carène longitudinale qui est placée au-dessous du
milieu de la main et s'arrête avant d'atteindre la base du doigt
fixe. Les doigts se croisent à leur extrémité, où ils sont forte-
ment recourbés et brusquement rétrécis. Les bords préhensiles
sont tranchants, finement crénelés et n'offrent ni tubercules ni
saillies triangulaires, de sorte qu'ils se touchent sur toute leur
longueur. Le doigt mobile est plus grêle et plus long que le
doigt fixe et son bord supérieur est marqué par une petite crête
lisse. Les dactylopodites des pattes ambulatoires se terminent
par 2 grandes griffes dont la supérieure est la plus longue et la
plus grêle. On trouve en outre une épine très petite placée à
la base de la 2" griffe et un peu repoussée sur la face postérieure
du dactylopodite.
Longueur de la carapace : 3,75 mm.
Largeur de la carapace : 5,5 mm.
Amhoine. 1 Ç.
CRUSTACÉS DE l'aRCHIPEL MALAIS. 187
Cette espèce se rapproche surtout du P. ohesulus Miers
(Report on tlie Zool Coll. Voy. H. M. 8. « Alert », Crust, p. 272.
16, pi. 29, fig. D). Elle s'en distingue nettement par le lobe
médian du front, qui est étroit, aigu, et qui dépasse sensible-
ment les lobes latéraux, tandis qu'il est large, arrondi et peu
saillant chez P. ohesulus. Les pattes antérieures sont très forte-
ment ponctuées chez P. triunguiculatus ; elles le sont à peine
chez P. ohesulus. Les dactylopodites des pattes ambulatoires
semblent avoir la même armure chez les deux espèces en ques-
tion.
Polyonyx hexagonalis n. s p.
PI. VIII, fig. 18 et 18a.
La carapace de cette espèce est nettement hexagonale et un
peu plus large que longue. La surface est modérément convexe,
faiblement ridée en travers et semée de quelques ponctuations.
Le front est fortement infléchi en bas, de sorte que son bord
paraît droit quand on regarde l'animal par-dessus. La partie
infléchie du front est trilobée, à lobe médian triangulaire et
dépassant notablement les lobes latéraux. Les bords latéro-anté-
rieurs de la carapace offrent une petite dent, immédiatement
derrière l'angle postorbitaire qui est lui-même dentiforme. Le
reste des bords latéro-antérieurs est bordé par un sillon bien
accentué et armé au niveau des régions branchiales de 4 petites
dents dirigées en avant. Ces dents diminuent graduellement de
la postérieure à l'antérieure.
Les pattes antérieures sont assez grandes, presque égales des
deux côtés, celle du côté gauche étant cependant la plus grande.
Le méropodite porte à son bord supérieur-interne un lobe
arrondi et finement denticulé; il est en outre armé, sur son
bord inférieur-interne, de 3 petites épines acérées. Le carpopo-
dite est assez court, n'ayant pas la moitié de la largeur de la
188 L. ZEHNTNEll.
carapace. Son bord supérieur-interne est lamellaire et armé de
3 à 4 dents aiguës, plus quelques denticules vers son articula-
tion avec la main. Les deux mains ont des formes un peu diffé-
rentes. Celle du côté gauche est un peu plus haute ; sa portion
palmaire s'atténue moins subitement vers la base et les doigts
sont plus gros et plus courts ' ; le doigt fixe est garni d'un tuber-
cule au milieu de son bord supérieur. La main droite est moins
haute, à doigts plus longs, presque d'égale forme; le doigt fixe
sans tubercule sur son bord supérieur. Les bords préhensiles
des doigts, le bord inférieur des mains et le bord supérieur du
doigt mobile sont finement crénelés sur les deux mains. Les dac-
tylopodites des pattes ambulatoires sont terminés par deux lon-
gues griffes.
Longueur de la carapace : 5,5 mm.
Largeur de la carapace : ^ 6,5 mm.
Amhoine. 1 (^.
Genre Porcellanella White.
Porcellanella tnloba White.
PI. VIII, tig. 17.
Porcellanella triloba Hendersoii, Transact. Linn. Soc. of London (2), t. o, p. 429
(et synon.).
Porcellanella picta Stimpson, Proceed. Acad. >'at.Sc. of Philadelphia. 18-J8,
p. 24.3.
Dans un récent mémoire, Henderson, qui a pu étudier des
spécimens typiques de cette espèce, à noté les différences qu'il y
a entre P. tnloba et P. jnda. Ces différences sont si peu impor-
tarites, que Henderson propose de réunir les deux espèces,
tout en admettant qu'elles peuvent au besoin rester séparées.
Chez un individu d'Amboine que nous rapportons à P. triloba,
^ DaiLs la ligure 18 le doigt mobile est trop grêle.
CRUSTACÉS DE l' ARCHIPEL MALAIS. 189
le lobe médian du front est triangulaire et dépasse distinctement
les lobes latéraux, ainsi qu'on Ta décrit chez P.picta. Les 4 spi-
nules des dactylopodites sont inégales entre elles (PI. VIII,
fig. 17). La P^ en dessous est la plus petite, la 2^ la plus grande
et les deux suivantes diminuent graduellement en longueur.
Chez P.picta, ces 4 spinules sont subégales.
La couleur du spécimen que nous avons étudié est complète-
ment noire avec des reflets irisés. Nous ignorons si cette colora-
tion est naturelle ou due au procédé employé pour fixer l'animal.
Longueur de la carapace : 9 ram.
Largeur de la carapace : 6,5 mm. ,
Amboine.
Groupe PAGURIDEA.
Genre Cœnobita Latr.
Cœnobita rugosus H. Milne Edw.
Cœnobita rugosus Milne Edwards, Hist. nat. Grust., t. II, p. 241 ; Dana, Unit.
Stat. Explor. Exped. Crust., t. I, p. 471, pi. 30, fig. 1 et 2 ; Hilgendorf,
Van der Deckens Reisen, etc. Cnist., p.*99. pi. 6, fig. 2, .3a et 46.
Chez cette espèce, nous avons pu observer une intéressante
variété de coloration.
La couleur générale blanchâtre passe au bleuâtre aux der-
niers articles des pattes. La carapace est ornée d'une bande
transversale d'un brun de sépia, qui est située derrière le bord
frontal et qui se continue sur les côtés de la carapace. Une
bande semblable se trouve un peu en avant de l'extrémité des
méropodites des 3 premières paires de pattes. Les carpopodites
de ces pattes sont bruns en dehors, avec une étroite bande
blanche longitudinale à mi-hauteur. Les propodites et dactylo-
podites des 2^ et 3^ paires sont blancs à l'extrémité ; le reste de
leur face externe est brun aux pattes du côté droit, bleuâtres
190 L. ZEHNTNER.
aux pattes gauches. La main gauche a sa moitié supérieure
blanchâtre et la moitié inférieure brune. Les pédoncules ocu-
laires et leurs écailles basilaires sont uniformément bruns. Il
en est de même du flagellum des antennes externes.
Amboine. 2 individus. Un 3^ très petit appartient à la forme
typique de cette espèce. — lie Vidory, de nombreux individus
de coloration ordinaire.
Gœnohita dypeatus H. Milne Edw.
Amboine. 1 Ç>. — lie Victory, de nombreux individus.
Genre Pagurus Fabr.
Pag unis euopsis Dana.
Pagurus euopsis Dana, Unit. Stat. Exploi\ Exped. Crust., t. I, p. 432, pi. 28,
fig. 6; de Man, Archiv fiir Naturgesch. 1887, p. 429 (et synoii.).
Les longs poils roux à extrémité blanche qui revêtent les
pattes donnent un aspect tout particulier à cette espèce. Un
autre caractère très net se trouve sur les antennes externes,
dont les articles sont pectines dans la seconde moitié du flagel-
lum. Les épines situées sur les mains et les carpopodites des
pattes antérieures sont très longues, grêles et recourbées à
l'extrémité. Ces épines sont beaucoup moins longues et peu
recourbées chez P. spinimanus. Le corps et les pattes sont irré-
gulièrement tachetés de rouge et de blanc. La couleur rouge
devient plus sombre vers l'extrémité des pattes, où elle passe
quelquefois au brun. Une grande tache rouge se trouve sur la
région gastrique de la carapace et sur la face supérieure des
méropodites et des carpopodites des 2^ et 3^ paires de pattes.
Longueur de la carapace : 33,5 mm.
Largeur du front : 14 mm.
Amboine. 2 Ç.
CRUSTACÉS DE l' ARCHIPEL MALAIS. 191
Pagurus spinwianus H. Miliie Edw.
Pagurns spinimanus Miliie Edwards, Annales des Se. uat. (3), t. 5, p. 61; Dana.
Unit. Stat. Explor. Exped. Grust., t. I, p. 452, pi. 28, fig. o«.
Cette espèce se reconnaît facilement à sa coloration. Elle
offre, sur un fond rouge, de petites taches blanches entourées
d'un anneau verdâtre, bleuâtre ou noir. Le P. pundatus est
tacheté de rouge sur un fond testacé et P. guttatus et P. setifer
sont ornés de taches blanches sur un fond brun-marron, sans
que ces taches soient entourées d'un anneau d'une autre cou-
leur. Les épines des pattes antérieures sont comparativement
peu longues, très fortes, peu pointues, à peine recourbées à
l'extrémité, et souvent même complètement droites. Les pédon-
cules oculaires sont uniformément rouges, de forme cylindri-
que, à cornée non renflée. Ils sont plus petits que ceux de
P. euopsis.
Amboine. 1 Q.
Pagurus deformis H. Milne Edw.
Pi. VIII, tig. 20 et 20rt.
Pagurus deformis Milne Edwards, Annales des Se. nat. (2), t. G. 1836, p. 272,
pi. XIII, lig. 4.
Chez cette espèce, le bord supérieur de la main gauche est
droit, parallèle au bord inférieur et armé de 5 à 6 dents diri-
gées en avant. La face externe de la portion palmaire présente,
dans sa partie supérieure, deux dépressions longitudinales entre
lesquelles on voit une rangée de tubercules. L'arête inférieure
de la main est crénelée jusqu'à l'extrémité du doigt fixe et
forme une ligne presque droite. Le doigt mobile est fortement
caréné en dessus et la carène est très régulièrement crénelée.
Le propodite de la 3^ paire de pattes gauche est deux fois aussi
192 I- ZHHNTNER.
large que le dactylopodite. Sa face externe est parcourue, à mi-
hauteur, par un bourrelet longitudinal ; des deux côtés de ce
bourrelet, elle devient concave et forme, à sa rencontre avec
la face supérieure, une crête bien marquée et finement créne-
lée. Une crête semblable se voit sur le bord inférieur du pro-
l»odite. Le dactylopodite est concave sur sa face externe et ses
bords supérieur et inférieur sont crénelés.
Amhoine. 3 cf.
Pagurus sigmoidalis n. sp.
PI. VIII, fig. 19 à 196.
Cette espèce est voisine du P. gemmatus Milne Edwards. Elle
s'en distingue nettement par les caractères suivants.
La main gauche est comparativement plus haute et à doigts
plus courts ; sa face externe semble avoir subi une torsion à la
base du doigt fixe, ce qui fait que l'arête inférieure, formée par
une série de tubercules arrondis, est courbée en forme d'S
(fig. 19a); cette courbure est à peine indiquée chez le P. gem-
matus. Enfin les deux tiers inférieurs de la face externe de la
main sont lisses chez P. sigmoidalis, tandis que chez P. gemma-
tus toute la face externe, même celle des doigts, est couverte
de gros tubercules mousses. La 3^ patte gauche a une forme
presque identique dans les deux espèces en question (fig. \^h).
Cependant le dactylopodite est moins grêle chez le P. sigmoi-
dalis. Il est plus large à la base, et la crête lisse longitudinale
située sur sa face externe est plus éloignée du bord inférieur que
chez P. gemmatus, où cette crête se confond presque avec le
bord.
Longueur du céphalothorax : 1 7 mm.
Largeur du front : 6,25 mm.
Un mâle qui a perdu la grande patte antérieure ne diffère des
individus typiques que par le dactylopodite de la 3* patte gauche.
CRUSTACÉS DE l' ARCHIPEL MALAIS. 193
Cet article de la patte n'a pas de carène lisse sur sa face
externe, et ses bords ne sont pas crénelés.
Amhoine. 2 Ç, 2 cf.
Par la forme du dactylopodite de la 3^ patte gauche, cette
espèce se rapproche du P. variées Heller (Sitzungsber. Acad.
Wien, t. 44, p. 244, pi. 1, fig. 1 ; pi. 2, fig. 2 et 3). Mais chez
P. varipes, le propodite de la 3® patte gauche est aplati et
caréné en dehors, à bords supérieur et inférieur fortement den-
ticulés. La main gauche semble être un peu contournée et son
arête inférieure est flexueuse; cependant sa face externe n'a
pas les deux sillons longitudinaux qui sont si bien marqués chez
P. sigmoidalis. Enfin les pédoncules oculaires sont un peu plus
grêles chez P. varipes, dépourvus d'un anneau blanc au milieu,
et la cornée est distinctement échancrée à son bord antérieur.
Groupe Megalopidea.
Nous avons pu examiner une espèce de ce groupe, qui a été
établi pour des formes larvaires.
Monolepis orientalis Dana.
Monolepis orientalis Dana. Unit. Stat. Explor. Exped. Crust., t. 1, p. 492,
pi. ai, fig. o.
Amhoine. Un individu dont la carapace a 5 mm. de longueur.
Sous-ORDRE MACRURA.
Groupé THALASSINIDEA.
Genre Thalassina Latr.
Thalassina scorpionoides Latreille.
Amhoine. 1 individu.
Rev. Suisse de Zool.. T. II. 1894. 13
194 L. ZEHNTXER.
Genre Calliaxassa Leach.
Callianassa amboinemis de Man.
Callianassa amboinensis de Man, Arcliiv fiir Xaturgesch. 1887. p. 480. pi. 20,
tig. 4.
Les deux individus que nous avons observés répondent bien à
la description donnée par de Man. Nous devons remarquer
cependant que cet auteur a représenté la petite patte antérieure
et non la grande. Chez un individu intact que nous avons
examiné, le méropodite de la grande patte antérieure (gauche)
est plus dilaté au milieu. Le carpopodite est beaucoup moins
long, n'ayant que le tiers de la longueur de la main, dont la
portion palmaire paraît être moins longue aussi.
Longueur du corps : 2 1 mm.
Amboine.
Genre Gebiopsis A. Milne Edw.
Gebiopsis intermedia de Man.
Gebiopsis intermedia de Man, Journal of the Linn. Soc. of Loudon. t. 22. Zool.,
p. 256, pi. 16, fig. 6 à 8; Archiv fiir Naturgesch. 1887, p. 462.
Un mâle de 39 mm. de longueur répond bien à la description
donnée par de Man (Journ. Linn. Soc), à l'exception des pattes
antérieures, dont la partie palmaire de la main n'est pas atté-
nuée vers l'articulation du doigt mobile. Celui-ci est moins long
et plus épais à la base.
Quatre femelles de 23 mm. offrent les différences mention-
nées par DE Man, dans son mémoire sur les Crustacés récoltés
par J. Brock (Archiv fur Naturgesch.). La présence, à Am-
boine, de la forme typique semble indiquer que nous avons
affaire à des différences d'âge plutôt qu'à une variété locale.
Amboine.
Axius
CRUSTACÉS DE l'aRCHIPEL MALAIS. 195
Genre Axiijs Leach.
Âxius sjnnipes de Man.
spinipes de Man, Archiv fur Xaturgesch. 1887, p. Wk, pi. 19, fig. G.
Nous n'avons eu qu'un individu de cette espèce. Bien qu'il ait
perdu les pattes antérieures et 2 pattes ambulatoires, on peut
cependant reconnaître qu'il s'agit de VA. spinipes. Les spinules
qui se trouvent sur la région stomacale du céphalothorax sont
notablement plus fortes que celles qui sont représentées dans la
figure donnée par de Man. Les spinules, qui sont disposées en
rangées, sont placées sur des arêtes. Ces petites différences
tiennent probablement à ce que l'individu de de Man est de
taille moins grande (28 mm.) que le nôtre.
Longueur du corps : 37 mm.
Amboine. 1 Q.
Axius plectorhynchus Strahl.
Axius plectorhynchus Strahl, Monatsber. Berliner Akad. der Wiss. 18G1,
p. 1060, tig. 2, 3. 4 et 11; de Man, Archiv fiir Naturgeschichte, 1887,
p. 4G3, pi. 19, fig. o.
Chez un individu de 33 mm. de longueur, le rostre ne porte
que 3 épines sur chaque bord, en arrière de l'épine apicale.
Chez un autre individu de 28 mm. de longueur on en compte
4, comme l'a décrit Strahl.
Les propodites des 4°^^ et 5"^' pattes se prolongent à leur bord
inférieur pour former avec les dactylopodites des pinces impar-
faites.
Amhoine. 2 Ç.
196 L. ZEIINTNER.
Genre Paraxius Bâtes.
Paraxms Pideti n. sp.
PI. IX, fig. 2o à Tàe.
Le céphalothorax est assez fortement comprimé et graduelle-
ment rétréci en avant. Le rostre frontal dépasse légèrement les
yeux et se termine par 3 épines, dont la médiane est la plus
longue et un peu infléchie en bas. Sur le bord frontal on observe
une forte épine de chaque côté, tout pr-ès de la base du rostre,
et une autre plus en dehors. La région stomacale est limitée par
un sillon cervical bien accentué (tig. 25a). Elle porte sur son
disque une vingtaine d'épines, disposées régulièrement sur 5 à
6 rangées longitudinales. Une épine plus grande est placée sur
deux carénules obliques et un peu en arrière de la base du
rostre.
Les segments de l'abdomen sont tous de même largeur, sauf
le P^" qui est un peu plus étroit. Leurs lobes latéraux sont brus-
quement rabattus, de forme carrée et avec des angles arrondis.
Le 6"* segment a ses bords latéraux arqués au milieu et sinués
vers les extrémités du segment ; son bord postérieur est bisinué
et les angles latéro-postérieurs sont vifs et un peu recourbés. La
surface du segment est garnie de deux pinceaux de poils situés
près du bord postérieur du segment. Dans sa partie antérieure
on voit une paire de longs poils.
La plaque médiane du telson est de forme carrée, aussi longue
que large, et porte au milieu de son bord postérieur une petite
épine. Les bords latéraux sont armés de 4 épines, dont la P^
est la plus grande et placée près de la base. La partie basale de
la plaque est épaissie, bosselée, et donne naissance à deux crêtes
intramarginales qui laissent entre elles une partie mince et
transparente en forme de parabole. Ces crêtes sont armées de
CRUSTACÉS DE l' ARCHIPEL MALAIS. 197
2 épines chacune. Les deux plaques latérales du telson sont plus
longues que la plaque médiane.
La plaque intermédiaire est presque rectangulaire, à bord
interne faiblement arqué, à bord externe un peu sinué et armé
dans la moitié distale de 4 épines. Le bord apical est arrondi et
garni de 9 ou 10 épines. Le milieu de la plaque est parcouru
par une crête longitudinale qui porte 3 épines.
La plaque latérale est de forme elliptique. Elle porte à son
extrémité un petit lobe mobile en forme de segment de cercle,
qui est garni de 6 à 8 très petites épines. La moitié ^externe de
la plaque est parcourue par deux crêtes intramarginales, dont
l'externe est armée de 4 épines, l'interne d'une seule épine à son
extrémité. En outre, on compte 10 à 12 épines au bord externe
de la plaque.
Les antennes externes sont au moins aussi longues que le
corps du Crustacé. Leur pédoncule dépasse notablement le ros-
tre frontal. Le 1" article est plus long que les deux suivants,
pris ensemble, aussi long que les yeux, comprimé et terminé en
dessus par deux épines immobiles. Le 2<^ article est un peu plus
long que le 3^. Le flagellum est assez robuste et ses articles
sont finement ciliés.
Les antennes internes sont de la longueur du céphalothorax.
Leur pédoncule arrive à la hauteur du milieu du 2^ article du
pédoncule des antennes externes et porte deux filaments qui
sont de même longueur.
Les pattes de la V" paire sont très inégales; celle du côté
gauche est la plus grande. Le méropodite a la forme d'un tra-
pèze allongé. Il est comprimé et inerme sur ses bords. Le car-
popodite est presque deux fois plus haut que long, moins com-
primé que le méropodite et portant une arête lisse au bord
supérieur. La main est très grosse, à portion palmaire épaisse,
bombée sur ses deux faces, et presque aussi haute que longue.
L'arête supérieure est élevée en forme de cordon lisse, et le
198 h. ZKllNTNEK.
bord inférieur est longé par un" sillon qui se continue sur le doigt
mobile. La face externe et la face interne de la main sont
recouvertes de gros tubercules arrondis, (jui i)rennent la forme
de mamelons dans la partie supérieure de la face externe. Dans
l'angle inféro-postérieur des deux faces, ces tubercules sont
beaucoup plus petits et aplatis. Le doigt tixe est court, conique,
non intléchi. Son bord supérieur est armé de deux dents trian-
gulaii'es, et sa face externe est garnie d'une rangée de poils. Le
doigt mobile est plus long que le doigt tixe. recourbé à Textré-
mité, caréné en dessus et parcouru par un sillon sur sa face
externe. Ce sillon est garni d'une rangée de poils semblable a
celle du iloigt tixe. La petite patte antérieure ne diffère de la
grande que par sa main moins baute, moins rentiée, et couverte
d'un plus petit nombre de tubercules (^tig. i25/>\ Les doigts sont
plus longs et plus grêles.
La 2'" paire de pattes (tig. 25 c) est didactyle. Ses articles
sont fortement comprimés et dépourvus de toute armure. La
main est à peine plus large que le carpopodite; ses doigts sont
assez grêles et aussi longs que la portion palmaire.
La o'^ paire de pattes est un peu plus longue (lue la 2^. Le
méropodite est armé, sur son bord inférieur, d'une épine sub-
apicale. Le carpopodite est armé d'une épine apicale au bord
supérieur. Le propodite offre une armure particulière {ûg. 25(7).
Sur sa face inférieure, on observe 5 rangées transversales de
petites épines de couleur d'ambre. Les épines de chaque rangée
sont très rapprochées les unes des autres et diminuent graduel-
lement de longueur du bord interne au bord externe. Les deux
rangées proximales sont composées de 2 épines, les deux sui-
vantes de 3 épines, et dans la dernière, qui forme le bord du
propodite, ou en compte 5. Le dactylopodite est court, pointu et
recourbé à l'extrémité; sur sa face externe, il porte 5 épines
brunes semblables à celles du propodite. Ces épines augmentent
graduellement de longueur de la 1'^ à la 5'\
CRUSTACÉS DE [>'aRCHII'EI> MAr>AI8. 199
La 4-"' paire de pattes ressemble beaucoup à la 3^ Mais son
méropodite est inerme et la face inférieure du propodite est
armée de 5 paires d'épines brunes et d'une rangée apicale com-
posée de 3 épines. Sur la face interne et un peu avant l'extré-
mité, on voit un pinceau de poils fauves. Le dactylopodite est
armé comme celui de la 3'' paire de pattes.
La 5" paire de pattes est plus grêle que les précédentes et à
articles cylindriques. Le propodite est armé, en dessous, de deux
paires d'épines extrêmement petites et d'une petite épine située
plus près de la base. A son extrémité, il porte un petit coussin
formé par des poils fauves. Le dactylopodite est plus grêle que
dans les deux paires précédentes et garni sur sa face externe de
5 petites épines à peine visibles à la loupe.
La couleur de ce Crustacé est un jaune blanchâtre. La partie
fortement tuberculeuse de la grande main, la base de son doigt
mobile, et les antennes internes, sont d'un beau violet. Les doigts
de la grande main sont brun roux avec les bords préhensiles
blancs. Le flagellum des antennes externes est annelé de blanc
et de violet.
Longueur du corps :
27 mm.
Longueur du céphalothorax :
10 mm.
Longueur de la grande main avec les
doigts :
7,25 mm.
Hauteur de la grande main :
5,2 mm.
Amhoine. Un unique individu.
Groupe ASTACIDKA .
Ce groupe n'est représenté que par l'espèce suivante
Panulirus ornatus Fabricius.
Amhrnne. 1 individu de 80 mm. de longueur.
200 L. ZEIINTNER.
Groupe CARIDEA.
Genre Alpheus Fabr.
Alpheus frontalis Say.
Alpheus frontnlis 'àây, Journ. of the Acad. of Philad. t. 1, p. 24o; Ortiaaiin,
Zool. Jalirb. t. o (1891). Abthlg. fur Syst., p. 488 (et synon.).
Amhoine. 1 Ç) de 26 mm. de longueur portant des œufs;
1 (2f pris dans le tube d'un Annélide.
Nous avons observé en outre une petite Ç de 10 mm. de
longueur qui ne diffère des 2 autres individus que par le car-
popodite de la 2"^" paire de pattes. Ce carpopodite ressemble
beaucoup à celui que Dana a figuré pour son A. acutofemoratus
{Criist. pi. 35, fig. 2c). Le P' article n'a que le tiers de la lon-
gueur du 2"^«; il est à peu près aussi long que le 5'"^ et plus
long que le 3™' et le 4™®. Le 2'"« article est aussi long que les
3 articles suivants pris ensemble. Malgré sa petite taille, cette
femelle porte déjà des œufs.
Amhoine.
Alpheus lœvis Randall.
^/p/tews /«yi-s Ortmaun. Zool. Jahrb., l. o (1891). Abtlilg. l'iir Syst., p. 487
(et synon.).
Amhoine. 3 individus.
Alpheus strenuus Dana.
Alpheus strenuus Orlnunn, Zool. .lahrb., t. o (1891). Abthlg. fur Syst., p. 47o
(et synon.).
Amhoine. 1 cT de 23 mm. de longueur.
CRUSTACÉS DE i/aRCHIPEL MALAIS. 201
Alpheus JEdtvardsii Aud.
Alpkeus Edwardsii Orlinanii, Zoal. Jahrb., t. o (1891). Abllilî;. fiir Sysl.
p. 470 ; id. Décapodes nnd Schizopoden der Plankton Expédition. 1893,
p. 4'i (et synon.).
Amboine. 1 petit individu de 18 mm. de longueur.
Alplieus Edwardsii var. Haanii Ortinann.
Alpheus Haanii Ortniami, Zool. Jalirb. t. 5 (1891). Ahtlilg. fiir Syst. p. 472 (et
synon.).
Var. Haanii Ortmaiin, Decapoden und Schizopoden der Plankton Exped. (189:?).
p. 44.
Amboine. 1 (J de 18 mm. de longueur. Un plus petit individu
est complètement noir.
Alplieus Jiippothoë var. edamensis de Man.
Alpheus hi,ppothoè de Man, Joiirn. \Àm\. Soc. of London, t. 22, p. SlJS. pi. XVII,
fig. 1 à o.
Alpheus hippothoe var. edamensis de Man. Arcliiv fiir Xatnriiosch. 1887. p. .^)18.
Alpheus acanthomerus OvU\ia.ni\, Zool. .lalirh.. t. o (1891). Ahthlij. fiir Syst.,
p. 474. pi. :{6, litr. 12.
Amboine. 4 çf dont le plus grand a 32 mm. de longueur.
En décrivant la var. edam,ensis, DE Man a rectifié sa descrip-
tion de VA. hippothoil dans ce sens, que les méropodites de la
première paire de pattes sont armés d'une épine au bord infé-
rieur (Arcliiv f. Naturgesch.). Cette rectification semble avoir
échappé à Ortmann. Nous considérons le A. acanfhomerus
Ortmann comme une variété de 1'^. hippothoi' de Man.
Alplieus carinatus de Man.
Alpheus carinatus de Man, Arcliiv fiir iNatnrgescli. 1887, p. o'dS, [»l. 22, lig. 2.
Chez l'unique individu, que nous avons pu examiner, le rostre
est moins long que chez l'individu décrit par de Man. Il dé-
202 L. ZEHNTNER.
passe très peu le 1^' article du pédoncule des antennes internes.
Les pattes antérieures sont tombées. Les lobes latéraux du 2'"^
segment abdominal sont armés, à droite de 4 épines presque
égales, à gauche de deux fortes épines dont l'antérieure est
bitîde à l'extrémité. Ces épines occupent tout le bord latéral du
segment. La couleur de l'abdomen est un rouge vineux.
Longueur du corps : 22 mm.
Amboine. 1 Q pris sur Actinometra.
Alpheus amhoinœ n. sp.
PI. VIII. li-. 2:i à W).
Le bord frontal de cette espèce est armé de trois longues
épines qui sont un peu recourbées en haut à l'extrémité. L'épine
médiane dépasse un peu l'exti'émité du 2^ article des pédoncules
antennulaires ; les deux épines latérales n'ont que la moitié de
cette longueur.
Les pédoncules des deux paires d'antennes ont à peu près la
même longueur entre eux. Le P'' article des antennes est aussi
long que les 2 suivants pris ensemble. L'épine basilaire atteint
l'extrémité du P'' article. L'écaillé basilaire du V^ article des
antennes externes est armé de deux épines, dont l'inférieure est
la plus longue. Le scaphocérite dépasse un peu le pédoncule;
son extrémité se termine par une épine très pointue et un peu
recourbée en dedans.
Les méropodites des pattes antérieures sont inermes en des-
sous ; celui de la grosse patte porte une petite épine en dessus
à l'extrémité. La grande main (tig. 23) est longue, peu gonflée,
à arêtes arrondies. La portion palmaire est un peu atténuée
vers l'articulation du doigt mobile, mais n'offre pas d'incision
avant l'extrémité. Le bord supérieur se termine par une épine
courte. Le doigt mobile est très comprimé, lamellaire, très large
9
CRUSTACÉS DE l'archipel MALAIS. 203
et un peu plus long que le doigt fixe. Il a à peine le tiers de la
longueur de la portion palmaire et est un peu plus large à l'extré-
mité qu'à la base. Son bord supérieur est courbé en quart de
cercle ; son bord préhensile à peine sinué est armé à sa base
d'un tubercule arrondi. Le doigt fixe est beaucoup plus grêle
que le doigt mobile ; il a à peine la moitié de la largeur de ce
dernier. La 1^"*^ patte droite est très petite (fig. 23a). Le doigt
mobile a plus de la moitié de la main. Il n'est pas comprimé,
plus long que le doigt fixe et recourbé à l'extrémité. Les poils
qui le garnissent ne sont pas disposés sur une arête.
Les méropodites de la S** à la 5^ paire de pattes et les carpo-
podites des 3^ et 4^ paires sont armés, en dessous, d'une épine
apicale et les dactylopodites des trois dernières paires offrent
sur leur bord inférieur une petite griffe accessoire.
Le carpopodite de la 2^ paire de pattes (fig. 23&) a son 1^'"
article très allongé ; il est plus long que les autres articles pris
ensemble. Les articles 2 à 4 sont égaux entre eux ; le 5*^ est
aussi long que les deux qui le précèdent. La portion palmaire
de la main est moins longue que le 5*^ article du carpe et à
peine plus large que celui-ci ; les doigts sont grêles^ sensible-
ment plus longs que la portion palmaire. Le doigt fixe porte en
dessous un pinceau formé par de longs poils.
La plaque médiane du telson est en forme de trapèze très
allongé. Ses bords latéraux et postérieurs portent chacun deux
épines.
Longueur du corps : 26 mm.
Amho'me. 1 unique individu.
Cette espèce offre des rapports surtout avec A. carinatus de
Man (Archiv fiir Naturgesch. 1887, p. 508, pi. 22, fig. 2). Elle
s'en distingue cependant par ses épines frontales plus longues
et légèrement recourbées en haut, par le méropodite de la
grosse main qui ne porte pas d'épines au bord inférieur et par
204 L. ZEIINTNER.
les méropodites de la 3^ à la ô*" paire de pattes qui sont armés
d'une épine apicale, tandis qu'ils sont inermes chez A. carinatus:
En outre, la portion palmaire de la grande main est plus longue
et son doigt mobile est plus large. La plaque médiane du telson
est plus longue et armée au bord postérieur de deux épines seu-
lement. Enfin les lobes latéraux des segments abdominaux sont
arrondis^ non terminés en épine.
AlpJieiis tricuspidahis Heller.
Alpheus tricuspidatus Heller, Sitzungsber. Akad. Wien, t. l'i. p. 2o7, pi. II],
fig. io.
Cette espèce a été fort bien figurée par Satigny : Descrip-
tion de VEgypte, Criist., pi. 9, fig. 4. Nous avons étudié plu-
sieurs individus qui concordent parfaitement avec la description
donnée par Heller.
Anihoine.
Alpheus fridentatus n. sp.
PI. VIII, tig. 21.
Le rostre frontal est assez grand, un peu infléchi à l'extré-
mité, dépassant le P'" article des antennes internes et se conti-
nuant en arrière en forme de crête comprimée qui parcourt plus
de la moitié de la longueur du céphalothorax. Mais avant le
milieu du céphalothorax cette crête s'arrête en formant une
dent. De chaque côté de celle-ci et un peu plus en avant on
trouve deux autres dents aiguës à base large, placées juste au-
dessus de la base des yeux. Les voûtes orbitaires sont dépour-
vues d'épines.
Les pédoncules des antennes sont d'égale longueur. Dans le
pédoncule des antennes internes, le 2" article est le plus long
des trois ; le 1®' est aussi long que le 3^ et il est armé en dessus,
à l'extrémité, d'une toute petite épine. Les deux filaments sont
CRUSTACÉS DE l'aRCHIPEL MALAIS. 205
de forme très différente : l'inférieur est plus long et très fin, le
supérieur au contraire est très gros dans les deux tiers situés
près de la base, un peu en forme de massue et terminé par une
partie très fine. A l'extrémité la partie renflée est ornée d'un
pinceau de poils.
Les pattes antérieures gauches manquent dans les deux indi-
vidus que nous avons sous les yeux. Le méropodite de la patte
droite est dépourvu d'épines sur son bord inférieur. En dessus, il
est terminé par une épine aiguë. Il en est de même du carpopo-
dite. La portion palmaire de la main est presque cylindrique,
un peu plus longue que les doigts et n'offre pas d'incisions sur
ses bords.
La 2® paire de pattes dépasse un peu la petite patte anté-
rieure. Les deux P^"^ articles de son carpopodite sont d'égale
longueur et chacun est presque aussi long que les trois articles
terminaux pris ensemble. Ceux-ci sont à leur tour presque
d'égale longueur ; le 5'' est cependant un peu plus long. La main
est très petite. Sa portion palmaire n'a que les deux tiers de la
longueur des doigts et la moitié de la longueur du 5^ article du
carpopodite.
Les 3*^ et 4^ paires de pattes sont assez robustes pour un
Alplieus. Leurs méropodites sont armés en dessous d'une longue
épine préapicale et les carpopodites se terminent en dessous par
un angle vif. Les dactylopodites sont très longs et très acérés.
La plaque médiane du telson est en forme de trapèze allongé.
Elle porte de chaque côté deux épines couchées et une épine à
chaque angle postérieur. L'article basilaire de la plaque externe
est bifide.
Longueur du corps : 23 mm.
Amboine. 1 Ç et un jeune individu de 16 mm. de longueur.
Cette espèce est très voisine de VA. Udens Olivier (voir :
H. MiLNE Edwards, Hist Nat. Crust., t. 2, p. 353, ph 24,
206 L. ZEHNTNER.
fig. 11 et 12) \ Elle s'en distingue par la forme du filament
supérieur des antennes internes et par leur pédoncule, dont le
2« article est plus long que les autres, tandis que chez A. hidens
il est « gros, plus court que le premier et guère plus long que le
troisième. » En outre, on trouve des différences sensibles dans
le carpopodite de la 2'' paire de pattes^ qui serait composé d'ar-
ticles presque égaux chez A. hidens. Enfin chez cette espèce,
les méropodites des 3^ et 4^ paires de pattes paraissent être
inermes.
Alpheiis cnnitus Dana.
Alpheus crinitus Dana, Unit. Stat. Explor. Exped. Crust., t. 1. p. o48, pi. 34,
fig- «•
Amhoine. Phisieurs individus de 11 à 12 mm. de longueur,
dont trois sont entièrement noirs. Le carpopodite de la 2^ paire
de pattes concorde mieux avec la figure donnée par Bâte (The
Voyage of H. M. S. * Challenger ^, Beport on the Macrura,
pi. 98, fig. 2) qu'avec celle donnée par Dana.
Genre Hippolyte Leach.
Hippolyte marmoratus Olivier.
Hippolyte marmoratus H. Milne Edwards, Hist. nat. Crust. t. 2. p. 379, pi. 25.
fig. 8.
Amhoine. 1 individu.
Genre Pal^monella Dana.
Palœmonella amhoinensis n. sp.
PI. IX, il-. 27 el 27a.
Corps assez trapu, à céplialothorax rétréci vers les deux ex-
* Au carpopodite de la 2e paire de pattes on ne compte que 4 articles. C'est
certainement dû à une inexactitude du dessinateur.
CRUSTACÉS DE l'aRCHIPEL MALAIS. 207
trémités, bombé en dessus et armé d'une petite épine antennaire
ainsi que d'une épine hépaticale. Cette dernière est bien visible
lorsqu'on examine l'animal par-dessus, tandis que l'épine anten-
naire échappe facilement à l'observation. Toute la région sto-
macale est occupée par une tache orangée. Le rostre est aussi
long que le pédoncule des antennes internes, très large et armé
en dessus de 5 dents, dont la première est placée au niveau de
la base des yeux (fig. 27a). Au bord inférieur on observe une
seule petite dent située un peu avant de l'extrémité du rostre '.
Le P'' article des antennes internes est 2 fois aussi long que
les 2 articles suivants pris ensemble. Il est dilaté en dehors et
prolongé à son angle antéro-externe. Les filaments sont fins et
un peu plus longs que le pédoncule. Le scaphocérite des antennes
externes est très grand, parallèle, à bord antérieur arqué ; son
bord externe est, terminé par une épine.
Les pédoncules ophtalmiques sont longs, cylindriques, forte-
ment rétrécis à la base, ressemblant à ceux des AncJiistia et
des Oedipus.
Toutes les pattes thoraciques sont inermes, à articles cylin-
driques, lisses; leurs dactylopodites sont simples. La l^"^ paire
de pattes est très grêle. Elle dépasse peu le rostre. Le méropo-
dite est d'un tiers plus long que le carpopodite. Main grêle, à
portion palmaire aussi longue que les doigts.
Le méropodite de la 2'"" paire de pattes est presque 3 fois
plus long que le carpopodite. La main est aussi longue que le
reste do la patte; la portion palmaire est arrondie aux bords,
plus longue que les doigts qui sont très grêles et comprimés vers
l'extrémité.
La plaque médiane du telson est étroite, à surface convexe.
Son bord postéi'ieur est armé de 6 épines contiguës dont les
intramarginales sont 3 fois plus longues que les autres. Les
bords latéraux sont armés chacun d'une paire d'épines.
' Dans la fig. 27rt cette dent ii"a pas été représentée.
208 L. ZEHNTNEK.
Longueur du corps : 25 mm.
Amhoine. 1 individu.
PalœmoneUa affinis n. sp.
Ce Crustacé est peut-être une variété du P. mnhoinensis,
mais il est plus grêle et à céphalothorax moins bombé. Le rostre
frontal est beaucoup moins large, un peu recourbé en haut vers
l'extrémité et armé sur son bord supérieur de 6 dents. Au bord
inférieur on observe une seule dent plus éloignée de l'extrémité
que chez P. amboinensis. Les pattes de la 2™<^ paire sont plus
grêles. La portion palmaire de la main est cylindrique et deux
fois plus longue que les doigts.
Longueur du corps: 18,5 mm.
Amhoine. 1 Ç portant des œufs a été pris sur Actinometra .
Falœmonella temiipes Dana.
Paliemonella tenuipes Dana, Unit. Stat. Explor. Exped. Cnist., t. I, p. n8i,
pi. ;J8. Hg. 3.
Amhoine. 1 seul individu de 12 à 13 mm. de longueur et de
couleur entièrement noire.
Genre Oodeopus Bâte.
Oodeopus pungens n. sp.
Cette espèce a le faciès d'O. longispinus Bâte (The voyage of
IL M. S. « Challenger ». Report on the Macrura, pi. 142
tig. 5). Elle s'en distingue par les caractères suivants : l'épine
du 2® segment abdominal est plus longue et recourbée en haut ;
celle du 3*^ segment est plus longue aussi, mais beaucoup plus
acérée, et les 3®, 4^ et 5^ segments de l'abdomen ne sont pas
CRUSTACÉS DE l' ARCHIPEL MALAIS- 209
denticulés sur leur bord supérieur. La plaque médiane du telson
n'atteint pas la moitié de la longueur des plaques latérales ; son
bord postérieur est profondément échancré. Le céphalothorax
est moins haut, à bord inférieur moins arqué et non denticulé.
Au bord antérieur il porte une épine supra-oculaire, et au bord
postérieur il est armé, de chaque côté, d'une longue épine. Le
rostre est deux fois aussi long que le céphalothorax, très grêle,
très pointu, et non denticulé sur ses bords. La cornée des yeux
est plus globuleuse que chez 0. longispiims.
Longueur du corps sans rostre : 9,25 mm.
Longueur du rostre : 4,5 mm.
Amhoîue. 1 individu.
Oodeopiis ensifer, n. sp.
Espèce voisine d'O. intermedius Bâte (The Voyage of H. M.
S. « Ghcdleuger », t. 24, Beport on tJie Macrura, pi. 143, fig. 1),
mais s'en distinguant par son rostre extrêmement grêle, à bord
inférieur très finement denticulé à l'extrémité, et par la V paire
de pattes, qui est plus forte et distinctement didactyle. En
outre, l'épine dorsale du 2^ segment de l'abdomen est plus forte
et au moins deux fois aussi longue que celle du 3« segment. Le
6^ segment n'est pas armé d'une épine au-dessous, à l'extré-
mité. La plaque médiane du telson est plus étroite^ à bords
latéraux parallèles et terminée par 3 épines, dont la médiane
est presque deux fois aussi longue que les latérales.
Longueur du corps sans le rostre : 13 mm.
Longueur du rostre : 5,5 mm.
Amhoine. 1 individu.
Kev. Suisse de Zool., T. II. 1894.
210 L. ZEHNTNER.
Groupe PENAEIDEA.
Genre Philonicus Bâte.
PJiilo niais cervicalis n. sp.
PI. IX. fig. 26 à 26c.
Le céphalothorax de -cette espèce n'est guère comprimé; il
est arrondi sur la face dorsale et pourvu d'un sillon cervical
très fort. Le rostre est court, moins long que les yeux et que le
P' article des antennes internes. Il se continue en arrière en
forme de crête jusqu'au sillon cervical; son bord supérieur est
armé de dents aiguës, dont les deux postérieures sont plus éloi-
gnées l'une de l'autre que les antérieures. Au bord antérieur de
la carapace, on observe une épine supra-orbitaire très aiguë
située à la base des yeux et une épine antennaire plus forte, qui
se prolonge sur le céphalothorax en forme d'une petite crête
(fig. 26a). La région hépatique est également armée d'une
épine, qui est placée au-dessus du sillon branchiostégale et sur
le rebord du sillon cervical.
L'abdomen est à peine comprimé. Les 2 premiers segments
sont arrondis en dessus, tandis que les 4 suivants sont carénés
comme chez les Penœiis. Sur le 3^ segment, la carène est peu
marquée. La plaque médiane du telson est moins longue que les
plaques latérales, beaucoup plus solides que celles-ci, pointue à
l'extrémité, parcourue par une gouttière longitudinale, et armée
sur chaque bord d'une épine subapicale. Les plaques latérales
sont frangées de longs poils sur leur bord interne et apical.
Les yeux sont remarquables par la grandeur extraordinaire
de leur cornée. Le pédoncule dos antennes internes a plus de la
moitié de la longueur du céphalothorax. Son l^»" article dépasse
les yeux. Le 2'- article est moins long que le 1"'", mais au moins
CRUSTACÉS DE l' ARCHIPEL MALAIS. 211
deux fois aussi long que le 3®. Les filaments sont d'égale lon-
gueur et plus longs que le céphalothorax. Le filament supérieur
est filiforme, tandis que l'inférieur est aplati en forme de ruban
qui s'atténue graduellement vers l'extrémité.
Les antennes externes manquent dans l'unique individu que
nous avons pu observer. Leur scaphocérite est triangulaire à
angle antérieur arrondi ; le bord externe est terminé par une
petite épine et le bord interne est garni de longs poils.
Les pattes-mâchoires externes dépassent notablement le
pédoncule des antennes internes. Leurs articles sont garnis au
côté interne de longs poils sétiformes.
Les pattes ambulatoires augmentent graduellement en lon-
gueur de la P® à la 5™'\ Les deux premières paires sont didac-
tyles et offrent les mêmes formes. Les mains sont très petites,
à portion palmaire très courte ; en revanche les doigts sont très
longs et très grêles. Le carpopodite de la 1^'' paire est garni au
bord interne de poils sétiformes comme on les observe sur les
pattes-mâchoires externes. La 3"^° paire de pattes manque dans
notre individu. Les 4™*^ et 5™® paires sont très allongées, très
grêles, à articles presque filiformes. La 5™'^ paire a plus des
'/j de la longueur du corps.
La mandibule (fig. 26b) est formée sur le même plan que
chez Penœus. De même que dans ce genre, elle porte un palpe
composé de deux articles larges et triangulaires. La fig. 26c
représente la 2'°'^ patte-mâchoire.
Longueur du corps : 42 mm.
Amboine. 1 individu.
Genre Stenopus Latr.
Stenopus hispidus Olivier.
Amboine. De nombreux individus.
212 L. ZEIINTNER.
Genre Lucifer Thompson.
Lucifer typus Thompson.
Lucifer typus Bâte, The voyage of H. M. S. « Challenger", L 24. Report on thc
Macrura, p. 464, pi. 83.
Nous rapportons à cette espèce un unique individu qui répond
parfaitement à hi figure 2 donnée par Spence Bâte.
Amhoiiie.
Lucifer spec ?
Nous avons e.^aminé encore une forme larvaire qui est remar-
quable par le prolongement démesurément long de la partie
céphalique du corps. La longueur de cette partie est égale à un
tiers de la longueur totale de Tanimal. Les yeux sont sessiles
et très globuleux. Toutes les pattes sont encore peu développées.
La plaque médiane du telson est deux fois plus longue que les
plaques médianes, en forme de trapèze allongé, plus large au
bord distal qu'à la base et ses angles postérieurs sont armés
d'une épine.
Longueur du corps : 12 mm.
Amhoine.
Ordre STOMATOPODA,
Genre Gonodactylus Latr.
Gonodactylus chiragra Fabr.
Amhouie. 3 (j' et une jeune Ç .
CRUSTACÉS DE l'aRCHIPEL MALAIS. 213
Gonodactylus graphurus White.
Gonodacty lus g raphuriis Miers, Ann. and Mag. of Nat. Hist. (5), t. 5, p. I2i),
pi. III, fig. 9 (et synon.).
La couleur de fond de cette espèce varie du jaunâtre au vert
olive. Les 2'"% 3'"® et 4™° segments thoraciques sont ornés de
deux taches noirâtres sur le dos et d'un point noir sur les lobes
latéraux. Les segments abdominaux offrent une rangée trans-
versale de taches semblables et au nombre de 6. Le nombre des
taches est du reste variable. Chez le G. chiragra nous n'avons
pas observé ce mode de coloration.
Amhoïne. 4 Q de différente grandeur.
Genre Protosquilla Brooks.
ProfosqitiUa slolmra Millier.
Protosquilla stoliura Millier, Verliaiidlg. naturforsch. (ies. zu I5asel, 1887,
p. 477, pi. IV, (i-. 2 ; de Maii. Aiv.liiv fiir Naturgesch. 1887, p. ,'j76.
Amhoiue. 1 Ç.
Genre Pseudosquilla Guérin.
Pseudosquilla ornala Miers.
Pseudosquilla ornala Miers, Ami. and Mag. of Nat. Ilist. (Vt), t. ."), p. IH,
pi. III, fig. 5 et 6.
Amhoiue. 1 Q.
Ordre CIRRIPEDIA.
Genre Lepas L.
Lepas anserifera L.
Lepas anserifera Darwin, .4 Monograph on Ihe Sub-Class Cirripedia. t. 1.
p. 81, pi. 1, fig. 4.
Amhoine. De nombreux individus.
214 L. ZEHNTNER.
Genre Pœcilasma Darwin.
Pœcilasma eburnea Hinds.
Ptrciliisina eburnea Darwin, A Monograph on the Sab-Class. Cirripedia, t. 1.
p. 11:2, pi. 2, fig. o (et syiiou.).
Amboine. Plusieurs spécimens ont été trouvés attachés à des
Échinodermes.
Genre Balanus Lister et Hill.
Balanus tintinnabulum L. var. OrUgnii? Chenu.
Plusieurs petits individus qui étaient attachés à un Crustacé
{Hyastenus Sehœ) offrent beaucoup de rapports avec la var.
Orbigmi (voir Darwin, A Monograph of the Suh-Class Cirri-
pedia, t. 2, p. 196 (var. 11), pi. 2, fig. la et \m.) Le bord
scutal du tergum est finement denticulé et le bord libre du
scutum est occupé par de fortes épines qui sont assez écartées
dans la moitié basale du bord, plus rapprochées et diminuant
graduellement vers l'extrémité du bord.
Amhouie.
Genre Sacculina Thompson.
SaccuUna corculum Kossmann.
Sacculina corculum KossniaDii, Arbeit. zool.-zootoin. Inst. Wiirzburg, t. 1,
p. 122, pi. o, fig. 1.
Amhoiue. Un individu attaché à l'abdomen d'un Atergatis
florldus mâle.
DIE TURBELLARIEN
UMGEBUNG VON BASEL
VON
Otto FUHRMANN
Hierzu Tafel X und XI.
Seit Ende April des vorigen Jahres habe ich micli aus-
schliesslich mit der Untersuchung der Turbellarienfauna der
Umgebung von Basel beschâftigt. Im Begriffe die iiber die
Dauer von elf Monaten sich erstreckenden Beobachtungen und
Untersuchungen in den naclifolgenden Blattern niederzulegen,
mochte ich zuvor meinem verehrten Lehrer Herrn Professer
F. ZscHOKKE meinen besten Dank ausspreclien fiir das rege
Interesse, das er meiner Arbeit stets entgegenbrachte, wie
auch fiir den bewâhrten Rat, mit welcliem er mich so oft
unterstiitzte. Herrn Professer Paul Hallez in Lille bin ich
durch die Uebersendung seiner Arbeiten, welche ich mir trotz
aller Bemiihungen nicht in vollstiindiger Zahl zu verschaffen
wusste, zu grossem Danke verpflichtet ; denn ohne dièse wich-
tigen Arbeiten wâre eine nicht unwesenthche Liicke in der
muglichst erschôpfenden Beriicksichtigung der seit L. von
Graff's Monographie der Turbellarien erschienenen Literatur
entstanden.
Rev. Suisse de Zool.. T. II. 1894. 15
216 OTTO FUHRMANN. '
ALLGEMEINES
Die Umgebung von Basel erscheint wegen der geringen
Zahl von stehenden Gewâssern keineswegs besonders geeignet
fiir eine derartige Untersuchung. Trotzdem war die Ausbeute
an bekannten sowohl als an neuen Arten eine unerwartet
reiche.
Bei der Untersuchung und Verarbeitung des Materials folgte
ich den detaillirten Angaben von ton Graff und von Braun.
Immer war ich bestrebt an den lebenden Tieren muglichst weit
in die Organisation, namentlich des Geschlechtsapparates ein-
zudringen. Bei einigen Turbellarien, so namentlich den blin-
den Mesostomen, ist trotz Opferung einer grossen Zahl von
Exemplaren wegen der grossen Zartheit der Organe und der
desswegen gleichmâssigen Durchsichtigkeit, oder wegen der
vollstândigen Undurchsichtigkeit des Korpers fast nichts oder
gar nichts zu sehen ; hier liefert allein die Anfertigung liicken-
loser Schnittserien und die nachherige Reconstruction ein be-
friedigendes Bild der innern Organisation.
Die Fixirung wurde fast ausschliesslich mit warmer concen-
trirter Sublimatlôsung vorgenommen, dem bewiihrtesten Tô-
tungsmittel fiir Turbellarien. Nach vorsichtigem Ausziehen
des Sublimâtes in schwachem Alkohol werden die Objekte in
den steigenden Concentrationsstufen des Alkohols gehârtet und
dann gefârbt. Schone Resultate gaben die Anwendung von
Boraxcarmin, besonders aber die Schnittfarbung der in alko-
holischem Boraxcarmin durchfiirbten Objecte mit bleu de Lyon,
ein Verfahren das besonders zu empfehien, da mit dieser
Doppelfàrbung iiberaus deutliche Bilder erhalten werden. Fiir
Dendrocœlen wandte ich mit gutem Erfolg ausser Borax-
carmin Indigo-Boraxcarmin an.
Die Turbellarienfauua von Livland ist nach den Beobach-
DIE TURBELLARIEN DER UMGEBUNG VON BASEL. 217
tungen von Braun besonders reicli entfaltet in den kleinen
Tiimpeln und Grliben, die in der Mitte des Sommers aus-
trocknen, wahrend die kleineren und grôsseren Teiche mit
constantem Wasser weniger Turbellarienarten enthalten. Mir
standen nur Gewilsser der letzten Kategorie zur Verfiigung,
deren Turbellarienfauna indessen zum Teil eine selir reiche
war. Entgegen den Beobachtungen von Braun (1885) und
Zacharias (1892), nach welchen die Hauptentfaltung der
Turbellarien in den Friihling fallt, fand ich, dass sich die
grôsste Zabi von Arten in den meisten Teicben erst in den
Monaten Juli und August zeigte. Einzehie Gewâsser, und
es sind dies diejenigen welche das ganze Jahr hindurch
Sommer und Winter dieselbe Végétation besitzen, zeigen
immer dieselben Formen ; hier iiberwiegt nur bald die eine,
bald die andere Species an Zabi ihre Stammesgenossen. Die
Zabi der Individuen an diesen Orten war meist eine geringere
zur Winterszeit und unter dem Eise. Einzig Gijrator hernia-
phroditiis Ebbg. und Stenostoma leucops 0. Scb. fanden sich
das ganze Jahr gleich bâufig vor, wahrend die librigen Arten
Macrostoma hystrix Oe. Mesostoma l'mgua 0. Sch., Mesostoma
trunculum 0. Scb., Vortex truncatus Ebbg. und Vortex
Schmidtii Graff und Berostoma tmipunctatum Oe. und JJero-
stoma cœcum nov. spec. unter dem Eise nur in wenigen
Exemplaren zu finden waren. Von Berostoma cœcum fand
ich am 10. Dezember unter einer 10 cm. dicken Eis-
decke ein Exemplar, dessen Utérus ein legereifes Ei ent-
hielt, ein Beweis, dass ebensowenig wie das Leben, die
gescblechtliche Tâtigkeit wahrend des Winters vollstândig
erlischt. Dasselbe gilt auch fïir die Dendrocœlen, von wel-
chen aile hier vorkommenden Arten Sommer u. Winter zu
finden waren.
Zur Uebersicht der Verteilung der 39 Turbellarienarten
auf die verscbiedenen regelmàssig durchsuchten Gewâsser der
218 OTTO FUHRMANN.
Umgebung, gebe ich hier eine Zusammenstellung der in jedem
einzelnen gefandenen Formen. Die einzelnen Wasserbecken
sind der Grosse nacli angeftihrt ; das erste hat einen Flâchen-
inhalt von ungefâhr 8000 m% wàhrend das zweite, dritte,
vierte und filnfte eine Oberflâche von ca. 120 m', die iibrigen
nur ca. 5 — 15 m' Flâcheninlialt besitzen.
1. Der Sumpf von Neudorf mit den verschiedenartigsten
iippig wuchernden Wasserpflanzen bewachsen (^Schilf, See-
rosen, Potamogeton, Ceratophyllum, Chara und Algenrasen),
enthâlt die grôsste Zabi von Arten.
Macrostoma hystrix Oe..
Microstoma lineare Oe.,
Stenosfoma leiicops 0. Sch.,
Mesostoma Ehrenbergii 0. Sch.,
• Mesostoma lingua 0. Sch.,
Mesostoma rostratum Ehbg. ,
Mesostoma producfum Leuk.
Mesostoma viridatiim M. Sch.,
Mesostoma armatum nov. spec,
Castrada radiata Mûller (Graff),
BotJiromesostoma personatum 0. Sch.,
Vortex truncatusYAihg.^
? Yortex Graffii Hallez.,
Vortex triquetrus no\ . spec. ,
Vortex infimdibidiformis nov. spec,
Gyrator hermapJiroditus Ehbg.,
Folycelis nigra Ehbg. ,
Dendrocœlum lacteum Oe.,
Emea lacustris Dupl. '.
' Dièse intéressante Siisswassernemertine ist bis jetzt nur an wenigen
Orten gefunden worden, wesslialb icli sie anfuhre. Eine eingehende Beschrei-
bung hat Duplessis (1893) geliefert. Die Litteratnr uber dièse Art findet
sich im Forschungsberichte der biologischen Station zu Pion T. JI. 1894
zusamniengestellt.
DIE TURBELLARIEN DER UMGEBUNG VON BASEL. 219
2. Der Teich von Kleinhuningen ist diclit bewachsen
mit Elodea canadense und Potamogeton und teilweise bedeckt
von Lemna. Seine Turbellarienfauna besteht ans :
Macrostoma liystrix Oe.,
Microstonia Uneare Oe.,
Stenostoma leucops 0. Sch.,
Mesostoma lingua 0. Sch.^
Mesostoma viridatum M. Sch.,
Bothromesostoma personatum 0. Sch.,
Gyrator liermaphroditus Ehbg.,
Vortex truncahis Ehbg.,
Pohjcelis nigra Ehbg.,
JDendrocœlum lacteum Oe..
3. Im Schlossweiher von Inzlingen, der ganz bedeckt
ist von Lemna, finden sich :
Stenostoma leucops 0.' Sch.,
Vortex truncatus Ehbg.,
Vortex armiger 0. Sch.,
Vortex fiiscus nov. spec,
Vortex pict us 0. Sch..
4. Der Weiher von AUschwil, mit iihnUcher Flora wie
der Teich von Kleinhuningen, beherbergt nur wenige Formen,
es sind dies :
Macrostoma hgstrix Oe.,
Vortex armiger 0. Sch.,
Vortex truncatus Ehbg.,
Mesostoma viridatum M. Sch.,
Folycelis nigra Ehbg..
5. Der Sumpf von Michelfelden ist dicht bewachsen mit
Myriophyllum und Ceratopliyllum, dazwischen Teppiche von
Algen. Er birgt folgende Formen :
220 OTTO FUIIRMANN.
Stenostoma leitcops 0. Sch.,
Stenostoma agile Silliman.,
Mesostoma lingua 0. Sch.,
Mesostoma viridatum M. Sch.,
Mesostoma minimum nov. spec,
Castrada radiata Millier (Graff),
Bothromesostoma personatum 0. Sch.,
Gyrator hennaphrodttiis Ehbg.,
6. Der Feuerweiher von Mûnchenstein, fast pilanzen-
leer, besitzt Sommer und Wiiiter dieselbe Fauna, die sich
zusammensetzt ans:
Stenostoma leucops 0. Sch.,
Mesostoma truncidum 0. Sch.,
Mesostoma perspkuum nov. spec,
Vortex Schmidtii Graif.,
Derostoma unipimctatum Oe.,
Derostoma cœcum nov. spec,
7. Der mit Characeen bewachsene Ttimpel bel Istein
enthalt :
Microstoma lineare Oe.,
Mesostoma viridatum M. Sch.,
Plagiostoma Lemani Duplessis (Graff).
8. Die Tumpel bel Brislach, erfûllt von Fontinalis, be-
herbergen :
Stenostoma leucops 0. Sch.,
Mesostoma rostratum Ehbg.,
Vortex truncatus Ehbg.,
Vortex arniiger 0. Sch.,
Vortex sexdentatus Graff. ,
? Vortex Graffii Hallez..
DIE TURBELLARIEN DER UMGEBUNG VON BASEL. 221
9. Der mit Schilf bestandene uiid ganz von Lemna bedeckte
Tiimpel bei Reinach ist belebt von folgenden Turbellarien :
Stenostoma leucops 0. Sch.,
Mesostoma perspicuum nov. spec,
Vortex truncatus Ehbg.,
Vortex armiger 0. Sch.,
Vortex fiiscus nov. spec,
Vortex pictus 0. Sch.,
Vortex ruher nov. spec,
Derostoma unipunctatum Oe.,
Gyrator hermaphroditus Ehbg..
10. Im Bach der Langen Erlen finden wir :
Mesostomum segne nov. spec,
Vortex truncatus Ehbg. .
11. Im Bâche des Augustinerholzes finden sich folgende
Turbellarien :
Macrostoma viride Ed. v. Ben.,
Microstoma Uneare Oe.,
Microstoma canum nov. spec,
Stenostoma leucops 0. Sch.,
ProrhgncJms stagnalis M. Scli.,
Planaria gonocephala Dugès..
12. Im Bergbach von Bârschwil halten sich neben-
einander die drei typischen Planarien des tliessenden Wassers
auf:
Polycelis cornuta 0. Sch.,
Planaria gonocephala Dugès.,
Planaria alpina Kennel..
Aus dieser Zusammenstellung gelit hervor, dass die Flora
nur insoweit einen Einfluss auf die Turbellarienfauna hat, als
222 OTTO FUHRMANN.
ihr Reichtum mannigfaltigere Lebensbedingungen gewâhrt,
und dass desshalb ein reich bewachsenes Wasserbecken eine
grôssere Zalil von verscliiedenen und verschiedenartig leben-
den und sicli ernàhrenden Formen belierbergen kann. Au-
dererseits kann aber auch ein kleiner, wenig oder gleichartig
bewaclisener Tûmpel reich an Turbellarien sein.
Um die Zahl der Rhabdocœlenarten in den beiden am griind-
lichsten auf ihre Turbellarienfauna hin untersuchten Gebieten,
Livland (M. Braun 1885) und Nordfrankreich (Paul Hallez
1890) mit derjenigen der Umgebung von Basel vergleichen
zu kônnen, gebe ich hier eine Tabelle, welche ausserdem in
der ersten und letzten Colonne die Zahl der friiher und der
jetzt bekannten Arten in Europa enthalt.
GEXUS
Frûher in
Europa
bekaoDte
Vrtcn
lo
Nord-
Frankreicli
iDigebuog von Basel
"^""^ Neue
bekaante
irlen
europâischen
irtea
1 . Macrostoina
2. Microstoma
3. Stenostoma
4. Prorhynchiis
5. Mesostonia
6. Bothromesostoma
7. Castrada
8. Gyrator
9. Vortex
10. Derostoriia
H. Plagiostoma
12. Automolus
Sumine .
30
23
11
34
Mit der Zahl von 34 Rhabdocœlen ist die Turbellarienfauna
der Umgebung Basels keineswegs erschôpft, indem mir noch
Slenostoma agile, bis jelzt nur ans A'ord-Ainedka hekaniit. Silliman
188ri.
DIE TURBELLAKIEN DER UMGEBUNG VON BASEL. 223
eiiiige weitere Formen zii Gesiclite kamen, aber immer nur
vereinzelt, so dass icli von ihnen nur eine ungenïigencle Dia-
gnose hàtte geben ki'innen, wesshalb ich sie unberiicksichtigt
liess.
Da bis jetzt selir wenige Parasiten von Susswasserturbella-
rien bekannt geworden sind und es mir gelungen ist, einige
aufzufinden, so will ich dieselben in einem besondern Abschnitt
kiirz beschreiben, in welcliem ich aiich wieder die von Hallez
(1879) als Krystalloïde bezeichneten Gebilde aïs Parasiten
anfûlire und genauer schildere.
PARASITEN
Von Parasiten kennen wir bis jetzt, ausser den pflanzlichen
Schmarotzern, nur den von voN Graff aïs Epizoon des Vor-
tex sexdentatus Graff gefundenen Coleps Jiirtus Ehrbg.. Im
Herbste fand ich im Parenchym von zwei mit Eibildung be-
schiiftigten Einzelindividuen von Stenostoma leucops zahlreiche
holotriche Infusorien (Fig. 2), in der Seitenansicht von boh-
nenfôrmiger Gestalt. Sie waren namentUch um das Ovarium,
welches die Darmwand weit von der Leibeswand weggepresst und
so einengrossen Leibesraum hergestellt hatte, besonders zahl-
reich. Bei Mesostoma rostratum fand ich ein einziges Mal
mehrere unbewegliche, von starker Zellhaut umgebene Gebilde,
die ich fur Gregarinen halte.
Die von P. Hallez (1879) als Krystalloide gedeuteten
Gebilde sind zuerst von Schneider (1873) aufgefunden und
von ihm aïs Parasiten des Mesostoma Ehrenbergii beschrieben
worden. Hallez fand sie bei Mesostoma Ehrenbergii und
Castrada radiata; dieselben Gebilde hat Lippitsch bei Dero-
stoma unipimctatum und ich bei Mesostoma Ehrenbergii, Me-
sostoma lingua, Mesostoma rostratum, Bothro mesostoma per-
sonatum, Vortex triquetrus und Vortex armiger gefunden. Sie
224 OTTO FUHRMANN.
unterscheiden sich in den verscliiedenen Arten nur durcli die
verschiedene Grosse und Zahl der Flâchen. die iibrigens bei
den „ Krystalloiden " dessselben Individuums oft eine ver-
schiedene ist. H ALLEZ liiilt dièse Gebilde fiir organische
Krystalloiden und glaubt, dass sie Reservenahrungsstoffe dar-
stellen, mit Hilfe welcher die Tiere ûberwintern. Die Krys-
talloiden sollen im Herbste auftreten und eine Verminderung
der Beweglichkeit, die sich bis zur fast vollstilndigen Unbe-
weglichkeit steigert, im Gefolge haben. In diesem immobilen
Zustande ûberwintern die Tiere. Meine Beobachtungen an
den zahlreichen verschiedenen Arten nôtigen mich die Ansiclit
Hallez iiber die Natur dieser Gebilde als nicht zutreffend
zu halten. Leider sind mir immer nur Tiere zu Gesichte
gekommen, bei welchen das Parencliym bereits ganz erfiillt
war von ., Krystalloiden", so dass ich die Richtigkeit der
von Hallez angegebenen Art ihrer Entwicklung nicht nach-
priifen konnte.
Die ersten mit diesen Gebilden erftillten Turbellarien fand
ich im Juni. Es betraf Mesostoma Ungua mit einer grosseren
Zahl von Sommereiern ; auch junge dieser Species und spiiter,
im August und September, solche mit Wintereiern, zeigten die
eigentiimliche Erscheinung. Bei den iibrigen oben citirten
Species, welche ich nur vereinzelt in diesem Zustande fand,
waren die meisten behafteten Exemplare in voiler geschlecht-
licher Fortpflanzung begriffen. Sie zeichneten sich durch ihre
Tragheit aus und starben aile nach klirzerer oder liingerer
Zeit, eine Beobachtuug die auch Schneider gemacht, der
erzilhlt: ,,Im Herbste 1871 starben fast aile Tiere an diesem
Parasiten, im Jahre 72 ist er nur an einem Tiere aufgetreten. "
Schon das friihzeitige Auftreten in Mitten der Lebensperiode
und an so verschiedenen Punkten der individuellen Entwick-
lung spricht gegen die Natur dieser Gebilde als Reservevor-
rilte. Vollkommen aile Wahrscheinlichkeit verliert dièse An-
DIE TURBELLARIEN UER UMGEBUNG VON BASEL. 225
sicht, wenn wir den Bau der fraglichen Kôrper eingehender
untersuchen. An Zerzupfungspriiparaten, die mit Boraxcar-
min gefilrbt, sowie auf Schnittserien diirch infizirte Tiere,
sehen wir im Innern der scheinbareii Pentagondodekaëder ein
homogènes Protoplasmakllimpclien, das bei erst gebildeten
Cysten noch einen Kern enthâlt, der aber bald verschwindet.
Ein Vorgang wie er sich ahnlich bei sich enc} stirenden Infu-
sorien abspielt. Was nun die Hillle anbetrifft, deren Ver-
lialten gegen Siluren und Basen Hallez eingehend studirt, so
bestelit dièse ans meist pentagonalen, seltener vier- oder drei-
eckigen Flixchen, deren Kanten diinne Leisten aufgesetzt sind.
Dièse stossen zu drei oder vier in einer Ecke zusammen,
wodurch dann im optischen Durchschnitt (Fig. la) der ganze
Umfang des Korpers mit einer Anzahl feiner Spitzchen besetzt
erscheint, die bei genauem Zusehen unter sich durch wenig
gefiirbte Membranen, die Leisten, verbunden sind. In dem-
selben Turbellar kommen Cysten von verschiedener Grosse
vor, die grossten bei Mesosfoma lingua sind 0,014 mm. gross,
wâhrend die gewôhnliche Grosse 0,0097 mm. ist.
Auch die Dendrocœlen haben ihre Schmarotzer, die den
verschiedensten Tiergruppen angehôren. Hallez hat in seiner
grossen Arbeit ,, Contributions à l'histoire naturelle des Tur-
bellariés " bereits mehrere beschrieben und abgebildet. Auf
dem Riicken von Polycelis nigra fand sich nicht selten eine
Trichodine in grôsserer Zahl und zwar, wie bereits Jijima
(1884) beobachtete, der 2 verschiedene Species auf dem
Riicken von Planaria polycliroa antraf, hauptsiichiich am
Kôrperrande dieser ïiere.
Der muskulose Phaiynx von Planaria gonocephala enthalt hie
u. da einen kleinen eingekapselten Nematoden. In der Pharyn-
gealtasche derselben Species, selten in den iiussersten Verzwei-
gungen des Darmes, findet sich ein Parasit Discophrga spec.
Stein^ den ich leider nur auf Schnittserien untersuchen konnte.
226 OTTO FTHRilAXA.
Et ist von eylindrischer Gestalt. 0.31 mm. lang. vorn mit einer
von starker Cuticala âusgekleideien Haftgnibe Terseheu. mit
welcher er âch an der Wândung der Hôhle festhâlt. Der am
Hinterende sich rasch zuspitzende Kôrper ist Ton feiner Cati-
cula mnliQllt, nnd bedeckt von einem 0.00S4 mm. hohen Cilien-
kleid. Dâs Protoplasma des einzeiligen Tierkôrpers ist von
feinen KOrnern erfulli. die sich namentlich in der Umgebtmg
de^ 0,011 mm. im Durchmesser messenden. stàbformigen Ker-
nes besonders dicht anhanfen. Solche Tiere finden sich bis
zu S Stnck in der Plianmgeâlh«:«lile beisammen. aile oben am
Ansàtzpnnkî des Pharynx an der TVand der Hôhle angeheftet.
In der Systematik der RabdocoBlen habe ich mich dem von
Tox Geaff in seiner klassischen . . Monographie der Turbella-
rien " anfgesieliten System angeschlossen und seine Diagnosen
der einzelnen Untei^roppen wôrtlich in meiner Arbeit ange-
fahit. dâbei die wenigen Yerbessenmgen. die in jûngsier Zeii
gemachî worden sind. bemcksichtigend. Fur die Einteiloug
der Tricladen hat mir eine Arbeit von Paul Hat.t.kz (1890 »
vorgelegen. welcher sich der ebenso mûhevollen als ver-
dankenswerten Arbeit nnterzog. aile bekaimten Tricladen mit
ihreji Synonimen znsâmmenznsîellen nnd in ein System zu
ordnen. - :.ii anch in dieser Abt^ilung der Turbellarien
Ordn:ir^ . :. vrcrden ist.
^pezieller Teil.
I. Ordxog: RHABDOCŒLIDA Giaff.
Tribus Rhabdocœla Grafi.
I. Faa-ttt : AlACROSTO^nDA Ed. v. Ben.
. . Rhâb)iocœiâ mit zwei Geschlechtsoffilangen. die weibliche
Tor der mànnlichen gelegen: mit Ovarien, ohne weibliche
Hôlisapparate : mit Pharynx simplex. "
DIE TTBBELLARIEX DEB UMGEBUSG VOX BAaEL. 22 i
1. Genns: MAŒOSTOiiA Ed. v. Ben.
.. MacTOstomida ohne Otolithen. rlten Ovarien und
compacten Hoden. Mund bauchstï;. . -.. dem rxehini. •■
1. Macrosioma hystrix Oe.
Graff 1882, Silliman 1885. Braun 18^-
Diese Art. intéressant dorch ihr York-: ^ ââssen
-àlzigen und Bractvrasser. kommt hier nur rereinzelt bei
Allschwil. im Sumpfe von Nendon " "' ' : .^en vor.
2. Macrostcma nride Ed. v. Len.
Graff 188i Braon 1885, Zzebaiiàs 1891.
Vollkommen farblos. selten melir als l.ô ' . ! ! ' '
Tî'kennbar an dem spiralig gewundenen P-ri. —
beren an der Vesicola seminalis befestigten TeîL mehrere in
-leichen Abstanden stehende Maskelansâtze. in Form von
jegen die Spitze der Chitinrôhre zu verstreiehenden Chitin-
lammen besitzi. Die weibliche Cieschlechtsûraning ist um-
- relit von zablreichen Drûsen. Geisselhaare g: len
-ànzen KOrper. sind aber besonders am Vorder- : :êil
in grôsserer Zabi vorhanden. Das beim Anheften spatel-
: 'rmig verbreiîerte Ende zeigt in dieser Stellong " 'en.
lie bei der freischwimmenden z'r'~-z~zz zich: -
Fundoii: Den ganzen S rse Ar:
im Bâche des Augustinerholzei r^r. '.vît :. in
•venigen iEjsemplaren zu rreuen.
n. Fa^hue : AnCEOSTCOUDA 0. Schm.
., Ehabdocœla mit geschlechtlicher und zugleich unge-
schlechtlicher Fortpflanzang : mit wahrscheinlich stets- ein-
228 OTTO FrHRMANN.
faclien Ovarien, oline weibliclie Hïilfsapparate ; mit Pharynx
simplex. "
2. Genus : Microstoma 0. Sclim.
„ Microstomida mit getrennten Geschlechtern und com-
pacten Hoden. Korper gleiclimâssig bewimpert, mit Wimper-
griibchen und einem pr?eœsophagealen Darrablindsack. "■
3. Microstoma lineare Oe.
Fig. 4, 5, 6.
M. Sclmltze 18i9, Metsciinikoff 1878, Gratl' 1882, Silliman 188o, Braun 1885,
Zacharias 1885, Laiidsberg 1887, Hywosch 1887, Wagner 1889.
Die Microstonien sind in neuester Zeit der Gegenstand
eingehender Untersuchungen gewesen. Landsberg liât die
ganze Familie genauer untersucht und dabei die histologischen
Befunde von Graff's ergiinzt. Rywosch und Bohmig (1889)
liaben, Ersterer bei Microstoma lineare, Letzterer an 3ïicro-
stoma pa])ïllosum Graff, die bis jetzt noch sehr unvollkommen
bekannten Geschlechtsverhiiltnisse eingehender studirt ; endlich
haben Sillbian, Vejdoysky und Zacharias das Vorhanden-
sein eines Wassergefasssystems, das seit M. Schultze nicht
mehr gesehen worden, bestiitigt und die Beobachtungen dièses
trefflichen Forschers ergânzt.
Dièses tiber ganz Europa verbreitete, neuerdings von Silli-
man auch in Nord-Amerika aufgefundene Turbellar ist hier
haufig an den verschiedensten Orten, sowohl in stehenden als
fliessenden Gewassern zu finden. Es erreicht eine Liinge von
10 mm. im Maximum. Das vorderste Individuum der Kette
ist keulenformig angeschwollen und zeigt ausser den bereits
bekannten Wimpergrïibchen und den roten Augenflecken die
als zwei schmale kurze Streifen roten Pigmentes ersclieinen,
noch zwei iihnliche nur etwas ditt'usere Fiecken auf der ven-
DIE TURBELLARIEN DER UMGEBUNG VON BASEL. 229
tralen Seite, die in ihrer Lage den dorsalen Augen voUkommen
entsprechen. Solche Pigmentflecken zeigt auch das zweite
Individuum I. Ordnung, wiihreiid die ubrigen Glieder der
Kette dieselben nocli nicht zeigen. Ein gleiches Pigment
enthalten auch die rosettenformig die Winipergrtibchen um-
scliliessenden Epidermiszellen. An der Kurperspitze miindet
eine Gruppe von Schleimzellen ans, wiihrend sicli an den
ubrigen Stellen des Korpers nur vereinzelt solche finden. Die
Epithelzellen tragen an einzehien Stellen starre, lange Geissel-
haare, die ahnlich wie bei Planarien zu Bûscheln vereinigt
sind (Fig. 6). Zwischen diesen liegen eingekeilt die Nemato-
cysten in zwei verschiedenen Formen entwickelt. Die kleinere
von Leydig zuerst aufgefundene Form ist lânglich oval und
von einfachem Bau ; sie sind immer nur in geringer Zahl vor-
handen. Die Liinge dieser Gebilde schwankt zwischen 0,0077
und 0,012 mm., der Durchmesser ist 0,0024 — 0,0044 mm.
(Fig. 5). Die zweite Art von Nesselzellen hat voN Graff in
seiner Monographie, Taf. XV, Fig. 5 abgebildet, doch ist die
Zeichnung, die er giebt, nicht ganz genûgend, dem entspre-
cliend die Beschreibung auch eine unvoUstândige. Ich habc
die Gebilde genauer untersucht und gefunden, dass ihr Bau
ein viel compliciterer und ihr Mechanismus wohl ein anderer
ist, als bisher angenommen wurde.
Die Nesselkapseln liegen je in einer Zelle die an Quetsch-
pràparaten, als heller Hof die eigentliche Kapsel umgiebt.
Dièse ist ziemlich dickwandig, oval, oben mit einem kurzen
Hais versehen (Fig. 4). Die Hôhe dieser Kapseln ist 0,0084-
0,0187 mm., ihr Durchmesser 0,007—0,017 mm. Der Hais
ist bei den grôssten etwa 0,0022 mm. weit und durch ein
Deckelchen verschlossen. Wird nun die Nesselkapsel in
Folge eines Reizes abgeschossen, so springt das Deckelchen
auf, der Hais der vorher 0,0022 mm. weit war, erweitert
sich plotzlich auf das doppelte, wodurch der ganze an seinem
230 OTTO FrHRMANN.
Rande angelieftete Apparat heraus geschnellt wird. Dieser
Apparat besteht aus einem dimnliautigen Cylinder von 0,007
mm. Lange (^bei einer- Nesselkapsel von 0,0154 mm. Hôhe)
der oben 4 gelenkig mit ihm verbundene fast eben so lange
Stacheln triigt. Auf dem Cylinder sitzt ein kuppelformiges
Hiitchen das oben eine Oeffnung besitzt, um welclie 4 kurze
Spitzclien in regelmilssigen Abstiinden gruppirt sind. Der
Xosselfaden ist am Rande der Oeffnung befestigt, vollkommen
solid und hie nnd da, wenn aucli selten, in der Mitte mehr
als doppelt so dick als an den Enden, ein Beweis dafiir, dass
er niclit wie voN Graff glaubt, gleicli einem Handscluihfinger
ausgestiilpt worden sein kann, sondern einfach diirch die an
der Spitze des Kopfchens sich findende Oeffnung herausge-
schleudert wird. Der ganze Apparat ist nun so in der Kapsel
untergebracht, dass er von der Spitze des Kopfchens bis an
die Ansatzstelle am Hais nach innen gestiilpt ist, wodurch
sowohl die gelenkigen oberii als untern Stacheln nach oben
uragelegt werden (Fig. 4h). Der Faden ist durch die Oeff-
nung eingezogen und aufgerollt zu denken.
Der Darmkanal beginnt mit einem von Wimpern ausgeklei-
deten Pharynx simplex der in einen ebenfalls bewimperten
von einer Muscularis umgebenen Darm fiihrt. Metschxikoff
giebt in einer kleinen Arbeit ,, Ueber die Verdauungsorgane
einiger Siisswasserturbellarien " an, dass die flimmernden
Darmzellen von Microstonia l'meare die Fahigkeit Nahrung
direct aufzunehmen verloren haben. Dièse Beobachtung
Metschnikoff's erklart das Yorhandensein zahlreicher Drii-
senzellen zwischen den Darmzellen, welche die Verdauung
besorgen. Als Driisenzellen sehe ich die zahlreichen in
regelmilssigen Abstiinden zwischen dem Darmepithel einge-
streuten Zellen mit grobkornigem, stark lichtbrechendem
Secret vollgepfropft, an. Dass dièse Zellen mit Nahrungs-
stoften erfiillte Darmzellen sind, scheint mir wegen ihrer regel-
milssigen Yerteilung nicht wahrscheinlich zu sein.
DIE TURBELLARIEN DER UMGEBUNG VON BASEL. 231
Das Wassergefâsssystem haben wie schon bemerkt, neuer-
dings Vejdovsky, Silliman und Zacharias wieder gesehen,
nachdem Schultze dasselbe 1853 entdeckt und wie Silliman
und Vejdovsky als zwei zu beiden Seiten des Korpers ver-
laufende Stâmme beschrieben batte. Die getrennten Ausfuhr-
ôffnungen soUen nach Silliman im Kopf liegen, wahrend Za-
charias angiebt dass die beiden Hauptstàmme sich nach vorn
in eine grosse Zabi von Verzweigungen auflôsen und ein reiches
Gefàssnetz, namentlich in derNâhe der Speicheldriisen bilden,
mit welchen sie vielleicht in Verbindung stehen, so dass dièse
Driisen eine excretorische Function besàssen. Ich habe eben-
falls ein reiches Gefàssnetz beobachten konnen, das aber nicht
nur um die Speicheldriisen sondern auch in den iibrigen Teilen
des Korpers entwickelt, in den letzteren aber viel schwieriger
zu sehen ist. Die beiden Hauptstàmme habe ich nicht auf-
finden konnen.
Die Geschlechtsorgane habe ich nur an zwei Tieren beo-
bachtet. Beide bestanden aus einer Kette von 2 Individuen
und hatten im zweiten Individuum die mânnlichen Genitalien
entwickelt; bei dem einen Exemplar besass auch das erste
Individuum einen Pénis mit Vesicula seminalis, dessen
chitinôser Teil aber kiirzer und fast gerade war, Weibliche
Ketten habe ich nie gesehen. Trotz der Untersuchungen
von Rywosch und Bôhmig sind wir noch nicht zu einer klaren
Einsicht in die Geschlechtsverhâltnisse dieser Tiergruppe ge-
kommen.
Fundorte : Neudorf, Augustinerholzbach, Kleinhtiningen,
Istein.
Rev. Suisse de Zool., T. II. 1894. 16
232 OTTO FUHRMANN.
4. Microstoma canimi' nov. spec.
Fig. 7 lyid 8.
3Iicrostoma canum ist ein iiusserst lichtsclieues Tierchen,
das sich meist versteckt hait, wesslialb es, da es dazu nocli
vollkommen die sclimutzig graue Farbe des Untergrundes be-
sitzt, sehr schwer zu finden ist. Die Ketten, die bis 2 mm.
lang werden, bestehen aus 4 oder 8 Individuen^ von welchen
das vorderste beim freien Schwimmen, wie bêi Microstoma
Imeare keulenfôrmig angeschwollen ist. An der Kopfspitze
munden zalilreiche Drïisen aus. Augenflecken und ebenso die
Nesselkapseln felilen vollkommen. Die Wimpergrûbclien liegen
hinter dem Geliirn etwa auf der Holie der Mundoffnung und sind
tiefe Einstûlpungen der Epidermis mit eigentûmlich geformter
Oeffnung die von stàrkeren Wimpern umgeben (Fig. 8). Das
Hinterende ist in ein ziemlich langes Scliwânzclien ausgezogen
und tràgt feine Geisselhaare. Pharynx und Darm sind wie
der ganze Kôrper bewimpert. In den Pharynx munden zalil-
reiche Driisen. Der Darm mit weit nach vorn reichendem
prseœsophagealem Blindsack besitzt eine Epithelauskleidung,
deren Zelleu in der Mitte fast senkrecht zur Lângsachse stehen,
wàhrend sie im Vorder- und Hinterteil des Darmes stark gegen
die Mitte convergiren, die vorderen also nach liinten, die
hinteren nach vorn gerichtet sind ; da das Lumen des Darmes
iïberall dasselbe, so sind die vorderen und hintern Darmzellen
langer als die der Mitte. Sie sind von keulenformiger Gestalt
reich an grossern und kleinern Vacuolen mit verschieden fârb-
barem Inhalt erfiillt ; nur an der Basis wo gewohnlich auch
der Kern, der etwas in die Liinge gezogen ist, liegt, ist das
1 01) dièse Species ideiitiscli ist mit der vou Zacliarias (181)4) uiiter dem
Xameii Microstoma inernie beschriebeneu Art, vermag ich wegea der imvoli-
stândigea Diagnose aicht zu eiitsclieideu.
DIE TURBELLARIEN DER UMGEBUNG VON BASEL. 233
Plasma dichter uiid intensiver gefarbt. Zwischen diesen
Darmzellen liegen wie bei Microstoma lineare Drûsenzellen
mit nur wenig fàrbbarem grobkornigem Secret, das, da nach
Metschnikoff bei Microstoma keiiie intracellulâre Verdauung
statt hat, die Auflôsung der Nahrung besorgen wird.
Das Gehirn und die Wimpergrïibclien sind wie bei Micro-
stoma lineare (Landsberg 1887) gebaut.
Die Geschlechtsorgane fand ich nicht entwickelt. Vom
Wassergefâsssystem, das schon bei Microstoma lineare schwer
sichtbar, habe ich bei dieser kleinen Art nichts als seine
Anwesenheit constatiren kônnen.
Fundort : Dièse Art war wâhrend des ganzen Sommers
ziemlich hàufig im Augustinerholzbacli anzutreffen.
3. Genus : Stenostoma 0. Schm.
,, Microstomida mit getremiten Geschlechtern (?) und cora-
pacten Hoden. Korper gleichmassig bewimmpert, mit Wim-
pergriibchen und ohne prseœsophagealen Darmbliudsack. '^
5. Stenostoma leiicops 0. Schm.
Fig. 10.
Graff 1882, Landsberg 1887, Zacharias 1891, Ott 1892.
Dièse weit verbreitete Art ist in fast allen stehenden und
fliessenden Gewassern der Umgebung in grosser Zahl bei-
sammen lebend, anzutreffen. Die Ketten erreichen die Lange
von 3 mm., nicht selten aber auch fast das Doppelte. Sehr
verschieden ist je nach dem Fundort die àussere Gestalt.
In schnellfliessenden Bàchen sind die Ketten weissen Fâdchen
gleich ; in stehenden Gewassern, vor allem die in dem an
Turbellarien se reichen Sumpfe von Neudorf sich findenden,
sind viel dicker und kurzer mit einem von der Nahrung gelb
234 OTTO FUHRMANN.
gefârbten Darm. Von diesen beiden Extremen sind an andern
Fundorten die Zwischenstufen zu finden.
Das Wassergefâsssystem habe ich als einfachen Stamm,
der vor der hinteren Kôrperspitze ausmûndet, immer leicht
erkannt. Dieser Stamm verlâuft nach vorn, uni liber dem
Gehirn wieder nach riickwârts zu gehen, wo er sich dann
bald in feine Aeste auflosen soll (Graff), was mir wie aucli
Zacharias, entgangen zu sein scheint. Umkleidet ist der
Gefâssstamm von einer dicken Plasmaschicht die glànzende
Granulae enthalt. Ott findet „ the wall of the tube lined
with cubical ciliated cells " ; solche habe ich nicht gesehen,
wohl aber eine starke Strômung im Innern des Hauptstammes.
Ueber die Geschleclitsverhàltnisse sind wir bei diesem
Genus noch sehr schlecht orientirt. Es sind bis jetzt mit
Sicherheit nur die Ovarien bekannt. Die Ovarien entsprossen
dem Darmepithel und sind desshalb von der Muscularis des
Darmes umgeben, welche sich contrahirend rasch voriiber-
gehende Einschniirungen an ersteren erzeugt. Auf dièse Weise
lâsst sich ihre Anwesenheit schon am lebenden Tiere consta-
tiren. Die Zahl der drei bis vier Eier umschliessenden
Organe kann bis auf sechs steigen (Fig. 10), wobei aber
die meisten Eizellgruppen klein sind. Ihre Lage ist die Ven-
tralseite des Darmes, an welcher sie meist das vordere Drittei
einnehmen. Die einzelnen Eizellen enthalten einen grossen
Kern mit grossem Kernkorperchen, das eine oder mehrere
Vacuolen enthalt. Der Kern ist umgeben von im durch-
fallenden Lichte dunkelerscheinenden groben Kôrnern, durch
welche er verdeckt wird. Die Weiterentwickelung der Ovarien
und die Bildung von legereifen Eiern habe ich leider nicht
verfolgen konnen. Die von Vejdovsky zuerst gesehene
,, ovale Druse", welche hinter dem Gehirn dorsal ausmiindet,
ist von SiLLiMAN bei Stenostoma agile und leuco^^s wieder
aufgefunden und folgendermassen beschrieben worden: ,, das
DIE TURBELLARIEN DER UMGEBUNG VON BASEL. 235
Lumen ist weit und entlialt ofters Gebilde, die man leiclit fiir
Sperma in anderen Fâllen fiir Eier halten kunnte. " Ich
liabe dièse Driise an melireren mit Ovarien versehenen Einzel-
individuen geselien; hiemit fâllt die Annahrae Silliman's,
dass sie Eier entlialten konnte, dahin, ob sie nun Sperma
enthâlt oder welclies iiberhaupt ihre Function, vermag ich
nicht zu sagen. Nach meinen Beobachtungen bestelit dièse
Driise aus grossen Zellen, welche einen Raum umschliessen,
der von einem Secret unbestimmbarer Natur erfiillt ist. Der
Ausfiihrgang ist kurz und mit einer Muscularis versehen, die
namentlich die Riugmuskeln deutlich zeigt. Landsberg hat
in derseiben Kette, die auch das Ovarium enthielt, paarige
Hoden in der Anlage als kurze Striinge dicht hinter dem
Gehirn gelegen, gesehen.
Fîindort: Stenostoma leucops ist in fast allen Gewâssern
der Umgebung zu iinden, besonders hitufig im Augustinerholz-
bach, im Sumpfe von Neudorf und Michelfelden.
6. Stenostoma agile Silliman.
Fig. 9.
SiUimau 1883.
Silliman hat dièse Species in Monrœ County in Nord-
amerika entdeckt von wo sie bis jetzt einzig bekannt war.
Dieselbe Art Ivoramt auch hier vor, die grOssten Individuen
sind 2 mm. lang und vollkommen farblos. Die sehr beweg-
liche Korperspitze ist iiusserst contractil und mit den bei
Turbellarien so hâufigen Borstenhaaren besetzt. Die Ketten
bestehen aus 2 Individuen; solitare Formen sind nicht selten.
Die Wimpergriibchen liegen sehr weit vorn. Der Pharynx
ist lang, und mit einer sehr grossen Zahl von Muskelfasern
-an der Leibeswand befestigt. Ihre Zahl nimmt kurz vor der
Stelle wo der Schlund in den Darm iibergeht ab, wahrend sie
236 OTTO FUHRAIANN.
nach SiLLiMAN gerade dort zahlreich siiid. Es ist dies die
einzige Differenz zwischen der amerikanischen und der hier
vorkommenden Form. Der contractile mit einer Muscularis
versehene Darm ist durch wenige Muskelfasern im Parenchym
aufgehangt.
Das Gehirn ist zweilappig; in seiner unmittelbaren Nàhe
liegen die sog. sclilisselformigen Organe, die bei dieser Art
aus einer runden Zelle bestehen, welclie liinten einen stark
lichtbrechenden Belag mit einer kleinen Erhebung in der
Mitte besitzt (Fig. 9).
Das Wassergefasssystem besteht aus einem im letzten Kôr-
perdrittel auf der Rûckenseite beginneuden aufsteigenden Ast,
der vorn umbiegt und dem Darme fa^t aufliegend nach hinten
verlauft, \vo er kurz vor der Schwanzspitze ventral ausmûndet.
Es ist der Wassergefâssstamm, wie bei Stenostoma leucops^
auf seiner ganzen Lange umkleidet von einer den Durchmesser
des Gefiisses an Dicke fast um das Doppelte iibertreffenden
Plasmaschicht, die namentlich in der Nilhe des Gefâsslumens
feine, glânzende Kôrner (Excretionskorner'?') enthâlt. Im
ganzen Gefass, namentlich deutlich im Kopfteil, sieht man
eine starke , Stromung des luhaltes gegen den Porus zu.
Es vermehrte sich dièse Art als icli sie in einem Graben
bei Michelfelden land, ausschliesslich auf ungeschlechtlichem
Wege.
III. Familie : PRORHYNCHIDA Dies.
,, Rhabdocœla mit getrennten Geschlechtsôffnungen, die
weibliche bauchstândig, die mànnliche mit dem Munde com-
binirt. Zwitter mit einfachem Keimdotterstock aber ohne
weibliche Hiilfsapparate. Mit Pharynx variabilis."
DIE TURBELLARIEN DER UMGEBUNG VON BASEL. 237
4. Genus : Prorhynchus M. Scli.
„ Prorhynchida mit WimpergTubchen, Mund am Vorder-
ende des Korpers, ein cliitinuses Copulationsorgan vorhanden,
Korper fadenformig gestreckt. "
7. Prorlujncluis stagnalis M. Sch.
Graif 1882, Braun I88o.
Scheint hier selir selten zu sein, da icli iiur ein einziges
geschlechtsreifes Exemplar am 3. Dezember im Baclie des
Augustinerholzes fand. Es mass in ausgestrecktem Zustande
etwas mehr als 4 mm. Wie Ilacrostoma hystrix kann sicli
Prorhynclms mit dem beim Anlieften spatelfôrmig verbrei-
terten Hinterende festlialten, zu welcliem Zwecke mehrere
grosse Drûsen am Rande ausmûnden, wâhrend sich Macro-
sioma mit Hilfe von Haftpapillen festhalt.
IV. Familie : MESOSTOMIDA Dug.
5, Rhabdocœla mit einer oder zwei Geschlechtsôffnungen,
mit Keimdotterstôcken oder getrennten Keim- und Dotter-
stôcken, zumeist mit weiblichen Hiilfsapparaten und stets com-
pacten paarigen Hoden; mit einem bauchstândigen Pharynx
rosulatus. "
SUBFAMILIE : EUMESOSTOMINA Gralï'.
,, Mesostomida mit einer Geschlechtsôffnung, einem Keim-
stock, zwei Dotterstocken, Bursa copulatrix und Recepta-
culum seminis^ mit langgestreckten Hoden und mit in die
Phar} ngealtasche einmûndendem Excretionsorgan. "
238 OTTO FUHRMANN.
5. Genus : Mesostoma Dug.
,, Eumesostomina ohne Otolithen, mit einem in ganzer Lange
als Ausfiihrungsgang der mânnliclien Sekrete dienenden Copu-
lationsorgan. "
a) Prosopore Mesostomen mit Augen.
8. Mesostoma lïroductum 0. Sch.
Gratr 1882, Braiin 188o, Zykoff 1892.
Bis jetzt ist dièse Art immer nur vereinzelt gefunden worden.
einzig Zykoff erwàlint sie, als in grosser Zalil in der Um-
gebung von Moskau vorkommend. Hier liabe ich Mesostoma
prodiicttmi nur in Neudorf und dort immer nur in einzelnen
Exemplaren gefunden.
9. Mesostoma Ungua 0. Sch.
Graff 1882, Braun 1885, Hallez 1886.
Ich habe der von den oben genannten Forschern gegebenen
Beschreibung nur einiges beizufûgen. Mesostoma Ungua bildet
Sommer- .und Wintereier. Erstere kommen bis 40 an der
Zabi in einem Individuum vor; die Jungen verlassen schon
im Mutterleibe die Eischale. Die Wintereier, ebenfalls bis
vierzig, werden nacli dem Ausschliipfen der Sommertiere in
kurzer Zeit gebildet. Das erste gebildete Ei wird in den
linken vorderen Ast des Utérus geschoben, das zweite in den
rechten, ein drittes wieder in den linken und so weiter bis
der ganze Utérus angefullt ist mit dickschaligen Eiern. Schon
im Muttertier entwickelt sich wie in den Sommereiern ein
Embryo, der in vollkommen ausgebildetem Zustande iiber-
wintert. Die von den seitlich gelegenen Hoden gebildeten,
I
DIE TURBELLARIEN DER UMGEBUNG VON BASEL. 239
von VON Gkaff als lange feine Fâden beschriebenen Sper-
matozoen besitzen an ihrem Hinterende zwei lange Geisseln
die sich etwas vor der Spitze anheften.
Fundorte : Kleinhùningen, Neudorf und Michelfelden.
10. Mesostoma Ehrenhergii 0. Scli.
Fïg. H.
Schmidt 1858, Graff 1882, Vogt und Yiing 1888.
Dièses schone Turbellar liât neuerdings in den ,, Traité
d'Anatomie comparée pratique ' ' von C. Vogt und E. Yung
eine monograpliische Bearbeitung erfaliren, in welclier der
Geschlechtsapparat eine Deutung und Beschreibung erhalten,
die mit der libereinstimmenden Darstellung von Schmidt und
V. Graff durchaus in Widerspruch steht. So wird zum Bei-
spiel der Pénis als ein fiir das Sperma niclit passirbares
„ organe excitateur" besclirieben neben welchem die Sam-
blase liegt. Es wâre also nach dieser Deutung Mesostoma
Ehrenhergii in das Genus Castrada zu stellen. Ich habe bei
dieser grossten Rhabdocœle der Umgebung das Gehirn und
die Augen nilher untersucht. Das Gehirn liisst wenig deut-
lich seinen Ursprung aus zwei anfangs getrennt angelegten
Ganglien erkennen, nur eine selir schwache Einsclinûrung
und die geringere Anzalil von Ganglienzellen in der Médiane
deuten dies an. Von Nerven habe ich vier Paare nachweisen
konnen. Ein nach vorn verlaufendes Paar, das sich im Vor-
derende fein verzweigt, ein ventral nach hinten gehendes
Paar, beide schon langst bekannt und leiclit sichtbar. Ausser
diesen gehen seitlich ventral und dorsal je ein Paar ab. Das
Gehirn ist nicht von einer besonderen Kapselmembran um-
hûllt wie eine solche von Lang (1884) fiir die Polycladen
und von Bôhmig (1891) fiir Monophorum und CyVmdrostoma
nachgewiesen worden ist. Es ist von einem continuirlichen
240 OTTO FUHRMANN.
Ganglienzellenbelag umgeben, der in der Mitte, wo die beiden
grossen von Vogt und Yung beschriebenen und abgebildeten
Ganglienzellen liegen, etwas gelichtet ist. Das centrale Faser-
netz („ Punktsubstanz " Leydig) ist von verschiedener Dichte,
so dass gewisse Partien als besondere Faserztige hervortreten.
Das Fasernetz ist nach Bohmig (1891) nur die Stiitzsubstanz
des die Maschen ausfûllenden eigentlichen Nervennetzes. Dièse
Stiitzsubstanz, frilher auch Haller'sclies Netzwerk genannt,
bezeichnet Bôhmig als spongioplasmatisches, die FuUmasse
als liyaloplasmatisdies Netzwerk. Die durch besondere Fein-
heit des Xetzwerkes ausgezeichneten Bezirke sind teils paarig
teils unpaar. Am meisten dorsal findet sich zu beiden Seiten
parallel der Mittellinie gelegen ein Faserzug der hinten nach
aussen umbiegt. In dieser Umbiegung liegt ein Faserballen,
der tief in das Ganglion liinabreiclit. Die beiden Augen
werden durch einen breiten Balken, der das Gehirn in seiner
ganzen Huhe durchsetzt, verbunden. Dièses breite Band giebt
an seinen lateralen dorsalen Enden einen Faserzug ab, der
liinten um den Pigmentbecher herumziehend in den Retina-
kolben gelit, wiihrend an seinen ventralen Enden ein iihnlicher
Zug nach hinten verlàuft und in das hintere Nervenpaar
iibergeht.
Die Augen liegen deui vorderen Teil der beiden Ganglien
auf ; sie bestehen ans einem dunkeln Pigmentbecher, in wel-
chem eine schalenforniige Stiibchenschicht liegt. Zwischen
dièse und den Pigmentbecher schiebt sich eine belle Zone
einer nicht farbbaren Substanz ein. Der Stâbchenschicht
liegt der brauseformige Retinakolben an, der- hinten umbiegt
und zum Gehirn verliiuft, vorher aber noch eine nach aussen
gerichtete Anschwellung besitzt (Fig. 11^0- ^^^"' li^ï^ten also
im Aufbau des Sehorganes dieselben Verhilltnisse, wie sie von
BoiBiiG fïir Mesostoma Craci in semer neuesten Arbeit iiber
die Alloiocœlen Turbellarien beschrieben worden sind. Einzig
DIE TURBELLARIEN DER ITMGEBUNG VON BASEL. 241
die starke Anscliwelluiig des zur Stâbchenschicht ziehenden
Faserzuges ist Mesostoma Elirenbergii eigentiimlicli.
Fundort : Der Sumpf von Neudorf.
11. Mesostoma rostratum Elibg.
Graff 1882, Braun 1885, Zacliarias 1886, Sekera 1892.
Dièses durclisiclitige mit iiiisserst empfindlichen und beweg-
liclien Tastrûssel versehene Turbellar erreicht eine Lilnge von
hochstens 3 mm. Es ist vollkommen farblos oder schwach
gelblicli gefârbt, nur die Exemplare von Brislach waren
schwacb rosarot angehaucht. Zacharias hat im Gegensatze
zu VON Graff die Spermatozoen als mit 2 Geisseln versehen
beschrieben, wâhrend letzterer nur eine wahrgenommen. Ich
kann die Beobachtung von Zacharias bestiitigen, indera schon
mit einer gewohnlichen guten Linse deutlich zwei schwingende
Geisseln gesehen werden kônnen.
In einem der vielen Exemplare die ich untersuclit, fanden
sicli im Parenchym mehrere gregarinenalinliche Gebilde ; aucli
sog. 5, Krystalloïde " kamen bei zwei Exemplaren zur Beo-
bachtung.
Fundorte : Besonders zahlreich in dem Sumpfe von Neu-
doii, ferner bei Brislach.
l)) Prosopore Mesostomen ohne Aiigen.
12. Mesostoma viridatiim M. Sch.
Graff 1882, Braun 188o, Zacharias 1886.
Unter diesem Namen und don von von Graff zusammen-
gestellten Synonimen dieser Art ist wohl manche gute Species
verborgen. Die von Hallez als TJiyplioplana viridis be-
schriebene Art, welche von voN Graff zu obiger gestellt
wurde, scheint mir nicht hieher zu gehoren, da Mesostoma
242 OTTO FUHRMAN^.
viridatum keinen mit Stacheln besetzten Pénis besitzt wie
ihn Hallez (1879) in ausgestiilptem Zustande abgebildet
liât.
Eine sichere Bestimmung dieser Species ist nur moglich
wenn Schnittserien augefertigt werden, da ara lebenden Tier
fast nichts von den Geschlechtsorganen zu sehen ist als etwa
der birnformige Pénis. Die in der Umgebung Basels vor-
kommende Art stimmt mit den liickenhaften Angaben, die
wir iiber dièse Species besitzen, iiberein, einzig die Epidermis,
die als farblos besclirieben wird, erscheint hellgelblicli gefârbt.
Die Geschlechtsorgane zeiclinen sich durcli ihren zarten
Bau aus. Das Atrium das direct hinter dem Pharynx aus-
mûndet ist von holiem Epithel ausgekleidet. Die Uteri die
nach vorn und hinten gelien entlialten bis zu acht liellbraune
ovale Eier. Braun (1885) giebt in seiner Arbeit bei 3Ieso-
stoma viridatum, wie iiberhaupt bei allen Tiirbellarien, als
Form der Eier die concav-convexe an. Icli habe solche Eier
nie angetroffen, und glaube, dass dièse Angabe sich dadurch
erkliirt, dass die nur auf Schnitten und in Totalpriiparaten
sich darbietende Form als die der Wirklichkeit entsprechende
angesehen wurde. Auf Schnittprâparaten zeigen allerdings
aile hartschaligen Eier concav-convexe Form, doch liegt der
sie umschliessende Utérus nur auf der convexen Seite der
Schale an, und ist auf der concaven Eiseite ebenfalls convex,
zeigt also imnier einen ovalen Durchschnitt der der wirk-
lichen Form des Cocons entspricht. Durch die Conser-
virung werden die Schalen der Wintereier auf einer Seite
eingedriickt, wàhrend die pergamentschaHgen Sommereier
unregelmâssig schrumpfen. Beides lilsst sich bei Anfertigung
eines Glycerin oder Canadabalsampràparates unter dem Mi-
kroskop direct verfolgen. Die Wintereier entwickeln ihren
Embryo wie Mesostoma lingua bereits im Utérus. Die dium-
schaligen Sommereier bis zu 5 an der Zahl schliipfen sclion
DIE TURBELLARIEN DER UMGEBUNG VON BASEL. 245
im Muttertier aus. Die Jnngen sind vollkommen frei von
Zoochlorellen, ihr Pharynx liegt liinter der Korpermitte und
die Epidermis ist deutlicli hellgelb gefârbt.
Der Keimstock ist von gewohnlicher Form. Die Dotter-
stocke reiclien weit nacli vorn und sind besonders hinten
mâchtig entwickelt. Die Hoden liegen zu beiden Seiten des
Pharynx zwischen diesem und der Leibeswand und unter den
liber sie wegstreichenden Dotterstocken. Ihre kurzen Vasa
deferentia miinden in den birnfônnigen Pénis, dessen Samen-
blase auch das Kôrnersecret enthillt. Die Bursa copulatrix
und das Recepianilum seminis konnte ich nicht mit Sicherheit
nachweisen, letzteres schien in den Oviduct eingeschaltet zu
sein.
Fundorfe : Ich fand dièse Art in den Siimpfen von Neudorf,
Michelfelden und Kleinhiiningen, ebenso bei Allschwil und
Istein.
13. Mesostoma minimum nov. spec.
Fig. 12.
Die Lange betrâgt nie mehr als 1 mm. Die Tiere sind
âusserlich Mesostoma viridatum sehr ahnlich, wie dièses grtin
gefarbt durch Zoochlorellen, die das Parenchym namentlich
direct unter dem Hautmuskelsclilauch besonders dicht erfiillen.
Die Epidermis besteht aus polygonalen 0,0028 mm. hohen
Zellen die mit feinen fast doppelt so hohen Cilien bedeckt
sind. Die Kerne der Zellen sind oval, der geringen Hôhe
des Epithels wegen Hegen sie mit der Lângsaxe parallel der
Lângsrichtung des Kôrpers, die schwache Basalmembran und
Cuticula beiderseits fast beriihrend. Licht percipierende Sin-
nesorgane sind keine vorhanden. Am Vorderende miinden
zwei Stàbchenstrassen aus, die ihren Urspruug in grossen vor
dem Pharynx gelegenen Stabchenzellen haben. Ueber jedem
244 OTTO FUHRMANN.
Stabchenstrom liegt je eine Drûse mit feinkornigem Secret,
das nach der verschiedeneii Fârbung zu urteilen von anderer
chemischer Zusammensetzung ist als das der Stabchendrusen-
zellen. Es ergiessen dièse beiden Drûsen ihr Secret durch
lange Ausfuîirgilnge an der Stelle nach aussen, \vo auch die
Stilbchenstrassen ausmunden. Der Hautmuskelschlaucli be-
steht wie bei den meisten Mesostomeen aus Ring- und Langs-
muskelschicht, beide in einfacher Lage.
Der Pharynx liegt etwas vor der KOrpermitte ; in seine
Pharyngealtasche milnden die beiden kurzen Hauptstamme
des Excretionssystems.
Das Gehirn ist gut entwickelt und zeigt nur eine schwache
Einschniiriing in der Mitte. Zahlreiche Ganglienzellen um-
htillen den Faserballen, der nach vorn, seitwiirts und hinten
je ein Paar Nerven entsendet.
Die Geschlechtsoffnung liegt etwas hinter der Mundôffnung.
Das Atrium ist schlauchformig, schwach muskulôs und mit
Epithel ausgekleidet. Nach vorn geht von ihm der unpaare
Utérus ab, der immer nur ein einziges, sehr grosses, hart-
schaliges Ei enthiilt. An dem einzelnen Ei ist dièse Species
sofort zu erkennen^ da von den tibrigen Organen, ausser dem
Pharynx und den Stilbchenstrassen, wegen der Zoochlorellen
in der Regel nichts zu sehen ist und erst die Zerlegung in
Schnitte einen Aufschluss liber den anatomischen Bau giebt.
Die Form des 0^15 mm. grossen Eies ist von der Riicken-
oder Bauchseite gesehen eine kreisrunde, von der Seite eine
langlich ovale. Die Schale ist 0,0027 mm. dick und dunkel-
braun getïlrbt. In das Atrium miinden das Ovarium, die
Dotterstocke, die Bursa copulatrix und der Pénis.
Der Keimstock ist kurz mit sehr grossen Eizellen, die
einen hellen 0,0148 mm. grossen Kern enthalten. Sein
Oviduct umschliesst das miichtige Receptaculum seminis das
schwach nmskulôs und von Epithel ausgekleidet ist. Die
DIE TURBELLARIEN DEK UMGEBUNG VON lîASEL. 245
Dotterstocke sind selir stark entwickelt, erfullen fast den
ganzen Hinterteil, reiclien aber nur bis etwa auf die Hôhe
der .Geschlechtsoffnung.
Die Bursa copulatrix ist klein und lang gestielt.
Der Pénis ist birnfôrmig und ganz ahnlich gebaut wie bei
Mesostoma vmdatum, seine Samenblase ist erfiillt von Sperma
und Kornersekret. In dieselbe mimden die Vasa deferentia
der zu beiden Seiten des Pharynx gelegenen kurzen Hoden.
Fundort : Icli kenne dièse Art nur aus den Slimpten von
Michelfelden wo ich sie im Juli und August fand.
14. Mesostoma perspicimm nov. spec.
Fig. ï'.\ und 14.
Dièse vollkommen undurchsichtige, ebenfalls blinde Tur-
bellarie erreicht eine Lange von 2 mm. Die Farbe ist schwe-
felgelb mit einem Stich in's grlmliche. Der Sitz des Pig-
mentes ist die Epidermis. Dièse besteiit aus platten 0,0084 mm.
hohen, unregelmàssig polygonalen Zellen, die grosse Kerne
von der Form kleiner Amôben mit kurzen lobosen Fortsâtzen
besitzen. Das Pigment, aus feinen Kôrnern bestehend, nimmt
nur den direct unter der Guticula liegenden schmalen Plasma-
streifen ein, wâlirend der basale Teil der Epithelzellen von
Pigment frei bleibt.
Der Hautmuskelsclilauch bestelit aus einer einfachen Schicht
von Ringmuskelfasern und aus im Maximum 0,003 mm.
breiten Làngsmuskelbândern.
Vor dem Pharynx entspringen aus grossen Stâbchenzellen
zwei Stâbchenstrassen die nach vorn verlaufen und dort mit
einem Paar dorsal gelegener kurzer keulenformiger Kopfdriisen
ausmiinden.
Der Pharynx liegt ungefiihr in der Mitte des Kôrpers, je
nach dem Contractionszustande etwas vor oder hinter der-
246 OTTO FUHRMANN.
selben. In seine Pliaryngaltasclie mlinden die Hauptstamnie
des Wassergefasssystems. In den epithelialen Oesophagus
mlinden mâchtige Speicheldriisen.
Das Geliirn ist von massiger Gestalt mit dimnem Ganglien-
zellenbelag. Die Miindung der Geschlechtsorgane liegt direct
hinter dem Pharynx. Die Genitalien selbst sind àusserst
zart gebaut. Das Ovarium ist ein blindendigender langer
Schlauch. Die Dotterstôcke reichen weit vor den Pharynx,
werden nach hinten immer màchtiger und erftillen das Hinter-
ende fast ganz. Der Utérus sendet seine Horner nach vorn
und zu beiden Seiten des Kôrpers aus. Er enthillt bis 14 hell-
braune ovale Wintereier, deren Làngendurchmesser 0,15 mm.
ist. Der mânnliche Gesclilechtsapparat besteht aus lang ge-
streckten, zum grossen Teil vor dem Pharynx gelegenen Hoden,
welche 0,042 mm. lange^ 2 Geisseln tragende Spermatozoen
bilden. Der Pénis hat im allgemeinen die gleiche Form wie
bei Mesostoma viridakim, nur dass er grôsser ist. Seine
Samenblase ist schwach muskulos und wird von deutlich ent-
wickeltem Epithel ausgekleidet.
Fundort : Ich fand dièse Art im Feuerweiher von Mûnchen-
stein, wo sie, nachdem der Tiimpel etwa einen Monat trocken
gelegen, plôtzlich in grosser Zahl im September auftrat, um
nach der Eiablage wieder zu verschwinden. Vorher und
nachher war kein Exemplar zu finden. Ausserdem fand ich
sie noch in Inzlingen (Juli) und Reinach (August).
15. Mesostomum segne nov. spec.
Fig. 10-21.
Ebenfalls gelb ist dièse in fliessendem Wasser zu findende
Art, welche eine Liinge von 1,5 mm. erreicht. Die Form
ist lang gestreckt, hinten und vorn rasch stumpf endend.
Die Farbe rlihrt her von einem Pigment, das wie bei Meso-
DIE TURBELLARIEN DER UMGEBUNG VON BASEL. 247
stomum perspicMum in der âussern Plasmaschicht der Epi-
dermiszellen seinen Sitz hat. Dièse Pigmentkiirner stecken
so lose im Plasma dass, wenn das Tier sich unter leichtem
Drucke zwischen Objecttrager und Deckglas bewegt, sie an
dem Glas hângen bleiben. Es zeigt sich die lose Verbindung
mit dem Plasma auch bei der Fixation mit heissem Sublimât
wo die Kôrner durcli die plotzliche Contraction beim Tode
des Tieres ausgestossen werden und als feiner, gelber Nieder-
schlag sich um das getôtete Turbellar absetzen. An den
platten polygonalen Epidermiszellen zeichnet sich die àussere
Plasmaschicht durch ihre nur sehr geringe Fârbbarkeit und
die feine senkrechte Strichelung ans. Das basale sich
dunkelfârbende Plasma der Epidermiszelle allein umschliesst
den gelappten Kern. Die Zellgrenzen lassen sich hier, was
sonst selten der Fall, auch an Querschnitten sehen, immerhin
nur in der schwachgefârbten àussern Plasmaschicht, wo sie
als feine dunkle Linien sichtbar sind. Zwischen denselben
liegt ein Kern oder keiner^ je nach dem der Schnitt gefuhrt
ist.
Das Parenchym ist wegen der starken Entwicklung der
Geschlechtsorgane und Drûsenzellen nur schwach ausgebildet
und enthâlt oft zahlreiche grûngelbe Excretionskôrperchen,
die die gelbe Farbe des Tieres noch verstârken und dasselbe
auch undurchsichtig machen. Die Stâbchen, die auf zwei in
der Gegend des Pharynx entspringende Stâbchenstrassen
beschrânkt sind, vereinigen sich vor dem Gehirn, worauf sie
sich wieder in vier mâchtige aber kurze Strôme auflosen und
nach der Kopfspitze verlaufen. Dem Verlauf der Stâbchen-
strassen folgen dorsal zwei Drûsen mit feinem Secret, welche
mit jenen entspringen und ebenfalls an der Kopfspitze, gleich-
zeitig mit zwei kleineren Drûsen ausmiinden. Das Secret
dessen Korner zu Kugein vereinigt austritt, zerplatzt sofort
heftig wenn es mit Wasser in Berûhrung kommt.
Rev. Suisse de Zool., T. IL 1894. 17
248 OTTO FUHRMANN.
Die Muskulatur besteht aus einer Ring- und Langsmuskel-
schiclit und aus dorso-ventralen Fasern, die aber nur ira
Vorderende, in der Gegend des Pharynx und der Geschlechts-
organe deutlich entwickelt sind.
Der Phar3'nx (Fig. 18) zeigt den typischen Bau des Pha-
rynx rosulatus mit der Besonderheit, dass der vordere in die
Schlundtasche ragende Rand sich in einen deutlichen Greifwulst
umgebildet, hinter welchem die zahlreichen Drûsen des Pharynx
ausmiinden. Als zweite erwàhnenswerte Eigentûmlichkeit des
Pharynx wâre der miichtige Ringmuskel zu nennen, der hinter
der Ausmiindungsstelle der Drilsen liegt und der in seiner
Function untersttltzt wird durch einen zweiten breiten Sphinc-
ter, der im hintern Teil des Pharynx gelegen ist. Der
Darm wird von nackten Zellen gebildet, die reich sind an
Vacuolen, welche teils Nahrungsstoffe, teils gelbe Excretions-
kôrner enthalten, gleich denjenigen des Parenchyms.
Das Wassergefàsssystem miindet ebenfalls in die Schlund-
tasche ; seine Hauptstàmme sind auf Schnitten gut conservirt
und zeigen eine mâchtige Umhûllung von fein kôrnigem Plasma,
das sich deutlich abhebt vom spongiôsen Parenchym . Zahl-
reiche Wimperzellen finden sich in der Kopfgegend und in
der Umgebung der Geschlechtsorgane.
Das Nervensystem ist gut entwickelt und wie bei anderen
Mesostomen gebaut. Augen fehlen.
Die Geschlechtsorgane mûnden hinter dcm Pharynx aus,
docli nicht in seiner unraittelbaren Nâhe. Das Atrium génitale
ist von holiem fast kubischem Epithel ausgekleidet, das sich
nocli in den Anfangsteil der nach vorn verlaufendeu Uteri
erstreckt, um sich, wo dièse Eier enthalten, stark abzuplatten.
Am distalen Ende des Utérus findet sich eine massive Zell-
ansammlung, aus der bei neuem Nachschub von Eiern die
Verlàngerung des Utérus hervorgeht. Mehr als 6 verhalt-
nissmàssig kleine Cocons habe ich nicht angetroffen. (Lange
DIE TURBELL ARIEN DER UMGEBUNG VON BASEL. ' 249
des Eies 0,112, Dicke der Schale 0,0028 mm.). Der Keim-
stock ist von gewohnlicher Form, langgestreckt, iiiid miindet
von liinten iu das Artrium. Die epitheliale Auskleidung des
Oviductes reiclit weit am Keimstock liinauf, ohne aber den-
selben ganz zu umbiillen. Die Dotterstôcke ziehen, hinten
besonders voluniinôs entwickelt, nach vorn dabei rasch an
Machtigkeit abnehmend und raehr dorsal hinaufrïickend, um
iiber die Hoden wegzugehen. Ist der Utérus, dessen beide
Horner sich zwiscben die Hoden und Dotterstôcke einschieben,
von Eiern erfiiUt, so kommen letztere ganz dorsal zu liegen.
Die Hoden sind keulenformig und liegen fast ganz vor dem
Pharynx ; sie bilden an beiden Enden feinzugespitzte,
0,036 mm. lange, mit zwei Geisseln versehene Sperinatozoen.
Der Pénis ist stark muskulôs, mit trichterformiger cliitinoser
Auskleidung des Leitungsweges fiir das Sperma. Die Wan-
dung der Samenblase besteht aus einer 0,006 mm. machtigen
Muscularis, welclie sich aus drei Schichten aufbaut: zwei
innern mit sich kreuzenden Muskelfasern und einer aussern
Làngsmuskelschicht. Der Innenwand der Samenblase liegen
zahlreiche Reste von Epithel an ; der Behâlter enthiilt einen
màchtigen Ballen von Sperma, dem dorsal das Kornersecret in
mehrere Streifen angeordnet aufliegt. Dièse Strcifen conver-
giren nach dem Scheitel der Samenblase zu und dort liegt
auch die Einmundungsstelle fiir das aus màchtigen Driisen
stammende Secret. Zwischen dem trichterform-gen auslei-
tenden Chitinrohr und der Muskularis spannt sich ein fein-
faseriges Gewebe aus, das wenige grosse Zellen enthalt.
Die Bursa copulatrix ist durch einen miichtigen Sphincter
mit zugehorigen Ptiidiarmuskeln vom Atrium abschliessbar.
Ihre Wandung ist von Ringmuskelfasern und breiteren Langs-
muskeln umkleidet und am ausmundenden Teil mit einem
dichten Besatz von Chitinzahnchen versehen. Die gegenseitige
Copulation geschieht in ilhnlicher Weise wie bei andern
250 OTTO FUHRMANN.
Mesostomen in gekreuzter Stellung. Der Utérus der sich
copulireiiden Individuel! ist entweder leer oder enthalt bereits
wenige Eier.
Fundorte : Der einzige Fundort fiir dièse Art ist der
Bewiisserungsbach der Langen Erlen, wo sich dièse trilgen
Tierchen unter den dtirren Blâttern aufhalten und, trotzdem
der Bach oft austrocknet, iniraer wieder in grosser Individuen-
zahl zu finden sind.
16. Mesostoma armatum nov. spec.
Fig. 22-24.
Lange 2 mm. ; ein sehr bewegliches Tierchen, das nur
schwach sepiabraun gefarbt ist. Sein Kôrper spitzt sich
liinten und vorn alhnahlig gleichmassig zu und ist nur in der
(legend des Pharynx und der Geschlechtsorgane durchsichtig.
Die Epidermiszellen besitzen polygonale Umrisse und sind
hellgriin gefarbt, ohne dass sich bestimmte Pigmentkôrner
in denselben nachweisen liessen. Das sepiabraune Pigment
durchsetzt in weiten Maschen das ganze Parenchym, es besteht
aus zum Teil sehr grossen (0,0056 mm.) dunkeln Pigment-
kornern. Die oben erwâhnte Undurchsichtigkeit des Tieres
wird bedingt durch grosse stark lichtbrechende Kugeln, die
im Parenchym zahlreich verteilt liegen. Die Epidermis ist
ganz ohne Stâbchen, nur zwei vorn sich stark verbreiternde
Stabchenstrassen ziehen nach der Korperspitze.
Der Pharynx liegt etwas vor der Korpermitte. In seine
sehr verschiebbare Pharyngealtasche miindet das Wasser-
geflisssystem.
Die Geschlechtsorgane miinden direckt hinter dem Pharynx
aus, durch eine von einem Sphincter umfasste Oeffnung. Die
weiblichen Organe sind von gewohnlichem Bau. Der Utérus
enthalt bis vier ovale Eier von einem Langendurchmesser
DIE TURBELLARIEN DER UMGEBUNG VON BASEL. 251
von 0,13 mm. Die Hoden sind ganz vor dem Pharynx
gelegen, direckt hinter ilinen beginnen die papillusen Dotter-
stôcke. Die Spermatozoen sind 0,022 mm. lang und tragen
ein Paar feine Geisseln an ilirem Hinterende. Der eigen-
tiimlich gebaute Pénis ist entsprecliend der starken Chitin-
bewaffnung stark muskulos. Die Vesicula seminalis ist erfiillt
von Sperma, das an der Basis in eine kôrnige Secretmasse
eingebettet liegt, welche auf einer Seite bis fast an den
Scheitel der Samenblase hinaufsteigt, wo die mâclitigen
Secretdrûsen einmiinden. Die Chitinbewaffnung besteht ans
zwei starken Cliitinhacken, die auf der dorsalen Seite einer
muskulôsen, den ausftlhrenden Teil des Pénis umfassenden
Ringfalte liegen, wâhrend ventral in derselben sechs Reihen
von feinen Borstenzahnchen befestigt sind (Fig. 23 und 24).
Es ist dièse Art im Baue des Pénis so verschieden von den
ûbrigen Mesostomen, dass, wenn die so hétérogène und revi-
sionsbedilrftige Grappe einmal in verschiedene Gênera auf-
gelost sein wird, fur Mesostoma armât um eine besondere Gat-
tung zu schaffen ist.
Der einzige Fundort ist Neudorf, wo ich das Tier irn Juni
und September in wenigen Exemplaren fand.
h) Ojnstopore Mesostomen mit Augen.
17. Mesostoma trunciilimi 0. Sch.
Srhinidt 'lSo8, von (iralY 1881'. Diiplessis 1885. Voi-t 1^9^.
Dièse Art erreicht eine Lilnge von fast 3 mm.. Pire Fâr-
bung riihrt her von einem gelbroten gelôsten Farbstoff, in
welchem ziegelrote Korner suspendirt sind. Irn voiileren
und hinteren Kôrperteil ist die Zahl dieser Farbstoffkorner
gering, so dass dièse Teile hellorange, fiir das unbewaiïhete
Auge fast farblos erscheinen. Ueber dem Darme digegen
252 OTTO FUHRMANN.
sind die Pigment/ellen reich an Kurnchen ; die Kôrperfarbe
wird desshalb hier eine dunklere. Der schlanke Kôrper ist
vorn stunipf zugespitzt, nacli liinten verschmiilert er sich ganz
allmahlig und eiidet mit einem abgerundeten mit zahlreichen
starren Geisselhaaren versehenen Schwànzchen.
Die Pigmentbecher der Augen sind rotbraun. Die beiden
zwisclien diesen durchgehenden und sich vorn verbreiternden
Stàbchenstrassen entspringen je aus zwei Stâbchenbiischeln,
deren Strassen sich hinter den Augen vereinigen. Auf dieser
Briicke findet ein Austausch von Stâbchen statt wie dies
bereits von v. Graff gesehen worden ist.
Das Wassergefâsssystem, das zwischen dem im letzten
Kôrperdrittel gelegenen Pharynx und der Geschlechtsoffnung
ausmiindet, hat VoiGT in jungster Zeit naher untersucht.
Ich kann seine Beobachtungen bestàtigen, nur glaube ich, dass
einzig wegen dieser besondern Ausmiindung des Wassergefâss-
systems es nicht notig ist ein besonderes Genus zu schaffen,
da Sekeea (1892) neuerdings fiir Mesostoma rostratum und
hirudo, 0. Schmidt friiher schon fiir Mesostoma cyathus und
V. Graff fiir Mesostoma Nassanoffii eine vom Pharynx ge-
trennte Ausmiindung der Excretionsstâmme angegeben hat.
Bis jetzt ist Mesostoma tninculum immer vereinzelt gefunden
worden, einzig bei Ouchy a m Genfersee soll es nach Duplessis
massenhalt vorkommen. Es findet sich aucli in grosser Zahl
im Feuerweiher von Miinchenstein.
6. Genus : Bothromesostoma Braun.
Eumesostomen mit follikulâren Hoden und einem bauch-
standigen Hautfollikel.
DIE TURBELLARIEN DER UMGEBUNG VON BASEL. 253
18. Bothromesostoma personatum 0. Sch.
Fig. 2o-27.
0. Schiiii.lt I.S08, (intr 1882, Braun I880, Jaworowski 1886.
Max Braun bat wohl mit Reclit fur dièse Irïiher zuin
(Tenus Mesostoma gezâhlte Art, nebst einer Keihe neuer
Formen die er in der Um2;ebung von Dorpat gefunden, ein
neues Genus gescbaften. Der Besitz von tbllikularen Hoden
und eines vor dem Pharynx gelegenen HautfoUikels trennt sie
scbarf von den iibrigen Mesostomen. Ich habe der eingehen-
den histologisclien und anatomischen Beschreibung, die ^I.
Braun gegeben, nur einiges ûber die Sinnesorgane beizu-
fiigen.
Die Augen (Fig. 25) sind sehr gross und liegen vor dem
Gehirn; der hintere Rand des Pigmentbechers tangirt das
Vorderende desselben. Carrière beschreibt sie als ,, be-
stehend aus einem unregelmilssig gestellten Haufen pigmen-
tirter Zellen, eine Schale mit nach seitwârts und aussen
gerichteter Oeiînung bildend. In dieser Hohhmg liegen zwei
(vielleicht auch melir) belle kugelige, gestreifte Innenkôrper,
denen âbnlich, welche bei Tristomum m.olœ vorkommen, und
nach aussen zu wird das Ganze durch Ganglienzellen und
Nervenfasern begrenzt und abgeschlossen. " Es zeiclmet
sich nach meinen Untersuchungen das Auge aus durch seine
grosse im Umriss liinglich ovale lichtpercipirende Fliiche.
Sie besitzt einen Lilngendurchmesser von 0,092 mm.. Uie
0,0032 mm. hohe Stabchenschicht ist vom Pigmentbecher
einerseits und dem nerv()sen Retinakolben andererseits durch
eine schniale, sich mit Boraxcarmin nichttarbende Zone
getrennt. Zahlreiche Ganglienzellen liegen dem zu einem
Faserballen kolbig angeschwoUenen Retinakolben an.
Die unpaare ventrale Wimpergrube stellt eine Hauteinstiil-
254 OTTO FUHRMANN.
puug dar, von gleicliem Bau wie die Wimpergriibchen der
Stenostomenarten (Landsberg 1887). Es geht zu ihr ebeu-
falls ein Nerv, dessen Verbindungsweise mit den Epithelzellen
nicht zu ersehen war. Das Siniiesorgan lâuft in zwei blinde
Sàcke aus, so dass das Ganze Y fôrmige Gestalt hat. Da
dièses Organ ebenfalls vor der Mimdoffnung liegt wird sich
wolil nichts gegen die Annahme einer gleichen Function der
beiden Organe bei Stenostoma und Bothromesostoma einwenden
lassen, besonders da die eigentiimliche Y Form darauf hin-
zudeuten scheint, dass das Gebilde durch die Verschmelzung
zweier fnilier getrennter Einstlilpungen entstanden sei. Als
mutmassliche Function dièses Organs wird ftir Stenostoma die
olfactorisclie angenommen, welche auch Hallez (1886) fiir
das gleiclie Organ bei Mesostoma lingua beansprucht.
Es seien hier noch einige Beobachtungen liber Sommer-
und Wintereierbildung dieser Species angefiihrt.
Hallez (1879 ) betrachtet die Bildung von lielien Sommer-
eiern als eiue besondere Schutzvorrichtung der durclisichtigen
Turbellarieu, und fiihrt als einen Beweis fur die Richtigkeit
seiner Auffassung an, dass das dunkle Mesostoma personatum
{Bothromesostoma personatum Braun) das eines solchen
Scliutzes nicht bedarf, immer nur dunkle liartsclialige Eier
bilde. Dem hat schon y. Graff entgegen gehalten dass z. B.
das so iiusserst durchsichtige Mesostoma rostratum immer nur
dunkle Wintereier bilde. Ich habe nun bei Bothromesostoma
personatum ebenfalls belle Somme reier — bis zu 36 in einem
Individuum — in fast allen diesen Sommer von mir unter-
suchten Tieren gefunden, so dass also dièse Einrichtung nicht
als ein Fall von Mimetismus zu betrachten ist. Die Jungen.
die die Eischale schon im Utérus verlassen, in welchem sie
noch kurze Zeit verweilen, sind bereits mit einer dichten
Lage enies gelbbraunen Pigmentes versehen und auch die
Epithelzellen besitzeu bereits Pigmentkorner in ilirem lunern.
DIE TURBELLARIEN UER UMGEBUNG VON BASEL. 255
Dièse Zellen sind mit einem grossen rosettenartig verzweigten
Kern verseheii. Die Leiboshohle enthitlt nocli grosse Dotter-
blâttchen. Das Geliirn, die Augen und der etwas liinter der
Kôrpermitte gelegene Pharynx sind unverhâltnissmàssig gross.
Hinter letzterem liegt cin Haufen embryonaler Zellen, mit
grossen Kernen diclit beisammen, als erste Anlage der Ge-
schleclitsorgane. Die Hauteiustiilpung vor dem Pharynx habe
ich nicht auffinden kunnen. Das Ausschllipten der Jungen
geschieht wohl durch die Geschlechtsôffnung, was ich zwar
nie direct gesehen habe ; wohl aber habe ich das Austreten
der Schalen durch den Porus genitalis beobachtet. AYeun
die Jungen dem Utérus entronnen und schon ein oder zwei
Wintereier gebildet sind, oder sogar wahrend sicli noch einige
Junge in ausgeschlûpftem Zustande im Fruchthalter aufhalten,
findet die gegenseitige Copulation statt. Dièse gelit oft an
der Wasseroberflàche vor sich und dauert ziemlich lange, da
einige Zeit vergeht bis die Geschlechtsoffnungen aufeiuander
gepasst sind. Die ïiere hegen dabei in stuinpfem Wiukel
gekreuzt iibereinander ; die Geschlechtsôffnung ist weit geoff-
net, so dass der Pénis und die Bursa copulatrix mit ihrer
Oeffnung auf einer niedrigen Erhebung^ die von den Wilnden
des Atriums gebildet wird,' hervortreten konnen. Der von
Sperma strotzende Pénis beider Tiere tritt zugleich in Func-
tion und treibt mâchtige Spermamassen in die Bursa des
anderen Tieres (Fig. 26). Das Sperma besteht aus 0,184 mm.
langen Fàdchen die am hinteren Ende kurz vor der Spitze
zwei lange Cilien tragen. Die Spermatozoen zeigen, sobald
sie mit dem Wasser in Berilhrung kommen, die eigentùmliche
Erscheinung, dass das geisseltragende Ende sich zu einem
Kôptchen aufrollt, das im optischen Durchschnitt das Aus-
sehen der Spermafaden von Mesostoma splendidum hat
(V. Graff 1882, Taf. VI, Fig. 18 a). Nach der Copulation
werden rasch nacheinander bis 30 dickschalige Wintereier
256 OTTO FUHRMANN.
gebilclet ; die Sommereierschalen werden in die entferntesten
Zipfel des Utérus zusammengeschoben. Durcli die 0,058 mm.
dicke dunkelbraun gefarbte Schale der Wintereier sieht man
bei den zuerstgebildeten Eiern, die im vorderen Korperteil
liegen, den Embryo bereits entwickelt, langsam rotirend in
der Schale sich bewegen. Dièse schnelle Entwicklung der
Wintereier hat 0. Sciimidt auch an Mesostoma cyanthus
und icli an einer Reilie anderer Mesostomen beobachtet. Es
geht also die Entwicklung der iiberwinternden Eier ebenso
rasch vor sich wie die der Sommereier, ein Moment das bei
einem Erklarungsversuch der Erscheinung der Sommereier-
bildung beriicksichtigt werden muss. Nachdem die Winter-
eibildung beendigt, werden die Tiere immer tritger, ein kleiner
Teil der Eier wird noch abgelegt, dann stirbt das ïier und
der Rest wird nach dem Zerfall des Kôrpers frei.
Fundorte : Neudorf, Michelfeklen, Kleiuliilniiigen.
7. Genus : Castrada 0. Schm.
,, Euraesostomina ohne Otolitlien, deren mannliches Copu-
lationsorgan einen vorstiilpbaren Blindsack darstellt, welcher
von den milnnlichen Secreten nicht passirt wird. "
19. Castrada radiata v. Graff.
Grall" 1882, Brauii 1885.
Es scheint dièse Art hier in einer iilinliclien Varietât
vorzukommen wie sie Braun aus der Umgebung Dorpats
erwàhnt. Denn auch hier zeigt sich Castrada radiata nicht
farblos, sondern von braunem Pigment gefarbt, dessen fârbende
Wirkung noch durcli die fast regelmàssig, ot't zalilreich vor-
kommenden rotbraunen Oelkugeln des Darmepithels bedeutend
verstiirkt wird.
DIE TURBELLARIEN DER UMGEBUNG VON BASEL. 257
Miclielfelden und Neudorf sind die Fundorte der Umgebung,
wo dièse Arte vom April bis im Oktober regelmiissig, aber
immer nur in wenigen Exemplaren, aiizutreffen war.
V. Familie: PROBOSCIDA J.-V. Carus.
,, Rliabdocœla mit einem Tastriissel, mit einer oder zwei
Geschlechtsoffimngen, getrennten Keim- und Dotterstocken,
mit Biirsa seminalis und stets compacten Hoden. Mund
bauclistândig, der Pharynx meist ein Pharynx rosulatus, die
Continuitilt des Darmes wird mit Eintritt der Geschlechts-
reife unterbrochen. Das Copulationsorgan ist ein meist sehr
complizirter Chitinapparat. "
8. Genus : Gyrator Ehbg.
„ Riissel am Vorderende mit einer an der Kurperspitze
ausmtindenden Russelscheide^ mit Muskelzapfen und vier
langen Retractoren ; Pharynx rosulatus ; Dotterstock netz-
artig ; zwei Geschlechtsôtïnungen, die weibliche vor der
mânn lichen gelegen ; Samenblase und Secretreservoir vôllig
getrennt und letztres mit einem speziellen Cliitinrohr ver-
sehen. "
20. Gyrator hermaphroditiis Ehbg.
V. Grafr 1^82.
Es ist eine weit verbreitete, doch immer nur vereinzelt
vorkommende Art. Sie findet sich hier in einem Tiimpel bei
Reinach und im Weiher von Kleinhiiningen in grosser Zahl.
Andere Fundorte der Umgebung sind Michelfelden, Neudorf
und Bottmingen.
258 OTTO FUHRMANN.
lY. Familie : YORTICIDA Graff.
,, Rhabdocœla mit einer Gesclilechtsôffnung, mit Keim-
dotterstocken, mit weibliclien Hiilfsapparaten, stets einfacliem
Utérus und compacten paarigen Hodeii. Mundôffnung bauch-
stàndig in der Regel nalie dem Yorderende Pharynx (mit
einer einzigen Ausnalirae), ein Pharynx doliiformis. Das
chitinose Copulationsorgan selrr mannigfaltig. "
SuBFAMiLiE : EUYORTICINA Graff.
,, Pharynx und Gehirn wohl entwickelt, Keimstock klein,
Leibeshohle geraumig und das Parenchymgewebe wenig aus-
gebildet, freilebend. "
9. Genus: Yortex Ehbg.
,, Euvorticina mit einem Keimstock und zwei davon ge-
trennten langgestreckten ., meist " unveràstelten Dotter-
stôcken, langgestreckten Hoden, Pharynx doliiformis und
Mund im ersten Kôrperdritttheile. Die Samenblase ist ,, meist "
ira Pénis eingeschlossen und das Copulationsorgan wird ,, meist "
vom Secret passirt. "
Es ist die Einschaltung des Adverbs ,, meist" an zwei
Orten der Diagnose notwendig geworden. Ich habe nàmlicli
einen Yortex gefunden {Vortex riiber nov. spec.) dessen Dotter-
stôcke mit starken Seitenilsten versehen sind (Fig. 40). Der
Pénis ist bei allen bis jctzt bekannten Arten mit der Samen-
blase direckt verbunden, einzig Vortex pinguis den Silliman
(1885) in Nordamerika entdeckte, zeigt im Bau des mânn-
lichen Gesclilechtsorganes ahnliche Yerhiiltnisse wie wir sie
im Genus Castrada realisirt iinden, indem bei diesem Yortex
DIE TURBELLARIEN DER UMGEBUNG VON BASEL. 259
das Sperma das chitinose Copulationsorgan nicht passirt ;
Copulationsorgan iind Saraenblase also getrennt sind.
Bei allen von mir untersuchten Vortexarten finden sich am
Vorder- und Hinterende feiiie lange Geisselhaare, ebenso
mlindet bei allen ein Biischel von Driisen (,, Spinndrûsen ")
im Hinterende aus. Der Oesophagus ist dem der Mesostomen
homolog, indem er wie dieser gebildet wird von der Fort-
setzung des den Pharynx auskleidenden Epitliels. Bei Vortex
armiger, fuscus und triquetrus besitzt er eine aus Lângs-
und Ringriiuskeln bestehende Muscularis, die ich bei den
ilbrigen Arten nicht nachweisen konnte.
Das Wassergefasssystem, dessen Verlauf bis jetzt nur
mangelhaft bekannt war, hat sich als mit dem von Dero-
stomum libereinstimmend herausgestellt. Die Ausfuhrôff-
nungen sind ebenfalls im hinteren Korperteile gelegen
(Fig. 28), etwas nâher dem Hinterende als bei Derostomum.
21. Vortex viridis M. Sch.
Von Graff 1882. ■
Dièse grosste der bekannten Vorticiden fand ich in einem
Tiimpel bei Mîlrkt.
22. Vortex armiger 0. Schm.
Schinidt 1862, Gralf 1882.
Bei dieser Species habe ich einiges iiber den Bau des
Geschlechtsapparates speziell des Pénis zu ergânzen.
Die Geschlechtsôffnung liegt im hinteren Kôrperteil und
ist umgeben von einem Sphincter und Radiarmuskeln ;
zwischen letzteren liegen zahlreiche Drïisen rosettenfôrmig
angeordnet. Das Atrium ist von Epithel ausgekleidet und
mit starker Muskularis versehen. In dasselbe miinden die
260 OTTO FUIIRMANN.
Geschleclitsorgane, von welchen der Pénis von den frtilieren
Beobachtern uicht vollkommen richtig in der Art seines Auf-
baues erkannt worden ist. Von der Yesicula seminalis ist
durch eine deutliche Membran die Vesicula granulorum ge-
trennt, die in der Mitte eine kleine Oeffnung besitzt, durch 1
welche die Spermatozoen austreten kônnen. Am Scheitel der
stark muskulôsen Samenblase luilnden getrennt die oft stark
angeschwollenen Vasa deferentia. Direckt unter der Scheide-
wand miindet das ans einem màchtigen. um den Pénis sich
gruppirenden Driisenkomplex stamniende, grobkornige Secret
ein^ das sich in der Vesicula zu Ballen anordnet. Von Graff
giebt in seiner Monographie eine von 0. Schmidt abwei-
chende Darstellung des chitinôsen Pénis, indem nach ihm
keine médiane Chitinrinne, sondern drei nach unten zusammen
laufende Aeste sich finden, von welchen zwei sich so verei-
nigen, dass sie die Gestalt des Schnabels eines Schlittens
annehmen (Graff, Taf. XIII, Fig. 13), wâhrend der dritte,
als Oberschnabel bezeichnete Ast, die beiden ersten an Lange
etwas iibertrifft und an seiner Basis sich verbreiternd die
beiden Hauptàste miteinander durch eine Briicke verbindet.
Dièse Auffassung des chitinôsen Pénis ist nicht ganz zutreffend,
vielmehr ist die von Schmidt gegebene Darstellung in
grossen Zûgen die richtige. Vereinigen wir die drei Aeste die
YON Graff gesehen durch eine Chitinhaut miteinander, so
dass der Oberschnabel zwischen die beiden Seitenâste zu
liegen kommt, so haben wir den wirklichen Sachverhalt
hergestellt. Es besteht also hier, wie auch bei Vortex
SchnidiU und Vortex fuscus (Fig. 36), eine lliune, durch
welche Sperma und Sekret ausstromt. An dièse legen sich
die beiden verschieden gebauten Aeste an. Der eine Ast
tràgt 7 — 8 dolchartige Stacheln, der zweite ist ungegUedert,
und pflugscharartig verbreitert.
Der Utérus, der vom Atrium durch einen starken Sphincter
DIE TURBELLARIEN DER UMGEBUNG VON BASEL. 261
ab^eschlossen wird, ist in leerem Zustande dickwandig. In
der Regel entliâlt er ein Ei. Ausnahmsweise fanden sich
2 Eier im Utérus ; die Form des zweiten war in Folge des
Mangels an Platz von anormaler Gestalt, aber es war von
gleicher Grosse wie das altère Ei.
Einmal fand sich auch eine einzelne Eizelle, die, bevor
sie vom Dottermaterial umflossen und eingelmilt war, von
dicker Schale umgeben wurde ; ein Beweis, dass es der Utérus
ist welclier das Material zur Bildung der Schale iiefert.
Fundorte : In der Umgebung von Basel ist Vortex armiger
neben Vortex truncafus die hâufigste Vorticide. Ich fand sie
bei Brislach, Reinach und im Schlossweiher von Inzlingen.
Es sind niir von letzterem Orte mehrere Exemplare zu
Gesichte gekommen, welche von sog. „ Krystralloïden " ganz
erfûllt waren.
23. Vortex fuscus nov. spec.
Fig. 3o und 36.
Es unterscheidet sich dieser Vortex von Vortex armiger
im Baue des chitinosen Copulationsorganes und in der Form
der Spermatozoen. Der Pénis von Vortex fuscus zeigt einen
anders gestalteten bezahnten Seitenast. Dieser Ast trâgt
ebenfalls 7—8 Stachehi, von welchen aber der dritte bis
achte nicht mit einer Spitze sondern mit einer gesiigten Kante
endigt (Fig. 36).
Das Sperma besteht aus feinen Fâdchen, welche an ihrem
Hinterende zwei dûnne Geisseln tragen. Es finden sich also
auch im Genus Vortex Arten, deren Sperma mit Geisseln ver-
sehen ist. Die Zabi der Siisswasserturbellarien, deren Sperma-
tozoen zwei Geisseln tragen, ist iiberhaupt eine viel grôssere
als bis jetzt angenommen worden. Es waren solche Samen-
korper bis jetzt einzig bekannt von Mesostoma rostratum
262 OTTO FUHRMANN.
Elirenhergii und tetragonum. Ich habe alinliche bei Meso-
stoma lingua, perspictmm, segne und armatum, ferner bei
Bothromesostoma personatum und dem eben beschriebenen
Vortex fuscus gefunden. Unter den Tricladen bat Planaria
gonocephala solche aufzuweisen.
Fundorte : Inzlingen, Reinach.
24, Vortex Sclimidtn Graff.
Fig. 28.
Von Graff 1882.
Von dieser Form lagen von Graff nur conservirte Exem-
plare ver, ich bin desshalb in der Lage seine kurze Beschrei-
bung in manchen Punkten zu ergânzen. Vortex Sclimidtn
unterscheidet sich von Vortex armiger, ausser in der Gestal-
tung des chitinôsen Pénis, dessen bei Vortex armiger bezahn-
ter Seitenast hier ebenfalls pflugscharartig verbreitert und
ohne Zahne ist, noch durch die nur schwache Pigmentirung,
welcher er seine Durchsichtigkeit verdankt. Am Schwanz-
ende miindet wie bei allen von mir untersuchten Vortexarten
ein Btischel Driisen aus, deren Seci'et aber hier nicht fein-
kornig ist sondern deutliche Stâbchen besitzt, âhnlich denen
die in der Haut stecken. Der tonnenfôrmige Pharynx ist
gross mit breitem Sauni und liegt hinter den Augen. Mit
dem Darm steht er in Verbindung durch einen Oesophagus,
der, wie ich bei allen von mir untersuchten Vorticiden unzwei-
deutig erkennen konnte, durch die Fortsetzung des Pharynx-
epithels gebildet wird, das ausgezeichnet ist durch die Homo-
genitàt des Plasmas, seine Kernarmut und die feine Cuticula,
die es tiberzieht. Die Ansicht von Graff's, dass der Oeso-
phagus von einem Teil des Darmes gebildet werde, trifft also
nicht zu^ und somit ist die von ihm bestrittene Homologie des
Mesostomiden- und Vorticiden-Pharynx vorhanden.
DIE TUKBELLARIEN DER UMGEBUNG VON BASEL. 263
Der Darm ist vom Parenchym scliarf abgegrenzt ; ihm liegen
an seinem Beginn zwei Reilien von Drûsenzellen auf, mit sich
dunkel fiirbendem Secret. Die Darmzellen umschliessen im
normalen Zustand einen grossen Hohlraum, der bei Individuen,
die eben Nahrung zu sich genommen, fast verschwindet. Es
erftillen sich bei diesen die Darmzellen bald mit Nahrungs-
kugeln von verschiedenem Fârbungsvermogen. Die sich
plasmaartig fârbenden Vacuoleninhalte haben sich meist in
Folge der Fixation etwas contrahirt, so dass sie von einer
hellen Zone umschlossen erscheinen. Zwischen den Darm-
zellen der hungernden Individuen findet man Drûsenzellen in
geringer Zahl, die ein grobkorniges Secret besitzen von
anderer Zusammensetzung als das der dem Darme in seinem
Anfangsteil aufliegenden Drûsen.
Die Geschlechtsoffnung liegt im hinteren Kôrperteil und
ist durch einen Sphincter verschliessbar, welcher umgeben ist
von Drûsenzellen in âhnlicher Anordnung wie bei andern
Vortexarten. Die Geschlechtsorgane mit Ausnahme des
chitinôsen Teiles des Pénis sind gleich gebaut wie bei Vortex
armiger.
Das Wassergefasssystem ist bei allen Vortexarten noch sehr
unvollstândig bekannt. Schmidt, Hallez und vON Graff
haben einzelne Telle dessselben gesehen; es schien ihnen
dasselbe in der Nâhe des Pharynx auszumiinden. Die Ver-
mutung Schmidt's, dass zwischen der Mundôffnung und der
Wassergefâssôffnung eine âhnliche Combination stattfinde wie
bei den Mesostomiden, erwies sich als nicht zutreffend, indem
es mir gelungen ist, bei diesem und Vortex pictus die Wasser-
gefâssôfifnung sowie den genaueren Verlauf der Aeste aufzu-
finden. Die Ausfuhrôffnungen liegen im letzten Kôrperdrittel
von der Mittellinie und dem Kôrperrande ungefâhr gleich weit
entl'ernt. Von beiden Oeffnungen geht ein Hauptstamm nach
vorn zwischen den beiden Augen durch, um nach der Riicken-
Rev. Suisse de Zool., T. II. 1894. 18
264 OTTO FUHRMANN.
seite umzubiegen und sich dort zu verâsteln ; dabei bildet er
die bei allen Vorticiden leiclit sichtbare Schleife in der Nâlie
des Pharynx, die zu den oben erwahnten irrigen Deutimgen
gefuhrt hat. Unweit der Ausmiindung geht ein starker Stamm
ab, der eine kurze Strecke nach vorn lâuft, und sich dann
scharf umbiegt, um in den liinteren Kôrperteil zu ziehen und
sich in mehrere Aeste aufzulôsen. Vom Hauptstamm zweigen
sich noch mehrere Gefàsse ab, die auf die dorsale Seite des
Tieres gehen. Von die Bauchflâche versorgenden Aesten
konnte ich wegen des stôrenden Dazwischentretens der Darm-
zellen nichts sehen. Es besitzen also die Vorticiden eine
einheitliche Anlage des Wassergefâsssystems. Nur das von
Francotte (1881 à 1883) beschriebene Derostoma Benedenii
Francotte und Derostoma typlilops Vejd., welches Sekera
(1886) eingehend untersucht, machen eine Ausnahme. Ers-
teres besitzt eine vor dem Pharynx gelegene Ausmiindung
des Wassergefâsssystems, dasselbe constatirte Sekera an Dero-
stoma typlilops. Hier kommen aber ausserdem noch die bei den
hinten gelegenen und fur aile Derostomaarten charakteris-
tischen Oeffnungen vor.
Fundorte : Dièse Species trat im Feuerweiher von Mûn-
chenstein plôtzlich auf, nachdem derselbe fast einen Monat
trocken gelegen ; vorher waren immer nur Derostoma unipunc-
tatum und cœcum und Mesostoma trunculum zu finden.
25. Vortex pictus 0. Sch.
0. Schmidt 18o8, von Graff 1882.
Die Kenntniss dieser Species verdanken wir den Unter-
suchungen von 0. Schmidt, welchen ich nur einiges auf das
Wassergefàsssystem bezûgliches beizufiigen habe. Es ist
dasselbe vollkommen gleicli gestaltet wie bei Vortex Schmidtii
Graff, indem auch hier die Ausfuhrôffnung im letzten Kôrper-
DIE TURBELLARIEN DER UMGEBUNG VON BASEL. 265
drittel liegt. Die Verzweigungen der Seitenâste sind fast
dieselben. Die Eier zeigen wie bei Vortex trmicatus eiii
Deckelchen, das beim Ausscliliipfen des Embryo abspringt.
Fundortô : Einzig der Inzlinger Schlosswe^her und ein
Tiimpel bei Reinacli bergen dièse Art.
26. Vortex truncatus Ehbg.
Schinidt I808, Graff 1882.
Bei dieser leiclit kenntlichen und weit verbreiteten Species
finde icli das Receptaculum seminis niclit eingeschlossen in
den Ausfiihrgang des Keimstockes, sondern auf einen kurzen
Stiel demselben seitlich ansitzend.
Fundorte : Es findet sich dieser Vortex hier bei Brislach,
im Schlossweiher von Inzlingen, bei Reinach, Allscliwyl,
Kleinhilningen, Neudorf und im Bâche der Langen Erlen.
27. Voriex sexdentatus Graff.
Graff 1882.
In einem Aufguss von vollkommen ausgetrocknetem Moos,
das aus einem Tiimpel bei Brislach stammte, hatten sich nach
drei Wochen mehrere Vortex sexdentatus entwickelt. Bis
jetzt kennt man dièse Species einzig von Miinchen und
Aschaffenburg.
28. Vortex triquetriis nov. spec.
Fig. 29-34.
Lange 2 — 3 mm.. Fiïr das unbewaffnete Auge hellbrauu
gefârbt mit griin durchschimmerndem Darm. Das Vorder-
ende ist abgerundet und besetzt von feinen Geisselhaaren,
ebenso das sich allmâhlig zuspitzende Hinterende. Die kurzen
dicken Stabchen sind zu 2 oder 3 in Pakete vereinigt und
gleichmassig liber den ganzen Korper verbreitet. Das Epithel
266 OTTO FUHRMANN.
in welchem die Stâbchen stecken ist unregelmassig polygonal^
0,0084 mm. lioch iind von deutlicher Cuticula ïiberzogen.
Der Hautmuskelschlauch besteht aus schmalen Ringfasern
und breiten bandfôrmigen Langsfasern.
Das Parenchym ist erfiillt von Pigmentzellen, die einen
hellbraunen Farbstoff gelôst enthalten, in welchem sepiabraune
Kornchen in geringer Zalil suspendirt sind. Hautdrlisen
liabe ich im vordern Kôrperteil mit Sicherheit nicht nach-
weisen kônnen, imHinterende dagegen findet sicli ein Bûschel
von Zellen, die auf Schnitten durcli ihre intensive Fârbung
sofort auffallen. Ihre Ausfuhrgânge mlinden zusammen in
der hinteren Kôrperspitze aus. Sie sind vielleicht homolo-
gisirbar mit den Spinndrûsen der Mesostomiden.
Der Pharynx ist ein typischer Pharynx doliiformis mit
breitem Saum, der deutlich gekerbt ist. Seine breiten Radiâr-
muskelbànder zeigen klar ihre Zusammensetzung aus feinen
^luskelfaseri), die an ihren Ansatzpunkten an der Aussen-
und Innenwand des Pharynx auseinander gehen. Die Pha-
ryngalzellen finden sich in geringer Zahl als grosse Zellen
mit langen Fortsiitzen, die zwischen den einzelnen Muskel-
biindeln eindringen und aile auf gleicher Hôhe im ganzen
Umfange des Pharynx angeordnet sind. Dièse Zellen besitzen
einen grossen hellen Kern mit feinkôrnigem Plasma, in wel-
chem ein scharfcontourirtes dunkelgefârbtes Kernkôrperchen
sich findet. Der Pharynx ist durch einen Oesophagus mit
dem Darm verbunden, der durch die Fortsetzung der epithe-
lialen Auskleidung des Pharynx gebildet wird. Dieser Oeso-
phagus besitzt eine Muscularis, die aus Lângs- und Ring-
muskelfasern besteht. Zwischen dièse Fasern und die Epi-
thelzellen drangen sich die Ausmimdungsgânge der zahlreichen
grossen Speicheldriisen ein, die in einem Kranze zwischen
Pharynx und Darm den Oesophagus umgeben. Ihr Plasma
fàrbt sich schwach, ist feinkornig und umschliesst einen
DIE TURBELLARIEN DEK UMGEBUNG VON BASEL. 267
wenig scliarf begrenzten Kern, der ein grosses Kernkôrper-
chen enthalt. Im Plasma iinden sich grôssere und kleinere
belle Vacuoleu. Da wo der Darm beginnt liegen demselben
im ganzeii Umkreise eiiie grosse Zabi von Driisenzellen
auf, die sicb von den in unmittelbarer Nàbe einmiindenden
Speicheldriisen durcb ibr vollkommen verscbiedenes Verbalten
gegen Farbstoffe deutlicb untersclieiden. Von Graff be-
zeichnet sie als Darmdrlisen; icb konnte sie bei allen Yor-
ticiden nacbweisen. Sie sind klein und enthalten ein ziem-
licb grobkôrniges Secret, iiber dessen Function wir noch
nicbts bestimmtes wissen. Die Darmwand besteht aus vom
Parenchym scbarf abgegrenzten Darmzellen, deren Kerne
meist im dicbteren Plasma der Basis liegen. Am lebenden
Tier erscheint der Darm von der pflanzlicben Nahrung grtin
gefârbt. Zwiscben den keulenformigen Darmzellen finden sich
kleine Driisen, deren korniges Secret sich bei Fârbung mit
bleu de Lyon hellblau fàrbt und die ganze Zelle deutlicb
hervortreten làsst; ilire Zahl ist eine geringe.
Die Pigmentbecher der Augen (Fig. 29) sind gross und von
braunen Pigmentkornern gebildet. Sie liegen dem aus zwei
Ganglien bestehenden Gehirn, deren Commissur ebenso breit
und miichtig ist wie die Ganglien selbst, direct auf. Die
abgeheuden Nerven sind noch ziemlich weit nach hinten um-
hlillt von Ganglienzellen.
Die Geschlechtsoiînung liegt auf der Mittellinie des Kurpers
im hintern Drittel desselben ; auch hier besitzt sie einen
Sphincter und Radiarmuskeln und ist ebenfalls umgeben von
einem in Rosettenform angeordneten Driisencomplex. Sie
fiihrt in ein mit Epithel ausgekleidetes muskuloses gemein-
sames Atrium, das durch zahlreiche Muskeln mit der Leibes-
wand verbunden ist. Es treten dieselben wohl bei der Copu-
lation und beim Ausstossen des fertigen Fies in Function. Die
Hoden liegen im letzten Kôrperdrittel als kurze Sacke, deren
268 OTTO FUHRMAN^.
Vasa deferentia nach vorn verlaufen, um in die oft mâchtig
angeschwollene Vesicula des Pénis einzumûnden. Das Sperma
muss bei seinem Austritt die Vesicula granulorum durchlaufen,
welche durch eine Ringfalte von der Vesicula seminalis
getrennt ist. Dièse Faite wird gebildet von der das Ganze
umschliessenden Muskelschicht. Der chitinôse Teil des Pénis
besteht aus zwei symetriscben dreieckigen Platten^ mit zahl-
reiclien Sculpturen ; jede Platte trâgt acht Stachelu (Fig. 34).
Die Dotterstocke verlaufen auf beiden Seiten des Kôrpers ; sie
sind schwach papilles, ihr Fpithel besteht aus kleinen Zellen
mit grossen Kernen. Die gegen den Dottergang geschobenen
Dotterkôrner fârben sich mit Indigo-Boraxcarmin griin und
heben sich so deutlich vom Dotterstockepithel und seinen
Kernen, die rotgefârbt sind, ab. Der Keimstock ist ein sehr
lang gestreckter Schlauch an dessen koJbigem Ende zahlreiche
Eizellkerne in gemeinsamem Plasma eingehiillt liegen. Die
reifen Eier besitzen ein korniges Plasma mit ziemlich grossem
Kern, der sich durch sein homogènes Plasma auszeichnet und
in welchem ein grosses dunkles Kernkôrperchen liegt. Der
Oviduct ist sehr lang und stark muskulôs, namentlich die
Ringmuskulatur ist kràftig entwickelt, wàhrend die Làngs-
rauskulatur nur spârlich den Ringmuskeln aufliegt. Die
Muskulatiir des Receptaculum seminis, das ohne Stiel dem
Oviduct direckt aufsitzt, ist nur schwach entwickelt. Er ist in
gefiilltem Zustande sehr gross und wie die Vesicula seminalis
hellbraun getàrbt. Die Bursa copulatrix habe ich am leben-
den Tier niclit gesehen ; sie liess sich aber auf den Schnitt-
serien leicht als ein deni Atrium anhangender muskulôser Sack
nachweisen. Der Utérus ist ziemlich dickwandig, von zahl-
reichen Drûsen umgeben, deren Zugehôrigkeit zu demselben
aber nicht naclizuweisen war. Die Eier sind von ovaler Form
und von dunkelbrauner Schale umschlossen.
Fundort : Ich fand dièse Art in dem an Tiirbellarien so
DIE TURBELLARIEN DER UMGEBUNG VON BASEL. 269
reichen Sumpfe von Neudorf, wo sie aber niclit hâiifig zu sein
scheint.
29. Vortex Graffli Hallez. ?
Fig. 37-39.
Hallez 1871», Graff 1882.
Die Identitat der hier vorkommenden Art mit Vortex Graffii
Hallez ist niclit ganz siclier gestellt, indem sich verschiedene
nicht iinbedeutende Differenzen feststellen lassen.
Die Diagnose, die Hallez fiir diesen gegeben, lautet :
,, Corps cylindrique, tronqué en avant, pointu en arrière, pré-
sentant des soies rai des de distance en distance sur la face
dorsale seulement. Couleur verte. Deux points oculiformes
noirs. Pénis cliitineux formé par un cercle sur le pourtour
duquel s'incèrent 14 à 16 longues lamelles triangulaires et
convergentes. Longueur 1 millimètre. Eau douce. Lille. " Es
ist vor allem der cliitinôse Copulationsapparat, das auffallendste
und wichtigste Characteristicum der Vortexarten, der fast
identisch ist mit dem von Hallez bei Vortex Graffli beschrie-
benen und abgebildeten ; dieselbe Zahl von Stacheln, dieselbe
Art der Befestigung an einem Cliitinring, nur sind sie bei der
hier vorkommenden Art etwas kiirzer im Verhâltniss zum
Durchmesser des sie verbindenden Ringes (Fig. 39). Von
dorsalen Borstenhaaren habe ich nichts gesehen, vielmehr
nur solche vorn und hinten angetroffen, wo sie bei Vortex
allgemein vorzukommen scheinen. Auf dièse Differenz mochte
ich aber wenig Gewicht legen, da dièse zarten Gebilde leicht
ûbersehen werden konneii. Anders ist es mit dem Fehlen der
Zoochlorellen im Parenchym und der Anwesenheit eines Pig-
mentes^ das aber nur bei stârkerer Vergrôsserung als braune
Pigmentkôrner sichtbar ist. Fur das unbewaffnete Auge er-
scheint das kaum einen Millimeter lange Tierchen farblos,
270 OTTO FUHRMANN.
nur der hellgriine Darrn làsst es erkennen. Der Schlund, der
durch ziemlicli langen aucli am lebenden Tier leicht sichtbaren
Oesophagus mit dem Darm verbunden ist, zeigt die Eigen-
ttimlichkeit, dass die am Rande des Pharynx bei vieleu Vortex
auftretenden Kerben hier sehr scharf ausgeprâgt und etwas
auseinander gerïickt sind, so dass der Rand mit einer grossen
Zahl deutlicher Greiffinger besetzt erscheint, die beim Vor-
schnellen des Pharynx die Beute ergreifeu und festhalten
(Fig. 38).
Bei dieser Species hatte ich die Gelegenheit, die Copulation
zu beobachten ; sie ist wie bei Vortex viridis eine gegenseitige.
Die Durchsichtigkeit der Art erlaubt es, die Stellung der
Geschlechtsorgane bei diesem Acte zu studiren. Von Interesse
sind dabei namentlich die Stellung des Pénis und die der
Bursa copulatrix (Fig. 39). Bei einem vom Gefahrten ge-
trennten Individuum war folgendes zu sehen: Der chitinose
Teil des Pénis war aus der Geschlechtsoffnung weit vorge-
stûlpt, wobei die Stacheln etwas divergirten, neben ihm lag.
ebenfalls etwas vortretend, die Oeiinung der Bursa copulatrix
in welclie vom Pénis des anderen Tieres das Sperma eingefûhrt
wird, um von da nach dem Acte in das Receptaculum iiber-
gefiihrt zu werden.
Die Cocons sind immer nur einzeln im Utérus anzutreffen
und enthalten eine einzige Eizelle. Die Farbe ist hellbraun,
der Lângendurchmesser des ovalen Eies betrâgt 0,03 mm..
Die Cocons werden mittelst eines Secrètes, das vielleicht von
deu die Geschlechtsoffnung umstellenden Drusen geliefert wird,
angeheftet. Die Entwicklung geht sehr rasch vor sich ; sobald
der Erabryo ziemlich fertig entwickelt, wird die Naht eines
Deckelchens an der Eischale sichtbar, die mit der fortschrei-
tenden Entwicklung immer deutlicher wird. Beim Aus-
schiijpfen springt dièses Deckelchen ab, und das fast farblose
Tierchen tritt aus ; es ist an seinem Hinterende mit grossen
DIE TlIRBELLARIEN DER UMGEBUNG VON BASEL. 271
beim Anheften deutlich sichtbaren Haftzellen versehen und
trâgt an beiden Eiiden des Kôrpers zahlreiclie lange Borsten-
haare.
Fundorte : Icli kenne dièse Art aus einera Tiimpel bei
Brislach, ferner aus dem Surapfe von Neudorf.
30. Vortex ruher nov. spec.
Fi-. 40-42.
In ihren ansseren Kôrperumrissen gleicht dièse Art voll-
kommen Vortex armiger, nur ist ihre Grosse eine bedeutendere
(1,5 mm.) und die Farbe nicht braun sondern ein belles ziegel-
rot. Die Epidermis ist 0,008 mm. hoch und von Stabchen-
gruppen erfiillt. Die Epitbelzellen sind polygonal mit
0,003 mm. grossen Kern, neben dem in der Regel eine belle
Blase liegt, deren Inhalt coagulirt. Bei diesem Vorgang zieht
sich in einigen Vacuolen der Inbalt zusammen und es entsteht
so ein bélier Hof, der die Masse umsilumt. Es sind. das
Verliâltnisse, wie sie Bôhmig (1891) von den Alloiocœlen
beschrieben und abgebildet bat.
Das Parenchym ist erfiillt von Pigmentzellen in denen ein
roter Farbstoff gelost ist, der nur wenige braune Kôrner sus-
pendirt enthitlt.
Das Nervensystem ist mâchtig entwickelt als eine bandfôr-
mige Ganglienmasse, welcher die eigentuinlidi geformten dunkel-
braunen Pigmentbecher der Augen (Fig. 41) direckt aufliegen.
Von Nervenstâmmen konnte icb drei Paare sehen, ein Paar das
nacb vorn verlituft und sicb gieich nach seinem Austritt im
Vorderende ausbreitet, die beiden anderen Paare entspringen
an den Seitenteilen des Gebirns ; von ibnen verlàuft das letzte
auf der ventralen Flâche des Korpers nach liinten. Pbarynx,
Oesophagus und Darm sind von gewobnlicbem Bau.
Vom Wassergefasssystem habe icb nur einzelne Telle
272 OTTO FUHRMANN.
erkannt, deren Stellung mit dem Verlauf der Aeste bei Vortex
ScJimidtii tibereinstimmen.
Die Geschlechtsuffnung liegt im hintern Korperteil iind
fuhrt in ein Atrium, in welches die mannlichen und weiblichen
Driisen mit iliren Hilfsapparaten miinden. Der Keimstock
besitzt einen langen Oviduct, neben ihm miindet in das Atrium
eine stark muskulôse Blase, die Bursa copulatrix. Die Dotter-
stôcke liegen auf beiden Seiten des Korpers und zeigen nach
einer Skizze, die nach einem Quetschpritparat angefertigt,
lange Seitenzweige an dem zum Atrium fuhrenden Dotter-
gaiig. Der Utérus ist dlinnwandig und enthalt ein 0,19 mm.
grosses lânglicli ovales El von gelbbi-auner Farbe. Der Pénis
besteht aus einer langlichen Samenblase mit von ihr getrenntem
Secretraum. Der chitinose Teil ist 0,056 mm. lang und
besteht aus einem breiten Ring dem sich zehn nach innen con-
vergirende Stacheln anheften. Der Ring besitzt zwei dem
unteren Rande parallel laufende Verstârkungsleisten, von
welchen die eine den unteren Rand selbst bildet ; dièse beiden
Leisten sind durch schmnle Brlicken mit einander verbunden.
Fiindorte : Icli kenne dièse Art nur aus einem Tiimpel bei
Reinach, wo ich sie in wenigen Exemplaren fand.
31. Vortex infundibidiformis nov. spec.
Fig. 45.
Es fallt dièse Art durch ihre dunkelbraune Fitrbung trotz
der geringen Grosse von kaum 1 mm. sofort auf. Die aussere
Form ist ahnlich der von Vortex pictus, auch bei dieser Art
finden sich vorn und an der Schwanzspitze lange Geisselhaare,
die wohl als Tastorgane functioniren. Die farblose Haut ist
der Trâger kurzer Stâbchen, die aber meist nur in geringer
Zahl vorhanden.
DIE TURBELLARIEN DER UMGEBUNG VON BASEL. 273
Die Augeii liegen vor dem Pharynx, erscheinen schwarz,
ihr Pigmentbecher ist aus groben braunen Pigmentkornern
zLisainmengesetzt und von nicrenformiger Gestalt.
Die Pigmentzellen des Parenchyms sind dicht ertullt von
braunen Pigmentkornern, die den Kôrper intensiv dunkel-
braun fârben, so dass nur der Pharynx hell durchschimmert.
Derselbe ist von gewôhnlichem Bau und fûhrt in einen epithe-
lialen Oesophagus der das Secret zahlreicher Speicheldriisen
aufnimmt. Der Darm ist von Zoochlorellen griin gefilrbt und
tragt an seinem Anfangsleil einen doppelten Kranz von Driisen-
zellen mit kornigem Inhalt.
Der Geschlechtsapparat ist ausser dem chitinosen Pénis von
gewôhnlichem Bau. Die Vesicula seminalis und granulorum sind
lang gestreckt, von gemeinsamer Muscularis umgeben, und
durch eine von dieser gebildeten Piingfalte von einander ge-
trennt. Der chitinose Pénis besteht aus einem trichter-
fôrmigen langen Chitiurohr, das umrahmt ist von einem Kranz
von Stachehi, die aber nicht wie bei Vortex ruber durch einen
Ring zusammengehalten werden. Der Trichter fast doppelt
so lang wie die ihn umgebenden Stacheln ist in seiner Mitte
geknickt, so dass der untere Teil in stumpfem Winkel an den
nach oben sich langsam zum Trichter erweiternden Teil an-
stôsst. Dieser selbst ist an zwei sich gegenûberliegenden
Stellen tief eingeschnitten, so dass der eigentliche Trichter
nur noch sehr niedrig ist. Die Knickung des Rohres ist
nach der Geschlechtsoffnung gerichtet welche mit Sphincter
und Radiârmuskeln versehen ist. Zwischen den Muskeln
liegen Drusen mit stark lichtbrechendem Secret, zu einer
zierlichen Rosette angeordnet.
Der Utérus enthâlt immer nur ein ovales dunkelbraunes Ei,
dessen Lângendurchmesser 0,135 mm. betràgt.
Fundort : Neudorf .
274 OTTO FUHRMANX.
10. Geniis : Derostoma Oe.
,, Euvorticinà mit einem Keimstock uiid netzartigem Dotter-
stock, lângliclien Hoden. Pharynx doliiformis (selten varia-
bilis oder plicatus) und Mund im ersten Korperdrittthcile.
Die Geschlechtsôtïnung liegt niclit weit liinter dem Pharynx,
der Peuis ist wie im Genus Vortex gebaut. "
32. Derostoma unipundahim Oe.
F'ig. 40 uiid 47.
Graff 1882, Braun 1885, Lippitscli 1890.
Dièse Species erreicht im Maximum die Grosse von 5 mm.
Die Farbe des lichtscheuen Tieres ist bei leerem Darme eine
schmutzig weissliche. Die Kôrperspitze ist braunrôtlich, her-
ruhrend von Pigmentzellen, die braune Farbstoffkôrner ent-
halten; seiche Pigmentzellen finden sich im ganzen Kôrper-
parenchym verteilt, treten aber nur zu beiden Seiten des
Pharynx, \vo dasselbe stark entwickelt ist, deutlich hervor.
Die Augen sind verschieden geformt, bald scharf begrenzt,
bald ganz diffus ausgebildet. Dièse beiden Extrême der Aus-
bildungsweise finden sich hie und da an demselben Individuum
vor.
Derostoma unipunctatum ist in jiingster Zeit von M. Beaux
und K. LiPPiTSCH eingehend beschrieben wordeu. Diesen
Beschreibungen fûge ich einige Ergànzungen und Berichti-
gungen an.
Das Integument beschreibt Lippitsch als mehr oder weniger
polygonale durch eine Kittsubstanz verbundene Zellen, deren
Seitenwànde deutlich gerifft sind. Nach meinen Beobach-
tungen am lebenden Material stellen sich die Epidermiszellen
als unregelmàssig geformte Zellen dar, deren stark entwickelte
DIE TURBELLARIEN DER UMGEBUNG VON BASEL. 275
Zwischensubstanz von zahlreiclien feinen Plasmafortsâtzen
durchsetzt ist, welche die einzelnen Zellen miteinander ver-
binden, wie es auch Francotte (1883) fur Derostoma Bene-
demi besclireibt. Die Zellen enthalten belle Râume die, wie
man auf optischen Querschnitten sehen kann, mit der Aussen-
welt durch feine Poren in Verbindimg stehen. Die Basis
dieser hellen Raume ist nur durch eine dûnne Plasmaschicht
von der Basalmembran getrennt. Auf guten Querschnitten
fand ich bei einigen dieser Vacuolen, deren Basis niclit so tief
hinab gieng, einen Kanal bis zur Basalmembran ziehend.
Wegen der Feinheit der letzteren konnte ich nich't erkennen,
ob der Gang die Membran durchsetze oder nicht. Bohmig
(1891) ist es gelungen dièse Kanâle aufs deuthchste bei
mehreren Alloicœlen nachzuweisen.
Die Mundôffuung wird durch einen Ringmuskel geschlossen.
Pharynx und Darm sind durch einen deutlichen epithelialen
Oesophagus mit einander verbunden. Der Magendarm besitzt
namentlich auf seiner Riickseite zahlreiche, grosse keulen-
fôrmige Driisen mit grobkôrnigem Sekret und oft sehr langen
Ausftihrgângen. Dièse Zellen sind schon beim lebenden Tiere
auffallend, scheinen aber bis jetzt ûbersehen worden zu sein.
Die Topographie der Geschlechtsorgane fand ich wie sie
von LiPPiTSCH beschrieben worden ; einzig wâre zu erwâhnen,
dass die Vasa deferentia, die bei vollkommen geschlechts-
reifen Tieren sehr weit sind, nicht am vorderen Ende der
seitlich gelegenen Hoden entspringen, sondern im vorderen
Drittel ihren Urspi-uug nehmen, wie es bereits Max Schultze
(1851) abgebildet. Die accessorischen Driisen des Pénis, die
zum Teil ganz an der Peripherie des Kôrpers liegen, mûnden
mit langen Ausfùhrgàngen in den oberen Teil der Vesicula
granulorum, die von der Samenblase durch eine Membran
getrennt ist. Den Keimstock fand ich ebenfalls von platten
Kernen umgeben, die aber wohl nicht ein Ovarialepithel vor-
276 OTTO FUHRMANN.
stellen, sondern platt gedriickte Parenchymzellkerne siud.
Die Eier sind nicht coiicav-convex sondern fast voUkommen
kreisrund und nur an conservirtem IMaterial prâsentiren sie
sich in jener Gestalt.
Fundort : Es findet sicli dièse Derostomaart Sommer und
Winter im Feuerweiher von ]Mûnclienstein. Ich kenne sie
auch ans einem Tiimpel von Reinach, wo sie aber selten zu
sein scheint.
33. Derostoma cœcum nov. spec,
Fig. 48-56.
Dièse Art erreicht eine Grosse von 2,5 mm. ; vorn ist ihr
Kôrper zugespitzt, nach hinten verbreitert er sich, um meist
scharf abgestutzt und mit kleiuem Schwànzchen in der Mitte
des fast geradlinig abgeschnittenen hinteren Kôrperendes aus-
gerûstet, zu schliessen. Die Riickenflàche ist stark gewôlbt,
die Baucliseite vorn flach, liinter der Kôrpermitte coucav.
Dièse Concavitàt beginnt an der Stelle wo das Wassergefâss-
system ausmûndet; anfangs ist sie nur sehr gering, wird
aber immer stârker je weiter man nach hinten geht; kurz vor
dem Kôrperende hat sie ihr Maximum erreicht und verflacht
sich dann rasch. Der Kôrper ist weisslich, vorn und zu
beiden Seiten, wie bei Derostoma unipunctatum,, rotbraun
gefarbt, nur etwas intensiver als letzteres. Die Augen
fehlen. Die Epidermis besteht aus Zellen, welche die bei
Derostoma unipunctatum beschriebene Form besitzen. Auch
hier ist die Zwischensubstanz ziemlich stark entwickelt,
durchquert von Plasmafortsatzen, die mit den benachbarten
Zellen sich verbinden. Die Zellen selbst besitzen zahlreiche
Vacuolen, deren Austuhrgânge ich am lebenden Object bei
einigen deutlich beobachten konnte. Auf Flâchenschnitten
ist die Zwischensubstanz bedeutend weniger mâchtig und die
DIE TURBELLARIEN DER UMGEBUNG VON BASEL. 277
Plasmaverbindungeii nur unfleutlich zu sehen. Aut Quer-
schnitten zeigt sich, wie es Lippitsch ftir Derostoma uni-
punctatum besclirieben, die liussere Plasmaschicht viel inten-
siver gefarbt. Die Kerne sind verâstelt und t'ein granulirt.
Die Vacuolen sind kleiner und lànglich, sie iiegen in der
Mitte des Zellplasmas, so dass der zur Basalmembran und an
die Aussenwelt fûhrende Kanal leicht siclitbai- ist. Die Hohe
der Epithelzellen des Rûckens ist 0,0058 mm., die der Bauch-
seite etwas hôher, 0,008 mm. Am Vorderende finaen sich,
das diclite Wimperkleid nur um weniges ûberragend, verein-
zelte Tastborsten. Die Cuticula, welche das Epithel nach
aussen begrenzt, ist ein deutlich sichtbares Hâutchen, wiihrend
die Basilarmembran âusserst diinn ist.
Der Hautmuskelschlauch ist ziemlich verschieden gebaut
von demjenigen von Derostoma imtpunctatum. Die Anordnung
der Fasern ist dieselbe, nur sclieinen die Diagonalfasern zu
fehlen. Die Langsmuskelfasern bestehen aus bandfôrmigen
Muskeln, die in der Mitte der ventralen Flitche eine Breite
von 0,008 mm. erreichen; dièse niramt nach dem seitlichen
Kôrperrande hin ab und auf den Seiten und dem Riicken
sind die Muskelfasern wieder von fast rundem Querschnitt.
Das Kôrperparenchym ist so gebaut wie es Lippitsch
(1890) und BoHMiG (1886) geschildert haben. Am lebenden
Tier sieht man Pigmentzellen im Parenchym, welche eine gelb-
rote Fltissigkeit enthalten, in der in geringerer oder grôsserer
Zahl rotbraune Pigmentkôrner von 0^001 — 0,003 mm. Grosse
suspendirt sind. Dièse Pigmentzellen sind iiber den ganzen
Kôrper verteilt und geben ihm bel Betrachtung unter der
Lupe die gelbliche Farbe, die fiir das unbewaffnete Auge nicht
sichtbar ist. Am Vorderende und zu beiden Seiten des
Pharynx, wo das Parenchym besonders stark entwickelt ist,
kommen sie speziell zur Geltung und verleihen dem Kôrper an
diesen Stellen die rotbraune Fârbung. Kôrnchenreiche Pig-
278 OTTO FUHRMANN.
raentzellen findeii sich ferner an den beiden Seiten des Kôrpers,
wàhrend an der dorsalen und ventralen Seite, wo der Darm
nur durch eine diinne Parenchymschicht vom Kôrperepithel
getrennt ist, die Pigmentirung nicht hervortritt^ obwohl sie
auch da nicht fehlt. Die grossen Stabchenzellen liegen zu
beiden Seiten des Pharynx teilweise noch hinter demselben;
sie senden ihr Sekret, lange nadelfôrmige Stabchen, in zwei
Bahnen nach vorn, welche sich vor dem Pharynx vereinigen,
uni nach aussen gegen die Kôrperspitze auszustrahlen. Die
Stàbchenbildungszellen bergen an ihrer Basis einen grossen
Kern ; das Plasma der Zelle farbt sich mit Boraxcarmin blass-
rot und enthâlt zahh-eiche helle Vacuolen. An der Ausmiin-
dung der Driisenzelle liegen die Stabchen, die sich mit dem
genannten Farbstoff nicht fârben, wohl aber bei Schnittfarbung
der Borax carminprâparate mit bleu de Lyon eine hellblaue
Farbe annehmen. Gleiche Farbe besitzen auch zahlreiche
im Plasma zerstreut liegende Kôrner, aus welchen vielleicht
die Stabchen hervorgehen. Hautdriisen finden sich nur am
Hinterende des Kôrpers, ihre deutlichen Ausfiihrgânge miinden
zwischen den Epithelzellen des Schwânzchens aus.
Pharyngealtasche und Pharynx, seine Muskulatur und
seine Drûsen sind gleich gebaut wie bei Berostomimi îinipunc-
tahim. Der Oesophagus, der nach Sekera (1886) bei Dero-
stoma typMops Vejd. einfach einen verengten Abschnitt des
eigentlichen Darmes darstellt, ist bei unserer Art deutlich
epithelialer Natur wie bei Mesostomen und allen von mir
untersuchten Vorticiden. Der Darm besteht aus langern
und zwischenliegenden kiirzeren keulenformigen Zellen, die
im vorderen Teil nach hinten, in der Mitte senkrecht und
hinten nach vorn gerichtet sind. An der ventralen Seite und
zu beiden Seiten des Kôrpers sind die Zellen lang ; birnlormig
und kurz sind sie an der Riickenseite, wo sie fast direckt an
das Kôrperepithel anstossen. Sie sind nicht scharf vom
DIE TURBELLAllIEN DER UMGEBUN(4 VON BASEL. 279
Kôrperparenchym abgegrenzt ; ihr basaler Teil fàrbt sich
intensiver iind enthâlt deii Kern. Der distale Teil enthàlt
ein sich schwachfarbendes feinkorniges Plasma, das erfullt ist
von Vacuolen die Excretionskorperchen und aufgenommene
Nahrungsstoffe enthalten. Zwischen den nackten Darmzellen
verlaufen die Ausfiihrgânge von Darmdriisen mit grobkOrnigem
Sekret, deren birnfôrmiges Endteil zuweilen im Parenchym
Ijegt. Die Darmzellen urascliliessen eine deutliche Darmhôhle,
ist dieselbe aber von einer Beute erfullt, dann verwi&chen sich
die Grenzen der Zellen, sie selbst erscheinen mit der Nahrung
ganz verschmolzen, sind grôsser und vollgepfropft mit Nah-
rungskugeln. Einige Maie hatte ich Gelegenheit eine Kiesel-
alge in einer Vacuole zu finden, was mir ein deutlicher Beweis
fur die direckte Nahrungsaufnahme der Darmzellen zu sein
scheint.
Das Nervensystem ist màchtig entwickelt und gleich gebaut
wie bei Berostoma unipimctatum ; nur den Nervus medianus
(LippiTSCH 1890) konnte ich nicht auffinden.
Der Geschlechtsapparat ist von charakteristischem Bau.
Die Ovarien fallen wie bei Berostoma unipunctatum aus, die
Kerne der Eizellen sind gross, in den jungen Stadien enthâlt
das Kernkôrperchen mehrere kleine Vacuolen, die im reifen
Ei sich zu einer einzigen grossen vereinigt haben, âhnlich
wie bei den Alloiocœlen (Bôhmig 1891). Die Dotterstocke
sind von gewôhnlichem Bau, netzformig, auf der Bauchseite
sich ausbreitend und nicht an den Seiten hinaufsteigend.
Die Hoden liegen zu beiden Seiten des Kôrpers und reichen
weit hinauf. Von der dorsalen Medianlinie im Maximum
ihrer Entwicklung, nur ganz wenig entfernt, gehen sie nach
vorn etwas iiber die Dotterstocke hinaus und reichen bis an
den Pharynx. Durch Bindegewebszilge und die dorsoventrale
Muskulatur werden sie stark papillôs gespaltet, was auch aiii
lebenden Tier deutlich zu sehen ist. Auf der Grenze zwischen
Rev. Soisse de Zool., T. IL 1894. 19
280 OTTO FUHRMANN.
erstem und zweitem Drittel des Hodens geht jederseits ein
inàclitiges Vas deferens ab, das vor seiner Einmundung in deii
Pénis oft zu einer falschen Samenblase anschwillt. Die Sper-
matozoen sind nur etwa halb so lang (0,044 mm.) wie bei
Derostoma unipunctatum und auch nicht so gleichmàssig dick
wie bei dieser Form (Fig. 56). Der Pénis besitzt eine
kolbenfôrmige Vesicula seminalis mit einer durch eine Ring-
faite von ihra getrennten Vesicula granulorum, Verliâltnisse
wie sie bei den Vorticiden allgemein verbreitet sind. Die
Wandung besteht aus zwei Muskellagen und ist innen von
Epithelresten ausgekleidet. Der Pénis selbst ist in aus-
gestûlptem Zustande sehr lang, von einer chitinosen Membran
bedeckt, die an ihrer unteren Hâlfte 0,002 mm. liohe, pyra-
midale Stacheln trâgt, deren polygonale Basis in kleinen Ab-
stânden der Membran aufgesetzt ist (Fig. 55). In ruhendem
Zustande ist der grôsste Teil der feinen Cliitinbekieidung
eingesttilpt, wobei sich die Membran in mehrere Falten legt,
so dass der Pénis bei schwacher Vergrosserung mehrkantig
erscheint. Der Pénis liegt vom Rucken des Tieres betraclitet
etwas links in einer Aussackung des Atrium génitale, das von
einem niedrigen Epithel ausgekleidet und von zwei Muskel-
scliichten umliiillt ist. In dasselbe mûndet von rechts das
Receptaculum seminis und der Keimstock. Die Eier finden
sich immer einzeln im Utérus; sie sind dunkelbraun, kugel-
rund oder wenig oval. Die Muskulatur der Geschlechtsorgane
ist wie bei Derostoma unipunctatum gebaut. Das Wasser-
gefàsssystem ist reich verzweigt mit zahlreichen Wimperzellen
in den feinen Kapillaren. Von den beiden Oeffnungen, die
etwas hinter der Mitte des Korpers liegen, gehen zwei starke
aber kurze Stâmme nach vorn, die sich in einen vorderen
und hinteren Ast spalten. Der vordere geht direckt in die
Kopfspitze um dort dorsalwârts und rûckwarts umzubiegen,
vorher bildet er aber direckt vor dem Pharynx eine Schleife,
DIE TURBELLAKIEN DER UMGEBUNG VON lîASEL. 281
welche gegen die Mittellinie des Korpers gerichtet ist und
sich von beiden Seiteu her in derselben fast berilhrt, ohne
aber zu anastomosiren, wie das fur Berostoma Benedenii
(Francotïe 1883) und Derostoma . typhlops (Sekera 1886)
beschrieben worden ist. Der hintere Ast geht nach dem
Kôrperende und lost sich in mehrere feine Gelasse auf, die
ihrerseits Kapillaren entsenden, welche ein feines Netz bilden.
Auf Schnitten sind die Hauptstamme des Wassergefàsssystems
immer gut erhalten, sie zeigen sich umhullt von eiiier mach-
tigen Schicht feinkornigen Plasmas.
Fundort : Der einzige Fundort ist der Feuerweiher von
Mlinchenstein, wo dièse Art in grosser Individuenzahl zu
finden ist.
Tribus AUoiocœla.
VIL Familie : PLAGIOSTOMIDA Graff.
„ AUoiocœla mit einer Geschlechtsôffnung und ohne weib-
liche Hûlfsapparate (excl. Genus Cylindrostoma), mit paarigen
verschieden gestalteten Geschlechtsdriisen und zerstreuten
Hodenblâschen vor, neben und hinter dem Gehirn. Pharynx
ein Ph. variabilis und in Grosse und Stellung wechselnd.
Otolithen fehlen. Meist kleine drehrunde oder planconvexe
Formen mit verschmàlerten, nur sparliche Klebzellen ent-
haltendem Hinterende. "
SuBFAMiLiE : PLAGIOSTOMINA Graff.
,, Plagiostomida mit einer ventralen, nahe dem Hinterende
angebrachte Geschlechtsôffnung, zwei Keimstocken und zwei
davon getrennten langgestreckten Dotterstôcken ; der wohl-
entwickelte Pharynx ist in der ersten Korperhâlfte gel^gen.
und mit seiner Mundung nach vorn gerichtet. "
282 OTTO FUHRMANN.
11. Genus : Plagiostoma 0. Sch.
,, Plagiostomina ohne Tentakel an dem stumpfen abgerun-
deten Vorderende des Korpers. "
34. Plagiostoma Lemani Dupl. (Grafif).
Duplessis 1874, v. Graff 1873 uiid 1882, Bôhmig 1891, Zacharias 1894,
Braun 188o.
Diesen einzigeii Vertreter der Familie der Plagiostomiden
im Sûsswasser hat man in fast allen Seen der Schweiz, im
Starnbergersee und Plonersee gefunden. Braun fand Plagio-
stoma Lemani^ das bis jetzt nur aus grôsseren Wasserbecken
bekannt, in den Griiben der Embaclmiederung bei Dorpat;
dessgleichen habe ich die Turbellarie in einem mit Characeen
bewachsenen Tiirapel am Rheine bei Istein gefunden. Die
wenigen Exemplare, um die es sich handelt, waren nur etwa
5 mm. lang, stiramten aber anatomiscli und histologisch voll-
kommen mit den Angaben liber Plagiostoma Lemani.
II. Ordnung: TRICLADA Lang.
Tribus Paludicola Hallez.
5, Tricladen des Siisswassers. Hauptstàmme des Darmes
stark verzweigt. Mund in der zweiten Hàifte des Korpers
gelegen. Kôrper platt. Utérus zwischen Pharynx und Pénis
gelegen mit dorsal verlaufenden Uterusgang. "
Familie : PLANARID^ Stimpson.
, , Susswassertricladen ohne differencirten Saugnapf . "
DIE TURBELLARIEN DER UMGEBUNG VON BASEL. 283
Genus : Planaria O.-Fr. Millier.
,, Kôrper flach und langgestreckt ; Kopf nicht scharf abgc-
setzt oder scharf abgesetzt und dreieckig ; zwei Augen ; ein
Pharynx. "
35. Planaria gonocephala Dugès.
Fig. o7.
Dugès 18:50, Schmidt 1860, Jijiiua 1887, Buhmig 1S87.
In allen klaren Bachen der Umgebung findet sich Planaria
gonocephala immer in grosser Zahl unter Steinen beisammen
siteend. Die grossten Exemplare fand ich in einem Bâche
bei Neudorf; sie erreichten eine Lange von 30 — 35 mm.,
uberstiegen also das Mass von 20 — 25 mm., das meist fiir
dièse Species angegeben, um ein bedeutendes. Anatomisch
histologische Détails iiber dièse Species verdanken wir Jijima ;
BôHMiG hat die Sinnesorgane genauer untersucht. Diesen
trefflichen Untersuchungen habe ich nur weniges beizufûgen.
Das Verdauungssystem besteht ans drei Darmàsten, von
welchen die beiden nach hinten verlaufenden oft durch eine
oder mehrere Anastomosen verbunden sind. Eine liegt
zwischen Pharynx und Geschlechtsorganen, die ilbrigen hinter
den letzteren. Hallez (1892) hat solche Verbindungen auch
bei anderen Tricladen angetroifen (Dendrocœlum lacteum und
punctatum). Neben dieser anormalen Erscheinung triiï"t man
auch eine andere, die als Atavismus zu bezeichnen wiire, wenn
sie schon embryonal auftreten sollte. Ich meine die Ver-
schmelzung des retropharyngealen Teiles der beiden Darmaste
zu einem unpaaren Ast. Ob dieser • unpaare Ast sich auch
embryonal schon angelegt oder ob er erst spiiter durch Ver-
schmelzung der beiden entstanden, weiss ich nicht, da ich
19*
284 OTTO FUHRMAKN.
diesen bothrioplana-ahnlichen Zustand des Darmes nur an
erwaclisenen Exemplaren gesehen liabe (Hallez 1892).
Zahlreiche Versuche uber die Régénération verloren ge-
gangener Teile, wie sie schon von DuGÈs angestellt worden,
haben mir nichts neues ergeben ; sie bilden eine Bestàtigung
der Befunde von Hallez (1887) und der Beobachtungen von
Zacharl\s (1885) an der durcli spontané Querteilung sich
vermelirenden Planaria suUentacidata. Es geschieht nach
Hallez die Régénération der Organe in gleicher Weise wie
ihre embryonale Entwicklimg,
Das Sperma der Tricladen wird als aus langen feinen
Fâden bestehend beschrieben. Chichkoff findet bel Planaria
montana Chichkoff (= Planaria alpina Kennel) ein feines Kôpf-
chen am Vorderende. Bei Planaria gonocepliala habe ich
immer zwei lange Geisseln, etwas hinter dem in eine feine
Spitze auslaufenden Ende ansetzend, angetroffen. Der Faden
selbst ist 0,12 mm., die Geisseln etwa halb so lang.
Die Coconablage tindet bei dieser, wie Planaria alpina und
Polyœlis cornuta in kaltem fliessenden Wasser lebenden Art
das ganze Jahr hindurch statt, hauptsâchlich aber im Friih-
jahr.
36. Planaria alpina Kennel (Dana).
Jijinia 1887, Kennel 1889, CoUin 1891. Zschokke 1891, Voigt 189:2, Cliich-
kofl- 1892.
Dièse interressante Triclade ist in jiïngster Zeit der Gegen-
stand eingehender anatomischer, histologischer sowie auch
biologischer Untersuchungen gewesen. Da die Verbreitung
dieser Species von Interesse ist, will ich die bis jetzt bekannten
Fundorte aufzahlen.
CoLLiN bat in einer Mitteilung uber Planaria alpina bereits
eine Zusammenstellung gegeben der ich die in jûngster Zeit
bekannt gewordenen Fundorte beifûge.
DIE TURBELLARIEN DER UMGEBUNG VON BASEL. 285
Dana hat Planaria alpina zuerst unter dem Nameii Ilinido
alpina in den hochgelegenen Quellen von Garessio und Batifol
in Oberitalien gefunden. Durch Dalyell ist sie ans England
bekannt als Planaria arethusa. Jijima fand dieselbe Planarie
im Mariental bei Eisenach und beschrieb sie als Planaria
abscissa. Kennel gab eine Beschreibung dieser Art und
bezeichnete sie als Planaria alpina; er bezog sein Material
aus den Quellgebieten der Plessur und des Davoser Land-
wassers, dem Schwellisee und aus einer Quelle an der Mayen-
felder Furka ; er selbst fand das Tier in der Alandsquelle bei
Wtirzburg. Professer F. Zschokke fand sie in den Seen
und Bàclien des Rhâtikon und im Schwarzwald bei Sâckingen.
LeydiCt kennt sie aus den Bâchen der RliOn, M. Meissner
sammelte sie in Friedrichroda in Thûringen, Zacharias (1886)
im Riesengebirge, CoLLiN selbst bei Saclisa im Harz; Voigt
kennt sie aus mehreren Quellbâchen des Siebengebirges. In
neuester Zeit hat Chichkoff sie aucli bei Genf in den Berg-
bàchen der Savoyeralpen gefunden. Er hat die dièse Species
betreffende Litteratur zum Teil in seinem Litteraturverzeich-
nis angefûhrt, die Arbeiten offenbar aber gar nicht gelesen.
In Folge dessen sind die schon zahlreichen Synonyma um
einen neuen Namen vermehrt worden, indem der genannte
Zoologe Planaria alpina als neue Species unter dem Namen
Planaria montana des eingehendsten beschrieb. Ich selbst
habe dièse Art in einem Bâche bei Bârschwil im Jura im
April mit Planaria gonocephala und Palycelis cornuta zusam-
men gefunden. Im Juni, als ich den Fundort wieder besuchte,
war trotz eifrigen Suchens kein Exemplar zu erhalten, dafiir
fanden sich dièse Wûrmer in den kleinen Quellbâchen, die
aus den engen Seitentàlchen hervorsprudelnd ihr Wasser in
den Hauptbach ergiessen. Es batte sich offenbar dièse Pla-
narie in Folge der Zunahme der Wassertemperatur in die
kalten Quellbache zurûckgezogen. Kaltes frisches Wasser,
^
286 OTTO FUHRMANN.
ist eine Hauptexistenzbedingung dieser Art, wesshalb sie nach
Kennel wohl mit Recht als eine zur Eiszeit nach den Niede-
rungen verdrângte und sporadisch verteilte, alpine Tricladen-
form angesehen werden kann. Sie steigt wâhrend der
Winterzcit in die grôsseren fiir sie im Sommer unbewohnbaren
Bâche, ihre friiherstandigen Wohnorte hinab, iim im Sommer
nach den kiihlen Quellen zuiiickzuwandern.
Genus : Polycelis Ehbg.
„ Kôrper flach und langgestreckt ; Kopf ohne oder mit
Oehrchen ; zahlreiche randstàndige Augen. "
37. Polycelis nigra Ehbg.
0. Schmidt 1860, Jijima 1884.
In grosser Individuenzahl in den Stimpfen von Neudorf und
Kleinhiiningen, in allen Farbenvarietâten von aschgrau bis
tiefschwarz vorkommend,
38. Polycelis cornuta *0. Sch.
Dièse lebhaften Tierchen tinden sich in grosser Zahl in
zahlreichen Bachen der Umgebung. Ich kenne sie von Rei-
nach, Barschwil, Neudorf und aus einer Quelle bei Klein-
hiiningen. Dièse Quelle ergiesst sich direckt in einen Weiher,
der reich ist an Tricladen und Rhabdocœlen, doch findet sich
P. cornuta nur im Quellwasser. Sie ist wie Hallez bemerkt
eine charakteristische Form der klaren Bâche und Quellen.
Wâhrend des ganzen Jahres, auch im Dezember und Januar,
findet man Exemplare, welche die Grosse von eben ausge-
schlûpften Jungen haben. Sie besitzen wie aile von mir
untersuchten Tricladen, an ihrem Korperrande in kurzen
Abstânden verteilt, zahlreiche Biischel von Geisselhaaren.
DIE TURBELLARIEN DER UMGEBUNG VON BA8EL. 287
An ausgewaclisenen Exemplareii sind ilhnliche Bildungen viel
weniger hiiufig anzutreffen.
Ungeschlechtliche Vermelirung, wie solclie von Zacharias
(1886) von Polycelîs cornuta und Flanarïa subtentacidata
erwâhnt wird, habe ich nie beobachtet.
Familie : DENDROCŒLID^ Hallez.
„ Siisswassertricladen mit einem oder mehreren Saugnapfen
am Kopf. "
Genus : Dendeocœlum Oe.
„ Kôrper platt und langgestreckt mit gewelltem Rand im
Ruhezustand. Saugnapf gebildet durch den Vorderrand und
zwei Falten ; zwei Augen. ' '
JDendrocœlum ladeum Oe.
0. Schinidt 1862. Jijiiiia 1884. Chichivolî' 1892.
Es ist die grôsste hier vorkommende Triclade, sie findet
sich in Bachen, Teichen und Siimpfen.
Fundorte : Istein, Neudoi'f, Kleinhimingen.
Basel, den 4. April 1894.
288 OTTO FUIIRMANN.
LlTTERATl RVERZEICHNIS
1828. DuGÈs. — Recherches sur l'organisation et les mœurs des Planariées.
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T. n.
RECHERCHES
QLANDE PÉDIETJSE
DES
PULMONÉS
Emile ANDRÉ
Assistant an laboratoire d'anatomie comparée de Genève.
Avec les planches XII et Xlli.
Ce fut Kleeberg(I)' de Konigsberg qui, en 1830, décou-
vrit la glande pédieuse chez quelques Limaciens et chez le
Bulimus ; mais il se borna à signaler ce nouvel organe à l'at-
tention des naturalistes sans en donner de description un peu
détaillée.
Delle Chiaje (2) et Leidy (3) reprirent cette étude et
apportèrent quelques connaissances nouvelles et quelques
erreurs. Le premier travail important sur ce sujet est celui
de Semper (6), qui se rapporte à la glande pédieuse chez
Selix, Arion et Limax. Le mémoire de Semper, quoique incom-
plet, marque cependant un pas important dans cette voie ; nous
aurons du reste à y revenir dans la suite.
1 Les chiffres placés à côté des noms d'auteurs renvoient à l'index bibliogra-
pliique qui se trouve à la fin du mémoire.
Rev. Suisse de Zool., T. II. 1894. 20
292 ÉMILK AN-DRIÔ.
Jusqu'en 1881, aucun naturaliste ne publia rien, au sujet
de la glande du pied des Pulmonés ; à cette époque Sochac-
ZEWER (9) travailla l'anatomie et riiistologie de cet organe et
reprenant l'ancienne idée de Leidy, il s'attacha surtout à l'étude
de certaines cellules du plancher du canal excréteur, auxquelles
il attribue un rôle sensitif, olfactif. Nous verrons plus loin
qu'en cela Sochaczewer commettait une faute.
Sareasin (11) émit quelques doutes sur l'opinion de Sochac-
zewer, mais, comme il le dit lui-même, il n'approfondit pas
assez la question pour pouvoir la trancher. A la fin de son
mémoire il conclut que la glande pédieuse existe chez tous les
Gastéropodes (l'amas de cellules glandulaires isolées qui se
trouve en avant du pied des Basommatoi^hores, nous semble
difficile à homologuer avec les glandes pédieuses des autres
Gastéropodes) et qu'il ne faut pas repousser l'idée que cet
organe est l'homologue de la glande byssogène des Lamelli-
branches.
A la suite de son travail sur l'opercule des Gastéropodes,
HoussAY (13) consacra quelques pages à l'étude de la glande
du pied chez quelques Pulmonés. C'est pour être complet que je
mentionne ce travail, car Houssay ne s'est occupé qu'accessoi-
rement de ce sujet et n'a apporté que peu de connaissances
nouvelles.
Le travail le plus important est celui de Brock (15). La
quantité de faits nouveaux, l'exactitude et la minutie dans les
observations mettent ce travail bien au-dessus de tous les précé-
dents. Je ne suis pas d'accord avec Brock sur certains points
de minime importance ; nous les signalerons dans la suite, car
nous aurons plusieurs fois l'occasion de revenir sur le mémoire
en question. Malheureusement Brock n'a traité qu'incidemment
la partie physiologique et la partie embryogénique du sujet, en
outre il ne s'est adressé pour ses recherches qu'à un seul Pul-
moné, VAgriolimax agrestis.
RECHERCHES SUR LA (iLANDE PÉDIEUSE DES PULMONÉS. 293
En 1887, SzEKELY (17) publia en hongrois un mémoire sur
notre glande ; je n'ai pu me le procurer et ne le connais que par
Hanitsch (19) qui a étudié en 3 ou 4 pages la glande pédieuse
chez Limax agrestis. Hanitsch nous parait n'avoir pas eu con-
naissance de plusieurs travaux, entre autres de celui de Brock
qu'il cite cependant dans sa liste bibliographique.
D'autres auteurs ont encore parlé incidemment de la glande
du pied ; nous aurons l'occasion d'en mentionner quelques-uns
dans le courant de notre travail.
Nos connaissances sur la glande pédieuse des Pulmonés nous
paraissant encoie bien incomplètes et surtout très éparpillées,
il nous a semblé utile d'entreprendre un travail d'ensemble
réunissant, résumant et contrôlant les données actuelles et les
complétant en s'ad ressaut à des types variés.
Le présent travail a été fait dans le laboratoire d'Anatomie
comparée de l'Université, dirigé par M. le prof. Cari Vogt,
auquel nous exprimons ici toute notre reconnaissance pour nous
avoir permis de mener à bien notre tâche en mettant à notre
disposition ses laboratoires et sa riche bibliothèque.
MÉTHODES TECHNIQUES
Avant de donner les résultats de nos recherches, il nous
paraît bon d'indiquer dans leurs traits principaux les méthodes
techniques que nous avons utilisées.
Ce sont : V les dilacérations sur le frais; 2° les dissociations
après macération dans divers réactifs ; 3° les coupes.
Nous n'avons rien à dire de spécial touchant le premier
moyen d'investigation, que nous avons toujours employé sauf
quand la petitesse de l'animal s'y opposait. Les éléments de la
glande étaient dissociés dans le mucus même de l'organe, soit
avec les aiguilles, soit par écrasement entre la lame et le couvre-
294 EMILE ANDRÉ.
objet. Pour arriver à des notions exactes sur la structure des
éléments, cette méthode nous semble la seule vraiment normale.
Les coupes sont utiles pour étudier les relations des éléments
entre eux, des tissus entre eux ; mais les différents réactifs et
manipulations que nécessite cette méthode, contractent et modi-
fient dans une certaine mesure les éléments, si bien qu'une des-
cription histologique faite uniquement d'après des coupes ne
saurait être l'exacte expression de la réalité. Cela dit sans
vouloir diminuer l'immense importance de la méthode des
coupes, qui n'en reste pas moins un des plus puissants moyens
de recherches dont puisse disposer actuellement un naturaliste.
Comme réactifs dissociants nous avons employé avec succès
pour les cellules glandulaires l'acide osmique à 1 pour 1000 et
le bichromate de potasse au même titre, agissant l'un et l'autre
pendant un temps variant de 2 jours à une semaine ; pour les
cellules épithéliales du canal excréteur, les acides borique et
salicylique en solutions saturées et maintenues tièdes (25° à 30°)
pendant deux ou trois heures et la solution d'hydrate de chloral
à 3 pour cent. Il peut être utile d'ajouter à ces trois derniers
réactifs un colorant nucléaire approprié.
Pour fixer les animaux destinés à être débités en coupes, nous
avons utilisé, en la modifiant légèrement, la méthode qui nous
a servi pour nos recherches sur les Ancyles (23). Rappelons-la
en quelques mots. On maintient les animaux sous l'eau pendant
24 heures de façon à les engourdir et à leur faire étaler leur
pied ; ensuite on les plonge pendant 2 ou 3 secondes dans de
l'eau bouillante et on les transporte dans une solution tiède de
bichlorure de mercure additionnée de 10 7o de glycérine. Les
objets y sont laissés, suivant leur volume, de 5 minutes à 25 mi-
nutes au maximum.
Si la chaleur pénétrait instantanément jusqu'au centre des
objets, elle pourrait peut-être suffire à la fixation ; mais si l'on
attendait qu'elle eût agi dans toute la pièce, les parties externes
RECHERCHES SUR LA GLANDE PÉDIEUSE DES PULMONÉS. 295
seraient complètement détériorées avant que le milieu fût
seulement fixé. Ici l'eau bouillante a pour effet de tuer rapide-
ment l'animal en lui conservant sa forme normale.
Les animaux fixés d'après la méthode ci-dessus sont traités
par la série des alcools, en commençant par l'alcool à 60^
tenant en dissolution un peu de camphre (Lek et Henneguy)
qui facilite l'extraction du sublimé.
Les objets sont ensuite inclus dans la paraffine ou le collo-
dion d'après les méthodes connues. Pour colorer les coupes au
collodion j'ai employé diverses couleurs de la houille ; tandis
que les pièces destinées à être enrobées dans la paraffine étaient
colorées in toto dans le carmin au borax, la cochenille au borax
ou à l'alun et l'hématoxyline alcoolique.
Notre travail sera divisé comme suit : dans la première partie
nous traiterons d'une façon générale de l'anatomie et de la
structure intime de la glande pédieuse ; dans la deuxième nous
reprendrons séparément les divers représentants des Stylom-
matophores que nous avons étudiés et nous indiquerons les
particularités que présente chez eux la glande du pied. Une
troisième partie traitera de la physiologie, enfin une quatrième
de l'embrvologie de cet organe.
296 ÉMTLE ANDRÉ.
PREMIÈRE PARTIE
Topographie et Anatole.
Chez les Pulmonés la glande pédieuse est spéciale aux Sty-
lommatophores ; on ne peut guère lui homologuer chez les
Basommatophores, comme l'a fait Sarrasin (11) l'amas plus ou
moins compact de cellules glandulaires qui débouchent isolé-
ment entre la tête et le pied ; comme nous le verrons du reste
dans la troisième partie, la fonction de cet organe le rendrait
presque inutile chez un animal aquatique.
La glande pédieuse est formée d'une masse d'éléments glan-
dulaires se déversant dans un canal commun qui vient s'ouvrir
dans l'intervalle existant entre le pied et la lèvre inférieure,
intervalle que nous appellerons avec Lacaze-Duthiers « sil-
lon prébuccal. » Cette glande s'étend à la partie supérieure du
pied, dont elle occupe une longueur variant des ' , aux '/^, sur
la ligne médiane.
Chez les Pulmonés nus elle a la forme d'un ruban assez
étroit, faisant légèrement saillie dans la cavité du corps (PL XII,
fig. 1) et dont l'axe longitudinal est occupé par le canal excré-
teur. Pour les autres Stylommatophores il n'est pas possible de
lui assigner une forme exacte, englobée qu'elle est dans la
masse musculo-conjouctive du pied. Chez la Testacelle elle
flotte dans le cœlome, retenue seulement au pied par quelques
tractus conjonctifs et des vaisseaux sanguins.
La glande pédieuse est compacte chez les Limaciens et les
Opisthopneumones ; chez d'autres Pulmonés, comme les Vi-
trines, les Succinées, certains Hélix, les Clausilies, entre les
groupes de cellules glandulaires se trouve du tissu conjonctif en
RECHEKCHES SUR LA t4LANDE PÉDIEUSE DES PULMONÉS. 297
plus OU moins grande abondance. Chez les autres la glande est
très divisée ; on trouve alors des cellules glandulaires isolées
disséminées dans les environs du canal excréteur. Dans cer-
taines régions même l'organe peut être réduit au canal excré-
teur {Hélix Pisamt). Il peut arriver aussi que la glande soit
compacte dans une région et très atténuée dans une autre
(Hélix ohvoluta).
Dans la partie tout à fait antérieure de la glande, on remarque
au-dessus du canal excréteur une masse de cellules également
glandulaires (|ui débouchent au plafond de ce canal. Comme
nous le verrons dans la suite, ces éléments présentent des diffé-
rences de constitution avec les cellules du reste de la glande.
Nous avons appelé ces amas glandulaires « masses supérieures, »
le qualificatif « supérieure » indiquant leur position au-dessus
du canal excréteur (PI. XII^ fig. 4 a et cd).
Les masses supérieures varient énormément quant à leur
développement chez les divei's représentants des Stylommato-
phores. Elles sont nulles chez les Testacelles ; chez les Lima-
ciens elles sont réduites à quelques cellules isolées, disséminées
dans la région où se trouvent les masses supérieures chez les
autres Stylonimatophores. Chez les Zonites et certains Hélix
{H. immatia, aspersa, nemoralls, arhustorum, etc.) elles forment
une couche plus ou moins épaisse se confondant sur les côtés
avec la glande proprement dite. Par contre, on constate que
chez les Hélix acuta (PI. XII, fig. 4), ohvoluta, lapicida, chez les
Clausilies et les Bulimes, elles sont parfaitement délimitées,
compactes et flottant dans la cavité du corps, retenues au plafond
du canal excréteur par les cols de leurs éléments glandulaires ;
elles sont alors piriformes, la partie atténuée étant la plus voi-
sine du canal de la glande, la partie renflée libre dans le cœlome
et placée entre la masse buccale et les parois du corps. Entre
leurs cellules on trouve quelquefois des fibres conjonctives et
chez les Clausilies du pigment.
298 ÉmLE ANDRÉ,
Revenons maintenant au canal excréteur; il s'étend d'un
bout à l'autre de la glande. Son extrémité antérieure débouche
donc dans le sillon prébuccal^ tandis que l'autre extrémité se
termine en cul-de-sac. Près de l'ouverture, le canal a une section
elliptique plus ou moins aplatie ; il conserve cette forme sur
une longueur variant suivant les espèces, puis son plancher se
creuse d'un sillon plus ou moins prononcé, dont les bords ordi-
nairement relevés forment deux bourrelets longitudinaux. Cette
disposition est la plus répandue ; il n'y a que quelques exceptions
{Hélix lapkida, obvoluta) chez lesquelles le sillon est à peine
marqué et le canal garde sa section elliptique jusqu'à son ex-
trémité postérieure. Chez la Testaceile la forme et les dimen-
sions du canal varient beaucoup suivant la région ou l'état de
contraction de l'animal.
Le plafond du canal excréteur des Hélix et de certaines
Limax présente une particularité assez curieuse, déjà signalée
par Sarrasin (14); elle consiste en des plis longitudinaux
faisant saillie dans le lumen du canal (PI, XII, fig. 5), Ces plis
se trouvent dans la région postérieure; leur nombre et leur
développement varient beaucoup suivant les espèces. On ne les
trouve que chez des animaux des genres Hel'ix et Limax,
mais non chez tous; chez Hélix aciita il n'y en a qu'un seul,
très peu développé, tandis que chez d'autres Hélices ils sont si
nombreux et si volumineux qu'ils occupent à peu près tout le
lumen du canal. Dans la deuxième partie nous étudierons en
détail ces singulières formations chez les différentes espèces
que nous avons examinées.
En règle générale au-dessus de la glande pédieuse et paral-
lèlement à elle, court l'artère pédieuse qui lui envoie des rami-
fications, surtout dans les plis du plafond dont nous venons de
parler. L'artère pédieuse peut être immédiatement accolée au
canal excréteur de la glande ou placée à une distance plus ou
moins grande ; mais sa présence est constante au-dessus de la
glande (PI. XII, fig. 7, h et PI. XIII, fig. l,det fig, 18, c).
RECHERCHES SUR LA GLANDE PÉDIEUSE DES PULMONÉS. 299
Le système lacunaire est développé à des degrés variables
dans les environs de la glande du pied, suivant les espèces et
même suivant les individus selon que leur pied était plus ou
moins gonflé au moment de la mort. Il est pourtant de ces sinus
sanguins dont la présence est constante pour les divers groupes ;
tel est celui qui court au-dessous de la glande et dans la même
direction qu'elle chez les Limaciens, les Succinées, les Vitrines
et les Zonites. Chez les Hélix les lacunes sanguines se trouvent
surtout sur les côtes de la glande et entre les groupes de cellules
glandulaires (PI. XIV, fig. 1, e). Chez les Clausilies, les Buli-
mes, la glande est parcourue dans tous les sens par des espaces
lacunaires (PI. XII, fig. 6).
La glande du pied est innervée par les nerfs provenant des
ganglions pédieux ; ces nerfs longent la glande au-dessus d'elle
et lui envoient quelques filets. Chez les Succinées et les Vitrines
dans la masse glandulaire même court une paire de nerfs assez
importants émanant directement des ganglions pédieux. En
aucun cas nous n'avons constaté que la glande pédieuse reçut
des nerfs provenant des ganglions cérébroïdes. Ces ganglions
étant considérés comme les centres sensitifs, ce fait contribue à
réduire à néant l'hypothèse de certains auteurs qui attribuent
à la glande pédieuse une fonction olfactive.
Histologie.
La glande pédieuse est, comme nous l'avons dit plus haut,
formée d'une masse plus ou moins compacte d'éléments glandu-
laires de diff'érentes natures se déversant dans un canal central ;
nous allons reprendre l'étude de ces diverses parties quant à
leur structure intime en commençant par le canal excréteur.
Canal excréteur. — Il est formé par une invagination de
l'épithélium externe du corps, aussi dans le voisinage de Pou-
300 EMILE ANDRÉ.
verture a-t-il la même structure que ce dernier, mais à mesure
que l'on se rapproche de l'extrémité postérieure il se différencie
en deux régions bien tranchées, le plancher et le plafond; dans
certains cas même {Succinea, Limax, Arïon, quelques Hélix)
les côtés du canal ont un épithéhura particulier'.
L'épithélium du plancher est toujours cilié. Assez aplati dans
la partie antérieure, il augmente petit à petit de hauteur jus-
qu'au tiers antérieur de la longueur et conserve ces dimensions
jusqu'à l'extrémité aveugle. Simultanément le plancher se creuse
du sillon caractéristique et les bourrelets longitudinaux s'accen ■
tuent peu à peu. Chez Hélix Pisana cependant l'épithélium du
plancher a partout la même hauteur.
Lorsque cet épithélium a acquis ses caractères propres
(PI. XII, fig. 5, 9 et 10); il est composé de cellules prismatiques
assez hautes. Leur noyau est ovoïde avec une formation nucléi-
nienne en réseau présentant çà et là des renflements. Le pro-
toplasme de ces cellules est homogène à part quelques filaments
hyaloplasmiques et de très fines granulations. Leur paroi libre
est en général plus ou moins épaisse. Cette sorte de cuticule se
colore vivement par les teintures de carmin; elle est surtout
visible chez Vitrina (PI. XIL fig. 9), Limax (PI. XII, fig. 13),
Succinea, tandis que chez certains Hélix (H. lapicida, Pisana^
nemoralis, etc.) elle est nulle.
Cette paroi libre est sans exception (à part la Testacelle)
pourvue de cils vibratiles. Les cils dont la hauteur varie entre
0,004 mm. et 0,03 mm. sont quelquefois séparés en touffes ou
mèches composées de tous les cils d'une même cellule dont les
extrémités libres convergent. Cette disposition se constate
facilement chez les Vitrines (PI. XII, fig. 9), les Limaces, les
Arions et quelques Hélices.
* (^ette description ne se rapporte pas à la Testacelle ; la glande pédieuse de
cet animal s'éloigne beaucoup du type ordinaire et sera étudiée en détail dans la
deuxième partie de notre mémoire.
RECHERCHES SUR LA GLANDE PÉDIEUSE DES PULMONÉS. 301
Le rôle de ce revêtement cilié est de contribuer à l'extério-
ration du produit de sécrétion des cellules glandulaires débou-
chant dans le canal.
Au fond du sillon et quelquefois sur les bourrelets longitudi-
naux se trouvent, entre les cellules épithéliales, des méats inter-
cellulaires servant au passage de la sécrétion des éléments glan-
dulaires. Le nombre de ces méats est si grand, au fond du sillon,
que les cellules épithéliales sont déformées, complètement
effilées ou étranglées au milieu et très allongées (nous en avons
constaté chez Vitrina qui mesuraient 0,06 mm. de hauteur);
on peut voir différents types de ces cellules dans les fig. 2 de
la PL Xlir.
Ce sont ces éléments déformés que Sochaczewer (9) a pris
pour des éléments sensitifs ; mais comme ils ne sont pas en
relation avec du tissu nerveux et pour d'autres raisons encore,
cette opinion doit être abandonnée. Hanitsch (19) a réédité
cette manière de voir ; il s'appuie pour cela sur la présence
au-dessous des bourrelets longitudinaux, chez Llmax agresfis,
d'éléments ganglionnaires. Hanitsch a ])ris pour des cellules
ganglionnaires des cellules rondes qui se trouvent au-dessous de
l'épithélium (PI. XII, fig. 9, h) et qui en sont peut-être les élé-
ments de remplacement.
Pour en revenir à ces soi-disant cellules sensitives nous
dirons qu'elles ont un noyau fusiforme, très allongé ; elles sont
aussi revêtues de cils vibratiles, tandis que la cuticule chez la
plupart des espèces a pfesque disparu. La forme la plus répan-
due est celle représentée fig. 2, PI. XIII; aussi la plupart des
méats intercellulaires ont-ils la disposition schématique repré-
sentée PI. XIII, fig. 3, disposition qui se présente pendant
les périodes de non-activité de la glande. Ces espaces inter-
cellulaires sont alors clos ; mais lorsque les cellules glandulai-
res fonctionnent, les parties désignées par la lettre a s'écar-
tent, le méat se remplit de la sécrétion, puis à leur tour
302 émilp: andré.
les parties h s'éloignent Tune de l'autre et livrent passage au
produit glandulaire qui arrive alors dans le canal excréteur
central.
Ces méats sont plus ou moins importants ; chez les Limax,
Arion, Vitrina ils sont très développés, tandis que chez les
Hélix, Siiccinea, Clausilea, Bidimus, Zonites, ils le sont beau-
coup moins.
L'épithélium des côtés ne diffère que peu ou pas de celui du
plafond ; les différences ne gisent que dans la moindre hauteur
des cellules et dans le développement moins complet de leur
formation nucléinienne. Ce n'est guère que chez Succinea,
Hélix Rsana, Arion, Limax qu'on peut considérer l'épithélium
des côtes comme une formation différente de celui du plafond ;
la hauteur des cellules est alors de 0,008 mm., leur largeur de
0,015 mm. (PL XIII, fig. 7). En général la transition entre ces
deux épithéliums est insensible ; ce n'est que petit à petit que le
revêtement épitbélial des côtés acquiert les caractères de celui
de la paroi supérieure du canal excréteur.
Ce dernier est constitué par des cellules prismatiques plus ou
moins aplaties ; la hauteur est généralement un peu inférieure
à leur diamètre transversal. Le noyau de ces cellules (PI. XIII,
fig. 10 et 11) est sphérique, muni d'un réseau nucléinien bien
développé et présentant des renflements arrondis ; ce réseau,
comme c'est du reste le cas ordinairement, possède une grande
affinité pour les teintures de carmin. Le corps cellulaire a son
hyaloplasme disposé suivant deux types très tranchés : ou bien
il forme des filaments rectilignes, parallèles, assez rapprochés
et dirigés de haut en bas de la cellule, c'est-à-dire de sa paroi
libre à la paroi opposée (PI. XIII, fig. 11); ou bien il constitue
un réseau à mailles plus ou moins serrées (PI. XIII, fig. 10). Cer-
tains groupes ne possèdent que le premier type {ClausiUa, Hélix
obvoUita, lapicida, aspersa, Arion, Limax) d'autres {Hélix
Pisana), les deux à la fois plus ou moins mélangés, d'autres
RECHERCHES SiTR LA (iLANDE PEDIEUSE DES l'UI.MONÉS. 303
encore [Hélix acutd) ne présentent que le second type. Il peut
arriver que l'une ou l'autre de ces formations ne soit pas répan-
due partout dans le corps cellulaire; il peut exister chez certains
de ces éléments des espaces homogènes, soit autour du noyau ,
soit près de la paroi libre de la cellule. Quelquefois encore les
filaments sont plus nombreux près de la face libre. Outre ces
filaments le corps cellulaire peut renfermer des granulations
réfringentes en petit nombre.
La paroi libre de ces éléments présente chez certains genres
[Arion, Limax) une fine cuticule, beaucoup moins importante
que celle des bourrelets longitudinaux.
Chez certains Stylommatophores {Arion, Limax, H. aspersa)
on rencontre des cellules de l'épithélium du plafond dont la face
supérieure n'est pas plane, mais munie de saillies plus ou moins
allongées.
Parmi les cellules épithéliales ordinaires du plafond on
remarque chez certaines espèces {Vitrina, Siiccinea, Zonites,
Hélix obvoluta) des cellules de forme variable caractérisées par
la présence dans leur corps d'une ou plusieurs vacuoles et par
l'électivité prononcée de leur noyau pour les teintures de car-
min. Ces éléments sont très caractéristiques chez Vitrina
(PL XII, fig. 9, e). Chez ce dernier genre leur forme n'est pas
régulière, leur volume n'est pas constant; par contre chez les
Zonites et les Succinées elles sont à peu près cylindro-coniques,
la partie conique faisant saillie dans le lumen du canal. Les
plus volumineuses de ces cellules observées chez Vitrina mesu-
raient 0,04-0,05 mm.; les plus grands noyaux, ainsi que les
plus grosses vacuoles, avaient environ 0,02 mm.
Le corps cellulaire de ces éléments contient un réseau de
fibrilles très serré ; leur noyau est sphérique ou ovoïde, comme
nous venons de le dire, il se colore vivement par les carmins, sa
formation nucléinienne très développée le remplit entièrement.
Dans ses belles recherches sur les Pulmonés (21 et 22),
304 ÉMILK ANDRÉ.
M. le prof. CuÉNOT de Nancy ' a constaté que chez les Limaces
et les Arions les cellules du plafond du canal de la glande
pédieuse jouent un rôle dans Texcrétion. Après avoir injecté
dans le cœlome de ces deux espèces une solution peptonique
de fuchsine acide, M. CuÉnot a remarqué que le plafond du
canal de la glande du pied se colore en l'ouge, en entier chez
les Arions, seulement dans son tiers postérieur chez les Lima-
ces. La cause en est que les cellules épithéliales composant
le plafond du canal sont munies d'une ou plusieurs vacuoles qui
se sont colorées par la fuchsine acide. Ces vacuoles ne sont
visibles qu'une fois colorées. Pour de plus amples détails nous
renvoyons le lecteur au mémoire de M. CuÉnot (22).
Nous pensons que les éléments épithéliaux vacuoles que nous
venons de décrire chez Vitrina, Stiœinea, etc. sont les homo-
logues de ceux que M. Cuénot a découverts chez Limax et
Arion. En tout cas le contenu de ces vacuoles est un produit
excrétoire et est déversé dans le canal de la glande, car nous
avons constaté plusieurs fois des vacuoles ouvertes dans le
lumen du canal (PI. XIII, fig. 4).
A la page 298 nous avons mentionné le fait (déjà signalé par
Sakrasin(II) et Houssay (13) que la plupart des représen-
tants des genres Hélix et Limax possèdent, dans la partie pos-
térieure du canal excréteur, des plis longitudinaux formés par le
plafond. Ces replis (PL XII, fig. 5) pendant dans le lumen du
canal;, en nombre variant de 1 à 5, sont plus ou moins pronon-
cés; presque nuls chez Uelix acuta, ils sont au contraire très
saillants chez les Helix pomatia, aspersa, nemoralis, arhusto-
rum, etc.. La face libre des plis est formée par Tépithélium
ordinaire du plafond dont les cellules sont cependant un peu
' Nous nous permettons d'adresser ici ;i M. le prof. Cuénot nos plus vifs
remerciements pour l'obligeance avec laquelle il a répondu à nos demandes et
pour les utiles indications qu'il nous a fournies.
KECHEKCIIES SUR LA (^LANI)E l'ÉDIEl'SE DES ITLMONÉS. 305
plus hautes; des cellules rondes remplissent l'intervalle entre
les deux lames épitliéliales formant le pli.
L'artère pédieuse envoie des ramifications importantes à ces
appendices.
VHeJix aspersa (PL XII, fig. 5) présente une particularité
de ces replis que je n'ai retrouvée chez aucun autre de nos
Pulmonés indigènes ; leur face libre est munie d'un revêtement
de cils vibratiles très courts (longueur 0,0035 mm.). Ces cils
existent sur les replis de leur partie antérieure jusque près de
leur terminaison. Nous ne savons à quoi attribuer cette parti-
cularité de V Hélix aspersa ; nous ne savons également pas quelle
est la fonction des replis, ni même s'ils en ont une ; cependant
l'importance des rameaux artériels qui s'y rendent pourrait le
faire supposer. Houssay (13) dit à ce propos (page 253):
« Par la partie supérieure de son canal et par les villosités
(les replis) qui s'en détachent, cet appareil se rapporte aux
organes que nous connaissons comme absorbants. De quelle
substance ferait-il l'absorption et dans quel but ? Il est impos-
sible de le dire ; mais les rapports anatomiques de cet organe
paraissent en faire un organe d'absorption. » Nous avouons ne
pas très bien comprendre ce que M. Houssay entend par-là.
Le canal de sortie de la glande pédieuse est recouvert sur
sa face supérieure et sur les côtés par une lame de tissu conjonc-
tif. Cette lame est en général simple et mince, mais cepen-
dant chez certaines espèces (quelques Hélix, Stwcinea) peut
atteindre une grande épaisseur, surtout dans la partie posté-
rieure, et être entremêlée de fibres musculaires. Elle est inter-
rompue dans la partie antérieure, dans la région où débouchent
les masses supérieures et les cellules piriformes à vacuoles.
(Voir PI. XII, fig. 5, i, fig. 9,fet fig. 10, g).
Cellules glandulaires. Les éléments sécréteurs de la glande
pédieuse peuvent se ramener à 3 types que nous énumérerons
300 EMILE ANDRE.
d'abord et que nous étudierons ensuite en détail l'un après
l'autre :
1° Les cellules qui forment la masse la plus importante de
la glande et qui débouchent toutes dans le sillon longitudinal du
plancher.
2° Les cellules qui composent ce que j'ai appelé les «masses
supérieures ; » elles ont été confondues avec les précédentes par
les auteurs, cependant elles en diffèrent par leurs réactions vis-
à-vis de certains agents colorants et par le lieu de leur ouver-
ture dans le canal excréteur, qui est le plafond dans la partie
antérieure de la glande.
3° Les cellules que j'appellerai « cellules à vacuoles; » elles
ont été signalées pour la première fois par Sarrasin (11), qui
ne fit qu'en donner un dessin ; elles s'ouvrent également dans le
canal commun, dans sa partie antérieure au plafond et sur les
côtés.
Nous étudierons d'abord les cellules ordinaires dans la période
d'activité fonctionnelle, puis les différentes modifications qu'elles
subissent au cours de leur vie, enfin la manière dont s'opère leur
remplacement par les éléments cellulaires du tissu conjonctif.
Ces cellules, qui sont agglomérées en une masse plus ou
moins compacte, sont généralement piriformes et munies d'un
col à longueur variable qui débouche dans le voisinage des
méats intercellulaires du sillon longitudinal. Elles ne sont pas
comme le dit Semper (6) enveloppées chacune isolément par
une tunique conjonctive qui s'allonge pour former le col. Ce
dernier est constitué par les parois même de la cellule qui se
sont étirées, dans une direction donnée, sous la pression du con-
tenu cellulaire. Le col n'existe pas toujours : on ne le trouve
que chez les éléments actifs.
Les dimensions de ces éléments glandulaires sont générale-
ment assez considérables, abstraction faite du col, pouvant
atteindre à lui seul une longueur de 0,9 mm. ; leur plus grand
RECHERCHES SUR LA GLANDE PÉDIEUSE DES PULMONÉS. 307
diamètre va jusqu'à 0,12 mm., le petit jusqu'à 0,075 mm. \
Les parois sont minces et très délicates, surtout lorsqu'elles
sont distendues par le contenu cellulaire; aussi est-il souvent
difficile d'obtenir des éléments entiers dans les dilacérations de
la glande pédieuse.
Le corps cellulaire (voir PI. XIII, fig. 6) est formé, comme
c'est le cas en général, d'une paraplasme et d'un réseau. Le
paraplasma contient des corpuscules réfringents se colorant
vivement par les carmins; ils sont en nombre variable, tantôt
peu abondants, tantôt remplissant complètement la cellule au
point qu'ils se touchent tous et que le réseau d'hyaloplasme a
disparu.
Ces corpuscules dont les dimensions varient entre 0^001 mm.
et 0,002 mm.^ sont en général arrondis, sauf chez les Limaciens
chez lesquels ils sont polyédriques irréguliers. Ils sont réfrin-
gents, n'ont aucune action sur la lumière polarisée et ont une
grande affinité pour les colorants histologiques. Les alcalis et
les acides pas trop concentrés ne les détruisent pas ; l'acide
osmique les colore en noir.
On retrouve dans l'épiphragme membraneux des granulations
présentant les mêmes propriétés que celles décrites ci-dessus;
cela pourrait faire supposer que le mucus de la glande du pied
concourt à la formation de cet épiphragme. En tout cas il est
certain que ces corpuscules sont excrétés car on les retrouve
dans le canal de la glande avec du mucus.
Le réseau hyaloplasmique se colore assez bien sur des coupes
avec les teintures de carmin et surtout d'hématoxyline ; mais
pour l'étudier sur le frais, l'acide osmique à 2 pour mille est
préférable; ce dernier réactif le colore en brun plus ou moins
intense. On l'observe surtout avec facilité sur les cellules dont les
granulationsnesontpastropnombreuses(Pl.XIII, fig. 6 et 12, h);
^ La plupart des mensurations ont été effectuées sur le frais.
Kev. Suisse de Zool., T. II. 1894. 21
308 EMILE ANDUK.
il apparaît alors comme un réseau continu, c'est-à-dire dont
tous les filaments sont reliés entre eux. Ces derniers forment
des mailles assez régulières, répandues uniformément dans la
cellule (sauf dans les cas assez rares où il y a des vacuoles).
Examinés avec une lentille à immersion homogène ces filaments
paraissent formés de fines particules.
Nous faisons observer de nouveau que ce qui vient d'être dit
s'applique aux cellules normales actives; les parties décrites ne
sont pas semblables chez les éléments en voie de formation ou
en repos.
Le paraplasma paraît homogène aux plus forts grossissements
dont j'ai disposé ; il présente quelquefois des vacuoles entre les
mailles du réseau, ou même refoulant le réseau.
Lorsque ces cellules sont bondées de granulations et dis-
tendues par les autres produits de sécrétion, leur paroi cède
devant la pression et s'étire en un col qui va aboutir, comme
nous l'avons dit, à la base de l'épithélium du sillon longitudinal
du plancher dans la région des méats intercellulaires. Le col
peut arriver jusqu'à la base même de l'épithélium, sans jamais
toutefois le traverser, ou se terminer à une certaine distance
de ce dernier ; dans ce cas les produits sécrétés par les éléments
glandulaires cheminent librement jusqu'aux méats intercellu-
laires.
Pour atteindre le voisinage du lieu de leur débouché, les cols
sont souvent obligés de s'allonger énormément (jusqu'à 0,9 mm.)
et de se courber plus ou moins, surtout pour les cellules qui
sont au-dessus et sur les côtes du canal excréteur.
Semper(6) et Sarrasin (11) ont décrit ou figuré des cel-
lules dont les cols se réunissaient entre eux pour n'en former
qu'un ; de même que Brock (15) je n'ai jamais constaté cette
fusion; les cols cheminent toujours séparément et débouchent
isolément.
Sous l'influence des contractions du pied entier de l'animal ou
RECHF.RCHES SUR LA (4LANDK l'KDIEUSE DES l'ULMONÉS. ^0;;
seulement des fibres musculaires qui se trouvent entre les
groupes de cellules glandulaires, ces dernières (leurs cols étant
formés et ouverts) expulsent une partie de leur contenu dans les
espaces intercellulaires et de là dans le* canal commun. Les
parties expulsées sont les granulations, une partie du proto-
plasme et du réseau cellulaire. Le noyau lui-même se ressent
de ce phénomène. Après avoir fini d'accomplir cet acte, la cel-
lule se modifie considérablement; outre qu'elle ne renferme plus
de granulations, elle diminue de volume et résorbe son col, qui
disparaît à tel point que la cellule reprend une forme à peu près
sphérique ; son réseau hyaloplasmique est passablement atténué
et les mailles en sont beaucoup plus grandes et irrégulières
(PL XIII, fig. 8, & et 12, c). Le noyau est également profondément
modifié ; d'ovoïde ou sphérique qu'il était, il devient très irré-
gulier, allongé ou aplati, avec des parties rentrantes, d'autres
saillantes ; il est ratatiné et son volume s'est amoindri. A son
intérieur on n'aperçoit plus trace de réseau nucléinien ni de
nucléole ; il parait complètement homogène et a conservé son
électivité pour les agents colorants. Ces faits pouiTaient faire
supposer que le noyau expulse aussi certaines parties de sa
substance ; mais nous ne savons lesquelles.
Nous avons trouvé les différents stades de ce processus sécré-
toire, depuis la cellule volumineuse, bondée de corpuscules et
munie d'un col, jusqu'à celle qui est sphérique et dépourvue de
granulations. On ne peut confondi'e ces stades avec ceux qui
résultent de la transformation graduelle d'une cellule conjonc-
tive en élément sécréteur ; comme nous le verrons un peu plus
loin, chez ces formes de passage le noyau est toujours à i)eu près
sphérique et possède en outre certains caractères qui empêchent
de le prendre pour le noyau d'une cellule venant d'excréter
son contenu.
Brock (15) a soulevé, sans pouvoir la résoudre, la question
de savoir si, lorsqu'un élément glandulaire a accompli ses fonc-
310 EMILE ANDRÉ.
tions excrétrices, il périt ou s'il est capable au bout d'un certain
temps de reconstituer ses différentes parties et d'entrer dans
une nouvelle période d'activité et cela un certain nombre de
fois. Comme il n'est pas possible de suivre le même élément
glandulaire dans le temps, le problème ne pourrait être résolu
d'une façon absolument certaine. Deux faits cependant militent
en faveur de la seconde des deux alternatives. D'abord il est
rare de rencontrer des noyaux de cellules glandulaires dans le
mucus contenu dans le canal excréteur (on en trouve pourtant
quelquefois) tandis qu'ils devraient être très abondants dans le
cas où les cellules glandulaires ne fonctionneraient qu'une seule
fois et passeraient à l'état d'éléments morts qui seraient expulsés
avec les produits de sécrétion. Secondement, si la première
hypothèse était exacte, les cellules de remplacement devraient
être en très grande abondance; ce qui n'est pas le cas. Chez
certains individus on n'en trouve aucun, chez d'autres seulement
quelques rares éléments à différents stades de transition dissé-
minés dans les environs de la glande.
J'ai étudié des animaux à toutes les époques de l'année, et
souvent vers la fin de l'automne j'ai rencontré des individus dont
toutes les cellules sécrétrices de la glande pédieuse étaient à
l'état de repos ; combien d'éléments de remplacement devrait-on
trouver au printemps, au moment où l'organisme sort de son
sommeil hibernal et reprend ses différentes fonctions ? Ces élé-
ments de remplacement ne sont pas plus abondants dans cette
saison que plus tard et l'on constate en général qu'à la fin de
riiiver la glande est composée d'éléments actifs et d'éléments
au repos en proportions variables.
Comme nous l'avons dit plus haut, il arrive quelquefois qu'on
rencontre dans le canal excréteur de la glande pédieuse des
noyaux de cellules glandulaires avec tous leurs caractères ; cela
])rouve que, comme on l'observe du reste toujours, les éléments
glandulaires, après avoir fonctionné pendant un certain temps,
RECHERCHES SUR LA GLANDE PÉDIEUSE DES FL'LMONÉS. 31.1
périssent, se désagrègent et sont expulsés de l'organisme. Il est
évident que d'une manière ou d'une autre ces éléments doivent
être remplacés. Est-ce que ce remplacement s'opère par la
division des cellules glandulaires? Nous ne le croyons pas, nous
n'avons rien remarqué dans nos préparations qui pût nous le
faire supposer. Brock (15) le seul auteur qui se soit occupé de
cette question, n'a jamais observé, de même que moi, que Fépi-
thélium du canal excréteur donnait naissance à des cellules
glandulaires, tandis qu'il a trouvé presque toutes les formes
intermédiaires entre les éléments conjonctifs sphéroïdaux et les
cellules glandulaires ; il arrive donc à la conclusion que c'est
aux dépens du tissu conjouctif que se forment les nouveaux
éléments sécréteurs. Cependant, n'ayant pas fait un nombre
suffisant d'observations et ne les ayant faites que sur un seul
animal (Agriolimax lœvis) il ne donne la chose que sous toutes
réserves.
Nous avons repris l'étude de la question et chez la plupart
de nos Mollusques {Arion, Hélix, Vitrina, Siiccinea, etc.) nous
avons trouvé la série ininterrompue des formes de passage entre
les cellules conjonctives qui se trouvent dans la masse du pied
et les cellules glandulaires de la giande pédieuse.
Ces cellules conjonctives sont petites, sphériques ou ovoïdes ;
leur cytoplasma est prescjue homogène, le réseau est à peu près
nul ; leur noyau est très petit. Dans leur transformation en élé-
ments glandulaires, le noyau le premier commence à se modifier
(PI. XII, fig. 14 et 1 5) : il augmente de volume, sa formation nu-
cléinienne apparaît. Puis la cellule elle-même acquiert des di-
mensions plus considérables ; elle différencie dans son corps le
réseau hyaloplasmique qui devient de plus en plus visible. Enfin
lorsqu'elle a atteint la taille d'une cellule glandulaire typique, il
commence à se former à son intérieur, entre les filaments du
réseau, les granulations caractéristiques. Ces dernières aug-
mentent en nombre, puis sous l'influence de leur poussée interne
312 EMILE ANDRÉ.
la cellule s'allonge en un col ; elle a alors acquis tous les carac-
tères de la cellule glandulaire typique.
La figure 14 de la PI. XIII représente ces divers stades inter-
médiaires observés chez la Vitrina peUucida.
Nous avons dit (page 297) que nos Pulmonés indigènes (sauf
la Testacelle) possèdent à des degrés de développement variable
des masses de cellules glandulaires placées au-dessus du canal
excréteur dans sa partie antérieure. Ces cellules glandulaires
s'ouvrent dans le plafond du canal excréteur.
Ces masses supérieures, comme nous les avons appelées,
diffèrent du reste de la glande pédieuse, non seulement par leur
forme et par leur situation, mais aussi par quelques caractères
que présentent les éléments eux-mêmes. Les masses supérieures
se colorent plus vivement que le reste de la glande.
Les cellules des masses supérieures sont piriformes, avec un
col plus ou moins allongé suivant la distance à laquelle elles se
trouvent du canal excréteur. Les cols s'introduisent entre les
cellules de l'épithélium du plafond, ou en tout cas atteignent
toujours la base de l'épithélium. Les cellules limitant les méats
qui livrent passage à la sécrétion des masses supérieures, ne
sont pas déformées comme celles du sillon du plancher. Les
dimensions des cellules des masses supérieures sont à peu près
les mêmes que celles des éléments de la glande pédieuse propre-
ment dite ; elles sont un peu plus volumineuses que ces dernières
chez Hélix ohvolufa, Hélix lapicida , tandis qu'elles le sont moins
chez Hélix acuta.
Ces éléments sont à peu de chose près semblables à ceux de
la glande pédieuse elle-même ; comme ces derniers ils possèdent
un noyau volumineux avec formation nucléinienne bien dévelop-
pée et un corj)S cellulaire avec réseau et granulations. Pendant
leur période d'activité sécrétrice, c'est-à-dire pendant qu'elles
possèdent les granulations, les cellules de la glande pédieuse
RECHERCHES SIR LA CLANDE PÉDIEUSE DES PULMONÉS. 318
proprement dite sont identiques à celles des masses supérieures
et il serait très difficile de les distinguer les unes des autres, si
leurs positions respectives dans l'économie n'étaient pas diffé-
rentes. Il n'en est pas de même si on les considère pendant
l'état de repos, quand elles ont expulsé leurs produits de sécré-
tion. Comme nous l'avons vu plus haut, après cet acte les cellules
de la glande pédieuse proprement dite se modifient assez pro-
fondément; leurs noyaux se ratatinent, leurs réseaux liyalo-
plasmiques s'atténuent, leurs cols se résorbent. Au contraire
les éléments des masses supérieures, après l'expulsion de leurs
granulations, ne changent pas; leurs noyaux, leurs corps cellu-
laires conservent la même apparence qu'auparavant; leurs cols
même subsistent.
Vis-à-vis des agents colorants, les cellules des masses supé-
rieures offrent d'autres réactions que celles du reste de la glande
pédieuse. Elles ont une plus grande électivité pour les teintures
de carmin ; en outi'e, si l'on surcolore par la safranine une coupe
au collodion passant par les masses supérieures et qu'on la
décolore ensuite, les éléments de ces dernières resteront teintées
beaucoup plus longtemps que les cellules ordinaires. Le vert de
méthyle qui n'agit que sur les noyaux des cellules glandulaires
ordinaires, colore légèrement les éléments entiers des masses
supérieures et l'hématoxyline colore. beaucoup plus vivement ces
dernières que les autres parties de l'organe.
Ces quelques particularités montrent que les cellules des
masses supérieures ne sont pas les mêmes que celles du reste
de la glande du pied. On peut admettre que leur constitution
chimique et leurs produits de sécrétion, leurs fonctions en un
mot, sont différentes de celles des autres éléments de la glande
pédieuse.
Nous n'avons enregistré aucun fait qui put nous donner des
renseignements sur la durée du fonctionnement de ces éléments,
non plus que sur leur mode de remplacement. Dans le cas où les
314 EMILE ANDRÉ.
masses supérieures forment une couche au-dessus du canal et
sont en relations directes avec le pied, les cellules conjonctives
de ce dernier pourraient servir au renouvellement des masses
supérieures ; mais lorsque ces organes flottent dans le cœlome
cela ne serait pas possible. Mais nous le répétons, nous n'avons
su faire aucune observation à ce sujet.
Nous passerons maintenant à l'étude de la troisième espèce
d'éléments de la partie sécrétrice de la glande pédieuse. Ce
sont les cellules que nous avons appelées « cellules à vacuole. »
Sarrasin (11) en a déjà donné un dessin ; c'est la seule mention
qui en ait été faite jusqu'à présent.
Ces cellules (PL XIII, fig. 5) sont en général piriforraes,
quelquefois spliériques ; le col, quand il existe, peut atteindre
une grande longueur. Elles sont situées surtout dans la partie
antérieure de la glande au-dessus et sur les côtés du canal
excréteur. Elles ne forment pas des amas plus ou moins com-
pacts comme les autres éléments glandulaires, mais sont tou-
jours isolées. Elles sont généralement en nombre assez res-
treint ; chez quelques espèces elles manquent totalement.
Leur caractère le plus saillant consiste en la présence d'une
vacuole : cette dernière est tantôt très minime, tantôt occupant
presque toute la cellule. Le protoplasme est très finement gra-
nuleux ; il se colore assez fortement par les carmins. Le noyau
est sphérique ou ovoïde, également très avide de carmin; sa
formation nucléinienne est très développée et le remplit presque
entièrement ; il possède un nucléole.
Le corps cellulaire renferme quelquefois des granulations
(fig. 5/") assez volumineuses mais en petit nombre. Nous n'en
avons observé que dans le corps cellulaire, jamais dans la
vacuole, ni dans le col de la cellule. Le col de ces éléments
s'introduit entre les cellules épithéliales du plafond et des côtés
du canal excréteur et y débouche. Nous avons constaté des
RECHERCHES SUR LA GLANDE PÉDIEUSE DES PULMONÉS. 315
cellules qui en étaient dépourvues, c'étaient probablement des
éléments en voie de formation.
Dans leur plus grand diamètre les cellules à vacuole mesurent
en moyenne 0,025 mm., abstraction faite du col qui à lui seul
peut atteindre 3 ou 4 fois cette longueur. Leur noyau a
0,007 mm. de diamètre.
Ces trois sortes de cellules : cellules ordinaires, cellules des
masses supérieures, et cellules à vacuoles, sont donc distribuées
en quantité variable dans le voisinage du canal excréteur et en
masses plus ou moins compactes. Entre elles se trouvent d'autres
éléments en quantités variables, ce sont des fibres et des cellules
conjonctives^ des faisceaux musculaires contribuant par leurs
contractions à l'expulsion des produits de sécrétion, enfin des
globules de graisse et quelquefois des cellules pigmentaires.
Dans le chapitre suivant de ce travail nous donnerons quel-
ques détails sur les proportions relatives de ces divers éléments
chez les espèces que nous avons étudiées.
La glande pédieuse renferme en outre du carbonate de chaux,
des phosphates, etc. dont la présence ne nous a été révélée que
par l'analyse chimique, aussi ne savons-nous sous quelles formes
on rencontre ces sels dans la glande du pied, ni dans quelles
cellules ils sont localisés.
116 EMILE ANDRÉ.
DEUXIÈME PARTIE
Les espèces que nous avons étudiées au point de vue de la
glande pédieuse sont les suivantes :
Arion empiricorum Fér., Arion Jiortensis Fér., Limax mar-
ginatus MûU., Limax cinereus Miill., Testacella haUotideaDrsii>.,
Vitrina pelliicida Drap., Succinea amphihia Drap., Zonites cella-
r'ms Gray, Hélix rotundata Miill., Hélix obvoluta Miill., Hélix
lapicida Lin., Hélix nemoralis Lin. , Hélix aspersa Miill., Hélix
pomatia Lin., Hélix incarnata Miill., Hélix sericea Drap., Hélix
Pisana Miill., Hélix aciita Miill., Clausilia plicata Drap., Bidi-
rmis montamis Drap., Zua luhrica Leacli.
Ces espèces proviennent toutes des environs de Genève, sauf
les Hélix Pisana, Hélix aada et la Testacella haliotidea que
nous avons recueillis dans le nord de la France.
Arion empiricorum Fér.
Glande compacte bien délimitée (PI. XII, ûg. 1) placée à la
face supérieure du pied dont elle occupe à peu près les ' ^ de la
longueur ; faisant saillie dans le cœlome. Le canal prend à peu
de distance de son orifice externe la disposition typique avec
des bourrelets très accentués ; il est placé constamment à la
partie supérieure de la glande.
Les masses supérieures sont réduites à quelques cellules
disséminées au-dessus du canal excréteur dans sa portion anté-
rieure.
L'épitliélium des côtés est beaucoup plus bas. La cuticule des
cellules des bourrelets est bien développée; les cils sont réunis
en touffes; leur longueur est de 0,02 à 0,03 mm.
UECHERCIIES SUK LA GLANDE PÉDIEUSE DES PULMONÉS. 317
Au-dessous de la glande et parallèlement à elle court un
sinus sanguin, dont la présence est constante.
Arion Jiortensis Fér.
Glande plus large, moins longue, moins compacte que chez
l'espèce précédente. S'étend seulement sur un tiers de la lon-
gueur du pied. Masses supérieures comme ci-dessus.
Les groupes de cellules glandulaires sont séparés par des
faisceaux musculaires.
Les méats du fond du sillon sont très importants. Les cils sont
longs, disposés en touffes. Les bourrelets longitudinaux et le
sillon sont bien développés.
Limax chiereus Miill.
Glande pédieuse disposée comme chez les Arion en forme de
ruban placé à la partie supérieure du pied ; elle en occupe la
moitié de la longueur. Canal excréteur très large, bien visible
par-dessus (PI. XII, fig. 2). Les masses supérieures sont un peu
plus développées que chez Arion. Il existe également une lacune
sanguine longeant la glande au-dessous d'elle.
Les méats du fond du sillon sont bien développés ; les cellules
qui les limitent sont très grandes (PI. XIII, fig. 2).
Les bourrelets longitudinaux et le sillon médian sont peu
accentués. La cuticule des cellules épitliéliales qui les forment,
est épaisse (PI. XII, fig. 13); les cils sont disposés en touffes.
Le plafond est dans la partie postérieure formé de deux strates
de cellules et présente des plis longitudinaux peu accentués '.
' Dans le canal excréteur d'un individu de cette espèce nous avons trouvé
un assez grand nombre de Néniatodes parasites du genre Leptodera, mesurant à
peu près 0,o mm. de longueur.
318 EMILE ANDRÉ.
Limax marglnatus Milll.
Glande comme chez l'espèce précédente; seulement elle ne
s'étend que sur le tiers de la longueur du pied \
Testacella haliotidea Drap.
PI. XII, tig. 12 et 13.
Dans sa belle monographie de la Testacelle, Lacaze-
DuTHiERS (20) donne une description de la glande pédieuse :
mais dans un travail se rapportant à l'anatomie tout entière
de cet animal, il ne pouvait entrer dans beaucoup de détails,
aussi nous a-t-il paru bon de reprendre le sujet.
Par sa glande pédieuse comme par le reste de son organi-
sation, la Testacelle s'éloigne beaucoup des autres Pulmonés.
Cet organe est, chez cet animal, si différent de fa glande typique
qu'il mérite une étude détaillée.
La glande pédieuse a la forme d'un ruban plus ou moins
aplati occupant les deux tiers de la longueur du pied. Elle est
libre dans la cavité du corps et n'est retenue au plancher de
cette cavité que par quelques fibres et cellules conjonctives et
par des ramifications de l'artère pédieuse qui court sur sa
face supérieure. Ce ruban est plus ou moins contourné et en-
roulé selon l'état de contraction de l'animal au moment de la
mort.
A sa partie antérieure la glande est munie d'un petit caecum
de 3 millimètres de long à peu près, disposé comme le montre le
1 Ces mesures ont été faites dans un état moyen d'extension du pied ; du
reste comme la glande est intimement unie au pied elle se contracte et s'étend
dans la même proportion que ce dernier.
RECHERCHES SUR LA GLANDE PÉDIKUSE DES PULMONÉS. 319
schéma (PI. XII, fig. 12). Cet appendice a la même constitution
histologique que le reste de la glande.
La glande est accolée aux ganglions pédieux, auxquels elle
est intimement unie par une masse compacte de tissu conjonctif
interstitiel.
L'ouverture du canal de la glande est comme toujours dans
le sillon prébuccal.
Le canal excréteur, qui existe sur toute la longueur de l'or-
gane, est situé au milieu de la masse glandulaire ; sa section est
tantôt très aplatie, tantôt circulaire ou irrégulière. Il ne
présente ni les bourrelets longitudinaux, ni le sillon médian du
plancher, mais dans sa partie postérieure quelques plis dont un
très gros, cylindrique, remplit presque tout le lumen du canal.
Dans cette même région la glande est réduite au canal excré-
teur entouré d'une très mince couche de cellules glandulaires.
La structure histologique du canal excréteur est la même
partout, en avant et en arrière, au plancher et au plafond. Les
éléments qui le composent sont des cellules épithéliales prisma-
tiques, non vibratiles^ toutes à peu près semblables. Elles ont un
noyau ovalaire, pas de cuticule, sont en un mot semblables aux
cellules du plafond chez les autres Pulmonés, sauf qu'elles ne
présentent pas l'hyaloplasma disposé en filaments rectilignes et
parallèles. Les cellules déformées des méats n'existent pas,
quoique l'épithélium présente, comme cela est nécessaire pour
l'excrétion des produits glandulaires, des vides intercellulaires
disséminés dans toutes les parties du canal excréteur, mais sur-
tout abondants dans la région antérieure où la partie glandulaire
est le plus développée.
Les cellules de cet épithélium sont, comme nous l'avons dit,
cylindriques ou prismatiques, non vibratiles ; leur corps cellu-
laire est presque homogène, le réseau à peu près nul. Elles
possèdent un noyau ellipsoïdal allongé, à réseau nucléaire peu
320 ÉMILK ANDRÉ.
développé. C'est cet épitliélium (jui forme les plis dont nous
avons parlé plus haut.
La Testacelle est le seul Pulmoné dont le canal excréteur de
la glande pédieuse soit privé de cils vibratiles ; on se demande
alors par quel moyen le produit de sécrétion est extérioré,
puisque en outre la glande n'est pas englobée dans la masse du
pied dont les fibres musculaires, chez les autres Pulmonés,
peuvent en comprimant la glande provoquer l'extérioration du
mucus. Il ne reste plus, comme cause de l'émission de la sécré-
tion, que les mouvements de l'animal et la vis a tergo ; ce sont
à notre avis les deux seules.
Quant aux éléments glandulaires eux-mêmes, ils sont consti-
tués d'après le type ordinaire; c'est-à-dire qu'ils sont' piri-
formes, avec un réseau hyaloplasmique tenant dans ses mailles
des granulations. Leur noyau est volumineux et possède une
formation nucléinienne bien développée et un nucléole réfrin-
gent. Ce n'est que par leur taille assez minime — 0,03 mm. —
qu'ils s'éloignent des éléments glandulaires typiques.
Puisque la glande est libre dans le cœlome, comment s'opère
le remplacement des cellules glandulaires ? on pourrait croire
que contrairement à ce qui se passe chez les autres Pulmonés,
ce n'est pas au tissu conjonctif qu'est échu le rôle de four-
nir à l'organe de nouveaux éléments glandulaires; cependant
ce remplacement s'effectue d'après le mode ordinaire. On
remarque, en différents endroits, des bandelettes conjonctives
réunissant la glande au plancher de la cavité du corps et ces
bandelettes possèdent des cellules formant le passage entre les
éléments du tissu conjonctif et les cellules glandulaires de la
glande pédieuse.
La glande pédieuse de la Testacelle ne possède pas les parties
accessoires que j'ai appelées « masses supérieures » ; en outre
* Pendant lu période d'aelivite sccrétoire.
RECHERCHES SUR LA GLANDK PÉDIEUSE DES PULMONÉS. 821
les cellules à vacuoles font complètement défaut, ce qui fait sup-
poser que chez cet animal la glande du pied ne joue aucun rôle
dans Texcrétion des produits de désassimilation.
La glande pédieuse est entourée d'une tunique conjonctive
qui n'est continue que dans sa partie postérieure, tandis qu'en
avant elle est nulle, ou à peu pi'ès.
Comme -on le voit, parmi nos Stj'lommatophores indigènes, la
Testacelle forme par sa glande pédieuse (^ainsi du reste que par
toute son organisation) un type complètement à part.
FarmaceUa OUvieri.
Nous n'avons pu nous procurer de Parmacelle, aussi nous
contenterons-nous de citer in extenso la description donnée par
SiMROTH (12): „ Die Sohlentheilung in drei Abschnitte gemâss
beschriinkt sich die Fussdriise auf das Mittelfeld, weit nach
hinten reicliend durch die beiden vorderen Drittel. Ja weiter
nach hinten, um so weniger ist sie zu einem geschlossenen
Schlauche abgerundet, und die dïmne Decke von Quersmuskeln
lasst sich nicht wegnehmen, ohne dass rnan den Ausfûhrgang
uufreisst. Anders vorn. Nach der Miindung zu erhebt sich
die Decke beiderseits in Wiilste, die immer stiirker taschen-
formig sich in die Bauchhohle verwôlben. Die vordersten
flachen Taschen springen selbststàndig heraus, dass sie leicht
besondere Organe vortauschen. Die Absonderung des Schlei-
mes steigert sich also wohl, je nâher der Ort des Bediirfnisses,
d. h. der vordere Fussrand. Der Sekretion entspricht die
Blutzufuhr. Denn die Fussarterie, die, uber den Pedalganglien
nach hinten tretend, eine Strecke weit, etwa ein Drittel, in der
Mittellinie liber dem Drûsengange verlauft, um dann, in zwei
Zweige gegabelt, zu beiden Seiten der Driise einzudringen, gibt
aus ihrem vorderen Stamme erst zwei Paar Aeste ab, welche
zwischen die Blindsilcke des ersten Drilsendrittels sich herab-
senken. "
322 EMILE- ANDRÉ.
Vitrina pelUicida Drap.
PI. XIL fig. 9.
Glande bien développée, assez compacte, occupant les 7, de
la longueur du pied. Masses supérieures réduites.
Le canal excréteur est d'abord à la partie antérieure englobé
dans les cellules glandulaires, puis libre à sa face dorsale, puis
de nouveau enveloppé par la partie glandulaire.
Le sillon et les bourrelets longitudinaux sont bien marqués.
Il n'y a pas de plis au plafond.
La partie inférieure de la glande est parcourue par une im-
portante lacune sanguine qui peut être complètement entourée
de cellules glandulaires ou seulement accolée à la glande.
L'épithélium du plafond du canal contient des cellules à
vacuoles très différenciées. Méats intercellulaires du sillon très
grands(Pl.XII, fig. 9).
Succinea ampMhia Drap.
PI. XIL fig. 3.
Glande pédieuse volumineuse, assez compacte, occupant des
''^ aux ^ , de la longueur du pied. Masses supérieures formant
une couche au-dessus du canal excréteur. Ce dernier, au centre
de la glande, est large avec les bourrelets et le sillon bien
accentués. L'épithélium des côtés est bas. Cellules épithéliales
à vacuoles peu distinctes des autres. Pas de plis.
Artère pédieuse assez éloignée de la glande. Système lacu-
naire peu développé. Une paire de nerfs émanant des ganglions
pédieux court dans le tissu même de la glande.
Dans sa partie an téro -supérieure, la glande est traversée par
un faisceau musculaire provenant du cloaque génital et un peu
plus en arrière par un autre émanant du canal déférent.
RECHERCHES SUR LA GLANDE PÉDIEU8E DES PULiMONÉS. 323
Zonites cellarius Gray.
PI. XII, fig. 8.
La glande est bien développée ; mais tandis que dans sa
portion antérieure de nombreuses lacunes sanguines séparent
les groupes de cellules glandulaires, la partie postérieure est
très compacte.
Le canal excréteur est large ; son sillon et ses bourrelets
longitudinaux sont bien accentués. Leurs cils sont longs.
Les masses supérieures sont volumineuses et forment deux
amas arrondis et symétriques.
Les cellules épithéliales à vacuoles du plafond du canal
sont nombreuses et assez différenciées.
La couche musculaire qui est au-dessus du canal excréteur
est bien développée.
On remarque, chez cette espèce, un seul pli au plafond du
canal, pli qui contient un sinus sanguin.
Hélix rotundata Mûll.
Chez cette petite espèce la glande est proportionnellement
très développée ; elle occupe presque tout le volume du pied
dans la partie postérieure.
Les bourrelets longitudinaux et le sillon médian du canal ont
la disposition et le développement ordinaires.
Les masses supérieures sont volumineuses.
En arrière de la glande et au-dessus d'elle il y a un sinus
sanguin important et bien délimité.
UH. rotundata est une des rares espèces chez lesquelles il y
a du pigment mélangé aux cellules glandulaires de la glande
pédieuse.
Les plis du plafond font défaut.
Rev. Suisse de Zool., T. II. 1894. 22
324 EMILE ANDRÉ.
Hélix ohvoluta Miill.
La glande pédieuse est, à l'inverse de ce qui se remarque
chez les autres espèces, particulièrement développée dans la
partie antérieure. Déjà au niveau des ganglions cérébroides
l'organe n'est formé que du canal excréteur et de quelques rares
cellules glandulaires disséminées dans ses environs.
Les masses supérieures sont volumineuses, compactes et bien
délimitées.
Le canal ne prend la disposition caractéristique, avec bourre-
lets et sillon, que dans la portion postérieure; jusque-là sa
section est elliptique ou ronde.
On remarque quelques cellules glandulaires à vacuoles.
Il n'y a pas de plis au plafond du canal.
Hélix lapicida Lin.
Partie antérieure de la glande peu compacte, réduite à quel-
ques cellules dispersées dans les environs du canal excréteur.
La partie médiane est assez compacte.
Les masses supérieures forment une couche au-dessus du
canal excréteur; leurs éléments sont entremêlés de cellules
glandulaires vacuolées. Ces dernières sont très nombreuses
chez cette espèce.
Le système lacunaire est peu important dans les environs de
la glande.
Le canal est, à la partie antérieure, large et aplati, puis il
prend la conformation ordinaire avec bourrelets et sillon et
présente en outre, à son plafond, des plis bien développés. L'épi-
thélium du plancher, de même que celui du plafond, est très
bas ; les cils en sont très courts.
RECHERCHES SUR )>A (iLANDE l'ÉDIEUSE DES PULMONÉS. 825
Hélix nemoralis Linn.
Glande très compacte et très développée. Sillon longitudinal
profond. Masses supérieures volumineuses, placées entre le
bulbe buccal et les parois du cœlome ; le faisceau des cols de
leurs cellules est parcouru dans plusieurs sens par des bandes
musculaires.
Le plafond du canal est muni de deux plis assez longs.
L'épithélium du canal est partout très bas.
Eelix pomatia Lin.
PI. XIII, fig. 18.
Glande compacte, ayant à peu près les mêmes dimensions sur
toute sa longueur, cependant un peu plus volumineuse en
arrière. Le canal possède des bourrelets longitudinaux et un
sillon profond ; dans sa partie postérieure, il présente des plis
nombreux et de grandes dimensions qui occupent presque tout
le lumen.
Les masses supérieures se présentent sous la forme d'une
couche.
L'épithélium du canal excréteur est bas.
Hélix aspersa Mull.
PI. XII, lig. o.
Glande pédieuse semblable à celle de l'espèce précédente ;
elle présente cependant une particularité unique chez nos Pul-
monés indigènes: les trois plis médians du plafond du canal
excréteur sont revêtus de cils très courts (long. 0,004 mm.)
et très serrés.
326 EMILE ANDRÉ.
Hélix incarnata Mull.
Près de son ouverture la glande est peu importante, tandis
que dans la partie postérieure elle est très volumineuse, les cel-
lules glandulaires étant placées surtout sur les côtés et au-des-
sus du canal.
Les masses supérieures forment une couche épaisse au-des-
sus du canal excréteur.
L'épithélium cilié de ce dernier est bas dans sa moitié anté-
rieure ; il augmente peu à peu de hauteur; ses cils sont très longs
et disposés en touffes.
On remarque, dans la portion antérieure, de nombreux fais-
ceaux musculaires transversaux disposés au-dessus et au-des-
sous de l'organe.
L'artère pédieuse, qui occupe sa place habituelle, est, dans
la région postérieure, complètement enveloppée de tissu glan-
dulaire. Dans cette même région l'épithélium du plafond est en
deux couches et forme des plis nombreux et compliqués.
Les bourrelets longitudinaux sont très atténués ; le sillon
médian est profond.
Hélix sericea Drap.
La glande est volumineuse, peu compacte. Les lacunes san-
guines sont nombreuses dans ses environs. n
Les masses supérieures sont bien développées.
On trouve du pigment dans la lame conjonctive qui entoure
le canal excréteur.
Ce dernier est, dans la partie postérieure, au milieu de la
masse glandulaire particulièrement bien développée dans cette
région ; il présente des bourrelets et un sillon peu accentués et
des plis au plafond.
RECHERCHES SUR LA GLANDE PÉDIEUSE DES PULMONÉS, 327
Hélix Pisana MiiW.
Glande pédieuse très réduite, ne se composant, dans certaines
régions, que du canal excréteur. Il est très étonnant que cet
organe soit si peu développé chez une espèce qui se tient de
préférence sur des Chardons, des Eryngium et autres plantes
rugueuses; il est vrai que 1'^. Pisana est très sédentaire et
reste presque constamment à la même place.
Les masses supérieures forment une couche au-dessus du
canal.
Ce dernier conserve sur la plus grande partie de son parcours
une section elliptique ; dans sa portion postérieure le plancher
forme les bourrelets et le sillon caractéristique et le plafond
porte des plis longitudinaux.
L'artère pédieuse est immédiatement accolée au canal excré-
teur.
Hélix acuta Miill.
PI. XII, lig. 4 et PI. XIII. fig. 1.
Chez cette espèce qui a le même habitat que la précédente, la
glande pédieuse est très développée; les masses supérieures
également ; elles se confondent dans leur partie postérieure avec
les cellules ordinaires de la glande.
Le canal possède les bourrelets et un seul pli peu accentué ;
il est, sauf à l'extrémité antérieure, complètement entouré par
les cellules glandulaires.
Le système lacunaire est bien développé dans les environs
de la glande. Cette dernière occupe à peu près les '/j de la
longueur du pied.
328 EMILE ANDRÉ.
Clausilia plkata Drap.
PI. XIL fig. 6, 7 et 10.
La glande est très déchiquetée en avant; dans la région
postérieure, elle est volumineuse et compacte et finit assez brus-
quement.
Les masses supérieures sont bien développées, piriformes, la
partie renflée flottant dans le cœlome.
Dans la partie postérieure la glande est au fond d'une im-
mense lacune occupant presque tout le pied, lacune qui est
divisée par des sortes de diaphragmes transversaux. En avant
les sinus sanguins sont aussi très importants (voy. PI. XII, fig. 6).
Les bourrelets et le sillon sont bien marqués. L'épithélium
des côtés du canal est très bas ; en arrière au plafond il est
composé de deux strates. Les cils des bourrelets sont très longs.
On observe, dans la région antérieure, quelques cellules glan-
dulaires à vacuole.
BîiUmiis montanus Drap.
La glande est plus volumineuse et plus compacte que chez
l'espèce précédente. Masses supérieures également volumi-
neuses, formant une couche épaisse se prolongeant en s'atté-
nuant en arrière.
Bourrelets et sillon réguliers et bien marqués. Cils courts.
Méats du sillon larges.
Le canal excréteur est entouré de toutes parts par des cel-
lules glandulaires. On trouve des éléments glandulaires va-
cuoles.
Peu de sinus sanguins dans les environs de l'organe.
RECHERCHES SUR LA GLANDE PÉDIEUSE DES PULMONÉS, 329
Zka luhrica Leach.
La portion antérieure de la glande est réduite ; tandis qu'au
milieu et en arrière l'organe est volumineux.
Les masses supérieures sont en couche peu épaisse.
Les bourrelets longitudinaux et les plis du plafond font dé-
faut ; le sillon médian est peu marqué.
Les cils du plancher sont bas, non disposés eu touffes. On ne
trouve pas de cellules vacuolées. Les éléments glandulaires
proprement dits sont entremêlés de granulations de pigment.
Le système lacunaire sanguin est peu important dans les
environs de la glande.
330 EMILE ANDRÉ.
TROISIÈME PARTIE
PHYSIOLOGIE
Le naturaliste qui a découvert la glande pédieuse, Klee-
BERG (1), n'assigne aucune fonction à cet organe; il a seulement
constaté qu'il existait une communication entre le canal de la
glande et le système veineux. Nous aurons plus tard à discuter
cette assertion et à faire part de nos observations et de nos
expériences à ce sujet.
Après Kleeberg, les zoologistes qui s'occupèrent de la
glande du pied, émirent des opinions diverses sur le rôle de
cet organe. LEtDY(3), Sochaczewer (9) l'ont considéré comme
un organe des sens. Sochaczewer précisant, lui attribue une
fonction olfactive. Il a pris les cellules filiformes ciliées des méats
intercellulaires du sillon pour des éléments sensitifs, analogues
aux cellules sensorielles de Flemming qu'on trouve sur les ten-
tacules, avec lesquelles en effet les premières ont une certaine
ressemblance. En outre, il décrit comme filaments nerveux, les
fibres conjonctives qui sont mêlées aux éléments glandulaires.
Hanitsch (19) a repris la manière de voir de Sochaczewer,
il considère certaines cellules ciliées des bourrelets longitudinaux
comme sensitives, mais il n'admet pas la présence de fibrilles
nerveuses en connexion avec ces éléments soi-disant sensoriels.
Il a trouvé, au-dessous des bourrelets longitudinaux, des cellu-
les ganglionnaires qui envoient des prolongements aux cellules
ciliées. Pour nous, nous n'avons jamais découvert d'éléments
ganglionnaires ni de fibres nerveuses au-dessous de l'épithélium
cilié. Il est probable que les cellules ganglionnaires d'HANiTSCH
RECHERCHES SUR LA GLANDE PÉDIEUSE DES PULMONÉ8. 331
sont les cellules rondes qui existent au-dessous de l'épithélium
des bourrelets, mais qui n'ont aucun des caractères des cellules
ganglionnaires (voir page 301 et PL XII, fig. 9, h). Quant
aux fibres nerveuses de Sochaczewer ce sont, de l'avis
d'HANiTSCH et du nôtre, de simples fibrilles conjonctives.
Eu outre, les ganglions cérébroïdes qui sont, comme on le
sait, les centres sensitifs, n'envoient pas de nerfs à la glande
pédieuse ; si ce n'est deux petits filets ' , qui vont dans sa partie
tout à fait antérieure dans la région où l'épitbélium du canal de
la glande ne diffère pas encore de l'épithélium externe du corps.
Ce fait contribue également à infirmer l'opinion qui fait de la
glande du pied un organe des sens.
Les expériences de Moquin-Tandon (4) prouvent aussi que
le siège de l'olfaction ue réside pas dans la glande pédieuse.
Ayant cautérisé fortement chez des Hélix aspersa et Pisana la
partie antérieure de la glande, il constata que, malgré cette opé-
ration, les animaux se dirigeaient vers les matières alimentaires
odorantes comme auparavant. D'autre part, aj^ant coupé les
deux tentacules supérieurs chez des Arions, Moquin-Tandon
s'aperçut que, une fois guéris de leurs blessures, les Arions ne
faisaient aucun mouvement pour se rapprocher de substances
alimentaires, même placées dans leur voisinage presque im-
médiat.
L'opinion attribuant à la glande du pied une fonction senso-
rielle a été combattue également par Siebold, Semper, Hous-
SAY et SzEKELY ; pour ces auteurs la glande pédieuse est un
organe sécrétant une mucosité destinée à lubrifier les corps
rugueux sur lesquels rampent les animaux.
Nos observations et nos expériences nous ont aussi amenés à
considérer la glande pédieuse comme ayant pour principale
fonction la sécrétion du mucus destiné soit à atténuer les rugo-
^ Chez les grosses espèces que nous avons disséquées.
382 EMILE ANDRÉ.
sites du chemin de l'animal, soit à aider la mastication des subs-
tances alimentaires. En effet si l'on observe un de nos Pulmonés
(les Limaces et les Arions sont ceux qui se prêtent le mieux à
cette observation) pendant qu'il rampe, oi> peut voir suinter la
mucosité hors du sillon prébuccal, peu abondamment il est vrai
mais cependant en quantité suffisante pour être distinguée avec
un peu d'attention. Si l'on fait ramper l'animal sur une plaque de
verre, on peut en l'examinant par-dessous faire cette observa-
tion avec plus de facilité.
Le mucus de la glande pédieuse n'entre que pour une part
-dans la lubrification du chemin de l'animal ; c'est aux glandes
mucipares des téguments qu'est dévolu le principal rôle dans
cette fonction. A cause de son faible débit la glande du pied ne
suffirait pas à former ces rubans brillants que les Pulmonés ter-
restres laissent après eux dans les endroits où ils ont passé,
rubans qui sont souvent assez épais et assez consistants pour
être détachés de l'objet auquel ils sont collés. En outre, si l'on
place un escargot quelconque sur une surface sur laquelle il
puisse ramper, on remarque que la trace brillante de mucus ne
commence pas à l'endroit où se trouvait l'ouverture de la
glande du pied, mais à celui où reposait l'extrémité postérieure
de la sole.
Nous croyons que la sécrétion de la glande pédieuse a de plus
la fonction de contribuer, avec le suc salivaire, à faciliter l'action
des pièces buccales dans la trituration des aliments. « Nous
croyons » disons-nous, n'osant pas être plus affirmatifs pour
cela^ parce que l'observation directe dans ce cas est très déli-
cate, le sillon prébuccal étant presque toujours caché par la
feuille, le fruit, etc., que mange l'animal. Cependant, si l'on
arrache brusquement un escargot de son repas, on peut voir que
tout autour de l'endroit rongé il y a du mucus en assez grande
abondance pour qu'il ne puisse être fourni par les glandes sali-
vaires seules.
RECHERCHES SUR LA (GLANDE PÉDIEUSE DES PULMONÉS. 333
Le fait que les Pulmonés aquatiques ne possèdent pas cet or-
gane est aussi en faveur de la manière de voir que nous venons
d'exposer, car il est évident que, sous l'eau, le produit de sécré-
tion de cette glande ne serait d'aucune utilité.
Examinons maintenant comment s'opère l'extérioration du
mucus. Ainsi que nous l'avons vu précédemment, la cellule
glandulaire une fois gonflée de produits sécrétoires s'étire en un
col qui vient s'ouvrir dans le voisinage des méats interceiiulaires
du fond du sillon du canal. Sous l'influence de l'élasticité des
parois des cellules glandulaires, leur contenu s'échappe, passe à
travers les méats et de là dans le canal. Une fois arrivé là, le
mucus doit être porté au dehors. Différents facteurs entrent en
jeu pour cette opération.
C'est premièrement le mouvement des cils vibratiles du plan-
cher du canal. Cette cause agit constamment. Elle n'est pas
sous la dépendance de la volonté de l'animal et son action est
d'une excessive lenteur, en sorte qu'elle ne suffirait pas à Tex-
térioration du mucus dans les moments où il doit être fourni en
plus grande abondance, comme pendant la reptation.
Le mouvement des cils vibratiles est, disons-nous, excessive-
ment lent; pour nous en assurer nous avons fait l'expérience
suivante. On ouvre rapidement un Arion ou une Limace préala-
blement insensibilisé par la vapeur d'éther, on arrache tous les
viscères y compris le système nerveux; puis au moyen d'une
aiguille coupante on enlève sur une petite longueur le plafond
du canal excréteur de la glande pédieuse. Dans cette solution
de continuité du canal^ on introduit une très petite quantité de
pâte formée de carmin finement pulvérisé et d'eau. On porte
alors sur la platine du microscope l'animal qu'on a aupa-
ravant fixé sur une lame de verre et dont on a écarté les parois
du corps. Le microscope doit être muni d'un objectif faible et
d'un micromètre oculaire. On place le canal de la glande du
384 EMILE ANDRÉ.
pied au-dessous de l'échelle du micromètre et on marque à quelle
division correspond l'endroit où se trouvent les particules de
carmin situées le plus en avant. On examine de temps en temps
la préparation (qu'il faut avoir soin de tenir humide); après
deux heures environ — temps au bout duquel le mouvement
vibratoire a cessé — le carmin a avancé d'à peu près trois
millimètres. Cette expérience n'a pas la prétention de donner
d'une manière absolue la vitesse d'action des cils vibratiles;
mais elle montre que cette vitesse est très faible.
Une autre force agissant sur le mucus est la « vis a tergo, »
c'est-à-dire la pression produite par le mucus arrivant
dans le canal (chassé par la contraction des parois élas-
tiques des cellules glandulaires) sur le mucus qui est plus
en avant. Cette force agit à peu près constamment, mais avec
une intensité variable ; elle n'est pas dépendante de la volonté
de ranimai.
En troisième lieu nous trouvons comme agent de Textériora-
tion du mucus ', la compression de la glande toute entière par
les fibres musculaires qui l'entourent plus ou moins complète-
ment; ces muscles sont soumis, cela va sans dire, à l'action du
système nerveux.
Comme nous l'avons vu précédemment, c'est pendant la rep-
tation que l'animal a le plus besoin du produit de sécrétion de
la glande. Nous pensons que les contractions ondulatoires du
pied, amenant la progression de Tanimal, se répercutent sur la
glande pédieuse et son canal ' et occasionnent chez celui-ci des
mouvements en quelque sorte péristaltiques. Ces mouvements
font progresser le produit de la glande vers son orifice externe,
sans que l'animal ait à faire agir spécialement les faisceaux mus-
culaires des environs de la glande.
^ Sauf chez la Testacelle.
^ Sauf chez la Testacelle.
RECHERCHES SUR LA GLANDE PÉDIEUSE DES PULMONÉS. 335
C'est à notre avis cette dernière cause qui est la plus impor-
tante dans le transport au dehors des produite de sécrétion de
la glande pédieuse.
En dernier lieu les mouvements du corps tout entier doivent
produire sur la glande des compressions qui, bien qu'intermit-
tentes et changeant de place, peuvent aussi contribuer à faire
progresser le mucus dans le canal.
Chez les Testacelles qui, comme nous l'avons vu plus haut,
ont la glande pédieuse libre dans la cavité du corps et dépour-
vue de cils vibratiles, c'est cette dernière cause, seule avec la
« vis a tergo » qui peut amener l'extérioration des produits de
l'organe.
Pour se procurer du mucus pur afin d'en étudier les proprié-
tés, on ouvre rapidement un Pulmoné de grande taille anes-
thésié par l'éther, puis on lui enlève tous les viscères. Ensuite
on comprime le pied entre les doigts, en le tirant d'arrière en
avant. On voit alors saillir entre les lèvres du sillon prébuccal
une petite goutte de mucus.
Ce mucus est légèrement jaunâtre ou grisâtre ; il est assez
épais et très filant. Examiné au microscope il présente des gra-
nulations. Ces granulations sont sphériques, incolores et réfrin-
gentes ; elles se colorent vivement par les teintures de carmin
et de cochenille et par l'acide osmique. Les acides et les alcalis
étendus ne les attaquent pas. Elles ne sont pas dissoutes par le
mélange d'alcool et d'éther et ne se colorent que faiblement
par le bleu de quinoléine; elles ne sont donc pas formées de
graisse.
ePai constaté dans l'épiphragm'e membraneux de quelques
Hélix des granulations présentant les mêmes réactions ; peut-
être la glande pédieuse concourt-elle à la formation de cette
membrane.
On trouve en outre quelquefois, dans le mucus, des noyaux de
336 KMILE ANDRÉ.
cellules glandulaires et des filaments provenant probablement
du réseau liyaloplasmique de ces dernières.
Le mucus pédieux est coagulable instantanément par le su-
blimé et l'alcool. Les acides ne le coagulent pas; la chaleur non
plus, probablement à cause de la grande quantité de mucine
qu'il contient; on le sait, la mucine n'est pas coagulée par la
chaleur. Sec il est transparent, assez résistant et élastique.
Il contient de la chaux à l'état de carbonate et de phosphate
ne se décelant qu'à l'analyse, étant en particules trop tenues
pour être aperçues aux plus forts grossissements du micros-
cope.
Le produit de sécrétion de la glande pédieuse présente au
papier de tournesol une réaction alcaline plus ou moins pronon-
cée, jamais acide ni même neutre '.
Certains auteurs ont émis l'idée que la glande pédieuse pour-
rait peut-être, concurremment avec le rein, fonctionner comme
organe d'excrétion. Ceci nous a engagé à nous enquérir par
l'analyse chimique si cette glande contenait des produits de
désassimilation.
Nous nous sommes adressés pour ces essais aux Limaces et
aux Arions dont la glande pédieuse est volumineuse et facile-
ment isolable.
En premier lieu nous avons recherché l'acide urique et les
urates, en nous servant pour cela de la méthode que Griffiths
(14) a employée pour les analyses d'organe de Bojanus d'Ano-
donte ; nous opérions sur une quinzaine de glandes. Les résul-
tats de ces expériences ont été complètement négatifs.
Nous avons également recherché dans des glandes pédieuses
' On sait que certains Gastéropodes terrestres ,ont le pouvoir de perforer
plus ou moins profondément les roches calcaires. On ne saurait attribuer dans
cet acte de rôle à la sécrétion de la glande du pied, puisqu'elle n'est jamais
acide.
RECHERCHEE SIR LA (iLANDE l'ÉDIEl'SE DES PULMONÉS. 337
des leucomaïnes xanthiques et créatiniques; mais les réactions
sont si délicates et si sujettes à caution que nous ne prendrons
pas en considération les résultats obtenus.
Pendant que nous faisions ces recherches, M. le prof. Cuénot
de Nancy étudiait également l'excrétion chez les Pulmonés, mais
par la méthode des injections physiologiques. Ce savant nous
apprend que chez les Limaces et les Arions, les cellules épithé-
liales du plafond du canal de la glande pédieuse ont pour mis-
sion d'excréter certaines substances. Nous n'allongeions pas
et nous renverrons le lecteur au beau travail de M. Cuénot
(21 et 22).
Abordons maintenant une autre question. Le canal de la
glande pédieuse est-il en communication directe avec la cavité
du corps ou, si l'on veut, avec le système lacunaire? Klee-
BERG (1) sans avoir fait des recherches dirigées dans ce sens se
prononce pour l'affirmative. Garnault (16) qui a étudié la
glande pédieuse chez le Gydostoma elegans, professe à cet égard
la même opinion ; c'est par l'examen des coupes en séries qu'il est
arrivé à cette conclusion, car selon lui les injections ne suffisent
pas pour ce genre de recherches.
Nous n'avons pas étudié la glande pédieuse du Cydostoma.
aussi n'oserons-nous pas contredire M. Garnault pour ce qui
concerne cet animal. Par contre, pour les Pulmonés, nous esti-
mons que c'est la méthode des injections, pratiquée avec tous
les soins désirables qui est la seule vraiment digne de confiance
dans ce cas. Les objets destinés à être débités en coupes
doivent passer par tellement de réactifs contractant, durcissant,
en un mot déformant les tissus que des vides existant entre les
éléments peuvent parfaitement disparaître ou que, d'autre part,
il peut s'en former d'artificiels.
Pour résoudre cette question, de savoir si le système lacu-
naire peut communiquer avec le canal de la glande pédieuse,
nous nous sommes donc adressé aux injections.
338 EMILE ANDRÉ.
Nous avons employé une masse à froid, seule convenable pour
des tissus aussi délicats, dont voici la préparation. On choi-
sit des morceaux de gomme arabique bien transparents et
exempts de débris étrangers, on les broie et on en fait avec
de l'eau une solution sirupeuse pas trop épaisse. On mélange
intimement à cette dernière du carmin finement pulvérisé.
Cette masse, facile à préparer, est d'un emploi très commode.
Si l'on veut la conserver quelque temps il est bon, pour qu'elle
ne se recouvre pas de moisissures, d'y ajouter un antiseptique
approprié ; dans ce cas elle ne pourra pas être utilisée sur des
animaux vivants.
Pour pousser l'injection nous nous sommes servis, quand il
s'agissait d'injecter les lacunes du pied, de la seringue de Pra-
vaz et, lorsque nous injections le canal excréteur par son ouver-
ture, d'un tube de verre effilé à Fun des bouts ' et muni à l'autre
d'un tuyau de caoutchouc qu'on introduit dans la bouche pour
utiliser la pression de l'air contenu dans les poumons. Cette
dernière méthode est très commode : elle laisse une main libre
et permet de régler à volonté la pression selon les besoins de la
cause.
Nous avons pratiqué des injections sur des animaux vivants '
(Arion, LiniaxJ et sur des individus tués à la vapeur d'éther
(Arion, Limax, Hélix). Dans les deux cas les résultats ont été
les mêmes.
L'animal injecté est rapidement ouvert d'un coup de ciseaux
sur le dos, puis jeté dans l'alcool absolu qui le fixe presque
instantanément et qui coagule la gomme de la masse. Une fois
que le pied est suffisamment durci on l'enrobe dans la moelle
' Les arêtes des bords de l'ouverture doivent avoir été arrondies par une
légère fusion pour ne pas créer des fausses routes dans les tissus en les per-
çant.
' On ne peut pas dans ce cas se servir de Mollusques à coquille, parce qu'ils
se retirent tout au fond de leur test en rendant ainsi impossible l'introduction
de la canule.
RECHERCHES SUR LA GLANDE PÉDIEUSE DES PULMONÉS. 339
de sureau et on le débite en coupes dans le microtome de Ran-
yiER.
Maintenant que le procédé opératoire est connu, donnons les
résultats des injections de la glande pédieuse, faites soit de l'in-
térieur soit de l'extérieur.
Dans le premier cas on injecte donc la masse au carmin avec
une seringue de Pravaz dans les lacunes du pied, en piquant ce
dernier avec la canule. Sur des coupes transversales du pied
(PI. XIII, fig. 18) ainsi traité, on remarque que la glande pé-
dieuse se détache en blanc sur le reste du pied qui est presque
entièrement rouge. Le carmin n'a pas pénétré entre les cellules
glandulaires et en aucun cas dans le lumen du canal excréteur.
Quand dans la masse glandulaire de l'organe se trouvent des
sinus sanguins, comme cela arrive fréquemment, il est évident
que la masse d'injection les remplit, mais elle ne s'introduit
jamais entre les éléments qui les limitent. Ces résultats ont été
constants, quelle qu'ait été l'espèce étudiée ; le fait que l'indi-
vidu soit mort ou vivant n'importe pas non plus.
Ces expériences nous montrent qu'en aucune façon le système
sanguin ne peut être en communication directe avec l'extérieur
par l'intermédiaire de la glande pédieuse.
D'autre part, si l'on injecte le canal excréteur de la glande
par son ouverture, on peut faire les observations suivantes. Chez
les Arions et les Limaces, lorsqu'on a ouvert le corps et qu'on
a enlevé ses viscères, on remarque sur le milieu de la face
supérieure (ou interne) du pied une bande rouge à contours
parfaitement délimités (PI. XIII, fig. 16); c'est le canal excré-
teur rempli de la masse au carmin, mais qui n'en a pas laissé
passer dans les autres parties du pied. Cependant si l'on exa-
mine des coupes transversales de ce pied, on remarque qu'en
quelques endroits du fond du sillon longitudinal quelques parti-
cules de carmin ont traversé les méats intercellulaires et se sont
introduites dans la portion glandulaire de l'organe. Ces parcel-
Rev. Suisse de Zool., T. IL 1894. 23
340 EMILE ANDRÉ.
les colorées sont très peu abondantes et sont toutes restées dans
les environs immédiats du canal excréteur, sans jamais traver-
ser la glande dans tout son diamètre pour aller jusque dans les
lacunes qui l'entourent.
Ce résultat était à prévoir étant donné le fait que les cellules
épitliéliales du fond du sillon longitudinal laissent entre elles de
petits intervalles.
Ainsi donc le sang ne peut sortir par le canal de la glande
du pied, mais un liquide qu'on y pousse sous une certaine pres-
sion, peut traverser les méats intercellulaires de son plancher.
Comme on le sait, si l'on immerge complètement dans l'eau un
Pulmoné terrestre, au bout d'un certain temps son corps se met
h se gonfler en s'imbibant petit à petit du liquide ambiant ; fina-
lement l'animal meurt dans un état de distension extrême pro-
duit par la quantité considérable d'eau qu'il a absorbée. En
considérant les résultats de cette seconde série d'injections on
pourrait se demander si la glande pédieuse n'est pas l'organe
par lequel s'eifectue l'entrée de l'eau. Pour nous éclairer à ce
sujet nous avons institué quelques expériences.
Nous avons immergé diiïérentes espèces de Pulmonés dans de
l'eau tenant en suspension une forte proportion de carmin fine-
ment pulvérisé ou d'encre de Chine. Comme dans l'eau pure, le
corps se gonfle et la mort arrive au bout d'un à deux jours. Les
animaux morts de cette façon étaient disséqués ou fixés, durcis
et débités en coupes. Si le canal de la glande était le lieu d'in-
troduction de l'eau dans le corps, on devrait trouver des par-
celles de matière colorante dans les méats intercellulaires ou
tout au moins dans le canal lui-même ; c'est ce qui n'a jamais
eu lieu.
Cela nous prouve que non seulement l'eau n'entre pas dans
le corps par cet organe, mais aussi que, lorsqu'on immerge un
Pulmoné terrestre dans l'eau, le liquide ambiant ne pénètre pas
même dans le canal de la glande.
RECHERCHES SUR LA (iLANDE l'ÉDIKUSE UKS PULMONÉS. 341
Avant de clore la partie physiologique de notre travail, po-
sons-nous une dernière question. On sait que, lorsque les escar-
gots sont attaqués ou lorsqu'ils se croient en danger, ils se
retirent au fond de leur coquille en sécrétant un mucus abon-
dant. Ce mucus est pour eux un moyen de défense, soit en éloi-
gnant l'ennemi, soit en atténuant la gravité de la blessure que
ce dernier pourrait faire à l'habitant de la coquille. Sont-ce les
glandes téguraentaires qui fournissent cette mucosité, ou la
glande pédieuse, ou bien les deux à la fois? Nous avons constaté
que l'animal en se rétractant recourbe sa glande pédieuse de
façon à ce que son orifice de sortie devienne interne. Dans cette
position la glande pédieuse ne peut extériorer son mucus. Du
reste la production de ce dernier est si peu abondante qu'elle ne
pourrait être utilisée comme moyen de défense.
On se rend très bien compte de la disposition que prend la
glande pédieuse chez un animal contracté, si l'on fait une série
de coupes d'un individu dans cet état. On remarque alors que
la glande est recourbée en haut, en sorte que le plafond de la
partie recourbée est accolé à celui de la partie restée dans sa
position normale. Nous avons représenté (PI. XII, fig. 8) une
coupe de Zonite contracté.
342 EMILE AXDRÉ.
QUATRIÈME PARTIE
EMBRYOGENIE
Le développement de la glande pédieuse n'a pas été jusqu'à
présent étudié spécialement. Fol (8) et Brock (15) nous ap-
prennent incidemment que le canal excréteur est une invagina-
tion de l'ectoderme.
Nous avons repris le sujet en nous adressant à des embryons
d'Arion empirkorum. Il est permis de croire que le processus
de la formation de la glande du pied est grosso modo le même
chez tous les Stylommatophores ' et que ce qui sera dit pour
YArion empiricorum peut s'appliquer à tous ses congénères.
Chez cette espèce le temps qui s'écoule entre la ponte de
l'œuf et son éclosion est d'environ 35 jours.
Déjà vers le quinzième jour après la ponte, l'ectoderme qui à
cette époque ne porte encore nulle part des cils, se creuse à la
partie antérieure du pied en une fossette. Cette dernière devient
de plus en plus profonde et s'enfonce dans le mésoderme du
pied. C'est cette invagination de l'ectoderme dans le mésoderme
qui deviendra le canal excréteur de la glande pédieuse.
Ce canal occupe, vers le dix-neuvième jour, à peu près la moi-
tié de la longueur du pied et est formé d'une couche de cellules
aplaties, toutes semblables entre elles et semblables à celles de
l'épithéiium externe. L'invagination ectodermique continue à
s'enfoncer dans le pied; en même temps les cellules qui la com-
posent augmentent de hauteur, surtout au plancher et au pla-
' Sauf chez la Testacelle.
RECHERCHES SUR L\ (JLANDE PÉDIEUSE DES PULMONÉS. 343
fond. A cette époque les éléments mésodermiques du pied se
multiplient dans les environs du canal excréteur.
Dans les environs du vingt-troisième jour (PL XIII, fig. 13),
cet organe occupe les 7» de la longueur du pied ; le plancher
présente l'ébauche des bourrelets longitudinaux et du sillon. A
ce moment on remarque dans la masse d'éléments mésodermi-
ques plus serrés qui se trouvent autour du canal excréteur,
quelques cellules (PI. XIII, fig. 13) d'une taille un peu plus con-
sidérable que les autres et dont le noyau est également plus vo-
lumineux. A mesure que l'embryon avance en âge, ces cellules
deviennent plus nombreuses et diffèrent de plus en plus des cel-
lules conjonctives du pied : elles augmentent de volume, pren-
nent un réseau hyaloplasmique très visible et forment dans leur
corps cellulaire des granulations ; en un mot elles prennent tous
les caractères des cellules glandulaires de l'adulte^ en conser-
vant toutefois des dimensions beaucoup plus minimes. Vers le
vingt-huitième jour on rencontre déjà des éléments glandulaires
parfaitement caractérisés. La formation de ces éléments com-
mence à la partie antérieure et se propage petit à petit en ar-
rière.
De son côté le canal se rapproche peu à peu de sa forme défi-
nitive. Le sillon et les bourrelets longitudinaux s'accentuent; le
vingt-cinquième jour ils sont dans la partie antérieure complè-
tement formés. A cette époque naissent les cils vibratiles du
plancher; leur formation commence antérieurement et s'étend
petit à petit en arrière. C'est également dans cet ordre que nais-
sent les différentes parties qui doivent constituer l'organe
adulte. C'est ainsi que dès le vingt-huitième jour les méats inter-
cellulaires du fond du sillon commencent à se former dans la
région antérieure.
L'ébauche de la glande pédieuse est primitivement au milieu
de la masse du pied ; dans le cours de son développement elle se
rapproche graduellement de la face supérieure du pied et au
23*
344 EMILE ANDRÉ.
moment de la naissance elle est déjà directement accolée à cette
face.
Environ cinq jours avant l'éclosion (soit le trentième jour) la
glande pédieuse a déjà atteint la conformation qu'elle doit tou-
jours garder; les éléments qui la composent sont cependant
de dimensions beaucoup moindres que chez l'adulte. A ce mo-
ment l'organe peut déjà fonctionner, car on trouve quelque temps
avant l'éclosion des granulations de cellules glandulaires dans le
lumen du canal excréteur.
RECHERCHES SUR LA GLANDE PÉDIEUSE DES l'ULMONÉS. 345
KÉSUMÉ
La glande pédieuse est formée d'une masse d'éléments glan-
dulaires s'ouvrant dans un canal commun qui débouche dans le
sillon prébuccal.
A la partie antéro-supérieure se trouvent des amas glandu-
laires que nous avons appelés « masses supérieures. »
Le canal possède quelquefois des plis pendant de son plafond
dans le lumen.
Le plancher du canal est cilié et possède des méats inter-
cellulaires; le plafond non cilié, contient des cellules épithé-
liales à vacuoles.
La portion glandulaire est formée de trois sortes d'éléments :
1° Cellules ordinaires;
2'' Cellules des masses supérieures;
3° Cellules glandulaires vacuolées.
Les premières proviennent des cellules conjonctives, elles
forment à leur intérieur des produits sécrétoires, les expulsent
par leurs cols dans les méats intercellulaires et de là dans le
canal. Après cette excrétion la cellule passe par une période de
repos, puis élabore de nouveau des produits sécrétoires, les éli-
mine et ainsi de suite un certain nombre de fois. Puis l'élément
meurt et est expulsé par le canal.
Les cellules des masses supérieures diffèrent par plusieurs
points des cellules ordinaires.
Les cellules vacuolées sont peu nombreuses et disséminées.
La glande pédieuse de la Testacelle diffère beaucoup de celles
des autres types étudiés : elle flotte dans le cœlome, ne possède
346 EMILE ANDRÉ.
pas les masses supérieures. Canal non cilié, sans bourrelets, ni
sillon longitudinal.
La glande pédieuse n'est pas un organe des sens.
Elle a pour fonction de sécréter un mucus lubrifiant sur le
chemin que doit parcourir l'animal et peut-être aidant la tritu-
ration des matières alimentaires.
Les causes d'extérioration du mucus sont :
Le mouvement vibratile du plancher du canal,
La « vis a ter go ^ »
La compression de la glande par les faisceaux musculaires
qui se trouvent dans son voisinage.
Les contractions ondulatoires du pied pendant la progression,
Les mouvements du corps tout entier.
Le mucus a une réaction alcaline.
La glande pédieuse n'excrète ni l'acide urique, ni les urates.
Certaines de ses parties jouent cependant un rôle dans l'excré-
tion. (CUÉNOT.)
Le sang ne peut sortir par la glande pédieuse; mais un
liquide poussé de l'extérieur peut traverser les méats intercel-
lulaires.
Lors de la mort par submersion des Pulmonés, l'eau n'entre
pas dans le corps par la glande pédieuse, elle ne pénètre pas
même dans le canal de sortie.
Le mucus de la glande pédieuse ne peut servir à la défense.
Le canal est d'origine ectodermique, la portion glandulaire
d'origine mésodermique.
RECHERCHES SUR LA GLANDE PÉDIEUSE DES PULMONÉS. 347
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DIE TIERWELT
JUR^SEEN
VON
F. ZSCHOKKE
in Basel.
Hierzu Tafel XIV.
Jules de Guerne uncl J. Richard liabeii vor kurzer Zeit
eine Notiz îiber die pelagische Fauna der Seen des franzo-
sischen Juras verôffentlicht (14). Ihr Material stammt aus
nicht weniger als 2 1 grôsseren und kleineren Wasserbecken
der Départements des Ain, Doubs und Jura; es wurde zu
deu verschiedensten Jalireszeiten gesammelt, so dass die
gewonnenen faunistischen Resultate recht woM Anspruch auf
Vollstândigkeit und allgemeine Giiltigkeit erlieben kôimen.
Das Limnoplankton der stehenden Gewâsser des franzô-
sischen Jurazugs wûrde sich nacb den angedeuteten Beobach-
tungen aus 26 Tierformen — zwei Protozoen, sechs Rotiferen,
zehn Cladoceren und acM Copepoden — zusammensetzen,
Als neu fiir die franzôsische Fauna bezeicbnen de Guerne
und Richard Bythotrephes longimanus Leyd., aus dem See
von Saint-Point. Daphnia Jardinei Baird (var. apicata Kurz)
fand sicb nur einmal im See von Malpas (Doubs). Endlich
beberbergt das Wasserbecken von Saint-Point die ftir Frank-
Rev. Suisse de Zool., T. IL 1894. 24
350 F. ZSCHOKKE.
reicli neue Form Ileterocope saliens Lillj. Die Calanideii siiid
ausserdem noch vertreteii diircli fiinf Arten des Genus Diaj)-
fotnus, von deiien spezielle Erwiilmuiig verdieiieii D. âenfi-
cornis Wier]. (See von Chalain) und der von niehreren Fund-
orten erwiilinte D. lacmiafus Lillj. Die iibrigen Formen sind
weitverbreitete pelagische Siisswassertiere, die auch im Jura
ziemlicli allgemein vorzukomnien sclieinen.
Der freischwimmenden Tierwelt der in Frage stelienden
Région sind endlich Ceratium longicorne Perty und ein unbe-
stimmtes Binobryon beizufligen. Die Angaben der franzo-
sischen Forscher verdienen Beachtung als Beitrag zur
Kenutniss der Faima einer geologisch, geogràphisch und
topographisch eigentiimlichen und relativ abgeschlossenen
Gebirgsgegend. Der Gedanke lag nahe den Beobachtungen
auf franzôsiscliem Juragebiet solche auf scbweizerischem
Boden beizufligen, uni so die allgemeinen Resultate zu erwei-
tern und um vielleicbt auch Vergleiche zu zielien.
In Betracbt kommen die beiden Juraseen, Lac de Joux und
Lac des Brenets.
Der Lac de Joux liegt in einem Hochtbal des waadtlander
Juras. Seine Hôhenlage liber dem Meer betragt 1009 Meter,
seine Oberflâche 9,3 Quadratkilometer, seine Maximaltiefe
25 Meter. Von den durcb de Guerne und Richard unter-
sucliten Seen von Remoray und Saint-Point im Département du
Doubs ist der Jouxsee in gerader Linie gemessen hôchstens
14 Kilometer entfernt. Mit dem See von Saint-Point teilt
er allgemeine Lage, Gestalt^ Meereshôhe und Tiefe. (Ober-
flâche des Sees von Saint-Point 398 Hektaren, Tiefe 40,3 Me-
ter, Hôhenlage 848,95 Meter). Ailes liess auf eine âhnliche
Tierbevôlkeruug mit einer gewissen Wahrscheinlichkeit schlies-
sen.
Ueber die pelagische Tierwelt des Lac de Joux giebt uns
zuerst IiNfflOF (19) einige Auskunft. Er verzeichnet aus ihm
DIE TIERWELT DER JURASEEN. 351
vom 7. Oktober 1883 Asplanchna helvetica Imh., Leptodora
hyalina Lillj._, und deii iiuii auch von Saint-Point bekannteu
BytJiotrephes longimanus Leyd.
Am 13. Mai 1894 fischte icli pelagiscli im Jouxsee bei
bedecktem Himmel und bewegtem AVasser. Der See war
seit vier Woclien eisfrei, die Wassertemperatur betrug 8»^ C
Das Résultat fiel trotz ungiinstiger âusserer Urastânde be-
triedigend aus. Es wurden erbeutet :
Pkotozoen : Ceratium hirundineUa O.-F. Mûll.
RoTATORiEN : Amirea cochlearis Gosse.
Anurea aculeata Ehrbg.
Notholca longispina Kellicott.
Asplanchna helvetica Imli.
Conochihis volvox Ehrbg.
Cladoceren : Daphnia caudata Sars.
Sida crystallina O.-Fr. Miill.
Bosmina longirostris O.-Fr. Miill,
Bosmina longicornis Scliodl.
Chydorus latus Sars.
CoPEPODEN : Cyclops Leiwkarti Claus.
Biaptomus graciUs Sars.
DiPTEREN : Chironomus spec.
Die von Lvihof festgestellten Leptodora und Bythotreplies
konnte ich nicht finden, wahrscheinlich weil ungûnstige Witte-
rung micli hinderte Nacbts zu fischen. Beide zeitlich weit
auseinanderliegende Beobachtungen ergeben ftir den' Lac de
Joux die vorlâufige recht stattlicbe Liste von 16 pelagischen
Arten. Davon gebôren aclit gieiclizeitig auch den sorg-
fâltig untersuchten Seen des franzôsischen Juras an, wàhrend
^ Nach F. -A. Forel {Archives des sciences physiques et naturelles, t. XXVII,
1892) ist das miltlere Datuin fiir das Zufriereii des Jouxsees der 1. Januar,
dasjenige ftir das Aullrieren der 5. April.
352 F. ZSCHOKKE.
die acht anderen zur speziellen Fauna des Lac de Joux zii
zâhlen sind und derselben ein gewisses selbstândiges Geprâge
verleilien. Es wâren dièse letzteren: Cerat'mm hmindinella,
Anurea aculeata, Asplanchna Jielvetica, Daplmia caudata, Lep-
todora hyalina, Bosmina longicornis, Ghjdorus latiis, Chirono-
miis spec. Einige dieser Arteii sind jedoch in den Seen des
franzôsischen Juras durcli nâclist verwandte Formen vertreten.
Ftir die franzôsischen Seen bleiben gegeniiber dem Bergsee
der Schweiz 18 typische Arten.
Zur Vergleichung der Fauna der einzelnen Wasserbecken
liegt das nôtbige Material nicht vor. Immerhin sclieint der
Lac de Joux schon von dem nâchstgelegenen und vielfach
âbnlicben Lac de Saint-Point faunistisch nicht unerheblich
abzmveichen. Teilt er mit demselben Bytliothreplies longi-
maniis so entbehrt er dagegen die dort vorhandenen Biap-
tomus laciniaUis und Heierocope sdiens.
Am 13. Mai war die Hauptmasse des Limnoplankton flir
den Jouxsee zusammengesetzt aus Biaptomus graciUs, er
machte allein 90 — 95 "/„ der gesammten, sehr reichlichen
Menge schwimmender Organismen aus. Einigermassen stârker
vertreten waren nur noch Sida crystalUna und Daphnia cau-
data^ beide in iebhofter Sommereibildung begriffen.
Das starke Ueberwiegen von Biaptomus mag sich zum Teil
dadurch erklâren, dass ich bei Tageslicht, Morgens neun Uhr,
fischte, und zu jener Zeit die gutschwimmenden Cladoceren
wahrscheinlich schon wieder die tieferen Wasserschichten
aufgesucht hatten. Erst jiingst hat Fraxcé (10) darauf hin-
gewiesen, dass im Plattensee die Copepoden Xachts spâter
an der Oberflache erscheinen als die Cladoceren, um dort aber
auch nach Sonnenaufgang auszuharren. Biaptomus, so beleh-
ren mich meine Beobachtungen am Liinersee im Rhâtikon,
bleibt iibrigens auch bei hellstem Somienlicht an der von allen
iibrigen Planktontieren verlassenen Oberflache. Allerdings
ist er dann weniger zahh'eich als Nachts.
DIE TIERWELT DEK JURASEEN. 353
Es scheiiit ausserdem aber D. graciUs im Lac de Joux in
der ersteii Hiilfte des Moiiats Mai seine Hauptentwicklungs-
periode erreicht zu liaben. Die Zabi reifer Mânnchen und
Weibcben war eine sebr bedeutende. Einige Tatsachen ver-
dienen vielleicbt noch besondere Erwâhnung. Die dem Cera-
tium hirimdmella zugeschriebenen Flagellaten bewegten sich
im Jouxsee nach Kôrpergestalt zwiscben den Varietâten
C. macroceros Perty und C. reticulahmi Imhof.
Chydonis lotus lebt in dem waadtlândischen Jurasee limne-
tisch, er ist mir in derselben Eigenscbaft aus Alpengewâssern
wol bekannt. De Guerne und Richard filhren seinen naben
Verwandten Gli. sphœrktis sowie Alona affinis als pelagiscb
auf(14). Zacharias (26) berichtet ebenfalls von Chydorus
sphœrims^ dem sonst typischen TJferbewobner, als numerisch
ansehnlichem Bestandteil des Limnoplankton. Durcb die
bekannten Untersuchungen von Forel (11) undDuPLESSiS (7)
sind wir mit der Tiefenfauna des Jouxsees, wenn dieser Aus-
druck fur das relativ flacbe Wasserbecken gereclitfertigt ist,
nâher bekannt geworden. Aus den angedeuteten Beobach-
tungen lâsst sicb folgende Liste der Grundbewohner unseres
Sees zusammenstellen :
Spongilla lacustris Lieberkïibn.
Hydra rubra Lewes.
Fredericella sultana Gervais.
Paludicella articulata Ebrenberg.
CristateUa mucedo Cuvier.
Alcyonella fungosa Pallas (nur littoral).
Plumatella repens L. (nur littoral).
Plumatella spec. (2 Arten, littoral).
Lopliopus spec. (littoral).
Cyclas spec.
Plsidmm spec.
Bythinia tentaculata Linné.
354 F. ZSCHOKKE.
Limnesia histrionica Bruz.
Nesaea luteola Koch.
Eurycercus lamellatus O.-F. Millier.
Lynceus striatus Scli()dler.
L. macrurus Fischer.
Cyclops viridis Jurine (= C. brevicornis Clans. ).
Mesostoma productum Leuckart.
Mesostoma lingua 0. Schmidt.
Typhloplana viridata Ehrenberg.
Monotus lacustris Zach.
Dorylaimus stagnalis Duj .
Gordiiis aquaticm L.
BytJionomus Lemani Grube.
Tubifex spec.
Clepsine spec.
Von allen diesen Tierformen ist wol keine einzige auf die
Tiefe beschrânkt. Sie finden sich, zum Teil weitverbreitet,
als littorale Bewolmer der siissen Gewâsser wieder. Selbst
die frtiher als Tiefseetiere angesprochenen Monotus lacustris
und Bytliononius Lemani sind wiederholt, z. B. in den Seen
des Rhâtikon, in der Uferzone nachgewiesen worden. Einige
Arten allerdings haben in der Tiefe des Lac de Joux Gestalts-
veranderungen erlitten und konnten etwa als tiefwohnende
Varietaten littoraler Formen aufgefasst werden. So bildet
SpongiUa lacustris, im (legensatz zii den die Ufer krustenartig
iiberziehenden Verwandten, kugelige Kolonien von Haselnuss-
grôsse, die schchi rotli gefarbt sind. Sie sitzen in Gesell-
schaft von Hydra ruhra auf Paludicella fest. Auch andere
Tierformen der Tiefe — Bythinia, Mesostomeen — weichen
durch Gestalt, Grosse, Fârbung von den Artgenossen des Ufers
etwas ab. Was aber der Fauna des Jouxsees den eigen-
tiimlichsten Stempel aufdiiickt ist ilir grosser Reiclitum an
i
DIE TIERWKLT DEK JURASEEN. 355
Bryozoen. Duplessis steht iiiclit an, das liochgelegene Wasser-
beckeii des Juras als reichsten schweizerischen Fundort fiir
Moostiercheii zu bezeichnen. Fredericella wuchert dort in
gewaltigen Masseii, Paludicella ist filr die Schweiz nur ans
dem Lac de Joux bekannt. Sie findet sicli in schoiisten Kolo-
nien in der grôssten Seetiefe. Ihre iibrige Verbreitung weist
sie mehr nach dem Norden Europas. Auch die frei bewegliche
Cristafella wurde fur die Schweiz zuerst im Jouxsee nacli-
gewiesen. Alcijonellen und Plumatellen steigen nicht in grôs-
sere Tiefen, gedeihen dagegen iippig in der littoralen Seezone.
Wahrend die Fredericellen und Plumatellen des Ufers krie-
chende Kolonien bilden, erheben sich diejenigen der Tiefe zu
frei verâstelten Stocken in das Wasser.
Die littorale Tierwelt des Lac de Joux kann icli nach eigenen
Beobachtungen um einige Glieder vermehren. Unter den
Steinen fanden sich GlossipJionia sexoculata Bergmann und
junge P'iXemplare von Nephelis atomaria Caréna, deren Bestim-
mung giitigst Herr Prof. R. Blanchard in Paris besorgte.
Eine Epheraeridenlarve stimmt bis in aile Einzelheiten mit
dem Blastums spec, den Eaton auf Seite 100 und Tafel 33
seines grossen Werkes zeiclmet und beschreibt (8). Das Tier
war bis jetztnur aus Nordamerika und vielleicht Skandinavien
bekannt.
Einige Mollusken, die ich am Ufer des Lac de Joux sam-
melte, weisen nach nordischen und alpinen Zonen und nach
derselben Richtung deuten entschieden auch die von Heer (16)
aus dem See angefiihrten Wasserkâfer. Letztere sind : Hijdro-
poriis depressus var. pcdlidus Heer, H. castaneus Heer, H.
confluens F. und H. planus F.
Von Mollusken ' kenne ich das weitverbreitete Sphœrmm
1 J. DE Charpentier fiihrt aus deiu Lac île Joux an: Limuaeus fruyilis L.,
L. acvonicus Stud., Valvata obtusa Pfeiff., F. sra/an's Charp., Cyclos nuelens
Stnil., C. tacuslris Drap., Pisidium obliquum Pfeilf. {Neue Denlisrhriften,
B(l. 1, 1837).
356 F. ZSCHOKKE.
corneumL., ferner Limnus stagnalis L., var. angulosa Clessiu,
einen gemeinen Bewohner kalkreicher Gewâsser, und Gulnaria
auricularia L., var. contracta Kobelt, die in den sûdbayerisclien
Voralpeuseen zu Hause ist (4). Dazu ftigen sicli der gewôhn-
liche Tropodiscus marginatus Draparnaud, und die Schnecke
grosserer Alpenseen Cincinna alpestris Blauner. Bytliima ist
vertret*^.n durch die nordische Form B. ventricosa Gray.
Damit dûrften vorlaufig unsere Kenntnisse liber die tieri-
schen Bewohner des eigentiimlichen, isolirten, eines oberir-
discben Ausfluss entbebrenden Hochsees des Schweizer Juras
erschôpft sein. Sie geniigen um dem Gewâsser auch zoologisch
eine gewisse Sonderstellung auzuweisen und besonders um
den Wunsch nach grûndlicher faunistiscber und biologiscber
Durchforschung des Lac de Joux entstehen zu lassen.
An der Grenze des Kantons Neuenburg gegen Frankreicli,
unweit Locle, bildet der Doubs den schmalen, langgezogenen
und vielfach gebogenen Lac des Brenets. Das Wasserbecken
ist in seinem oberen Teile von allmâhlig ansteigenden Wiesen
begrenzt; der untere grôssere Abschnitt wird dagegen von
steilen, oft direckt in den See abstiirzendeu Felsen umgeben.
Lassen schon die steilen Felsenufer eine reichentwickelte
Littoralfauna kaum erwarten, so wird die Uferzone noch
weniger bewohnbar gemacht durch die starken und sich rasch
folgenden Niveauschwankungen, denen der See unterworfen
ist, und denen wenig bewegliche oder sessile Littoraltiere
nicht zu folgen vermugen. Im Sommer 1893 auf weite
Strecken ausgetrocknet, stand der See dagegen bei unserem
Besuch, 17. Juni 1894, sehr hoch und iiberschwemmte weit-
hin die flacheren Uferstellen \ Ein Moment, das besonders
ungunstig auf die Entwicklung der iimnetischen Fauna ein-
' Im Wiiiler 1890-91 saiik der Seespiegel zehn Meter unter deu normalen
Stand. (F. -A. FoRKL, Avchivex des sciences physiques et naturelles, t. XXVII,
189-2i.
DIE TlERWEI/r J)ER JURASEEN. 357
wirken muss, ist die Tatsache, dass die Stnimuiig im Lac des
Brenets, besoiiders in seiiien unteren Abschnitteii, relativ stark
ist. Nach Niveauverânderungen und Strumuiigsverhaltiiisseii
wlirde das Wasserbecken eigeiitlich fast deii Nameii eiiies
langsam fliesseiideii Stromes, oder eiiier blossen seeartigeii
Erweiterung des Doubs verdienen; die weite Ausdehiiung
seines Spiegels und die gâte Begrenzung nach oben und beson-
ders nach unten, wo sich der Doubs in brausenden Wasser-
fâllen seinen Weiterweg sucht, lassen dagegen den Titel See
gerechtfertigt erscheinen. Zoologisch erhebt sich die Frage,
ob dièses eigentiimliche Gewasser auch nach seiner Fauna
Fluss- und Seecharakter vereinige ; ob Tierelemente des stehen-
den oder fliessenden Wassers vorwiegen, oder ob beide ver-
treten seien. Dann wird es nicht uninteressant sein den so
sehr charakteristischen Lac des Brenets zooh)gisch mit den
ûbrigen Juraseen, die von de Guekne und Richard geprilft
wordensind, und mit dem in mancher Richtung so abweichen-
den Lac de Joux zu vergieichen.
Der Lac des Brenets liegt 754 Meter iiber Meer; seine
Temperatur war am 17. Juni 1894 10— IP C, sehie Maxi-
maltiefe soll 20 — 25 Meter betragen'. Ueber seine tierischen
Bewohner komite ich in der Litteratur nur wenige zerstreute
Notizen finden. Paul Godet (15) erwalmt aus ihm Anodonta
cellensis Schrôt. ; ich kami seine Angaben nach gefundenen
Schalen bestâtigen.
Imhof (20) besuchte den See im August 1885 und erbeutete
dort pelagisch : Peridinium tabulaUim Clap. et Lachm., Cera-
tium hirundinella Mûll., Triarthra longlseta Ehrbg., Foli/arthra
platyptera Ehrg., Anurea cochlearis Gosse, Asplanchna helve-
tica Imh., Baphiella hrachyura Liévin, Ceriodaplmia spec,
1 loi Jalire 1890-91 fror der Lac des Brenets zu aiu 26. Xovember ; das Eis
trug bis zurii 1. Miirz. (F. -A. Forint., Arehii'es des sciences physiques et naturelles,
t. XXVIL 1892).
bob F. ZSCHOKKE.
Baphma spec, Bosmina cornuta Juriiie, Bosmlna spec,
Cydops spec. Nacli mlindlicher Mitteilung von Prof. Béra-
NECK findet sicli im Lac des Brenets Spong'ûla fluviatilis Lk.
Die eigeueii littoraleu und pelagiscbeii Fange vom 17. Juni
1894 ergeben niir folgende faunistisclie Liste, zu der unten
der Commentai' tolgt :
1. Arcella vulgaris Elirbg. a) Amoebixa.
2. Bodo ovatus Duj. h) Flagellata.
3. Codosiga hotrgtis Ehrbg.
4. Ceratium hinindineUa O.-F. Mlill.
5. Stylonichia myt'ûus O.-F. Mtill. c) Ciliata.
6. Paramaecium spec.
7. Carchesium spec.
8. Pterodina patina Ebrbg. d) Rotatoria.
9. Aniirea acideata Ehrbg.
10. Amirea cochïearîs Gosse.
11. Anurea acuminata Ehrbg.
12. Xothoîca longisphia Kellicott.
13. Euclilanis dUaiata Ehrbg.
14. Euclilanis friquetra Ehrbg.
15. Monocera hicornis Ehrbg.
16. BrachiouHS Bakeri Ehrbg.
17. Brachionus spec.
18. Xotommata centrura Ehrbg.
19. Salpina mucronaia Ehrbg.
20. Philodina acideata Ehrbg.
21. Philodina spec. Ehrbg.
22. Binocliaris pocïllum O.-Y. Miill.
23. Xoteus quadricornis Duj.
24. Asplanchna lielvetica Imhof.
25. Vortex truncatHS Ehrbg. e^ Turbellaria.
26. Planaria alpina Dana.
DIE TIKKWELT DER JURASEEN. 359
27. Saemins variegata Hoffm.
/) Oligochaeï^.
28. Nais proboscidea O.-Fr. Miill.
29. Liimbricidus variegatiis O.-Fr. Miill.
30. Aulastomum gido Moq. Tand.
g) HiRUDINEI.
31. Limnicythere neocomensis ii. sp.
h) OSTRACODA.
32. Cgpris spec.
33. Chydorus Mus Sars.
i) Cladocera.
34. Chydorus sphœricus O.-F. Miill.
35. Eurycercus lamellatus O.-F. Miill.
36. Alona guttata Sars.
37. Alona testudinaria Fischer.
38. Acroperus leucocephalus Koch.
39. Pleuroxus nanus Baird.
40. Pleuroxus truncatus O.-F. Miill.
41. Simocephalus vetidus O.-F. Miill.
42. Scapholeheris mucronata O.-F. Miill.
43. Ceriodaphnia quadrangtda O.-F. Miill.
44. Sida crystallina O.-F. Miill.
45. Daphnia galeafa var. III, Hellich.
46. Polyphemus pedimdus, De Geer.
47. Bosmina longispina Leydig.
48. Bosmina cornuta Jiirine.
49. Cyclops strenuus Fiscli.
k) Copepoda.
50. Cydops Leuckarti Claus.
51. Cydops hicolor ^2ivs.
52. Cydops alhidus Jurine.
53. Cydops serrulatus Fischer.
54. Cydops fimbriatus Fischer.
55. Diaptonms gracilis Sars.
56-57. Canthocamptus 2 spec.
58-61. Hydrachnideyi 4 spec.
l) Hydrachnid^.
62. Macrohiotus macronyx Duj.
m) Tardigrada.
63. Hydrometapahidum F dib.
n) Rhynchota.
360 F. ZSCHOKKE.
64-65. Chironomus 2 spec. o) Diptera,
66. Simulia spec.
67. Cœnis spec. j;) Pseudoneuroptera.
68. Bytiscus dimidiatus Aube. q) Coleoptera.
69. Hydroporus depressus Aube.
70. Cohpnbetes spec.
71. Plumatella repens L. r) Bryozoa.
72. Anodonta cellensis Schrôt. s) Lamellibranchiata.
73. JJnio spec. (GlochidienV
74. Bythinia ventricosa Gray. t) Gastropoda.
75. Limnus stagnalis L. var. vulgaris Westeiiund.
76. Gulnaria ovata Drap. var. lacustrina Clessin.
77. Lïmnopliysa truncatula Millier var. oblonga Puton.
78. Limnophysa palustris Millier var. fiisca Pfeiffer.
79. Gyrorbis rotundatus Poiret.
Diesem langen Verzeicliniss wâreii nocli mehrere iiiclit
nâher bestimmte Dipterenlarveii, Rotatorieii, Nematodeii, Iiifu-
sorieii beizufiigen. Gewiss eiii reiclies Ergebniss flir eine
kurze, bel uiigiinstigem Wasserstand uiiteniommene zoologisclie
Excursion mid eiii Zeichen fiir die grosse Mamiigfaltigkeit der
Bevolkeruiig des Lac des Breiiets. Niclit iiiiiider reicli scheiiit
seine Algenflora zu sein.
Die grosse Mehrzalil der tierischen Bewohner des Neuen-
burgischén Bergsees gehurt jenen weitverbreiteten Kosmo-
politen des siissen Wassers an, die wenig empfindlich gegen
âussere Bedingungen im Norden wie im Siiden, in der Ebene
wie im Hocligebirge zu Hause sind. Sie sind geniigsam und
anpassungsfahig im hoclisten Grade ; ungiinstigen Bedingungen
wissen sie durcli latente Dauerstadien zu trotzen. Darin liegt
das Geheimniss ilirer weiten Verbreitung. Besonders arten-
reich sind vertreten die Rotatorien — 17 Formen, — die Cla-
doceren — 16 Formen — und die Copepoden — 9 Arten.
dip: tierwelt der juraseen. 361
Sie machen iiacli Zalil der Arten mehr als die Hâlfte der
festgestellten (lesammtfauna aus ; neben ihrem Individuen-
reichtum vollends, treteii die iibrigen (Iruppeii nocli weit mehr
in den Hiiitergruiid.
Das Vorkommeii der Ubiquisteii des Stisswassers auch im
Lac des Brenets wird niemaiiden verwuiidern. Eiiiige Tier-
Ibrmen dagegen verdieneii spei^ielle Erwâhnung uiul gebeii der
Fauna ilir besoiideres Geprâge.
Sehr vereinzelt fand sich Planaria alpina, die weitverbrei-
tete Bewolinerin der kalteii Alpenbache, die schon im Mittel-
gebirge imr ganz sporadisch zerstreut in Quellen von konstant
tiefer Temperatur gefunden wird. Von den zahlreichen Rota-
torien sind wirklich seltene Formen nacli den Angaben von
HuDSON und Gosse (18) Philodina aculeata und besonders
Aniirea acuminata ; Euchlanis triqtietra, Pferodina patina,
Notommata centrura, Brachionus Bakeri, Dinocharls pociUum
und Noteus qiiadricornis gehoren zu den nicht gerade hâufigen
Erscheinungen.
Ueber den interessanten Fund einer neuen Limnicytliere
(L. neocomensis) soll am Schlusse dièses Aufsatzes bericlitet
werden.
Daphnia galeata bewolint den Lac des Brenets in der von
Hellich (17) als 3. Varietilt bezeichneten Form. Es stellt
dieselbe in Bezug auf Helmbildung nach Eylmann (9) eine
Uebergangsvarietât gegen Daplmia liyalina Leydig dar. Auch
Baphnia gracills Hellich wiirde in dieselbe Formen- und Ueber-
gangsreihe gehoren. Sie unterscheidet sich nur durch etwas
bedeutendere Kopfhôhe von B. galeata var. III. B. galeata und
B. gracUis wâren etwa aïs Lokalvarietàten der typischen
B. hyalina aufzufassen. In der Schweiz war bis jetzt nur
B. hgalina bekannt, zu ihr gesellt sich nun im Lac des Brenets
die mehr nordische Varietât B. galeata aus Norwegen, Dane-
mark und Bohmen. Man kennt sie indessen auch aus Italien.
362 F. ZSCHOlvKE.
Das reicli vertretene Genus Cyclops zâhlt die gemeiiien Arten
C. albidus, C. serrulatus, C. Leuckarti uiid G. strenuus. Die
letzteren zwei sind pelagiscli haufig. G. stremms speziell
sclieint fur Gebirgsseen recht eigentlich geschaffen zu sein.
Er steigt in die hochsten Schmelztûmpel der Alpen (llhàtikon).
ScHMEiL (23) bemerkt von ihm ausdrucklicli, dass ihm kaltes
Wasser besonders zusage. Er tummelt sich oft masseuhaft
unter dem Eis, um wâbrend der warmen Jalireszeit mehr oder
weniger vollstândig zu verschwinden.
Bemerkenswert ist fiir die Fauna des Lac des Brenets das
Vorkommen von G. bicolor, ein Copepode der von Sars in Nor-
wegen entdeckt wurde ; aus Deutscliland ist er nur von wenigen
meist montanen Fundorten bekannt, so z. B. aus dem Eibsee
im baj^erischen Hochgebirge.
Aucli G. fimhriatus stellt eine eigentiimliche, in Deutscliland
nur an einzelnen Orten gefundene Form dar. Er kriecht im
Gegensatz zu seinen nâchsten Verwandten auf dem Grunde
der Gewâsser und kann sich sogar auf voUkommen trockener
Grundlage weiter bewegen. Der Lac des Brenets zâhlt ihn
zu seinen Uferbewohnern. Den dort herrschenden Beding-
ungen^ besonders den raschen und ausgiebigen Niveauschwan-
kungen, ist das amphibische Geschupf trefUich angepasst.
Weiterverbreitet dagegen ist der Diaptomus des Jurasees.
Daday (5) kennt den D. graciUs aus Ungarn, Xordquist (22)
aus Finland, Jules de Guerne und J. Richard (12, 13)
ausserdem aus Deutscliland, Frankreicli und der Schweiz.
Eine in seltenen Exemplaren gefundene Ephemeridenlarve
konnte mit Sicherheit nach Eaton's (8) grossem Werke als
zur Gattung Gœnis gehorend bestimmt werden. Welcher der
ziemlich zahlreichen schweizerischen Arten sie zuzurechnen
ist kann niclit entschieden werden.
Die Schneckenfauna des Lac des Brenets weicht von der des
Lac de Joux ziemlich ab. Gemeinsam ist beiden Wasser-
DIE TIERWELT DER JURASEEN. 36H
becken BytJùma ventricosa, eine mehr nordostliche Form, wie
schon betoiit wurde. Sie fehlt in Sliddeutschlaud durch Bayern,
Oesterreich und Bolimen bis Ungarn, tritt dagegen in der nord-
deutschen Ebene auf, um erst bei Stockholm und St. Petersburg
ihre Nordgrenze zu erreichen. Im Osten geht sie bis Sibirien.
Sonst bat in Bezug auf Gastropoden der Lac de Joux einen
viel eigentûmlicheren und viel alpineren Gharakter.
Die Bewohner des Lac des Brenets (4), Limnophysa palus-
tris, L. truncatula, Gyrorbis rotmidatus, Limnus stagnalis und
Gulnaria ovata sind bekannte Biirger der Ebene. Letztere
Art ist allerdings durch eine Varietàt vertreten, die sonst nur
aus einigen grossen Seen der bayerischen Hochebene — Chiem-,
Schlier- Tegernsee — gemeldet wird (var. lacustrina). Er-
wâhnenswert ist es, dass am Ufer des Lac des Brenets eine
Landschnecke aus dem Osten Europas, Patula solaria Menke,
sich hàufig findet. Als sporadische Gebirgsfundorte dièses
Tiers werden die Alpen bei Reichenhall und Schellenberg in
der Siidostecke Bayerns und der Zobten in Schlesien angegeben.
Von Uuio fanden wir nur zahh-eiche Glochidien; die erwach-
senen Tiere bewohnen ausschliesslich den tieferen Seegrund,
wo sie den littoralen Niveauschwankungen und damit der
Gefahr der Austrocknung nicht mehr ausgesetzt sind. In
zahh'eichen Varietâten weitverbreitet ist SiUchAnodonta ceUensis.
Viel weniger montan als der Lac de Joux wird der Lac
des Brenets auch gemacht durch seine Kâfer. Im Lac des
Brenets findet sich der gewohnliche Hydroporus depressîis, inï
Jurasee der Waadt seine sehr seltene Gebirgsvarietat fi. j9a?/y-
dus in Gesellschaft einiger nahestehender Bergseebewohner
(H. planiis, H. castaueiis). Dagegen scheint fiir die Schweiz
selten zu sein Dytiscîfs dimidiatus. Heer (16) keinit ihn nur
aus dem Neuenburgersee und von Lausanne. Der Lac des
Brenets wiire ein weiterer Fundort fur die Schweiz. Fassen
wir in zwei Worten die allgemeinen faunistischen Résultats
364 F. ZSCIIOKKE.
tiber deii Jurasee Neuenburgs zusamnien so ergiebt sicli, dass
seine Bevolkerung ziim grôssten Teil aus weitverbreiteten
(Teschopfen des Siisswassers besteht, dass sicli aber ein leiser
alpin-nordischer Beigesclimack niclit verkennen liisst.
Der Lac de Joux ist zoologisch viel besser charakterisirt.
Die Zusainmensetzuiig seiner Fauna zeugt von weit grosserer
Selbstiindigkeit und weist ilin mehr in die Reihe der eigent-
liclien Gebirgsseen. Alpine und nordische Elemente werden in
iliin zahlreicher und treten deutlicher und bestimmender hervor.
Was dagegen den Lac des Brenets besonders auszeichnet,
ist die Art der Zusammenfiigung und Verteilung seiner limne-
tisclien und besonders seiner littoralen Tierwelt. Darin spie-
gelt sich deutlich der doppeite See-Fluss-Charakter des Was-
serbeckens wieder.
Die littorale Fauna ist nach Arten und Individuen relativ
selir arm. Es felilen ihr fast ganz die in jener Seeregion sonst
so hâufigen, wenig beweglichen oder ganz sessilen Tiere. Wir
sucliten am Ufer umsonst nach Bryozoen, Spongillen, Clep-
sinen, Pisidien und Spheerien, Oligocliœten. Von Planarien
fanden wir ein einziges Stiick von Ephemeridenlarven ganz
vereinzelte Exemplare. Andere Insektenlarven fehlten. Erst
in grosserer Tiefe stosst man auf wenigbewegliche und fest-
sitzende Wesen. Dort gedeiht Flumatella reperis, dort stecken
im Sclilamm Vnio und Anodonta, dort finden sich verschiedene
Anneliden. Die littorale Fauna ist zum Teil in die Tiefe
geriickt worden, sie hat sich sublittoral verlagert und ist damit
der Gefahr auszutrocknen entronnen.
Die Armuth der Uferfauna im Lac des Brenets erklârt sich
doppelt.
L Aus dem Mangel an geeigneten Wohnstàtten fiir viele
littorale Geschopfe. Es fehlen kiesige Uferstrecken mit grôs-
seren und kleineren Steinen, uuter denen die Ufertiere Schutz
und Wohnung finden kônnten. Die Felsen fallen an den meis-
ten Stellen unvermittelt steil in den See ab.
DIE TIERWELT DER .TURASEEN. 365
2. Aus tien betrâclitlichen iind raschen Niveauschwan-
kungeii, die das AVassertier mit Austrocknung bedrohen. Im
Liiiiersee (Rhiitikoii) habeii die sich rasclifolgenden, perio-
dischen Schwankimgen des Wasserspiegels analoge zoologische
Folgen gehabt. Aucli dort ist die littorale Fauna in eine sub-
littorale Zone hinabgeriickt worden.
Im Lac des Brenets setzt sich, beeinflusst durch die herr-
schenden eigentûmliclien Verhàltnisse, die littorale Fauna aus
folgenden Elementen zusammen :
a) Tiere die eine Austrocknung bis zu einem gewissen Grade
ertragen konnen, oder die im Stande sind Dauerstadien zu
bilden. (Gewisse Infusorien, Rotatorieu, Turbellarien, Nema-
toden, Tardigraden).
h) Bewegliclie Tiere, die den Schwankungen des Wasser-
spiegels zu folgen vermôgen, wie Kafer, Hydrometren, Nais,
Ptotatorien, Infusorien, Cladoceren, Copepoden, Ostracoden,
Hydrachniden. Aile Râdertierchen und Entomostraken indes-
sen scheinen ihren Hauptindividuenreichtum erst sublittoral,
bei einigen Metern Tiefe zu entfalten. Viele treten sogar
erst dort auf. So sind sie gegen die Niveauveranderungen
sicher gestellt.
c) Unbewegliche und wenigbewegliche Tiere, die amphi-
bische Gewohnheiten haben, d. h. die wenigstens eine Zeit
lang ohne Schaden der Luft ausgesetzt werden kônnen. Hieher
gehort Cyclops fimhriatus und bekanntlich auch Aulastomum
gulo. Besonders aber sind zù dieser Kategorie zu rechnen
aile Gastropoden des Lac des Brenets mit Ausnahme vielleiclit
von Gulnaria ovata der bayerischen Seen. Aile ûbrigen be-
wohnen mit Vorliebe kleinere Grâben und Tûmpel, die gelegent-
lich austrocknen konnen. GyrorUs rotundakis ist an ein
amphibisches Leben geradezu angepasst.
Es fehlen dagegen der Littoralfauna des Lac des Brenets
ganzlicli aile immobilen und wenig mobilen Geschopfe, die einen
Rev. Suisse de Zool., T. II. 1854. 25
366 F. ZSCHOKKE.
Wechsel des Médium nicht ertragen konnen. Die pelagische
Tierwelt des in Frage stelienden Wasserbeckens erwies sich
als selir reicli an Arten. Es mlissen nacli unseren Netzziigen
zu ilir gerechnet werden :
&^
CeraUiim hirundinella, Amirea aculeata, A. cocMearis, A.
acuminata, Notholca longispina, Euclilanis dilatata, E. triqiie-
tra, Asplanclma helvetica, Chydonis latus, Chydorus sphœricus,
Bosmina loiigispina, Bosmina cormda, Daphnia galeata, Sca-
plwleberis mucronata, Ceriodaplmia qiiadrangida, Sida crys-
tallina, PolypJiemus pediadus, Cyclops stremius, Gyclops Leuc-
harti, Diaptomiis graciUs, Chirononms spec.
Dazu wilren nach Imhof (20) noch zu fûgen Peridmiiim
tahidatuni, Triarthra longiseta, Polyartltra platyptera, Bapli-
nella hracliyura.
Es macht das eine Gesammtzahl von 25 limnetischen Ge-
scliopfen aus; d. h. fast ebensoviel, als aus den 21 Seen des
franzusisclien Juras durcli Jules de Guerne und J. Richard
bekannt geworden sind. Aus dem Lac de Joux haben wir
16 freiscliwimmende Tiere angefiihrt.
Allen drei Lokalitâten, franzosische Juraseen, Lac de Joux
und Lac des Brenets, sind gemeinschaftlich: Anurea cocJdearis,
XotJwlca longispina, Sida crystaUina, Cyclops Leuckarti, und
Biapiomus gracilis d. li. flinf der gewohnlichsten und am
regelmiissigsten anftretenden Tierarten des Limnoplankton.
Sonst aber sind die Unterschiede in der Planktonzusammen-
setzung reclit tiefgreifende.
Der Lac de Joux zahlt drei (= 19 7o) nur in ilim sich fin-
dende Arten limnetischer Tiere, der Lac des Brenets elf
(=r 44 7o aller seiner Planktonarten), die franzosischen Jura-
seen dreizehn (= 50 7o)- Letztere haben unter sich wieder
bedeutende Variationen in der limnetischen Fauna aufzu-
weisen.
UIK TIERWELT DER .lURASEEN. 367
So besitzen die nahegelegenen Wasserbeckeii einen wesent-
licli verschiedenen Cliarakter in ihrer pelagisclieii Tierwelt.
Iinmerhin sind in deu einzelnen Seen gewisse Fornien oft nur
durch naclistverwandte Arten, ja sogar nur durcli Varietiiten
vertreten.
Mit den franzosisdien Juraseen liât der Lac de Joux gemein-
sam 50 "/„ sciner limnetischen Tieribrmen (8 Arten), mit dem
Lae des Brenets 60 " \ (10 Arten). Lac des Brenets und die
franzosischen Wasserbecken teilen neun freischwimmende
Arten, d. h., 36 "/„ der limnetischen Bewohner des liochgele-
genen Sees im Neuenburger Jura keliren in den uns interes-
sirenden Gewassern Frankreiclis wieder. Aus diesen Zahlen
ergiebt sich deutlich genug, dass pelagisch der Lac des Brenets
eine Sonderstellung einnimmt, zwischen ihn und die franzo-
sischen Juraseen schiebt sich in dieser Richtung vermittelnd
cin der Lac de Joux.
Die eigentiimliche Stellung des Lac des Brenets in Bezug auf
freischwimmende Tierwelt charakterisirt sich doppelt : durch
Armut an Lidividuen und durch Reichtum an Arten.
Keine einzige Tierform trat aiich nur annilhernd in der
gcwolmlichen pelagischen Hâufigkeit auf. Besonders mit den
diesbeziiglichen Yerhâltnissen des Lac de Joux hielten die
pelagischen Fange am Lac des Brenets keinen Vergleich aus.
Nicht nur war die Oberflâche relativ unbelebt, auch lângere
Netzziige aus 10 — 12 Meter Tiefe lieferten quantitativ nur
spilrliches Material. Am hiiufigsten waren noch Notholca
longispina und die beiden Arten von Euchlanis. Manche rein
pelagische Formen, wie die Bosminen und speziell Poli/phemus,
wurden nur in ganz vereinzelten Exemplaren erbeutet.
Dagegen erwies sich die schwimmende Lebewelt als aus
sehr zahlreichen Arten zusammengesetzt. Ihr gehorten.z. B.
an die beiden Chydorusîormen und die zwei Arten von Euch-
lanis, die sich iibrigens auch in deu Rhatikonseen haufig auf
3G8 F. ZSCIIOKKE.
der freien Wasserflâche aufhalten. Ausserdem aber wiirden
freischwimmend neben den an Arten selir /ahlreichen typischen
Rotatorien imd Entomostraken des Lininoplaiikton rein litto-
rale Tiere wie Monocerca, Alona, Fleur oxus^ Simocepliahis
gefangen. Die Piiidertierchen, Copepoden und Cladoceren des
Plankton aber giengen auf der anderen Seite bis dicht an die
Ufer, um sich mit der Fauna ausgesproclieu littoralen Cha-
rakters zu misclien.
Kurz ausgedrûckt : die Grenzen zwischen littoraler und
limnetisclier Tierwelt sind im Lac des Brenets in liohem Masse
verwisclit. Jede der beiden Faimen liefert der anderen zahl-
reiclie Elemente.
Dièses eigeutumliche Verliiiltniss mag seine Erklarung teil-
weise wenigstens in den fiir einen See relativ starken Strô-
mungen des Lac des Brenets finden. Der Flusscharakter des
Gewassers kommt so zum faunistischen Ausdruck. Littorale
und limnetische Elemente werden passiv gemisclit.
Die verhâltnissmâssig starke Strômung diirfte vielleicht aucli
einer ausgiebigen Vermelirung der Planktonwesen hindernd
entgegentreten und fortwâlirend grosse Mengen derselben dem
See entfuliren. So wilrde Artenreichtum und Individuenar-
mut der limnetisclienj Welt von "demselben ausseren Moment
bedingt.
Bei Deutuug des Reichtums an pelagischen Arten ist nocli
ein anderer Punkt zu beachten. Der':See bietet durch seine
erstaunlicli maunigfaltige Algenflora^fiu^ viele Tiere und beson-
ders fiir freie Schwimmer treffliche Existenzbedingungen. Es
stellen sich in ihm denn auch die verscliiedensten rein pela-
gischen Geschôpfe ein ; die ungiinstigen Stromungen ziehen
aber ihrer hidividuellen Vermehrung enge Grenzen. Ein
starker Prozentsatz der Nachkommen wird dem Seebecken
immer wieder entfiihrt.
So spiegelt die Tierwelt des Lac des Brenets nach Zusam-
DIE TIERWELT UER JURASEEN. 369
meiisetzung uud Verteilung den Fluss-Seecharakter des hei-
mischen Gewilssers wieder. Lac de Joux und Lac des Brenets
siiid faunistisch zwei ganz verschiedene Typeii, wie sie es aucli
physikalisch und hydrograpliisch sind. Ein neues Beispiel
dafur, dass die so eintonige Siisswassertierwelt in geographisch
engbegrenzten Bezirken zu reclit verschiedenen kleineren
Lokalfaunen unter dem Drucke der âusseren Verhaltnisse grup-
pirt wird. Der Lac de Joux ist auch zoologiscli ein richtiger
Gebirgssee, der Lac des Brenets trâgt den faunistischen Clia-
raktér des langsam fliessenden, stagnirenden Stioms.
LimnicijtJiere neocomensis n. sp.
Die Gattung Lmmcytliere vertritt im siissen Wasser die
sonst fast rein marine Gruppe der Cytheriden. Es setzt sich
die ganze Familie nacli dem grossen Werk von Norman und
Brady (2) aus 15 Gênera, mit 153 Spezies zusammen ; nur
drei Gattungen mit aclit Arten bewohnen das slisse Wasser.
Das Genus Limnicytliere wurde im Jahr 1868 von Brady
(2) geschatïen. Es umfasste damais die Arten L. iiwpinata
Baird, und L. monstrifica Norman. Beide sind aus England,
L. inopinata auch aus Schweden und durch Moniez (21) aus
Frankreich bekannt. Seither ist von Lilljeborg eine neue
Art unter dem Namen L. relida beschrieben worden ; sie
stammt aus der Umgebung Upsalas. Brady und Robertson
(3) stellten die englische Spezies L. sandi-patricii auf und
Dahl (6) charakterisirt eine Art aus dem scliwachsalzigen
Ostseebrakwasser bei Neustadt unter dem Namen L. incisa.
Durch diesen Fmid wird es fragiich gemacht, ob das Genus
LhmiicytJiere ganz dem Siisswasser angehore ; Dahl's Form
ist wenigstens noch nie in reiuem Siisswasser festgestellt wor-
den. Ein Vorkommen in verschiedenen Medien ist iibrigens
fur Limnicythere nicht ausgeschlossen, da ihre Familiengenos-
25*
370 F. ZSCHOKKE.
seii, (lie Cytlierideii, vielfache Beispiele von Anpassungsfahig-
keit an wecliselncle ilussere Bedinguugen bieten. Eine sechste
Art, L. statioiiis, wuide 1891 von Yavra (24) in Bohmen
entdeckt.
Fur die schweizerisclie Faunistik ist es von Intresse zii
beacliten, dass der von Vernet (25) 1878 aus dem Genfer-
see (bei 40 Meter Tiefe) bescliriebene Acantliopus elongatus
nach dem Urteil von Moniez (21) mit der Form Lïmnicytlwre
inopinata Baird. zusammenfâllt. Brady und Xorman (3) ver-
einigen ihn dagegen mit L. relicta Lilljeb.' Die Form ist also
keineswegs neu.
Den sechs bekannten Arten ist eine siebente aus dem Lac
des Brenets beizufugen. Nach ihrem Fundort im Neuenburger
Jura mag sie den Namen Limnkijtliere neocomensis tragen.
Wie seine Verwandten bewegt sich das Thier unbeliolfen, des
Schwimniens unfâhig, im Sclilamme des Sees.
Von den beschriebenen Arten weicht L. neocomensis in
mancher Richtung ab.
Gestalt und Struktur der Schale schon verhindern eine
Vereinigung mit Limnicythere statioms, L. monstrifica. L. ino-
pinata uiid L. relicta. Etwas nâlier verwandt ist sie in dieser
Hinsicht mit der DAHL'schen L. incisa und mit L. sancti-patri-
cii, ohne dass indessen bei nâherer Priifung eine Identitiit sich
feststellen liesse.
Die Lange des Tieres betriigt 1,35 mm., die Hôhe 0,62 mm.
Es iibertrifft somit bedeutend die fiir L. incisa angegebenen
Masse (Lange 0,5 mm.) und ebenso die Dimensionen von L.
sancti-patricii (0,8 mm.) und L. relicta (0,6 mm.). L stationis
endlich erreicht nur eine Lange von 0,36 mm., bei einer Hohe
von 0,20 mm.
Die Schale zeigt einen Umriss von langgestreckter Niereii-
gestalt, doch ist der obère Rand beinahe ganz gerade, niclit
' Dieser Aiisicht scliliesst sicli aucli Kaukmaxn an. Zoolog. An:.. \s']-2.
DIE TIERWELT DER JURASEEN. 371
unâhnlicli wie bei L. reUcta. Vorder- uiid Hinterraiid fallen
zuerst allmahlig, dann plotzlich unvermittelt nach iinten ab ;
der vordere ist im Gegensatz zu L. reUcta weiter ausgezogen
als der liintere. Der Unterrand ist ziemlich stark ausge-
schnitten. Die grôsste Tiefe des Aussdinitts liegt etwas vor
der Mitte. Eine leichte hj-aline Umsaumuiig der freien Rànder
ist gerade noch nachweisbar, eine Zâhnelung fehlt ihnen voll-
kommen. Dagegen sind dieselben — Vorder-, Hinter- und
Unterrand — mit sehr feinen und ziemlich langen Haaren
dicht bepflanzt. Dazwischen stelien in ungefahr regelmâssigen
Abstilndcn stârkere Borsten von doppelter Lange, die sich
etwas innerhalb des Kandes auf der Obertiilche der Schalen
inseriren. Sie werden von kleinen Hokerciien getragen nnd
sind schràg nach auswiirts gerichtet. Sonst bieiben die weis-
sen, lialbdurchsichtigen und ziemlich diinnen Schalen unbe-
haart. Die geschilderten Verhàltnisse kehren bei keiner ver-
wandten Art in dieser Combination wieder.
Auch die fur die Schalen von Limnieythere so charakteris-
tischen Erhôhungen und Vertiefungen gehen bei L. iieocomen-
sis ihren eigenen Weg. Jede Schalenhâlfte trâgt ungefahr in
ihrer Mitte, doch immer etwas nach unten und vorn verschoben^
eine ziemlich weite und tiefe, scharf abgesetzte Grube von
etwa sechsseitiger Begrenzuiig. Am Unterrande, und zwar
etwas vor Beginn seines letzten Viertels, liegt auf jeder Scha-
lenhiilfte ein stumpfer, plumper,wenighervorspringenderHoker.
Die sich verflachende Randzone ist, wie bei den meisten
verwandten Formen, scharf gegen den stark gewôlbten cen-
tralen Schalenteil abgesetzt; sie entwickelt sich breit vorn
und hinten, verschwindet am Oberrand und wird in der Mitte
des Unterrands auf eine Minimalbreite eingeengt.
Wie bei Limnieythere relicta, L. sancti-patricii und wol
auch L. incisa verlaufen bei der neuen Art liber die Randzone
radiâr ausstralende Linien, die dieselbe in nach aussen etwas
372 F. ZSCHOKKE.
breiter werdende Felder eiiiteilen. Dièse doppelt contourirten
Radiarliiiien niaclien etwas vor dem iiussersten Schalenrand
Hait ; an ihrera peripherisclien Eiidpunkt erhebt sich jeweilen
eine der oben geschilderten, schràg nach auswârts gerichteteii
starken Randborsten. An Zahl ûbertreffen die Radiârlinieii
die entsprechenden Bildiingen der verwandteii Arten ; der
vordere und hintere Schalenabschnitt besitzt jeder mehr als
zwanzig.
Nach der Struktur der Schale nilhert sich die neue Art noch
am ehesten der von Dahl beschriebenen L. incisa^ ohne dass
indessen von Uebereinstimmung gesprochen werden kônnte.
Die Oberflâche ist bedeckt mit zahlreichen, eingesenkten pol}--
gonalen Feldchen. Sechs bis zwôlf und mehr derselbeu treten
jeweilen zu einem grosseren Complex zusammen; die einzelnen
Complexe werden durcli an Feldchen freie Zwischenriiume oder
Strassen getrennt, in denen je eine schwache punktirte Linie
verljiuft. In der Randzone ist dièse Schalenstruktur verwischt ;
die Tiel'e der Grube jeder Schalenhiilfte ti'iigt einige ovale,
grôssere und stârkere Einsenkungen.
Die ersten funfteiligen Antennen besitzen ein schraales End-
giied, das âhnlich wie bei Lïmnicyflicre sfafiouis, in eine lange
gespaltene Borste auslâuftj Der eine Borstenast ist lang,
zugespitzt, der andere kurz, stumpf. Ganz kurz vor dem
freien Ende triigt das Glied noch zwei steife, spitze Borsten.
Das vorletzte Antennenglied ist mit sechs Borsten ausgeriistet,
von denen vier dem iiusseren Ende angehôren, die zwei ande-
ren dagegen an der inneren Hàlfte des Gliedes liegen. An
Lange kommen sich die beiden letzten Glieder ungefahr gleich,
doch ist das vorletzte viel krilftiger und bildet an der Inser-
tionsstelle der inneren Borsten einen deutlich hervorspringen-
den Absatz. Das mittlere sehr kurze Antennenglied besitzt
nur eine lange, steife Borste am Ende seines liusseren Randes.
Sie liberragt an Lange das vorletzte Antennenglied. Dann
DIE TIERWELT DER JURASEEN. 373
folgen die zwei sehr kraftigen ersten Glieder, sie verbinden
sich im Gegensatz zii den vier bereits besprochenen gelenkig
untereinander ; von ihneii trâgt das zweitletzte nocli eine Borste
am âusseren Ende. Das erste, zweite iind vierte Glied, von
der Basis ans gerechnet, haben an der Aussenseite einen
dichten Besatz steifer Haare aufzuweisen.
Am zweiten viergliedrigen Antennenpaar untersclieiden wir
ein kriiftiges Basalglied mit Haarbiiscliel nahe dem Grande und
mit gegliederter Spinnklaue, die beinahe bis an die Spitze der
Endklauen reicht. Mit dem Basalglied verbindet sich beweg-
licli das zweite Glied; es ist breiter als lang, besitzt an seiner
Basis einen Haarbilschel und an seinem âusseren Ende eine
steife Borste. An dem langgestreckten dritten Glied zalilen
wir etwas vor der Mitte der Unterseite und der Oberseite je
zwei Borsten, die von einer sehr feinen dritten begleitet wer-
den. Nahe dem âusseren Gliedende wiederholen sich, eben-
falls unten, eine stârkere und eine schwâchere Borste. Ausser-
dem trâgt das Glied verschiedene Haarbiischel (Fig. 5).
Das relativ schlanke und lange vierte oder Endglied schliesst
mit drei starken Krallen, einer kiirzeren und zwei lângeren, ab.
Von der Mandibel ist bemerkenswert die mit starken Zâhnen
bewaffnete Kauflâche und der plumpe viergliedrige Taster.
Auf die typische Gestaltung des Branchialanhangs bei Lim-ni-
cythere ist durch Dahl (6) aufmerksam gemacht worden. Die
Worte des Kieler Zoologen gelten aiich fiir L. neocomensis.
Der vom Basalglied der Mandibel getragene Anhang ist etwas
schlanker als bei L. incisa ; am freien Ende lâiift er in sieben
lange und starke Fiederborsten aus ; zwei weitere, kiirzere und
voneinander abgebogene inseriren sich seitlich an ihm.
Maxille vierarmig, mit sehr starken und gekriimmten Bors-
ten. Besonders der erste Arm ist âusserst massiv entwickelt ;
am Ende seines Basalglieds stehen drei starke Borsten, das
Endglied trâgt deren vier noch stârkere, drei terminal und
374 F. ZSCHOKKE.
eine basai. Der Aussenrand der Maxillenbasis ist geziilint.
Von den drei Fusspaaren ist das mittlere das langste. Aile
siiid viergliedrig iind immer iiberragt das Basalgiied jedes der
iibrigen Glieder an Lange und Stiirke. Zwisclien erstem und
zweitem Fussglied findet sich eine gelenkige knieartige Ver-
bindung. Jeder Fuss endet mit einer sàbelfôrmig gekriimmten
Kralle; diejenigen des letzten Paares sind besonders lang und
schlank ; sie erreichen beinahe die Gesammtlange der drei
letzten Fussglieder. Das Basalgiied des ersten Fusspaars
rûstet sicli an der vorderen Kante und am âiisseren Ende mit
je zwei Borsteu ans.
Am Basalgiied des zweiten Fusses bemerken wir ebenfalls
vier Borsten : eine steht der Basis nalie, zwei finden sich am
vorderen Rand, eine am âusseren Ende.
Ganz âhnlich beborstet ist das Basalgiied des dritten Fusses.
Das zweite Glied aller sechs Fiisse kommt an Lange etwa
dem vereinigten dritten und vierten gleicli ; es tràgt am iiusse-
ren Ende regelmâssig eine Borste von derselben Dimension.
Der Hinterleib tindet seinen Abschluss in einem behaarten
mit spitzem, geradem Dorn endendenHocker; darunter erheben
sich zwei stumple Vorsprïnige, die je eine leicht gebogene
Borste tragen. Das stellt die Rudimente der Fiircalglieder
dar.
An den Excursionen an den Lac de Joux und den Lac des
Brenets betheiligten sich folgende Studenten der Basler Uni-
versitât, die Herren : M. Alioth, J. Arregger, R. Dietschy,
E. HocKENJOS, A. MiiRY, H. Passavant und A. de Pour-
TALÈS.
t)TE TIERWEI.T DER JURASEEN. 375
L I T T E R A T Lî R
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QUELQUES
STADES LARVAIRES D'UN CHÉTOPTÈRE
PAR
Ed. BÉRANECK
Professeur à l'Académie de Neuchâtel.
Avec la planche XV.
Je me suis rendu, le printemps passé, à Villefranche-sur-Mer,
pour me procurer des Alciopides, et j'ai fait dans ce but de la
pêche pélagique à différentes profondeurs. Il ne m'a pas été pos-
sible de capturer un seul exemplaire de ces vers, qui sont cepen-
dant assez communs en hiver dans la rade de Villefranche. Par
contre, j'ai recueilli une larve d'Annélide que je crois pouvoir
attribuer au genre Chétoptère ; elle se rapproche beaucoup de
la larve du Phjllochœtoptenis socialis, dont un stade a été décrit
par Claparède et Metschnikoff dans leur mémoire clas-
sique : « Beitrdge ziir Kenntniss der Entwickelungsgeschiehte
der Chœtopoden ' . »
J'ai élevé pendant une quinzaine de jours les rares individus
de cette larve qui me sont tombés sous la main, et j'ai dessiné
quelques-unes des phases de leurs métamorphoses. La présente
communication n'est pas une étude organogénique, du reste
impossible à faire avec le matériel dont je disposais ; elle n'a
d'autre mérite que d'enregistrer les principales modifications
' Voir Ze'iUchrift far Wissenschaftliche Zoologie, Bil. 11), 1869.
Rev. Suisse de Zool., T. II. 1894. 26
378 ED. BÉRANECK.
extérieures subies par cette larve d'Annélide, durant une partie
de son évolution post-embryonnaire. Pour faciliter cet exposé,
je désignerai les six stades larvaires que j'ai dessinés par les
lettres A, B, C, D. E, F; A correspond au stade le plus jeune
et F au plus âgé.
Les figures de la planche XV se rapportent presque toutes à
un même individu, ce qui permet de mieux les comparer les unes
aux autres. Le stade le plus jeune que j'aie observé, ou stade A,
est représenté par la fig. 1 ; il n'atteint pas un millimètre de
longueur. A cette phase de son développement, cette larve de
Chétoptère nage facilement; elle est pourvue de deux couron-
nes ciliaires parallèles qui entourent le corps dans sa région
médiane. Cette larve appartient donc au type mésotroque. Le
nombre de ces couronnes ciliaires ne paraît pas avoir une
grande importance phylogénique, car il varie même chez des
formes assez proches parentes. Ainsi, les Telepsavus, qui appar-
tiennent aussi à la famille des Chétoptérides, passent dans leur
évolution larvaire par une phase mésotroque à une seule cou-
ronne ciliaire médiane, tandis que les jeunes Phyllochétoptères
possèdent deux de ces couronnes.
La larve A, à laquelle correspond la figure 1, est très con-
tractile. Son corps se divise en trois régions: une antérieure,
s'étendant de l'extrémité céphalique à la première couronne
ciliaire; une médiane, constituée par les deux couronnes ciliai-
res; une postérieure, comprise entre ces dernières et l'appen-
dice caudal.
La région antérieure est la plus développée des trois. Elle se
décompose en deux sous-régions .• l'une céphalique ; l'autre para-
podiale. La sous-région céphaUque est représentée dorsalement
dans la fig. 1, et ventralement dans la fig. 1 a. Elle est assez
large et séparée de la sous-région parapodiale par un étrangle-
ment. Elle est constituée par un lobe céphalique dorsal et par
un lobe céphalique ventral.
QUELQUES STADES LARVAIRES d'uN CHÉTOPTÈRE. 379
Le lobe dorsal a la forme d'une calotte assez bombée, dont le
iDord arrondi est pourvu d'une rangée de cils vibratiles un peu
moins accusés que ceux des couronnes ciliaires de la région mé-
diane. Ce lobe porte deux tentacules coniques relativement
courts, à son sommet, et six taches oculaires échelonnées le long
de son pourtour (voir tig. l t et t, o). Ces six taches oculaires
sont réparties en trois paires, dont l'une médiane et antérieure,
les deux autres latérales et postérieures. Elles sont colorées par
un pigment noirâtre et varient légèrement en dimension. Une
disposition aussi régulière des taches oculaires ne parait pas
être la règle chez tous les Chétoptérides. La larve de Phyllo-
chétoptère (?) dessinée par Claparède et Metschnikoff ' pos-
sède six yeux irrégulièrement distribués, dont deux sont beau-
coup plus volumineux que les quatre autres. Par contre, dans
les larves de Chétoptères figurées par Max MIiller', les six ta-
ces oculaires sont groupées par paires comme je viens de le
décrire. Les formes larvaires que Fewkes ' a attribuées avec
hésitation au genre Phyllochétoptère (voir op. cit., pi. III,
tig. 16-18), montrent bien six yeux distribués en trois paires;
elles sont en outre pourvues d'un long cil frontal situé en avant
de la paire oculaire antérieure et médiane. J'ai aussi observé un
cil frontal dans une larve que je n'ai pu conserver (voir fig. 1 h).
Mais, il n'existait que deux paires d'yeux ; la paire antérieure
faisait défaut. Quoique je n'aie pu suivre cette forme larvaire,
elle appartient par sa morphologie à un représentant de la fa-
mille des Chétoptérides. Elle me paraît pouvoir être identifiée
à la larve de Chétoptère dont j'étudie en ce moment quelques
métamorphoses post-embryonnaires, et en représente certaine-
ment un stade plus jeune.
' Voir Cl.APARHDE et METSCHNIKOKb-, up. cit., pi. XIV, fig. 2.
- Max MiiLi.ER, Ueber die weitere Entwicklung von Mesotrocha sexoculata,
Arcliiv f. Anat. Pliysiol. von .1. Millier, 18.5.^.
^ Fkwkes, On the Development oj' certain Worm larvae. Bul. of Mus. ofComp.
Zool. Harvard Collège, Cambridge. Vol. XI, ii° 9, 188:5.
380 ED. BERANECK.
Le lobe ventral de la sous-région céphalique est un peu
bombé, sa concavité fait face à celle du lobe dorsal. C'est au
point d'union de ces deux lobes que s'ouvre la bouche. Le lobe
ventral est bordé par une rangée de cils vibratiles (fig. 1 a, l,
c,v)\ il est creusé postérieurement d'un sillon médian, qui le
divise en deux moitiés droite et gauche. Ce lobe est très mobile,
il est très souvent déjeté en arrière comme le montre la fig. 1 a\
d'ordinaire, il est étalé en avant et en grande partie recouvert
parle lobe dorsal.
La sous-région parapodiale qui fait suite à la tête propre-
ment dite, ne mérite pas encore ce nom; car, à ce stade évolutif,
ma larve de Chétoptère ne possède pas de bourgeons parapo-
diaux ni de soies. Cette sous-région est encore asegmentée, du
moins les protubérances dermiques dont naîtront les parapodes
ne sont qu'à peine esquissées (fig. 1 et 1 a, r, p). Elle est tapis-
sée par de fins cils vibratiles.
La région médiane comprenant les deux couronnes ciliaires,
est bien marquée, à ce stade larvaire. Ces deux couronnes sont
séparées par un intervalle relativement grand, qui correspond à
un segment du corps. Elles ne constituent pas les seuls organes
locomoteurs de la larve; car, ainsi que je l'ai déjà signalé, les
lobes céphaliques dorsal et ventral sont bordés par une rangée
de cils vibratiles, qui jouent aussi un rôle dans la locomotion.
La région postérieure du corps, que j'appellerai aussi région
post-ciliaire, est nettement segmentée. Elle comprend quatre
métamères, qui ont à peu près tous la même longueur, mais
dont la largeur diminue du métamère antérieur au métamère
postérieur (fig. 1 r, p, c). Aux lignes de séparation de ces qua-
tre segments sont annexées de fines couronnes ciliaires. Ainsi
cette larve possède, en réalité, six couronnes ciliaires, dont deux
bien accusées, et quatre de moindre importance. Elles sont loca-
lisées aux régions médiane et postérieure du corps, c'est-à-dire
là oii la segmentation de l'organisme commence à se produire.
QUELQUES STADES LARVAIRES d'uN CIIÉTOPTÈRE. 381
Les deux importantes couronnes ciliaires de la région médiane
apparaissent, en effet, au point où se formera le premier seg-
ment'. Il est intéressant de constater que, du moins dans cette
larve, la métamérisation est plus précoce dans la région posté-
rieure, non parapodiale, du corps que dans la région antérieure,
parapodiale.
Au dernier segment de la région post-ciliaire est annexé
un appendice caudal asegmenté. Cet appendice est étroit, al-
longé, couvert de fins cils vibratiles et porte à son extrémité dis-
taie des cils plus longs et plus rigides, qui sont sans doute de
nature tactile (fig. 1 a, c). A son point de jonction avec le der-
nier métamère du corps, il est flanqué de deux protubérances
anales encore peu développées. Toute la région postérieure ou
post-ciliaire de la larve est très contractile. Les segments,
ainsi que l'appendice caudal, peuvent plus ou moins rentrer les
uns dans les autres comme les tubes d'une lunette d'approche.
En comparant ma larve A de Chétoptère avec des formes
larvaires appartenant au même genre et décrites par d'autres
auteurs, j'ai trouvé, dans leur morphologie extérieure, de peti-
tes différences que je crois utile de signaler. Les stades figurés
par MaxMuLLER (pp. cit., pi. I, fig. 7 et 8), correspondent à
peu près, comme âge, à mon stade le plus jeune (fig. 1). Ils en
diffèrent: par l'effacement des lobes céphaliques, surtout du
lobe ventral; par le peu de développement des tentacules ; par la
présence de plusieurs rangées de soies parapodiales disposées à
la face ventrale de la région antérieure du corps, caractère qui
manque à ma larve ; enfin par la métamérisation moins mar-
quée de la région post-ciliaire.
Fewkes a décrit deux stades larvaires de Phyllochétoptè-
res (?), mais ceux-ci appartiennent à des individus très jeunes
(voir op. cit., pi. III, fig. 16-18j. Dans le premier stade, le lobe
' Voir Fewkes, op. cit., pi. III, fig. 16-18. Ces trois ligures se rapportent à
des larves de Chétoptères encore plus jeunes que celles que je décris.
382 ED. BÉRANECK.
céphalique frontal se dessine ; il n'existe encore qu'une couronne
ciliaire. Quant à la région post-ciliaire, elle est courte et non
segmentée. Dans le second stade, le lobe céphalique dorsal est
plus accusé; le lobe céphalique ventral commence à se marquer.
La seconde couronne ciliaire se montre en même temps qu'appa-
raît la métamérisation de la région post-ciliaire. Par contre, la
région antérieure n'est pas segmentée et ne laisse voir aucune
rangée de soies parapodiales. Cette disposition se retrouve en-
core dans ma larve A, quoique cette dernière soit un peu plus
âgée.
Claparède et Metschnikoff n'ont obvervé qu'un stade
d'une larve qu'ils attribuent au PhyUodiœtopterus socialis.
Celle-ci possède un lobe céphalique dorsal et un lobe céphalique
ventral bien développés, le lobe dorsal porte deux tentacules
allongés, trois longs poils tactiles, qui font défaut dans mon
stade A, et six taches oculaires. Deux de ces taches oculaires
sont plus volumineuses que les quatre autres et ces six yeux
sont répartis autrement que chez ma forme larvaire A. La
larve de Claparède et Metschnikoff est déjà pourvue, dans
la région antérieure du corps, de bourgeons parapodiaux armés
de soies rudimentaires. Il existe deux couronnes ciliaires : la
région post-ciliaire est segmentée et se termine par un appen-
dice caudal allongé. Au dernier segment de cette région sont
appendiculés deux organes en forme de sac qui renferment
d'abondantes capsules, que ces zoologistes assimilent à des cel-
lules urticantes. Je n'ai pas observé d'organes semblables dans
mon stade A. Les deux protubérances anales que j'ai signalées
plus haut, dans ce stade, ont, avec le dernier segment du corps,
des relations légèrement différentes et ne m'ont pas paru renfer-
mer de capsules urticantes.
La larve de Claparède et Metschnikoff est certainement
un peu plus âgée que ma larve A, comme le montre la présence
de bourgeons parapodiaux dans la région antérieure, et la plus
QUELQUES STADES LARVAIRES d'uN CHÉTOPTÈRE. 383
grande différenciation des segments de la région post-ciliaire ;
malgré cela, les différences qui séparent ces deux formes lar-
vaires sont telles que je ne puis attribuer ces dernières à la
même espèce de Chétoptérides.
Le stade B de ma larve se distingue surtout du précédent
par les modifications qui se sont produites dans la région anté-
rieure du corps (tig. 2 r, p). L'individu est vu par la face dor-
sale, et le lobe céphalique dorsal recouvre le lobe ventral. Les
tentacules se sont allongés et les taches oculaires sont toujours
au nombre de trois paires. La région parapodiale commence à
se segmenter; les bourgeons parapodiaux font saillie sur les
côtés du corps, ils sont au nombre de sept et sont armés de
courtes soies. Dans cette région, la segmentation est intimement
liée à l'apparition des parapodes. Les deux couronnes ciliaires
sont aussi développées que dans le stade précédent, et consti-
tuent encore les principaux organes locomoteurs. Le segment
que ces couronnes délimitent est le plus volumineux de tout
l'organisme. La région post-ciliaire est restée à peu près sta-
tionnaire. Elle comprend toujours quatre segments qui sont plus
nettement distincts les uns des autres et, dont les sillons de sé-
paration portent encore de fines couronnes ciliaires (tig. 2 r,
p, c). L'appendice caudal qui termine la région postérieure
du corps a conservé les mêmes caractères que dans le stade
précédent; il en est de même des deux protubérances anales qui
sont annexées au dernier segment de cette région.
La figure 3 représente le stade C. La larve s'est un peu allon-
gée, elle est vue par la face dorsale. Le lobe céphalique dorsal
s'est légèrement réduit ; il porte, comme dans les phases lar-
vaires plus jeunes, deux tentacules et trois paires de taches
oculaires. Le lobe céphalique ventral est encore très accusé
(fig. 3, l, c, c) et n'est qu'en partie recouvert parle lobe dorsal.
Il est toujours bordé par une rangée de cils vibratiles et a
conservé sa grande mobilité. Ce lobe se reploie facilement en
384 ED. BÉRANECK.
arrière. Lorsque la larve se tient au fond du cristallisoir où
elle est en observation, elle fait souvent reposer sur le verre
son lobe ventral et s'en sert pour explorer le milieu ambiant
ainsi que comme point d'appui dans ses mouvements de repta-
tion.
La segmentation de la région parapodiale est plus marquée
dans le stade C que dans le stade B (fig. 3, r, p). Les bour-
geons parapodiaux au nombre de sept paires sont mieux définis
et portent des soies plus accusées. Les faisceaux musculaires
actionnant ces parapodes se sont développés, de sorte que la
locomotion qui, auparavant, dépendait presque exclusivement
de l'activité des cils vibratiles, tend à se localiser de plus en
plus dans les bourgeons parapodiaux. Aussi, la larve, de péla-
gique qu'elle était, devient plutôt larve de fond.
La différenciation d'organes locomoteurs spéciaux dans la
région antérieure du corps a entraîné la réduction des deux
couronnes ciliaires. Celles-ci sont en voie de disparition; mais,
le segment qu'elles délimitent reste à peu près stationnai re, il
se détache seulement davantage du reste du corps (fig. 3, c, c).
La région post-ciliaire s'est allongée ; elle comprend mainte-
nant cinq segments qui sont séparés les uns des autres par des
sillons de plus en plus marqués. En examinant la figure 3
{r, p, c), on voit que ces segments dessinent sur les côtés de la
région post-ciliaire des franges comparables, au premier abord,
à des bourgeons parapodiaux. Ces franges ne donnent jamais
naissance à des soies parapodiales. Elles ne sont pas de simples
protubérances latérales des métamères du corps ; mais, elles
entourent complètement le métamère, ainsi qu'on peut le consta-
ter dans les stades larvaires ultérieurs (fig. 4, /). La larve attri-
buée par Claparède et Metschnikoff au Phyllochœtopterus
socialis, quoique plus jeune que mon stade C, montre de ces
franges dépendant des segments post-ciliaires. Elles sont seule-
ment moins marquées; ces deux savants les considèrent comme
QUELQUES STADES LARVAIRES d'uN CHÉTOPTÈRE. 385
des branchies {op. cit., PI. XIV, fig. 2 hr.). Fewkes désigne
aussi sous le nom de branchies des tubérosités appartenant aux
segments post-ciliaires, mais observées chez des larves de
Telepsavus et de Gapitella {op. cit., PL III, fig. 12 et 19). Ce
dernier auteur pas plus que Claparède et Metsciinikoff
n'indique ce que ces tubérosités deviennent dans le cours des
métamorphoses post-embryonnaires.
Dans la larve que j'étudie en ce moment, je ne crois pas que
les franges de la région post-ciliaire, représentent réellement des
branchies. A ce stade C, la larve est encore en grande partie
recouverte de fins cils vibratiles dont les vibrations déterminent
un renouvellement continu de la couche d'eau en contact avec
le corps ; les échanges respiratoires peuvent donc s'effectuer
par toute la surface de l'organisme. En outre ces soi-disant
tubérosités branchiales ne constituent pas des évaginations de
la paroi des segments post-ciliaires ; elles représentent ces
segments eux-mêmes qui s'aplatissent selon leur grand axe et
forment ainsi une sorte de feston circulaire ou de manchon plus
ou moins perpendiculaire au plan longitudinal du corps. Que ces
festons contribuent pour une part à la respiration, cela me parait
incontestable ; car, ils possèdent eux aussi un revêtement ciliaire
délicat. Mais, on ne peut les considérer comme de véritables
branchies. Morphologiquement, ils correspondent à des bour-
geons parapodiaux étalés et aplatis. Cette disposition n'apparaît
que dans certains stades larvaires ; elle s'efface en effet, dans
les larves plus âgées comme je le montrerai bientôt.
L'appendice caudal si développé dans les stades A et B s'est
passablement réduit dans le stade C ; il est accompagné de deux
autres expansions tubuleuses qui sont situées en arrière des
deux protubérances anales.
La figure 4 représente ma larve à un état plus avancé de son
développement. Le lobe céphalique dorsal diminue d'importance ;
les deux tentacules qu'il porte paraissent s'être raccourcis.
386 ED. BÉRANECK.
Les trois paires de taches oculaires sont encore visibles ; mais,
des six yeux (fig. 4, t, o), trois sont en régression et ne tardent
pas à disparaître (fig. 5, f, o). Il ne reste plus ainsi que trois
taches oculaires dont deux latérales et la troisième antérieure,
médiane. Le lobe céphalique ventral est toujours plus accusé
que le lobe dorsal (fig. 4, /, c, v) ; il a conservé sa grande mobi-
lité. Les segments de la région parapodiale sont mieux marqués
que dans les stades précédents (fig. 4, r, p).
Les parapodes sont bien définis, très contractiles et les soies
dont ils sont armés sont nombreuses et acquièrent leur forme
définitive. Il n'existe qu'une paire de bourgeons parapodiaux
par métamère. Tous ceux-ci ne m"ont pas paru être insérés à la
même hauteur sur les dilïérents segments ; ils ne dessinent donc
pas une série rectiligiie. Les couronnes ciliaires ont presque
complètement disparu dans le stade D ; elles sont encore indi-
quées par de fins bourrelets transversaux qui séparent le méta-
mère médian du corps, des régions parapodiale et post-ciliaire
(fig. 4,c, c).
La région post-ciliaire est celle qui s'est le plus modifiée. Les
segments qui la constituent se sont transformés en festons ou
manchons rattachés les uns aux autres par des étranglements.
Ces festons (fig. 4, /") ne portent pas non plus, dans le stade
D, de soies parapodiales ni de bourgeons parapodiaux. Ils
sont membraneux, à surface légèrement bombée, et sont mobiles.
En général, ils sont parallèles, à l'exception du feston du dernier
segment post-ciliaire qui se déjette en arrière. L'appendice
caudal ainsi que les protubérances anales se sont atrophiés ; il
ne reste plus de toutes ces formations caudales que les deux
expansions tubuleuses péri-anales qui ont fait leur première
apparition dans le stade C.
Le plus âgé des deux stades de Chœtopterus norvégiens décrit
par Max Mûller {op. cit., PI. I, fig. 4 et 5) correspond à peu
près au stade D de ma larve ; il en diffère surtout par la présence
QUELQUES STADES LARVAIRES d'uN CHÉTOPTÈRE. 387
de bourgeons parapodiaux sur les festons des segments post-
ciliaires et par quelques autres particularités secondaires qui
se reconnaissent aisément en comparant les figures 4 et 5 du
mémoire de ce savant à la figure 4 de ma présente communi-
cation.
C'est dans ce stade D que les caractères morphologiques des
Chétoptérides deviennent bien accusés. Le corps de la larve est
divisé en une région antérieure, parapodiale et en une région
postérieure, à segments lestonnés. Je m'attendais à ce que ces
caractères s'accentuent dans les phases évolutives ultérieures;
et j'ai été fort surpris de constater, qu'au lieu de s'accentuer,
ceux-ci tendaient plutôt à s'atténuer, du moins dans la région
postérieure ou post-ciliaire de la larve.
A cet égard, le stade E est très instructif. Les lobes cé-
phaliques dorsal et ventral sont très réduits de sorte que la
tête devient de moins en moins distincte de la région parapo-
diale. Les deux tentacules que porte le lobe dorsal sont courts.
Les taches oculaires ne sont plus qu'au nombre de deux. Ce
sont les taches oculaires postérieures des deux paires latérales
qui, seules subsistent, des six yeux dont la toute jeune larve est
pourvue. Les deux yeux du stade E sont situés sur les parties
latérales du lobe céphalique dorsal près de la base des tenta-
cules, mais extérieurement par rapport à ceux-ci (fig. 6, f, o).
Le lobe céphalique ventral si développé dans les formes larvaires
plus jeunes, s'est presque complètement atrophié. Cet organe est
donc transitoire et, ne joue un rôle que pendant l'évolution
embryonnaire.
La région parapodiale n'a subi que peu de changements ; elle
est un peu aplatie dorso-ventralement. Les parapodes distribués
de chaque côté de cette région en une série légèrement irré-
gulière, sont plutôt localisés à la face dorsale des métamères
dont ils dépendent. Les soies qu'ils portent sont assez nombreu-
ses et varient de forme dans un même bourgeon parapodiaL
388 ED. BÉRAXECK.
Celles qui occupent la portion dorsale des parapodes sont à
pointe longue, effilée ; celles qui en occupent la portion ventrale,
sont plus massives et à pointe élargie en lame de scalpel. Ces
différences de forme entre les soies dorsales et ventrales sont
plus marquées dans les trois premières paires de parapodes que
dans les suivantes (fig. la et 7 h).
Les couronnes ciliaires ne sont plus du tout visibles dans le
stade E. Le segment auquel celles-ci correspondent et qui
jusqu'alors était resté presque stationnaire, se distingue mainte-
nant beaucoup mieux des segments adjacents. Il s'est étiré laté-
ralement et; dessine deux appendices aliformes dans lesquelles
on voit tardivement des soies prendre naissance. Ces soies sont
parallèles, aciculées et ne font pas saillie hors des appendices
qui les renferment. Ces derniers sont ainsi assimilables à des
bourgeons parapodiaux de grande taille (fig. G, s, c, c).
L'espace compris entre le segment de la région ciliaire et
la dernière paire de parapodes de la région antérieure du corps,
montre latéralement un petit pinceau de cils vibratiles implantés
sur un mamelon à peine marqué. Je crois avoir observé en ce
point un orifice et je pense que les canaux néphridiens de la
larve doivent aboutir à ce mamelon cilié (fig. 6,^9^ c, v). Dans ce
stade, les canaux excréteurs sont encore peu développés. Ils
commencent à se former dans la région médiane ou ciliaire du
corps; puis, s'étendent en arrière dans les segments post-ciliaires.
Ces derniers se sont passablement modifiés, de la forme larvaire
D à la forme larvaire E. Ils ne sont plus qu'au nombre de
quatre et ont perdu leur forme caractéristique de festons.
Les segments post-ciliaires sont moins larges qu'auparavant ;
mais, se sont allongés. Ils vont en diminuant de taille, du premier
ou métamère antérieur, au quatrième ou métamère anal (fig. 6,
r, j), c). On voit, en examinant la figure 6, que les soi-disant
tubérosités branchiales possédées par les jeunes larves, font
complètement défaut dans le stade E. Ces tubérosités n'étaient
QUELQUES STADES LARVAIRES d'un CHÉTOPTÈRE. 389
que les premiers vestiges des festons qui se sont développés par
la suite, pour disparaître plus tard. J'ai représenté dans la
figure 6 le tube digestif de ma larve, au stade E. Il comprend
une portion œsophagienne allongée répondant à la région para-
podiale du corps; une portion stomacale plus renflée, répondant
à la région ciliaire et aux premiers segments de la région post-
ciliaire ; enfin, une portion terminale assez courte qui débouche
à l'extrémité postérieure du dernier segment post-ciliaire. L'ap-
pendice caudal, les expansions tubuleuses qui l'accom.pagnent
et les protubérances anales ont subi une atrophie complète.
Ayant dû, à ce moment, quitter le laboratoire de Villefranche
pour rentrer à Neuchâtel, j'ai emporté ma larve dans un bocal
d'eau de mer puisée au large. Ce type larvaire est parait-il assez
résistant ; car, il a bien supporté le voyage. Une fois de retour,
j'ai dessiné encore une phase de l'évolution post-embryonnaire
de cette larve ; puis, cette dernière est malheureusement morte
peu de temps après. La figure 7 représente le dernier stade que
j'aie observé, soit le stade F. Le lobe céphalique dorsal fait de
plus en plus corps avec la région parapodiale; il porte deux
tentacules et deux taches oculaires. Le lobe ventral est très
effacé. La région parapodiale est relativement large, aplatie
dorso-ventraleraent. Elle est parcourue sur la ligne médiane
dorsale par un sillon vibratile longitudinal. Ces parapodes bien
découpés sont armés de nombreuses soies dont j'ai déjà décrit
les caractères dans le stade précédent. Le segment à appen-
dices aliformes soutenu par un iaisceau interne de soies aciculées
s'est encore étiré latéralement ^fig. 7, s, c, c). La région post-
ciliaire n'est plus constituée que par deux longs segments résul-
tant de la fusion des métamères primitifs (fig. 7, r,p, c). Cha-
cun d'eux est parcouru par une paire de canaux ondulés longi-
tudinaux représentant des néphridies (fig. 7, n).
Je n'ai pu suivre toutes les métamorphoses post-embryon-
naires de ma larve. Malgré cette lacune, je vais essayer de
390 EU. BÉRANECK.
déterminer à quel genre d'Annélide, cette dernière appartient.
L'ensemble des caractères embryologiques montre que ma forme
larvaire doit être attribuée à une espèce de la famille des
Chétoptérides. Il suffit pour s'en convaincre de comparer les
figures 1 et 2 de ce travail, aux dessins de larves de Chétoptère
et de Phyllochétoptère reproduits par différents auteurs.
Selon Carus ' la famille des Chétoptérides renferme quatre
genres qui sont les suivants: Chœtopterus, Phyllochœtopteriis,
Telepsav?ÂS, Banzania. Nous connaissons les formes larvaires
des trois premiers genres. Les larves de Telepsavus sont méso-
troques, mais elles ne possèdent qu'une couronne ciliaire et que
deux ou quatre taches oculaires. Ces caractères diffèrent trop
de ceux que j'ai observés pour qu'il y ait identification possible
entre le type larvaire Telepsavus et le mien. Les larves de
ChœtqÉems comme celles de PhyUochœtopterus sont mésotroques ;
elles possèdent deux couronnes ciliaires et six taches oculaires.
D'après le dessin de Claparède et Metschnikoff, la larve
de PhyUochœtopterus diffère entre autres de celle de Ciiœtopterus
(Fewkes, Max Muller) par les dimensions et la disposition
des six taches oculaires. Les six taches oculaires des jeunes
Chœtopterus sont distribuées en trois paires, une médiane anté-
rieure et deux latérales postérieures. Ma larve possède deux
€Ouronnes ciliaires et six yeux disposés comme ceux des formes
larvaires de Chœtopterus. Elle appartient selon toute probabilité
à une espèce de ce dernier genre, plutôt qu'à une espèce de
PhyUochœtopterus .
Cette conclusion me parait encore ressortir de l'examen des
stades les plus âgés de ma larve. La région céphalique des
PhyUochœtopterus adultes porte deux paires de tentacules, tandis
que celle des Chœtopterus n'en porte qu'une ; or, même dans les
phases évolutives les plus avancées de ma larve, le lobe cépha-
^ C-ABUS. Prodromus Faiinre M éditer ranese, Pars I, Stuttgart 1884.
QUELQUES STADES LARVAIRES d'uN GHÉTOPTÈRE. 391
lique dorsal de celle-ci ne montre qu'une paire de tentacules.
De plus, le stade E et surtout le stade F, possèdent immédiate-
ment en arrière de la région parapodiale, un segment qui déve-
loppe latéralement deux longs appendices aliformes. Ce seg-
ment répond, comme je l'ai montré, aux deux couronnes ciliaires
primitives, et les appendices qu'il émet sont soutenus par des
soies aciculées qui ne font pas saillie à l'extérieur. Les Chœtop-
terus adultes ont aussi un segment semblable qui occupe dans
le corps de l'Annélide la même position relative et dont les
expansions latérales laissent voir un faisceau interne de soies
de soutien. C'est celui que Joyeux-Laffuie ' dans sa mono-
graphie du Chétoptère qualifie de « douzième segment (premier
de la région moyenne). »
Ce savant dit à ce sujet : * Les auteurs sont loin de s'en-
« tendre sur le nombre de segments que Ton doit faire entrer
* dans cette région (région moyenne). Les uns, comme Lespès
« et Cosmovici placent le douzième segment dans la région supé-
« rieure', tandis que d'autres, comme de Quatrefages, le com-
« prennent dans la région moyenne. Cette dernière opinion,
« acceptée par Jourdain, est aussi celle que j'adopte comme
« étant la plus naturelle. Elle est basée sur des dispositions
« anatomiques que je ferai ressortir en traitant des organes
« internes, dispositions qui n'ont pas encore été signalées. »
La manière de voir de Quatrefages, Jourdain et Joyeux-
Laffuie se justifie non seulement par des dispositions ana-
tomiques, mais encore par des considérations embryogéniques.
Ce segment avec ses appendices aliformes n'appartient pas
à la région parapodiale du corps; il constitue, à lui seul, la
région médiane de la larve. Il mérite même qu'on lui accorde
une attention toute spéciale, car c'est le premier métamère qui
» Joyeux-Lakkuik. Etude monoyraphiqiie du Chétoptère (Clia'toptei'us \;iri(j-
pedatus). Archives de Zoologie expérimentale de Laca/e-Dutliiers. T. VIII,l!Si)0.
* La région supérieure de Joyeux-Laffuie correspond à ma région parapodiale.
392 ED. BÉRAXECK.
se forme duraut l'évolution embryonnaire. C'est aussi le segment
qui subit le moins de modifications pendant les métamorphoses
post-larvaires.
Théoriquement, la région moyenne du Chœtopterus adulte ne
devrait comprendre que ce seul segment, le douzième d'après
Joyeux-Laffuie. Les segments postérieurs à ce douzième, qui
sont passablement nombreux, répondent tous à la région posté-
rieure ou post-ciliaire de la larve, région dont les métamères sont
primitivement semblables les uns aux autres (fig. 1 et 2, r,p, c).
Ces derniers ne tardent pas à se différencier en manchons apla-
tis, légèrement concaves, qui rappellent la forme des segments
XIV, XV et XVI de Joyeux-Laffuie. Cette disposition n'est
que transitoire. La métamérisation de la région post-ciliaire
s'efface même plus ou moins dans les phases larvaires ultérieures
et, par un procédé de fusion, cette région n'est plus composée
que de deux segments, dans le stade F. C'est aux dépens de
ces deux métamères que se formeront, à l'exception du dou-
zième, les nombreux segments des régions moyenne et posté-
rieure de l'individu adulte.
Je viens d'indiquer quelques-uns des caractères sur lesquels
je m'appuie pour attribuer ma larve à une espèce du genre
Chœtopterus; il est encore une similitude d'organisation que je
tiens à relever. La face dorsale de la région parapodiale est
marquée d'une gouttière vibratile longitudinale et médiane chez
le Chétoptère adulte. J'ai retrouvé chez les larves âgées^ prin-
cipalement dans le stade F, un sillon vibratile qui occupe la
même position, et correspond sans doute à la gouttière de l'indi-
vidu complètement développé.
Si ma larve appartient bien au genre Chœtopterus, ce qui me
paraît incontestable, la comparaison de mon plus jeune stade
avec les deux stades encore plus jeunes figurés par Fewkes
montre que cet auteur a eu probablement tort de rattacher
ses deux formes larvaires au genre Phyllochœtopterus. Du reste,
QUELQUES STADES LARVAIRES I)'UN CHÉTOPTÈRE. 393
dans l'explication des figures de sa planche III, Fewkes fait
suivre ce nom de genre d'un point d'interrogation. Les deux
larves décrites par ce savant se rapportent bien plutôt au genre
Chœtoptenis.
En étudiant la série des métamorphoses post-embryonnaires
de ma larve, et en comparant les stades âgés de celle-ci à un
Chétoptère adulte, il en ressort un fait intéressant. A partir du
stade B, la métamérisation de la région parapodiale se marque
par l'apparition des parapodes, et cette région se maintient sans
trop de modifications jusque dans l'individu adulte. Les bour-
geons parapodiaux sont bien découpés, les soies nombreuses et
saillantes, ce qui tendrait à prouver que les formes ancestrales
de ces Annélides étaient errantes. Le segment aliforme qui fait
suite à la région parapodiale acquiert, lui aussi, relativement
tôt, ses caractères définitifs. La tête se constitue de bonne
heure par réduction des lobes céphaliques dorsal et ventral de
de la jeune larve, et par disparition de quatre des six taches
oculaires primitives. Il en est tout autrement de la région post-
ciliaire, dont l'évolution ultérieure est la plus lente et la plus
compliquée. Même au stade F, cette région, qui comprend seu-
lement deux segments, ne possède pas encore les caractères
qu'elle présente dans l'adulte.
Pourquoi les régions antérieure et ciliaire acquièrent-elles
beaucoup plus tôt leur morphologie externe définitive que la
région post-ciliaire ? Je n'ai pas la prétention de donner une
réponse catégorique à cette question. Il me semble qu'on pour-
rait chercher la cause de cette apparente anomalie dans les deux
sources d'énergie organique qui actionnent le développement
embryonnaire : l'hérédité phylogénique, et l'hérédité d'adaptation.
L'hérédité phylogénique tend à reproduire les caractères du
type souche, tandis que l'hérédité d'adaptation tend à repro-
duire les altérations que ces caractères ont subi lorsque l'animal
s'est acclimaté à de nouvelles conditions d'existence. Il est sou-
Rev. Suisse de Zool., T. II. 1894. 27
394 ED. BÉRANECK.
vent très difficile de déterminer, dans l'évolution embryonnaire,
les dispositions organiques qui sont acquises par voie phylogéni-
que de celles qui sont acquises par voie adaptive. Si l'individu
s'est acclimaté à un genre de vie complètement différent de celui
que possédaient ses ancêtres, l'hérédité d'adaptation peut deve-
nir tellement prépondérante qu'elle retentira sur tout le déve-
loppement embryonnaire et réduira au minimum le rôle de l'hé-
rédité phylogénique. C'est le cas chez bon nombre de formes
parasites, les Cestodes, par exemple.
Les Chétoptères dérivent probablement d'ancêtres primitive-
ment libres. Leurs larves mènent pendant un temps assez long
une existence indépendante ; elles ont comme organes locomo-
teurs les couronnes ciliaires et les parapodes. La région para-
podiale qui, dans les jeunes stades, mesure approximativement
la moitié de la longueur du corps, n'en occupe plus que la
sixième partie environ dans l'adulte. Cette régression relative
montre que cette région locomotrice a joué autrefois un rôle plus
important. Cette dernière a conservé plus que le reste du corps
les caractères du type souche ; elle subit surtout l'influence de
l'hérédité phylogénique et sa morphologie s'accuse de bonne
heure. Mais, comment se fait-il que la région parapodiale se soit
maintenue sans trop de modifications, après que les Chétoptères
se furent adaptés à une existence sédentaire ? Remarquons tout
d'abord que les parapodes sont nécessaires à la larve qui, pen-
dant ses métamorphoses post- embryonnaires, mène une vie
errante. P^n outre, ils sont utiles à l'individu adulte; celui-ci
s'en sert pour se déplacer et se fixer dans le tube organique qu'il
habite.
Le segment aliforme des Chétoptères reste à peu près sta-
tionnaire jusqu'au stade D ; lui aussi, a conservé en grande par-
tie les caractères phylogéniques. Ses appendices latéraux ne
sont, que des parapodes plus allongés et plus volumineux que
ceux de la région parapodiale; ils sont encore armés d'un fais-
ceau interne de soies.
QUELQUES STADES LARVAIRES d'uN CHÉTOI'TÈRE. 395
La région post-ciliaire s'étendant chez l'adulte du segment
aliforme au segment anal, est celle qui s'est le plus profondé-
ment modifiée sous l'influence de la vie sédentaire. L'acclimata-
tion à de nouvelles conditions d'existence a développé des dispo-
sitions morphologiques toutes spéciales dans les métamères de
cette région. L'hérédité d'adaptation joue dans cette dernière un
rôle prépondérant ; aussi, les caractères phylogéniques n'y sont-ils
plus visibles que pendant une courte période de l'évolution lar-
vaire. Les modifications organiques dues à l'adaptation sont ici
d'une telle importance, que la région post-ciliaire du Ghœtop-
terus exige des métamorphoses relativement longues et com-
plexes pour acquérir sa constitution définitive. C'est pourquoi,
tout en étant segmentée avant la région parapodiale (hérédité
phylogénique), la région post-ciliaire de la larve revêt si tardi-
vement ses caractères définitifs (hérédité d'adaptation).
Considérations générales.
Jusqu'à présent, il a été signalé, dans les mers d'Europe,
neuf espèces appartenant au genre Ghcetopterus. Ces neuf espè-
ces ne sont pas solidement établies au point de vue zoologique.
Pour Joyeux-Laffuie ' , qui a comparé soigneusement leurs
diagnoses, elles doivent toutes se fondre en une seule, le Chœ-
topterus variopedatus. Si ce point de vue est exact, ma larve
appartiendrait donc au CJiœtopterus variopedatus. Il en serait de
même de la Mesotrocha sexoculata de Max Muller.
Je ne sache pas qu'on ait déjà décrit les premières phases du
développement des Chétoptères européens. Edmund-B. Wil-
son' a comblé cette lacune, du moins en ce qui concerne une
* Joyeux-Laffuie, op. cit., pp. 3i5-3ol.
^ Edmuiid B. Wilson, Observvtions on the early developmental stages of some
polychsetous Annelides, Studies from the Biol. Labor. Hopkins Univers. Balti-
more. Vol. II, 1882.
396 ED. BÉRANECK.
espèce américaine, le Chœtopteruspergamentaceus. L'œuf subit
dans cette espèce une segmentation totale, inégale, et se trans-
forme en une larve, qui se ramène facilement au type Trocho-
phore (WiLSON, op. cit., pi XXII, iig. 81 et 82). Korschelt et
Heider ont reproduit la figure 82 du mémoire de Wilson, à la
page 181 de leur Traité d'embryogénie comparée des Inverté-
brés \ Mais, ils ont omis de représenter le flagellum qui, dans
le dessin original, s'insère un peu au-dessous de la couronne
ciliaire médiane de l'embryon. Ce flagellum n'a probablement
pas, en lui-même, une bien grande importance ; il permet cepen-
dant de déterminer avec précision la situation relative des dif-
férentes couronnes ciliaires, qui se développeront durant l'évo-
lution embryonnaire.
La larve de Ckcetopterns i)ergamentaceus représentée à la
figure 82 du mémoire de Wilson est âgée de 40 heures. Elle
est plus allongée que la Trochophore tj^pe, et ne porte qu'une
couronne ciliaire située dans la région médiane du corps, au-
dessous de l'orifice buccal. Comme je l'ai déjà mentionné, cette
couronne est flanquée de deux longs flagellums, qui lui sont sous-
jacents. Elle est transitoire et a complètement disparu chez les
larves âgées de 5 à 6 jours (Wilson, op. cit., fig. 83 et 84). Les
flagellums par contre se maintiennent plus longtemps ; on voit
par la suite s'esquisser au-dessous d'eux une nouvelle couronne
ciliaire. Celle-ci devient bien accusée chez des larves de douze
jours, lesquelles constituent le dernier stade évolutif du Chétop-
tère, observé par Wilson {op. cit., pi. XXIII, fig. 7 et 8). Cette
couronne, qui n'est donc pas la plus primitive, se développe dans
la région postérieure de l'embryon. Elle persiste dans les stades
larvaires ultérieurs et correspond à la plus antérieure des deux
couronnes ciliaires que possèdent la larve mésotroque de Max
MliLLER et la mienne. Pour s'en convaincre, il suffit de compa-
' Korschelt et Hkidek, Lehrbuch der verglekhenden Enttvickelungsgeschkhte
der Wirbelosen Thiere. Heft I : Jeiia, 1890.
QUELQUES STADES LARVAIRES d'uN CHÉTOPTÈRE. 397
rer les figures 7 et 8 de la PL XXIII de Wilson aux figures
16-18 de la PL III de Fewkes, lesquelles se rapportent k des
stades larvaires un peu plus âgés.
Il ressort de cette comparaison que la plus postérieure des
deux couronnes ciliaires mésotroques qui caractérisent les Ché-
toptères pendant presque toute la durée de leurs métamorphoses
embryonnaires, apparaît le plus tardivement. Ces deux couron-
nes naissent dans la région du corps oii se formera le premier
métamère (futur segment aliforme). Les autres métamères qui
se développent en arrière de ce futur segment aliforme, portent
aussi de délicates couronnes ciliaires le long de leur ligne de
démarcation (fig. 1 et 2 r, p, c).
Ainsi, les larves de Chœtopterus passent par un stade évolutif
dans lequel elles ne possèdent, comme celles du genre voisin
Telepsaviis, qu'une couronne ciliaire persistante. C'est là, cer-
tainement, une disposition ancestrale commune à tous les genres
de la famille des Chétoptérides. La deuxième couronne ciliaire
des Chœtopterus et des Phi/llochcetopterus constitue sans doute
une acquisition secondaire, laquelle pourrait bien être liée à une
segmentation plus précoce de la région postérieure de la larve.
Cette segmentation précoce doit influer sur la répartition des
cils vibratiles, ainsi que le montrent les fines couronnes ciliaires
accessoires qui séparent les segments terminaux du corps dans
mes stades A et B. Nous retrouvons une distribution métaméri-
que des cils non seulemement chez les larves de bon nombre
d'Annélides, mais encore chez celles de certains Mollusques, les
Fiietimodermon, pai- exemple.
Les couronnes ciliaires qui, par leur nombre et leur position,
-caractérisent les stades larvaires des Annélides Polychètes, n'ont
qu'une importance très relative au point de vue phylogénique.
Elles apparaissent, du reste, à des phases différentes du déve-
loppement embryonnaire et ne sont pas toujours comparables
«ntre elles. Les termes de Atroques, Monotroques, Télotroques,
398 ED. BÉRANECK.
Poly troques, Mésotroques, etc. par lesquels les zoologistes
désignent diverses formes de larves d'Annélides, ne se rapportent
pas à des dispositions nettement définies et typiques des cou-
ronnes ciliaires possédées par ces larves.
Une même espèce peut être successivement Mésotroque,
Atroque, Télotroque suivant que l'on étudie tel ou tel de ses
stades évolutifs. Ainsi, la larve décrite par Max Mûller sous
le nom de Mesotrocha sexoculata est caractérisée par deux cou-
ronnes ciliaires médianes. Le terme de Mésotroque paraît se
justifier pleinement dans le cas qui nous occupe, et cependant
il n'en est rien. Considérons cette larve à un état moins avancé
de son développement, et nous constaterons que la plus anté-
rieure de ces deux couronnes médianes — qui est aussi la pre-
mière formée — apparaît dans la région péri-anale (Wilson,
op. cit., PI. XXIII, fig. 8). Cette phase télotroque est précédée
par une phase atroque dans laquelle la larve est couverte de
cils vibratiles, mais ne montre pas de couronne ciliaire propre-
ment dite. (Wilson, PI. XXII, fig. 83 et 84). Enfin, dans un
stade encore plus jeune, il existe une couronne ciliaire médiane,
mésotroque, qui ne tarde pas à s'atrophier. Celle-ci est proba-
blement l'homologue de la couronne ciliaire post-orale de la
Trochophore (Wilson, PI. XXII, fig. 81 et 82).
Les faits que je viens de citer prouvent que la mésotroquie
présentée par la larve de Chœtopterus relativement âgée (stades
de Max Muller, op. cit., fig. 7 et 8 et les miens, fig. 1, 2) n'a
pas la même signification morphologique que la mésotroquie de
la toute jeune larve. Ces deux stades à mésotroquie non corres-
pondante, sont reliés l'un à l'autre par une phase atroque et par
une phase télotroque à une seule couronne ciliaire péri-anale.
D'après ce qui précède, pour différencier les diverses formes
larvaires d'Annélides, on ne doit pas attacher une bien grande
importance au nombre et à la position des couronnes ciliaires.
Ces caractères se modifient, en effet, dans le cours du dévelop-
pement embryonnaire.
QUELQUES STADES LARVAIRES d'uN CHÉTOPTÈRE. 399
Il importe toutefois de remarquer que certaines de ces cou-
ronnes ciliaires ont une valeur phylogénique générale incontes-
table. Ce sont celles qui, dans les toutes jeunes larves, peuvent
être déduites des couronnes ciliaires de la Trochophore, et rap-
pellent ainsi une disposition pliilogénique. Les couronnes trocho-
phorales sont au nombre de deux ; l'une pré-orale, l'autre post-
orale. Leur persistance ou leur atrophie dans l'évolution em-
bryonnaire des Annélides constituent, me semble-t-il, des
caractères différentiels plus importants que ceux tirés du nombre
et de la position de formations ciliaires qui ne sont pas même
comparables entre elles. En se basant sur ces caractères diffé-
rentiels qui se rapportent à une disposition ancestrale commune
plus ou moins bien conservée dans l'ontogenèse des espèces
actuelles, on peut diviser les larves d'Annélides en quatre
groupes :
1° Les EuTROQUES qui ont conservé les deux couronnes
ciliaires de la forme souche. Ex. Polijgordius, EcJiiurus.
2° Les Céphalotroques qui n'ont conservé que la couronne
pré-orale de la Trochophore. Ex. Lepidonotus, Sjilo, Fliyllodoce.
3*^ Les Mésotroques chez lesquelles la couronne post-orale
a seule persisté. Ex. Chœtopterus.
4^ Les Atroques chez lesquelles les deux couronnes trocho-
phorales se sont atrophiées, ou peut-être n'ont jamais existé.
Ex. Sternaspis, Clymenella (?)
Pour éviter les erreurs possibles dans la détermination du
groupe auquel appartient telle ou telle larve d'Annélide, il
importe d'étudier les stades les plus jeunes de celle-ci; car, les
couronnes trochophorales sont parfois transitoires. C'est le cas
chez les Chétoptères ainsi que je l'ai établi dans le cours de ce
travail.
La répartition des larves d'Annélides en quatre groupes, telle
que je viens de l'esquisser, n'a qu'une valeur relative. Elle
repose sur un seul caractère différentiel larvaire, la persistance
400 ED. BÉRANECK.
OU l'atrophie des couronnes ciliaires trochophorales, et ce carac-
tère n'implique pas nécessairement des affinités zoologiques
étroites entre les larves qui le possèdent. Mais, cette répartition
a l'avantage de s'appuyer sur la distribution de formations
ciliaires comparables entre elles. Les types larvaires des Anné-
lides sont ainsi mieux définis, plus stables que dans la nomen-
clature actuellement admise.
Le groupe des larves Atroques est le moins bien caractérisé,
puisqu'il est basé sur une disposition organogénique négative :
l'absence des couronnes ciliaires trochophorales. Cette absence
est-elle due à une atrophie ou répond-elle à un état larvaire
encore plus primitif que celui de la Trochophore ? Nous ne pou-
vons répondre à cette question que par des hypothèses. Nous
devons être très prudents dans nos affirmations à cet égard.
Peut-être une étude plus complète du développement des larves
Atroques, montrera-t-elle que l'absence complète des couronnes
trochophorales est moins fréquente qu'on ne le suppose. Clapa-
EÈDE et Metschnikoff ont figuré une larve atroque qu'ils
attribuent avec hésitation au genre Lumhriconereis. Fewkes a
étudié soigneusement l'évolution d'un Ltimbriconereis et a des-
siné, dans toute une série de stades larvaires, une couronne
ciliaire peu saillante située au-dessus de l'orifice buccal. Celle-
ci ne tarde pas du reste à s'effacer; par sa position, elle répond
certainement à la couronne pré-orale de la Trochophore. Il est
probable que la larve décrite par Claparède et Metschnikoff
sous le nom de Lumhriconereis appartient^ en réalité, à un
autre genre d'Annélides. Mais, en voyant combien les couronnes
ciliaires primitives s'altèrent, se dégradent, pendant le déve-
loppement de certaines formes larvaires, on ne peut s'empêcher
de supposer que le type atroque est dû à une altération de la
forme Trochophore ancestrale.
Je terminerai cette communication par quelques réflexions
relatives à la place qu'occupe la famille des Chétoptérides dans
QUELQUES STADES LARVAIRES d'uN CHÉTOPTÈRE. 401
la classe des Annélides. On allie généralement les Chétoptérides
aux Spionides, et l'on a même créé un genre Spiochœtoptenis
pour montrer les affinités zoologiques qui existent entre ces
deux familles. Ces affinités sont beaucoup plus superficielles que
réelles. Elles s'appuient sur certaines ressemblances extérieures,
mais ne sont pas consacrées par les données embryogéniques.
Le développement larvaire des Spionides " diffère, en effet, com-
plètement de celui des Chétoptérides.
L'organisation anatomique des Chétoptérides et surtout l'his-
toire de leurs métamorphoses, permettent d'assigner à cette
famille une place à part dans la classe des Annélides. La larve
des Chétoptères, qui se ramène à une forme Trochophore un peu
simplifiée, subit, comme nous l'avons vu, une lente évolution.
Elle acquiert tardivement les dispositions morphologiques qui
caractérisent l'individu adulte, et reste longtemps asegmentée.
Sa région céphalique diffère de celle des autres Annélides en ce
qu'elle est constituée par deux lobes : l'un dorsal, l'autre ven-
tral. Le lobe dorsal, qui se dessine très tôt dans l'ontogenèse,
répond à la région pré-orale de la toute jeune larve. Le lobe
ventral apparaît plus tardivement et répond au bord post-oral
de la bouche primitive, lequel se développe d'arrière en avant
et finit par prendre une plus grande extension que le lobe
dorsal.
Les Chétoptères constituent, par l'ensemble de leurs carac-
tères embryogéniques, un groupe à part. Ils représentent un
phylum particulier de la classe des Annélides. Leurs ancêtres
ont probablement mené tout d'abord une existence libre, errante,
puis ils se sont adaptés à une vie sédentaire. Cette adaptation,
qui a retenti d'une manière générale sur tout l'organisme des
Chétoptérides, a surtout contribué à modifier la morphologie de
la région postérieure du corps de ces derniers. Cette région s'est
' Voir Fewkes, op. cit., PI. I et II.
402 ED. BÉRANECK.
allongée et ses segments, en s'adaptant aux fonctions nouvelles
qu'ils avaient à remplir, ont perdu leurs soies parapodiales pri-
mitives. Ils ont acquis des caractères spéciaux ; de sorte que leur
liomologie avec les segments antérieurs parapodiaux devient
souvent difficile à établir dans l'individu adulte, quoiqu'elle soit
des plus manifestes durant l'ontogenèse.
NOTICE MORPHOLOGIQUE
SUK I.KS
GRYLLOTALPIENS
PAK
MM. H. DE SAUSSURE et L. ZEHNTNER
Avec les Planches XVI et XVII.
La tribu des Gryllotalpiens forme, dans la famille des Gril-
lides, et même parmi les Orthoptères sauteurs, un groupe en
apparence très nettement séparé.
On a jusqu'à ce jour basé ce groupe sur les caractères sui-
vants :
Pattes antérieures fouisseuses, ayant leurs tibias transformés
en instrument aratoire. Femelles dépourvues d'oviscapte.
Le fait de posséder des pattes fouisseuses, de même que les
habitudes souterraines de ces insectes, rattachent les Gryllotal-
piens péremptoirement à la famille des Gryllides et particuliè-
rement à la tribu des Grylliens.
Quant à l'absence d'oviscapte, elle constitue, parmi les Or-
thoptères sauteurs, une exception unique. Comme l'oviscapte est
formé aux dépens des deux derniers segments de l'abdomen,
son absence entraine une différence très frappante dans la com-
position et le nombre apparents des pièces de cette partie du
corps. Les derniers segments ventraux n'étant pas modifiés
404 H. DE SAUSSURE ET L. ZEHNTNER.
chez les femelles pour la formation de l'oviscapte, l'abdomen
dans ce sexe ne diffère pas essentiellement dans sa composition
de celui des mâles.
L'absence d'oviscapte est, comme on le comprend, une cou-
séquence du genre de vie souterrain. Des insectes vivant dans
des galeries et creusant des excavations pour y construire leurs
nids n'ont besoin d'aucun instrument perforant pour y déposer
leurs œufs.
Les pièces anales des Gryllotalpiens offrent du reste, d'un
genre à l'autre, des différences si singulières que leur analyse
présente un intérêt particulier, et comme elle n'a jamais été
faite d'une manière complète, nous avons été conduits, en nous
occupant de ce groupe d'insectes, à lui accorder quelque atten-
tion.
Disons sans plus tarder que la diagnose ci-dessus donnée de
la tribu des Gryllotalpiens n'est pas exacte, attendu que dans
l'un des genres qui la compose, on trouve chez les femelles un
oviscapte parfaitement caractérisé.
L'abdomen des Orthoptères doit être considéré comme com-
posé de 10 segments complets, en comptant comme tels :
1° Le segment de sa base, désigné sous le nom de médiaire,
parce qu'il établit la liaison entre le thorax et l'abdomen, et
qu'il participe en partie encore aux caractères du thorax.
2" L'anus formé d'une plaque tergale et de deux plaques ou
valvules ventrales \
' Gouinie dans les descriptions d'espèces on ne compte généralement pas le
segment médiaire, vu les apparences diverses qu'il revêt, il est essentiel de dire
que dans l'analyse qui suit, nous le comptons toujours comme formant le 1er seg-
ment de l'abdomen, d'où résulte que l'anus devient le lO^e segment.
Pour plus de brièveté, et pour tout ce qui concerne la composition de l'abdo-
men dans les Orthoptères, nous renvoyons à l'excellent mémoire de M. Gh.
Brunnkr de Wattenwyl : Die morphologische Bedeutung der Segmente, speciell
dea Hinterleibes, bel den Orthopteren, Wien, 1876, en adoptant la même numé-
rotation pour les tergites el les ventrites de l'abdomen, ce qui nous dispense d'en-
trer ici dans de longs détails sur la composition typique de cette partie du corps.
NOTICE SUR LES GRYLLOTALPIENS. 405
Les deux appendices apicaux qui se retrouvent dans tous les
Orthoptères, soit les cerci, appartiennent au 10'"^ segment et
doivent être considérés comme étant une expansion de la mem-
brane pleurale de ce segment. M. Brunner de Wattenwyl
suppose qu'ils pourraient être le résultat d'un développement
des stigmates de ce segment. Quoi qu'il en soit, il faut les consi-
dérer comme étant des appendices latéraux et non une dépen-
dance des valvules de l'anus. Ces appendices, souvent composés
d'une seule pièce, ont une tendance à se segmenter en articles
plus ou moins nombreux et plus ou moins bien séparés. Chez
les mâles, ils prennent souvent des formes très accentuées et
jouent alors un rôle positif dans l'acte de l'accouplement.
Les Grijllotalpiens se divisent comme suit au point de vue de
leurs pièces anales :
1.) L'abdomen ordinaire, u'ottVant d'autres appendices que les
cerci. Femelles sans trace d'oviscapte. Mâles offrant un
pénis charnu renforcé de pièces cornées. Oryïlotalpiies Sauss.
1,1.) L'abdomen portant, outre les cerci, deux appendices anaux,
placés en dessous des premiers. Le pénis chez les mâles non
apparent (rétractyle?). Tridadylites Sauss.
2.) Femelles dépourvues d'oviscapte. O. tridadylus Latr.
'2,2.) Femelles munies d'un oviscapte corné très court. G. Rliipip-
teryx Newm.
GRYLLOTALPITES
Dans ce groupe, l'abdomen a, chez les deux sexes, la même
composition apparente, offrant 10 tergites et 9 ventrites dis-
tincts.
L'anus est formé par les trois valvules habituelles (tig. 1,2,
8, 9, vs, vi), coriacées extérieurement, charnues intérieurement.
La valvule supérieure vs (soit la plaque suranale) est le résul-
tat d'un prolongement médian du dernier tergite (^), et les deux
406 H. DE SAUSSURE ET L. ZEHNTNER.
valvules inférieures (vi) représentent le dernier (10™^) segment
ventral.
Le dernier tergite (^) est en apparence court et transversal,
recouvrant la base des cerci (c) par ses côtés, et la valvule
supérieure de l'anus (vs) semble souvent former un segment
séparé (fig. 8), mais il n'en est rien : cette valvule appartient en
réalité au dernier tergite, et constitue, avec la partie basiliaire
de ce segment, un seul tout ; elle n'en est séparée que par une
sorte de gouttière transversale.
Les valvules anales inférieures (vi) représentent, avons-nous
vu, le 10™'^ segment ventral divisé en deux parties. Au-dessous de
ces valvules, on peut encore distinguer une sorte de lame mem-
braneuse transversale (fig. 9, m) qu'il faut peut-être considérer
comme une dépendance de la membrane d'union entre les 9"^® et
10°^'ventrites, et qu'on pourrait au besoin envisager comme étant
l'arceau correspondant à la pièce basiliaire (^) du 10™' tergite \
A sa face ventrale, l'abdomen offre entre les deux sexes une
légère différence.
Che^! les femelles: (fig. 1), le 8™^ ventrite est rétréci, arrondi
en arrière. Le 9"® est transversal, court, souvent rétréci et
apparent seulement de chaque côté, recouvert au milieu par le
8™^. Dans les nymphes et dans les larves, le 9°^® segment est
plus grand, saillant et très apparent ; c'est seulement chez les
femelles adultes qu'il se raccourcit, avec tendance à s'invaginer,
sans doute pour faciliter l'acte de l'accouplement.
Che^ les mâles : (fig. 2), les ventrites sont tous très appa-
rents. Le 9™*^ est court et transversal ' .
' Lacazk-Duïhiers {Ann. des Se. nat., t. XVII, 1852, p. 208, pi. 10 à 12)
compte à l'abdomen 11 segments. Pour lui, l'anus forme le lime segment, com-
posé des trois valvules anales. L'auteur sépare la valvule dorsale du lO^e tergite;
la lame membraneuse ventrale invaginée représenterait le ventrite du lOine seg-
ment. Cette manière de compter ne nous semble guère admissible en pratique,
car la plaque suranale ne forme qu'un seul tout avec le IQme tergite.
'^ H. ueS.\ussurk, Mélanges orlhoptérologiques, 5e fasc, pi. 11, lig. I, 6-8. La
fiL'ure 7(9) n'est pas exacte, le 9me ventrite n'ayant pas été représenté.
NOTICE SUR LES GKYLLOTALPIENS. 407
Le pénis (fig. 3), placé sous l'anus et recouvert en dessous
par la plaque sous-génitale (9'"<' ventrite), est formé par une
masse charnue arrondie (p), parcourue en dessus par une gout-
tière (g), servant probablement à conduire la liqueur séminale
et offrant à sa base une dépression (/') L'organe est renforcé
par des pièces cornées dont l'ensemble se rapproche de la forme
d'une ancre (fig. 3, brs; 4, 5), comme l'a indiqué M. Brunner
DE Wattenwïl (/. c, p. 11), mais de configuration variable
suivant les espèces.
Cet appareil se complète par deux autres pièces cornées qu'il
faut considérer comme étant les homologues des titiUatores
(Brunner) ou crochets, si apparents chez les Blattides, Man-
tides et autres Orthoptères, mais qui, chez les Gryllotalpiens,
ne se se révèlent que par la dissection des pièce génitales.
Les pièces cornées du pénis revêtent, comme il vient d'être
dit, dans chaque espèce des formes particulières.
Gri/Uotalpa vidgaris. Dans cette espèce, l'ancre (fig. 4, 5) se
compose d'une branche médiane aplatie (ai) et d'un arc trans-
verse (b) placé en dessus et un peu de champ, et soudée à la
branche médiane. Les deux extrémités de l'arc se terminent par
un élargissement bifurqué^ qui se présente sous des apparences
très différentes, suivant le côté par lequel on les regarde. Son
apophyse antérieure (fig. 4, 5, s) est un peu crochue au bout;
la postérieure (r), vue par sa face supérieure (fig. 4), apparaît
comme aplatie et arrondie à son extrémité; vue de profil (fig. 5)
elle est comme subulée. L'arc en place, vu en dessus, dans son
ensemble (fig. 3), apparaît sous la forme d'une couronne à deux
dents b (comp. L. H. Fischer, Orthop. Europ., tab. III, fig. 4).
La branche longitudinale est large et déprimée. En arrière,
elle dépasse un peu la branche transversale (fig. 3, 4, 5, ^); à son
extrémité antérieure a elle est dilatée de chaque côté. En des-
sous (fig. 5), elle est plate et même un peu concave. Vue in situ,
la branche longitudinale (fig. 3, i) paraît fort courte, parce que
sa partie moyenne et antérieure o est vue en raccourci.
408 H. DE SAUSSURE ET L. ZEHNTNER.
L'ancre tout entière est mobile et, suivant les contractions
du pénis, sa branche médiane (o) peut s'avancer jusqu'à l'extré-
mité des dépressions f (fig. 3). Ce mouvement de l'ancre joue
probablement un rôle dans l'acte de l'accouplement et dans la
fécondation de la femelle.
Les titillateurs forment deux pièces cornées libres, engagées
au-dessous de l'ancre et la débordant en avant (fig. 3, t). Ils se
composent chacun d'une lame tordue dont l'extrémité est élar-
gie et courbée en forme de spatule (fig. 6, 7, c), tandis que leur
partie basilaire (e) est dilatée en dessus en forme de triangle
(fig. 7) et se termine en avant par un prolongement spiniforme.
Ces organes sont mobiles, pouvant glisser d'avant en arrière,
il est possible que, dans l'accouplement, leur épine terminale
atteigne la vulve de la femelle.
Gr. africana. La branche transverse de l'ancre (fig. 10,
11, &) est doublement arquée, et la branche longitudinale (o)
est plus étroite. A sa face inférieure, celle-ci semble être percée
(fig. 11); à sa face supérieure, elle offre deux corps blanchâ-
tres charnus (fig. 10, v) d'une apparence glandulaire. Cette
branche repose dans une dépression triangulaire du pénis, qui
se termine par deux replis en sillons disposés en forme de V.
Les branches latérales de l'arc transversal sont grêles, forte-
ment recourbées en dessous (fig. 12) et terminées d'une manière
arrondie et à peine dilatée. Les titillateurs (fig. 13) sont soudés
en une seule pièce. Leurs ailerons latéraux (c), tordus comme
chez le Gr. vulgaris, sont excavés en forme de cuillère et
recourbés en haut, convexes en dessous (fig. 14, branche gau-
che).
Les Scapteriscus ne semblent pas offrir dans le pénis de dif-
férences génériques. Chez le Se. didadylus L. (fig. 15), l'arc de
l'ancre et la branche longitudinale sont partagés par une ligne
membraneuse longitudinale, et les extrémités latérales de l'arc
sont divisées en deux cornes à peu près comme chez la Gryllo-
NOTICE SUR LE8 GRYLL0TALPIEN8. 409
talpa vulgaris. Les deux t'dillateurs (fig. 16) sont indépendants
l'un de l'autre comme chez cette espèce.
Sous le rapport de l'armature du pénis, les Scapterisais diffè-
rent bien moins de la Gryllotalpa vulgaris que la Grillotalpa
af ricana ne diffère de cette dernière, aussi peut-on envisager le
genre Scapteriscus moins comme un genre naturel que comme
un genre de convenance.
Genre Cylïndrodes Gray. Ce genre, encore mal connu, offre
des formes aberrentes. L'abdomen est très long, grêle et cylin-
drique, mais ses pièces anales ne semblent différer de celles des
Gryllotalpa que par leurs proportions. Nous ne pouvons malheu-
reusement les décrire que d'après un seul individu, en fort
mauvais état, dont le sexe reste incertain, mais que nous sup-
posons être une femelle.
L'extrémité de l'abdomen (fig. 17-19) est à peine rétrécie
(sur la figure donnée par Gray elle est même plutôt renflée). Le
gme segment dorsal (fig. 17) est très long, convexe, faiblement
arrondi au bout. Le 10"'« dépasse à peine le 9"^® et n'apparaît
que sous la forme d'une étroite bande transversale presque
linéaire (fig, 18, ^), mais il se prolonge au milieu comme d'ha-
bitude pour former la plaque suranale. Celle-ci est rabattue en
bas dans notre individu desséché. Les cerci sont très courts,
ovalo-coniques, non divisés en articles. Le 9""^ segment ventral
(fig. 18) est arrondi en forme de dé à coudre. Après l'avoir
enlevé, nous avons trouvé en arrière des valvules anales une
sorte de bourrelet charnu (fig. 19^ h) dont les angles se prolon-
gent en arrière sous la forme de deux dents coriacées. C'est
peut-être là le pénis ; mais cette masse desséchée est trop défor-
mée pour qu'il nous soit permis de rien affirmer de positif à cet
égard. Nous n'avons trouvé ni ancre, ni titillateurs, ce qui nous
a fait supposer que notre individu est une femelle.
Rev. SnssE DE ZooL., T. II. 1894. 28
410 H. DE SAUSSURE ET L. ZEHNTNER.
TRIDACTYLITES
Ces insectes forment un groupe entièrement séparé. Seuls
parmi les Orthoptères, ils possèdent dans les deux sexes 4 ap-
pendices postérieurs.
Les deux appendices surnuméraires (fig. 21-24, a) sont pla-
cés au-dessous des cerci et leur ressemblent, étant de forme
allongée, cylindrique ou subcomprimée, et étant ciliés comme
les cerci. L'iiomologie de ces appendices n'a point encore été
établie ' . La dissection montre que ce ne sont pas des organes
spéciaux, mais de simples processus des valvules inférieures
de l'anus (fig. 23, a).
Les fonctions de ces appendices sont difficilement explica-
bles; elles semblent toutefois être en rapport avec les mœurs
aquatiques des TridadyUens, puisque ces organes ne se retrou-
vent pas chez les autres Orthoptères. Peut-être servent-ils à
appuyer à la surface de l'eau pour soutenir la partie postérieure
du corps. Les pattes postérieures n'étant organisées que pour
le saut et pour la propulsion, et n'offrant pas comme les autres
pattes un tarse capable de se poser à plat sur la surface liquide,
mais se terminant par des éperons aigus, ne peuvent en effet
guère remplir que dans l'eau les fonctions de rames. Il est pro-
bable aussi que les deux appendices surnuméraires combinés
avec les cerci servent, grâce à leurs poils, à retenir une certaine
quantité d'air autour du corps, comme le font aussi les fémurs,
lorsque ces insectes sont submergés.
L'abdomen des Tridactyliens offre tantôt la même composition
que celui des Gryllotalpiens, tantôt une composition différente en
^ On a lieu d'tMre surpris qu'aucun auteur n'ait cherché à éhicider la signiti-
cation de ces appendices. M L. Dufour, ni Foudras, qui ont cependant trouvé
en abondance des Tndadylus vivants, ne se sont occupés de ces appendices.
L.-U. Fischer n'a pu y réussir, n'ayant possédé, à ce qu'il paraît, qu'un ou
deux individus dessécliés de chaque sexe.
NOTICE SUR LES GRYLLOTALPIENS. 411
€e que, chez les femelles, les deux derniers segments ventraux
sont transformés et forment un oviscapte.
Le 10"*' tergite est quelque peu différent suivant les sexes.
Chez les femelles (fig. 21, 25, 31), il se divise en trois par-
ties; deux latérales (l), représentant le lO'"® tergite propre-
ment dit (fig. 8, 21, ^) et une médiane (m plaque suranale),
prolongée entre ces dernières, plus ou moins cordiforme, lors-
qu'elle est dépliée (fig. 31, vs), étroite, creusée en gouttière,
comprimée, et à bords relevés, lorsqu'elle est dans sa posi-
tion naturelle (fig. 21, 25). Cette partie médiane est la seule
apparente en dessus, les parties latérales étant en général
recouvertes par le segment précédent.
Chez les mâles (fig. 24, 28), la partie médiane, ou plaque
suranale (vs) est en général plus large, plus carrée et moins
ployée. Le pénis n'est pas apparent, étant probablement entiè-
rement rétractile, et ne semble pas porter d'ancre ni de titilla-
teurs.
Genre Teidactylus.
Femelles. Les deux derniers segments ventraux ont une ten-
dance à se fendre longitudinalement dans le but manifeste de
former un oviscapte (fig. 20). Le 8"' segment, qui correspond
à la plaque sous-génitale 9 ^^^ Orthoptères munis d'un ovis-
capte, offre, au milieu de son bord postérieur, une petite échan-
crure; de même que la plaque sous-génitale des Locustides.
Ce segment est suivi d'une dépendance ou plaque cornée (u)
divisée en deux moitiés et formant comme deux valves dé-
ployées. Il est probable qu'en se rapprochant pour former un
angle dièdre, ces deux valves servent à conduire les œufs, rem-
plissant les fonctions d'un oviscapte. Dans sa position habi-
tuelle, cette pièce fendue n'est guère visible, étant presque en-
tièrement recouverte par le 8'"^ ventrite. Elle est incontestable-
ment l'homologue des deux valves inférieures de l'oviscapte des
412 H. DE SAUSSURE ET L. ZEHNTNER.
Orthoptères sauteurs et doit être considérée suivant le système
de M. Brunner de Wattex^atl, comme formé par la mem-
brane du 8™^ segment ventral.
Le dernier ou 9"»^ segment ventral apparent est plus ou moins
arrondi. Il est divisé par un sillon longitudinal indiquant une
tendance à se partager en deux moitiés, qu'il faut considérer
comme étant les homologues des valves supérieures de l'ovis-
capte '.
Mâles. L'apparence extérieure des derniers segments ven-
traux est sensiblement la même que chez les femelles, mais avec
cette différence que l'annexe du 8™^ segment n'existe pas et que
le bord postérieur de ce segment n'est pas échancré. Enfin, le
Qme segment n'est pas partagé par un sillon longitudinal. Ce n'est
guère qu'à l'absence de ce sillon et à l'absence de l'échancrure
du 8"® segment que l'on peut distinguer les mâles des femelles,
car l'annexe du 8™^ segment Ç) est en général, comme il a été
dit, invaginé et peu ou pas apparent.
Dans les deux sexes, le 10™^ tergite ou segment anal, est
corné dans ses parties antérieures et latérales et sa partie cor-
née se divise en plaques diverses (fig. 24).
Les valvules inférieures de l'anus (fig. 23, vï) restent seules
membraneuses, mais elles ont leur bord latéral chitinisé.
Lescerci(fig. 21-24, c) ne sont composés que de deux arti-
cles et les appendices anaux {a) n'offrent aucune trace de divi-
sion.
^ L.-H. Fischer a figuré presque exactement l'abdomen Ç des Tridactylus. Il
signale la différence qui règne entre les sexes dans la forme du 8rae segment ven-
tral. Il semble avoir distingué l'annexe de ce segment chez les femelles, mais
sans avoir remarqué que cette pièce est partagée en deux moitiés. En revanche,
il flgure le 9n»e ventrite comme s'il était réellement divisé en deux parties
séparées. Fieber accorde un oviscapte aux Tridactylus {Xya) 9 . Il faut suppo-
ser qu'il a eu sous les yeux un Rhipipteryx. et que, ne connaissant pas ce genre,
il l'a pris pour un Tridactylus.
NOTICE SUR LES GKYLLOTALPIENS. 413
Genre Rhipipteryx.
Dans ce genre, les femelles possèdent un véritable oviscapte
corné, très court, il est vrai, et qui rappelle celui des Acri-
dides.
Femelles. Le 10'"^tergite est divisé en trois parties, comme
chez les Trklactyliis (fig. 25, 31). Les deux parties latérales
(fig. 31, /) sont très apparentes. La partie médiane (t;s), ou
plaque suranale, lorsqu'elle est dépliée (fig. 31) est large et cor-
diforme, mais dans sa position habituelle (fig. 25) elle est com-
primée, ployée, à bords relevés, se présentant sous la forme
d'une raquette excavée au milieu. La base de cette partie^ d'ha-
bitude recouverte par les pièces latérales, porte des plaques
cornées (fig, 31). Les cerci (c) sont faiblement articulés (com-
posés de 9 articles, plutôt indiqués que séparés) et la base de
ces organes est renforcée par des pièces cornées (fig. 31). Les
deux appendices {a) sont assez gros et très obtus : chez les
femelles, ils sont parfois comme partagés au milieu, formant
deux articles imparfaitement séparés (fig. 31, R. mexicana Sss.)
L'extrémité du tube intestinal (?) passe sous la base du 10""^ seg-
ment pour aboutir à l'anus. Il est recouvert en dessus par un
arc corné non adhérent (fig. 31, r), qui tient aux pièces laté-
rales du 10'"^ tergite. En dessous (fig. 32), le tube intestinal
est fermé par une membrane qui le réunit aux valvules anales
et ne laisse apparaître que l'extrémité de la valvule supérieure.
A la face ventrale de l'abdomen, on ne trouve que 8 seg-
ments, mais ils sont suivis d'un oviscapte corné, très court
<fig. 26, 27), formé :
1° De deux valves inférieures (fig. 26, 27, u), échancrées en
dessous et terminées par une pointe grêle, souvent recourbée
•en bas suivant les espèces.
2" De deux valves supérieures formées par le 9'"*^ segment,
414 H. DE SAUSSURE ET L. ZEHNTNER.
et qui sont certainement les homologues de la 9'"'' plaque ven-
trale des Tridactylns, tandis que les valves inférieures sont les
homologues de la pièce fendue annexe du 8"^® ventrite que l'on
trouve chez ces derniers (^fig. 20, ii). Le 8"°® segment ventral
proprement dit (fig. 26) porte au milieu une petite échancrure.
comme chez les Tridadylus.
Les valves intermédiaires de l'oviscapte manquent ou n'exis-
tent qu'à l'état rudimentaire.
3Iâles (fig. 28-30). Chez les mâles, le 9'"« segment dorsal
est peu apparent, souvent seulement par ses angles {ûg. 28) ;
parfois tout à fait invaginé (Bh. mexicana). Le lO"*® segment,^
ou segment anal, a ses côtés chitinisés. La plaque suranale
(fig. 28,i;s) est étroite et ployée ou faiblement cannelée (fig. 35).
Elle porte de chaque côté un appendice lamellaire (fig. 28)
allongé et densément strié en travers, de même longueur que
la plaque et qui parait être articulé à sa base. Ces appen-
dices, qui sont probablement le résultat d'une segmentation
de la plaque suranale semblent pouvoir s'écarter et se
placer transversalement, recouvrant par leur extrémité la base
des cerci (fig. 35). Les deux appendices anaux [a) ne sont pas
divisés (comme chez les femelles de certaines espèces, fig. 31) ;
ils sont larges et comprimés (fig. 30) et de forme variable sui-
vant les espèces. Les valvules inférieures de l'anus (fig. 33, vi)
sont assez longues; elles offrent, comme chez les femelles, des
plaques cornées (fig. 28, 34,='=). Dans la Rli. mexicana ç^ {fig. 34)
la dernière de ces plaques, occupant le bord postérieur des val-
vules inférieures de l'anus, forme un crochet (*) qui semble être
libre et mobile, et qui imite les titillateurs de divers Orthoptères
sauteurs, mais ces crochets n'appartiennent point au pénis et
sont ici purement adventifs. Le 9'"" segment ventral, ou plaque
sous-génitale, est débordant ou arrondi (fig. 28-30, 35-37, 9i).
Les pièces anales sont du reste chez les mâles, et suivant les
espèces, très variable dans leurs formes et dans leurs proportions.
NOTICE SUR LES «RYLLOTALPIENS. 415
Ainsi chez le Rh. qjampennis (tig. 35, 36), l'extrémité de
l'abdomen est fortement dilatée comme chez les mâles de
certains Acridiens (Caloplemcs), quoique d'une manière diffé-
rente en ce qui concerne la forme des derniers segments.
Chez cette espèce les cerci (c) et les appendices anaux (a)
sont très courts : ces derniers un peu arqués ; les lanières laté-
rales de la plaque suranale sont étroites et transversales, et la
base du 10°"^ segment dorsal est fortement relevée et extraordi-
nairement dilatée en forme de conche cornée, formant de chaque
côté un processus comprimé qui dépasse énormément l'abdomen
en largeur. (Il est toutefois à supposer que l'individu figuré a
ses pièces génitales déployées, ayant probablement été pris
in copula.) En dessus, le 6"»^ segment est très court et recouvre
les 7°»« et S'n« tergites (fig. 36).
L'étude des nombreuses espèces de ce genre révélerait encore
d'autres modifications. Ainsi chez la Itli. Brullei Sss. les appen-
dices anaux sont comprimés et dilatés en massue; chez la
Rh. forceps Sss. ils sont arqués et dilatés au bout de manière à
former ensemble une tenaille (fig. 37), etc.
Ohs. 1. Entre les mâles et les femelles, il règne quelquefois
aussi de grandes différences dans la tête, le chaperon et l'écus-
son facial des mâles offrant des rugosités singulières qui man-
quent chez les femelles {Rli. mexicana Sss.).
Il règne également des différences entre les deux sexes dans
la forme des appendices anaux inférieurs.
Obs. 2. On a considéré les Tridactyliens comme ayant leurs
tarses antérieurs et intermédiaires composés tantôt de 3, tantôt
de 2 articles seulement. Un examen exact de toutes les espèces
à nous connues a montré que ces organes ne possèdent jamais
que deux articles ' .
^ Le premier article de ces tarses, étant échancré en dessous, offre souvent à
la loupe une apparence trompeuse ({ui peut faire croire à l'existence de 3 arti-
cles ; cette apparence disparaît au microscope. Il est surprenant que Savigny,
41 () H. DE SAUSSURE ET L. ZEllNTNER.
Considérations générales.
La tribu des Gryllotalpiens ne pouvant plus être caractérisée
par le fait que l'abdomen serait dépourvu d'oviscapte chez les
femelles, on est fort embarrassé pour en donner une diagnose.
En effet en dehors de ce caractère, on n'eu trouve plus aucun
autre qui puisse s'appliquer à tous les genres.
Les Gryllotalpiens ne forment pas, en effet, un groupe com-
pact, mais plutôt une série par enchaînement.
C'est ce qui ressort de l'analyse suivante :
Gryllotalpites.
Ce groupe est caractérisé par Vahsence complète d'oviscapte
chez les femelles et par la forme des tibias antérieurs, qui sont
courts, très fortement dilatés et convertis en une main aratoire^ et
avec le métatarse dilaté.
L'absence complète d'oviscapte est un fait absolument unique
parmi les Orthoptères proprement dits, tous les autres possé-
dant au moins les rudiments de cet organe, même lorsqu'il n'est
pas apparent.
Si Ton n'envisageait que les Gryllotalpa (sensu latiore : Gryl-
lotalpa et Scapteriscus), on pourrait rendre la diagnose de ce
groupe plus générale, et, par opposition avec les Tridactylites,
on pourrait ajouter que les Cryllotalpites sont de vrais Grylli-
des, possédant tous les caractères de la famille : tarses compo-
sés de 3 articles, antennes longues et sétacées, organes du vol
conformes à ceux des Grylliens. Mais le genre Cylïndrodes
vient décaractériser le groupe des Gryllotalpites par ses formes
toujours si exact jus(iue dans les moindres détails, ait lignré les tarses du In-
dactylus Savignyi Sss. comme composé de 3 articles. iNous n'avons trouvé sous
le microscope que deux articles aux tarses de cette espèce égyptienne, comme à
ceux des autres espèces.
NOTICE SUR LES GRYLL0TALPIEN8. 417
aberrantes, qui semblent être en contradiction, même avec les
caractères de la famille des Gryllides ; les antennes des Cylin-
drodes étant filiformes, courtes et composées d'un petit nombre
d'articles; les pattes étant extraordinairement courtes et leurs
tarses ayant perdu un ou deux articles et ne portant qu'une
seule griffe.
Ces anomalies ne sont toutefois que la conséquence d'une
adaptation à des mœurs particulières, les C//ï'mdrodes, vivant
emprisonnés dans les galeries qu'ils se creusent dans les tiges
des plantes. L'étroitesse d'un pareil genre de vie a conduit à
une sorte de dégradation des caractères assez analogue à celle
que détermine souvent le parasitisme, spécialement en ce qui
concerne la brièveté des pattes et la présence d'une griffe unique
aux tarses.
Les Cylindrodes sont donc des Gryllotalpites, mais aberrants,
on pourrait presque dire dégradés. Ils rentrent du reste dans
la diagnose typique ci-dessus donnée.
Tndactt/Utes.
Les espèces de ce groupe offrent entre elles des caractères
identiques : 1° dans la présence de 4 appendices anaiix. —
2" dans rénorme modification de leurs pattes jjostêrieures. —
S** dans le fait que les tarses ont perdu une partie de leurs arti-
cles. En effet, les tarses des deux premières paires n'offrent que
deux articles', et ceux de la S'"*" paire sont réduits à un seul
article, qui ne sert plus à rien pour la marche '.
1 Cette circoustaiiee tient sans doute à un l'ait d'adaptation à la vie souter-
raine, (jui demande aux tarses de pouvoir s'efï'acer en se repliant dans une rai-
nure du tiljia pour laisser à ce dernier toute liberté d'action lorsqu'il doit servir
d'instrument aratoire. Chez les Gryllotalpa, l'adaptation se fait d'une autre
manière en ce que le métatarse antérieur se dilate et complète l'instrument de
labour formé par le tibia. ITne pareille modification ne pourrait guère s'adapter
à la vie aquatique des Tridactylites, car ce sont les tarses des deux premières
paires qui servent à maintenir ces insectes à la surface des eaux.
^ Le tibia appuie sur le sol par l'extrémité de ses deux longs éperons infe-
418 H. DE SAUSSURE ET L. ZEHNTNER.
Enfin, les Tridactylites offrent divers autres caractères com-
muns, tels que la nature cornée des élytres; la structure en
éventail des ailes, avec le champ marginal corné; enfin la briè-
veté et la structure presque monoliforme des antennes. Ce
dernier caractère est de tous le moins important, car il se re-
trouve parmi les Gryllotalpites dans le genre Ci/Und rodes,
comme il vient d'être dit.
A considérer leur genre de vie, les Tridactylites forment,
sous ce point de vue aussi, un groupe bien séparé des Gryllotal-
pites, car ils sont surtout des insectes aquatiques, habitant le
bord des rivières et des lacs, aimant à se mouvoir à la surface
des eaux et ne craignant point d'être submergés '.
Les Tridactylus sont encore des insectes laboureurs; ils se
rattachent aux Gryllotalpites par la forme du corps, qui est
modelée en vue du travail souterrain. Leur pronotum ressem-
ble beaucoup à celui des Gryllotalpa, quoique plus court et déjà
échancré aux épaules; leur tête est encore assez conique, avec
des yeux peu saillants, comme il convient pour percer le sol;
les tibias antérieurs sont robustes, armés de fortes griffes et
très propres à remuer la terre; enfin leur abdomen est dépourvu
d'oviscapte chez les femelles', comme chez les Gryllotalpites.
rieurs, ((ai sont un peu cannelés en truelle et légèrement croclms au bout,
oiïrant ainsi uu point d'appui très solide pour le saut. Le tarse réduit au méta-
tarse, également un peu crochu au bout et n'appuyant également que par sou
extrémité, et seulement lorsijue le tibia est replié en dessous, forme comme un
ressort propulseur mobile, mais qui nest ici qu'un organe auxiliaire, car cliez
diverses espèces il est entièrement atrophié et réduit à un simple tubercule.
' Les Tridactylites ne sont cependant pas les seuls Orthoptères atTectionnant
la vie aquati(|ue. Parmi les Phasmides les Prisopus, et parmi les Mantides les
Tarar.hodes paraissent aimer à s'immerger. Dans la famille des Tetticides, les
Scelimena, observés par A. Humbkkt, ont des habitudes fort analogues à celles
des Tridactylites. Ce ne sont pas des insectes fouisseurs, mais ils se jouent à la
surface des eaux en s'aidant de leurs ailes brillantes et sautant sous l'eau lors-
qu'ils sont submergés. A cet elfet, leiu's métatarses postérieurs sont dilatés en
palettes, (dp. H. dk Saussuke, Annales ent. de Fr., IV^e série, t. l, 1861,
p. 481.)
2 Quoique oiïrant déjà une tendance à le former. (Cp. p. Vil.)
NOTICE SUR LES GRYLL0TALPIEN8. 41 i)
Quant aux Bhip'qjtenjx, ils s'écartent beaucoup plus que les
Tridactylns des Gryllotalpites. au point que l'on peut se deman-
der s'ils sont bien encore des insectes fouisseurs. En effet, leurs
pattes antérieures sont assez longues ; leurs tibias ne sont guère
dilatés en palmette (bien que présentant encore un sillon dans
lequel le tarse peut s'effacer), et l'extrémité n'est armée que de
très courtes épines; leur tête n'est plus conique, mais presque
perpendiculaire, comme chez les Acridides, et leurs yeux sont
bombés; conditions toutes très peu favorables pour le travail
souterrain. Enfin, la présence chez les femelles d'un oviscapte
semble indiquer que ces insectes déposent leurs œufs à la ma-
nière des Acridides, en enfonçant dans le sol l'extrémité de leur
abdomen, et que par conséquent ils n'occupent pas des cham-
bres souterraines.
Il faut remai-quer, aussi que le pronotum est plus court, plus
en forme de selle, c'est-à-dire plus échancré aux épaules, à
bord postérieur plus avancé que chez les Tridactylns^ et que le
reste du thorax est prismatique, un peu tronqué à son extré-
mité postérieure, ne formant pas un tout continu avec l'abdo-
men comme chez les Gryllotalpites et les Tridactylns. Ce sont
là autant de caractères qui appartiennent à la vie aérienne.
D'autre part, les Rliipipterix sont mieux ailés que les Tridac-
tylns et leurs tibias postérieurs ne sont pas armés de palettes
natatoires; leurs formes sont plus sveltes et plus légères aussi;
d'où l'on peut conclure qu'ils ne sont pas aussi bons nageurs
que les Tridactylns.
Il faut donc supposer que si les Bhipipteryx creusent, ils
n'exécutent pas de grands travaux souterrains ; que leur vie est
surtout aérienne et qu'ils se meuvent soit sur le sol, soit à la
surface des eaux ; qu'ils évitent de s'enfoncer sous l'élément
liquide en s'envolant, et que, lorsqu'ils sont submergés, c'est
surtout grâce à la légèreté de leur corps, enveloppé de bulles
d'air, qu'ils reviennent à la surface.
420 H. DE SAUSSURE ET L. ZEHXTNER.
Dans leurs affinités, ils s'écartent des Gryllotalpites pour se
rapprocher plus particulièrement des Acridides, auxquels ils
se relient par la présence et la forme de leur oviscapte. On a vu
aussi que l'extrémité de l'abdomen des mâles est également su-
jette, comme chez certains Acridides, à prendre des formes
exagérées et très singulières par suite de la tuméfaction des
derniers segments (/?/«. cyanipennïs^ p. 415).
En résumé de ce qui précède, on peut dire :
1° Que la tribu des Gryllotalpiens forme une chaîne qui se
rattache par un bout aux Gryllides par les Grijllotalpa, et par
l'autre aux Acridides, et spécialement aux Tetticides, par les
Bhipipteryx; les Tridactylus formant le terme intermédiaire ' .
2° Que la tribu des Gryllotalpiens ne peut être caractérisée
que d'une manière très générale, et comme suit :
Abdomen tantôt simple, dépourvu d'oviscapte chez les femelles,
tantôt muni d'un oviscapte court du genre de celui des Acridides.
Tibias antérieurs très comprimés, plus ou moins fortement dilatés et
armés de gritt'es digitales formant un instrument aratoire. Tarses
composés de 3, 2 ou 1 article seulement.
Les Tridactylites offrent des caractères si particuliers qu'il
convient d'en former une sous-tribu séparée. La tribu se divi-
sera comme suit :
Sous-tribu des Gryllotalpites.
Élytres (lorsqu'il existe des organes du vol) raccourcis, mem-
braneux, offrant chez les mâles un tambour. Ailes membraneu-
ses, conformes à celles des Grylliens.
Pattes robustes. La paire antérieure très dilatée; ses tibias
très comprimés et très larges, armés de 2-5 doigts robustes;
' Comme l'a indique L.-H. Fischek, le tulje intestinal des Tridactylus uH're
des analogies avec celui des Acridides: il ressemble plus à celui de ces insectes
qu'à celui des Gryllutalpiles .
NOTICE SUR LES GRYLLOTALPIENS. 421
ses tarses terminés par deux grifïes droites (ou nulles). —
Pattes postérieures courtes et faibles, peu sauteuses ou ne
l'étant pas du tout. — Abdomen simple, sans distinction dans
les deux sexes; le segment anal muni des deux appendices
ordinaires seulement (cerci).
a. Antennes longues et sétacées. Tarses tous composés de 8 arti-
cles ; ceux des 2'"« et 3"'' paires munis de griffes ordinaires à
deux crochets. Tibias postérieurs terminés par G éperons.
Corps ailé. Orylloialpa. — Scapteriscus.
a, a. Antennes très courtes, monoliformes, composées d'un petit nom-
bre d'articles. Tarses composés de 1 ou 2 articles, à griffé
unique. Tibias postérieurs armés de 4 éperons seulement.
Corps aptère. — CyUndrodes.
Sous-tribu des Tkidactylites.
Insectes ailés. Élytres raccourcis et cornés, dépourvus de
tambour chez les mâles. Ailes flabelliformes, à champ marginal
corné. Pattes très comprimées. Tibias antérieurs plus ou moins
dilatés, parcourus à leur face interne par une rainure servant
à recevoir le tarse. Tarses des deux premières paires grêles,
composés de deux articles et munis de griffes ordinaires à deux
crochets. — Pattes postérieures très fortement sauteuses ;
leurs fémurs monstrueux, énormément dilatés ; leurs tibias très
grêles, terminés par 4 éperons, dont les deux inférieurs très
longs; leur tarse réduit au seul métatarse (ou nul).
Abdomen dépourvu d'oviscapte ou muni, chez les femelles,
d'un oviscapte court. (Plaque suranale étroite et prolongée).
Segment anal muni de 4 appendices anaux. Antennes courtes,
composées d'un petit nombre d'articles distincts. — G. Tridac-
tylus. — RMpipteryx.
Ohs. On remarquera que les CyUndrodes et les TridactyMes,
malgré l'extrême divergence de leur genre de vie, possèdent des
caractères communs^ soit: dans la brièveté des antennes, dans le
nombre réduit des éperons de leurs tibias postérieurs et des
422 H. DE SAUSSURE ET L. ZEHNTNER.
articles de tous leurs tarses. Ces modifications revêtent toute-
fois, dans ces deux types, un caractère fort différent, dépendant
d'adaptations absolument ditïerentes et n'indiquent aucune
affinité.
APPENDICE
Sur le genre Cf/lindrodes.
Ce singulier genre étant encore très peu connu, nous en don-
nons la description, dans la limite du possible, d'après deux
individus, malheureusement fort détériorés, qui sont en notre
possession.
Les Cylindrodes pourraient être envisagés comme des Gryl-
lotalpa qui auraient été passées à la filière, de manière à s'être
considérablement rétrécies et allongées, tout en prenant une
forme cylindrique et à peu près égale partout. Cette forme est
une conséquence forcée du genre de vie de ces insectes, qui pro-
gressent dans l'intérieur des grandes plantes herbacées en s'y
creusant des canaux étroits, juste suffisants pour leur donner
passage.
11 faut supposer qu'ils opèrent ce travail en dévorant la moelle
ou la substance de ces plantes en s'aidant de leurs pattes anté-
rieures pour élargir la galerie d'avancement au point de donner
passage au prothorax. Le reste du corps devant passer par le
même vide, il a fallu que l'abdomen se rétrécisse au même cali-
bre que le prothorax et que les pattes des 2'"*' et 3'"<' paires pus-
sent s'effacer complètement, afin de ne pas augmenter le volume
du thorax.
Description. La surface du corps est partout cornée et forte-
ment cuirassée, à l'abdomen presque comme au thorax, lisse,
non veloutée comme chez les GryUotalpa, mais toutes ses pièces
sont frangées de poils sur leurs bords.
La tête est conique comme chez les Gryllotdpa et ne porte
NOTICE SUR LES GRYLLOTALPIENS. 423
non plus que deux ocelles, mais ceux-ci ne sont pas développés
et n'apparaissent que sous la forme de deux taches jaunes. Les
yeux sont très écartés, petits et point saillants. L'écusson facial
est soudé au front, et sa surface est unie.
La carapace du pronotum est entièrement cylindrique, reje-
tant en avant les pattes antérieures et enveloppant le corps;
ses deux bords latéraux se rejoignant en dessous, suivant une
suture longitudinale. Le mésothorax forme un cylindre complet ;
sa partie dorsale est divisée en longueur par deux sillons,
qui le partagent en trois compartiments, dont le médian repré-
sente le tergite et les deux latéraux, les pleurites (épisternites)
très dilatés, refoulés au sommet des flancs par le mésosternum,
parce que celui-ci forme un demi-cylindre complet, occupant
toute la moitié inférieure du mésotliorax et remontant sur les
côtés jusqu'au milieu des flancs. Les pièces dorsale, latérales
et sternale sont soudées les unes aux autres, ne laissant entre
elles aucun vide, et formant une cuirasse cylindrique. (Chez les
GryUotalpa, le mésosternum est comprimé et caréné au milieu, et
ne remonte pas sur les côtés.) Les côtés du mésothorax sont en
dessus dans leur partie postérieure, fortement excavés pour
faire place à la base des fémurs; il résulte de là que le lobe
dorsal médian (tergite) se termine en arrière en forme de bi-
seau. Le métanotum et les deux premiers tergites de l'abdomen
sont, eux aussi, entièrement excavés, ou pour le moins oblique-
ment aplatis sur les côtés, pour faire place aux pattes intermé-
diaires et postérieures, repliées, et leur permettre de s'effacer
au point de ne pas augmenter la largeur du corps. Il en résulte
que ces segments n'ont presque plus aucune largeur en dessus,
et qu'ils sont comme comprimés en forme de lame ou de mur.
Le métanotum est très court; il se dissimule entre les genoux
des pattes intermédiaires, et sa crête est faiblement échancrée
Le tergite du segment médiaire, plus long, n'est lamellaire qu'à
sa base et s'élargit en arrière en entonnoir; d'autres fois, il est
424 H. DE SAUSSURE ET L. ZEHNTNER.
entièrement comprimé, ainsi que la base du 2™' tergite de l'ab-
domen, et c'est alors ce dernier seulement qui s'élargit en trian-
gle à son extrémité postérieure. Le meta sternum est plat, de
forme trapézoïdale, et parcouru par deux sillons un peu con-
vergents en arrière; il ne remonte pas sur les côtés, aussi les
pleurites occupent-ils presque leur position normale en avant
des hanches, formant le bas des flancs.
Tous les segments de l'abdomen se composent de 4 plaques
cornées : le tergite cj^lindrique, le ventrite plus aplati et moins
large, et deux pièces latérales étroites et parallèles (pleurites)
un peu infères, qui unissent les plaques dorsales et ventrales sui-
vant des sutures membraneuses et mobiles. L'abdomen est beau-
coup plus long que le thorax ; il s'est allongé en proportion de
son rétrécissement. Ses segments ne sont pas aussi transversaux
que chez les Grijllotalpa; le 4'"« est aussi long que large; les
suivants vont se raccourcissant un peu jusqu'au 8"^ L'extré-
mité de l'abdomen diffère notablement de celle des Gryllotalpa ' .
Le 9™® tergite est très grand, aussi long que le 4™% voûté et
convexe, un peu rabattu sur les côtés, et arrondi en arrière. Le
10"® est peu apparent, très court, ne formant qu'une étroite
bande, presque linéaire, difficile à distinguer et rabattue en
bas, offrant une dépression médiane; mais il se prolonge au mi-
lieu en forme de dé à coudre, pour former la plaque suranale
(l'anus étant mal conservé chez notre individu, cette descrip-
tion est un peu incertaine).
Le dernier segment ventral (9™^ ventrite) est grand, arrondi
en arrière. Les pleurites du 8™® segment sont peu coriaces. Le
2Qiiie segment offre de chaque côté une plaque cornée. Les cerci
s'articulent au sommet de ces plaques; ils sont très courts,
cylindriques et brièvement subulés, non divisés en articles.
Faites. Les pattes sont toutes très courtes, très comprimées
^ Voir p. 406 et fig. 17-19.
NOTICE SUR LES GRYLLOTALPIENS. 425
et très appliquées au corps, ne faisant nullement saillie sur les
côtés. A cet effet, au lieu d'être insérées latéralement, elles sont
rejetées à l'extrémité des segments qui les portent et s'insèrent,
les antérieures au bord antérieur du prothorax, les autres au
bord postérieur des méso- et métasternum. Elles n'augmentent
en rien l'épaisseur du cylindre du corps. Au contraire, le corps
est fortement rétréci entre le mésotliorax et le 3'»® segment de
l'abdomen, afin de laisser un peu de mobilité aux deux paires de
pattes postérieures, lors même que le calibre de la galerie que
perce l'insecte n'est déterminée que par la grosseur du prothorax.
Les pattes antérieures sont fortement dilatées. Le fémur est
carré-arrondi et n'a presque aucune épaisseur. Sa face externe
est à peine convexe, fortement ponctuée, luisante et rugulée.
Sa base arrondie chevauche en dehors par-dessus l'extrémité
de la hanche ; son bord supérieur est caréné, et son extrémité a
l'air d'être formée par des écailles imbriquées, mais cette appa-
rence tient seulement à ce qu'elle est divisée en compartiments
par des carènes. On voit d'abord une carène transversale par-
tant de l'extrémité du bord supérieur et se prolongeant en ar-
rière au-dessus du bord inférieur, séparant la partie apicale du
fémur. Celle-ci est lamellaire et fendue, formant deux lobes
arrondis, dont l'inférieur est le plus grand et lui-même partagé
par une carène arquée. Le trochanter, rejeté en dessous, longe
le fémur, dont il n'est séparé que par un sillon, et forme avec
le fémur un seul tout. Il est partagé par une carène longitudi-
nale; sa moitié supérieure est de forme lancéolée et subcanne-
lée ; sa partie inférieure est de moitié plus couTte. Le bord du
lobe apical inférieur du fémur se continue en une seule courbe
avec la carène du trochanter ; il est faiblement courbé en dehors
et tranchant à la manière d'une truelle.
Le tibia est lamellaire, arqué en arc de cercle et découpé à
son bord supérieur de manière à former 5 dents légèrement
courbées en dehors. Il s'articule fortement au bord supérieur
Rev. Suisse de Zool., T. II. 1894. 29
426 H. DE SAUSSURE ET L. ZEHNTNEK.
du fémur dans le lobe supérieur de ce dernier, et peut se re-
plier sous le lobe inférieur et l'extrémité du troclianter, de façon
à ce que tout ou partie de ses dents dépassent le bord apical
du fémur.
Le fémur, le troclianter et le tibia forment ainsi, par leur
ensemble, comme un soc de charrue, capable de rejeter en
dehors la moelle des plantes dans lesquelles travaille l'hisecte.
Le tarse n'ajoute rien à cet ensemble. Il est réduit à un seul
article allongé, grêle et cylindrique, dépourvu de griffe, cilié en
dessous et terminé par quelques soies ; il s'articule entre les deux
dernières dents du tibia, et s'efface en se repliant contre la face
interne de ce dernier. Il ne semble exister que par réminiscence.
Les fémurs sont fortement ciliés sur leurs bords, et les tibias
portent également quelques poils dans leurs échancrures.
Les pattes intermédiaires et postérieures sont presque simi-
laires ; très courtes, fortes, ciliées. Les fémurs sont lenticulaires,
comprimés, à bord supérieur très arqué. Les tibias sont dépour-
vus d'épines; ceux de la paire intermédiaire ont leur bord api-
cal-antérieur oblique et découpé de deux échancrures dessinant
3 dents, dont la première obsolète, la 2""^ triangulaire, la 3'"®
dentiforme. Il y a en outre souvent une 4"*^ dent, formant la
paire avec la S™**, mais ces dents sont sujettes à l'atrophie (elles
manquent presque complètement à la patte droite d'un de nos
individus). Les tibias postérieurs se terminent par 4 dents bien
développées, soit par 4 éperons, 2 supérieurs, 2 inférieurs. Les
tarses se composent de deux articles et sont armés d'une griffe
unique, assez longue, presque droite et aiguë.
Les hanches intermédiaires sont très courtes et très écartées
afin de permettre aux genoux de converger sur le dos (comme
le font ceux des pattes postérieures dans tous les Gryllotalpites).
Il en résulte que le mésosternum est plus large que le métas-
ternum.
Les pattes postérieures ne sont pas plus grandes que les in-
NOTICE SUR LES GRYLLOTALPIENS. 427
termédiaires ; elles sont même un peu moins fortes, mais le
fémur est un peu moins court. Ces pattes sont absolument inap-
tes au saut.
Les pattes intermédiaires et postérieures n'ont d'autres fonc-
tions que de fixer le corps dans les galeries au moyen des dents
apicales de leurs tibias et de le chasser en avant, tandis que les
pattes antérieures travaillent à avancer la galerie; elles servent
aussi à faire progresser l'insecte dans des canaux déjà percés.
Lorsque l'insecte abandonne son réduit pour passer d'une plante
à une autre, elles deviemient ambulatoires. Les pattes antérieu-
res deviennent, elles aussi, ambulatoires, grâce à leurs tibias,
qui, repliés contre le fémur pour le travail aratoire, peuvent se
dégager et appuyer sur le sol par leur extrémité.
Toutes les pattes étant, chez les Cylindrodes, beaucoup plus
courtes et beaucoup plus appliquées que chez les OryUotalpa,
les mouvements dont elles sont susceptibles sont beaucoup moins
amples que chez ces dernières; les pattes antérieures en parti-
culier ne fournissent qu'un très petit mouvement latéral. Les
Cylindrodes ne peuvent, à cause de cela, percer que des gale-
ries très étroites, et non, comme les Gryllotalpa, des chemins
assez larges pour s'y mouvoir avec rapidité. Il faut dire que le
travail des Cylindrodes dans les tiges des plantes est beaucoup
plus ardu que celui des Gryllotalpa dans le sol, la terre étant bien
plus facile à percer et à déplacer que la substance du tissu vé-
gétal, aussi les Cylindrodes sont-ils forcés de réduire leur tra-
vail au minimum possible et de se contenter de percer des gale-
ries juste assez larges pour donner passage à leur corps.
Les Cylindrodes offrent dans toutes les parties de leurs corps
des modifications surprenantes qui, par leur ensemble, consti-
tuent un merveilleux exemple d'adaptation à un genre de vie
siii generis, et qui va jusqu'à détruire une partie des carac-
tères de famille (pattes postérieures non sauteuses et sans épi-
428 H. DE SAUSSURE ET L. ZEHNTNER.
nés ; griifes simples), et de tribu (antennes très courtes ; articles
des tarses réduits) ' .
Espèces.
Gray a établi le genre Cylindrodes d'après une espèce qu'il a
nommée Camphelli. Nos individus ne correspondent pas exacte-
ment à la description qu'il en donne. Nous distinguerons les
trois formes suivantes '.
1. C. KocHii' Sauss. — Dans notre unique individu (Ç?), les
deux premiers tergites de l'abdomen et la hase du 5™"' sont com-
primés d'une manière lamellaire. Les pans latéraux de ces seg-
ments sont fortement excavés sur les côtés, même au S'"^ ter-
gite de l'abdomen, en sorte que les fossettes latérales se prolon-
gent jusqu'à l'extrémité de ce segment et qu'elles servent à
loger les tibias postérieurs, lors même que ceux-ci ne sont pas
repliés contre les fémurs. La crête dorsale est tout à fait lamel-
laire au métanotum; aux deux segments suivants, elle l'est un
peu moins, et arrondie en dessus. Le 3™^ tergite s'élargit d'avant
en arrière en triangle un peu arrondi en dessus ; son extrémité
se perd dans un pian oblique plus large et divisé en 3 compar-
timents excavés et polis, dont les deux latéraux sont triangu-
laires, le médian plus grand, en triangle renversé, à bord supé-
rieur arqué. Ce compartiment est lui-même divisé en 9 fossettes
^ Parmi ces Hyménoptères du genre Scolia, on trouve des ditférences de
mœurs presque parallèles à celles des Gryllotalpites. La plupart des Scolia s'en-
foncent dans la profondeur du sol en remuant la terre, mais la Se. oryctophaga,
et sans doute d'autres espèces aussi, pénètre dans les galeries que les Oryctes
creusent dans les troncs des arbres. Toutefois, de cette différence dans le genre
de vie, il ne resuite pas chez cette Scolie de modilications morphologiques,
attendu »iue l'insecte ne perfore pas le bois des arbres, mais ne fait que profiter
des galeries déjà établies par les Coléoptères dont il est le parasite en se frayant
un chemin dans le terreau qui remplit ces excavations. (Cp. H. de Saussure.
Ap. Grandidier. Histoire de Madagascar, t. XX, Hyménoptères, p. 18o, notes.)
* Pour la description des espèces, voir aussi H. de Saussure, Mélanges orthop-
teroL, Ve fascic, p. 40.
* H. DE Saussure^ Mélanges or thoptéroL, o'^e fasc, pi. 11, fig. III.
NOTICE SUR LES GRYLLOTALPIENS. 429
dont les deux latérales forment des cannelures obliques. Toutes
ces fossettes sont séparées par des arêtes ' . Le 4™« tergite est
séparé du 3™® par un large sillon ou par une sorte d'étrangle-
ment bordé par quelques petites impressions. Au 3™^ tergite,
les cavités latérales sont bordées supérieurement par des arêtes
arrondies, qui deviennent vives à l'extrémité du tergite. Les
fémurs des 2™® et 3™® paires sont absolument mutiques. Leur bord
inférieur se termine à la face externe par un arrondissement
qui, par suite d'une petite échancrure du bord apical, forme
presque un lobe géniculaire arrondi.
Le dernier tergite de l'abdomen ne porte pas de sillon, et le
dernier ventrite est plus court que chez le n" 2.
2. Species...'^ ( 9"?)- — Chez cet individu, les deux premiers
tergites seulement de l'abdomen sont comprimés, mais non
d'une manière lamellaire; ils offrent en dessus un replat étroit,
qui s'élargit en arrière. Le premier est lamellaire à son extrême
base et forme ensuite un dos d'âne arrondi; le 2™ offre en des-
sus un replat en forme d'entonnoir étroit, un peu tronqué à sa
base et plus aplati que le replat du premier; le 3'"'' tergite est
presque cylindrique. Les côtés du métanotum et de ces tergites
ne sont guère excavés, mais seulement obliquement aplatis, et
l'aplatissement se continue en mourant sur les côtés du 3™®. Le
bord supérieur des facettes ainsi formées est arrondi et n'est
plus appréciable au 3™" tergite. Les fémurs des 2™« et 3™« pai-
res sont mutiques, mais le bord inférieur-externe se termine à
la paire du milieu par un lobe géniculaire triangulaire, qui est
formé par une échancrure triangulaire du bord apical. Le 9™®
tergite (fig. 17) est grand, partagé avant le milieu par un sil-
lon transversal incomplet. Les cerci sont très apparents; le S'"^
ventrite (fig. 18) est assez allongé.
3. C. Campbelli Gray. — Cette espèce a été figurée par
' Il n'est i/uùre à supposer que celte' sculpture si régulière soit le résultat d'une
déformation .
430 H. DE SAUSSURE ET L. ZEHNTNER.
Gray (Griffith, Animal Kingclom,t. XV, Ins. p. 785, PI. 131,
sexus?). Notre n® 2 correspond parfaitement à la figure de
Gray, si ce n'est que sur cette dernière le 9'"'^ segment de l'ab-
domen est plus grand et quelque peu dilaté. Mais l'auteur dit
que les fémurs des 2'"^ et 3""^ paires se terminent par une dent
qui sert à ces insectes à se fixer contre les parois des galeries
dans lesquelles ils se meuvent ' .
L'auteur donne au tarse antérieur deux articles, et les cerci
ne seraient pas apparents ?
Le genre de vie des Cylindrodes permet de supposer qu'il en
existe plusieurs espèces, habitant chacune une espèce ou un
groupe d'espèces de plantes.
' Les Gryllotalpieiis ii'oiïVent pas d'épines géniculaires. L'auteur n'aurait-il
pas l'ait un lapsus calami et écrit fémurs au lieu de tibias? S'il en est ainsi, le
n° 2 rentrerait dans le C. Camphelli.
RECHERCHES
VESSIE NATATOIRE
DES
LOCHES D'EUROPE
Maurice JAQUET
Avec la planche XVIII.
La famille des Acanthopsides telle que la comprend Fatio
dans sa « Faune des Vertébrés de la Suisse » renferme trois
genres vivant dans les eaux douces de l'Europe. Ce sont le
Misgurnus fossilis ou Loche d'étang^ le Cohitis tœnia ou Loche
des rivières, et le NemacMlus harhatulus ou Loche franche.
Ces trois poissons possèdent la curieuse particularité d'avoir la
vessie natatoire emprisonnée dans une capsule osseuse dépen-
dant de la colonne vertébrale; cette conformation a attiré depuis
longtemps l'attention des auteurs et ceux-ci ont pour la plupart
admis une relation directe entre la vessie natatoire et l'intes-
tin par l'intermédiaire d'un pédoncule cylindrique. La question
était de savoir si cet organe est creux ou non. Les classificateurs
modernes en faisant rentrer les Loches parmi les Physostomes
se sont ralliés à l'opinion des anatomistes qui disaient que la
Rev. Suisse de Zool., T. IL 1894. 30
432 MATRICE JAQUEr.
vessie natatoire des Loches est reliée à Uintestin par un canal
pneumatophore. Mais aucune observation n'était basée sur l'exa-
men de coupes microscopiques du pédoncule et de la vessie. Dans
le présent travail nous chercherons à dt'montrer que le soi-disant
canal pneumatophore, s'il a existé autrefois, est aujourd'hui
complètement modifié dans sa structure et ne mérite pas le nom
par lequel on le désigne.
Ces recherches ont été entreprises au laboratoire d'anatomie
comparée de M. le professeur C. Vogt. Je suis heureux de
pouvoir témoigner ici ma reconnaissance à mou vénéré maître,
qui a grandement facilité mes recherches en mettant à ma di>-
position sa précieuse bibliothèque et un abondant matériel de
travail.
Misfiurmis fossilh.
Après avoir enlevé la peau des flancs du corps, immédiate-
ment en arrière de l'ouverture des ouïes, on observe que les deux
grosses bandes des muscles latéraux {a et b, fig. l)sont séparées
l'une de l'autre et ménagent ainsi un espace rempli par une sub-
stance en gelée. Comme cette dernière est transparente, elle per-
met de distingue!- dans la profondeur une membrane brillante
cerclée d'une couronne d'un blanc mat [c, fig. 1); c'est la vessie
natatoire, ou du moins l'organe considéré comme tel jusqu'à
présent. Cet organe fort singulier chez les Loches, est susi)endu
à la face ventrale de la colonne vertébrale et dépend des deux
premières vertèbres. Il est complété par une vésicule accolée
contre la fuce postérieure, en dessous de laquelle descend jus-
qu^'à la rencontre de la paroi dorsale du tube digestif, une
masse cylindrique glandulaire. Nous distinguons donc trois par-
ties nettement tranchées : la vessie, la vésicule et le cordon
glandulaire. Nous les étudierons séparément.
La vessie (fig. 2, 3,4) représente un double sac allongé trans-
VESSIK NATATOIRE DES LOCHES d'eUROPE. 433
versalement et resserré sur la ligne médiane longitndinale par
un sillon qui le divise imparfaitement en deux moitiés, une droite
et une gauche. 1 .lie est composée de deux parties nettement tran-
chées, une capsule externe osseuse et une interne membraneuse
appliquée intimement contre la paroi de la première. La côte de
la seconde vertèbre {h, fig. 2, 3, 4) pénètre dans la paroi anté-
rieure qu'elle traverse de part en part, en laissant émerger son
extrémité libre qui sert de point d'attache à plusieurs libres
musculaires. Les deux moitiés de la capsule osseuse commu-
niquent librement l'une avec l'antre. Nous remarquons trois
ouvertures qui perfoi-ent la paroi de cette coque squelettaire ;
deux sont latérales et la troisième impaire est placée dorsale-
ment et postérieurement. Les deux premières (c fig. 3, d fig. 4)
se présentent comme des fentes allongées d'avant en arrière
et protégées dorsalement par un petit toit osseux. Ce sont
ces ouvertures que l'on aperçoit après avoir enlevé la peau des
flancs dont nous avons parlé plus haut. L'orifice postérieur,
(d, fig. 3) situé au haut du sillon qui sépare la vessie en deux
moitiés, a la forme d'un cœur de carte à jouer, la pointe étant
inférieure. La vessie est d'une taille tout à fait minime comparée
à celle du corps du poisson. Chez un exemplaire de 15 centi-
mètres et demi de longueur, l'organe en question mesure 1 cen-
timètre de largeur sur 5 millimètres de longueur.
Quant à la constitution histologique de la capsule externe,
elle ne laisse pas que d'être fort curieuse. Au premier coup
d'œil, la paroi rappelle les lames osseuses crâniennes d'un oiseau
bon voilier ; on y reconnaît ce tissu aréolaire tout à fait parti-
culier dans lequel les espaces foncés ménagés entre les travées
sont beaucoup moins volumineux que ces dernières. Les coupes
de la paroi osseuse décalcifiée permettent de distinguer deux
enveloppes fibreuses avec noyaux bien accentués ; l'une est
externe (a, fig. 5) l'autre interne (b). Elles sont séparées
l'une de l'autre par des piliers de tissu conjonctif réticulé (c)
434 MAURICE JAQUET.
qui remplit les aréoles ménagées entre les travées de substance
osseuse. Ces dernières (d), recouvertes à l'extérieur comme à
l'intérieur par les lames conjonctives fibreuses, sont constituées
par une base compacte renfermant des cavités de deux natures
différentes. Les unes (e) sont énormes et contiennent toujours
plusieurs noyaux cellulaires; les autres, les ostéoblastes, ne ren-
ferment jamais qu'une cellule osseuse avec son nucléus bien
délimité (f). La paroi de la capsule est plus épaisse sur la face
dorsale que sur les côtés et la face ventrale.
La vessie membraneuse tapisse intérieurement la capsule os-
seuse ; elle est constituée par deux parois concentriques, formées
toutes deux par du tissu fibreux très dense et qui varie
d'épaisseur. L'extei-ne {g, fig. 5) est de beaucoup la plus forte ;
de nombreuses traînées conjonctives [h) la relient à la capsule
osseuse; entre ces tniînées on aperçoit une matière senii-îréla-
tineuse pleine de granulations. La membrane interne {i) est
mince, à noyaux moins apparents que ceux de l'externe ; des
fibrilles de tissu connectif (k) la relient à cette dernière.
En relation avec la vessie natatoire se trouvent deux organes
fort curieux et nettement distincts l'un de l'autre; nous avons
nommé la vésicule et le cordon glandulaire. La première
(a, fig. 6) se présente sous la forme d'une petite boule ronde
mesurant environ un millimètre de diamètre, elle est d'un blanc
mat et revêtue à l'extérieur par la membrane péritonéale (a,
fig. 7). Les parois de la vésicule sont dures, résistantes et
constituées à l'extérieur par un réseau fibro-cartilagineux (h,
fig. 7) qui passe insensiblement au tissu fibreux (c) formant à
lui seul les couches profondes. Cette capsule n'est pas revêtue
d(i tissu squelettaire osseux et n'est que le résultat d'une éva-
gination delà membrane fibreuse interne de la vessie natatoire.
Elle s'est très épaissie et forme pour ainsi dire une hernie sail-
lant au dehors par le pertuis cordiforme de la capsule osseuse ;
son volume est environ de 50 à 60 fois moindre que celui de cette
dernière.
VESSIE NATATOIRE DES LOCHES d'eUROPE. 435
La glande (b, fig. 6) se présente comme un cylindre plein,
recourbé en arc, placé en dessous de la vésicule et dont l'extré-
mité inférieure s'appuie sur le tube digestif. A l'exception des
deux bouts, toute la surface de ce cylindre est revêtue par le
péritoine qui se prolonge directement sur la vésicule d'un côté,
sur le tube digestif de l'autre. C'est le type d'une glande en
grappe dont les lobules sont séparés les uns des autres par du
tissu conjonctif. A l'extrémité inférieure, ce tissu devient très
abondant et forme un pédoncule reliant la glande au tube diges-
tif. Ce pédoncule est plein, constitué uniquement par du tissu
connectif, des vaisseaux sanguins et des libres musculaires
striées pi'ovenant des parois intestinales. L'épithélium de ces
dernières, en regard du pédoncule, forme quelques replis qui s'en-
foncent jusque dans la couche musculaire externe, mais n'entrent
])as en relation avec les acinis de la glande. Cette dernière est
entourée de vaisseaux sanguins (g) et dorsalement se con-
tinue dans un tin canal dont l'extrémité vient buter contre la
membrane interne de la vessie, au point où celle-ci passe à la
vésicule. Les lobules de la glande sont entourés chacun d'une
paroi nettement distincte (c, fig. 8) soutenant en dedans de
hautes cellules (d) à un noyau rond placé à la base. La surface
libre de la cellule, souvent indistincte, est parfois noyée dans un
nuage de substance granuleuse le) sécrétée par les cellules
et qui remplit plus ou moins complètement la cavité du lobule
glandulaire.
Cobitis tœnia.
La vessie natatoire est accolée à la face ventrale des deux
})remières vertèbres. C'est une poche simple dont le diamètre
transversal l'emporte un peu en longueur sur le di;imôti-e antéro-
postérieur, le premier mesurée millimètres, le second 3 millimè-
tres sur un exemplaire de 9 centimètres. On sent néanmoins que
436 MAUKICE JAQUET.
cet organe unique résulte de la fusion de deux moitiés, car un léger
sillon antéro-postérieur en étrangle un peu la paroi et fait ressortir
plus nettement les deux moitiés (fig. 9). Chacune de ces moitiés
présente sur le haut de sa face externe une large ouverture
{a, fig. 10), une fente longitudinale, dont le bord dorsal s'avance
en forme de toit au-dessus de l'ouverture. Cette dernière est
placée à peu de distance de la peau des flancs; une mince couche
de tissu semi-gélatineux l'en sépare. A cet endroit, il se produit
un écartement des deux niasses niusculaiies longitudinales du
tronc. La première côte est tellement soudée à la vessie qu'elle
forme corps avec elle, et ne laisse distinguer que son extrémité
inférieure qui dépasse comme une arrête longue de 1 à 2 milli-
mètres (6, fig. 9 et 10) La paroi postérieure de la vessie pré-
sente un orifice cordilorme, analogue à celui que nous avons
décrit chez le Misgurmis fossilis. Il livre également passage à
une hernie dépendant de la vessie interne membianeuse. Cette
hernie est une masse sphérique dont le diamètre atteint tout au
plus un demi-millimètre, elle n'est pas entourée d'enveloppe
osseuse et connuunique directement avec la cavité de la vessie.
Le pédoncule est très court, noyé dans du tissu conjonctif,
composé lui-même par des traînées connectives qui le fixent
d'une part contre la vésicule et de l'autre contre la paroi dor-
sale du tube digestif. Son exti'émité inférieure est creusée d'un
canal s'ouvrant sur la face dorsale du tube digestif; les muscles
longitudinaux de ce dernier se relèvent pour pénétrei' dans le
pédoncule ci les muscles transversiiux lui forment un petit man-
chon basilain; externe. Le canal interne du tube, revêtu à l'inté-
rieur pai' un épithélium cylindrique, s'engage en décrivant de
nombreux méandres dans le pédoncule; il gagne les deux tiers
de la hauteur de ce derniei-. puis disparaît. Dans aucun cas je
n'ai pu distinguer de comnmnication soit avec la vessie natatoire
soit avec sa hernie, la vésicule.
D'après ce qui précède nous voyons que le jdan sur leijuel est
VESSIE NATATOIRE DES LOCHES 1)' EUROPE. 437
construit la vessie natatoire chez le Gobitistœnia est le même que
chez le Misgurnus fosslUs. Dans les deux cas nous trou\ ons la
vessie proprement dite, la vésicule et le pédoncule. Nous devons
entrer dans quelques détails histologiques au sujet des deux
premières parties. La vessie comprend deux capsules emboitées
l'une dans l'autre, l'externe percée d'orifices est osseuse; l'in-
terne imperforée est membraneuse et composée de deux feuilles,
séparées l'une de l'autre par une substance semi-gélatineuse.
La première est composée de deux lames, une externe,
une interne, séparées l'une de l'autre par un tissu inter-
médiaire plus ou moins abondant. L'écartement atteint son
maximum dans le voisinage de la hernie ou vésicule. C!".aque
lame est composée de tissu conjouctif fibreux. Le tissu inter-
médiaire, également de nature conjonctive, s'épaissit à certains
endroits par le dépôt de substance cak-aire. Le feuillet externe
de la vessie membraneuse, plus ou moins épais suivant les régions,
se colore faiblement pai- le carmin, il renferme les fibres connec-
tives lâchement réunies entre elles. Le feuillet interne conserve
à peu près partout la même épaisseur et il se colore fortement ;
les fibres conjonctives qui le constituent sont solidement unies
entre elles.
La vésicule, comme nous l'avons vu plus haut, est creuse et
communique librement avec la cavité de la vessie. Ses parois
très épaisses sont la continuation directe de celles de la vessie,
mais en diffèrent en quelques points. A l'extérieur nous trou-
vons une enveloppe très forte constituée par un strate très serré
de fibres ; elle paraît être la continuation de la lame externe
de la capsule osseuse et présente une solution de continuité sur
la ligne médiane ventrale. En dedans se place un tissu conjouctif
fibreux, lâche, se c )lorant faiblement et renfermant des noyaux
allongés. Il est riche en vaisseaux sanguins ; c'est une prolon-
gation du tissu qui sépare les deux feuillets de la vessie mem-
braneuse. Surtout développé sur la face ventrale de la vésicule,
438 MAURICE JAQUET.
il passe par la solution de continuité de la membrane externe
fibreuse et va rejoindre l'extrémité supérieure du pédoncule
pour constituer la trame de ce dernier, La paroi interne de la
vésicule est très mince au col et s'épaissit de plus en plus en
gagnant le fond de la poche. Les mailles très serrées du tissu
conjonctif qui la constituent forment un feutrage très solide, et
sont une continuation directe du feuillet interne de la vessie
membraneuse.
Nemachilus harhatuUis.
La vessie natatoire de Nemadiilus harhafnhis est constituée
par deux sphères creuses distinctes et accolées aux côtés de la
colonne vertébrale; elles dépendent des deux premières ver-
tèbres (fig. 11 V Examinées par la face dorsale, elles appa-
raissent comme deux boules séparées l'une de l'autre par la
colonne vertébrale. Le diamètre transversal de l'organe atteint
huit millimètres, c'est-à-dire les dimensions de la largeur
du crâne dans sa région occipitale. Le diamètre antéro-posté-
rieur de chaque boule n'est que de quatre millimètres, de sorte
que l'organe tout entier forme une masse osseuse allongée trans-
versalement. Les deux sphères de la vessie, vues par la face
ventrale, sont nettement distinctes l'une de l'autre sur presque
toute leur étendue ; il n'y a qu'un point qui fasse exception, il
est situé à l'extrémité postérieure; là, un pont (a, tig. 11) très
étroit passant au-dessous de la colonne vertébrale les réunit
l'une à l'autre. Antérieurement, chaque sphère pousse en dedans
une crête pleine {h) qui s'avance jusque près de l'extrémité
postérieure de l'apophyse émise par le basi-occipital (c). Chaque
sphère présente sur sa paroi latérale un orifice allongé {a, tig.
12), une fente mesurant deu.\ millimètres et demi de longueur
bordée intérieurement par une crête saillante. A son extrémité
antérieure, on aperçoit la première côte cervicale (&), laquelle
VESSIE NATATOIRE DES LOCHES d'eUROPE. 439
sur presque toute son étendue est intimement unie à la vessie
osseuse. Voilà tout ce que l'on peut distinguer de l'organe nata-
toire dans une dissection.
Chez Nemachilus barbaUdus, l'ouverture latérale de la vessie
est placée dans un écartement des muscles longitudinaux du
tronc, et n'est séparée de la peau que par du tissu semi-géla-
tineux. Cette vessie est composée de deux parties nettement
distinctes, une capsule externe osseuse et une interne membra-
neuse.
Des coupes de l'organe, faites dans les trois directions, nous
apprennent qu'il existe une vésicule et le rudiment d'un canal
pneumatophore. La capsule externe osseuse est l'organe de
protection ; nous remarquons qu'elle ne présente pas l'ouver-
ture cordiforme, que nous avons décrite dan> les deux cas
précédents. Sa composition liistologique comprend une hime
externe, une interne, plus ou moins distantes l'une de l'autre
suivant les régions et reliées entre elles par des piliers de
substance osseuse avec ostéoblastes. Dans les espaces ménai^és
entre les piliers, on distingue d'énormes aréoles l'ondes limitées
par des contours très nets, l'intér-ieur renferme parfois un
noyau. La vessie meuibraneuse emboîtée dans la capsule osseuse
est composée de deux couches ; une externe très mince fibreuse,
une interne plus épaisse et résistante qui concourt à la forma-
tion de la vésicule et du p^-doncule qui la réunit à fi vessie. Les
deux vessies membraneuses sont séparées l'une de l'autre sur
toute leur étendue excepté en un point situé dans le pont
osseux que nous avons décrit plus haut. Là (b, fig. 13\ se trouve
un petit canal horizontal recourbé en V dont le sommet est
dirige en arrière. Chaque extrémité de ce canal microscopique
débouche dans une des sphères de la vessie natatoire.
Voyons maintenant la constitution de la vésicule, du canal
pneumatophore rudimentaire et leur situation vis-à-vis de la
vessie.
440 MAI uicic JACiii: r.
Da sommet du canal de réunion des deux cavités des vessies
membraneuses se détache un cordon plein (C, fii^-. 13) se diri-
geant en arrière ; il sort par une fente du pont osseux pour se
rendre à un organe spliérique, la vésicule (d) qui ne mesure
qu'un cinquième de millimètre. Elle est donc à l'extérieur de la
vessie noyée dans du tissu conjonctif lâche (e) renfermant de
nombreux vaisseaux sanguins. Les parois de la vésicule sont
très épaisses, formées de deux strates fibreux concentriques
nettement distincts ; l'intérieur forme une petite cavité close de
toute part. A la face ventrale de la vésicule est suspendue une
tige creuse qui descend sur la face dorsale du tube digestif et
se soude à ses parois. Le canal interne s'oblitère aux deux
extrémités de cette tige, de sorte qu'elle n'entre en communica-
tion ni avec l'intérieur de la vésicule, ni avec l'intérieur du
tube digestif.
Résumé.
L'étude de la vessie natatoire des trois poissons Misgurnus
fossilis, Nemachlhis harhatulus et Cohitis fœnia nous révèle les
faits généraux suivants. Cet organe excessivement petit par
rapport au corps de l'animal compi'end trois parties toujours
distinctes: la vessie proprement dite, la vésicule et le canal
jmeutnatophore modifié. La vessie, toujours accolée contre les
faces ventrales ou latérales de la région antérieure de la colonne
vertébrale, est composée de deux boîtes englobées l'une dans
l'autre; l'externe est osseuse, l'interne est membraneuse. La
première présente une ouverture sur chaque fianc et chez Mis-
gunius et Cohitis une ouverture postérieure. La seconde limite
une cavité interne. Les deux moitiés de la vessie communiquent
largement entre elles chez Cohitis tcenia, moins ouvertement
chez Misgurmis, tandis que chez Nemachilus elles sont presque
complètement séparées l'une de l'autre, il n'y a qu'un canal
VE.SSIE NATArOlKK 1)E8 1. -ClIES 1) EUROPE. 441
microscopique de réunion. La vésicule toujours placée en arrière
de la vessie n'est pas entourée par une capsule osseuse; elle
est une continuation directe de la vessie membraneuse dont les
parois font saillie par l'ouverture .postérieure qui existe dans
l'enveloppe osseuse de la vessie de Mïsfiurnus et Cobitis. Dans
ces deux cas, la cavité de la vésicule comumnique directement
avec l'intérieur de la vessie ; chez le NemacMlus la vésicule,
comparativement beaucoup plus petite que dans les deux cas
précédents, au lieu d'être i-eliée directement à la vessie est
située à une certaine distance de cette dei-nière, un long pédon-
cule plein la relie au canal de réunion des deux sphères de la
vessie. Il n'y a donc plus communication entre la vésicule et la
vessie.
Quant au canal pneumatophore, il est différemment constitué
chez les trois genres examinés. Il est toujours situé entre la
vésicule et le tube digestif. Chez Misgurnus fossiUs son extré-
mité antérieure est fermée en cœcum, la portion moyenne s'est
transformée en glande vasculaire sanguine ; son extrémité infé-
rieure est remplacée par du tissu conjonctif et musculaire. Chez
Cobitis tcenia l'extrémité inférieure du tube pneumatophore
s'ouvre dans le tube digestif, monte en serpentant à la ren-
contre de la vésicule qu'il n'atteint pas et se termine dans le
tissu conjonctif environnant. Chez NemacMlus le tube enfermé
dans un pédoncule de tissu conjonctif qui relie la vésicule à
l'intestin, se ferme en cœcum à ses deux extrémités.
Conclusion.
Les ouvrages de classification font rentrer les Acanthopsides
d'Europe dans le sous-ordre des Physostomes, caractéi'isé par la
communication intime existant entre l'intérieur de la vessie
natatoire et le tube digestif au moyen d'un canal pneumato-
phore. Or, nous venons de démontrer que si la vessie nata-
442 MAURICE JAQUET.
toire et l'intestin sont reliés l'une à l'autre par un organe, ce
dernier est ou glandulaire ou renferme un canal. Mais dans
aucun cas ce canal ne s'ouvre en même temps dans la vessie et
l'intestin. Il est fermé en cœcum à l'une de ses extrémités ou
aux deux à la fois.
Il en résulte que les Acanthopsides d'Europe doivent être
sortis du sous-ordre des Physostomes tel qu'on le comprend
actuellement.
INDEX BIBLIOGRAPHIQUE
Weber. — De mire et aiiditu.
CuviER et Valenc.ienne. — Histuire naturelle des Poissons de France.
1846.
Th. SiEBOLD. — Die Sûsswasserfische von Mitteleuropa. Leipzig, 186;i.
E. GouRiET. — Du rôle de la vessie natatoire. Ann. Se. Paris, 1866.
A. GiixTEK. — An introduction of the Study of Fishes. Edinburgh, ISM).
V. Fatio. — Faune des Vertébrés de la Suisse. Genève et Bâie, 1880.
D'' E. MoREAU. — Histoire naturelle des Poissons de la France. Paris.
H. Rathke. — Beitràge zur Geschichte der Thierwelt. Danzig 1820.
Ueber das
Vorkommen von Klappenapparateii
il] lien
Excretionsorganen der Trematoden
Karl KAMPMANN
in Genthin.
Hierzu Tafel XIX u n d XX.
Wâhrend die Kenntnis von Klappen in den Excretionsappa-
raten der Cestoden auf einen Zeitraum von circa zwanzig Jahren
zuriickgefûhrt werden kann, ist bisher von derartigen Einrich-
tungen in den gleichnamigen Organen der Trematoden nichts
bekannt geworden, und selbst die in jûngster Zeit auf diesem
Gebiete verôffentlichten Arbeiten enthalten keine diesbezUg-
lichen Angaben.
Der Schwerpunkt bei der Untersuchung der einzelnen Ab-
schnitte des Excretionsapparatcs ist bei den Trematoden mit
wenigen Ausnahmen und vielleicht mit Reclit auf die Beschaffen-
heit derjenigen Theile gerichtet worden, welche die Arbeit der
Aufnahme der Excretionsstoffe aus dem Kôrper bezw. dessen
Parenchym tibernommen hatten, wâhrend die leitenden und
sammelnden Abschnitte nicht so eingehend in Beobachtung
genoramen wurden.
Nicht uninteressant und vor allen Dingen nicht ohne wissen-
444 KAUL KAMl'MANN.
schaftlichen Weitli diirfte dio Thatsache sein, dass aucli bei
den Treniatoden iind zwar in dcn ziiletzt erwâhnten sammelnden
iind leitenden Abschnitton derartige Klappen und klappenartig
tiinctionirende Einrichtungen vorhanden sind, welche in gleicher
Weise wie bei hoher organisirten Thieren daiïïr Sorge trag?n,
dass unter iiornialen Verhâltnissen diejenigen Stoffe. welclie
zur Ausfuhr aus dem Kôrpei' bestininit sind, nidit in diejenigen
Gebiete, aus denen sie kominen, zuruckgelangen konnen.
Dièse Einiicbtungen finden sich bei einigen derjenigen
Distomen, deren excretoriscbe Apparate Saramelkanâle und
eine Endblase besitzen ; sie habeii ihren Sitz an der Ueber-
gangsstelle aus den Kanàlen in die Blase.
Von nicht zu unterschâtzender Bedeutung niag es sein, dass
der Beweis fiir dièse Bebauptung nicbt wie bei den Klappen-
apparaten der Oestoden fast nur allein durcb die am toten
Material gewonnenen mikroskopisclien Prâparate, sondern
durcb die Beobachtung ibrer Function am lebenden Thiere
geliihrt werden kann.
Das Gebiet dei' auf Lôsung dieser P'rage gerichteten Unter-
suchungen eistreckte sicii auf eine Reihe von Distomen^ und
wenn auch die Zabi der untersucliten verschiedenen Arten bei
der unendlicb grossen Menge, welche es von diesen iiberbaupt
giebt, eine relativ kleine geblieben ist, so diirfte gegen etwaige
(laliin zielcnde Vorwiirfe der positive Erfolg der angestellten
Untersuchungen entscbuitigend ointreten ; das Material zur
Prtifung nnd Bestâtigung meiner Angaben bei anderen Distomen
bieibt fur andere Forscher ein um so grôsseres.
Bevor ich auf die einzelnen Methoden, auf die einzelnen
Arten der untersuchten Thiere und die bei denselben festge-
stellten Einrichtungen eingehe, wiil ich, unter moglichster Ver-
meidung unnothiger Ausdehnung, aus derjenigen Litteratui",
welche ftir die in dieser Arbeit aufgestellte Frage in Betracbt
kommt, Nachstehendes hervorheben :
KLAri'KNAPPAKATEN DER TRICMA TODKN. 445
Sommer ' aussert sich in seinem Werk liber Dist. hepaticum
in Bezug auf den excretorischen Apparat u. a. pag. 586 wie
folgt : ' Die Wand des excretorischen Apparats wird von einer
libei'aiis feineu, structurlosen und elastisclien Gewebsschiclit
gebildet, deren Inuenflâclie nirgends eine Zellausldeidung zeigt,
mithin je'glicher epithelialen Dccke eiitbehrt. Wirkliche Kiaj)-
penvorrichtungen an den Einschnûrungsstellen des Stammes
sind nirgends nachweisbar ; ebenso fehlen dem ietzteren auch
aile Andeutungen vom Flimmerlappen, deren Anwesenheit fiir
eine Anzahl anderer Distonien von den Forscheni behauptet
worden ist. Ein muskulôser Belag der Wand des Stammes, der
ihm ejgene Conti'actilitat verleihen und den Charaktei- eines
Expulsionsorganes geben kônnte, ist nicht vorhanden. »
Diesel' Autor sagt ferner pag. 586 : « Eine in allen wesent-
lichen Theilen korrekte Schilderung des Organes ist endlich
von R. Leuckart in dessen grossen Parasitenwerke gegeben
worden. »
Leuckart ' giebt uns iiber die in Frage kommenden Ab-
schnitte des Excretionsapparates bei den Trematoden folgenden
Aufschluss : « Um die Anordnung dièses Excretionsapparates
im Allgemeinen kennen zu lei-nen, unterscheidet man daran am
besten drei verschiedene Abschnitte : den Sammelraum mit
seinem Porus, der die Absonderungsprodukte nach aussen
bringt (die Endblase), das System der grcisseren Gefâsse, die
vorzugsweise, wie es scheint, zur Fortleitung dienen, und die
davon ausgehenden feinen Capillaren, die ganz ebenso, wie wir
das fur die entsprechenden Theile dei- Cestoden kennen gelernt
liaben, je in einen Flimmertrichter auslaufen und in tunctio-
neller P)eziehung offenbar am wichtigsten sind. »
' SoMMKK. Die AnaUmue des Leberegels Di>itonuuH hepaticum L. Zeilsclirifl fi
wissenschaflliclie Zooloi^ic 1880.
^ R. LiîucKAUT. Die Parasilen des Memr.hen, I. Bnud, dritte LiiH'cruii
IF. Audage, Seite ."{6.
446 KAKL KAMI'MANN.
Von irgend welchen Klappen oder klappenartig functioniren-
den Einiichtunfien im Bereiche der Endblase und der Sammel-
gefâsse saijt Leuckart nichts.
Loos ' bestâtigt Fraipont's Angaben liber den Bau der
Hxcretionsorgane, richtet dabei aber sein Hauptaugenmerk auf
die Flimmertrichter. also auf den Ursprung der Kanàle und
erwàhnt nichts tiber den Eintritt der letzteren in die Blase.
Loos hat 11. a. JDistommn davigerum, Distomum endolohum,
Bistomum cygnoides, Distomum ovocaudahim und Distomum-
glob iporum unte rs u c ht .
Fraipont ', deni wir die ergiebigsten Autklàriingen tiber den
Excretionsapparat der Trematoden und Cestoden in neuerer
Zeit verdanken, hat bei dem Distomum squamida t'ulgende Ein-
theilungen der Kxcretionsorgane gemacht ; er untefscheidet
drei Partien : « la vésicule terminale, un système de gros
canaux qui en partent et un système de fins canicules qui dé-
bouchent dans ces canaux et qui prennent leurs points d'origine
dans de petits entonnoirs ciliés. ■■■>
Fraipont beschreibt sodann die einzelnen Abschnitte ein-
gehend, und giebt zu den Beschreibungen die erklârenden
lUustrationen. Er spiicht bei der Beschreibung der grossen
Gefâsse von einei- « ScJieidewand » oder einem « Diaphragma^,
welche an der Bifurcationsstelle der grossen Leitungskanàle
sich befinden ; man sieht in der auf Tafel XVIII gezeichneten
Figur 2 an der genannten Stelle einen Zipfel in den Haupt
stamm, welchen die beiden grossen bilden, hineinragen.
Dieser Zipfel, falls er durch das j^anze Lumen des Gefâsses
geht, kann eventuell als Verschlussventil aufgefasst werden,
und auch als solches fungiren, immeihin aber erfûllt er nicht
' Beitrag zur Kenntniss der Trematoden. Zeitschril't iiir wissenschaftliche
Zoologie, 1885, pag. 405.
*.lul. Fraipont. Recherches sur l'appareil excréteur des Trematodes et
Cestodes, Archives de Biologie. 188f), t. I.
KLAPPENAPPARATEN DER TREMATODEN. 147
don Zweck, einen Abschluss zwischen Blase und zufuhrenden
Gefâssen lierzustellen. Seine Fuiictioii kann sicli lediglich
darauf besclirânken, den eineii Kanal zu schliessen, wâhrend
sicli der andere seines Inlialts entleaigt und ungekehrt ; einen
Abschluss der Base gegen Riickstauung ihres Inhalts in die
Gefâsse zuriick vermag er niclit liei'zustellen.
Fraipont sagt pag. 425 : « Au point, où a lieu la bifur-
cation du tronc commun d'origine (Fig. 12), on remarque, chez
les jeunes Distomes, une cloison ou un diaphragme, sur lequel
nous ne pouvons insister, étant donnée notre ignorance du
mode de développement de l'appareil. »
Dass Fraipont es besonders betont, dass man bei den
jungen Thieren dièse Beobachtungen machen kann, hat, wie
wir spâter selien werden, seine wohlbegriindete Berechtigung.
Derselbe Forscher schenkt in einer zweiten Arbeit ' dem
Eintritt der gtossen Gelâssstàmme in die Endblase eingehen-
dere Beachtung. Bei diesen vergleichenden Untersuchungen
der Excretionsapparate der Cestoden und Trematoden hat er
das Distomum divergens als Untersuchungsobjekt gewâhlt und
bei diesem festgestellt, dass die genannten Gefâssstâmme nicht
direct in die Blase an deren Wand einmtinden, sondern noch
eine gewisse Strecke in das Lumen der Blase hineinragen.
Dièses Endstilck der Gefâssstâmme ist nach Fraipont im Innern
mit Cilien dicht besetzt. Er sagt pag. 2 : « Ces deux troncs sont
plus rapprochés de la face dorsale que de la face ventrale du
ver. Leur mode d'insertion sur la vésicule est particulier. Ils
ne débouchent pas directement dans celle-ci, mais ils y pénè-
trent jusqu'à une certaine profondeur en conservant leur dia-
mètre extérieur. Le bord libre de leur orifice et leur paroi
interne sont complètement couverts de cils vibratiles. Cette
^Recherches sur i appareil excréteur des Treniatodes et Cestodes. Arcliive.«
de Biologie, 18S'l, II.
Rkv. Suisse dk Zool., T. II. 1894. 31
448 KARL KAMPMANN.
couche ciliaire s'étend dans le canal jusqu'à une certaine
distance en dehors de la vésicule. »
Auch tlbor dièse Beobachtun<>en sind von Fraipont Zeich-
nungen beigegeben, indessen ist aus denselben, soweit sie die
Figuren 3 und 5 betreifen, wo die Objekte kôrperlich gedacht
sind, nicht mit absoluter Sicherheit zu erkennen, ob dièse
Fortsetzungen der Gefâssstanime nicht vielmehr als Verschluss
der Blase gegen das Gefâss dienen soUen.
Lang ' bezeichnet in den allgemeinen Bemerkungen iiber
Plathelminthen das sogen. Wassergefâsssystem, fur dièse sehr
charakteristisch, « als ein System feiner, einerseits sich im
Mesoderra veràstelnder, andererseits nach aussen mundender
Kanàle ; » und weiter unten ' : « Auch bei den Trematodeu
finden wir typisch zwei Lângsstâmme, die entweder durch Ver-
mittlung einer gemeinsamen contractilen Endblase von sehr
verschiedener Grosse am hintern Kôrperende nach aussen
mtinden (Distoma) oder getrennt durch zwei erweiterte End-
stucke im vordern Kôrpertheile dorsalwàrts sich nach aussen
ôffnen.
MoNTECELLi ' constatirt bei seiner anatomisch-histologischen
Beschreibung einer ganzen x^nzahl Distomen, die von Pintner,
Fraipont, Loos und andern angegebenen Einrichtungen der
Excretionsorgane ; beziiglich der Abgânge aus den Kanâlen in
die Blase macht er keine Angaben,
NOACK ' macht beziiglich des Excretionsapparates bei dem
Dist. davigerum dieselbe Eintheilung wie Fraipont bei Dist.
squamula.
Die von Noack beschriebenen beiden Hauptstâmme « munden
' Lang. Lehrbuch der vergl. Anatomie. 188S, pag. 133.
^ Lang. Lehrbuch der vergl. Anatomie. 1881, pag. 152.
' Studii sui Trematodi endoparassiti di Fr. Sav. Monticelli. Jeiia, 1893.
■* Die Anatomie und Histologie des Distomam davigerum Rud. Von Eiiisl
AoACK, 1892.
KLAPPENAPPARATEN DER ÏREMATODEN. 449
in den auf ihror Seite gelegenen Schenkel der Blase und zwar
am vordern Ende, meist eiii wenig seitlich, ohne sicli dabei
raerklich zu erweitern.
Der Ceiitraltlieil, also die Blase, stellt einen lânglichen,
sackartigen Behâlter dar, welcher sich voriie in zwei meist
ungleich lange Schenkel spaltet. »
Von einem Verschlussapparat oder dergleichen an der Ein-
trittsstelle der Hauptstâmme in die Blase liât Noack nichts
erwâhnt und ansclieinend auch niclits geselien, denn die seiner
Arbeit beigefûgte Zeichnung (Taf. I, Fig. 2) lâsst die genannten
Stâmme in keiner Weise gehindert in die Blase eintreten.
Braun ' giebt dem Excretionsapparat der meisten Distomen
die gleiche Eintlieilung, ohne auch niir bei einem einzigen der-
selben das Vorhandensein von Klappen oder dergleichen zu
besprechen. Ueber den Bau der Sammelrôhren und der Blase
sagt Braun Folgendes : « Freilich ist es in solchen Fâllen schwer
oder unmôglich, die zipfelfôrmigen Anhânge der Endblase
gegen die sammelrôhren abzugrenzen, namentlich wo letztere
das gleiche Caliber wie die Kxcretionsblase haben oder sich
an ihrem hinteren der Einmiindungsstelle zugerichteten Ende
mehr oder weniger erweitern. Vielleicht wird einmal eine ge-
nauere histologische Analyse der Wandung Unterschiede er-
kennen lassen, wie z. B. Fraipont angiebt, dass die Endstucke
der Sammelrôhren von Dist. divergens Bud., die bei dieser
Art eine Strecke weit in das Lumen der wenig entwickelten
Zipfel der Endblase frei hineinragen, Wimpern tragen, sonst
aber wimperlos siud. Bis wir Genaueres wissen, mtissen wir
nach anderen, weniger sicheren Anhaltspunkten suchen ; môg-
licherweise sind solche in dem verschiedenen Inhalte der
Sammelrôhren und der Excretionsblase gegeben. »
In den Neapeler Jahresberichten finde ich in den Jahr-
^ Bron.n's Klassen und Ordnungen des Tkierreichs. IV. Band, 1892, p. 642.
450 KAKL KAMPjMANK
gangen 1879 bis 1892 keine Angaben, welche darauf hin-
weisen, dass von Zoologen der in Rede stehenden Frage
durcli Verôffentlichnng von Untersuchungsbefiinden anderweitig
nâher getreten sei.
Bevor ich zu der Darstellung meiner Beobachtungen ûber-
gehe, will ich kurz iiber die angewandten Untersuchungs-
metlioden berichten.
Dass fur die Untersuchungen der in Frage koinmenden Or-
gane das Alter und die Geschlechtsreife der Thiere rine grosso
Bedeutung liaben, ist schon in Bezug auf letztere bei Be-
schreibung der einzeluen Untersucliungsobjekte erwàhnt wor-
den ; je mehr der Utérus mit Eiern gefûllt, nm so scliweror
ist eine Untersucliung,
Da nun die Zuiiahme der Eier mit dem zunehmenden Alter
wenigstens eine Zeit iang gleichen Scliritt zu halten pflegt,
so ist es einieuchtend, d;iss die jungen Thiere zur Untersuchung
ein passenderes Material bieten, als die alten. Auf diesen Um-
stand hat auch Fkaipont ' hingewiesen und deshalb die jungen
Distomen zur Untersuchung enipfohlen. uni die von ihm be-
obachteten Scheidewânde in den Sammelkanâlen und Fort-
setzungeii mit ilirer Wimperung in der Endblase sehen zu
konnen.
Dasselbe giit fur die von mir untersuchten Distomen.
Bei der Untersuchung lebender Thiere ist ferner darauf zu
achten, dass die Ortsbewegungen derselben unter dem Deck-
glas môglichst eingeschrânkt werden, wàhrend die Thàtigkeit
der Oi-gane ungestort bleibt ; man erreicht dièses nach meinen
Erfahrungen ani besten, indein man die Tliiere mit einem
kleinen Deckglase direkt belegt, ohne an letzteres Wachsfiisse
oder deigieichen Unterstûtzungen anzubringen ; von Zeit zu
Zeit setzt man dem Prâparat eine Wenigkeit physiologischer
* L. c, pag. 425.
KLAPPENAl'PARATEN DER TREMATODEN. 451
Kochsalzlôsung zu. Bei dieser Beliandluno- bleiben die Thiere
ziemlich auf demselben Flecke liegeii, sie werden ausserordeiit-
licli ûbersichtlich und bleiben 2 — 3 Stunden am Leben.
Die auf dièse Weise behandelten Tliiere zeigen eine sehr
deutliche Blase, dièse fûllt sich unter dem Deckglase, ihre
Coiitouren treten scharf hervor, ohne dass die zufiihrenden
Sammelkanâle ihre Dicke oder Fiille ânderii ; bei Thieren,
welche raaii unter Deckglâsern, welche Wachsfusse tragen,
untersucht, kann man dièse wiclitigen Beobaclitungen nicht
machen, die Thiere haben hier mehr Spielraum sich zu be-
wegen, den Korper zusammenzuziehen und auszudehnen und
bei diesen Bewegungen die Blase zu entleeren.
Um gutes Material fur- Schnitte zii erhalten, muss man nach
meinem Baturhalteii die Thiere nicht unter dem Deckglase
tôten ; letzteres erscheint mir fiir Gewinnung guten Materials
geradeza hinderlich. Den Druck des Deckglases hait das
lebende Thier fiir die Zeit der Untersuchung aus, der elastische
Korper und die Muskeln leisten dem Druck von oben Wider-
stand und weichen nur dem lange anhaltenden Druck ; auf
die toten Organe aber ûbt das Gewicht des Deckglases schon
einen nachhaltigen Eintiuss aus, es drilckt die zarten Klappen
fest an die Blasenwand, es verandert ihre normale Lage und
Stellung.
Diesem Umstande aliein glaube ich es zumessen zu miissen,
dass ich die im Leben bei Dlst. mentulafmn so deutlich wahr-
genommenen Klai)pen an Schuitten nicht habe wieder tinden
kônnen.
Das mir zur Verfiiguug stehende Material war unter dem
Deckglase abgetotet worden ; neues konute ich trotz ausge-
dehntester Beintihungen nicht erlangen.
Dass fiir die Feststellung von Klappen am toten Material
fast nur Lângsschnitte angefertigt wurden, darf wohl kaum
besonders hervorgehoben werden, die Nothwendigkeit hierftir
452 KAKL KAMPMANN.
liegt in der anatomischen Anorenung der Endblase uiid der
Sammelkanâle zuni Korper.
Beziiglicli der Tôtungs- iiiid Farbemethoden sei kurz Fol-
gendes erwilhiit : Die Abtotung geschah mit Sublimât, mit
Alkohol iind mit Ciiroin-Osmiumessigsaure.
Distomum isostomum iind Dist. drrir/erum habe ich mit Pikro-
karmiii, Alaunkarmin, Eosin, Hâmatoxylin und mit der Doppel-
fârbiing Eosin-Hâmatoxylin gefârbt ; auch wurde Boraxkarmin
versucht, die iibrigen Thiere meisteiis mit dem sich als am
geeiguetsten zeigendeii Pikrokarmin tingirt.
Bei Gelegenheit des zoologischeii Praktikums fand ich in
den Miiskehi eiiies Flusskrebses Parasiten : es war das Disto-
mum isostomum^ vei'treten dui'ch wenige Exemplare.
Der Parasit zeigte sich als ein zur Beobachtung und Unter-
suchung im lebenden Zustande iiusserst geeignetes Objekt, und
wenn von Professer Schneider und Dr. Gaffron dièse
riihmliche Eigenschalt besonders hervorgehoben wird ', dann
kann ich micii dieser Ansicht nur im weitesten Sinnc an-
schliessen.
Das Bild, welches namentlich der Excretionsapparat mir
bot, war iiberraschend ; es zeigte sich am lebenden Thiere
ein Klai)penapparat zwischen der Endblase und den Sammel-
kaniilen, welcher uber ailes Erwarten voUkomraen und exact
functionirte.
Bei kehier Art der naciiher diirch mich untersuchten
Distomen habe ich iiber den ganzeu Verlauf des unendHch
fein und weitverzweigten Kanalsystems einen so iiberaus klaren
Ueberblick gewiimen konnen, als bei diesem Thiere.
Ans diesem Gninde habe ich auch Veraulassung s^enommen,
in Fig. 1 ein Uebersichtsbild des ganzen Apparates, so wie
ich ihn nach dem Leben gezeichnet habe, beizufugen.
' Gai-i"I(o.\. Ziun Nercensmtein der Tnnnatoden. Zool. Beiira<re.
KLAPPENAPPARATEN DEK TREMAFOUEN, 453
Die baumartig verzweigteii kleinsten Kanalclien und die
grôsseren Kanâle fliessen jederseits in einen Hauptkanal zu-
sammen, von diesem bleibt der vordcre Hauptkanal einstâm-
mig, wâhrend man an dem hintern eine Trennung in zwei
ziendicli gleicli starke und gleicli lang nach hinten verlaufende
Stâmme wahrnehmen kann.
Gleich hinter dem Bauclisaugnapf treten die Hauptstamme
von vorne und voii hinten in ein ziemlich auffàllig erweitertes,
fast ini rechten Winkel nach innen ziehendes Geiâss. Dièses
kann kaum als ein Kanal bezeichnet werden, es hat eine
làuglich-ovale Form und stellt ein Sannnelbecken dar. Aus
diesem Sammelbecken fûhrt ein kiirzei- enger Kanal in die
eigentliche Endblase ; an der Mimilung dièses Kanals in die
Blase befindet sich eine Klappe.
Wir sehen bei dem unter dem Deckglase liegenden Distomum
isostomum die Blase sich mit Iiihalt fullen, der Excretions-
porus ôffnet sich bisweilen, es tï itt Blaseninhalt nach aussen ;
in diesem Augenblick beobachten wir nun weiter, dass die
vor der Mimduug der vorhin erwahnten Kanâle befiudlichen
Klappen sich jetzt an die Blasenwand anlegen, das Ziigangs-
rohr verschliessen und eine Rucksîauung in die Sammelbecken
verhindern.
Wàhrend nun die Klappen zwischen den Kaniilen und der
Blase einen Verschluss herstellen, fullen sich wieder die Sam-
melbecken, uni, nachdem der Druch der Blase aufgehôrt hat^
sich wieder- zu entleeren. ISo bleibt FilUung und Leerung einer-
seits der Blase, andererseits der Sammelbecken stets in ab-
wechselnder Reihenfolge iiii Betfieb ; der Apparat t'unctionirt
tadellos. (Fig. 2.)
Die an dem lebenden Objekt geinachten Beobachtungen
kônnen an den von diesem Tliiere angefertigten Schnitten
bestâtigt werden, man sieht die Klappen als selbsstândige
Gebilde durch mehrere ''-^chnitte hinduich ; man kann ihren
454 KARL KAMFMANN.
Veiiauf, ihre Stârke und Anordnung beobachten. Auch gelingt
es bei diesera Objekt Schnitte anzufertigen, auf welchen beide
Klappen (Fig. 3, 4, 5) nachzuweisen sind ; bei alleii anderen
Arten, welche ich untersuchte, ist mir solches nur mangelhaft
oder gar nicht gegliickt.
Die bei Dist. isostomum gewonnene intéressante Beobachtung
veranlasste micli, da das vorhandene Material verbraucht war,
mir neues zu verschaffen. Diesem Verlangen stellten sich in-
dessen grôssere Hindernisse, als zu erwarten war, entgegen.
Unter circa 1400 Krebsen, welche ich mir aus Ost-Preussen,
Schlesien, Posen, Brandenburg und Mecklenburg habe schicken
lassen, habe ich nur ein Thier gefunden, welches mit Dist.
isostomum behaftet war.
Die Unteisuchungsresultate hinsichtlich des Excietions-
apparates waren genau dieselben und bestâtigten eiuwands-
frei das Vorhandensein von Klappen.
Die Auftindung dieser Klappe bei Dist. isostomum veranlasste
mich, bei einer Anzahl anderei- Distouien mit Endblase und
Kanalsystem nach âhnhchen Einrichtungen zu suchen.
Ichuntersuchte zu diesem Zwecke folgende Arten :
1. Distomum mentulatum Rudolphi.
•J. » cirrigerum Bser.
3. « assula Dujardin.
4. » signatum Rudolphi.
'). » naja Rudolphi.
6. » ' triganoceplialum.
7. " crassicoUe.
8. » clavigeriim Rudolphi.
9. » endolobum Dujardin.
Unter den geuannten Distonieu fanden sich Klappen von dem
bei Dist. isost. beschriebenen Bau nur bei Dist. mentalatam.
Dièses Thier eignete sich, da es in den vorhandenen 12
KLAPPENAPl'ARATEN DEll TREMATODEN. 455
Exemplaren durchweg eifrei war, zur Beobachtung im leben-
clen Zustande ganz besonders giit.
Das lange schmale Thier ist mit einer stinimgabelforinig
gestalteten, bis ans vordere Ende des Thieres reiclienden Blase
ausgestattet. (Fig. 6.)
Die auf den Darmschenkeln liegenden Kanâle und Sammel-
rôhren begleiten die Blase in ihrem ganzen Verlauf, bald diclit
an dièse, bald weiter an den Kôrperrand herantretend, in
wellentormigen Winduiigen. Die Kaniile vereinigen sich etwa
in der Mitte, der Kôrperlange ; hier bilden 2, 3 und niehr
Gelasse, von denen konstant zwei grôsser, die ilbrigen wesent-
lich kl einer sind, einen gcmeinsamen Stamm, welcher wieder
âhnlich wie bei Dist. Isostomum beckenartig sich erweitert,
sich nach kurzem Verlauf der Blasenwaml zuwendet und,
dièse von vorn nach iiinten begleitend, sich in die Blase er-
giesst. (Fig. 7, 8, 9.)
Hier bilden wieder Blasen- und Gefâsswand eine Klappe,
deren Bewegungen nian deutlich beobachten kann. Bei dem
Strudeln der aus dem Sammelrohr in die Blase fliessenden
Excretionsfliissigkeit hebt sie sich mehr oder weniger von
der Blasenwand ab, bei starkerer Ftiihmg der Blase tritt sie
nâher an die Wand heran, uiid bei Kntleerung der Blase durch
den Excretionsporus legt sie sich fest vor die Oeffiuing, oder
so fest an die Wand, dass nur wenig Fliissigkeit in die Blnse
gelangen, erst recht aber niclit aus der Blase in die Kanâle
zurûckstauen kann.
Die Miindimg des Sainmelrohres ist nicht immer an einer
bestimmten Stelle zu siichen, sie zeigt sich einmal niiher der
Gabelung der Blase, einmal niiher an das vordere Ende der
Blasenschenkel verlegt, immer aber ist sie nur einmal auf
jeder tSeite vorhanden, und immer ti-itt das Sammelrohr von
der àusseren Seite des Biasenschenkels her in die Blase ein.
Ich habe die Thiere stundeniang unter dem Deckglase iiegen
456 KARL KAMPMANN.
gehabt, wâhrend des Beobachtens fiillte sich die Blase mit
Excretionsstoffen und wurde mit zunehmender Flillung îiber-
sichtlicher. Mit zunehmender Flillung verminderte sich zwar
der Zufluss, verlangsamte sich auch, bis endlich die Blase sich
zusammenzog und ihren Inhalt durch den Excretionsporus
entleerte ohne Ruckstauung in das Sammelrohr.
Tôtet man ein unter dem Deckglas liegendes Dist. mentula-
fum mit Sublimât, dann sieht man eine kurze Weile den Aus-
tritt den Excretionsstoffe in die Blase contiuuirlich ertblgen,
plôtzlich setzt die Thâtigkeit aus, die Klappe schwingt langsam
ein paar mal hin und her, legt sich dann an die Wand an und
bleibt hier liegen, wenn der ïod eingetreten ist.
Trotzdem die Klappen und ihre Functionen am lebenden
Thier bei starker Vergrôsserung deutlich wahrzunehmen und
eingehender Beobachtung zugànglich sind, ist es mir nicht
gelungen, dieselben an Schnitten nachzuweisen. Ich habe
nicht zu ermitteln vermocht, wesshalb ich die Klappen am
toten Material nicht wiederfinden konnte, ich vermuthe aber
dass die Behandlungsmethode auf die tiberaus zarten und l'einen
Klappen einen derartig ungiinstigen Einfluss ausgetibt hat und
dass vor allen Dingen das Dichranlegen der Klappen an die
Blasenwand eine Grenze zwischen beiden nicht hat leststellen
lassen. Die Sammelrôhren sind auf den Schnitten wohl zu
finden, ihr Eintritt in die Blasenwand dagegen nicht.
Die negativen Befunde bei den von Dist. mentulatum ange-
fertigten Schnitten sind indessen nicht ira Stande, die Beobach-
tungen der Klappen am lebenden Thier in Frage zu stellen.
Ein anderes Untersuchungsobjekt fand sich in Dist. signa-
tum, aus dem Oesophagus der Bingelnatter entnoramen.
Dièses durchweg zur Untersuchung ira lebenden Zustande
sehr geeignete Thier zeigt eine sehr grosse, fast iiber die ganze
hintere Kôrperliâlfte sich ausdehnende Endblase (Fig. 10) von
sehr geringem dorsoventralem Durchmesser.
KLAPPEXAPl'ARAl'KX DER THEMATODEN. 457
Die zahlreich voihandeneu Uterusschlingen, welche mit
Eiern gefiillt sind, driickeii die Blaseiiwandungen bei iliren
Bewegungen gegeneinander uiid gegeii die Ruckentlâche des
Thieres. Hinter dem Bauclisaiigiiapf sieht maii die grossen
Kanâle von jeder Seite der Mitte zustreben (Fig. 10) und es
macht den Eindruck, als ob sich die Kanâle hier zu einera
genieinschaftlichen kleinen Sammeibecken vereinigen, um aus
dieseni in die Blase zu munden.
Der Austritt des vermuthlicli genieinsamen Kanais in die
Blase habe ich trotz sorgfâltigster Beobachtung nicht erniitteln
konnen; auch die Schnittserien haben mich bei den darauf
gerichteten Nachforschungen iin Stich gelassen.
Die negativen Resultate der Untersuchungen von Dist. signa-
tum liaben sich noch bei anderen Distomen-Arten wiederholt.
Bei I)ist. naja, Dist. triganocepludimi, Dist. crassicollr haben
die von mir angestellten Unteisuchungen zu keinem definitiven
Abschluss uber die Verhaltnisse zwischen den Sanimelkanâlen
zur Endblase geftihrt; die Schuld bierfûr war eiiizig wohl nur
in dem Umstande zu suchen, dass aile dièse Arten zur Zeit der
Untersuchung libermâssig mit Eiern gefiillt waren und durch
die Anwesenlieit der zahlreichen iMer eine genaue Feststellung
der that^âchlichenanatomischen Einriclitung der excietorischen
Endorgane unmoglich gemacht wurde.
Giinstiger sind meine Untersuchungen bei Distomum cirrige-
rum, Distomum davigerum und Distomum endolohum ausge-
fallen.
Bei diesen Thieren hnden sich zwar nicht selbststândi,<;e
Klappen, wie wir sie bei Dist. isostomum und Dist. mentulatîim
kennen gelernt haben, es kommt jedoch an der Einmiindungs-
stelle der Saramelrrthren in die Endblase eine Einrichtung zu
Stande, welche in gleicher Vollkommenheit eineii Abschluss
beider Abschnitte gegen einander zu bewirken verinag.
Ich werde dieselbe zunâchst von Dist. cirrigerum beschrei-
ben.
458 KARL KAMrMAXN.
Unter der grosse» Anzahl von Krebsen, welche ich mir zur
Beschaffung von Dist. isostomum hatte kommen lassen, tanden
sich zwei Thiere, welche ein anderes Distomum und zwar das
Distomum cirrigerum belierbergten. Dièse Païasiten waren
aber nicht, wie Dist. isostomum frei lebend in den Krebsen anzu-
tretfen, sondern encystiit; ich fand dieselben etwa 25 Stiick
fe>t im Muslielfleisch sitzend ; ihre Entfernung ans den Cysten
bereitete einige Schwierigkeiten.
Wâhrend die von Dist. isostomum gefundenen Exemplaie
olme Eier angetroffen wui'den, waren im Dist. cirrigerum die
Uterussclilingen mit solclien sehr stark gefiillt Dieseï' Um-
stand erscliwerte mir die bei diesem Thiere angestellten Nach-
forschungen iiber den anatoniischen Baii dei- Excretionsorgane.
Dieser ist von jenem des Dist. isostomum. insofern wesentlich
verschieden, als ihm die Sammelbecken fehlen und auch die
Anordniing der Sammelkanale eine andere ist Wir selien
zwei Hauptkanale von vorn lierkommend, ziemlicli weit vom
Blasengrund seitwârts in die Blase einmunden (Fig. 11). Vor
ihreni Eiiitritt in die I^lase zeigen die Kanâle zwar eine kurze
Strecke laug eine Erweiterung, aber so beckenartig, wie sie
bei Dist. isostomum im Totalprâparat zii selien ist, ist dieselbe
kfineswegs.
Nach der Blase zu verjiingen sich die Kanâle zusehends ;
sie treten unter sehr spitzein Winkel in die Blase ein (Fig. 12).
Blasenwand und die dieser zugekehi'teKanalwand verschmelzen
zu einer langen, dïmuen Membraii (Fig. 13 a), welche als feines
Hâutchen die Blascnwand nacli liinten hiii eine Strecke lang
begleitet.
Ani lebendeii Thier sieht man luin, dass sich dièses Hâutchen
bei Kontraction der Blase gegen die Wand derselben legt und
so einen Verschluss der Samenrôliren herbeifuhrt; nach erfolg-
ter Eiitleerung der lilase lost sich das ^Hâutchen wieder und
der Zuhuss ans den Kanâleii i^t wieder frei.
IvLAPPEXAPl'ARATEN DER TREMATODEN. 459
Die von (liesein Thiore angefertigten Schnitte (Fig. 12 u. 13)
bestatigen den am lebenden Tliiere gemacliten Befund.
Wenngleicli das Résultat der am Dist. cirrigerum gemachten
Beobaclitungen nicht so gunstig ausgefallen war wie bei deiii
Dist. isostomum, iiidem nicht so deiitlich fiinctionirende Klappen
gefunden wiirden, so zeigte doch der Befund am lebenden und
toten Thier, dass bei den Beziehungen zwischen Blase und
Sammelrohr dasselbe Prinzip hen-scht, nàmlicli critère gegen
letzteres unter gewissen Bedingungen zu verschliessen ; es kaon
die aus Blasen- und Kanalwand verschniolzeni' zarte Haut als
ein « klappeuartig functionirender Apparat » bezeichnet werden.
Das Bist. davigenim zeigt im Totalprâi)arat die in Fi ;•. 14
angegebene Beschaffenheit der Endblase nebst den in dièse
einmiindenden Samuielkanillen. Der Eintritt der Kanâle an
der Aussenseite der Blasenschenkel ist ganz diarakteristisch
und t^'pisch (Fig. 15), nur ausnahmswei^e kommen Abwei-
cliungen vor.
A m lebenden Thier sieht man dies Sammelrohr scheinbar in
das Lumen des Blasenschenkels hineinragen (Fig. 15), dièses
Bild bekommt mit dem von Fraipont beobachteten Verhalten
bei Dist. divergens ' tiberraschende Aehnlichkeit. Man beo-
bachtet sehr gut, dass aus dem Sammelrohr Excretstoffe, kleine
hellgraue, auch glashelle Kôrnchen und flïissige Massen in die
Blase hineingelangen^ und dass bei einer Kontraction der Blase
keine Theile dieser Massen wieder in das Rohr zurucktreten.
Ein Flimmern habe ich an dem Eintritt des Sammelrohres in
die Blase nicht beobachtet.
Die von Dist. davigermn angefertigten Schnitte geben liber
die am lebenden Thier gemachten Beobaclitungen einige Auf-
klarung.
Die in den Figuren 16, 17, 18 wiedergegebenen Schnitte
> L. c, page 2, PI. I, Fig. 3.
460 KAKI, KAMPMANN.
lasseii aiif das dcutlichste erkemien, dass der Eintritt der
Sammelrôhren uicht wie Noack ' angiebt <^ am vorderen Ende,
meist ein weiiig seitlich » , sondern ganz bedeutend weit nach
hinten und an der Seite dei- Bliiseiischenkel einmûnden.
Dièse typisclie Art der Einmtlndung liaben wir schon her-
voi-ragend bei Dist. cirrigermn kennen gelernt. Figur 16
zeigt den Eintritt in den linken Blasenscbenkel, wâhrend die
Figuren 17 und 18 den Scbnitt durcb den recMen Blasen-
scbenkel erkennen lassen. Die aucb bier wiederverschmolzene
Wand der Blase und des Kanals setzt sicb als eine diinne feine
Membran, als eine Haut in die Blase fort und fungirt aucb bier
wieder als Scbliessapparat zwiscben Blase und Sammelrobr.
Aus diesen Ergebnissen an den Scbnitten erklârt sicb aucb
die am lebenden Thier wabriienommene Erscbeinung, als ob
das Robr sicb in toto ins Blasenlumen fortsetzte. Die gemein-
same Blasen- und Gefâsswand tâuscbte am lebenden Objekt
dem Beobacbter ein Bild vor, welcbes den Anscbein batte, als
ob das ganze Robr eine Strecke weit bineinrage. Ich muss
nacb diesen meinen Reobacbtungen annebmen, dass Fraipont
sicb in Bezuii auf diesen Punkt bei Dist. divergens geirrt haben
kann ; leider babe icb mir keine Exemplare von Dist. divergens
beschaffen kônnen, um event. mir liber die Frage voile Auf-
klârung zu verscbaffen. Der Verscbluss durcb die genanute
diinne Membran wird bei Kontractionen der Blase genau in
derselben Weise berbeigetubrt, wie wir es bei Dist. cirrigerum
geseben liaben. Wûrde bei Dist. davigerum ein einfacbe>
Hervorragen des ïSammelrobrs in die Blase, wie Fraipont es
bei Dist. divergens bescbreibt, vorbanden sein, das Lumen des
Kobis nacb der Blase zu offen steben, dann stânde ja dem
Iliicktritt des Blaseninbalts in das Sammelrobr kein Hindernis
entgegen. Dass aber ein Verscbluss bezweckt wird, zeigen
pag
sp -29.
KI.APPENAPPARATEN DER TREMATODEN. 461
uns die P^xcretionsorgane der Cestoden und vieler hôherer
Thiere; es kann demiiach auch wohl smgenommen werden, da^s
die anntomischen Einrichtungen bei dein Dlst. divergens gaiiz
alniliche siiid, wie ich sie bei dem Disf. davigerum i^efunden
habe.
Wûrdeii die Sammelrôhren sich, wie Noack meint, bei
ilirer Mlindiiiig in die Blase, wenn auch iinmerklich, erweitern,
dann wiirde uns niclit nur die Grenze zwischen Blase und
Sanimelrohr fehien, es wiirde die einmal ausgoschiedene Excre-
tionsfliissigkeit in die JOinâle zuriickstauen, dièse melir oder
wenii^er erweitei-n und die Aufnahme der Excretstoffe in die
Kanâle nicht unwesentlich stôren.
Ganz àhnlich, wie bei dem Dist. davigerum liegen die Ver-
hâltnisse bei Bist. endolobum.
Wir sehen eine anders gestaltete Blase, es fehien die nach
vorn sich ausdehnenden Schenkel, die Blase bildet einen Cylin-
der, an seinen beiden Seiten beiinden sich die Mûndungsstellen
der Sammelrôhren.
Die beigegebenen Figuren môgen uns orientiren.
Figur 19 und 20 zeigt schematisch die Blase mit den Sam-
melkanâlen; Figur 21 lâsst beide Sammelkanâle erkennen,
wâhrenddie Figuren 22 und 23 die Einmiuidung des Sammel-
rohres in die Blase auf ihrer linken Seite wiedergeben. Wieder
sehen wir die gemeinsame Wand der Blase und des zufuhren-
den Sammeli'ohrs einen Verschluss gegen das Kanallumen
bilden ; wieder zeigt sich das Prinzip ausgesprochen, den Aus-
tritt der Excretstoffe aus den Kanâlen in die Blase frei zu
gestatten, deren Rûcktritt aber aus der Blase in das Kanal-
system zu verhindern.
Fassen wir, am Schlusse der Darstellung unserer Betrach-
tungen angelangt, noch einmal die Ergebnisse derselben zusam-
men, so haben wir die Thatsache festzustellen, dass bei sâmmt-
lichen zur Beobachtung gelangten Distomen mit excretorischer
462 KARL KAMl'MANN.
Enclblase die Saramelgefâsse seitlich in die letztere eintreten,
welclie Anordnung allein einen klappenartigeii Verschliiss an
der Miindungsstelle mOglich macht.
Die Verschlussvorrichtungen sind auf zwei verschiedene
Weisen zur Ausbildung gelangt.
Bei Bist. isostomum und Dist. mentulatum treten die Sammel-
roliren unter einem annâhernd rechten Winkel an die Blase
heran und in diesem Falle werden sie bei deu Knntractionen
der Endblase durch IVei in den Holilraum der letzteren hinein-
schwingende Klappen verschlossen.
Bei Dist. cirrigerum, Dist. clavigerum und Dist. endolohum
hingegen bilden die Sammelrôhi-en mit der Wand der Endblase
einen sehr spitzen Winkel, wobei die der Blase zugekelirte
(médiane) Wand des Sammelrohrs mit der Blasenwand zii
einem am Grunde dickeren, gegen die Miindungsstelle des
Robres sicb verdîinnendem Hâutcben verschmilzt, welches bei
der Kontraction der Endblase durch den Gegendruck des
Inbalts derselben vor die Mtindung gelegt wird und dièse ver-
schliesst.
NOTE
LARVE DE VÉLELLE
Maurice BEDOT
Avec 1 o planche XXI
Malgré les nombreux travaux dont les Siphonophores ont été
l'objet depuis quelques années, on n'est pas encore parvenu à
jeter un jour complet sur le développement des Vélelles. La
transformation de l'œuf, produit par la méduse GJirysomitra en
Rataria, n'a jamais été observée.
Les recherches que j'ai pu faire sont bien loin de combler
cette lacune; leur seul but est de planter un nouveau jalon, en
faisant connaître un stade larvaire très jeune, et qui n'a pas
encore été décrit.
Pendant un séjour que je fis au bord de la Méditerranée, à
Nice, la mer fut littéralement couverte de Vélelles pendant une
semaine environ. Il était facile de se procurer des Rataires à
tous les degrés de développement.
Le stade le moins avancé que j'aie pu observer est représenté
par une larve dessinée sur la planche XXI, fig. 1. Elle me-
sure 0'""',56 de longueur sur 0'"'°,3 de largeur ; sa forme est
ovoïde, un peu élargie à la partie inférieure, sur laquelle pren-
nent naissance deux bourgeons. La partie supérieure est légère-
Rev. Suisse de Zool., T. II. 1894. 32
464 MAURICK BEDOT.
ment colorée en vert bleu. On distingue en outre une teinte bru-
nâtre très faible au point d'attache des bourgeons. L'intérieur
de la larve est occupé par deux énormes bulles d'air (;j), qui
représentent la première ébauche du pneuniatophore.
Sous le microscope, on distingue facilement les deux couches
cellulaires qui constituent l'enveloppe de cette larve. L'ecto-
derme (ec) a une épaisseur assez uniforme. L'entoderme, au
contraire, est fortement épaissi au pôle supérieur (en) et s'amin-
cit sur les côtés. Il ne présente pas, à l'intérieur, une surface
unie, mais est régulièrement bosselé. Une lamelle de soutien (/)
sépare les deux couches.
Bien que cette larve fût en parfait état de conservation, on
pouvait distinguer, au pôle supérieur, une rupture des tissus
qui n'est pas visible sur la figure 1, mais que l'on voit facilement
sur les coupes. Cette disposition donne à la larve l'aspect d'un
bourgeon détaché d'un individu producteur. La comparaison
est encore plus frappante lorsqu'on examine les coupes repré-
sentées sur la planche XXI; on y remarque, en etïet, que le pôle
supérieur est allongé en forme de pédoncule. La position de la
larve, dans la fig. 1, n'en peut pas donner une idée exacte. L'en-
droit où se trouve la rupture des tissus correspond à l'ouverture
d'un canal (c) qui pénètre dans l'intérieur de la larve. C'est le
seul point où se trouve une communication avec le milieu am-
biant.
Lorsqu'on examine les coupes longitudinales de cette larve,
on voit que l'épaississement de l'entoderme dont nous avons
parlé correspond aux parois de ce canal (fig. 2 et 3 ep). Les
cellules, très nombreuses et resserrées en cet endroit, émettent
de fins prolongements, qui viennent se fixer sur la lamelle de
soutien. Puis l'entoderme s'amincit brusquement et ne montre
plus, dans la partie inférieure de la larve, qu'une rangée de
noyaux accolés contre la lamelle de soutien.
Au milieu de la coupe se trouve une vaste cavité (pn) aux
NOTE SUR UNE LARVE DE VÉLELLE. 465
contours irréguliers, qui représente l'ébauche première du
pneumatophore. Il m'a été impossible d'observer d'une façon
certaine si cette cavité est en communication avec le canal.
L'examen de la coupe représentée par la fig. 2 permettrait de
le supposer, mais n'en donne pas une certitude absolue.
L'espace compris entre la cavité du pneumatophore et l'en-
toderme est occupé par une substance transparente (sa), dans
laquelle on entrevoit quelques rares noyaux isolés. Ils sont par-
fois un peu plus nombreux au bord de la cavité (fig. 3), sans
cependant que l'on puisse observer de couche limitante conti-
nue. La substance transparente est probablement destinée à la
formation du pneumatocyste.
Cet organe n'est pas encore formé au stade représenté par
notre larve, mais on commence à en voir des traces sur la fig. 2.
En effet, la substance transparente prend en certains endroits
une apparence plus homogène et des contours bien limités au
bord de la cavité pneumatophore. Mais cette disposition n'est
pas visible sur toutes les coupes.
Les cellules isolées, dont on voit les noyaux au milieu de la
substance transpai-ente (et qui sont probablement chargées de
la sécréter) proviennent vraisemblablement de l'entoderme.
A la partie inférieure de la larve sont attachés deux bour-
geons (fig. 4 et 5), représentant le premier gastrozoïde [g) et le
premier tentacule {t}. Ils sont formés tous deux d'un repli de
l'ectoderme, tapissé intérieurement par l'entoderme, et ne lais-
sent voir aucune ouverture de communication avec l'extérieur.
Dans la région où prennent naissance les deux bourgeons, il
est assez difficile de suivre exactement le parcours des deux
couches primitives de la larve. L'entoderme parait se diviser en
deux lamelles : l'une reste accolée à Fectoderme, dont elle suit
les mouvements en s'infléchissant dans l'intérieur des bourgeons,
l'autre a un parcours plus direct et longe la partie inférieure de
la cavité pneumatophore (fig. 4 ens).
466 MAURICE BEDOT.
Entre ces deux lamelles entodermales se trouve une fente
(fig. 2 et 4 /*), que l'on peut considérer peut-être comme l'ori-
gine première des canaux de l'organe central ' .
Les questions que fait naître l'étude de cette larve ne pour-
ront être résolues qu'après l'examen d'un matériel plus considé-
rable. Il sera intéressant de voir d'où provient la forme pédon-
culée du pôle supérieur, à quoi correspond le canal qui traverse
cette région, et s'il représente peut-être la première ébauche
d'une des ouvertures qui, dans les stades plus avancés, mettent
eu communication la cavité pneumatophore avec l'extérieur.
Quoi qu'il en soit, la larve que nous venons de décrire ne
présente, dans son organisation, aucun caractère qui vienne ap-
puyer l'hypothèse généralement acceptée de la formation du
pneumatophore par invagination de l'ectoderme.
' Comp. M. Bedot, Contribution à l'étude des Vélelles. Recueil zool. suisse,
1885, t. 2, pi. IX, fig. 2 es.
POUR SERVIR A L'ÉTUDE
DES
ÉGHINODERMES
PAR
P. de LORIOL
Avec planches XXII, XXIll et XXIV.
IV
Les espèces d'Échinodermes qui feront l'objet de ce quatrième
article ' sont au nombre de quatorze :
Quatre espèces d'Échinodermes fossiles :
Peltastes Favrei P. de Loriol.
Poropeltaris sculptopunctata Quenstedt.
Hemipygus Rochati P. de Loriol.
Glypticus sulcatus Agassiz.
Deux espèces d'Astérides fossiles :
Astropeden Carroni P. de I^oriol.
Pentagonaster Picteti P. de Loriol.
' Les deux premiers artii-les ont paru dans te Recueil zoologique suisse, le
troisième dans les Mémoires de la Société de physique et d'histoire naturelle de
Genève.
468 p. DE LOIUOL.
Une espèce d'Astéride des mers actuelles :
Stichaster Suteri P. de Loriol.
Sept espèces de Crinoïdes fossiles :
Antedon Arnaudi P. de Loriol.
Antedon carentonensis P. de Loriol.
Apiocrinus champlittensis. P. de Loriol.
Millericrinus burgundicus P. de Loriol.
Millericrinus helnensis P. de Loriol.
Millericrinus mespiliformis d'Orb. (Schl.).
Pentacrinus Leufhardi P. de Loriol.
Glypticus Sidcatus (Goldfuss) Agassiz.
Echinus sulcatus Goldfiiss, 1829, Petref. Germ., p. 126, pi. 40. fig. 18.
Glypticus sulcatus E. Desor et P. de Loriol, 1871. Écliinologie helvétique. Terr,
jurassiques, p. 206, pi. 34, fig. o.
Id. Cotteuu, 1883, Paléontol. française. Terr. jurass. ï. X, 2,
p. :)l)3, pi. 418. lig. 8-16.
Le Glypticus sidcatus, espèce bien caractérisée, est, en géné-
ral, peu répandu. On ne l'a cité, en France, que de Morestel
(Isère), et de la vigne Droguet, près Chambéry. Un exemplaire
très bien conservé a été recueilli à Sylau, près Nantua, dans les
couches séquaniennes, par M. Derriaz, qui l'a donné au Musée
de Genève. Cet individu, parfaitement typique, appartient à une
variété déjà signalée à Nattheim. La surface est plus tubercu-
leuse; les deux sillons verticaux caractéristiques des aires in-
terambulacraires sont très peu définis; et les granules sont rela-
tivement abondants, généralement allongés dans un sens ou dans
NOTES POUR SERVIR A l' ÉTUDE DES ÉCHINODERMES. 469
l'autre, et disposés en petites séries transverses assez régu-
lières. On compte toujours trois tubercules dans chacune des
deux séries qui occupent la face inférieure des aires ambula-
craires et interambulacraires.
Le Pseadodiadema florescens Ag. a été aussi recueilli dans la
même localité.
Hemipygus Rochati P. de Loriol, 1894
PI. XXII, lig. ;{.
Dimensions. Diamètre : 15 millim.
Hauteur par rapport au diamètre : 0,53
Test circulaire, déprimé, aplati sur la face supérieure; la face
inférieure est un peu pulvinée. Zones porifères onduleuses.
Pores petits, disposés par simples paires, un peu multipliées,
cependant, près du péristome ; les paires sont écartées et légère-
ment en relief. Aires ambulacraires très étroites, onduleuses et
extrêmement rétrécies à la face supérieure ; à la face inférieure
elles portent deux rangées de petits tubercules perforés et fine-
ment crénelés, au nombre de quatre à cinq par série; au-dessus
de l'ambitus, ces tubercules deviennent alternes par suite du
grand resserrement de l'aire, et ils finissent par ne plus former
qu'une seule rangée irrégulière de gros granules. Les granules
miliaires sont en fort petit nombre. Dans les aires interambu-
lacraires, les tubercules, crénelés et tinement perforés, sont au
nombre de six dans chacune des deux séries; le mamelon est
petit, mais porté par une base très saillante. Sur la face infé-
rieure, les tubercules augmentent rapidement, et le quatrième,
à l'ambitus, se trouve brusquement très développé, de même que
470 P, DE LORIOL.
les autres de l'une des séries, mais, dans l'autre série, le dernier
tubercule, qui touche presque l'appareil, apical est singulière-
ment petit et imperforé. La zone miliaire, extrêmement étroite,
est occupée par un double filet de granules serrés; quelques
petits granules se montrent encore le long des zones porifères.
Appareil apical très régulier, peu étendu, assez en relief,
riaques génitales petites, arrondies sur le bord externe, qui
parait avoir été granuleux, elles seraient presque circulaires
sans l'échancrure interne du périprocte ; elles sont à peu près
égales entre elles, celle qui porte le corps madréporiforme est
un peu plus grande, de même que la voisine ; au milieu de cha-
que plaque se trouve une dépression relativement grande et très
accentuée. Sur Tune des plaques, j'ai pu distinguer le pore gé-
nital, qui, dans les Hemipygus, s'ouvre un peu en dessous, à
l'extrémité externe des plaques. Plaques ocellaires petites, trian-
gulaires, logées dans les angles externes des plaques génitales.
Périprocte relativement grand et circulaire. Péristome circu-
laire, très ouvert, marqué d'entailles profondes; son diamètre
égale 0,46 de celui de l'oursin.
Uapports et différences. Cette espèce est la première du genre
qui ait été recueillie dans une couche crétacée. Assez voisine de
forme de YHemipygus Matheyi P. de Loriol, de l'étage séqua-
nien, elle s'en distingue par ses aires ambulacraires qui sont
plus flexueuses et plus rétrécies à la face supérieure, et dont les
tubercules sont moins développés et prennent plus rapidement
l'apparence de granules, puis par ses tubercules interambula-
€raires plus saillants, plus rapidement développés dès la face
inférieure, et par ses plaques génitales plus arrondies. URemi
pygus tuberculosus Cotteau, aussi de l'étage séquanien, a moins
de tubercules interambulacraires dans chaque série, et ils sont
plus graduellement développés et moins saillants ; sa face supé-
rieure est aussi moins déprimée.
NOTES POUR SERVIR A l' ÉTUDE DES ÉCHINODERME.S. 471
Localité. Perte du Rhône. Rhodanien. Dans la marne jaune
caractéristique dont le test est rempli.
Collection. Rochat, au Musée de Genève.
Peltastes FavreiV. de Loriol, 1894.
PI. XXII, ITg. 1.
Bimeuslons. Diamètre : 13 millim.
Hauteur par rapport au diamètre : 0,6 1
Test circulaire, peu élevé. Face supérieure aplatie, légère-
ment convexe, à peine un peu relevée autour du périprocte.
Face inférieure déprimée. Zones porifères droites, à fleur du
test. Pores disposés par paires un peu obliques, régulièrement
superposées; un petit granule sépare les deux pores dans chaque
paire. Aires ambulacraires droites, occupées par deux rangées
de granules assez développés, arrondis, lisses et imperforés,
très serrés, laissant à peine la place pour quelques granules mi-
croscopiques qui forment un petit filet irrégulier au milieu de
l'aire. On compte treize granules par série. Les tubercules
interambulacraires sont relativement petits, imperforés, créne-
lés, et au nombre de quatre, rarement de cinq, dans chacune de
leurs deux séries. Les trois tubercules qui se trouvent à la face
inférieure croissent très graduellement et faiblement, mais le
quatrième, à l'ambitus, est bien plus développé, tout en restant
d'un faible volume ; un gros granule lisse et imperforé termine
la série. Des granules assez abondants, relativement grossiers,
accompagnés de petites verrues microscopiques, occupent tout
le reste de la surface. Appareil apical grand, à peine renflé. Les
472 1'. UK LORIOL.
sutures des plaques sont ponctuées. Plaques génitales grandes^
fortement incisées près de leur bord externe ; le pore est un peu
plus rapproché du bord interne. La plaque madréporique, très
distincte, est peu étendue. Plaques ocellaires triangulaires, bien
développées. Plaque suranale assez grande, triangulaire. Péri-
procte un peu rhomboédrique. Péristome faiblement entaillé,
point enfoncé, peu étendu; son diamètre égale 0,46 de celui de
l'oursin.
Rapports et différences. Voisine du Peltastes Lardyi (Ag.)
Cotteau, cette espèce s'en distingue par sa face supérieure plus
uniformément convexe, ses tubercules bien moins développés,
laissant la face supéiieure plus nue par suite de la nullité pres-
que complète du tubercule supérieur, puis par les granules des
aires ambulacraires bien moins nombreux, et par les plaques
génitales fortement laciniées sur leur bord externe.
Localité. Kislovosk (Caucase). Crétacé; urgonien?. Recueilli
par M. Ernest Favre et donné par lui au Musée de Genève.
Poropeltaris scidptopimctata Quenstedt.
PI. XXII, lli;. 2.
Poropeltaris sculjit,opun€latn Quenstedt, 1875, Petrefacteiikuiide Deutsclilaiids
Die Echiiiiden, p. 242, pi. 69. tig. 78.
Le genre Poropeltaris a été établi avec beaucoup de raison
par Quenstedt, pour un petit oursin de la famille des Saléni-
dées, qui présente les caractères généraux des Peltastes, mais
dont les tubercules sont lisses au lieu d'être crénelés à la base
NOTES POUR SERVIR A l'ÉTUDE DES ÉCHINODERMES. 473
du mamelon. Depuis lors, ce genre a été à peu près passé sous
silence. Cotteau ne le mentionne pas; Pomel indique le nom
seulement, en ajoutant qu'il ne le connaît pas; Duncan, dans sa
« Re vision, > le donne comme synonyme du genre Peltastes sous
le nom inexact de Poropeltis, de même que le genre Psendosale-
nia, qui a les tubercules perforés. Quenstedt ne connaissait
qu'un seul exemplaire du Poropeltaris, trouvé à Nattheim. J'ai
pu étudier un autre échantillon, également de Nattheim, conservé
au musée de Genève; il provient de la collection du professeur
Kurr, dont A. Favre avait fait l'acquisition. Cet individu, sili-
ceux, est entièrement vide à l'intérieur et fort bien conservé,
seulement la surface du test a subi une légère altération, qui ne
permet pas d'observer avec toute la netteté désirable les gra-
nules les plus fins, et l'ornementation de l'appareil apical. Je
crois devoir en donner la description pour compléter celle- de
Quenstedt, qui est insuffisante.
Dimensions. Diamètre : 9 millim.
Hauteur : 5 millim.
Zones porifères un peu déprimées, droites. Aires ambula-
craires étroites, avec deux séries de douze à treize gros granules,
serrés, lisses et imperforés, égaux entre eux ; le milieu de l'aire
est étroit et garni de quelques granules très fins, qui ne sont
pas nettement distincts. Les tubercules interanibulacraires sont
imperforés, non crénelés à la base du mamelon, et au nombre
de trois et de quatre dans chacune des deux séries. On peut
constater très bien l'absence de crénelures, mais, si l'on avait
quelque doute, Quenstedt fait remarquer très justement que,
dans toutes les Salenidées qui ont les tubercules crénelés, le
sommet de la base est tronqué et constitue comme une petite
rampe crénelée autour du mamelon, tandis que, dans le Poro-
peltaris., cette rampe n'existe point. La zone miliaire est large et
474 p. UE LORTOL.
occupée par deux séries de gros granules; on distingue çà et là
les petites verrues microscopiques, qui, très probablement, gar-
nissaient tout le reste de la surface. Appareil apical étendu,
couvrant une grande partie de la face supérieure. Les plaques
génitales sont grandes, à peu près égales, un peu lobées de cha-
que côté près de l'extrémité externe, perforées vers le milieu de
leur longueur un peu plus près du périprocte ; le corps madré-
poriforme est dans une fente étroite. Plaques ocellaires triangu-
laires, logées dans les angles externes des plaques génitales.
Plaque suranale triangulaire, exactement placée comme dans les
Peltastes. Périprocte petit. Péristome grand; son diamètre égale
0,55 de celui de l'oursin.
Astropecten Carroni P. de Loriol, 1894.
PI. XXIll. fiii. 1
Dimensions. R = 55 millim. r = 18 milliin. R = or,
La face ventrale seule est connue. Disque relativement très
développé. Toutefois, autant qu'il est possible d'en juger, les pla-
ques ventrales ne formaient pas plus de deux ou trois séries très
courtes dans les aires interambulacraires, et elles étaient fort
petites. Les bras sont au nombre de cinq ; leur largeur, à la
base, est de 18 miilim.; ils sont rapidement et fortement effilés.
Angle interbrachial assez aigu. Plaques marginales au nombre
d'une quarantaine environ de chaque côté du bras; elles sont
assez larges, mais très minces; leur largeur, près de l'angle inter-
brachial, est de 4 millim. avec une hauteur de 1 'j,-2 millim.
seulement. On peut cimstater nettement que ces plaques étaient
NOTES POUR SERVIR A l' ÉTUDE DES ÉCHINODERMES. 475
couvertes de granules fins et serrés, mais toute trace de piquants
a disparu. Les sillons ambulacraires sont largement évasés
dans l'exemplaire décrit. On distingue fort bien les pièces ambu-
lacraires, ainsi que les intervalles qui donnaient passage aux
tubes ambulacraires disposés sur deux séries et l'un vis-à-vis de
l'autre. Plaques adambulacraires moins larges que les plaques
marginales; les piquants ambulacraires ont entièrement disparu.
L'exemplaire que je viens de décrire est unique jusqu'à pré-
sent. C'est l'empreinte très nette de la face ventrale de l'astérie ;
elle est parfaitement conservée, et l'un des bras est intact jus-
qu'à son extrémité. Cette empreinte se trouve au centre d'un
rognon provenant des chailles de l'étage bajocien; elle a été
recueillie à Allouai, près St- Amour (Jura) par M. Victor Car-
RON, qui a bien voulu me la communiquer en m'autorisant à la
faire connaître.
Rapports et différences. Je n'hésite pas à rapporter cette
espèce au genre Astropeden. Tous les caractères que l'on peut
apprécier l'en rapprochent. Cependant, comme la face ventrale
seule est connue, et encore d'une manière incomplète, il est
nécessaire de faire quelques réserves. On connaît déjà des
espèces à.' Astropeden de l'étage bajocien. Celle qui paraît la
plus voisine est VAstr. scarhurgensis Wright, dont la face
dorsale seule a été figurée ; VA. Carroni s'en distingue facile-
ment par le nombre bien plus élevé des plaques marginales des
bras et leur hauteur proportionnelle plus faible; de plus, les
plaques adambulacraires de l'espèce anglaise, dont quelques-
unes ont été figurées, sont à peu près carrées. Ni V Astropeden
Leckenbii "Wright, ni VAstr. Cotteswoldiœ Wright, ni VAstr.
Mandelslohi Munster, ne sauraient être confondus. Je ne vois
aucune espèce parmi les autres Astropecten jurassiques, assez
nombreux, qui ont été décrits, avec laquelle il serait utile de
comparer celle que je viens de décrire.
476 p. DF. I.ORIOL.
Pentar/oii aster Picfefi P. de Loriol, 1894,
PI. XXil.
Dimensions. Diamètre maximum très a[»proximatit : 28 mill.
Corps pentagoiial. Les côtés du pentagone sont évidés, mais
faiblement, de manière à détacher cinq bras fort courts, même
à peine marqués. L'ensemble n'a plus exactement sa forme nor-
male, aussi ne peut-on dire qu'approximativement que R =
14 millim. et r = 10 millim.
Les plaques marginales dorsales et les plaques marginales
ventrales sont identiques. On en compte six de chaque côté du
pentagone, et il y en avait en outre une, impaire, à l'extrémité de
chaque angle, qui était probablement cundiforme; sur le bord,
elles se rencontrent par une courbe presque continue. La série
ventrale ne dépasse point la série dorsale, et le sillon qui les
sépare est peu sensible. Ces plaques sont faiblement convexes,
rectangulaires, un peu plus larges que hautes ; les deux mé-
dianes sont un peu plus grandes; celle qui se trouve à l'extré-
mité de l'arc interbrachial, de chaque côté, est plus petite. On
distingue çà et là les traces d'une granulation serrée. Leur dia-
mètre ne dépasse pas 4 millim. La surface parquetée, relative-
ment assez grande, a perdu ses ossicules ; sur l'une des faces,
je ne saurais dire si c'est la dorsale ou la ventrale, il n'en reste
qu'un seul, qui est un peu pentagonal et relativement grand;
l'autre face est recouverte par une gangue qu'on ne peut enle-
ver, et qui empêche de voir les ossicules.
Ilapporis et (lifferences. Il est regrettable que les ossicules de
NOTES POUR SERVIR A l' ÉTUDE DES ÉCHINODERMES. 477
cette petite espèce ne soient pas conservés, mais les plaques
marginales sont en li^rande partie intactes, et elle est très recoii-
naissable. Je ne connais aucune espèce avec laquelle elle pour-
rait être confondue. Elle rappelle un peu, par le petit nombre
de ses plaques marginales, le Mitraster rugatus (Forbes) Sla-
den, mais celles-ci n'ont pas les mêmes proi)ortions et la forme
générale est différente.
Localité. Le Havre. Étage Cénomanien.
CoUecHon. Pictet ; au Musée de Genève.
Stichaster Stiteri P. de Loriol, 1894.
PI. xxm. fig. i.
Dimensions. R ^^ 26-32 millim.; r = 10 milliin.
Disque assez élevé, un peu renflé.
Cinq bras courts, élevés, trapus, rapidement effilés, coniques,
arrondis à leur extrémité, convexes sur leur face dorsale, cou-
pés verticalement sur les côtés: leur largeur à la base est égale
à la moitié de leur longueur, ou à peu près.
Sillon ambulacraire large; les quatre rangées de tubes sont
très régulières. Plaques adambulacraires longues et étroites ;
sur chacune est articulé un piquant relativement long, cylin-
drique, arrondi et un peu renflé au sommet, et un peu plus large
que la plaque elle-même. Ces piquants forment une série unique
très régulière; leur surface, sous un fort grossissement, parait
légèrement échinulée. En dehors des plaques adambulacraires
se trouve une série de petites plaques subquadrangulaires,
478 p. DE LORIOL.
séparées par de larges vacuoles ; viennent ensuite les plaques
marginales au nombre d'une vingtaine de chaque côté, conti-
guës, subrectangulaires et légèrement granuleuses, chacune
porte deux, parfois trois piquants très courts, épais, cylindri-
ques, arrondis et un peu renflés à l'extrémité.
Sui' la déclivité presque verticale des côtés du bras se mon-
trent des plaques longues, étroites, allongées, un peu rétrécies
à leur base, et séparées par des aires porifères près des plaques
marginales qu'elles touchent, mais contiguës dans leur partie
supérieure, où le derme paraît finement granuleux ; du reste,
ces plaques sont lisses, sauf, çà et là, un petit tubercule arrondi
vers l'extrémité du bras.
Les ossicules de la face dorsale du bras forment cinq séries
rayonnantes très régulières. Dans les séries latérales, chaque
ossicule porte un, ou rarement deux piquants en forme de tuber-
cule arrondi, relativement peu volumineux, très court, sessile,
ou à peu près, fortement sillonné; dans la série médiane, les
ossicules sont beaucoup plus larges et portent six à sept tuber-
cules semblables, vaguement alignés sur deux rangées trans-
verses; leur nombre diminue naturellement vers l'extrémité des
bras. Des séries de petites aires porifères, au nombre de quatre,
séparent les séries tuberculeuses. Sur le sommet du disque, les
tubercules, semblables aux autres, sont disposés en petits
groupes séparés par des aires porifères.
Plaque madréporique petite, fortement sillonnée, entourée
d'un cercle de tubercules semblables aux autres.
Les dents sont courtes, arrondies en avant ; chacune porte
deux piquants plus courts et plus aciculés que les piquants ambu-
lacraires, l'un en avant, l'autre en arrière.
Les pédicellaires sont rares ; quelques pédicellaires en pince,
très petits, se voient dans l'intérieur du sillon et aussi sur les
plaques marginales à la face ventrale. Je n'en vois aucun, ni sur
la face dorsale des bras, ni sur le disque.
NOTES POUR SERVIR A l'ÉTUDE DES ÉCHINODERMES. 479
Couleur rouge orangé.
Rapports et différences. Cette espèce, dont tous les caractères
sont ceux des Stichaster, ne peut être confondue avec aucune
de celles qui ont été décrites jusqu'ici. La forme seulement pré-
sente quelque analogie avec le Stichaster nutrix Th. Studer.
Localité. Nouvelle Zélande. Envoyé par M. Suter au Musée
de Genève.
Antedon Arnaudi P. de Loriol, 1894.
PI. XXIV, fig. i, 2.
Dimensions. Diamètre de la pièce centro-
dorsale : 11-13 millim.
Hauteur de la pièce centro-
dorsale seule, par rapport
à son diamètre : 0,69-0,75
Pièce centro-dorsale sub hémisphérique, plus ou moins élevée,
mais toujours plus large que haute, très légèrement pentago-
nale.
La face dorsale est à peine ttonquée dans l'un des exemplai-
res, elle l'est davantage dans les autres, mais toujours faible-
ment ; elle ne présente ni fossette ni cavité, mais de simples
rugosités.
La face ventrale est plane, ou un peu concave. Les cinq dé-
pressions iuterradiales, dans lesquelles étaient logées les pièces
basales, ont la forme d'un cuilleron allongé, un peu dilaté et
Rev. Suisse de Zool., T. II. 1894. 33
480 P. DE LORIOL.
saillant à son extrémité externe, le bord de ces dépressions pa-
rait légèrement strié. Dans les intervalles se trouvent cinq cavi-
tés radiales quadrangulaires, un peu rétrécies vers le centre de
la pièce, tronquées droit à leur extrémité externe et, relativement,
très profondes. Ces cavités sont notablement plus longues que
la moitié du rayon, elles aboutissent en plein, au centre, dans
une cavité ai-rondie, peu étendue et imparfaitement définie;
leurs parois sont verticales; je n'ai pu apprécier exactement
leur profondeur, mais elle doit arriver au moins à la moitié de
la hauteur de la pièce centro-dorsale. L'intervalle entre ces
cavités radiales est exactement occupé par les dépressions où
étaient logées les pièces basales. Une seule de ces dernières est
conservée dans l'un des exemplaires; son apparence est insolite,
ell^B a la forme d'un fer de lance ; ses deux côtés sont en biseau ;
elle est rétrécie à son extrémité interne, aiguë à son extrémité
externe, qui repose dans l'évasement terminal de la dépression
où elle est logée ; la saillie arrondie qui apparaît assez distinc-
tement au dehors n'est que l'extrémité de cet évasemeut. et non
la pièce basale elle-même. La face ventrale de cette dernière est
assez profondément évidée et fortement striée.
Les facettes articulaires des cirrhes forment deux séries sur
chacune des cinq faces, à peine indiquées, de la pièce centro-
dorsale; on en compte trois à quatre par rangée; elles sont re-
lativement grandes, arrondies ou un peu elliptiques, contiguës,
séparées par des angles vifs, très finement striées sur leur pour-
tour ; l'orifice du canal est allongé et s'ouvre entre deux petits
bourrelets.
Les pièces radiales et les bras sont encore inconnus.
Les trois exemplaires que j'ai sous les jeux varient un peu
dans la forme de la pièce centro-dorsale, dont la hauteur pro-
portionnelle est un peu plus forte dans l'un que dans les
autres; tandis que la face dorsale n'est que faiblement tron-
quée. Les autres caractères sont identiques ; les cavités radiales
NOTES POUK 8KKVIK A l'ÉTUDE DKS ÉCMINODERMES. 481
de la face ventrale ont la même apparence dans ces trois indi-
vidus.
Rapports et différences. L'espèce que je viens de décrire pré-
sente les plus grandes analogies avec V Antedon paradoxa (Gold-
t'uss, Glenofreniites) Schlûter. J'ai cru cependant devoir la dis-
tinguer par les caractères suivants : La pièce controdorsale est
plus haute, relativement à son diamètre; dans l'original de Gold-
Fuss, décrit à nouveau par ScHLiiïER' , la hauteur est égale à 0,50
du diamètre ; dans les deux exemplaires d'Angleterre rapportés à
cette espèce par Herbert Carpenter' elle est égale à 0,50 et 0,53;
dans VA. Arnaudi, elle atteint 0,69 au minimum et 0,75 au
maximum. La face dorsale est beaucoup moins tronquée et elle
ne présente aucunement les cinq cavités radiales allongées for-
mant une étoile, très marquées dans l'original de Goldfuss et
également dans les exemplaires de Carpenter. Les cinq impres-
sions dans lesquelles logeaient les pièces basales sont plus en
fer de lance, plus étroites vers leur extrémité interne ; les. cavi-
tés radiales de la face ventrale sont relativement plus larges et
bien plus longues; la cavité centrale n'est point limitée par
une paroi, comme dans le type, mais, d'après Carpenter, qui
n'observait pas non plus de paroi dans ses exemplaires, ce serait
simplement là un défaut de conservation ; les exemplaires de
VA. Arnaudi ne me paraissent pas contirmer cette manière de
voir, mais je n'insiste pas là-dessus. Enfin, H. Carpenter
regarde comme un caractère important la présence de côtes
rayonnant du centre, inégales (celles qui correspondent aux cinq
angles interradiaux étant les plus fortes) qu'il constate au fond
' Ueber eiiiige Aslylide Criiioideii, Zeitsch. der deiUschen geolog. Gesellschcfl.
1878, p. 42.
'^ On some undescribed Comatulse froin the britisli secundary rocks, Quart.
Journal geol. Soc. London, vol. 3G, p. 46, pi. 5, fig. 1.
482 p. DE LORIOL.
de la cavité de la pièce centro-dorsale ; ces côtes se retrouve-
raient dans deux Antedon des mers actuelles, et, d'après un
indice, Cakpenter croit qu'on doit pouvoir aussi les reconnaî-
tre dans l'exemplaire type de VAnt. paradoxa ; or, dans V Ante-
don Arnaudi, les cavités radiales sont limitées de chaque côté
par une cloison verticale, qui s'enfonce au moins jusqu'à la moi-
tié de la hauteur de la pièce centro-dorsale (et peut-être plus
bas), de sorte que la cavité de celle-ci se trouve comme divisée
en cinq loges profondes, et, avec cette structure, les côtes men-
tionnées par H. Carpenter ne sauraient exister. D'après
ScHLûTER (loc. cit.), l'exemplaire type de Y Antedon para-
doxa est le seul connu ; il provient du Cénomanien (Griinsand).
Ainsi qu'il a été dit, Carpenter rapportait à l'espèce deux
autres individus. Il serait bien intéressant de pouvoir comparer
les pièces basales de cette espèce avec celles de VA. Arnaudi,
qui sont si particulières, et, pour arriver à une comparaison
tout à fait correcte, il faudrait encore connaître au moins ses
pièces radiales. Dans l'état actuel de nos connaissances, il me
serait impossible de réunir ces deux espèces. Dans V Antedon
semiglobosus Schltlter, du Cénomanien, la hauteur de la pièce
centro-dorsale est égale à la moitié de son diamètre seulement ;
les cavités radiales de la face ventrale sont beaucoup moins
développées ; la face dorsale est fortement tronquée avec une
étoile déprimée au milieu ; les cirrhes sont plus nombreux et
irrégulièrement sériés. VAnt. Retzii Lundgren, de la craie blan-
che de Suède, est bien différent.
Localités. Courgeac (Charente). Talmont (Charente - Infé-
rieure). Étage campanien supérieur.
Collection. Arnaud à Angoulême.
NOTES POUR SERVIR A l' ÉTUDE DES ÉCHINODERMES. 483
Antedon carentonensis P. de Loriol, 1894.
PI. XXIV, lig. 3.
Dimensions. Diamètre du calice : 4,5 millim.
Hauteur du calice, avec les pre-
mières radiales : 4 millim.
Pièce centro-dorsale hémisphérique, un peu conique à la base,
mais nettement pentagonale sur sa face ventrale ; sa hauteur
est égale à la moitié de son diamètre.
La face dorsale est légèrement tronquée ; au milieu de la
troncature se trouve une légère dépression avec cinq cavités
radiales minuscules, pareilles à des pores, qui semblent occuper
les angles d'un très petit pentagone. Les facettes articulaires
des cirrhes, un peu effacées par une légère usure de la sur-
face, sont nombreuses, mais elles ne sont pas disposées en
séries régulières ; on en compte une douzaine sur chacune des
cinq faces de la pièce, lesquelles ne sont pas séparées par des
angles distincts ; ces facettes paraissent peu profondes et assez
évasées. L'orifice du canal est fort petit et arrondi.
Je ne connais pas la face ventrale. Aux angles du pentagone
qu'elle forme, on distingue nettement l'extrémité triangulaire
des pièces basales.
Premières pièces radiales très obliques à Taxe et relativement
élevées, aussi hautes environ que la pièce centro-dorsale, de
sorte que la cavité qu'elles forment n'est aucunement évasée
au sommet, mais fort étroite et tubuleuse ; sur ses parois verti-
cales on distingue les cinq sillons habituels, cinq radiaux et
I
484 p. DK LORIOL.
cinq aux angles interradiaux. Elles ne débordent aucunement
en dehors, mais sont plutôt un peu en retrait, et devaient être
à peine visibles, lorsque les secondes radiales étaient en place,
ou même point du tout. L'impression du ligament élastique
est très réduite et peu marquée ; par contre, la fossette sous
le bourrelet est grande et très profonde. Le bourrelet lui-
même est large, arqué et peu sailLmt; Torifice du canal est lar-
gement ouvert. Impressions du ligament interarticulaire petites,
subtriangulaires. Impressions musculaires assez profondes, ru-
gueuses, indistinctement séparées, et nullement limitées par une
côte; le bord supérieur de la pièce est parfaitement entier,
sans nulle échancrure.
Les autres pièces radiales ne sont pas connues.
Rapports et différences. UAntedon carentonensis , assez voi-
sin de VAntedon incurva Carpenter, du cénomanien de Black-
down, s'en distingue par la forme de sa pièce centro-dorsale, éle-
vée, plus conique à la base, par ses premières pièces radiales
moins élevées l'elativement à la hauteur de la pièce centro-dor-
sale, aucunement échancrées sur le bord supérieur, avec des
impressions autrement disposées, puis, par la cavité du premier
anneau radial tubuliforme et nullement évasée dans sa région
supérieure. Ce rétrécissement de la cavité se retrouve identique
dans VAntedon mysticum (Hagenow) Schliiter, mais les autres
caractères de cette espèce sont bien différents.
Localité. Rousselières (Charente). Étage coniacien.
Collection. Arnaud à Angoulême.
NOTES POUR SERVIR A I. ÉTl'UK DES ÉCHINODERMES. 485
Apiocrinus champlittensis P. de Loriol, 1894.
PI. XXIV. lig. 4.
Dimensions. Hauteur du calice, depuis l'article
basai au sommet des troisièmes
pièces radiales : 22 millim.
Hauteur du calice, depuis l'article
basai au sommet des premières
pièces radiales : 17 millim.
Diamètre du calice : 30 millim.
Diamètre de la tige : 10 millim.
Calice sub-globuleux, renflé au pourtour, plus lari^e que haut,
entièrement lisse. Le maximum d'épaisseur se trouve au sommet
des pièces basales ; à partir de ce point, le calice se resserre,
puis s'évase de nouveau légèrement sur les troisièmes radiales.
La base est uniformément arrondie.
Article basai peu développé en dehors, pentagonal.
Pièces basales grandes, élevées, pentagonales en dehors, à
peu près égales entre elles, un peu plus larges que hautes, la
hauteur égalant 0,75 de la largeur; elles sont fortement ar-
quées sur leur face externe, resserrées à leur base. Les côtés
latéraux inférieurs ont les '",oo de la longueur des supérieurs ;
ce chiffre peut varier un [)eu.
Les premières pièces radiales ont, en dehors, la forme d'un
pentagone renversé; elles sont relativement grandes, leur lar-
geur est de 18 millim, et leur hauteur de 9 millim ; leur bord
supérieur est un peu concave.
486 p. DE LORIOL.
Secondes pièces radiales très minces, leur face inférieure est
convexe pour entrer dans la concavité de la première radiale.
Troisièmes pièces radiales parfaitement pentagonales en
dehors, peu élevées, leur hauteur est de 5 millim.
Toutes les pièces radiales sont exactement soudées entre
elles sur leurs côtés latéraux, sans aucune pièce interradiale.
Les bras ne sont pas divergents. Le premiei- article brachial,
qui repose sur l'une des facettes articulaires de la troisième
radiale, est presque rectangulaire, sa hauteur égale deux fois et
demi sa largeur ; le second est plus élevé sur son bord latéral
externe que sur l'interne. Ces deux premiers articles sont intime-
ment unis par leurs faces latérales, soit entre eux, soit avec
leurs voisins. Les deux articles suivants sont plus ou moins
régulièrement rectangulaires, trois ou quatre fois plus larges
que hauts et notablement moins larges que les deux premiers ;
ils devaient porter des pinnules, qui ne se peuvent voir. Le
cinquième article est axillaire. Chacun des dix premiers bras est
donc invariablement composé de cinq articles. L'article axillaire
donne naissance à deux bras, dont l'un reste simple, du moins
sur toute la longueur conservée, c'est-à-dire jusqu'au douzième
article, tandis que l'autre, tantôt reste simple, tantôt se divise
au troisième article en donnant naissance à deux bras de se-
conde subdivision. Je ne connais pas le surplus du sommet, mais
on peut conjecturer que les bras demeuraient relativement
courts; on n'aperçoit que quelques articles des pinnules.
Un petit fragment de tige de 9 millim. de diamètre est encore
adhérent au calice; je compte encore neuf articles qui vont en
augmentant un peu de diamètre jusqu'à l'article basai, dont le
diamètre égale à peu près la moitié de celui du calice.
Les caractères externes font présumer avec une grande appa-
rence de certitude que l'espèce appartient au genre Aplocrinus,
Rapports et différences. Assez voisine de VApiocriiius magni-
NOTES POUR SERVIR A l'kTUDK DES ÉCHINODERMES. 487
ficus d'Orbigny par la forme de son calice, l'espèce que je viens
de décrire s'en distingue sans peine par ses pièces basales fort
différentes et par la disposition de ses bras. Elle se rapproche
aussi de VAp. Changarnieri P. de Loriol,mais elle en diffère par
son calice bien plus renflé au pourtour, plus fortement convexe
sur sa base, et par les proportions relatives des pièces basales
et des premières pièces radiales.
Localité. Cet intéressant et précieux échantillon a été trouvé
par M. Changarnier à Champlitte (Haute-Saône). Rauracien.
Millericrimis hurgundicus P. de Loriol.
PI. XXIV. tk. o. (i, 7.
Millericrinus burgundicus P. de Loriol, 1884, Paléontologie française, ï. juras-
sique, t. XI. I. Crinoïdes, p. 488, pi. 94, iig. 2-(i.
Les deux individus sur lesquels j'ai établi l'espèce sont fort
incomplets et le calice ne présente plus que l'anneau basai avec
l'article basai, qui s'enfonçait profondément entre les pièces
basales. M. Changarnier a recueilli, au même niveau, et dans la
même localité, deux autres calices plus complets, qui me parais-
sent appartenir certainement à cette espèce, et justifieraient son
classement dans le genre Millericrinus, qui, jusqu'ici, n'était
que probable.
En tous cas, ce seront ces calices, qui ont conservé leurs pre-
mières pièces radiales et que je décris ici, qui devront à l'avenir
représenter le Millericrinus burgundicus.
L'un de ces calices a un diamètre maximum de 28 millim.,avec
une hauteur de 17 millim, soit '\/,,^', l'autre a un diamètre de
33*
488 p. DE LORIOL.
23 millim, sur une hauteur de 14 millim, soit "',„„. En Fétat
où ils sont, ils paraissent cupuliformes, graduellement et forte-
ment resserrés vers la base, qui est convexe sans être déprimée,
Le pourtour de l'anneau basai est circulaire, celui du premier
anneau radial tend à prendre une forme pentagonale au sommet.
Pièces basales pentagonales en dehors, larges et relativement
assez élevées, peu rétrécies à la base.
Premières pièces radiales grandes et larges; leur hauteur,
mesurée au milieu de leur face externe, qui a la forme d'un pen-
tagone renversé, est de 0,47 de leur largeur, La facette arti-
culaire présente fort peu de hauteur. L'impression du ligament
élastique, faiblement creusée, en occupe un peu moins de la
moitié ; la fossette sous le bourrelet est peu étendue. Bourrelet
épais et saillant, avec un foramen bien ouvert. Impressions du
ligament interarticulaire triangulaires et profondes, Lnpressions
musculaires peu étendues, rugueuses, appuyées sur une crête peu
élevée, divisée au milieu par une échancrure étroite et pro-
fonde. La cavité comprise dans le premier anneau radial a un
diamètre égal à environ 0,45 de celui du calice; elle s'évasait
ensuite notablement, ainsi que le montrent les replats laissés
hbres ; les cinq dépressions au fond de la cavité, sur lesquelles
reposait l'organe chambré, sont profondes.
Article basai paraissant au dehors pentagonal et de grande
dimension. Un article basai isolé, trouvé avec les calices et pa-
raissant leur appartenir avec une presque certitude, vu ses
dimensions, est pentagonal à la base et s'élève en forme de
pyramide basse, tronquée au sommet, cinq carènes, allant de
la base au sommet, séparent cinq pans granuleux et un peu gib-
beux au milieu; sa hauteur est de 9 millim., et le diamètre de
sa base est de 15 millim. J'ai déjà décrit l'article basai d'un
autre exemplaire dont une partie de l'anneau basai est seule
conservée; il se trouve profondément enfoncé entre les pièces
basales. Il me paraît très probable que les deux autres articles
NOTES POUR SERVIR A l' ÉTUDE DES ÉCHINODERMES. 489
basaux isolés que j'ai fait figurer (loc. cit.), et qui sont moins
larges et plus élevés, n'appartiennent pas à cette espèce, mais
peut-être à une autre qui se trouve dans la même localité et que
je décris plus loin.
Trois articles de la tige demeurés adhérents à l'un des calices
montrent qu'elle était cylindrique et, relativement, d'un faible
diamètre.
Bapports et différences. Le 3ÏUI. hurgtmdictis est assez voi-
sin du Mill Hoferi Mérian, mais il en diffère par sa forme
moins élargie, pentagonale sur le bord supérieur du premier
anneau radial, par ses pièces basales moins élevées, et par quel-
ques différences dans la facette articulaire des premières pièces
radiales.
Localité. Beaune (Côte-d'Or), Rauracien.
Collections. Chansçarnier. Musée de Beaune.
Millericrinus belnensis P. de Loriol, 1894.
PI. XXIV, lig. 8, 9, 10.
Dimensions. Diamètre du calice avec le pre-
mier anneau radial : 24-30 millim.
Hauteur du calice avec le pre-
mier anneau radial : 13-14 millim.
Calice, avec le premier anneau radial, de forme circulaire,
subhémisphérique, uniformément convexe et un peu déprimé sur
la base, un peu resserré sur les premières pièces radiales ; la
plus grande largeur se trouve au sommet des pièces basales, elle
diminue un peu à partir de ce point.
490 p. DE LORIOL.
Pièces basales pentagonales sur leur face externe, relative-
ment élevées, un peu plus larges que hautes, resserrées vers
leur base.
Premières pièces radiales deux fois aussi larges que hautes
sur leur face externe, qui a la forme d'un pentagone renversé,
excavé sur sa base, qui est le bord supérieur; leur hauteur
égale 0,70 de la hauteur des pièces basales. La facette articu-
laire est large et presque horizontale, ce qui contribue à don-
ner au calice un aspect déprimé ; impression du ligament élasti-
que excavée, avec une très petite fossette sous le bourrelet ; ce
dernier est peu saillant, mais l'orifice du canal est bien ouvert;
impressions du ligament interarticulaire longues et profondes ;
impressions musculaires peu étendues, rugueuses, appuyées sur
une petite crête d'une faible saillie. Article basai très peu
visible en dehors, un peu irrégulièrement pentagonal.
Il est fort probable que l'article basai que j'ai fait figurer
(Pal. fr.,pl. 94, fig. 5) comme appartenant au Mill. hurgundi-
cus, et peut-être aussi celui qui a été représenté fig. 4, doivent
être rapportés au Mil. helnensis, avec lequel ils se trouvent;
comme on le voit aussi dans les calices de cette espèce^ ils ap-
paraissaient très peu au dehors; ils sont plus élevés, plus coni-
ques que celui du 3IilU. hiirgundïcus, dont la base est bien plus
développée.
Le premier article de la tige est très concave et profondément
enfoncé dans l'article basai ; sa facette articulaire est fortement
striée, avec cinq dépressions un peu pétaloïdes. Les autres arti-
cles de la tige n'existent plus.
Cavité calycinale peu étendue ; les cinq dépressions péta-
loïdes sur lesquelles reposait l'organe chambré sont peu pro-
fondes.
Rapports et différences. J'ai sous les yeux deux calices appar-
tenant à cette espèce ; ils ont été trouvés avec le Mïllericrinus
NOTES POUR SERVIR A l'ÉTUDE DES ÉCHIN0DERME8. 491
hurgundicus. On les distinguera de ceux de cette dernière
espèce par leur forme tout à fait circulaire, subhémisphérique,
moins élevée, plus nettement convexe sur la base, plus arron-
die au pourtour et un peu resserrée sur le premier anneau ra-
dial, puis par la forme et les proportions des pièces basales et
la faible étendue de l'article basai. La forme et les proportions
des pièces basales et des premières pièces radiales distinguent
de suite ces calices de celui du Mill. mespiliformis Schl.
Localité. Beaune (Côte-d'Or). Rauracien.
Collections. Changarnier. Musée de Beaune.
Millericrimis mespiliformis (Schl.) d'Orbigny.
PI. XXIV. fig. 11.
Encrinites mespiliformis Schlotheini. 1820, Petrefactenkuiide, p. 33!2, pi. 29,
fig. ri.
Id. Schlotheini, 182.3, Nachtrag ziir Petrel'actenkunde,
p. 90, pi. 23, fig. 3.
Apiocrinites mespiliformis Goldfuss, 1833, Petref. Germ., t. 1. p. 18'i-, pi. o7,
fig. 1 A a I.
Millericrinus mespiliformis d'Orbigny, 1839, Hi.*^l. nat. des (^Irinoïdes, p. 66,
pi. 1.3, fig. 1-8.
Apiucrinus mespiliformis Quen.stedt, 1876, Echinoderiuen, p. 328. pi. 102.
fig. 38-41, 43, 44 (al. iucert.).
Millericrinus mespiliformis P. de Loriol, 1891, Descript. de la faune jurassique
du Portugal. Écliinodermes, p. 141. i)l. 23.
fig. 13-17. (Voir dans cet ouvrage la synonymie
de l'espèce.)
Dimensions. Diamètre du calice : 36 millim.
Hauteui- du calice , de la base au som-
met du premier anneau radial : 18 millim.
Diamètre de la tige, au quatrième
article à partir du calice : 13 millim.
492 p. DE LORIOL.
Calice très déprimé, très renflé et arrondi au pourtour, res-
serré vers le sommet des pièces basales et sur les premières
radiales. La base est uniformément convexe, mais faiblement,
plutôt déprimée. La hauteur, avec le premier anneau radial
seulement, est égale à la moitié du diamètre.
Article basai absolument invisible au dehors ; il formait sans
doute une colonne qui entrait profondément dans le calice.
Pièces basales pentagonales sur leur face externe, très éle-
vées, très grandes, resserrées à la base, graduellement élargies
jusqu'au sommet des côtés latéraux, et très arquées; elles sont
un peu plus larges que hautes, et elles constituent tout l'ensem-
ble du calice lorsqu'il n'a conservé que ses premières pièces
radiales.
Premières pièces radiales très peu élevées et très arquées
sur leur bord supérieur ; elles sont enfoncées entre les pièces
basales, et n'apparaissent au dehors que sur une faible hauteur.
La facette articulaire est grande et très peu oblique. Impres-
sion du ligament élastique large et très excavée ; fossette sous le
bourrelet peu distincte ; bourrelet saillant et étroit ; orifice du
canal resserré. Impressions du ligament interarticulaire pro-
fondes et étroites. Impressions musculaires peu étendues, ap-
puyées sur une petite crête très faible et usée dans l'exemplaire
décrit. La cavité du calice, circulaire dans le premier anneau
radial, s'évasait ensuite en devenant pentagonale, ainsi que le
font pressentir des replats triangulaires bien marqués.
Tige cylindrique, épaisse; je ne connais que trois articles :
ils sont minces, égaux entre eux, et ils paraissent avoir été
fortement sillonnés sur leur facette articulaire.
Rapports et différences. Si je rapporte cet individu au Mill.
mespUiformis, qui, à ma connaissance du moins, n'avait pas encore
été recueilli en France, ce n'est pas sans hésitation. Cet exem-
plaire, bien conservé, provient d'un niveau assez inférieur à
NOTKS l'Ol'H SKRVIK A l'ÉIHIUE DKS KUIIINODP^RMES. 493
celui de Nattheim, mais il est identique au calice de cette localité
qui a été figuré par Quenstedt (fig. 41, loc. cit.), seulement les
premières pièces radiales sont encore moins apparentes au
dehors. Ge caractère peut varier, ainsi qu'on le voit dans la
fig. 40 (loc. cit.); il en est de même, paraît il, des dimensions de
Tarticle basai, qui, dans notre exemplaire, n'apparaît pas au
dehors, comme dans la figure 43 de Quenst-edt. Malgré la compa-
raison la plus attentive, je ne sais trouver aucune différence
entre l'individu décrit et ces exemplaires de Nattheim figurés
par Quenstedt. Maintenant il y en a d'autres dans cette même
localité (et j'en ai un sous les yeux), dont la forme est plus éle-
vée, moins renflée au pourtour, plus resserrée vers la base, qui
est plus fortement convexe ; l'article basai est invisible au
dehors, et les premières radiales sont plus apparentes. D'autres
ont des premièies radiales plus grandes, une forme semblable,
un article basai souvent très grand : tel est l'exemplaire original
de Schlotheim et la plupart de ceux du Portugal que j'ai décrits.
J'ai envisagé ces derniers comme devant être rapportés au
Mill. ■mes2nliformis, et je me suis fort étendu sur les variations
que pouvait subir l'espèce. Je suis repris par quelques hésita-
tions, et je me demande si j'ai eu parfaitement raison, et si deux
espèces ne devraient pas être distinguées. Dans tous les cas,
l'espèce du Portugal appartient certainement au MUlerkrimis
mespiliformis typique, tel que Schlotheim l'a compris, de même
que certains exemplaires de Nattheim. Maintenont la question
est de savoir si les exemplaires de Nattheim originaux des figures
de Quenstedt que j'ai citées, et celui de Beaune que je viens de
décrire, et que je ne sais comment séparer, sont vraiment reliés
à ce type de Schlotheim par des passages suffisants. J'ai cru
précédemment pouvoir le prouver, et le fait me paraît encore
fort probable, sinon absolument certain. Il nous manque la con-
naissance des secondes et des troisièmes radiales et des bras,
ainsi que des séries d'échantillons un peu étendues, pour arriver
494 V. DE LORIOL.
à une conclusion tout à fait correcte, aussi je crois que le mieux
est, pour le moment du moins, d'envisager l'individu décrit ici
comme devant être rattaché au Mill. tnespiliformis, ainsi que je
l'ai fait. Je ne répète pas ce que j'ai écrit ailleurs sur le genre
Pomatocrinus Kônig, je n'ai rien à ajouter.
Localité. Moulin Maitrenseau, près Beaune (Côte-d'Or). Rau-
racien. Zone à Cidaris florigemma et Balanocrimis suhteres.
Collection. Cliangarnier-Moissenet, à Beaune.
Penfacrimis Leuthardi P. de Loriol, 1894,
PI. XXIV, fig. 12-17.
Dimensions. Hauteur du calice : 5 millim.
Diamètre de la tise : 2-3 millim.
Calice de faibles dimensions, assez étalé, paraissant aussi
large que haut.
Cinq pièces infrabasales extrêmement petites, triangulaires,
ai-rondies en dehors, forment, autour du canal central, un an-
neau compact, dont le diamètre égale un peu plus du tiers de
celui de l'anneau basai.
Les cinq pièces basales sont minces, étroites, oblongues, for-
tement crénelées sur leur bord dorsal, contiguës sur la moitié
interne environ de leur longueur, puis écartées l'une de l'autre,
de sorte qu'elles apparaissaient en dehors comme un bouton
enchâssé entre les premières pièces radiales. Leur face externe
est tout à fait lisse.
Premières pièces radiales en forme de pentagone renversé ;
NOTES POUR SERVIR A l'ÉTJDE DES ÉCHINODERMES. 495
leur largeur égale 2 '/-, miHim.; leur hauteur 1 7-, miHim.; le
sommet du pentagone sépare les pièces basai es sans les dépas-
ser ; leur face externe est lisse.
Secondes pièces radiales rectangulaires, lisses, de 1 millini.
de hauteur.
Troisièmes pièces radiales axillaires, triangulaires, à peu
près aussi hautes que larges, convexes en dehors. Chacune est
armée d'une longue pointe acérée, dirigée vers le sommet ; lors-
que cette pointe est complète, la hauteur totale des troisièmes
radiales dépasse notablement celle du reste du calice.
Chacune des facettes articulaires des troisièmes radiales
porte un bras dont je ne puis apprécier la longueur que dans un
seul cas, où je compte neuf articles ; ils sont lisses, annulaires,
très convexes, un peu iiTéguliers de forme, alternativement plus
épais tantôt d'un côté, tantôt de l'autre. Dans l'un des bras, que
je puis suivre en partie à partir du calice, un article verticillaire,
après ces neuf articles, donne naissance à deux bras de seconde
division, dont l'un, après seize articles, se divise de nouveau en
deux bras, dont l'un, après vingt-deux articles, donne encore
naissance à deux autres bras très déliés de quatrième division,
que je ne puis plus suivre. Dans un autre bras incomplet, de
plus grande taille, un fragment de onze articles précède un arti-
cle verticillaire, qui donne naissance à deux bras, dont l'un a
18 articles et l'autre 17 ; ces deux bras se subdivisent encore
en deux bras très minces dont je puis compter 22 articles. Les
articles verticillaires portent une longue pointe, qui devient un
simple tubercule sur les bras des dernières divisions. Je ne sau-
rais dire si les choses se passent de la même manière dans tous
les rayons.
Je ne distingue les pinnules que sur quelques rameaux du
sommet, mais pas d'une manière complète ; elles paraissent très
fines, cylindriques, composées de très longs articles.
Tige pentagonale, légèrement é vidée sur ses faces, avec les
496 F. DE LORIOL.
angles un peu obtus. Les premiers articles, à partir du calice, sur
une longueur de 10 millini. ou plus, sont très minces, serrés, un
peu inégaux, très arrondis sur les angles; trois ou quatre de ces
articles en séparent un autre, plus épais, lequel, sur chaque face,
porte un cirrhe très court. Un pore marque le milieu de chaque
face. Plus loin, les articles deviennent un peu plus épais sans
dépasser toutefois la hauteur d'un demi-millimètre, ils sont égaux
entre eux, et le pore qui se trouve au milieu de chaque face est
très ouvert. Peu à peu les pores disparaissent, les articles sont
tout à fait égaux avec V\ de millim. de hauteur au maximum sur
un diamètre de 2 '/, millim. Les crénelures des facettes articu-
laires sont, la plupart du temps, visibles en dehors. La facette ar-
ticulaire est plane, avec cinq pétales, acuminés par les angles du
pentagone, étroits et entourés de fortes crénelures. Je ne con-
nais pas la longueur de la tige. Les cirrhes sont relativement peu
nombreux et très fins, ils paraissent avoir été longs, sans que
je puisse nulle part apprécier leur longueur réelle. Les premiers
articles sont annulaires, de peu d'épaisseur et serrés; rapidement
ils s'allongent et deviennent cylindriques, bien plus longs que
larges, le bord de leur facette articulaire externe est denticulé
en dehors. Les articles verticillaires sont un peu plus épais que
les autres ; la facette articulaire du cirrhe est tout à fait superfi-
cielle; l'orifice du canal s'ouvre entre deux petits tubercules
saillants. Parmi les nombreux fragments de tiges épars sur les
plaques, il en est qui permettent d'apprécier la longueur de
quelques inter-verticilles ; sur le plus long de ces fragments, on
en distingue quatre qui comptent 13, 12, Il et 11 articles.
Sur un autre fragment, seize articles composent un inter-verti-
cille ; sur un autre quatorze.
li apports et différences. La présence d'une très longue pointe
sur chacune des troisièmes pièces radiales caractérise cette
espèce et permet de la reconnaître sans peine ; elle se distingue
NOTES POUR SEUVIR A l'ÉTUDE DES ÉCHINODERMES. 497
eu outre du Peut. Ândreœ Uesor, qui se rencontre au même
niveau, par la structure de son calice, dont les pièces basales
sont bien moins prédominantes et ne constituent pas en dehors
un anneau complet, puis aussi par la plus grande rareté de ses
cirrhes. J'ai déci'it^ sous le nom de Peut, lupsingensis, un fragment
de tige provenant d'une localité voisine et, si ce n'est de la
même couche, du moins à peu près du même niveau ; cette tige
me paraît différer de celle du Pent. Leuthardi par ses articles
])lus élevés proportionnellement au diamètre, avec des faces
planes et nullement évidées, puis par les facettes articulaires
des cirrhes enfoncées et non superficielles.
La présence de petites pièces infrabasales est un fait remar-
quable. Elles existent dans les Extracritms, mais, à ma connais-
sance du moins, on ne les avait point encore signalées dans une
espèce du genre Pentacrinus ; on sait, en particulier, qu'elles
n'existent dans aucune des espèces des mers actuelles.
Localité. Sichtern, près Liestal (Bâie-Campagne), sur des
plaques recueillies par M. Leuthardt, professeur à Liestal. Étage
bathonien.
EXPLICATION DE LA PLANCHE I
Mtr. 1. Chiroteuthis Picteli. Vue d'ensemble de l'animal par la face dorsale,
réduit d'un-quart environ.
l..Joubin, Céphalopc
EXPLICATION DE LA PLANCHE II
Chiroteuthis Picteti.
Fig. 2. Contour du sac viscéral du second exemplaire, réduit d'un quart
envirou, vu par la face ventrale.
Fig. .3. La membrane buccale vue par écartement de la base des bras ; figure
réduite d'un quart.
Fig. 4 et 5. Les deux mandibules grossies 2 V2 fois.
Fig. 6. Schéma de la disposition des ventouses sur la face inférieure de la
palette tentaculaire.
Fig. 7. Vue d'une des ventouses des bras, grossie de 10 à 20 fois, selon le
niveau où on l'observe.
Fig. 8. Vue d'une ventouse de la palette tentaculaire grossie ;$5 à 40 fois.
Fig. 9. Dents de la radula grossies 80 fois environ.
Fig. 10. La plume, vue de profil, réduite d'un tiers environ. Les lettres A, B,
C, D indiquent les niveaux où ont été relevées les figures 11, 12,
13 et 14.
Fig. 11, 12, 13. Coupes faites aux niveaux A, B, C de la figure 10.
Fig. 14. Aspect de l'orifice marqué en D dans la figure 10.
Fig. 15. Organe adhésif du bord de l'entonnoir.
Fig. 16. Bouton adhésif du bord du manteau.
Siiùsr <h Zool. T.n. m)i.
foubin ad nat pinxit
L. Joubin. ^'éj^ïhalopodes ,
EXPLICATION DE LA PLANCHE III
Loligo Picteti.
Fisr. I. Ensemble de l'animal vu par la face ventrale, grossi 7 fois environ.
RcK Suisse de Zool. T.n.189^.
FJM.
I. Joubin ad mtpinxù
L. Joiibili, C'éplialopodes.
EXPLICATION DE LA PLANCHE IV
Loligo Picteti.
Fig. 2. Vue du Sme bras dorsal gauche grossi 17 fois.
Hg. 3. Tentacule gauche grossi 17 fois.
Fig. 4. Bras hectocotylisé grossi 17 fois.
Fig. 5. Bras ventral gauche, sans ventouse, grossi 17 fois.
Fig. 6. Nageoires abdominales, vues par la face dorsale, grossies 6 fois environ.
Fig. 7. Fragment de l'extrémité du tentacule grossi 60 fois environ, pour
montrer la disposition des ventouses dans la fossette dentelée qui
les enferme.
Fig. 8. Une ventouse des bras grossie île 40 à (JO fois selon le niveau oii on
l'observe.
F'ig. 9. Le siphon vu de profd.
Fig. 10. Le siphon ouvert et étalé pour montrer les plis et les glandes qui en
tapissent l'intérieur.
Fig. 11. Une ventouse tentaculaire grossie 400 fois environ.
Fig. 12. Ventouse de la pointe du bras, grossie environ Go fois.
Rn'. Suisse de Zool. T.n.ISQi.
UkAKl.vW,mirim\UT,Fim}riu-t°'l(.
L. Joubin *^ ^^pliulopodé
EXPLICATION DE LA PLANCHE V
. 1. BnUiinia lentuculata, Liii., ouvirons de Rennes (Ille etVilaine).
2. • Znnion'tisis, B()iirij;uignat, le Doiiro à Zamora (Portugal).
:î. .' Sebelhina. H. Blanc, le Sebeto à Naples (Italie).
I. » allopoma, Westerlund, Villacher-Bad (Carinlhie).
.'). » Tagina, Sei-vain, le Tage à Cascaës près Lisbonne | Portugal).
G. » decipiens, Millet, l'Erve prés Chéméré (Mayenne).
7. » Stussichiana, Letourneux, marais de Cressida à Corfou (Grèr.e).
8. » limnoidea, Servain, la Save à Sissek (Croatie).
9. " Letouineuxi, Bourguignat, marais à l'est du canal de la Mah-
inyoudié (Egypte).
10. >' Galbeclana, Castro, le Minho près Valença (Portugal).
11. .) Sckweinfurthi, Bourguignat. lac Mœris au Fayoua (Egypte).
12. » parva, Locard, Château-Soleil près Castellanne (Bouclies-du-
Rhône). [Coll. Locard.]
1:î. » nmmœcia, Servain, l'Elbe à Hambourg (Prusse).
l'i. » Heliopolitana, Bourguignat, Baalbeck (Syrie).
].'). » Hispanica, Servain, le Guadalaviar à Valence (Espagne).
K;. » Stramicensis, Locard, Crémieu (Isère). [Coll. Locard. j
17. » Hipponensis, Bourguignat, environs de Bone (Algérie).
18. » Sebanica, Bourguignat, lac desséché de Sébas (province de
Constantine).
11). » pluvacina, Letourneux, marais de Cressida à Corfou (Grèce).
20. •> iJairilensis. Graëls, Saint-Chamas (Bouches-du-Rhône). -Coll.
Locard.]
21. » gravida, Bay, environs de Troyes (Aube).
22. > potamieca. Bourguignat, gorges d'Ollioules (Var).
23. » Michcmdi, Duval (var. major), l'Erve près Chéméré (Mayenne).
2i. » Blanci, Bourguignat, San-Germano (Italie).
23. » Narentana, Bourguignat, la Narenta (Dalmatie).
[1.1894,
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•benes del et lith.
A. Locard. Bythmie;
I
EXPLICATION DE LA PLANCHE VI
Fig. I. Bythinia Lusitanica, Castro, le Minho entre Tuy et Valença (Portugal).
2. ' pseudamnicola, Bourguignat, le Nil à Rosette (Egypte).
3. ■ Calveitina, Bourguignat, fossés à Ramié près Alexandrie
(Egypte). .
4. » Hafienmnlleri, Bourguignat, lac Faid-EI-Maïz près Bone (Algérie).
5. » ilysseca, Letourneux, la Kerka (Dalmatie).
(t. » Lhothelleriei, Bourguignat, canaux près Alexandrie (Egypte).
7. » siiccinea. Locard, Beyrouth (Syrie).
S. > Corcyrensis, Letourneux, marais de (jressida à Corfou (Grèce).
{). » sphœrica, Bourguignat, le Minho près Valença (Portugal).
10. » Carmlhoi, Castro, le Minho près Valença (Portugal).
11. » elegans, Locard, le Lido près Venise (Italie).
12. » Ardiissonica, Ray, l'Ardusson an Paraclet, près Nogent-sur-
Seine (Aube).
l;j. » gracilis, Locard, Lysimachia, au nord de Missolonghi (Grèce).
14. >; subbadiella, Bourguignat, lac Mareotis (Egypte).
lo. ^ Grxca, Locard, lac Copaïs en Béotie (Grèce).
16. » elxm, Bourguignat, Bahr-el-Houlé (Syrie).
17. » socialis, Westerlund, concha d'Oro près Palerme (Sicile.). [Coll.
Westerlund.]
18. » Bayonnensis, Locard. lac de la Négresse (Basses-Pyrénées).
19. '■ Renei, Letourneux. marais de Cressida à Corfou (Grèce).
2(). » Celtica, Bourguignat, la Vilaine à Rennes (Ille-et- Vilaine).
21. » Damasci, Bourguignat, Damas (Syrie).
22. » viridis. Letourneux. marais de Cressida à Corlou (Grèce).
23. " Servainiana. Letourneux, marais de Cressida à Corfou ((jrèce).
24. » Bourlieri, Bourguignat, Ouargla (Algérie).
25. » Balatonica, Servain, Hambourg (Prusse).
2(>. » producta, Menke, Saint-Saulge (Nièvre). [Coll. Locard.]
27. ■> Punica, Hagenmiiller, lac Faid-EI-Maïz près Bone (Algérie).
28. ï Alexandrina , Bourguignat, lac Mareotis près Alexandrie
(Egypte).
Suisse de Zool.TI!,1894
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Barbenès del et litri
rjp . lia. BrV)'?-"'^''-'^-
A.Locard. Bythinies.
EXPLICATION DE LA PLANCHE VII
Fig. 1. Ceratocarcinm intermedius n. sp.
la. Ri'gion antennaire et cadre buccal, vus d'en dessous.
ib. Main droite vue par sa face externe.
Fig. 2. Hyastenus suhinermis n. sp.
2rt. Main gauctie, vue par sa face externe.
Fig. 3. Micippa cristata var. leevimana n. var. La main gauche vue par sa
face externe.
3a et 36. Micippa cristata var. granulipes n. var. La main gauche vue [)ar
sa face externe.
Pilumniis Bleekeri Miers. Partie de la carapace vu d'en dessus.
Sphxrocarcinus cochlearis n. sp.
La main gauclie vue par sa face externe.
Dactylopodite d'une patte aml)ulatoire.
Artma picta n. sp.
La main droite vue par sa face externe.
Lophactœ multicristata n. sp.
Corps vu par devant.
Région antennaire et cadre l)uccal vus d'en dessous.
Main gauche vue par sa face externe.
Ceratoplax villosa n . sp.
Région antennaire et cadre buccal vus d'en dessous.
Main gauche vue par sa face externe.
Ceratoplax leptochelis n. sp.
Région antennaire et cadre buccal vus d'en dessous.
Main gauche vue par sa face externe.
Capliyrn natatri.r n. sp. Patte de la dernière paire.
Fig.
4.
Fig
5.
5a.
56.
Fig
6.
6«.
Fig
7.
la.
7b.
le.
Fig
8.
8a.
86.
Fig
1).
9a.
96.
Fig.
10.
Rev. Suisse de Zool, TE 189't.
I
EXPLICATION DE LA PLANCHE VIII
FiiT. 11. Litocheira quadrispinosa n. sp.
Ma. Région antennaire et cadre buccal vus d'en dessous.
lib. Main droite vue par sa face externe.
F'v^. 12. Goniocaphijra spec. (an truncatifrons ? de Man.)
I2a. Main gauche vue par sa face externe.
P'ig. 13. Paratelphusa maculata de Man. Bord latéro-anlérieur et bord frontal
de la carapace.
Fig. 14. Paratelphusa trideniata H. Milne Edw. Bord latéro-antérieur et bord
frontal de la carapace.
Matuta Banksii Leach. Main gauche vue par sa face interne.
Sphœrocarcinus Bedoti n. gen. et n. sp.
Région antennaire et cadre buccal vus d'en dessous.
Corps vu par devant.
Main gauche vue par sa face externe.
Porcellanella triloba White. Dactylopodite d'une patte ambulatoire.
Polyonyx hexagonalis n. sp.
Main gauche vue par sa face externe.
Pagurus sigmoidalis n. sp. Main gauche vue par sa face externe.
Main gauche vue par-dessous.
Troisième patte gauche vue par sa face externe.
Pagurus deformis H. Milne Edw. Main gauche vue par sa face ex-
terne.
Main gauche vue par- dessous.
Myctiris brevidactylus Stimpson. Front et yeux vus par devant.
Main droite vue par sa face externe.
Myctiris longicarpus Latreille. Front et yeux vus par devant.
Main droite vue par sa face externe.
Alpheus amboinie. n. sp. Main gauche vue par sa face externe.
Main droite vue par sa face externe.
Patte de la 2me paire.
Alpheus t7-identatus n. sp. Portion antérieure du corps, vue par
dessus.
Pig.
lo.
Fig.
16.
16a
166.
16c.
Fig.
17.
Fig.
18.
18a.
Fig.
19.
19rt
19/;
Fig.
20.
20a
Fig.
21.
21a
Fig.
22.
22a
Fig.
23.
23a
236
Rer. Sni.sse de Zool. TE JS9i.
Uûi-ÂRitryfaRai,>/ùiztT, F'i-
L. ZehntneK- C-nistacés.
I
EXPLICATION DE LA PLANCHE IX
Fig. :2o. Paraxins Picteti n. sp.
2o«. Partie antérieure du céphalothorax, vue par-dessus.
236. Main droite vue par sa face externe.
25c. Main de la 2'ne paire de pattes.
2od. Propodite et dactylopodite de la 3me paire de pattes.
25e. Nageoire caudale.
Fig. 26. Philonicus cervicalis n. sp.
26a. Partie antérieure du corps, vue de profil.
266. Mandibule gauche.
26c. Deuxième patte-mâchoire gauche.
Fig. 27. Palxmonella amhoinensis n. sp.
27a. Rostre frontal vu de prolil.
Rev. Suisse deZooi. T.ïï JSO^j-.
Pl.IX.
Ml Amt V. Werni^S. Wuiter. FroJikfiin fM
L.Zehntner. C rus tac é;
Ta fol X.
FIGURENERKL^RUXG
Aile Schnitte sind mit dein Zeiohuungsapparat von Abbé gezoiehiiet.
Fig. 1. ,, Krystalloïde " von Mesostoma lingua 0. Sch. a im oplischeii
Durchschnitt gesehen, b, c uiid d gewohnliche Ansiclit.
Fig. 2. Infusorium aus dem Parenchym von Stenostoma leiicops 0. Sch. a von
vorn, 6 von der Seite gesehen.
Fig. 3. Liingsschnitt durch den Parasiten der Piiaryngealtasche von Planaria
gonocephala Dugès.
Fig. 4. JNesselkapseln von Microstovia lineare Oe.
Fig. 5. INesselkapseln von Microstoma lineare Oe. a ruhende, h abgeschossene
JNematocyste, c ein Zwischenstadium.
Fig. 6. Epidermis mit Tasihaaren von Microstovia lineare Oe.
Fig. 7. Microstoma cana nov. spec.
Fig. 8. Wimpergriibchen von Microstoma cana nov. spec.
Fig. 9. Sogenanntes ,, .schiisselformiges Organ " von Stenostoma agile SiUi-
man.
Fig. 10. Stenostoma /ei<cops mit Ovarien. o?i Ovarien.
Fig. 11. (iehirn und Augen von Mesostoma Ehrenhergii 0. Scii. im Flachen-
schnitt. glz Ganglienzellen, sp spongioplasmatisches Nelzwerli des Gehirn-
ganglions, ni Xervns laterahs. nly iVervus longitudinalis, Rb Pigment-
becher, gl gangliose AnschwelUing am Faserhailen des Retinakolbens,
RK Faserbailen des Retinakolbens, RKst Stabchenschicht des Retina.
Fig. 12. Mesostoma minimum nov. spec.
Fig. 13. Mesostoma perspicuum nov. spec.
Fig. 14. Spermatozoen von Mesostoma perspicimm nov. spec.
Fig. 15 Mesostoma segne nov. spec.
Fig. 16. Spermatozoen von Mesostoma segne nov. spec.
Fig. 17. Epidermiszellen von Mesostoma segne nov. spec.
Fig. 18. Langs.schnitt durch den Pharynx von Mesostoma segne nov. spec.
Ep Epidermis, m Muskelfasern, Pt Pharyngealtasche, ho Lippenwuist des
Pharynx, Pep Epithelauskieiduiig des Pharynx, vs vorderer Schhessmuskel,
lis hinterer SchUessmuskei, Oe Oesophagus, Dz Darmzelle, Al Atrium-
wand, Pdi- Penisdriise.
Fig. 19. Lângsschnitt durch den Pénis von Mesostoma segne nov. spec. m mus-
kulcise Wand des Pénis, k Kornersekret, Sp Sperma, Pz Parenchymzelle,
T chitiniise Auskleidung des Pénis.
Fig. 20. Querschnitt durch die Samenblase des Pénis von Mesostoma segne nov.
spec. dm Lângsmuskeln, Du Diagonalmuskuhitur. Sp Sperma, K Korner-
sekret, Er Epitheirest.
Fig. 21. Querschitt durcli den ausfiihreriden Teil des Pénis von Mesostoma
segne nov. spec.
Fig. 22. Spermatozoon von Mesostoma annatum nov. spec.
Fig. 23. Langssclinitt durch den Pénis von Mesostoma armatum nov. spec.
W Waiidung der Samenblase, ch Chitinrôhre, Bz Borstenzâhne, Z Chitin-
zahn, C Cocon durch die Eiiiwirkung der Reagentien gesclirumpft, der
umschliessende Utérus {Ut) ist in natiirlicher Lage verblieben.
Fig. 24. Chitinteile des Pénis von Mesostoma annatum nov. spec. in natiirlicher
Lage von der Riickenseite gesehen.
Fig. 2o. Lângsschuitt durch das Auge von Bothromesostoma personatum 0. Sch.
gz Ganglienzeilen, G Gehirnganglion, Pi Pignientbecher. BKst Stabchen-
schicht der Retina, Rk Faserbalien des Retinakolbens.
Fig. 26. Querschnitt durch zwei kopulirende Individuen von Bothromesostoma
personatîim 0. Sch. P Pénis, Sp Sperma, Bc Bursa copulatrix, At Epithel
des Atriums, H Hoden, D Dotterstocke^ Pi Pigment, Stz Stâbclienzelle,
Ph Pharynx, Da Darm.
Fig. 27. Spermatozoen von Bothromesostoma personatum 0. Sch. a normal,
b u. e, durch die Einwirkung des Wassers veràndert.
Rrr. Suisse (Ir /ûoL T.U. JS9^.
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£itk VerrttrS.ii'ùiter. F^O-tC
O.Fuhrnuuui. l'ui-bellnria .
Tafel XI.
FIGURENERKL.'ERUNG
Aile Schnitte sind mit dem Zeichnungsapparat von Abbé gezeichnet.
Fig. 28. Wassergefasssysteiii von Vorteoc Schmidtii Graff. 0 Ausnitindungs-
ôffnung, C Ei, Spd Spiunclruse der Schwanzspitze.
Fig. 29. Pigmentbecher des Auges von Vortex Iriquetrus nov. spec.
Fig. 30. Epidermiszellen und die diesen aufliegenden Langsmuskelbander des
Hautmuskelschlauches von Vortex triquetrus nov. spec.
F'ig. 31. Teil eines Lângsschnittes durch Pharynx, Oesophagus und Darm von
Vortex triquetrus nov. spec. Ph Pharynx, 0 Epithel des Oesophagus, Orn
Muscularis des Oesophagus, Sp Speicheldriise, D Darmzelle, Dr Driisenzelle.
Fig. 32. Chitinoser Teil des Pénis von Vortex triquetrm nov. spec.
Fig. 33. Oviduct und Receptaculuni seminis von Vortex triquetrus nov. spec.
Oc Oviduct. Rs Receptacuhim seminis.
Fig. 34. Geschlechtsoffnung von Vortex triquetrus nov. spec. Sph Sphincter,
B Radiarmuskehi, Dr Driisenzeilen.
Fig. 35. Sperniatozoon von Vortex fuscus nov. spec.
Fig. 36. Chitinoser Pénis von Vortex fiiscus nov. spec.
Fig. 37. Cocon von Vortex Graffii Hallez?
Fig. 38. Teil des Pharynx von Vortex Graffii Hallez? mit fmgerfôrmigen
Fortsâtzen.
Fig. 39. Geschlechtsorgane von Vortex Graffii Hallez? in Copulationsstellung.
Ep Epiderniis, Bc Bursa copulatrix, P Pénis, S Samenblase, K Kôrner-
sekret. Sp Sperma.
Fig. 40. Stiick des Dotterstockes von Vortex ruber nov. spec, nach einem
Quetschprâparat gezeichnet.
Fig. 41. Kopf von Vortex ruber nov. spec, nach dem Leben gezeichnet.
G Gehirn. Pi Pigmentbecher des Auges.
Fig. 42. Chitinoser Pénis von Vortex ruber nov. spec
Fig. 43. Chitintrichter des Pénis von Vortex infuyidibuliformis nov. spec.
Fig. 44. Epidermis von Derostoma unipunctatum Oe. nach dem Leben gezeich-
net.
Fig. 43. Spermatûzoon von Derostoma unipunctatum Oe.
Fig. 46. Derostoma cxcum nov. spec 0 AusmiindungsofTnung des Wasser-
gefâsssystems, C Ei, G Gehirn, P Pénis, Ge Geschlechtsoffnung, H
Hoden, D Darni, P Pharynx.
Fig. 46a. Querscimitt durch den Hinterteil des Korpers von Derostoma caecum
nov. spec
Fig. 47. Stabchen von Derostoma cxcum nov. spec.
Fig. 48. Driisenzeilen des Darmes von Derostoma csecum.
Fig. 49. Qnerschnitt durch die Epiderniis von Derostoma cœcum nov. spec.
if Kern, F Vacuolen. B Basilarmembran, H Hantmuskelschlauch.
Fig. 50. Querschnitt durch den Korper von Derostomum csecum nov. spec. iu
der Gegend der Geschleclitsorgane. Ep Epiderniis, a Lângsniuskeln, D
Darm, Dr Darmdrusenzelle, H Hoden, Do Dotterstocke, il< Atriumepithel,
P Pénis, Pd Penisdriisen.
Fig. ol. Querschnitt durch den hinteren Korperleil von Derostoma aecum,
D Darm, H Hoden, Do Dotterstocke.
Fig. o2. Langsschnitt durch den Pénis von Derostoma reecum nov. spec. HMus-
cularis der Samenblase, Sp Sperma, K Kornersekret, Sch Scheidewand
zwischen Vesicula seminah's und granulorum, Ch Chitinauskieidung des
Pénis, At Atriumwandung. Dok Dotterkôrner, Pa Parenchyni, Dr Dnïsen-
zelle.
Fig. 53. Chitinbekleidung des Pénis von Derostoma cœcum nov. spec. a iin
Durchschnitt, b in der Aufsiclil gesehen.
Fig. 54. Spermatozoen von Derostoma cœaim nov. s[tec. a normal, b durch
die Einwirkung des Wassers veriindert.
Fig. 00. Spermatozoen von Planaria gonocephala. a normal, b und c durch die
Einwirkumr des Wassers verândert.
Hev Suisse ,1c /ool. TH. /S94.
O.Ful
■bell.-u-icK
EXPLICATION DE LA PLANCHE XII.
Fig. 1. Arion empiricorum. Glande pétlieuse. a, itorlion glandulaire — b, îanal
excréteur — c, face interne du pied — d, parois latérales du corps — e,
masse buccale rejetée en avant. Grand, nat.
Fig. 2. Limax cineveus. Portion de la glande pédieuse. Mêmes lettres que ci-des-
sus. Gross. 5 fois.
Fig. 3. Succinea amphibia. Coupe sagittale du pied, a et 6, comme ci-dessus — g,
sole du pied — h, sillon prébuccal. Gross. 6 fois.
Fig. 4. Hélix acuta. Coupe transversale de la partie antérieure du pied, a et a' ,
masses supérieures — b, leur débouché dans le canal -— c, lumen du canal
— d, cellules glandulaires — e, lacune sanguine — f, épithélium externe
— g, pied — h, masse buccale — i, cavité du corps. Gross. 30 fois.
Fig. 5. Hélix aspersa. Coupe transversale du canal de la glande dans sa partie
postérieure, a, lumen du canal — b, sillon longitudinal — c, bourrelet lon-
gitudinal — d, méats intercellulaires — e, cellule glandulaire — f, épitbé
lium des plis du plafond (cilié chez cette espèce) — - g, cellules rondes rem-
plissant les plis — h, épitliélinm des côtés — i, fibres conjonctives. Gross,
150 fois.
Fig. 6. Clausilia plicata. Coupe transversale du pied, partie antérieure, a, lu-
men du canal — b, cellules glandulaires — d, pied — e, lacune sanguine —
(/.épithélium externe. Gross. 30 fois.
Fig. 7. Clausilia plicata. Coupe transversale du pied, partie postérieure, a, b, d,
e, g, comme dans la fig. précédente — e' grande lacune sanguine contenant
du sang coagulé, séparée en deux par le diaphragme f — h, artère pédieuse
— c, nerfs pédieux — k, muscles longitudinaux du pied. Gross. 30 fois.
Fig. 8. Zonites cellarius. Coupe transversale du pied contracté, partie antérieure.
a, partie antérieure du canal de la glande recourbée en haut et en arrière
— a', partie du canal dans sa position normale — b, portion glandulaire.
Gross. 20 fois.
Fig. 9. Vitrina pellucida. Coupe transversale du canal de la glande, a, épithé-
lium des bourrelets — b, cellules rondes sous -jacen tes — c, cellule déformée
des méats — d, méat intercellulaire — e, cellule épithéliale à vacuole —
f, lame conjonctive — g, lumen du canal. Gross. 230 fois.
Fig. 10. Clausilia plicata. Coupe transversale du canal de la glande, partie
moyenne, a, lumen du canal contenant du mucus coagulé avec des granula-
tions — 6, épithélium du plafond — c, épithélium vibratile du plancher — d,
sillon longitudinal avec les méats — e, une cellule des méats. Gross. 230
fois.
Fig. H. Teslacella haliotidea. Coupe transversale de la glande, partie moyenne.
a, épithélium du canal excréteur — b, cellules''glandulaires — e, lame conjonc-
tive — d, lumen du canal (les éléments épithéliaux et glandulaires n'ont pas
été représentés partout). Gross. 100 fois.
Fig. 12. Teslacella haliotidea. Schéma du cœcum de la glande pédieuse.
Fig. 13. Limax cineveus. Cellules des bourrelets longitudinaux (macération dans
bichromate de potasse et acide osmique). En 6 et o les contours seuls des
cellules ont été représentés. Gross. 900 fois.
Rev. Suisse de Zool. T. II. /6W^.
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MUUramare ~î3Jl
E.André. Glande pédieuse
Imp Jv.les Rey Genève
EXPLICATION DE LA PLANCHE XIII.
Fig. l. Hélix aciita. Coupe transversale du pied, partie médiane, a, cellules
glandulaires'dans différentes périodes de sécrétion — 6, méats — c, lumen
du canal — d, artère pédiense —e, lacune sanguine — f, pied — g. épittié-
lium externe, (iross. oO fois.
Fig. 2. Limax cinereus. Quatre cellules des méats dans leur position normale
(macération dans acide osmique el bichromate de potasse). Gross. 800
fois.
Fig. 3. Schéma d'un méat du fond du sillon (voir p. 301).
Fig. 4. Vitrina pellucida. Cellule épithéliale à vacuole ouverte. Gross. 400
fois.
Fig. o. Hélix lapicida. Différents types de cellules glandulaires à vacuole (sur
le frais). Gross. 400 fois.
Fig. 6. Arion empiricorum. Cellule glandulaire ordinaire (sur le' frais). Gross.
450 fois.
Fig. 7. Limax marginatus. Epithélium des côtés du canal excréteur (d'après
une coupe). Gross. 4oO fois.
Fig. 8. Vitrina pellucida. (^lellules glandulai.ies ordinaires, a, pleine de granida-
tions — b, au repos (sur le frais). Gross. 250 fois.
Fig. 9. Limax marginatus. Cellule glandulaire ordinaire au repos (sur le frais).
Gross. 450 fois.
Fig. 10. Snccinea amphibiu. Cellule épilhéiiale du plafond du canal (macération
dans acide borique). Gross. 1000 fois.
Fig. M. Hélix obvoluta. Cellule épithéliale du jdafond du canal. Même traitement
et même grossissement que ci-dessus.
Fig. 12. Succinea amphtbia. Cellules glandulaires ordinaires, a, pleine de granu-
lations — b, avec le réseau et quelques granulations — c, au repos (sur le
frais). Gross. 250 fois.
Fig. 13. Arion empiricorutn. Embryon de 23 jours. Coupe transversale de la
glande pédieusedans sa partie antérieure, a, lumen du canal — b, epithélium
du plancher —c, cellule conjonctive se transformant en élément glandulaire
— d, cellules conjonctives du pied. Gross. 220 fois.
¥\g. 14. Vitrina pellucida. Formes de passage entre la cellule conjonctive a et
la cellule glandulaire d (sur le frais). Gross. 250 fois.
Fig. 15. Hélix pomatia. Stade intermédiaire entre l'élément conjonctif et la cel-
lule glandulaire (vert de méthyle acétique). Gross. 501) fois (la lithographie
n'a pas rendu exactement le réseau cellulaire et le réseau nucléinien).
Fig. 16. Limax cinereus. Injection du canal de la glande, a, canal — 6, portion
glandulaire. Gross. 5 fois.
Fig. 17. Limax cinereus. Face interne du pied injecté, a, glande pédieuse — b,
masse buccale — c, lacunes du pied — d, paroi du corps. Grand, nat.
Fig. 18. Hélix pomatia. Coupe transversale du pied injecté a, lumen du canal
de la glande — b, partie glandulaire — c, artère pédieuse — d, paroi infé-
rieure de la cavité du corps. Gross. 60 fois.
lier Siusse cù Zca/.Y.V/.Am.
pixm.
M. Aruùv, a!d.
Ed. Ûlira^nare^, liai.
E.André, Glande pédiouso.
i
Ta tel >>.1V.
FlGl HE.NEHKL.EIUNG
Allé Figuren beziehen sicli auf Limiiicythere Deocoviensis n. ap.
Fig.
1. Schale.
Fig.
±. Struktur der Schalentlache.
Fig.
3. Stniktiir des Sclialenraudes
Fig.
4. Antenne 1.
Fig.
0. Antenne II.
Fig.
0. Mandibel.
Fig.
7. Maxille.
Fig.
8. Fuss I.
Fig.
9. Fuss II.
Fig.
10. Fuss III.
Fi-.
M. Hinterleibsende.
r
l
Rcy. Suisse cie Zool. TH. 189'^
PU¥.
Zschokke del.
Ed OJtràntare hth
F. Zschokke. Lirnnicvthere
I
EXPLICATION DE LA PLANCHE XV
a == anus.
a, c = appendice caudal.
c. c = couronnes ciliaires.
c, s = cil sensoriel frontal.
f := segments festonnés de la région post-ciliaire.
i = tube intestinal.
l,e,d = lobe céphalique dorsal.
/, c, V =^ lobe céphalique ventral.
n = néphridies.
r, p = région parapodiale.
*', p, c = région post-ciliaire.
s, c, c = segment ailiforme répondant aux couronnes ciliaires.
p, c, V = pinceau de cils vibratiles marquant l'orifice des néphridies.
s, p = soies parapodiales.
t = tentacules.
t, 0 =^ taches oculaires.
Fig. 1. Stade A. .leune larve de Chétoptère ; face dorsale.
Fig. la. » Id. face ventrale.
Fig. 16. Région céphalique d'un stade larvaire un peu plus jeune ; face dorsale.
Fig. 2. Stade B. Larve de Chétoptère à un stade plus avancé ; face dorsale.
Fig. ,3. Stade C. Même larve plus âgée ; face dorsale.
Fig. 4. Stade D. Ménie larve plus avancée dans son développement ; face
dorsale .
Fig. o. Région céphalique d'un stade un peu plus âgé montrant la régression
des taches oculaires ; face dorsale.
Fig. 6. Stade E. Même larve plus âgée ; face dorsale.
Fig. 7. Stade F. Même larve encore plus âgée; face dorsale.
Fig. 7a. Soie dorsale du stade précédent.
Fig. la'. Hampe striée de cette soie dorsale vue à un plus fort grossissement.
Fig. 76. Soie ventrale du stade F.
Toutes ces figures — à l'exception de la fig. la' — ont été dessinées avec le
même grossissement, soit SO diamètres environ.
ReF. Suisse de Zool. l'Jl. -/^^4.
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/•U74-.
F.dBérajieck,del.
Ed- OItramareJith
Ed. Béraiiock. Chaetopt.oriis.
EXPLICATION DES PLANCHKS
Légende: 1-10, segments de rahdomen suivant leur niunéro d'ordre. —
9t neuvième segment ventral (ou plaque sous-génitale, chez le mâle). — z dixième
lergite. — vs son prolongement formant la valvule supérieure de l'anus ou
plaque suranale. — vi valvules inférieures de l'anus. — c cerci. —a appendices
anaux. — Su valves inférieures de l'oviscapte. — 9o valves supérieures de
rovisca[»te.
EXPLICATION DE LA PLANCHE XVI.
Fig. 1-7. GnjUotalpa vulgarisL.
^Fig. 1. L'extrémité de l'abdomen 9) face ventrale.
Fig. 2. » • cT, »
Fig. 3. Le pénis du mâle, vu en dessus. — y; sa partie charnue. —
/■fossette de sa base. — gi sillon longitudinal. — 6 branche
Irans verse de l'ancre corné. — s, r les deux cornes latérales de
celte branche (Cp. fig. 4, 5). — i l'extrémité de la brandie longi-
tudinale de l'ancre. — t les titillateurs (cp, fig. 6).
Fig. 4. L'ancre cornée du pénis vue en dessus. — 6 sa branche transverse.
— r. s ses cornes terminales. — o sa branche longitudinale.
Cette branche étant courbée, elle n'apparaît sur la fig. 3 (i) (]u'en
fort raccourci.
Fig. 5. La même vue en dessous.
Fig. (i Les titillateurs vus en dessus. — c leur partie postérieure dilatée
en cuilleron. — e leur partie antérieure engagée sous la branche
litiiL'itudinale de l'ancre. (Sur la fig. 3 on ne voit que leur partie
liostérienre c).
Fig. 7. Un tilillateur vu de profil.
Fig. 8-14. Gryllotalpa afrirana,P.-B.
Fig. H. L'extrémité de l'abdomen cf, face dorsale. — z dixième lergite. —
vs valvule supérieure de l'anus ou plaque suranale. — vi val-
vules intérieures de l'anus. — c cerci.
Fig. 9. L'extrémité de l'abdomen cf vue par derrière et ouverte. — Lettres
comme pour la fig. 8. — n anus. — m membrane sous-anale
(correspondant peut-être au iO™e tergite). — Si huitième seg-
ment ventral déplié. — f neuvième segment ventral ou plaque
sous 'génitale. — p partie charnue du pénis.
Fig. 10. Le pénis vu en dessus. — p partie charnue. — h ancre corné. —
0 sa branche longitudinale. — v corps charnus.
Fig. 11. Le même vu en dessons.
Fig. 12. Le même vu de profil.
Fig. 13. Les titillateurs, ici soudés en une seule pièce, [cp tlg. 6.)
Fig. 14. Le titillateur droit vu de profil.
Fig. 15, 16. Scapteriscus didactijhis L.
Fig. lo. L'ancre cornée du pénis (notations connue [lour les lig. 4, o).
Fig. 16. Un titillateur.
Fig. 17-19. Genre Cijlindrodes (Q ?)
Fig. 17. L'extrémité de l'abdomen, face dorsale.
Fig. 18. La même, face ventrale. — : le lOme tergite très peu apparent,
prolongé au milieu pour former la plaque suranale.
Fig. 19. L'extrémité de l'abdomen, face ventrale, dont on a enlevé les 8"'«
et Qrae ventrites. — vs valvule supérieure de l'anus (plaque sur-
anale). — 6 bourrelet charnu terminé par deux pointes cornées.
Fig. 2!)-24. Tridaclylus variegatus.
' Fig. 20. Les deux derniers segments ventraux de l'abdomen (8rae et 9">e)
vus en dessous. 9-^ — « annexe du 8me ventrite (fendu). — o le
dernier segment partagé par un sillon.
Fig. 21. L'extrémité de l'abdomen, soit le segment anal (10"'e segment) 9^
vu en dessus. — z dixième tergite prolongé au milieu entre le
cerci pour former la plaque suranale et comprimé. — c cerci. —
a appendices anaux.
Fig. 22. Id. vue de profil. — oi valvule anale inférieure droite. — x plaque
chitinisée.
Fil.'. %\. Id. cf vue en dessous, a[)rès l'enlèvemenl de la plaque sous-génitale
(9'ne ventrite) pour montrer que les appendices anaux inférieurs a
ne sont que des prolongements des valvules inférieures de
l'anus vi.
Fig. 24. Id. vue en dessus. — vs plaigne suranale.
Rev. Suisse de ZooJ. T.H.ISO^
PlanchoX\I
Sd-
%
fe
^'
Zehntner del.
(lo Saussure /f^; Zeh Ri aoi- . G rvll(>tal|>ipn s
EXPLICATION DE LA PLANCIIK XVIL
Fig. 25-34. Rhipipteryx mexirana Sss.
Fig. 25. L'extrémité de l'abdomen 9» t^'ce dorsale. — c cerci. — « appen-
dices anaux. — 8m valves inférieures de Toviscapte. — 9() valves
supérieures de l'oviscapte.
Fig. 26. Id. face ventrale (mêmes notations que pour la lig. 25).
Fig. 27. Id. de prolil. — Si plaque sous-génitale dépendant du Hmesternite.
Fig. 28. L'extrémité de labdomen cf, face dorsale. — vs plaque suranale
a\ ec ses annexes latéraux.— 9i plaque sous-génitale (9me ventrite).
— * plaques ctiitinisées.
Fig. 29. La lurnie, face ventrale.
Fig. 30. La même de profil.
Fig. 31. Le segment anal 9 (1<>"'® segment) vu en dessus, ouvert, déplié et
un peu déprimé. — / parties latérales du 10'"e tergite (= z.
fig. 8,21. 24). — rare corné unissant les parties latérales. —
vs plaque suranale (valvule anale supérieure). — ri valvules
anales inférieures portant les appendices anaux a. — i tube
intestinaL
Fig. 32. Id. vu en dessous, disséqué pour montrer le tube intestinal i. —
L'arceau corné r est vu par transparence à travers le rectum.
Fig. 33. Id. vu en dessous, le 9me segment ventral étant enlevé.
Fig. 34. Le segment anal cf vu par derrière, ouvert et fortement comprime
(déformé), pour montrer les plaques cornées de la membrane qui
unit les difïerentes parties du segment — * plaque en forme de
crochet.
Fig. 35. ;i6. Rhipipteryx ryanipennis Sss. d*.
Fig. 35. L'extrémité de l'abdomen vue par sa face dorsale. — 9s neuvième
tergite déplié et relevé, vu par son bord supérieur (soit son bord
postérieur relevé). — 9i plaque sous-génitale.
Fig. 36. Id. vue de profil.
Fig. 37. L'extrémité de l'abdomen du Rh. forceps Sss. cf. — vs plaque sur-
anale, ou valvule .supérieure de l'anus. — 9i plaque sous-génitale.
— c cerci. — a appendices anaux.
Rev. Suisse deZool. TJI. 189h:
FIciiicheX\lI.
Zekatner -iel
clf Saussure 1-. Zehntncr Gi'vllotalpiens
!
EXPLICATION DE LA PLANCHE XVIII
Fii;. I. Misgurnus fossilis. Graiidoiir douhle. Face latérale de la région du
cou. la |)eau est enlevée, a muscle latéro-dorsal, h uuiscle latérn-veiitral,
(• vessie natatoire, d nageoire pectorale, e nerf latéral.
Fig. 2. Mugurnus fossilis. Face antérieure, vessie natatoire osseuse, grossie
'i fois, a vessie, b extrémité de la seconde cote, c première côte, d première
vertèbre, e canal par lequel passent les vaisseaux sanguins.
Fig. 3. Misgurnus fossilis. Face postérieure de la vessie natatoire osseuse,
grossie 4 fois, a vessie, b extrémité de la .seconde côte, t- ouverture latérale,
d ouverture [)Ostérienre par laquelle passe le pédoncule de la vésicule,
e face postérieure de la troisième vertèbre.
Fig. 4. Misgurnus fossilis. Face latérale de la ve.ssie natatoire osseuse, grossie
4 fois, a vessie, b extrémité de la seconde côte, c première côte, d ouver-
ture latérale, e côte de la troisième vertèbre, /"première vertèbre, 7 seconde
vertèbre, h troisième vertèbre.
Fig. 5. Misgurnus fossilis. Coupe transversale de la paroi de la vessie nata-
toire, a enveloppe fibreuse externe, b enveloppe lihreuse interne, <■ pilier de
tissu conjonctif, d travée de substance osseuse, e cavité à plusieurs nucleus.
/'ostéoblasles, gi feuillet externe de la capsule interne, h traînées conjonc
tives reliant la capsule osseuse à la capsule membraneuse, i feuillet interne
de la capsule membraneuse, k tissu intermédiaire. Verick. oc. )!, obj. 2.
l-'ig. 6. Misgurnus fossilis. Coupe antéro- postérieure de la moitié postérieure
de la vessie natatoire, grossie 24 fois, a vésicule, b glande, c pilier de tissu
conjonctif reliant la glande au tube digestif, d couclie des muscles transxpr-
saux du tube digestif, e muscles longitudinaux, /' muqueuse intestinale,
g vaisseaux sanguins, h capsule osseuse, ik capsule membraneuse.
Fig. 7. Misgurnus fossilis. Coupe transversale à travers la paroi de la vési-
cule. Verick. oc. .'{, obj. 2. a membrane péritonéale. b réseau tibro-cartila-
gineux, c tissu tibreux interne.
Fig. H. Misgurnus fossilis. Coupe de la paroi d'un aciiii glandulaire. Verick.
oc. 3. obj. 6. a tissu conjonctif environnant, b noyaux de la paroi externe
r, d cellules glandulaires, e mucus remplissant en partie la cavité de l'acini.
Fig. l>. Cobitis taenia. Face antérieure de la vessie natatoire, grossis 8 dia-
mètres, a vessie. /) première côte, c colonne vertébrale.
Fig. 10. Cobitis taenia. Face latérale de la vessie natatoire, gross. 8 diamètres.
a ouverture latérale de l;i vessie r. b première côte, d seconde côte, e co-
lonne vertébrale.
Fig. 11. Neniachilus barbatulus. Face ventrale de la vessie natatoire, gross.
8 diamètres, a pont osseux de réunion des deux spbères d, b [)rolongements
osseux antérieurs, c apo|)byse postérieure ilu basi-occipital. e première côte,
/■ colonne vertébrale, g seconde côte.
Fig. 12. Nemachihis barbatulus. Face latérale de la vessie mitatoire. Gross.
8 diamètres, a ouverture latérale, b première côte, c vessie osseuse, d pro-
longement o.sseux du basi-occipital. e colonne vertébrale. /' seconde côte,
g apophyses é|)ineuses des premières vertèbres.
Fig. 13. Neniachilus barbatulus. (^oupe horizontale [)assant par le pont osseux
qui relie les deux sphères de la vessie. Verick. oc. 1, obj. 0. a cavité de
chaque sphère, b canal de réunion des deux cavités, e pédoncule de la vési-
cule d, e tissu conjonctif environnant la vésicule, /' capsule osseuse, g cap-
sule membraneuse, h rein.
R.-v Suisse de Zool.T.U. 1894.
'Inmlie.Wl.
^ "^ -
M.i>aqu<^' • Locht
TAFKL XIX
i-'h.UliKNKKKI.^RUNG
hs = Bauchsaugnapf.
d = Darm.
ebl = Endblase.
ept = Epithel der Blaseiiwand.
exp = Excretioiisporus.
hhst == hinterer Haupfstaniiii.
Ibls = linker Blasenscheiikcl.
Id = linker Darmschenkel.
Ihhst = linker hinterer Hauplslamm
(klp — liiike Kiappe.
Iklpv = linke klappenartige Vorrifhtung.
Isgf = linkes Sainmelgefâss.
Isk =^ linker Samrneikanal.
Ismlb = linkes Sanimelbecken.
Ivhst = linker vorderer Hanplslanim.
ms = Mundsaugnapf.
rbls = rechter Blasenschenkel.
rd = rechter Darnjschenkel.
rhvst = rechter vorderer Hauptstainm.
rklp = rechte Kiappe.
rklpv = rechte klappenartige Vorrichtung.
rsk = rechter Samrneikanal .
rsgf =^ rechtes Sarnmelgefâss.
rsmlb == rechtes Sammelbeckon.
sgf = Sammelgefâss.
sk == Samrneikanal.
vhst = vorderer Hauptstamm.
Fig. 1. Distomum isostomum. Nacli deni Leben.
Fig. 2. Distomum isostomum. Schematisch.
Fig. 3. Distomum isostomum. Ser. XI.
Fig. i. Distomum isostomum. Ser. X.
Fig. o. Distomum isostomum. Sor. 0.
Rcv Smsse de Zool T. M. IS9^.
Pi XLX.
l'kst
b.s
l.v.hst
Ismlb
Iklp
ihhst-
i
Ismlb-
Iklp -
F
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hhst
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■H-
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\!
>^
ebl
4
f'
hhst
'ipmann àtl.
K. Kanipiiicum. Trenialodoii
TAFEL XX
KlGURKNERKL^.RUNG
bs = Bauclisauguajtf.
d = Darin.
ebl = Eiulblase.
ept = Epithel rler Blasenwaiid.
exp = Excretioiis[)oru,s.
hhst = hinteier Hauptstamui.
Ibis = liiiker Blasenschenkol.
Id = linker Darmschenkel.
Ihhst = liiiker hinterer Hanptstaruni
Iklp = liiike Klappe.
Iklpv = linke klappenartige V'orrichtung.
Isgf r= linkes Sammelgofass.
Isk = linker Saiiimelkaiial.
Ismlb = linkes Sanimelbeckeii.
Ivhst = linker vorderer Hauplstainni.
VIS = Mnndsaugnapf.
rblx = recliler Blasenschenkel.
)■(/ = rechfer Darmschenkel.
rhvst = recliter vorderer Hauptstainm.
rklp =^ redite Klappe.
rklpv = rechte klappenartige Vorriclitung.
rsk = recliter Sammelkanal.
rsgf = redites Sammelgefâss.
ysnilb = rechtes Sammelbecken.
sgf = Sammelgefâss.
sk = Sammelkanal.
rhst = vorderer flauptstamm.
Fig.
ti-9.
Distomum mentulatuni
.Nach dem Leben.
Fig.
10.
Distomum signatum.
Nacli dem Leben.
Fig.
11.
Distomum cirrigerum .
Fig.
12.
Distomum cirrigerum.
Ser. V b.
Fig.
i:i
Distomum cirrigerum.
Ser. VIII.
Fig.
14.
Distomum clavigerum.
Nach Total prâparat
Fig.
15.
Distomum clavigerum.
iSach dem Leben.
Fig.
K).
Distomum clavigerum.
Ser. VI.
Fig.
17.
Distomum clavigerum.
Ser. IV.
Fig.
18.
Distomum clavigerum.
Ser. VI.
Kig.
19.
Distomum endolobum.
Fig.
20.
Distomum endolobum.
Ser. VIII.
Fig.
21.
Distomum endolobum.
Ser. I.
Fig.
22.
Distomum endolobum.
Ser. II.
Fig.
23.
Distomum endolobum.
Ser. XVI
!W Siiissi' dcZool. T.n^ ISfl',
PI XX
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K.Kampnuniii ''-eniatodei
EXPLICATION DE LA PLANCHE XXI
r = canal traversant la partie supéripure, pédonculée, de la larve.
ec = ectoilerme.
en = entoderme.
ens = lamelle supérieure de lentoderme.
ep = épaississement de rentoderme.
f = fente située entre les deux lamelles de l'entodernie, à la partie
basale de la larve.
(j = bourgeon représentant le premier gastrozoïde.
/ = lamelle de soutien.
p = bulles d'air remplissant la cavité pneumatophore.
pu = cavité [)neumatophore.
sa = substance transparente.
t = bourgeon représentant le premier tentacule.
Kig. 1. Larve de Velelle. Gross. X 92.
Fig. 2 et 3. Coupes longitudinales de la larve. Gross. X 1?>().
Fig. 4 et 5. Coupes longitudinales de la larve. Gross. X 130.
Rev. Suisse de Zoo/ TU /SS4.
PLXXl.
M FicLei. del.
Ed. OUyaniare.Uih.
M.BedoL. \eloIla
EXPLICATION DE LA PLANCHE XXII
Kij^. 1. Ifl, [b. Peltastes Favrei P. de Loriol, de grandeur naturelle. Fig, le'
id, le, grossissements du même individu. Fig. if, tubercule interambula
craire grossi. Fig. ig, paire de pores grossie.
Fig. 2, 2a, 26. Poropeltaris smlptopunctata Quenstedt. Grandeur naturelle.
Fig. 2c, 2d, 2e, grossissements du même individu. Fig. 2/'. tubercule inter-
ambnlacraire grossi.
Fig. :i, 3a, 36. Hemipygus Rochati P. de Loriol. Grandeur naturelle. Fig. 3c,
3rf, 3e, grossissements du même individu. Fig. 3/", paire de pores grossie.
Fig. 4, 4a. Pentagonaster Picteti P. de Loriol, de grandeur naturelle, vu sur
l'une des faces et sur l'autre. Fig. 46, 4c, le même vu sur deux de ses faces
latérales. Grandeur naturelle. Fig. 4rf. 4e, 4/", plaques marginales grossies.
R,,: Siusse Je Zool TH. /SP^f
/y xi/r
/^ /<Wc< ./i^' ^ ^*4.'
P. de Loriol. Echinodermes.
Imp Jules Rey.- Genève.
EXPLlCATlOxX DE LA l'LA.NCHK XXIII
Fig. i. Àstropecten Carroni P. de IjOriol. Kmpreiiile de la face ventrale, de
grandeur naturelle. Fig. la, moule en pLître de ce creux donnant à eette
face ventr;de son aspect réel. Fig. ih, pièces ambniacraires grossies, prises
sur le creux. Fig. le. fraiimenl de bras grossi, pris sur le relief, le long du
sillon ambulacraire; les plaques marginales allongées en dehors, séparées des
plaques ambniacraires par qnehjues petites plaques ventrales.
Fig. 2. 2a. Stichaster Siiteri P. de Loriol, de grandeur naturelle. Fig. 26, côté
vertical de l'un des bras, grossi, « plaques marginales, b plaques du squelette
dorsal avec un tubercule. Fig. 2r, face ventrale du bras, fragment grossi,
a plaques marginales, b piquants ambniacraires. Fig. 2d, plaques adambu-
lacraires avec leurs facettes, sur lesquelles s'articulent les piquants ambu-
lacraires. Fig. 2e, tond du sillon ambulacraire, grossi. Fig. 2/', fragment de
la face dorsale d'un bras, pris sur la ligne médiane, grossi. Fig. 'Èg, fragment
de la face dorsale du disque, grossi. Fig 2/i, plaque madréporiforme, entourée
d'un cercle de tubercules, grossie. Fig. i, j, tubercule grossi. Fig. l-, /, pédi-
cellaire grossi.
fis-r. Suisse de 2ccl T. If /S ^4
p/ xxm
'>£MmMv^^
i'M m^f''''^^'}
/■^ mm /"'''
Almei, del & luA/.
P de J.oriol. Echinodermes.
Imp, Jules Rej .Genève.
EXPrJCATIO.N DE I.A PLANCHE XXIV
Fig. 1, la. Antedon Arnaudi P. de Loriol. l'ièce fentro-dorsale de grandeur
aattirelle, vue de profil et sur la face dorsale.
F\'^. "2. Autre exemplaire de la même espèce, pièce centro-dorsale un peu moins
conique, de i;randeur naturelle. Fig. 2a, la même, vue sur sa face ventrale,
grossie; on distingue une des pièces basa les encore en |)lace, elle est repré-
sentée grossie, lig. 26. Fig. 2c, la nième vue de profil, grossie. Fig. 2d,
facette articulaire d'un cirre, grossie.
Fig. .1. Anledon carentonensis P. de Loriol. (^nlice avec le premier anneau
radial, de grandeur naturelle. Fig. '.Ui, 'M), 3c, le même, grossi.
Fig. 4. Apiocnnm chainphttensis P. de Loriol, di' grandeur naturelle. Fig. 4rt,
Tune des |)ièces basales de grandeur naturelle; les cinq n'ont pas toutes
e.xactement la même hirgenr.
Fig. 5, Ort, o6. Millericrinus hurgundicus P. de l.,()ri(il. Calice avec le premier
aiuieau radial, de grandeur naturelle, vu sm- ses Irois faces. Fig. '\c, l'une
des pièces basales. de grandeur naturelle.
Fig. (5. Autre calice plus grand de la même espèce, de grandeur naturelle.
Fig. (ifl, pièce basale du même, de grandeur naturelle.
Fig. 7. Article basai rapporte à la même espèce .et semblable à celui qui a été
représenté dans la Paléontologie française, encore enfoncé dans TaiHieaubasal
d'un calice {loc. cit.). Grandeur naturelle.
Fig. 8, 8a. Hl). Millericrinus lieincn.si.s P. de l^oriol. Calice avec le premier
anneau radial, da grandeur naturelle. Fig. Hc. pièce basale du même, de
grandeur naturelle.
Fig. 9. Autre calice de la même espèce, de grandeur n.durelle. Fig. 9a, pièce
basale du même, de grandeur naturelle.
Fig. 10, lOrt. Article basai rapporté à celte espèce, qui devait êl e peu distinct
au deliors; il a déjà été ligure dans la Paléontologie française {loc. cit.,
pi. 94, lig. o)en le rapportant à tort. me. paraît-il maiideuant. au Mill. bur-
(fundicu.s. Grandeur naturelle.
Fig. 11. Millericrinus mespiliformis Scbl. Calice de grandeur naturelle.
Fig- 12. Pentacrinus Leuthardi P. de Loriol. Calice vu sur la face dorsale,
grossi entre 3 et 4 fois. On dislingue au centre les cinq pièces basales. Les
pointes des premières pièces radiales sont plus ou moins brisées. Fig. 12a,
pièces basales et pièces infrabasales en. place, fortement grossies.
Fig. 13. (^alice de la même espèce avec un fragment de tige, grossi. Les pièces
sont un peu déplacées; les premières radiales sont intactes. Fig. 13fl, frag-
ment de tige pris au sommet du même exemplaire, plus grossi.
Fig. 14. Fragment de bras de la même espèce, de grandeur naturelle.
Fig. lo. Fragment de tige de grandeur naturelle. Fig, 15«, facette articulaire
gro.ssie.
Fig. 16. Fragment de tige éloigné du calice, grossi.
Fig. 17. Fragment de cirre grossi.
Les originaux des (ig. 12 à 17 se trouvent sur deux fragments d'une même
pbujue.
Rev. Suisse de Zûol TH. /SM.
FI XXIF.
P. de Loriol. Echinodermes
Imp. Jules Rey. Genève.
ANNALES
DU
MUSÉE D'HISTOIRE NATURELLE
DE '
GENÈVE
PUBLIÉES SOUS LA DIRECTION DE
Maurice BEDOT
DIRECTEUR DU MUSÉE D'HISTOIRE NATURELLE
AVEC LA COLLABORATION DE
MM. Auguste Brot, Alfred Cartier, Victor Fatio,
PeRCEVAL DE LORIOL, ALPHONSE PiCTET, HeNRI DE SaUSSURE
et Carl Vogt
Membres de la Commission du Masée
TOME II
Avec 24 planches et 1 portrait
GENÈVE
IMPKIMEKIE AUBERT-SCHUCHARDT
1894
CONDITIONS DE PUBLICATION ET DE SOUSCRIPTION
La Revue suisse de Zoologie paraît par fascicules sans
nombre déterminé et sans date fixe, mais formant autant que
possible un volume par année.
Les auteurs reçoivent gratuitement 50 tirages à part de
leurs travaux. Lorsqu'ils en demandent un plus grand nombre,
ils leur sont livrés au prix de revient, à la condition cepen-
dant de ne pas être mis en vente.
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Suisse, et à 43 fr. pour les autres pays de l'union postale.
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recteur de la Revue ou à rim})rimerie Aubert-Schuchardt, rue
de la Pélisserie 18, Genève.
C. PICTET ET M. BEDOT
compte rendu scientifique
d'un voyage dans l'archipel malais
PARTIE GENERALE
Eu vente i\ la librairie Cheibaliez, à Genève.
Les mémoires formant la partie spéciale sont publiés dans la Revue
Suisse de zoologie.
Ont déjà paru :
C. PiCTET. Hydr aires de la Baie d'Amhoine. Av. ?, pi.
C. Émery. Formicides de l'Archipel Malais. Av. 1 pi.
E. Simon. Arachnides de l'Archipel Malais.
P. DE LoRiOL. Échinodermes de la Baie d'Amhoine. Av. 3 pi.
L. JouBiN. Céphalopodes d'Amhoine, Av. 4 pi.
L. Zehntner. Crustacés de l'Archipel Malais. Av. 3 pi.
REVUE SUISSE DE ZOOLOGIE
ANNALES DU MUSÉE D'HISTOIRE NATURELLE DE GENÈVE
Tome I. 189S. Avec 17 planches.
TABLE DES MATIÈRES
M. Hi'.DiiT. Caiiiille l'icfet. Note nécrologique. — C. Pic.tkt. Hydraires de la
baie d'Am! oine. avec :{ pi. — E. Bkrankc.k. Embryogénie et liistologie de l'œil
des Alciopides, avec I pi. — A. Locard. Les Dreissensia du système européen,
avec 3 pi. — C. Émery. Formicides de l'Archipel Malais, avec 1 pL — M. Bkdot.
Revision de la famille des Forskalidse. — E. Bkranec.k. Embryogénie de la
glande pinéale des Amphibiens, avec 3 pi. — H. de Saussure. Revision de la
tribu (les Hètérogamiens. — E. Simon. Arachnides de l'Archipel] Malais. —
G. DU Plessis. Organisation et genre de vie de VEmea lacustris, îNémerlien des
environs de Genève, avec 1 pi. — P. de Loriol. Échinodermes de la baie
irAmboine, avec 3 pi. — E. André. Anatomle et physiologie^des Ancylus
lacustris et fluviatUis, avec I pi. — E. Béraneck. Organe auditif des Alciopides.
avec 1 pi.
Tome II. 1894. Avec ^4 planches et 1 portrait.
TABLE DES MATIÈRES
M. Bedot. Hermann Fol, sa vie et ses travaux, avec i portrait. — L. Joubi.n.
Cépb ilo[)odes d'Amboine. avec 4 pi. — A. Licard. Les Bi/</»Mta du système
européen, avec 2 pi. — L. Zehxtner. Crustacés de l'Archipel Malais, avec 3 pi.
— 0. FuHRMANiN. Die Tnrl)ellarien der Umgebung von jBasel, avec 2 pi. —
E André. Recherches sur la glande pédieuse des Pulmonés, avec 2 pi. —
F. Zschokke. Die Thierwelt dev Juraseen, avec 1 pi. — E. Béraneck. Quelques
stades larvaires d'un Cbétoptère, avec 1 pi. — H. de Saussure'cI L. Zehntner.
Notice morphologique sur les Gryllotalpiens, avec 2 pi. — M. Jaquet. Recher-
ches sur la vessie natatoire des Loches d'Europe, avec 1 pi. — K. Kamp.viann.
Ueber das Vorkommen von Klappenapparaten in den Excretionsorganen der
Trematoden, avec 2 pi. — M. Bedot. Note sur une larve de Velelle, avec 1 pi
— P. DE LoRiOL. Notes pour servir à l'étude des^F-lchinodermes, avec 3 pi.
Voir au verso de la couverture les conditions d'abonnement.
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